-Les armes blanches?
-non
- Les poignard, les dagues les épées à une main ?
-non
-la couture ?
-...non
-la cuisine ?
-oh Dieux non !
Loreleï paru soulagé de ma dernière réponse. Elle rajouta à la liste des Dons tous ceux que j'avais essayés en vain. J'avais bientot 18ans et je n'avais toujours pas de Don. La plupart des enfants trouvent leur Don dès leur dixième printemps. Je ne puis m'empécher de ressasser ma rengaine :
- Je suis sure d'être une Princesse de Sang pur ! Regarde mes cheveux blonds ! Trés peu de Donneurs ont de chevelures claires tu sais bien que c'est le signe des Anciens...
-Oui sa expliquerait le fait que tu n'est ni courageuse ni vaillante ni hardie, et que ta nature est fragile !
Je ne relevais pas. D'accord je ne connaissais pas mes parents, mais bon toutes les petites filles rêvent d'être une comtesse de Sang Pur.
Mon nom est Arrhya. Juste Arrhya. Pas de nom de famille car j'ai été abandonnée dans les terres Arrides par mes parents. Se sont trois braves gens qui m'ont amenés à l'orphelinat d'Irélia. Je n'est jamais été vu d'un trés bon oeil : entre ma chevelure claire et mon incapacité à trouver mon don, les gens avait peur que l'on me découvre sang pur et qu'on les pendît pour non Révélation d'un tel secret. J'ai toujours gardé l'espoir que j'étais un peu unique, car vivre dans la contrée la plus pauvre de tout Enretherre ne permettait pas vraiment d'avoir de grand rêves.
J'ai connu Loreleï lorsque nous avions 8ans, alors que je me faisait entouré d'une bande d'enfants du village qui se moquait de ma chevelure dorée, la seule parmis leur peuple au cheveux d'ébène. Elle est arrivée à mon secours, elle tenait de longues épées fines une dans chaque mains. Lorsqu'elle tourbillona sur elle même en montrant toute l'étendue de sa maitrise des doubles épées, les enfants surent qu'elle était Loreleï la fille du marchand d'armes d'Irélia, la Donneuse la plus jeune et plus talentueuse du village. Nous sommes devenues de trés bonnes amies, elle avait cette facheuse tendance à toujours vouloir me protéger.
Dès que j'essayais un possible Don et que, bien entendu il ne me convenait pas elle l'écrivait sur ma liste que je devais porter sur moi dès que je sortais afin que les autorités d'Irélia ne m'arrète pas pour négligence du Don. Loreleï était persuadée que je n'avais pas un don de combat mais plutot quelque chose qui revelait de l'artistique la precision l'art ou la consentration. Car le Don est censé représenter notre moi intérieur. Si à ma majorité je n'avais toujours pas de Don je serais prise en charge par les autorités du Cinquième Comte afin qu'ils trouvent par eux mêmes le Don. Le maire du village ayant horreur de toute mauvaise réputation pour son misérable village passait me voir chaque jour pour me demander si je progressait dans ma recherche de Don et se tordait frénétiquement les mains en me demandant dans combien de temps était mon prochain anniversaire. Je voyais que Loreleï était aussi inquiète. Elle m'aidait de plus en plus intensivement a la recherche de mon don... Car mon anniversaire était dans trois semaines seulement et être pris en charge par les autorités du Comte revenait à dire adieux à la vie tranquille d'irélia et d'être esclave à la capitale des Terres arrides.
- aucun talent magique ?
-non
-la peinture, le chant, un instrument ?quelquechose quoi !
Je me contentais de rire doucement. J'étais moi aussi de plus en plus tendue à l'idée d'être livrée aux autorités du Comté.
- Allons nous promener veux tu ? Ma liste a encore bien grossi, arrêtons de penser aux mauvaises choses, dis-je à mon amie.
Elle secoua la tête avec lassitude pour me montrer son accord, et nous nous levâmes de notre botte de foin habituelle. Nous nous étions trouver un endroit exclusif où personne de venait nous déranger : un petit établit derrière le magasin du père de Loreleï, avec une grosse botte de foin comme sofa.
Lory me rendit ma liste que je glissa dans la poche de ma vielle tunique rapiécée.
- J'espère vraiment être une Comtesse de Sang pur dis je bien fort en souriant de toute mes dents et en montrant ma vielle tunique bonne à jetée. Lory se mit à rire.
Je n'aime pas particulièrement me promener dans Irélia. Le village respire la misère. Les habitations sont petites rudimentaires, l'air est saturé d'odeur de sueur et de saleté. Les vents chauds des Terres Arrides ne permettaient ni une bonne hygiène ni une bonne utilisation des sols, trop déshydratés pour subvenir aux besoins de tous. Notre village fait donc partie des nombreux vendeurs de Donneurs. Les Donneurs les plus talentueux sont vendus au continent Nord en contre partie de nourriture, d'eau, de soins.
Lory et moi déambulions dans les rues, cherchions quelque objet attirant que je pourrais m'offrir pour mon anniversaire. J'allais souvent voir Osha, Henly et Sharen qui tenaient les stands de bazar. Se sont eux qui m'ont amenés à Irélia, lorsque j'étais encore petite. Pour moi ils sont ma famille, surtout la vielle Osha à qui je confie tout et que je me plais a penser qu'elle est ma véritable grand mère.
