Chapitre 2 : Houston, nous avons un problème !
Le paysage défilait à vive allure sous la lumière du soleil couchant. Steve concentré sur la route ne parlait pas ou très peu. La circulation était dense, et pendant les quatre heures de voyage, Bucky eut le temps de s'imaginer la réaction des autres membres. Il imagina de nombreux scénarios, tous plus improbables les uns que les autres. Il était un soldat, rien ne pouvait l'ébranler mais cela n'empêchait pas qu'il appréhendait leur rencontre. Quand ils arrivèrent dans le centre de New York, Bucky reconnu immédiatement l'ingéniosité de la Tour Stark. Elle était à la fois élégante et à la pointe de la technologie, un travail d'artiste que seul Stark Junior pouvait faire. Ce fut la boule au ventre qu'il descendit de la moto avant de suivre Steve dans l'enceinte du bâtiment. Mais à peine eut-il le temps de passer le pas de la porte de la Tour Stark, que Bucky fut confronté à une première difficulté : Jarvis. N'étant jamais vu et totalement inconnu de son système, l'intelligence artificielle ne lui permit pas d'entrer dans le bâtiment et avertit le maître des lieux.
Tony Stark, installé dans son atelier observait la scène depuis les écrans. Cet homme l'intriguait, qui était-il et que faisait-il avec Rogers ?
- Jarvis, fais un scan facial de cet homme et trouve-moi tout ce que tu peux trouver sur lui, ordonna le milliardaire.
- Bien, monsieur, répondit l'ordinateur.
La recherche ne dura que quelques secondes avant que Jarvis ne revienne.
- James Buchanan Barnes, Monsieur. Membre des Commandos Hurlants, décédé en 1945.
- Décédé, en es-tu sur ?, demanda Tony
- Tout à fait, Monsieur.
- Intéressant.., souffla-t-il. Fais les entrer.
- Bien, Monsieur.
Le contrôle de sécurité ainsi levé, ils continuèrent leur ascension avant d'arriver au seuil du salon où l'ensemble des Avengers les attendaient. Steve entra et salua les autres membres. Alors que Bucky, mal à l'aise, resta sur le seuil. Il l'observa déambuler parmi ses homologues, à l'aise et souriant alors que lui, ne savait pas s'il devait rentrer, rester là ou bien repartir. Quand Steve décela son absence, il revint vers lui et ferma la porte derrière lui créant entre eux une certaine intimité.
- Qu'est ce qu'il y a ?
Ça ne peut pas fonctionner, répondit Bucky
- Pourquoi ?
- Ce sont des héros et moi un meurtrier. J'ai tué bien plus de personne que toutes ces personnes réunies, murmura Bucky.
- Bucky, écoute-moi. Tout se passera bien, ils n'ont rien sur toi, ils ne peuvent rien te reprocher. Ça ne sert à rien de t'angoisser pour ça. On est là pour renverser HYDRA, seulement ça. Et si jamais ça se passe mal, on s'en va. D'accord ?, lui expliqua Steve
- D'accord.
Au même moment, dans le salon Thor brisa le silence.
- Qui est cet homme ?
- Aucune idée, répondit Bruce
- Vu la façon dont ils sont proches, je dirais un ami voire un excellent ami continua Hawkeye
- Il s'agit de James Barnes, meilleur ami de Steve, lança Stark en arrivant une tablette à la main.
- Je commençais à croire que vous ne vouliez pas nous voir, dit Bruce
- Absolument pas. Je faisais quelques recherches sur notre mystérieux ami, répondit-il en désignant le couple d'amis du menton.
- Et qu'en est-il ?, demanda Thor
- Rien, rien de particulier, clôtura le fils d'Howard
Ils terminèrent leur conversation juste à temps car Steve et Bucky entrèrent dans la pièce. Natasha qui n'avait pas rejoint la conversation, sachant pertinemment qui était cet homme, l'observait, méfiante. Et elle n'était pas la seule. Tous, voyaient d'un mauvais oeil la présence de cet inconnu. Seul, Tony qui avait omis de mentionner le tapon -décédé- sur le dossier de James, était fasciné par le mystère qui l'entourait.
