Bonjour à toutes,
Merci pour votre soutien sur cette mini-fic, vous êtes géniales, je n'ai jamais autant eu d'alertes et mises en favori sur un seul chapitre ! Merci de tout cœur.
Merci pour vos adorables commentaires, j'adore vous lire, pour répondre aux questions les plus récurrentes, il y aura 4 chapitres, je ne sais pas quand je les posterai surement quand j'arriverai à trouver un peu de temps dans l'emploi du temps serré d'avant les fêtes !
J'espère que cette suite vous plaira.
Christina, impatiente de lire vos réactions !
Chapitre 2
C'est presque avec tristesse de cette nuit écoulée que je commençais les cours. J'aurais dû être extatique, excitée et joyeuse.
J'avais gagné un semblant d'indépendance avec cette petite chambre sur le campus. Emmett, égale à lui-même, réclamait souvent que je vienne passer la fin de semaine vers eux, mais je souhaitais apprécier ma nouvelle liberté.
La rentrée était assez chargée, je devais m'habituer à ce nouveau rythme, je ne voulais pas accumuler de retard, je lisais donc les livres conseillés. J'avais tout de l'étudiante modèle.
J'hésitais à prendre des options comme faire partie du journal, mais la plus forte tentation était de retourner dans ce bar.
Pas un jour ne passa sans que l'envie de le retrouver ne m'effleurât. Mais j'étais lâche, j'avais peur.
J'angoissais surtout d'être déçue de réaliser de manière irréversible que je n'avais été qu'un coup d'un soir. En me tenant éloignée de lui, je pouvais toujours croire qu'il aurait pu y avoir plus entre nous. Je pouvais fantasmer, rêver et ça n'avait pas de prix.
Si je le retrouvais et que je devais faire face à son indifférence, en ressortirais-je indemne ? C'était le seul homme qui avait réveillé en moi autant de sensation, de passion et de sentiment. J'avais besoin en ce moment de garder juste cette idée que j'étais désirée, c'est tout ce qui comptait.
Un mois s'était écoulé et je n'arrivais plus à inventer d'excuse pour ne pas passer du temps avec mon frère. Il recevait plusieurs amis ce soir et il voulait me présenter. Je n'étais vraiment pas enchantée, mais je ne trouvais aucun justificatif pour ne pas y aller.
Je pris donc un sac avec un rechange pour y dormir, j'avais ma chambre attitrée chez eux. Si j'avais été gênée au début, Rosalie m'avait assuré que cette pièce était une future chambre d'enfant et tant que ce n'était pas effectif, j'étais la bienvenue. J'avais vu ses yeux brillés, pas de doute qu'elle attendait ce moment avec impatience. Je l'admirais, je croyais que gérer mon frangin lui aurait suffi, enfin au moins pour de longues années.
Je passais mon après-midi à les aider, mon aîné aimait beaucoup ma cuisine, je fis donc des amuses gueules en tout genre. Je pouvais faire ça pour eux qui étaient, il faut quand même l'avouer, si gentils avec moi.
Je restais planquer dans la cuisine à l'arrivée des premiers invités. J'avais l'excuse toute trouvée : des gâteaux cuisaient encore.
J'étais en train de retirer une plaque du four quand j'entendis Emmett pénétrer dans la pièce.
-Viens que je te présente ma sœur Isabella.
Je me retournai posant le contenu de mes mains sur l'îlot central avec précaution.
Je relevais les yeux une fois mon chargement en sécurité et je fus surprise par l'absence de son.
Se tenait devant moi : Edward.
Mon frère était à côté souriant et Rosalie s'approchait de nous.
J'étais pétrifiée, je pus juste sentir mes lèvres s'ouvrir suite au choc.
-Bella ? dit sa douce voix de ténor.
Les mots me manquaient.
-Vous vous connaissez ? Interrogea Emmett soudain suspicieux.
-Oui, c'est elle ! Répliqua Edward avec agitation en faisant un geste dans ma direction.
-Qui ça « elle » ? demanda-t-il perdu.
-L'inconnue, s'impatienta mon adonis.
J'étais incapable de parler quand mon aîné s'agita à son tour.
-Mais c'est ma sœur, cria-t-il brusquement.
Edward agressé par les propos de mon frère fronça les sourcils à son attention.
-Comment j'aurais pu le savoir, tu m'as dit que ta sœur s'appelait Isa… il fit une pause avant de reprendre bella … Swan.
-Oui ma sœur Bella, Isabella, peu importe ! S'énerva-t-il.
