Il était tôt. Un peu trop à son goût. Elle n'avait pourtant jamais été une grande dormeuse, mais à cet instant, elle aurait largement préféré rester dans son lit. Hermione Granger, jeune sorcière à Poudlard, se leva lentement et avec paresse. Sa mère renouvela l'appel au petit déjeuner, et la brunette consentit à descendre lentement l'escalier, toujours en nuisette. Arrivée en bas, un peu endormie, elle ne fit pas trop attention à son environnement, et évita tout naturellement, par automatisme, les obtacles sur son trajet. Entrant dans la cuisine, son premier geste fut de s'asseoir, de se passer une main sur les yeux afin de s'adapter à la lumière du jour. Ensuite, elle leva enfin le regard vers ses parents...qui n'étaient pas seuls.
Hermione sursauta, ayant le réflexe de brandir sa baguette, toujours dans sa poche. Mais elle n'avait pas de poche...et n'avait pas la moindre nécessité d'une baguette. Remus Lupin, ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal, se tenait face à elle, souriant gentillement, les yeux cernés de gris et de bleu, le teint pâle et les cheveux quelque peu grisonnants.
Vous n'avez plus l'habitude de me voir dès le matin, n'est-ce pas, Hermione ? plaisenta-t-il gaiement.
Je...euh...non, en effet, professeur !
Eh bien disons que moi-même je ne m'attendais pas à vous retrouver de si bon matin, et encore moins dans cette tenue..., sourit-il.
Hermione se sentit devenir écarlate. Mais quel besoin avait-il de lui rappeller qu'elle était en nuisette (assez courte, qui plus est) devant son ancien professeur ? Elle entrevit le sourire entendu de ses parents, puis en vint à se demander le raison de la présence du loup-garou chez elle.
A vrai dire, c'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle que je viens vous annoncer, Miss Granger...fit-il, subitement gêné.
Dites toujours ! s'exclama-t-elle en lui proposant une tasse de café.
Comme vous le savez, le retour de Vous-Savez-Qui et le décès de Dumbledor ne font qu'aggraver la situation déjà préoccupante de la sorcellerie au Royaume-Uni. Ainsi, on a pu constater, et vous également si vous lisez les journaux sorciers, que la montée en puissance des mangemorts et leurs actes de plus en plus barbares deviennent plus que problématiques.
C'est un euphémisme...bougonna le jeune fille.
Lupin bu une gorgée de café en riant, avant de reprendre ses explications.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Harry encours un grave danger.
C'est pas nouveau, sourit Hermione, doucement.
En effet, miss Granger. Mais la nouveauté, c'est que le Seigneur des Ténèbres ne tient plus seulement à le tuer. Il veut l'anéantir, le détruire, lui et tout ce qui l'entoure. Par bonheur, votre existance est quelque peu atténuée par votre appartenance au monde Moldu. Quoi qu'il en soit, Ronald Weasley n'est pas en sécurité pour le moins du monde. C'est pour celà que des membres de l'Ordre sont en permanance chez lui, à patrouiller.
Oui, je sais, il me l'a dit...ça ne l'enchante pas du tout d'ailleurs.
Evidemment, mais nous n'avons pas le choix, et lui non plus. Vous, vous l'avez.
Mr et Mrs Granger s'étaient joints à la conversation, puisque le lycanthrope faisait appel à eux.
De quoi s'agit-il ? s'enquit la jeune sorcière.
Héberger Harry durant le mois et demi de vacances qu'il reste, expliqua Lupin en scrutant les réactions sur les visages de ses trois interlocuteurs.
Personnellement, ça ne me pose aucun problème, dit Hermione.
Ca, je m'en doutais. Ce sont surtout les avis de vos parents qui m'intéraissent.
Les Granger se regardèrent d'un air entendu, et annoncèrent que celà ne les dérangeait pas du tout, sachant tout le bien qu'Hermione disait de son ami. Ceci dit, le fait de devoir protéger entièrement la rue et la maison de façon magique ne les emballait pas. La sorcière eut un instant la crainte que ses parents ne changent d'avis, mais ils maintinrent leur position.
Hermione fut chargée d'une mission, le repérage du trajet ainsi que celui du lieu. Il fut décidé qu'elle mettrait son plan en oeuvre seule, et ce dès le lendemain. Heureuse, elle savait pouvoir agir comme bon lui semblait. C'est pour celà qu'elle proposa à quelques-unes de ses amies d'enfance de l'accompagner dans un coin à quelques pas de Londres, Privet Drive, le lendemain après-midi.
