N/A : Bonjour le peuple. Cela fait bien bien bieeeen longtemps que je n'ai pas posté de nouveau chapitre de cette traduction. Mea culpa, vraiment. J'ai été assez occupée, je le suis toujours à vrai dire mais je promets de faire mon possible pour poster plus ou moins régulièrement. Et pas un chapitre par an, si c'est ce que vous vous dites ; je sais combien cela peut-être agaçant. Bref, c'est en recevant une review au sujet de la prochaine publication que je me suis replongée dans cette histoire... pour découvrir que j'avais traduit le chapitre deux depuis bien longtemps, sans jamais l'avoir posté. Je suppose que j'avais eu dans l'intention de le corriger avant de le publier mais, j'ai oublié... En tout cas, c'est maintenant fait. Depuis le premier chapitre traduit, mon anglais s'est encore amélioré, et je suis donc plus que jamais disposée à vous offrir une traduction digne de ce nom. En espérant que vous suiviez encore cette histoire, que je n'ai jamais cessé d'apprécier, et que d'autres lecteurs se joignent à la fête... Bonne lecture !
Chapitre 2 : Un Visiteur Inattendu Avec Une Proposition Inattendue
« Vous plaisantez, dit Nathaniel, pâle comme un linge.
-Ce n'est pas le cas, répondit Deveraux, affichant toujours une expression bienveillante de père (ce qui n'en irritait Nathaniel que plus puisque de cette manière il lui était bien plus difficile de haïr le Premier Ministre autant qu'il aurait mérité de l'être après une telle annonce). Ecoutez John, nous savons que cette idée arrive tel un cheveu sur la soupe, nous savons qu'elle est hautement déplaisante pour vous, mais…nous savons aussi que feriez tout pour servir votre nation de votre mieux. »
Nathaniel serra si fort les lèvres qu'elles ne formèrent plus qu'une seule ligne.
Le Premier Ministre lui faisait du chantage émotionnel. Et il le faisait d'une manière qui ne laissait d'autre choix à Nathaniel que d'accepter. Après tout, il ne pouvait dire la vérité –qu'il n'avait et ne servirait jamais sa nation, mais ses propres intérêts ? S'il refusait à Deveraux –et à la nation- cette 'petite faveur', cela reviendrait à creuser sa propre tombe.
Se focalisant sur la séduisante image mentale de sa personne assise à la place de Deveraux un jour, ayant le pouvoir d'ordonner aux autres de se marier alors qu'ils ne le voulaient pas, Nathaniel força un petit sourire. « Naturellement, monsieur. Je suis un humble serviteur de l'Empire. »
« Formidable ! applaudit Deveraux. Je savais que vous comprendriez rapidement l'importance de cette affaire et seriez enclin à nous aider…nous aider à sauver notre Empire bien-aimé. Je suis très fier de vous, John. Et après tout, toute cette histoire ne nécessitera pas un énorme sacrifice de votre part. Vous n'avez qu'à dire 'Je le veux', la laisser s'installer chez vous, l'emmener quelques fois lors de nos réceptions… en dehors de ça, vous pouvez l'ignorer. Vous pouvez continuer de vivre votre vie comme vous l'avez toujours fait. » Le Premier Ministre se pencha plus près avec un sourire coquin. « Vous pouvez même garder Mademoiselle Farrar comme votre petite amie. Je suis sûre que personne n'en sera scandalisé. »
Certains ricanements se firent entendre de la part des autres Ministres qui étaient apparemment au courant de la relation qu'entretenait Mandrake avec la belle magicienne. Après tout, le jeune homme n'en avait jamais fait un secret et avait assisté à des réceptions avec Jane en tant que partenaire à plusieurs occasions.
« Je suis ravi de savoir que notre gouvernement consiste en des gentlemans ouverts d'esprit, dit Nathaniel avec une pointe de sarcasme à peine visible. Je m'attends à ce que vous organisiez un grand et magnifique mariage pour donner aux plébéiens quelque chose devant quoi s'ébahir à travers leur écran de télévision…
-Nous espérions en effet qu'une grande cérémonie ne vous poserait pas de problème, acquiesça Deveraux. Et qu'est-ce qui apaiserait plus la population Britannique que de voir l'une d'entre eux parcourant l'allée dans une robe seyant à un monarque, parée de bijoux, portant le plus cher bouquet de fleurs tropicales… ?
-Un régal pour les yeux de la foule, hein ?médita Nathaniel. C'est pas mal, je dois vous l'accorder.