Un ange passa quand Rosalie bondit sur moi.
-Tu as une tache sur ta robe Bella, viens il faut te changer. Sans que je puisse prononcer un seul mot, elle m'entraîna dans ma chambre où elle ferma soigneusement la porte derrière elle, laissant les deux garçons dans la cuisine.
J'étais incapable de penser correctement.
Dans tous mes rêves les plus fous, ce n'est certainement pas de cette manière que je le recroisais.
J'étais maudite.
Rosalie me tira pour que je m'asseye sur le lit avec elle.
-Tu as couché avec Edward !
Ce n'était pas vraiment une question, mais plus une constatation, j'opinais malgré tout faiblement de la tête.
-Ben merde alors, dit-elle pour elle-même.
Nous restâmes un instant perdues, toutes deux dans nos pensées avant qu'elle ne se ressaisisse, se rassoie comme toute excitée à présent.
-Et c'était comment ?
-Pardon ? Lui demandais-je en faisant des yeux ronds.
-Oh allez Bella, ne fais pas ta chochotte, nous sommes bientôt belle-sœur, nous pouvons parler de sexe toutes les deux. Alors c'était comment ? Réponds !
-Euh bien, répliquai-je presque craintive face à son excitation.
Elle leva les yeux au ciel.
-Juste bien ?
Je haussais les épaules et rajoutais :
-Très bien.
Elle soupira et secouant la tête.
-Isabella, énonça-t-elle plus sérieusement, je connais Edward depuis plusieurs années, je doute que c'était juste très bien, raconte-moi.
Je fronçais les sourcils, comment pouvait-elle savoir ça.
-Je ne sais pas quoi te dire, répondis-je avec un début d'agacement.
Elle souffla fortement.
-Tu as joui combien de fois ?
Je clignais des yeux.
-Allez, m'encouragea-t-elle.
-Euh deux fois, répliquai-je presque sur le ton de la question tellement j'étais surprise.
-C'est tout ?
Elle paraissait déçue.
-Euh oui.
-Qu'est ce qu'il s'est passé, tu as été frustrée ?
J'étais perdue, je ne voyais pas où elle souhaitait en venir.
-Je ne comprends pas.
-C'est assez inhabituel de jouir que deux fois dans les bras d'Edward, répondit-elle évasivement.
Je fronçais les sourcils, je n'aimais pas le cours de la discussion, mais je lâchais quand même.
-Je ne voulais pas atteindre ma jouissance sans lui.
Ce fut son tour de me regarder comme une extraterrestre alors qu'elle me scrutait.
-QUOI ? Rétorquais-je me sentant agressée par son regard.
-Que veux-tu dire ? demanda-t-elle à son tour.
Je me reculais ne saisissant pas ce qu'elle n'avait pas compris, je répétais donc ma phrase.
-Je ne voulais pas jouir seule.
-Tu es en train de m'expliquer qu'Edward a atteint sa jouissance deux fois ?
Elle avait l'air éberluée, c'était si surréaliste que ça qu'un homme puisse avoir du plaisir avec moi ?
Je me renfrognais en acquiesçant un peu vexée.
Elle pigea mon trouble et ajouta :
-J'ai couché avec Edward.
J'ouvris la bouche sous le choc.
-C'était avant Emmett, précisa-t-elle rapidement.
Elle fit une pause comme accaparée dans ses pensées, puis elle reprit.
-J'avais cru que je pourrais faire la différence. Edward a toujours eu cette réputation d'inaccessible, il ne perdait jamais le contrôle et les fois où il s'est lâché avec une fille au point d'atteindre son propre orgasme doivent se compter sur les doigts d'une main. J'ai voulu me prouver que j'étais, comment dire, euh… bonne au lit ! Donc, je l'ai séduite et nous avons couché ensemble après la quatrième jouissance qu'il m'avait procurée, j'en pouvais plus, j'avais la minette en feu et il n'avait pas encore joui. J'ai abandonné, criant grâce, expliqua-t-elle plus piteusement.
Elle soupira et reprit.
-Edward est un vrai gentleman, ça s'est fini là, je n'étais pas celle qui pouvait le contenter, j'ai été un peu offensée, mais bon ce n'est pas le cas avec Emmett alors…
Je me reculais, secouant la tête, je ne voulais pas entendre parler de ses ébats avec mon frère. Elle rit à mon attitude avant de reprendre un visage plus sérieux.
-Tu es vraiment sûre qu'il a éjaculé.
