Chapitre II : Sortir d'Alexandrie :

Grenat devait le retrouver. Jamais plus elle ne pouvait supporter le fait d'être injustement séparée de lui sans savoir la raison. La Princesse voulait comprendre. Mais pour cela, elle devait lui parler et par conséquent le retrouver. Après cette danse, Grenat avait compris. Elle redeviendrait Dagga, la jeune fille insouciante et optimiste d'il y a deux ans. Ce fut donc qu'elle décida de fuir le château, comme ce qu'elle avait fait en tant que Dagga. Mais avant tout, elle devait se changer. Si elle restait en tenue de soirée, on l'a prendrait pour une fille de riche. Or, Dagga était une simple jeune femme. Donc, Grenat se dirigea vers son armoire pour changer de vêtement. Elle mit alors une simple robe blanche descendant jusqu'aux genoux et laissant ses frêles épaules à découverts. Elle enfila avec ça une veste orange sans manche qui lui recouvrit tout le haut du corps. Grenat prit chaussa ensuite des bottines marrons et rouges. Puis, pour finir, elle rangea dans son dos son long sceptre qui lui avait bien servi par la passé. La Princesse se dirigea enfin vers son miroir. Elle prit un ruban orange puis attacha les longs cheveux bruns en une longue natte. Cette fois-ci, Dagga était bel et bien de retour et plus déterminée que jamais !

Dagga n'avait pas vraiment de plan pour pouvoir sortir du château. Mais elle se rappela que toute la ville fut en fête, cette nuit-là. Peut-être que tout les gardes ne furent pas de service. La jeune femme se faufila discrètement dans les couloirs, essayant de ne pas se faire remarquer. Elle se rappela alors que ses amis la recherchait probablement ! Comment allait-elle faire pour ne pas se faire repérer ? Dagga l'ignorait. Elle improviserait sûrement. La jeune femme marchait de plus en plus vite, ne regardant pas vraiment où elle mettait les pieds. Elle tomba alors nez à nez avec sa cousine, Eiko. Cette dernière, heureuse de la retrouver lui sauta au coup.

- Dagga ! Où t'étais passée ?! Tout les invités se sont inquiétés pour toi ? Et …

La petite fille s'arrêta un instant, regardant sa grande cousine de haut en bas. Elle fronça les sourcils.

- Dagga ? Pourquoi t'es habillée comme ça ? Tu vas quelque part ?

- Eiko … Je ne peux pas te dire où je vais exactement mais … Si je te dis un secret, tu me promets de ne rien raconter à personne ?

- Oui !

- Eh bien … Je vais le chercher.

- Quoi ?! Mais t'as bien entendu ?! Il t'a demandé de ne pas le suivre.

- Je sais. Mais s'il court un danger, je voudrais être à ses côtés pour l'aider.

- Dans ce cas je viens avec toi !

La jeune femme écarquilla les yeux. Eiko voulait vraiment venir avec elle ? Mais pourquoi ? Ne voulant pas la mettre en danger, elle lui assura :

- Je ne peux pas. Tu as bien entendu, toi aussi ? C'est peut-être dangereux.

- C'est bien pour cela que je viens avec toi ! S'il t'arrivais quelque chose, jamais je me le pardonnerais !

- Eiko …

- Et puis, j'ai quelques mots à lui dire, moi aussi !

Dagga lui sourit. Elle était heureuse. Heureuse de savoir qu'elle ne serait pas seule, mais surtout de voir qu'elle pourrait toujours compter sur sa cousine, aussi jeune soit-elle. Ce fut alors qu'un détail l'interpella.

- Et comment vont réagir tes parents en apprenant que tu t'es enfuie ?

- T'en fais pas ! Ils feront comme d'habitude !

- Comme d'habitude ?

Eiko allait répondre lorsque le cliquetis d'une armure de fit entendre. Reconnaissant ce bruit entre mille, Dagga comprit qui était la personne qui s'apprêtait à les rejoindre.

- Je crois que tu devras me raconter ça plus tard ! Vite ! Viens !

- Eh ! Attends !

La jeune femme tenait maintenant la petite fille par la main. Elles couraient en direction de la sortie. Arpentant divers couloirs pour semer la personne en armure, les deux filles finirent par trouver la porte d'entrée. Enfin, plutôt de sortie dans leur cas. Heureusement pour elles, aucun garde ne s'y trouvait. Elles sortirent donc du château sans hésitations. Les filles continuèrent à courir jusqu'à ce qu'elles soient devant le fleuve séparant le château de la ville.

- Et qu'est-ce qu'on fait maintenant, Dagga ?