-Je suis si content que vous soyez d'accord avec nous, John, rayonna le Premier Ministre.
-Un seul détail, Monsieur. Qui est la plébéienne que je devrai prendre pour épouse ?
-Eh bien… » Deveraux lança un coup d'œil au Secrétaire d'Etat de la Culture, des Sports et des Médias.
Ledit Ministre, un homme mince dans l'âge de la quarantaine s'éclaircit la gorge. « Nous avons pensé que le meilleur moyen d'apaiser les plébéiens serait que vous épousiez une de leur chefs de groupe. Quelqu'un venant de la Résistance. Cela leur donnerait l'impression que les généreux magiciens ne sont pas en colère après eux pour leurs petits…méfaits.
-Mais la Résistance est toujours hors d'atteinte, messieurs, dit Nathaniel d'un air pragmatique. Comment souhaitez-vous que l'une d'entre eux accepte de m'épouser ? » Un sourire sarcastique s'étendit sur son visage. « Je vois déjà les gros titres : 'Filles de la Résistance, ne manquez pas l'opportunité de toute une vie ! L'une de vous aura l'honneur d'épouser un puissant magicien et vivre la vie d'une princesse ! Veuillez poser votre candidature au Whitehall, munie d'un C.V' Honnêtement. Espérez-vous que l'une d'entre elles réponde à quelque chose de ce genre ?
-Heu…non, dit Deveraux. Mais nous n'avons pas besoin de trouver une membre de la Résistance, John. Vous en avez déjà trouvé une. »
Le visage de Nathaniel s'assombrit. « Vous n'y pensez pas. Pas elle. »
« Pourquoi pas, John ? Elle a été l'un de leurs leaders, après tout. Ils n'attendent qu'elle. Pendant près d'un mois, ils ont essayé de se venger de nous pour l'avoir emprisonnée. Il n'y a pas de meilleur choix que Kathleen Jones.
-Si elle me tue, prenez soin de m'enterrer à l'Abbaye de Westminster, dit Nathaniel d'un ton sec. Peut-être dans la tombe de Gladstone. Il ne l'utilise plus, et j'ai toujours été l'un de ses admirateurs. »
o o o O O O o o o
« Jones ! appela le gardien derrière la porte de la cellule de Kitty.
-N'est-il pas trop tôt pour le repas ? demanda la jeune fille d'un ton tranchant.
-Je ne t'apporte pas ton repas, je te sors d'ici, grogna l'homme.
-Quoi ? » Les yeux de Kitty s'agrandirent. Une amnistie ? Les ô-combien-merveilleux magiciens lui avaient-ils fait don d'amnistie ? La Résistance les avait-elle forcés à la laisser partir ? Ou lui accordaient-ils un procès finalement ? Non pas que ça ait quelque importance ; après tout, elle avait été prise la main dans le sac, essayant de voler des objets magiques d'un bureau Ministériel. Même si elle avait un procès, elle n'aurait aucune chance de gagner. Mais peut-être aurait-elle l'occasion de traiter quelques magiciens de connards devant une grande assemblée. Cela serait plus que satisfaisant. En particulier si ce Mandrake était présent…
Mandrake avait été celui qui lui avait envoyé quatre agents de police, et peu importe qu'elle fût une combattante tenace, elle ne pouvait s'attaquer à quatre magiciens musclés. Mandrake avait été clair quant à la maîtriser physiquement plutôt que de lui envoyer leurs démons. Il savait qu'elle possédait une certaine immunité face à la magie.
Les mains de Kitty se serrèrent en poings alors que la grimace de pitié que Mandrake avait eu ce soir lui revint en mémoire –il lui avait lancé un regard hautain tandis que les quatre hommes musclés la faisaient monter dans la voiture qui l'avait emmenée à la Tour.
Cela faisait un mois, et Kitty avait passé ce mois dans une petite cellule dégoûtante, séparée de qui que ce soit. On lui donnait à manger deux fois par jour et une chance de se laver une fois par semaine, mais elle devait utiliser les 'toilettes' (qui se trouvaient être un trou dans le sol) dans sa cellule.
« Bouge, Jones », dit le gardien d'un ton aigre.
Réticente, Kitty se leva de sa couchette et se dirigea vers la porte. Elle vit que deux gardes attendaient à l'extérieur. Evidemment, ça ne pouvait signifier une amnistie, ou ils ne prendraient pas autant soin de leur prisonnier. Peut-être un procès…
« Où allons-nous ? s'enquit Kitty, suivant le gardien alors que les gardes la suivaient elle-même.
