Pour ce qui est de la vitesse de publication, je préfère ne pas m'engager car j'ai tendance à prendre un peu de retard, mais normalement vous aurez un chapitre toute les une à deux semaines. J'espère que ça vous suffira, enjoy! ^^

CHAPITRE 1: Commençons par le commencement...

(Ce chapitre contient des morceaux du septième livre, notamment pour les dialogues et la chanson de Peeves.)

Pour comprendre ce qu'il s'était passé, il fallait revenir à la fin de la Bataille Finale de Poudlard. Après la mort de Tonks, de Lupin, de Fred... et de Voldemort.

Nous, les survivants, étions à la fois heureux et désespérément tristes d'avoir perdus nos amis, et même des gens de notre famille. C'était horrible. Le regard vide de George alors qu'il contemplait le cadavre de son frère en tenant sa main froide et dure. Tous les Weasley étaient effondrés. Moi et Harry aussi. Nous faisions presque partie de cette famille.

J'étais si triste que je n'arrivais pas à pleurer, bizarrement. La Grande Salle était presque entièrement détruite et ressemblait à un cimetière à cause de tous les cadavres qui s'y trouvaient. Peeves fit irruption dans la salle où tout le monde se recueillait sur les corps de proches et se mit à chanter, enfin plutôt à hurler, tout en improvisant une petite danse:

On les a eus,

Vaincus, battus

Le p'tit Potter est un héros,

Voldy nourrit les asticots,

Ils ont tous été écrasés,

Maintenant, on peut rigoler!

-Voilà qui exprime bien l'ampleur et la tragédie de l'événement, vous ne trouvez pas? dit Ron en nous entraînant hors de la Grande Salle et en souriant amèrement.

J'hochai la tête, un sourire fantomatique aux lèvres. Comme l'avait dit Peeves, nous les avions vaincus. Mais il avait oublié une chose: tous n'avaient pas été écrasés, et nous avions nous aussi subit de lourdes pertes.

À cause de Lord Voldemort. Mais qu'est-ce qui avait pu passer par la tête de ce connard pour qu'il en arrive là?!

Bien sûr, ce n'était qu'une question de pure rhétorique. Je savais ce qu'il s'était passé, et ce n'était pas de sa faute. Enfin, pas entièrement. S'il avait eu des parents, si on lui avait donné de l'amour, il ne serait pas devenu ce qu'il avait été. Il n'avait pas eu le choix.

Quoique. On a toujours le choix. On est même la somme de ses choix.

À cette pensées, mes yeux me brûlèrent, et une boule se forma dans mon estomac. Les larmes débordèrent sans que je puisse rien y faire, sans que je puisse les retenir. Ron me lança un coup d'œil, et quand il me vit pleurer, il pleura à son tour. En nous entendant sangloter, Harry se mit à pleurer lui aussi. Nous étions en larmes tous les trois. Je me laissais tomber sur la première marche des escaliers que nous avions atteint. Harry s'assit à ma droite et Ron à ma gauche. Ron me prit dans ses bras, et je me laissais aller dans ses bras. Un peu plus tard, alors que nous nous étions calmés, Ginny et Luna sortirent de la Grande Salle et vinrent nous voir. Ginny s'assit à côté d'Harry, qui se décala pour permettre à Luna de s'asseoir à côté de moi. Je tournais la tête vers celle dont le père avait voulu nous livrer à Voldemort et lui sourit faiblement. Le silence pesait trop.

-Comment tu vas, Luna?

-Plutôt bien. Plutôt vivante.

Je souris. Luna avait le don de dire la vérité de façon à rassurer et mettre mal à l'aise à la fois.

-Oui, dis-je. T'as raison. Vivante.

-Je suis désolée, pour Fred, lança Luna à tout le monde. Aucun de ceux qui sont morts cette nuit ne le méritaient. À part les Mangemorts.

-Oui. Personne n'aurait dû mourir, dis-je alors qu'une larme coulait silencieusement sur ma joue.

Je fixais mes yeux sur l'horizon. Je n'en pouvais plus de rester assise, immobile, à penser à tous ceux qui étaient morts cette nuit. J'avais besoin de bouger, de marcher, de faire quelque chose.

-Je vais marcher un peu, dis-je en me levant. J'ai besoin de prendre l'air.

-Moi aussi, dit Luna en se levant à son tour. Je peux t'accompagner?

-Oui, Luna. Bien sûr.

Elle se mit à marcher à mes côtés alors que nous nous éloignions des escaliers. J'étais surprise que les autres ne me disent pas de rester. Mais en même temps, il n'y avait plus aucun danger. Moi et Luna sortîmes dans la cour jonchées par les gravats et les corps de Mangemorts, de géants et autres joyeusetés.

