Bonjour à tous les secteurs.
Tout d'abord, merci à toutes vos review, ça fait très plaisir. On m'a posé beaucoup de questions, mais je n'y répondrais pas si ça gâche le suspense. Vous trouverez quelques réponses dans ce chapitre, mais sinon il vous faudra attendre.
J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture.
Disclaimer : Harry Potter est à J.K. Rowling. Audrey est à moi.
Chapitre 2 : L'héritage de Serpentard
Harry resta muet devant cette révélation, les yeux écarquillés de stupeur. Il restait figé, la bouche ouverte, tandis que Dumbledore semblait intrigué, sans toutefois se départir de cette lueur amusée dans les yeux.
- Mais je … Enfin, comment est-ce possible ? bafouilla Harry. Je n'ai jamais été membre de cette famille ! s'exclama t-il, incrédule.
- La magie ne ment jamais, Harry, répondit calmement Dumbledore. J'aimerais que tu laisses cette dame continuer son histoire, sans que tu ne l'interrompes, s'il te plait. Je sais que nous aurons beaucoup de questions à lui poser, mais nous les garderons pour après.
Audrey se racla la gorge et commença son récit.
- Très bien, dit-elle en se remémorant ses très lointains souvenirs. Je suis née il y a bien longtemps, lorsque Poudlard n'était qu'un projet un peu fou sorti de l'esprit de quatre grands sorciers. Moi-même, je suis la nièce de Salazar Serpentard, déclara t-elle alors que les yeux de Harry s'écarquillaient davantage, menaçants de sortir de leurs orbites.
A ce moment, le jeune sorcier se cramponna à la chaise pour se retenir et il se fit violence pour ne pas la noyer de questions.
- Mon oncle m'a élevée et m'a appris beaucoup de choses, en particulier après une chasse aux sorcières qui a couté la vie de mes parents. J'avais un grand pouvoir, car tout comme lui, je pouvais me transformer en Basilic.
Incroyable, pensa le directeur. Alors, l'un des fondateurs était capable de maîtriser l'un des animaux les plus mortels. Il soupçonnait depuis longtemps les fondateurs d'être des animagus, mais jusque là, il n'en avait jamais eu la preuve.
- Mon oncle a alors construit cette chambre secrète sous le château, pour me protéger. Il a utilisé tout un tas de rituels complexes pour me lier à sa magie, afin que jamais je ne puisse me retrouver loin de lui si les choses tournaient mal. Le refuge qu'il m'a créé était idéal pour ma forme animale, jusqu'à ce qu'il fasse une erreur. Comme tous les hommes, il a fini par mourir. Le seul problème, c'était qu'il m'avait lié à sa magie et non à lui même. Au lieu d'être libérée de son ordre qui me forçait à rester ici le temps que les choses se calment avec les non-sorciers, je me suis retrouvée ainsi enchaînée à la lignée Serpentard.
La jeune femme passa rapidement sur sa longue vie dans la chambre, enfermée en totale sécurité, mais sans qu'aucun membre de sa lignée ne vienne l'aider, puisque Salazar avait gardé secret le lieu de la cachette de sa nièce.
- Je suis restée ici, poursuivit-elle, suivant le temps qui passait lentement, reliée à la puissance magique du château qui m'informait de l'évolution du monde extérieur. J'apprenais, j'étudiais tranquillement, observant le monde tourner en silence depuis mon abri, ou plutôt ma prison. Il y a soixante ans, la porte fut enfin ouverte, une chose que j'attendais depuis très longtemps. Tom Elvis Jedusor m'avait finalement retrouvée. Comme chef de la Maison Serpentard, il pouvait à sa guise me donner de nouveaux ordres, comme celui de tuer les nés-moldus. Mais il n'a jamais compris, il n'a pas cherché à savoir qui j'étais et finalement, vous l'avez vaincu. Vous êtes désormais le nouveau Lord Serpentard, uniquement parce que vous remplissez les trois conditions nécessaires. Vous êtes héritier par le sang, la magie et par droit de conquête.
Voyant l'air bovin de Harry, indiquant qu'il semblait caler sur les termes de droit pourtant basiques, elle expliqua.