- Dites-nous tout Captain, pourquoi cette réunion d'urgence ?, demanda Banner
- HYDRA... n'a pas été détruite, au contraire. Elle se terre et attaque par derrière, au moment où l'on s'y attend le moins, répondit-il le visage fermé.
- Comment est-ce possible ? l'interrogea Thor
- Je ne sais pas mais les membres sont motivés par la vengeance et la mort, s'exprima Steve
- Vous semblez sur de vos propos, intervint Barton
- Sam est à l'hôpital à cause de l'un d'entre eux, ajouta le Captain
- Comment va-t-il ?,demanda Bruce
- Il est dans un sale état mais ça va.
- J'ai quand même un doute. Normalement HYDRA a été détruit avec le S.H.I.E.L.D, ajouta Tony
- Je sais mais… commença Rogers
- Le Captain a raison !, lança Nick Fury qui venait juste arriver.
- Okay, d'accord, je comprends. Mais je ne pense pas que vous avez besoin de ma présence, s'exprima le fils d'Odin.
- Je ne tirerais pas de conclusion hâtive car HYDRA a en sa possession quelque chose de terriblement puissant. Je crains que chacun d'entre vous ait un rôle à jouer, dit Fury le visage grave.
- Qu'est ce que c'est ?, demanda Natasha
- Le sceptre de Loki, souffla l'ancien directeur du S.H.I.E.L.D.
Sa réponse jeta un froid dans la pièce. Personne ne parla, absorbé dans ses propres souvenirs de la bataille de New York, où cette rencontre inter-galactique avait laissé des séquelles en chacun d'eux.
Bucky qui n'avait pas participé à cette rencontre les observa silencieusement. L'homme brun à la tablette semblait le plus meurtri d'entre eux. Il avait décelé derrière ce masque d'arrogance, une faille qu'il n'avait pas su combler. Son regard glissa sur deux autres membres, Natasha et un autre homme blond. Il avait vu leurs regards se voiler avant de se croiser, signe qu'il s'était passé quelque chose ce jour là. Bucky continua son observation, s'attardant sur cet homme blond aux muscles saillants. Ce dernier n'avait pas l'air si affecté que ça par l'évocation de ces événements. Par contre celui à sa gauche, un homme brun à lunettes semblait perturbé. Il ne put observer Steve car ce dernier prit la parole.
- Qu'attendons-nous pour détruire leurs bases ?, dit-il en direction de Nick Fury
- Nous ne savons pas où elles se trouvent…
- Moi, si, dit Bucky calmement.
Sa réponse attira tous les regards de l'assemblée mais Bucky ne broncha pas.
- Pardon ?, dit Fury
- Je sais où se trouvent les principales bases d'HYDRA, répondit-il
- Puis-je vous demander qui vous êtes ?
Bucky hésita sur la démarche à suivre. Devait-il dire son vrai nom sachant qu'il était officiellement mort ou bien dire qu'il était le soldat de l'hiver ? Ou bien les deux ? Qui était réellement au courant de cette histoire de double identité ? Indécis, il se tourna vers Steve et croisa son regard. Lui non plus ne savait pas comment faire… N'ayant plus le choix, Bucky inspira profondément avant de lâcher.
- Je suis le Soldat de l'Hiver.
Nick Fury dégaina son glock et le pointa sur le torse de Bucky. Ce dernier ne bougea pas d'un millimètre, seul Steve se déplaça pour venir s'interposer.