-Je suis triste que tous ces gens soient morts.

-Moi aussi. Je déteste Voldemort.

-Pourquoi faire?

Luna et ses grandes questions si constructives.

-Je veux dire, reprit-elle, il est mort. Ça ne sert plus à rien de le détester. La haine est un sentiment stérile. Et c'est le sentiment qui à mené Tu-Sais-Qui à vouloir tuer tout le monde.

-Tu crois qu'il n'y a que ça?

-Qu'est-ce que tu veux dire?

-Tu crois que c'est juste parce qu'il était empli de haine?

-En fait, je ne sais pas trop... dit Luna, rêveuse. Je pense. Pour savoir, il faudrait pouvoir remonter le temps. Pouvoir voir comment était Tu-Sais-Qui quand il était jeune.

Je fus prise d'une soudaine inspiration. Je fouillais frénétiquement dans mon petit sac en perles jusqu'à trouver enfin ce que je cherchais. Je sortis le Retourneur de Temps de mon sac et le laissait pendre au bout de mes doigts.

-Je pourrais remonter le temps. Jusqu'à l'enfance de Voldemort.

-Ce serait dangereux, observa Luna.

-Qu'est-ce qui serait dangereux? demanda la voix de Ron.

-Rien. Rien, maintenant que Voldemort est mort, dis-je en cachant précipitemment le Retourneur de Temps dans mon sac.

Ron vint me voir et mis son bras dans mon dos. Luna rentra au château pour voir Neville tandis que Ron, Harry et moi partions pour le bureau du directeur.

Chemin faisant, Harry nous raconta ce qu'il avait vu dans la Pensine, les pensées de Rogue. Il nous raconta aussi ce qu'il s'était passé dans la forêt. Il nous emmena dans le bureau du directeur. La gargouille était tellement en piteux état qu'elle ne demanda même pas de mot de passe. Dans le bureau, tout les tableaux d'anciens directeurs applaudissaient.

Mais quand Harry leva les mains, tous se turent. Il regardait le portrait de Dumbledore, qui pleurait derrière ses lunettes en demi-lune.

-La chose qui était cachée dans le Vif d'or, dit Harry, je l'ai laissée par terre, dans la forêt. Je ne sais plus exactement où, mais je ne vais pas aller la rechercher. Vous êtes d'accord?

-Oui, mon cher Harry, approuva le portrait de Dumbledore. C'est une décision sage et courageuse, mais je n'en attendait pas moins de toi. Quelqu'un d'autre sait où elle est tombée?

-Personne, assura Harry alors que Dumbledore hochait la tête. Mais je garderais le cadeau d'Ignotus.

-Bien sûr, Harry, dit le portrait en souriant. La cape est à toi jusqu'à ce que tu la lègues à quelqu'un!

-Il y a également ceci.

Harry sortit la Baguette de Sureau, et Ron et moi la contemplâmes d'un air qui ne plut apparemment pas à Harry.

-Je n'en veux pas, dit Harry.

-Quoi?! s'exclama Ron. Tu es dingue?

-Je sais qu'elle est puissante... dit Harry, las. Mais j'étais plus heureux avec la mienne. Alors...

Il sortit de la bourse qu'il avait toujours à son cou et en sortit sa baguette cassée, les deux morceaux étaient à peine reliés par un mince bout de plume de phénix. Il la posa sur le bureau puis lança dessus un Reparo avec la Baguette de Sureau.

La baguette d'Harry se reconstitua alors.

J'étais ébahie. Normalement, les baguettes ne se réparent pas. Une fois qu'elles sont cassées, elles sont cassées.

Harry la prit dans ses doigts et il sembla de nouveau lui. Il déclara à Dumbledore qu'il allait remettre la baguette là où il était. Il ajouta que s'il mourrait de manière naturelle, son pouvoir serait rompu. Se serait la fin de la Baguette de Sureau.

-T'es sûr? demanda Ron, une once de convoitise dans la voix.

-Je crois que Harry a raison, murmurai-je.

-Cette baguette cause trop d'ennuis pour ce qu'elle vaut, reprit Harry. Et très sincèrement, j'ai eu suffisamment d'ennuis pour le reste de mes jours.

Il se détourna des portraits et sortit du bureau directoral, suivi par Ron. J'hésitais un instant, puis me tournait vers le portrait de Dumbledore. Il me regardait, dans l'expectative.

-Professeur Dumbledore, je me demandais... Pourquoi?!

-Pourquoi quoi?

-Pourquoi est-ce que vous avez laissé exploser cette foutue guerre?! Pourquoi est-ce que vous ne nous avez pas laissés d'indications plus précises?! Pourquoi est-ce que vous nous avez laissé patauger dans la merde pendant tout ce temps?! Pourquoi, bordel?!