- Avec les multiples échanges matrimoniaux ayant eu lieu depuis mille ans, le sang de Serpentard s'est retrouvé dans de nombreuses lignées. On pourrait citer de nombreux descendants ayant parcouru les couloirs du château, comme les Peverell, les Gaunt, les Black, les Potter ou les Malefoy. Vous êtes donc héritier par le sang, comme beaucoup de sorciers actuels. Ce qui vous différencie de tous les autres, c'est que vous êtes aussi héritier par la magie. Vous possédez en effet le don de vôtre ancêtre, le Fourchelang. Enfin, vient l'héritage par droit de conquête. Vous avez vaincu Lord Voldemort, qui était le précédent Lord Serpentard, en le détruisant dans la Chambre des Secrets. Vous ne l'avez pas tué, mais vous avez tout de même détruit une partie de lui, le réduisant à être moins qu'un demi être vivant. Pour ces trois raisons, maître, vous voici effectivement le nouveau Lord Serpentard.
- Mais c'est impossible ! explosa finalement Harry. Comment avez-vous fait pour vivre si longtemps ?
- Je suis ce que vous nommez un animagus. En tant que tel, je partage certaines caractéristiques de mon animal, comme l'extrême longévité du basilic. Je crois me souvenir que vous avez une enseignante qui peut se transformer en chat et que même humaine, elle apprécie beaucoup les caresses derrière les oreilles, ajouta t-elle assez inutilement, sous le regard très amusé de Dumbledore.
Le jeune garçon semblait à présent abattu. Il voulait crier qu'il était très différent de Jedusor, qu'il ne lui ressemblait pas, mais les paroles de l'ancien Préfet-en-chef lui revinrent à l'esprit.
- Professeur, demanda Harry, Jedusor a dit que nous étions semblables. Pourtant, je ne crois pas que je suis comme lui ! clama t-il beaucoup plus fort qu'il ne l'aurait voulu. Je suis à Gryffondor, dit-il sous le regard intrigué d'Audrey, je suis …
Il s'interrompit brutalement, alors qu'une vague de doute remontait en lui.
- Professeur, reprit-il avec une voix défaite, le Choixpeau m'a dit que j'aurais été très bien à Serpentard. En plus, je parle le Fourchelang et à un moment, tout le monde a cru que j'étais l'héritier de Serpentard.
- Si tu parles Fourchelang, déclara le directeur avec sa voix calme, c'est parce que Voldemort t'a donné une partis de ses pouvoirs, lorsqu'il a essayé de te tuer, bien que ce ne soit évidemment pas dans son intention. Cette nuit de Halloween à Godric's Hollow, il t'a transmis un peu de lui-même.
- Alors j'aurais du être à Serpentard ! s'exclama Harry d'une voix désespérée. Le Choixpeau le savait, il a vu que j'avais des pouvoirs de Serpentard et …
- Il t'a envoyé à Gryffondor, acheva Dumbledore. Ecoute-moi, Harry. Tu as beaucoup de qualités que Serpentard appréciait chez ses élèves. Le Fourchelang, certes, mais tu as aussi de l'ingéniosité, de la détermination et même un certain dédain pour les règlements. Pourtant, tu as été envoyé à Gryffondor. Tu sais pourquoi ? Réfléchis.
- Parce que je ne voulais pas aller à Serpentard et que je lui ai demandé d'être réparti ailleurs ? répondit faiblement Harry.
- Exactement, répondit Dumbledore avec un grand sourire. C'est ce qui te rend très différent de Jedusor ! N'oublies jamais que ce ne sont pas nos aptitudes qui font de nous ce que nous sommes, ce sont nos choix.
Audrey était restée silencieuse, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de vouloir corriger certaines erreurs sur son oncle.
- Maître, je peux vous assurer que Serpentard n'était pas l'homme que tout le monde décrit comme maléfique. Mon oncle n'aimait pas les Moldus, mais il faut dire qu'il a toujours été très protecteur. J'imagine que de voir les chasses aux sorcières ne l'a pas encouragé à accueillir des nés de Moldus dans une école, courant le risque que la moindre révélation ne mette en péril des vies innocentes. Quant au fait qu'il utilise la magie noire, c'est parce qu'il en était un grand théoricien, recherchant de nouvelles techniques pour explorer les arcanes de la magie. Il n'avait aucune ambition de conquête, il considérait juste la magie comme un tout unique, sans distinctions. Mais n'oubliez jamais que l'Histoire est écrite par les vainqueurs, libre à eux de créer à postériori une légende noire sur mon oncle.
Harry essayait d'assimiler ces nombreuses informations, ne prêtant guère attention à l'échange de regards entre Audrey et Dumbledore, lourd de sens, avant que le directeur ne fasse un sourire sincère.