-A la salle de bain, vint la réponse.
-Mais…on n'est pas samedi, dit Kitty. On est vendredi, et j'utilise la douche tous les samedis. »
Le gardien se tourna vers elle. « Tu as un visiteur, ma jolie. Quelqu'un devant qui tu ne peux apparaître dans ce genre de haillons, et avec une telle odeur… »
Kitty posa la regard sur ses vêtements. Ils étaient chiffonnés, sales et odorants, mais elle y était tellement habituée qu'elle ne remarquait plus sa propre puanteur. « Cela veut-il dire que je vais avoir de nouveaux vêtements ? »
-Rien que pour aujourd'hui, répondit le gardien d'un ton rude, et il s'arrêta devant une porte sur laquelle on pouvait lire 'Salle de Bains – Femmes'. Va et prends une douche. Lave tes cheveux et tes dents de même.
-C'est le Premier Ministre ou quoi ? Kitty croisa les bras.
-Non mais quelqu'un d'au moins aussi important que lui, répondit-il, froid.
-Je ne peux pas me brosser les dents, dit la jeune fille.
-Quoi ?
-Je n'ai pas de brosse à dents, fit-elle remarquer. Je n'ai jamais eu la chance de faire mes bagages avant que cet enfoiré de Mandrake m'envoie ici.
-Nous te trouverons une brosse à dents, grogna le gardien. Et un peigne. Tu trouveras tout ça ici le temps de finir ta douche. Et maintenant, va !
Kitty n'eut pas besoin de se l'entendre dire deux fois. Elle entra dans la salle de bains et se dirigea vers la douche, enchantée d'avoir la chance de se laver quatre jours plus tôt qu'elle n'aurait dû.
Tandis que l'eau froide glissait sur son corps, elle se demanda qui cette personne si importante pouvait être et ce qu'ils attendaient d'elle. Hmm, ça doit être une sorte d'interrogatoire, pensa-t-elle. Puis encore, pourquoi les magiciens voudraient-ils que leurs prisonniers soient propres pour un interrogatoire ? Kitty avait entendu des histoires à propos de magiciens torturant des plébéiens pour leur extirper des informations –pourquoi la voudraient-ils fraîche et pimpante ? Peu importe, elle ne dirait pas un mot. Elle ne dévoilerait la location de ses amis à aucun abruti de magicien. Elle préférait mourir. Mourir était bien mieux que de vivre dans une petite cellule froide où ses seuls compagnons étaient les rats…
Le temps qu'elle sorte de la douche, quelqu'un lui avait apporté des vêtements propres (même s'ils avaient l'air vieux et très ordinaires), un peigne, une brosse à dents avec un tube de dentifrice, et pour une mystérieuse raison, une gourde contenant un liquide dont l'odeur avait un quelque chose de médical.
Kitty s'habilla, se sécha et se peigna les cheveux, brossa ses dents mais laissa la gourde.
« Hey, tu es prête là-dedans ?, lui parvint la voix du garde à l'extérieur.
-Oui », répondit-elle.
Le garde entra. « Bois ça. » Il pointa la gourde qui reposait dans la cuvette, toujours emplie de son mystérieux liquide.
« Pourquoi, qu'est-ce que c'est ? Du poison ? demanda Kitty avec désinvolture.
-Tu penses qu'on t'aurait laissé te laver et qu'on t'aurait donné des affaires propres pour ensuite t'empoisonner ?
-Eh bien…non.
-C'est une très forte pénicilline qui fonctionne pendant quelques minutes, expliqua le gardien.
-Pourquoi aurai-je besoin de pénicilline ? Je ne suis pas malade, protesta Kitty.
-Pour peu que tu en saches, tu pourrais bien porter une quelconque maladie que notre invité ne serait pas très heureux de contracter. Allez, on n'a pas toute la journée ! »
Réticente, Kitty ôta le bouchon de la gourde et en avala le contenu. Le goût était amer.
« Et maintenant, bouge ! » La voix du gardien était catégorique, et avec un soupir, Kitty le suivit à l'extérieur de la salle de bains, se demandant qui était cette mystérieuse chochotte qui n'oserait pas rencontrer un prisonnier à moins qu'on lui ait fait ingurgiter de force un médicament nauséabond.