Dumbledore se tut un moment, et dans son portrait, Phineas Nigellus hoqueta avant de s'écrier de sa voix nasillarde et insupportable:

-Non mais, quelle insolence! De mon temps, on n'aurait jamais osé s'adresser comme ça à un ancien directeur! Non, mais vraiment, quelle insupportable péronnelle!

-Phineas, fermez-la! m'exclamais-je. Alors, professeur Dumbledore, vous n'avez pas répondu?!

Le portrait de Dumbledore remonta ses lunettes en demi-lune et croisa les mains. J'avais presque l'impression qu'il était encore vivant.

-Et bien, dit-il. C'était indépendant de ma volonté. Si j'avais pu aller plus vite, détruire plus d'Horcruxes, réunir plus d'informations, avancer le travail pour que vous n'ayez pas à tout faire, je l'aurais fait. Mais je suis mort avant d'avoir pu achever ma mission.

-Vous saviez que vous alliez mourir, lors de notre sixième année à moi, Harry et Ron. À Draco.

-Oui, et ma course effrénée contre la montre n'en a été que plus importante. Je suis désolé.

Une larme coula sur la joue de Dumbledore et alla se perdre dans sa barbe argentée. Le voir pleurer ainsi m'amena les larmes aux yeux. Je n'en pouvait plus, la guerre m'avait brisée, la guerre nous avait tous brisés. Nous étions devenus faibles. J'étais devenue faible.

-Écoutez... dis-je, la voix tremblante, en essayant de retenir mes larmes. Je ne peux pas... plus... Regardez ce que la guerre nous a fait à tous... Il faut... il faut effacer ça.

-Comment?

Secouée de sanglot, je pris mon sac en perles et en sortis un énorme grimoire d'enchantements et le Retourneur de Temps. Dumbledore me regardait, sourcils froncés.

-Mauvaise idée, dit-il en comprenant où je voulais en venir. Comment feriez-vous pour ne pas être vue? Et comment feriez-vous changer d'avis Tom Jedusor si vous ne pouvez pas être vue?

-Je n'aurais pas besoin de ne pas être vue, puisque je serais dans une époque où personne ne pourra me reconnaître.

-Ce que vous rencontrerez dans l'époque de Jedusor qui vous reverrons dans cette époque là feront sûrement le lien.

-Ils ne pourront pas. Je changerait de nom. L'unique ressemblance sera physique. Dans ce grimoire, il y a un sort de rajeunissement. Il est compliqué, mais je pense y arriver. Je pourrais me rendre mes onze ans, puis je remonterais le temps jusqu'à l'époque de Jedusor, un peu avant qu'il n'entre en première année.

-Fais comme tu veux, chère Hermione. Mais fais attention. Ton grand cœur pourrait te perdre, même si tu as une grande intelligence. Emporte de l'argent. De quoi survivre un moment. Tu en auras besoin.

-Je n'ai pas d'argent. Ça fait longtemps que je suis fauchée.

-Le professeur Rogue rangeait de l'argent dans le placard. Celui qui est à droite de la Pensine. Il avait beaucoup d'argent, et je pense qu'il ne verra pas d'inconvénients à ce que vous lui en empruntiez. Ce n'est pas comme s'il allait en avoir l'usage, désormais.

J'hochai la tête et ouvrit le placard dont Dumbledore m'avait parlé. Une somme astronomique se trouvait dedans. Des piles et des piles de Gallions, toutes plus hautes les unes que les autres. Après avoir lancé un regard à Dumbledore, je pris tout l'argent dans une grosse bourse que je mis dans mon sac. J'ouvris ensuite le grimoire à la bonne page.

J'inspirai profondément puis lançais le sort. Je sentis beaucoup de transformations sur mon corps, et pas forcément les plus agréables. Je vis dans une porte du placard qui me renvoyait mon reflet que mes cheveux s'étaient re-transformés en une tignasse broussailleuse et indomptable, comme lors de ma première année.

Je me tournais alors vers Dumbledore, le Retourneur de Temps en main.

-Si Harry et Ron me cherchent, vous pourrez lui dire ce que j'ai fait, professeur? dis-je, des larmes dans la voix. Leur dire que je suis partie pour les aider, pour empêcher tout ça.

-Je le ferais, assura le portrait de Dumbledore.

-Combien de tours, professeur? demandais-je alors. Combien de tours jusqu'à la première année à Poudlard de Tom Jedusor?

Il me dit alors un nombre exorbitant. Je me mis alors à faire tourner le Retourneur de Temps le plus vite possible, tout en comptant.

Le voyage commençait.