- Harry, si tu veux une preuve que tu es un véritable Gryffondor, regardes donc ceci, dit le vieil homme en tendant l'épée. Ne te coupes pas, elle est très tranchante.
Avec précaution, Harry attrapa l'arme et l'observa sous tous les angles. La lame encore ensanglantée luisait toujours, tandis que les rubis étincelaient à la lumière des flammes. C'est alors qu'il vit le nom du fondateur être gravé sous la garde, le long du plat de l'épée.
- Tu vois ? sourit-il. Seul un véritable Gryffondor aurait pu sortir cette épée du Choixpeau magique. Maintenant, tu as besoin de manger et de dormir, alors je te suggères de prendre part au festin.
Harry se leva, saluant poliment le directeur, avant de voir la porte du bureau violemment claquer contre le mur, laissant entrer Lucius Malefoy, dont les long cheveux blonds descendaient sur ses épaules. Audrey fronça les sourcils en analysant cette personne. Cheveux longs et soyeux, vêtements noirs de riche facture, air prétentieux et supérieur et canne avec un pommeau en argent. Il avait tout du sang-pur arrogant qui n'avait rien compris à la Magie noire comme la concevait Salazar Serpentard.
Sans se soucier de l'impolitesse manifestée par le blond, Dumbledore lui proposa calmement un bonbon au citron. Il s'en suivit une conversation édifiante, durant laquelle l'ancien directeur du Conseil d'Administration fut confondu comme étant responsable des événements ayant secoué l'année scolaire.
Lucius Malefoy était devenu livide sur la fin, mais son regard était toujours empli de fureur. L'envie de sortir sa baguette le démangeait, mais finalement, il s'en alla en faisant tourner sa cape, non sans décrocher un coup de pied à son elfe de maison pour le faire sortir du bureau.
Alors que Harry courrait derrière Mr Malefoy pour lui rendre le journal enveloppé dans une chaussette crasseuse, Audrey se retourna vers Dumbledore.
- Monsieur le Directeur, dit elle sèchement, je souhaiterais être franche. Je resterais avec Lord Serpentard et je l'aiderais à assumer ses futures responsabilités. Je sais que vous tenez à sa sécurité, mais soyez assuré que je resterais à ses cotés. Il a grandi trop vite, comme s'il n'avait pas eu d'enfance et qu'il avait du affronter trop d'épreuves.
- Harry a effectivement eu une enfance assez difficile, souffla Dumbledore. Je sais qu'il n'a pas été beaucoup apprécié par son oncle et sa tante, mais je tiens à le protéger. La maison de sa tante contient une puissante protection de sang qui durera jusqu'à sa majorité.
- Voldemort n'a pas disparu, comprit Audrey. Il va essayer de revenir, finit-elle alors que le vieil homme hochait de la tête. Je peux comprendre votre raisonnement, mais maintenant, je m'assurerais qu'il puisse profiter encore un peu de son insouciance.
Le vieil homme soupira, comme s'il réalisait l'étendue de son erreur. Il agissait pour le plus grand bien, mais dans sa stratégie globale, l'âge lui faisait parfois perdre de vue de petits détails individuels. C'étaient ces petits détails qui, justement, valaient peut être la prise de quelques risques.
- Je vais également m'assurer que le Ministère ne se pose pas de questions à votre sujet, ajouta le président du Magenmagot. En tant que Manitou suprême de la Confédération Internationale des Sorciers, je vais faire en sorte que votre Animagus soit répertorié discrètement. Je pense que la France sera un bon choix. C'est un pays magnifique, fit-il avec espièglerie. Un Ministère beaucoup moins corrompu et ou les données sensibles sont scellées, sans pouvoir être récupérées de votre vivant.
La jeune femme lui adressa un léger sourire, avant d'aller rejoindre Harry qui prenait part au festin. Elle resta discrètement derrière la table des professeurs, adressant un clin d'œil à son maître, lui signifiant clairement qu'elle allait rester invisible pour qu'il puisse profiter de la soirée.
Celle-ci fut tout simplement mémorable. Tout le monde était en pyjama et les réjouissances durèrent toute la nuit. Outre le repas ou Ron démontra une fois de plus l'incroyable taille de son estomac, Harry enserra Hermione qui avait été libérée du sortilège de pétrification, profondément soulagé de la revoir saine et sauve. La jeune fille aux cheveux broussailleux avait un sourire éclatant, ravie de savoir son ami sauf alors qu'il avait une fois de plus couru un grave danger. Pour cette fois, elle n'allait pas lui faire la morale, de toute façon elle savait que Harry ne changerait plus. Avec le retour de Hagrid à trois heures et demie du matin, ainsi que la victoire de Gryffondor dans la coupe des Quatre Maisons et l'annulation de tous les examens en guise de cadeau de fin d'année, ce fut une soirée que l'on n'oublia pas de sitôt.