- Sortez de là Rogers !, s'exclama l'ancien directeur
- Seulement si vous posez cette arme, répondit Steve sérieusement
- Vous voulez que je le pose alors qu'un meurtrier se trouve face à moi, le même qui a tenté de m'assassiner ? Vous devriez aller vous faire soigner Rogers !, s'exclama Fury
- Je me porte garant de lui. Et s'il y a le moindre problème vis-à-vis de sa présence, nous partons sur-le-champ. Mais je doute que vous arriviez à démanteler HYDRA sans son aide. D'autant plus que nous n'avons plus les ressources du S.H.I.E.L.D. Il est notre seul et unique moyen de détruire cette organisation !, s'exprima Steve avec conviction tout en balayant l'assemblée du regard et en désignant son ami de la main.
Face à ce constat, Nick Fury baissa son arme mais ne la rangea pas, méfiant.
- Je pense que Steve a raison. Si on doit partir en guerre contre HYDRA, on aura besoin de lui, intervint Bruce
- Etes-vous certain de pouvoir nous donner toutes les informations sur cet HYDRA ?, demanda Thor
- Assurément, répondit Bucky
- Dans ce cas, allons botter les fesses au poulpe !, lança Tony avec sarcasme.
- Il faudrait le faire rapidement, n'oublions pas qu'ils ont le sceptre de Loki, rajouta Natasha
- D'ailleurs, comment ont-ils fait pour le récupérer ?, demanda Clint
- Je ne sais pas mais le sceptre de mon frère renferme l'énergie du Tesseract. Rappelez-vous, c'est grâce à cette puissance que les Chitauri ont envahi Midgard et que Loki a prit le contrôle des esprits du Dr Selvig et de vous, l'informa le fils d'Odin en le regardant.
- Et ils doivent vouloir utiliser cette énergie pour créer des armes, manipuler le gouvernement ou bien quelque chose de pire. Qui sait… ajouta Bruce pensif.
- Si on arrive à le récupérer, je pourrais utiliser cette énergie pour…., chuchota Tony
- Pour quoi Tony ?, demanda Steve
- Rien que tu puisses comprendre, blondinet, répliqua le génie
- Répète ça pour voir ?!
- C'est qu'on est devenu sourd, Boucle d'or ? Après tout la vieillesse, ça n'aide pas vraiment. Il faut penser t'acheter un sonotone Papy, s'écria Tony
- Messieurs, s'il vous plaît… Ça en devient puéril… intervint Natasha, blasée de ces querelles d'enfants.
- De toute manière le sceptre appartient à mon royaume, je me dois de le récupérer pour le ramener et le mettre en lieu sur, dit Thor
- Vous insinuez que nous ne sommes pas capables de le protéger ?, demanda Nick légèrement agacé
- C'est cela même, affirma le fils d'Odin
- Il me semble pourtant que c'est Howard Stark qui l'a récupéré au fin fond de l'Arctique. Donc il nous appartient !, s'exclama l'ex directeur du S.H.I.E.L.D
- Mon père a fouillé l'Arctique à la recherche de Blondie sans le trouver mais il a récupéré le cube cosmique. J'ai donc tous les droits sur le Tesseract, lança Tony.
- Et pour en faire quoi ? Vous êtes le précurseur de l'énergie verte. En quoi l'énergie du Tesseract peut vous être utile ?, demanda Natasha
- Enfin quelqu'un qui reconnaît mes exploits !, répliqua le play-boy
- Pourquoi vouloir cette énergie Tony ?, demanda le spécialiste en rayons gamma
Stark soupira avant de révéler son projet.
- Je souhaite mettre en place un programme capable de défendre les populations sans que l'on ait besoin de se déplacer à chaque fois. Ce serait comme une sorte de soldat à notre service et au service de la population, doté d'une certaine intelligence pour faire face à des situations complexes. Et c'est pour ça que j'ai besoin du Tesseract, pour lui insuffler assez de puissance, d'énergie. expliqua-t-il tout en se grattant l'arrière de la tête.
- Mais pourquoi ?, demanda Barton
- Parce que je ne veux plus risquer ma vie, ni la votre pour sauver celle des autres. expliqua Stark avec véhémence.
Cette réalité résonna dans l'esprit de ses homologues mais Nick Fury intervint
- Et où en est ce programme ?