- Je …

Dagga devait réfléchir, trouver une solution. Elle ne pouvait pas abandonner aussi vite. La jeune femme remarqua alors la barque royale amarrée non-loin. Prenant Eiko par le poignet, elle s'y dirigea rapidement. Sa petite cousine monta à bord, puis l'aida elle aussi à monter.

- Dagga ! Vite ! Ils arrivent !

- PRINCESSE ! Revenez-ici immédiatement !

- Là, les rames ! Eiko, aide-moi ! On ne doit pas laisser Steiner nous rattraper !

La jeune femme empoigna une des longues rames et rama, imitée par la petite Princesse. Bientôt, elles purent enfin apercevoir l'autre rive. Les deux jeunes filles sautèrent avant même d'avoir atteint la berge. Elles se remirent aussitôt à courir. Les deux filles arrivèrent sur la grande place. Heureusement pour elles, toute la ville était en fête. Elles réussiraient facilement à se dissimuler parmi la foule. Se faufilant à travers les citadins, elles atteignirent la grande rue menant à la sortie de la ville. Dagga continua à courir mais, remarquant qu'Eiko ne suivait plus, elle se retourna rapidement pour lui demander :

- Qu'est-ce que tu fais ?!

- Je peux pas rester dans ces vêtements ! Je dois me changer !

- On réglera ce problème plus tard ! Dépêche-toi !

- Pas besoin. Regarde.

La petite Princesse désigna une boutique de vêtements encore ouvert. Dagga, ne voulant pas se séparer de sa cousine, décida de la suivre. Eiko ouvrit rapidement et avec beaucoup de force la porte de la boutique, faisant sursauter le vendeur.

- Voyons, Mademoiselle. Soyez un petit peu moins brute, je vous pris !

- Oh, je suis désolée. C'est que je suis très très pressée. Il faut que je me change immédiatement !

- Veuillez nous excuser de vous déranger à une heure aussi tardive.

Le vendeur sembla sur le point de s'évanouir en voyant la personne qui venait de passer la pas de sa porte. Avec une révérence, il s'exclama :

- Votre Altesse ! Que me vaut l'honneur de votre visite, ce soir ?

- Je ne peux le dire. Pardonnez-moi.

- Oh ! Ne vous excusez pas ! Laissez-moi plutôt m'occuper de votre amie.

Dagga fit un sourire au vendeur. Il semblait être un brave homme. Soudain, elle remarqua que des soldats de la garde royale venaient de pénétrer dans la rue. La jeune femme se baissa rapidement. En même temps, elle fit signe à Eiko se cacher. Chose qu'elle comprit car elle passa dans un rayon suivant, de façon à ce que les soldats ne puissent pas la remarquer. Une fois les soldats passés, Dagga se releva et regarda de nouveau dans la rue. Quelques enfants étaient encore dehors, s'amusant à se courir après, ballons en main. Quelques fois, la jeune femme regrettait de ne jamais avoir connu une telle enfance. Après tout, elle avait passé plus de la moitié de sa vie dans le château, à apprendre l'histoire d'Alexandrie, les bonnes manières, et autres choses dont toutes princesses qui se respectent doivent apprendre.

Quelques instants plus tard, Eiko revint dans une nouvelle tenue. Elle avait détachés ses longs cheveux violets, mais elle portait toujours son ruban jaune. Pas étonnant, puisqu'il s'agit du cadeau de sa meilleure amie, Moug. La petite fille portait aussi toujours sa salopette jaune. Elle avait enfilé un haut sans manches en soie rose, s'arrêtant en dessous de la poitrine. Eiko arborait un short bleu ainsi que des collants noirs. Enfin, elle chaussait des bottines noires.

- Alors, comment tu trouves ? Questionna la petite fille

- Tu es très belle.

- Merci, mais tu l'es plus que moi.

Dagga se retourna ensuite vers le vendeur.

- Combien de gils coûtent tout cela ?

- Eh bien, cela sera gratuit pour vous, Votre Altesse.

- Mais … J'ai de quoi payer sur moi …

- N'insistez pas. Vous êtes notre Princesse adorée. Et puis, je fais cela pour vous aider. Votre cousine m'a tout raconté. Vite ! Vous devriez vous dépêchez ! Les gardes pourraient débarquer d'une minute à l'autre !

- Merci beaucoup !

Les deux Princesses sortirent rapidement de la boutique, puis se dirigèrent vers l'entrée de la ville. Bizarrement, celle-ci n'était pas gardée, contrairement à leurs craintes. Les deux cousines franchirent les portes, se rendant à leur première destination : La Forêt Maudite ...