Je levais les yeux au ciel, elle insista.
-Tu sais, il aurait très bien pu te faire croire qu'il était venu dans un préservatif et le jeter avant que tu t'en rendes compte.
Je soupirai, elle n'allait rien m'épargner.
-Il s'est répandu sur mon ventre, ok !
Elle me regarda dans l'attente.
-Il avait oublié de mettre une capote donc avant de se lâcher, il s'est retiré et a joui sur mon abdomen, voilà t'es contente, finis-je exaspérée.
-Oh, fut la seule chose qu'elle prononça avant de se taire et réfléchir.
Elle se leva alors réjouie.
-Il est temps de les retrouver, j'ai peur qu'Emmett en face de la chaire à pâté et montre toi gentille avec Edward, dit-elle avec un sourire de connivence.
Elle allait franchir la porte quand elle se retourna :
-Pourquoi s'il a eu du plaisir, il avait l'air en colère contre toi ? M'interrogea-t-elle.
Je fis des grands yeux, avant d'avouer :
-Je suis partie comme une voleuse, murmurais-je.
-Oh !
-J'ai cru être un coup d'un soir, tentais-je d'expliquer.
Elle sourit grandement.
-J'en doute, allez viens te rattraper.
Nous sortîmes sans que je me sois changée, je n'avais pas de tâche au final.
Rosalie m'entraîna avec elle, elle esquiva Emmett qui était seul, en me chuchotant :
-Evites le, il sera bien assez tôt demain pour plaider ta cause.
J'acquiesçai alors que nous parcourions tout l'appartement à la recherche d'Edward sans succès.
Elle s'arrêta vers un groupe d'amis, me présenta et demanda s'ils n'avaient pas vu mon adonis. La réponse tomba : il était déjà parti.
Je ne savais pas comment me sentir, que devais-je penser ? J'étais perdue, ne sachant pas quoi faire.
Je fus un véritable zombie toute la soirée. Emmett m'avait soufflé à l'oreille « il faut qu'on parle », j'avais simplement opiné de la tête. J'espérais juste que ma future belle-soeur serait présente à ce moment-là.
Cette dernière m'avait raconté un peu plus tard, que le bar où elle m'avait envoyée appartenait justement à Edward, qu'elle y avait travaillé longtemps comme barmaid pour payer ses études et que c'est là qu'elle avait rencontré Emmett qui était videur. Quand ils ont obtenu leur diplôme, ils avaient démissionné, tout en gardant contact avec Edward qui était devenu un ami très proche d'eux.
Enfin, malgré leur camaraderie, je m'attendais à ce que mon aîné joue son rôle de protecteur. Comment lui expliquer ma rencontre avec mon adonis sans faire porter le chapeau à Rosalie.
La nuit porterait sûrement conseil. Je fis acte de présence plus qu'autre chose pendant toute la soirée, n'ayant vraiment pas le cœur à faire la fête.
Se pourrait-il qu'Edward ait envie de moi plus que d'une nuit ? Oui, peut-être, mais alors pourquoi s'enfuir à son tour ?
Trop de questions tournaient dans ma tête et si peu d'éléments pour clarifier tout ça.
La conversation le lendemain avec Emmett fut douloureuse.
Il m'interdit de sortir avec des gars plus vieux que moi, ce à quoi je répondis que j'étais majeure et vaccinée, mais il n'en a pas démordu, prétextant qu'il n'était pas bon pour moi de fréquenter des hommes mûrs. C'était un comble, il devait avoir quoi au maximum quelques années voir 5 ans de plus que moi, ce n'était pas non plus une mer à boire !
Quand Rosalie voulut intervenir en ma faveur, la fureur de mon frère fut bien pire, lui reprochant ses propres galipettes.
Bien sûr, ma belle-sœur n'ayant pas un tempérament à se laisser marcher sur les pieds, soutient son point de vue, surtout qu'il n'était pas un couple à ce moment-là.
La discussion déjà houleuse se transforma en dispute d'amoureux.
Je décidai de rentrer dans ma chambre sur le campus, avant de sortir, je m'excusais auprès d'eux et fui.
J'ai pu entendre Emmett qui tentait de me retenir, mais Rosalie qui continuait à l'invectiver et l'assenait de poursuivre leur conversation.
Je me sentais mal pour eux, je ne voulais pas créer le trouble dans leur couple. Je ne comprenais pas d'où venait cette haine que mon frère cultivait envers les autres hommes et pour le coup Edward. J'avais l'impression qu'ils étaient amis, m'étais-je trompé ?