- Encore à l'état de projet, je travaille dessus, répondit Tony
- Ce n'est pas tout mais nous avons des bases à trouver et à détruire, ajouta Rogers
- Barbie n'a pas tord. Jarvis, sors-moi une carte du monde.
- Bien, monsieur, répondit l'intelligence artificielle.
La carte virtuelle apparue, indiquant les principales villes tel que New York, Paris ou encore Pékin. L'assemblée se rassembla autour de cette carte et attendit que Bucky brise la tension. Ce dernier, soucieux de se racheter, lâcha toutes les informations en sa possession.
- Il y a trois principales bases : le Quartier Général dans les Alpes, le laboratoire aux Etats-Unis et la base de recherches à Sokovie en Russie. Mais ce n'est pas tout, il y en a également dispersé aux quatre coins du monde. Le centre de recrutement se fait à la base de Ravenous à Vancouver, Ichor la base principale sous-marine se trouve en Mer des Philippines, Nemesis, la base de construction navale est en Malaisie et le centre financier dit La Couronne se trouve au Japon. Sans oublier Tarantule dans le désert australien, Hell's Heaven en Chine, Point Oméga au Nord de l'Italie, La Ruche au milieu de l'océan indien et Gehenna en Nouvelle-Zélande, expliqua-t-il
Tout en citant les différentes bases et leurs localisations, Jarvis en bon majordome les situa sur la carte à l'aide de points rouge.
- Et le QG de Washington ?, demanda Bruce.
- C'était le quartier général du S.H.I.E.L.D mais je pense qu'on peut le considérer comme une base d'HYDRA. Mes ordres de missions venaient d'ici, expliqua Bucky.
- De toute manière, elle a été détruite en même temps que le S.H.I.E.L.D. Alexander Pierce était à sa tête, dit Steve
- Un problème de réglé mais il n'y en a pas d'autres aux Etats-Unis ?, demanda Clint
- A part le Laboratoire, je ne crois pas, lui répondit Bucky
- C'est bien beau tout ça mais comment pouvons-nous être sur ?, s'exclama Tony
- De quoi ?
- Comment être sur que ce n'est pas un piège ? Après tout, nous n'avons pas d'autres informations et même s'il prétend s'être repentit, il peut très bien nous tendre un piège pour ensuite tous nous éliminer et laisser le champ libre à HYDRA.
Tony n'avait pas tord et cette remarque jeta une froid dans la pièce. Les muscles de l'équipe se tendirent, prêts à riposter en cas d'attaque mais rien ne vint. Bucky n'avait pas bouger. A quoi bon ? Il n'était plus cet assassin. Alors qu'il allait quitter la pièce, il fut secouru par Nick Fury.
- Malheureusement ces informations sont justes ! Il se trouve que durant mon voyage, j'ai découvert que de nombreux rats se cachaient dans plusieurs villes européennes. Et notamment cette petite ville nichée dans les hauteurs des Alpes et la Sokovie, assura-t-il
- C'est vous qui le dites. Sinon, il me faut son bras !, s'exclama Stark
L'assemblée surprise par ses propos le regarda, interrogateur.
- Son bras à lui, dit-il en désignant Bucky
- On peut savoir pourquoi ?, demanda Steve
- Ce bras est un condensé de technologies incroyables ! Rien qu'à l'idée de pouvoir le décortiquer, le disséquer dans les moindres détails m'excite au plus haut point !, s'exclama Tony excité tel un enfant la veille de Noël.
- C'est Pepper qui va être contente, lança Clint, le sourire aux lèvres.
- Et ben Robin des Bois, on tente l'humour ?, répliqua Tony
- Les garçons… C'est bon.., intervint Natasha qui n'en pouvait plus de ces piques de testostérones
- Plus sérieusement, est-ce que je pourrais jeter un œil à votre bras ?, demanda le génie à l'attention de Bucky. Tu n'auras pas de soucis à te faire, tu peux avoir confiance en mes talents de mécano, ajouta-il, avec un clin d'œil.