Ils marchèrent à peu près cinq minutes à travers des endroits du bâtiment inconnus à Kitty, jusqu'à ce que le gardien s'arrête devant une porte et ne donne à la jeune fille un sourire mauvais. « Entre à l'intérieur, et fais attention quant à qui tu traites d'enfoiré. »
o o o O O O o o o
Kitty pénétra dans une pièce aux allures Spartiates dans laquelle il n'y avait qu'une table et deux chaises et les murs étaient peints d'un jaune sombre maladif. Malgré tout, c'était un élégant salon comparé à sa cellule ou à toutes les autres pièces qu'elle avait pu visiter dans la Tour. Il y avait même une fenêtre, ce qui semblait être un luxe pour Kitty, comme il n'y en avait pas dans sa cellule. Pas même une petite avec des barreaux –la seule lumière qu'elle recevait d'habitude lui parvenait par les fissures de la lourde porte en bois.
Dans un premier temps, elle ne remarqua même pas l'homme qui se tenait près de cette fenêtre, regardant vers l'extérieur, alors que sa sombre cape se fondait avec le sombre rideau.
Il fallut quelques secondes à Kitty pour se rendre compte de la présence de son mystérieux visiteur, mains croisées dans le dos. Ses cheveux tombaient en cascade sur sa sombre cape. Cheveux longs ou pas, son visiteur était un homme. Et un homme important avec ça.
Et le seul homme 'important' aux longs cheveux que Kitty connaissait était…
« Vous ? souffla-t-elle alors que la silhouette se retournait.
-Bonjour à vous aussi, mademoiselle Jones, dit Nathaniel.
-Alors c'est pour ça que le gardien m'a dit de ne pas vous traiter d'enfoiré…murmura-t-elle.
-Excusez-moi ?
-Avant que je n'entre dans cette pièce, le gardien m'a gentiment conseillé de ne pas traiter mon visiteur d'enfoiré puisqu'un peu plus tôt dans la journée j'ai fait référence à vous en ce terme.
-Charmant, répondit Nathaniel, froid. Cependant, je ne suis pas ici pour débattre du fait que je sois un enfoiré ou non, mademoiselle Jones.
-Et alors ?
-Voudriez-vous bien vous asseoir ? Nathaniel pointa les chaises au bout de la table.
Kitty lui lança un regard méprisant. « Y suis-je obligée ? »
« Non, mais cela serait plus confortable, vous ne pensez pas ?
-Comme si vous en aviez quelque chose à foutre, de mon confort ! siffla-t-elle. Vous n'avez aucune idée de la signification du mot 'confort' à la Tour, n'est-ce pas, Mandrake ? Vous n'avez aucune idée de ô combien confortable il est de dormir sur une couchette dure que vous partagez avec une douzaine de rats ; combien il est confortable de chier dans un trou, et combien il est confortable de pouvoir prendre une douche froide une fois la semaine !
-La douche est-elle vraiment froide ? demanda Nathaniel en clignant des yeux. Que c'est rude. »
Il s'assit sur l'une des chaises, mais Kitty resta debout. « Eh bien, mademoiselle Jones, je suis ici pour vous annoncer qu'il ne tient qu'à vous de changer la situation dans laquelle vous vous trouvez.
-Je ne trahirai pas mes amis, si c'est ce que vous avez en tête ! » fit-elle, hargneuse.
Nathaniel se pencha en arrière, examinant la jeune fille avec une expression amusée. « Je n'ai jamais attendu cela de votre part. »
Maintenant, c'était au tour de Kitty de cligner des yeux. « Ah non ? »
« Non. Je vous connais trop bien pour ça. Une personne qui risque sa propre vie pour sauver celle de son ennemi d'un golem n'est pas le genre à trahir ses amis, peu importe qu'elle soit torturée ou qu'on lui promette une récompense. Vous êtes une personne loyale, trop loyale envers vos amis ou ceux à qui vous accordez votre confiance. Par conséquent, je n'essaierai même pas de vous amadouer pour faire de vous une traîtresse. Je sais que j'échouerai.
-Bien vu, dit-elle sarcastiquement. Mais, si vous ne voulez pas que je trahisse mes amis, alors que-voulez-vous ?
-J'ai une proposition pour vous, mademoiselle Jones. »
La jeune fille plissa les yeux et afficha une expression aussi hostile qu'elle le put. S'en apercevant, Nathaniel afficha simplement un petit sourire.
Qu'es-ce qu'elle pouvait détester ce sourire suffisant ! Qu'est-ce qu'elle pouvait le détester, lui !
« Quel…quel genre de proposition ? » demanda-t-elle, décontenancée, mais déterminée à ne pas le montrer.
Son sourire devint encore plus que suffisant, si cela fut possible.
« Une proposition de mariage, mademoiselle Jones. »