Tous mes espoirs avant cette soirée furent donc anéantis. Mon ex-amant ne souhaitait plus me voir, sinon il serait resté pour me parler, non ?
Lorsque j'arrivais proche de mon refuge, ma voisine sortit de sa piaule et me sauta littéralement dessus.
Elle s'appelait Alice, fille pétillante qui jasait beaucoup. Elle se sentait souvent seule, son fiancé Jasper faisait la guerre dans un pays inconnu. Il avait refusé de lui dire où il était basé, il ne voulait pas qu'elle demeure scotchée aux informations et les interprète mal. Je les enviais, il était clair qu'il l'aimait de tout son cœur.
Ma camarade était ce que je pouvais considérer comme mon amie la plus intime. J'avais parlé avec elle d'Edward et elle m'encourageait à retourner au bar, sauf que maintenant j'avais raison de ne pas m'y rendre. Rien que de repenser à cela, je sentis mes yeux me piquer.
Elle m'attira à elle et m'entraîna à l'intérieure pour que je lui raconte.
Une fois fait, elle prit un air grave, réfléchissant à tout cela.
-Ok Bella, vu ce que t'a dit Rosalie, tout n'est pas perdu, tu devrais y aller.
Je secouais la tête.
-Non, je ne suis vraiment pas sûre que ça soit la bonne solution. Je ne sais plus Alice. Finis-je en saisissant mon visage dans mes mains, irritée de mon indécision.
Elle me prit dans ses bras dans un geste réconfortant.
Ça me fit du bien, nous étions chacune paumée dans nos pensées, mais sa présence m'apaisait.
De nombreux jours étaient passés est toujours cette incertitude qui me tenaillait, j'avais envie d'y retourner, mais j'avais peur.
Alice débarqua dans ma chambre un vendredi en fin d'après-midi avec des sacs inquiétants.
-Bon, j'ai trouvé la solution à ton problème, ce soir nous sortons.
J'écarquillais les yeux tout en secouant la tête, hors de question.
-Bella, souffla-t-elle, c'est le meilleur remède, il faut que tu t'envoies en l'air.
Je faillis m'étrangler avec ma propre salive, avait-elle perdue l'esprit ?
-Quoi ? Réussis-je à prononcer.
-Oui, c'est le plan, tout à l'heure nous sortons, tu dragues le mec que tu trouves le plus à ton goût et tu finis la nuit avec lui.
Je secouais la tête face à son discours, elle était folle.
-Attends, s'impatienta-t-elle, écoute.
Je soupirais dans l'expectative et la regardait septique.
-Tu couches avec le gars, s'il te fait grimper aux rideaux et que tu prends ton pied c'est que pour toi, les hommes sont encore interchangeables et donc Edward n'est pas ton âme sœur. Si au contraire, tu ne t'éclates pas, cela voudra signifier que tu es dépendante de lui, par conséquent tu vas à son bar pour lui parler et tu seras fixé pour de bon.
Elle finit sa tirade avec un grand sourire de gagnante.
Je grognais, je devais admettre que pour le coup sa logique était implacable et que cette solution m'aiderait à trouver enfin la bonne attitude à adopter.
Je n'eux rien à rétorquer, elle vit dans l'affaissement de mes épaules et ma grimace, ma résignation.
Elle sauta sur ses pieds et commença à applaudir comme une malade.
-Au boulot, dit-elle en sortant les ustensiles de torture de filles.
Je geignis, mais Alice n'en fit pas cas, trop excitée par son semblant de génie, elle faisait complètement abstraction de moi, tout à son idée, elle s'activa pour mon plus grand malheur.
Après 2 heures de manipulation, nous étions toutes les deux prêtes à partir.
Elle voulut prendre sa voiture, pour que je n'aie pas à me soucier de la mienne si je trouvais un charmant jeune homme.
Vaincue, j'étais vaincue et je me laissais faire tel un pantin.
Nous commençâmes par une fête d'étudiante, pour, aux dires d'Alice, nous mettre en bouche.
L'ambiance était festive, mais il était clair que la débauche et la luxure suintaient de toute part dans cette soirée. Je refusais de m'intéresser à un gars de cette cohorte, c'était le désastre assuré, autant donner toutes les chances à sa théorie pour qu'elle fonctionne.
Nous partîmes au bout de deux heures, je n'avais pas le choix de notre prochaine destination. Elle nous conduisit dans un bar lounge, une faible musique s'élevait des enceintes, de nombreuses tables et fauteuils offraient la possibilité de boire un verre en toute quiétude, pour les autres une place libérée permettait de danser.