Lorsqu'elle me vit arrivée elle sourit de toutes sa bouche édentée.
-Bonjour mon ange, dit-elle en caressant mes cheveux. Comment ça se passe en ce moment ?
Ele faisait allusion au Don bien évidemment...
-encore rien trouvé... marmonais-je
Henly qui était presque aussi vieux qu'Osha et qui était un grand ami des liqueurs se tourna vers moi une bouteille à la main, me plantant un gros baiser sur le front il me dit :
-T'jours su qu't'étais ma 'tite comtess' d'sang pur
Je souris faiblement et du coin de l'oeil je vis Loreleï lever les yeux au ciel agacé par cette phrase qui n'arrétait pas d'être prononcé au fur et à mesure de l'imminence de mon anniversaire.
Je me tournais vers Sharen. Il était moins vieux que les autres,plus fort et plus sérieux.C'est lui qui m'avait découvert. Je le fixais pendant quelques secondes en attendant qu'il lache une phrase de réconfort mais contre toute attente il dit doucement :
-Arrhya. Je t'ai nomé ainsi car de la ou je viens, nous prions un dieux different. Nous pensons que le Dieu du vent Arrhya nous protège et nouguide toute notre vie. Tu peux te laisser guider par le vent Arrhya ou devenir le vent. C'est à toi de choisir.
Je n'aimais pas les conseils de Sharen toujours trop pompeux et pleins de métaphores. Je me contentais d'aquiescer et de rendre son baiser à Henly. Je tournais les talons avec a ma suite Loreleï qui me répétais " deviens le vent !" en pouffant de rire.
En tournant à l'angle du quartier du Marché nous nous retrouvîmes pres des frontières du village: un muret assez haut nous séparant de l'infini desert de arride qui entourait le village. Nous longions le mur en silence. savourant chaque minute loin des gens du village qui me devisageait à chaque coin de rue et qui murmurait mon incapacité à trouver de don. Je fermais les yeux un instant lorsque soudain j'entendis un bruit; Non pas un bruit, un son. Un son aïgu et pourtant trés agréable à l'oreille. Puis le son se finit net. Je rouvris les yeux et demanda à Lory si elle avait entendu ce bruit.
-Non me répondit -elle en froncant les sourcils, je n'ai rien entendu du tout.
Encore une fois le son se fit entendre, ne durant que qu'une ou deux secondes chaque fois. Mon coeur se mit à accélérer. Je voulais absolument savoir d'ou venait le bruit. Mes pieds se mirent d'eux mêmes à accélérer pour trouver la source. Lory me suivait silencieusement. J'étais à la limite de courir quand enfin je découvris la source du son en tournant à l'angle du muret.
Un vaste espace désert, reclu du village. Je vis en face de moi un rond de paille dont le centre était percé de flèches.
-Personne ne vient jamais ici, dit une voix grave et nonchalante. Je découvrais alors le tireur : il était grand et large d'épaules avec des cheveux longs noirs en bataille. On pouvait voir une cicatrice le long de son bras gauche. Ses yeux étaient complétement noirs ce qui lui donnait un air sévére qui n'avait rien d'engagent. Il me fixa un moment les sourcils levé puis soudain s'esclaffa :
-Ah! c'est toi! la Sans-Don !
Ce commentaire me rendit furieuse car agrémenté d'un rictus narquois qui me montrait clairement son hostilité. Je ne relevis pas, au contraire je lui arrachait l'arc des mains en souriant
- je peux ?
-Tes bras son trop faibles, ton dos trop courbé et tes yeux non assez perçants pour avoir le Don de l'Archer.
Je lui tendis la main pour lui signaler de me passer une flèche. Contre toute attente il me la passa. Il m'etait possible de sentir la présence du garcon et de Lory dans mon dos et je pouvais presque voir le rictus du jeune homme et le regard anxieux de mon amie. Je l'entendais encore me chuchoter que je n'était pas faite pour le combat. Que le Don montre notre véritable essence.
J'encochais la fleche sur la corde de l'arc et placa soigneusement mes doigts sur la corde. J'entendis le garcon brun souffler d'un air agacé pour signaler mes erreurs. Je n'en avais que faire. Je levais tranquillement mon bras guche et banda doucement l'arc. Lorsque ma main atteignit mon oeil je sentis toute la puissance de l'arc qui ne faisait plus qu'un avec mon bras. Je visais alors la cible. J'ouvris mes deux yeux pour mieux voir mon but. Lorsque la pointe de la fleche fut parfaitement dans l'axe de la cible, je fis glisser mes doigts sur la corde. La flèche partit et je fermait les yeux pour mieux savourer le son de la flèche pourfendant l'air. Lorsque le bruit se stoppa net je mis quelques instants à ouvrir les yeux. Je vis d'abord le garçon brun me regardant avec son rictus déplaisant, puis Lory qui me fixait le teint blafard.
-Tir à l'arc ? murmura-t-elle
-... oui