Le brun désorienté par ce brusque retournement de situation, jeta un coup d'œil à Steve puis répondit :
- Euh.. Okay.
- Bien. On fera tout ça demain, tout en mettant au point un plan d'action.
- Je suppose qu'on est parti pour faire un petit tour du monde, dit Banner
- Et pas pour des vacances. Préparez-vous à partir dès que l'équipe est prête !, conclut Captain.
Lorsqu'ils terminèrent la réunion, l'astre argenté brillait depuis longtemps au-dessus de la Tour Stark. Exténués, chacun regagna son étage spécialement dédié, au sein de la tour de verre et d'acier. Cet appartement privé avait tout le confort d'un loft : chambre, salon, cuisine, salle de bain et possédait tout le service de Jarvis. Quand Bucky et Steve pénétrèrent dans le loft, le calme les happèrent, les coupant de tout. Enfin seuls, ils apprécièrent le retour de leur intimité mais épuisés par le voyage et la réunion, ils s'affalèrent sur le canapé en cuir du salon. Quand tout à coup, un bruit sourd s'éleva pour parvenir aux oreilles des deux amis. Ils mouraient littéralement de faim.
- Jarvis ?, appela Steve d'une voix lasse.
- Oui, monsieur Rogers.
- Tu peux appeler la pizzeria et commander une reine et une... dit Steve en regardant Bucky
- Une margherita.
- Je ne sais pas... dit Bucky hésitant.
- Une margherita ?
- Pourquoi pas.
- Et une margherita. Tu mets tout sur mon compte s'il te plaît.
- Bien monsieur. Désirez-vous que quelqu'un vous l'amène à votre appartement ou souhaitez-vous les récupérer vous-même ?
- Ne dérange personne pour ça Jarvis. J'irais. Merci.
- Avec plaisir, Monsieur.
Pendant que Steve parlait avec Jarvis, Bucky observa l'appartement. L'atmosphère était chaleureuse, cosy. Un réel appel au cocooning. Mais la vue était incroyable. A couper le souffle. Il se leva et s'avança vers la baie vitrée pour observer ces lucioles jaunes circuler à travers les blocs et les avenues de la Grosse Pomme. Cette ville ne dormait jamais. Bucky hypnotisé par le ballet de lumières, ne remarqua pas que Steve avait terminé sa conversation avec le majordome. Ce dernier avait regagné le canapé et l'observait. La douce lumière de l'appartement créait des reflets caramel dans la chevelure de Bucky et Dieu seul, savait à quel point, il rêvait d'y glisser ses mains.
- Monsieur Rogers, je vous informe que votre commande est arrivée, annonça le majordome stoppant net les pensées du Captain.
- Merci Jarvis, je descends.
Steve quitta l'appartement, laissant Bucky seul. Sur le chemin le menant au rez-de-chaussée, il laissa ses pensées vagabonder. Il avait cru qu'avec le temps, ses sentiments seraient partis, effacés mais rien de tout cela. Au contraire. Et le retrouver lui avait procuré une euphorie extraordinaire mais cela avait également ravivé la flamme du désir et ses sentiments. Il l'avait aimé et aujourd'hui encore, il l'aimait. Étrangement il se souvint de ce qu'il avait dit à Natasha, lors de leur fuite à travers les Etats-Unis pour le New Jersey.
"Crois le ou non, il est difficile de trouver quelqu'un avec le même parcours de vie."
Et il avait raison, personne n'avait connu ce qu'il avait vécu. La guerre, le sérum, une organisation secrète, un artefact extraterrestre, la mort puis le retour à la vie. Personne, hormis Bucky.
Ce fut sur ces pensées qu'il atteint le rez-de-chaussée où les pizzas l'attendaient. Il les prit avant de commencer son ascension. Il se rappela qu'il avait eu beaucoup de mal à se lier avec les jeunes de son âge. Il avait cherché pendant de longues années une personne avec qui il serait bien, avec qui il pourrait tout partager. Et il l'avait trouvé. Avant de la perdre pour ensuite la retrouver. La vie était un mystère.