J'aimais assez cette ambiance feutrée, je m'y sentis bien.
Nous nous installâmes à une table et Alice se mit en mode chercheuse. Elle scrutait tous les clients en quête de celui qui me ferait perdre la tête.
Elle me demanda mon avis et bien sûr aucun homme ne trouvait grâce à mes yeux. Personne n'avait la beauté d'Edward, son charisme, son attraction.
Agrrrrrrrrrrr
Il fallait que j'évite de penser à lui.
-Ok, Alice choisit, je serai incapable de faire un choix de toute manière.
Elle soupira.
Elle passa la demi-heure suivante en posant les pour ou contre de chaque mec qui avait moins de la quarantaine.
-Ok, lui ! Finit-elle en pointant un jeune homme avec encore ses joues de gamins, mais un corps potable, des cheveux blonds et des yeux bleus.
Il était mignon, dirons-nous.
Alice jubilait vu qu'il regardait dans notre direction depuis le bar.
Elle me tapa sur le bras.
-À toi de jouer, vas-y, fixe le de manière plus insistante pour qu'il comprenne que tu es intéressée.
Je soufflais fortement, mais obéit.
Il ne fallut pas plus de deux coups d'œil pour qu'il quitte son tabouret et s'approche de nous avec son verre.
-Bonsoir mes demoiselles, nous sourit-il.
Mon amie l'invita de la main à prendre la place libre et il s'y assit.
Nous discutâmes un bon moment, il semblait agréable, il travaillait beaucoup comme courtier en bourse en faisant de grosses journées, il profitait des fins de semaine pour se détendre et rencontrer de nouvelles personnes.
Le temps s'égrenait et Alice poussa un bâillement à décrocher la mâchoire, c'était peu subtil.
Comme un gentleman, il s'inquiéta de sa fatigue, mais elle fit clairement en sorte de nous faire comprendre qu'elle s'éclipsait pour nous laisser l'occasion de faire plus ample connaissance, ce qu'il saisit bien vite quand il me proposa un verre chez lui.
J'acceptais, je voulais être fixée, j'en avais marre de vivre dans cette incertitude, je souhaitais un homme dans ma vie. Je devais donc tester mon attachement pour Edward.
Il me conduisit dans un immeuble d'un bon standing non loin du bar, il me fit pénétrer dans un vaste appartement, si la décoration était un peu terne et sans saveur, la vue était très belle. Tout semblait fonctionnel.
Il m'offrit de me mettre à l'aise et me proposa un verre.
Dès qu'il vient s'asseoir sur le canapé, il ne laissa aucun vide entre nous et posa directement sur ma cuisse, sa main.
Ok, nous avions passé la vitesse supérieure, je ne savais pas si j'étais complètement à l'aise avec cela.
Je déglutis et tentai de me faire à l'idée.
Il commença à me flatter, combien j'étais belle et intelligente. Il glissa sa paume sous ma jupe en me disant que j'avais la peau douce.
Je me défilais sans pour autant tout gâcher, je lui demandais où se trouvait les sanitaires.
-Dans le couloir, la deuxième porte à droite, me répondit-il dans un sourire. Dépêche-toi, susurra-t-il en venant embrasser ma joue avant que je me lève.
Je souris faiblement et me précipitai à l'endroit indiqué.
J'ouvris la deuxième porte et poussai un petit cri de surprise qui fut couvert par la musique du salon. Je me figeais devant le spectacle.
J'étais devant un placard aménagé. Sur la droite se tenait une femme en nuisette, enfin non une poupée qui ressemblait tout à une femme, elle avait les jambes croisées sur un tabouret et semblait attendre. Sur la gauche, il y avait des robes de soirée pendues et des accessoires.
J'étais ébahie.
Elle paraissait si vraie, ses cheveux, sa peau.
Fascinée j'approchais ma main sur la joue pour en toucher la texture, je l'avais à peine effleurée que sa bouche s'affaissa pour former un « o ». J'aperçus une langue et une gorge profonde.
J'étais un peu confuse, mon regard se porta sur une tablette à côté et je vis alors des tubes de lubrifiants. Ce fut mon tour à émettre un oh de compréhension.
Mon Dieu ! Où étais-je tombée, c'était un malade, il avait une poupée gonflable améliorée pour assouvir ses besoins, c'était dégoûtant.
Je fis un pas en arrière, complètement abasourdie, mais je fus stoppée.