Lorsque Dumbledore annonça que Lockhart ne reprendrait pas ses cours l'an prochain, suite à son amnésie involontaire, il reçut un tonnerre d'applaudissements venus de toutes les tables confondues, y compris de celle des professeurs.
- Dommage, dit Ron en reprenant un beignet, je commençais à le trouver sympathique.
La fin de l'année se passa à peu près normalement, à quelques différences près. Sous le soleil resplendissant, temps idéal pour jouer au Quidditch, les élèves passaient plus de temps dans le parc puisque le cours de défense contre les forces du mal avait été supprimé.
Harry était toujours en compagnie de ses deux inséparables amis, à profiter du temps radieux. Audrey lui laissait beaucoup d'intimité, restant en retrait comme il le lui avait demandé. Bien sûr, lorsqu'il restait seul, Harry était régulièrement vu en compagnie d'une belle femme brune. Face aux nombreuses questions posées par les élèves, il la présentait comme étant simplement un membre de sa famille veillant sur lui, avec l'autorisation de Dumbledore. Il n'avait pas dit toute la vérité, pas même à ses amis, mais il n'avait pas menti. Ils étaient réellement de la même famille, avec juste quelques centaines de générations d'écart.
La jeune femme avait également installé une tente extensible au pied du lit de Harry, dans le dortoir des Gryffondor. Le brun à la cicatrice recueillit quelques soupirs envieux de ses camarades de classe, en particulier Seamus Finnigan. Avec sa robe noire et ses longs cheveux, elle était d'ailleurs décrite comme une version féminine de Rogue, avec les cheveux moins gras, le teint moins maladif et un nez bien plus joli. Difficile de dire lequel des deux était le plus vexé par la description. Elle semblait également assez docile de caractère, puisque quand Harry avait proposé de prendre la tente et de laisser le confortable lit de plumes à Audrey, elle avait été absolument effarée.
Il y avait un élève qui se faisait étonnamment discret, ne faisant aucun commentaire désobligeants sur les privilèges inacceptables dont disposait Harry et qu'il signalerait à son père. En effet, suite au renvoi de Lucius Malefoy du conseil d'administration, Drago ne se pavanait plus dans les couloirs du château comme s'il en était le propriétaire, il semblait désormais sombre et amer. Ginny, en revanche, avait retrouvé toute sa joie de vivre.
Bientôt, les valises furent bouclées et il fut temps de prendre le Poudlard Express. Le temps du voyage passa rapidement en batailles de cartes et en explosions de pétards. Les membres du trio d'or s'entraînèrent également en exercices de désarmement, chose pour laquelle Harry était particulièrement doué.
Dans le compartiment du Poudlard Express, Audrey restait légèrement en arrière. Elle était semblable à un garde du corps en alerte, imperturbable, comme si le monde tournait et s'agitait sans pouvoir l'atteindre. Normal, songea Harry en frissonnant. Quand on a eu près d'un millénaire à attendre, le temps d'un voyage est très relatif.
- Appelez moi, chuchota Harry en donnant son numéro de téléphone à ses amis, alors que le train ralentissait et entrait en gare de King Cross. Bien que Audrey sera là, supporter Dudley pendant deux mois sera dur.
La jeune femme fronça légèrement ses fins sourcils. Elle ne se préoccupait absolument pas du commentaire maladroit de son maître, puisqu'elle était magiquement liée pour lui obéir, mais elle se demandait comment le jeune garçon vivait. Surement que sa famille n'était pas si horrible, non ?
- Ton oncle et ta tante vont être fiers de toi quand ils sauront ce que tu as fait, non ? demanda Hermione en descendant du train.
Harry descendit sans sa valise, sa suivante ayant refusé qu'il le fasse alors qu'elle était justement là pour lui.
- Fiers ? s'exclama Harry avec une pointe de cynisme. Ils vont être furieux au contraire. J'ai eu plein d'occasion de mourir et au lieu d'en profiter, je me suis débrouillé pour survivre.
Tous ensemble, ils franchirent la barrière magique qui s'ouvrait sur le monde des Moldus.