Tellement absorbé dans ses souvenirs qu'il ne se rendit pas compte qu'il était arrivé à son étage. Quand il pénétra dans l'appartement, James n'était pas là. Était-il parti ?
- Bucky… ?
- Je suis là, répondit-il en sortant de la salle de bain, les cheveux dégoulinant et une serviette à la main.
- J'ai cru que tu étais parti.
- Non mais je meurs de faim.
- Ahahaha mangeons alors !
Steve posa les boîtes sur la table basse du salon tandis que Bucky errait dans la cuisine à la recherche de bières.
- Hmm… Elles sont où ?, demanda-t-il finalement au blond
- De quoi ?
- Les bières.
- Normalement il y en a dans le frigo !, cria le Captain de l'autre côté du mur
Le brun attrapa deux bouteilles et les fit tinter sur le bois avant d'imiter Steve qui venait de s'asseoir. Ils pouvaient enfin souffler. Face à face, ils dînèrent appréciant le retour de leur intimité.
- Alors, tu les trouves comment ?, demanda Steven
- Qui ça ? Les pizzas ou les autres ?, répondit le brun
- Les deux, dit-il un léger sourire sur les lèvres.
- Les pizzas, ça va. J'avais tellement faim. Et les autres… Ils sont plutôt amusants. Tony, c'est ça ? C'est lui qui a tout créé ? La tour, les accessoires, ce… Jarvis ?
- Oui. Il est prétentieux, arrogant et chiant mais c'est un vrai génie. Un féru de technologie. C'est lui qui a inventé l'armure.
- Hum. Et tu crois que je devrais lui laisser inspecter mon bras ?
- C'est toi qui vois. Mais je ne sais pas si tu as vu son regard quand il a vu ton bras. C'était Noël avant l'heure pour lui.
- C'est vrai, ajouta Bucky amusé par l'attitude du propriétaire de la tour. Je vais réfléchir.
- Tu sais, rien ne t'oblige.
- Je sais. Sinon les autres, ils ont quoi de plus ?
- Alors... Thor, le grand blond aux cheveux longs est un Dieu mais un vrai. C'est le fils d'Odin, souverain d'Asgard qui se trouve quelque part dans l'univers. Bruce, celui aux lunettes, il se change en Hulk. Cette montagne de muscles verte, c'est lui. Ensuite, il y a Clint et Natasha, un couple d'espions. Clint manie l'arc tandis que Natasha préfère les armes à feu et….
- Les techniques de combats au corps à corps. Je m'en souviens, le coupa l'ex assassin
- Voilà, tu connais tout le monde. Sans oublier Sam et Maria mais eux, tu les connais… termina-t-il dans un souffle quand il vit Bucky le regarder avec intensité.
- Hum.. Steve, j'ai une question…
- Oui ? Ça a un rapport avec les Avengers ?
- Non. C'est par rapport à nous..
Steve sentit son cœur louper un battement à l'écoute du mot - nous.
- Tu m'as dit qu'on a grandit ensemble mais on s'est connu comment ? Je veux dire, comment était notre première rencontre ?
- Ah ça, c'était une rencontre pas comme les autres, si tu veux tout savoir, lui répondit le Captain avant de se replonger dans ses souvenirs.
Flashback
Steve Rogers avait toujours été la cible préférée des tyrans. Déjà dans la cour de récréation, les coups pleuvaient sur son corps si fragile, soit par réprimande, souhaitant briser son âme de justicier de 11 ans, ou seulement par plaisir. Mais il ne renonçait pas, jamais. Jusqu'à ce jour.
Un après midi, alors qu'il se faisait rouer de coups, Steven fut défendu par un autre garçon. Ce fut le premier qui osa défier ces oppresseurs pour lui venir en aide. D'un coup de pied bien placé, il les chassa avant de se pencher vers lui pour l'aider à se relever.