Je sentis des mains se poser sur ma taille et un souffle dans mon cou.
-J'avais dit à droite pas à gauche, mais bon, rit-il, je connais ça, Jessica aussi n'a pas beaucoup le sens de l'orientation.
Je tentai de me dégager complètement perdue.
-Qui ? Ne puis-je m'empêcher de questionner.
-Jessica, répondit-il le plus simplement du monde en montrant la femme en plastique.
Je retiens un hoquet de stupeur.
Ses doigts commencèrent à faire des arabesques sur mes hanches quand il me susurra.
-Ma douce a beaucoup de jouets, je suis sûre qu'elle aimerait beaucoup qu'on en fasse usage sur toi, elle pourrait mettre son gode ceinture pendant que j'explorerais ton petit trou, je suis certain que tu vas adorée.
Je me raidis.
Mais putain, quelle galère ? Dans quoi je m'étais encore fourrée, c'était surréaliste.
Je tentais de me dégager. Il comprit mon mouvement de fuite et resserra son étreinte.
-Allez ma belle, détends toi, tu vas aimer.
Il me retourna dans ses bras pour me faire face.
-Oh, j'ai une idée, nous allons filmer nos ébats, ça va être épique, qu'en penses-tu ?
-Euh, j'ai besoin de réfléchir, dis-je doucement, c'est une belle opportunité, mais je ne suis pas sûre d'être prête, euh ce soir.
Il sourit tout en secouant la tête.
-Tu ne peux pas savoir tant que tu n'y as pas goûté. Moi je sais déjà que ça va rendre jalouse ma douce de repasser la vidéo de nos galipettes et qu'elle sera d'autant plus offerte pour nos prochaines baises, je m'en réjouis d'avance.
Il était taré, il prenait son vide couille en plastique, doué de pensée.
Je devais me tirer de là.
-Je préfère y réfléchir, réclamais-je à nouveau.
-Non, non, non, susurra-t-il. Maintenant que Jessica t'a vue, il faut aller jusqu'au bout, elle ne comprendrait pas de ne pas être comblée ce soir et je suis très en forme, je veux vous faire du bien à toutes deux, ça va être géant, je vais sortir la caméra, viens.
Il me tira par la main pour m'emmener dans le salon.
Il fallait que je me sauve, mais avec les échasses dont m'avait affublé Alice, je n'étais pas sûre d'arriver à m'enfuir et visiblement il ne saisissait pas mes tentatives d'esquives, ou il les entendait trop bien et les ignorait.
-Euh, tentais-je, c'est une bonne idée de filmer, alors qu'il cherchait dans un placard toujours en me tenant, mais je ne suis pas bien épiler le maillot ça me gêne un peu, expliquai-je mal à l'aise, vraiment à court de suggestions pertinentes pour m'échapper de là.
-Oh ce n'est pas un problème, je peux te le faire si tu veux, je suis sûre que Jessica ne verra pas d'inconvénient à te prêter de la crème épilatoire.
Et merde.
-C'est que j'ai la peau sensible, j'utilise des produits naturels, écoute j'habite tout près, j'en ai pour une vingtaine de minutes, juste le temps pour toi de tout installer et je reviens qu'en dis-tu ? Demandais-je en me collant à lui pour paraître convaincante.
Il sourit et acquiesça.
Je fis mon plus grand numéro de charme en retour et me dirigeai vers mes affaires.
-Tu n'as pas l'utilité de tout cela, ne t'embarrasses pas ma belle, prends uniquement tes clés.
Et merde, putain, il était moins con que je ne le pensais.
J'opinais de la tête, il fallait que je parte d'ici quelque soit la manière, c'était tel un besoin de survie à ce niveau.
Il vient m'enlacer en embrassant ma tempe et m'intima de faire vite pendant qu'il préparait tout le nécessaire pour qu'on s'amuse.
Je souris et sortis rapidement.
Je sentais mes jambes me lâcher. Je réussis à atteindre la fin des marches et m'affalai dessus, tremblante.
Je pris ma tête dans mes mains. Comment avais-je pu me mettre dans cette galère et comment j'allais récupérer mes affaires? J'avais ma carte bancaire, mes papiers d'identité, bref, il avait ma vie en otage et j'étais là assise dans l'escalier à me lamenter de mon sort.
J'avais réussi à glisser mon téléphone en cherchant mes clés, je réfléchissais aux options que j'avais pour trouver de l'aide.
Appeler la police et pour dire quoi ?