- Je maîtrisais la situation, répliqua Steve tout en enlevant la poussière de ses vêtements.
- Ça fait longtemps que c'est comme ça ?, demanda le sauveur
- Oui… C'est tout le temps qu'ils tapent sur les petits pour s'amuser, expliqua le blond, essoufflé.
- Mais tu n'en es pas un alors pourquoi ils te tapent ?
- Parce que je les protège. Ils sont trop petits pour se défendre alors je le fais.
- Et pourquoi tu ne les tapes pas ?
- Je le fais ! Mais ils sont trop grands pour qu'ils aient mal…
- Et tes copains ne les tapent pas avec toi ?, l'interrogea le jeune garçon
- Je n'ai pas de copains.., soupira Steven
- Maintenant si, lança-t-il avec un magnifique sourire
Cette phrase stoppa net le jeune Rogers. Lui qui se faisait massacrer pour un rien, le gringalet dont la mère était exaspéré par toutes ces bagarres venait de se faire un ami. Son cœur explosa tel un feu d'artifice et pour la première fois depuis qu'il s'était parlé, Steve détailla son interlocuteur. En dehors du fait qu'il était plus grand que lui d'une demi-tête, ce jeune garçon était brun, les yeux bleu océan, un nez droit mais ce qui le marqua fut ce sourire si chaleureux. Il était beau, c'était indéniable, bien plus beau que lui mais il s'en fichait, c'était son ami.
La cloche sonna et les élèves furent rappelés en classe mais juste avant qu'ils ne se séparent, Steve l'interpella
- Au fait, je suis Steven Rogers. Mais tu peux m'appeler Steve, en lui tendant la main
- Et moi, James Barnes. Enfin Buchanan Barnes mais ça fait trop long, dit-il en lui serrant la main
Cette poignée de main signa le début d'une longue et incroyable amitié.
Fin Flashback
- Et depuis ce jour, on est devenu inséparable, termina-t-il en finissant sa bière
- Même à l'armée ?, demanda James en engloutissant une part de pizza
- Ah ! Là non. J'avais une santé catastrophique et l'armée ne voulait pas de moi malgré mes nombreuses tentatives. Même toi, tu me disais d'arrêter, de passer à autre chose. Mais, c'était hors de question de rester derrière alors que tu t'étais enrôlé. Je voulais rejoindre ta compagnie et partir avec toi combattre les Allemands. Au final, j'ai servi de cobaye, parcouru le pays pour recruter des hommes, foutu une centaine de gifle à Hitler. Pendant que toi, tu te battais contre des hommes sans pitié, conta-t-il avant de regarder l'heure sur sa montre. Il est si tard que ça ?!, s'écria Steve
- Il est quelle heure ?
- 1h47 du matin… On devrait aller se coucher, mais il n'y a qu'un lit…, expliqua le Captain gêné.
- Ce n'est pas grave, je vais prendre le canapé, répondit Bucky
- Bucky, ça fait je ne sais combien de fois que tu dors sur un canapé. Prends le lit, je prendrais le canapé.
- Non, non. Je prends le canapé, je ne veux pas m'imposer..
- S'il te plaît Buck...
- Bon, okay, si tu insistes, dit-il en rentrant dans la chambre. Et en voyant la taille du lit, il sortit dans le salon et lança au blond. Tu sais, je crois qu'il est assez grand pour qu'on puisse dormir ensemble, sans se toucher.
- Je sais mais, je ne voulais pas te forcer à dormir avec quelqu'un.
- Ça ne me gêne pas de dormir avec toi, murmura Buck
Steven arrêta de respirer. Avait-il rêvé ou il lui proposait de dormir avec lui ?
- Quoi ?
- Ça ne me dérange pas de dormir avec toi, répéta le brun
Est-ce que Bucky se rendait compte de l'effet qu'il lui faisait ? Le "nous" de tout à l'heure et cette phrase. Il allait faire un arrêt cardiaque, mourir sur place.
- Euh.. Ouais… D'accord.. Si tu veux, lâcha Steve cramoisi.
Une fois cette entente passée, ils débarrassèrent rapidement la table et se dirigèrent vers la chambre. Ils se déshabillèrent rapidement avant de se glisser sous les draps de soie. Troublé de se retrouver en caleçon dans le même lit, Steve et Bucky mirent un maximum d'espace entre eux avant de s'endormir, épuisés par cette journée.
Allongé sur le dos, Steve n'arrivait pas à dormir. Cela faisait un moment qu'il se tournait, se retournait pour trouver le sommeil. En vain, il décida de se lever et de sortir de la chambre pour ne pas réveiller Bucky. Une fois dans le salon, il regarda sa montre et les aiguilles indiquaient 2h58. Il se servit un verre d'eau avant de s'approcher de la baie vitrée. Décidément cette ville ne dormait jamais. Il souffla et tenta de dénouer ses épaules, les idées noires avaient envahi son esprit et il n'arrivait pas à s'en défaire. HYDRA. Plus que jamais, Steve voulait détruire cette organisation criminelle qui lui avait porté préjudice tant de fois. Il voulait se venger pour tout le mal qu'elle lui avait fait à lui et à ses proches. Il était tellement furieux que son verre explosa en morceaux, sous la pression, lui entaillant la main.
- Qu'est ce qu'il se passe ?, demanda la voix ensommeillée de Bucky qui venait d'arriver
- Bucky ! Qu'est ce que tu fais là ?, demanda Steve surprit de voir son ami debout.
- Tu n'étais pas dans le lit alors je me suis inquiété, répondit-il en écrasant un bâillement.
- Désolé, je ne voulais pas te réveiller…
- C'est grave ?, demanda James en désignant la main du menton
- Oh.. Non. Ca va. Je vais juste le désinfecter et mettre un pansement, ça ira.
- Bouge pas, assieds-toi. Je vais chercher la trousse de secours.
Bucky partit dans la salle de bain et vida l'intégralité des placards pour trouver une petite trousse rangée dans un tiroir. Quand il revint au salon, Steve avait couvert sa plaie de mouchoirs. Bucky vint s'asseoir à ses côtés et lui prit délicatement la main avant de lui enlever le pansement provisoire devenu rouge carmin. Il inspecta la main du blond et vit qu'il avait des éclats de verre incrustés. Il fouilla dans la trousse avant d'en ressortir une pince et avec beaucoup de concentration, il enleva un à un chaque éclat. Une mèche de ses cheveux vint effleurer le poignet de Steve, lui déclenchant un frisson. Inconscient de l'effet qu'il faisait à Steve, Bucky saisit un coton et l'imbiba d'alcool avant de l'apposer sur la paume de la main. Il laissa le désinfectant agir pendant qu'il préparait un bandage. Il sortit une compresse et une bande qu'il enroula autour de la main de Steven avec beaucoup de délicatesse.
- Voilà, c'est terminé !, s'exclama Bucky, fier de sa réalisation. Qu'est ce qu'il y a ?, demanda-t-il quand il vit le visage sérieux de son ami
- Est-ce que tu m'en veux ?, murmura le blond
- De quoi ?
- Est-ce que tu m'en veux pour tout ce que tu as subi ? Les missions avec les Commandos Hurlants, ta chute, l'expérience du Dr Zola, la cryogénisation, tout.
- Pourquoi devrais-je-t'en vouloir ? Les missions avec les Commandos, c'était mon choix. Enfin, je suppose. Non ? Le reste, ce n'est pas de ta faute, répondit-il avec sincérité. Maintenant, viens te coucher. Il est tard.
Touché par ses paroles, Steven le suivit silencieusement dans la chambre avant de le rejoindre sous les draps et de sombrer au pays des rêves.
J'espère que ce chapitre vous a plu ! A bientôt ! :D
MU.