La solution s'imposait d'elle-même, je devais faire appel à Emmett.
Je gémis à cette idée, il allait me massacrer, enfin, c'était toujours mieux que de me retrouver seule face au pervers.
Je soupirai un grand coup avant de composer le numéro de mon frère.
Il répondit après quelques sonneries.
-Bella, commença-t-il à paniquer, que t'arrive-t-il ?
Je soufflai tout en étant soulagée, j'entendais du bruit derrière lui, je ne le réveillais pas, il était peut-être en soirée. Visiblement, il était déjà en mode protecteur ce qui ne présageait rien de bon pour moi au final.
-Euh et bien, je me suis mise dans une sale situation, en fait, j'aurais besoin de ton aide.
-Comment ça ? Questionna-t-il, tu es où ?
-Euh, je me suis taillée de chez un gars, mais mon sac à main y est toujours et je ne veux pas y retourner seule.
-Putain Bella, mais dans quelle merde tu t'es encore fourrée ?
-Je ne sais pas trop, je te dérange peut-être ? Demandais-je plus pour changer de sujet.
Il soupira.
-Non, c'est bon, donne-moi l'adresse, j'arrive.
Je lui dictai et raccrochai.
N'ayant pas de veste, je restai dans le hall, c'est un coup contre la vitre qui me sortit de ma léthargie.
J'allais ouvrir la porte et je me figeais.
Mon aîné n'était pas seul, il y avait aussi Edward.
Oh mon dieu, non ! J'étais maudite.
Mon frère dès que je fus proche d'eux, commença à lever mes bras et m'inspecter.
-Tu es blessée ?
Pas un bonjour rien, il était en mode sauvetage et visiblement il a cru bon d'avoir avec lui du renfort au cas où. Pourquoi fallait-il que ça arrive à moi ?
Je soupirai.
-Non, Emmett je vais bien, je suis partie, mais je n'ai pas pu prendre mes affaires, c'est tout, ce n'est pas la peine d'en faire toute une histoire.
-Ok, acquiesça-t-il. Sonne alors.
Je sonnai à l'interphone pour que le pervers ouvre.
Pour réponse, il dit enjoué en même temps que le son déclencheur de la porte : « monte vite ma belle, je t'attends. »
Je pouvais sentir le regard réprobateur des deux hommes.
Je marchai devant eux jusqu'à l'appartement et appuyai sur la sonnette, la porte s'ouvrit rapidement.
Oh malheur.
Mike était face à moi, dans un string léopard.
-Hé, sourit-il. Tu ne m'en voudras pas, nous avons commencé sans toi, entre.
J'hésitais, mon frère et son copain firent un pas dans l'embrasure pour manifester leur présence.
Le pervers sembla surpris sur le coup et se mit à sourire de plus belle.
-Oh, mais c'est que tu es une petite coquine toi, il te faut une bite dans chacun de tes trous, mmm. Je ne partage pas Jessica, mais je ne suis pas contre une bonne bite dans le cul de temps en temps, finit-il en souriant à Edward.
Je pouvais sentir le regard pénétrant de ce dernier sur moi, il devait être plus que réprobateur.
Mon frère perdit patience et attrapa le bouffon par le cou et le fit reculer dans le hall.
Mon ex-amant pénétra dans l'appartement à son tour, il fit quelques pas avant de s'arrêter face au salon en crachant un « oh putain ».
J'arrivai donc à son niveau et scrutai la pièce, je ne pus m'empêcher de lâcher les mêmes mots.
Dans le milieu de la salle se tenait une caméra de professionnel sur pied dirigé sur le canapé.
Là se trouvait la poupée dans une position obscène, elle avait les jambes relevées exhibant deux trous ainsi que sa bouche ouverte, laissant clairement le passage comme un petit tunnel.
Elle était nue, elle avait un gode ceinture attachée à la taille et des traces blanchâtres suspectes le parsemait ainsi que son ventre.
Je secouais la tête, comment avais-je pu me retrouver avec un tel pervers.
Edward se retourna vers moi et je pouvais le sentir me dévisager. Je n'osais lever mon visage, j'étais rouge de honte. Pourquoi avait-il fallu qu'il accompagne mon frère ? Pourquoi fallait-il que ça soit aussi embarrassant?
Je n'osais bouger.
-Et si tu prenais tes affaires ? Me sortit Edward de mon humiliation la plus totale.
J'opinais et cherchais mon sac et mon manteau que je trouvais non loin sur un fauteuil, je m'en emparai et fit un signe de la tête que c'était bon.
Nous revîmes vers mon frère qui nous fixait incrédule face à nos mines déconfites.
Il tenait toujours plaqué contre le mur, Mike.
Il fit un geste pour se rendre dans la pièce d'à côté, laissant le malade sous la surveillance de mon accompagnant.
Edward le retient par le bras.
-Je te déconseille d'y aller, ça va te donner la nausée.
Emmett fronça les sourcils et sans me regarder, m'invectiva.
-Bella sort nous attendre à l'extérieur.
J'hésitais un instant.
Le pervers ne disait rien, j'avais l'impression qu'il se faisait oublier pour reprendre là où on l'avait interrompu, il ne semblait nullement gêné par ce qui se déroulait.
-Tout de suite, m'ordonna-t-il me faisant sursauter et partir de l'appartement.
Je les attendis une dizaine de minutes, quand ils ressortirent leurs visages étaient indéchiffrables, je n'avais aucune idée de ce qui s'était passé et je n'étais pas assez suicidaire pour poser la question.
-Où est ta voiture, me questionna mon frère.
-Euh sur le campus, j'étais sortie avec une amie.
Son regard se fit plein de reproches.
-Monte, assena-t-il me voyant baisser la tête, je te dépose.
Je les suivis sans rien ajouter et m'installai à l'arrière.
Un silence de plomb persistait dans le véhicule, c'est seulement garé devant ma résidence universitaire que mon aîné se retourna pour me faire face.
Je savais ce qu'il allait me dire et je n'étais pas d'humeur, pas devant lui en tout cas.
Je sentais ma résistance baisée, j'avais envie de me cacher dans un trou de souris, j'avais envie de hurler ma poisse.
-Bella, commença-t-il.
-Non, le coupais-je sèchement. Je sais, assenais-je.
Je soupirai et murmurai.
-Merci d'être venu m'aider, bonne fin de soirée, soufflais-je à tous les deux alors que je sortis de la voiture comme une voleuse, ne laissant à quiconque l'opportunité de répliquer.
Je courus presque jusqu'à ma chambre avant de m'affaler en larmes sur mon lit.
Cette virée avait été un vrai massacre, je m'étais ridiculisée auprès de l'homme dont je rêvais qu'il fasse partie de ma vie.
J'étais encore plus perdue qu'avant cette nuit, j'étais un cas désespéré.
Je restais tard couché le lendemain, je n'avais pas envie d'affronter le monde.
J'avais laissé sonner mon téléphone quand Rosalie avait essayé de me joindre, j'étais incapable de faire face à qui que ce soit, mais c'était sans compter sur Alice qui vient frapper à ma porte.
Elle fut horrifiée par mon récit et s'excusa de m'avoir mise dans une telle situation.
Je ne voulais pas qu'elle culpabilise, ça ne servait à rien, j'aurais pu refuser d'aller boire un verre.
J'étais lasse et je lui fis comprendre que j'avais besoin d'être seule.
Elle me serra dans ses bras tout en concluant :
-Enfin maintenant tu n'as plus le choix, il faut que tu retournes le voir.
J'étais toujours autant surprise par sa logique. Je secouais la tête.
Elle me sourit.
-C'est ta seule option Bella, il y a trop de non-dits entre vous et il n'a pas hésité de quitter une soirée avec ton frère pour venir à ton secours, si ce n'est pas un signe, je ne sais pas ce qu'il te faut.
Elle avait peut-être raison, je voulais y croire, je voulais espérer.
-Pas maintenant, concluais-je malgré tout.
Hors de question après cette humiliation de me pointer dans son bar aussi vite, mais cette optique me paraissait incontournable à présent, je pouvais uniquement gagner du temps.
Je fis l'ermite toute la semaine, j'avais répondu par texto à ma belle-sœur lui assurant de donner des nouvelles très prochainement.
Je voulais juste oublier cet épisode.
Je réussis au bout de 15 jours à ne pas vivre continuellement avec ce sentiment de honte. J'avais appelé mon frère pour le remercier et il avait rétorqué un « c'est normal » que Rosalie lui avait sûrement soufflée pour que la conversation reste légère. Elle avait pris le téléphone ensuite et nous avions parlé de tout et de rien.
Au bout de 3 semaines après cet incident, j'avais un besoin viscéral de voir Edward.
Je m'habillais alors avec soin sans être provocante et après plusieurs grandes respirations, je franchis le pas de ma porte pour me rendre à son bar avec mon sac à la main.