Lupin s'occupa d'envoyer une missive à Harry, dans laquelle il lui indiquait les évènements à suivre. Il espérait que celà lui ferait plaisir.
La journée était passée à une vitesse exhorbitante, puisque les bavardages avec le professeur Lupin s'étaient éternisés jusqu'à tard dans l'après-midi. Cette nuit-là, Hermione ferma les yeux en tentant de s'imaginer la réaction d'Harry devant cette nouvelle. Sera-t-il heureux, peiné, furieux ou tout simplement indifférent ? En tout cas, elle ne l'était pas, et c'était le moins que l'on pouvait dire. A son grand désespoir, elle pensait à lui, et ne pouvait plus penser à autre chose. Pas même à Ron, qui était pourtant son petit ami. Mais que lui arrivait-il ? La réponse, bien sûr qu'elle l'avait, mais jamais elle ne se l'avouerait, jamais. Elle ne pouvait pas se permettre de faire du mal à Ron. Peut-être était-elle trop gentille, dans le fond. Mais peu lui importait, seul le bien-être de ses amis avait une quelconque importance. Et pourtant...ce fut sur une pensée destinée à son meilleur ami qu'elle sombra dans un sommeil profond.
Le lendemain matin, Hermione ouvrit les yeux avec une foule de questions dans la tête, et un trac mal camouflé. Comment allait-il réagir ? Et surtout comment devait-elle réagir ? Une multitude d'interrogations la poursuivit jusqu'au déjeuner, après lequel elle prit le train en compagnie de ses quatres amies. Mais à présent, il lui fallait un plan pour approcher Harry. Elle profita d'une discussion sur les paris pour s'en lancer un: aller draguer un garçon de Privet Drive, beau de préférence. Et c'était à elle de le faire, pour le plus grand plaisir de ses amies, qui avaient une envie folle de voir la studieuse Hermione en plein exercice de drague.
Le seul risque était de ne pas croiser Harry. Et si...? Toutes les questions qu'elle se posa durant leur marche le long de Privet Drive commençaient ainsi. Jusqu'à l'instant où elles passèrent près d'un jardin, où un jeune noireaud, torse nu, travaillait la terre. Ses amies gloussèrent devant ce beau garçon, et encouragèrent Hermione à tenter le pari. Ne se faisant pas prier, la jeune sorcière s'avança vers son meilleur ami. De dos, il ne la vit pas. Elle ne savait que dire, et son coeur battait la chamade.
Nom d'une gargouille, Potter, tu as du succès auprès des demoiselles ! chuchota la brunette.
Il sursauta, mais sachant qu'il ne lui ferait aucun mal, elle ne bougea pas d'un pouce. Mais qu'est-ce que c'était que cette phrase ridicule qu'elle venait de sortir ?
Euh...je...Hermione ? s'exclama Harry.
Chuut...tais-toi un peu, les filles ne sont pas censées savoir qu'on se connaît.
Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que c'était pour demain !
Hermione prit une pose quelque peu aguicheuse, pour faire croire aux jeunes moldues qu'elle tentait de séduire Harry. Elle se détendit un peu en le voyant jouer le jeu, il avait visiblement compris son approche. Il avait posé un bras contre le mur de la maison, lui bloquant le passage. Elle ne comptait pas s'enfuir de toute manière...d'ailleurs, une envie folle la prenait de rester là...Mais elle se reconcentra sur la question qu'il venait de lui poser.
Je fais du repérage sur demande de l'Ordre, murmura-telle.
Comment ça ? Mais ils te font courir des risques inutiles ! Inconsidérés ! C'est dangeureux tu sais, et..., s'emporta Harry.
Arrêtes ça, tu veux ? Tu sais parfaitement que c'est utile. Ils vont placer des sortilèges de protection le long de la route cette nuit.
Et chez toi aussi, non ?
Bien évidemment. Mes parents ne sont pas ravis de ces sorts, mais ils sont contents de pouvoir aider malgré tout. Ma maison est bien moins exposée que celle de Ron, et puis Voldemort n'aura jamais le moindre contact avec ma famille, alors que la famille Weasley est connue dans tout le monde sorcier.
Mais...
La ferme, Harry, dit Hermione.
Mais pourquoi voulait-il absolument la croire faible et sans défenses ? Ce n'était tout de même pas parce qu'elle était une fille qu'elle était incapable de se défendre !
Harry sembla comprendre le message, et se tut. Le petit sourire qu'il lui adressa la fit fondre de l'intérieur.
Bon, bah je suppose que là je suis sencé faire semblant d'être conquis par ta beauté et tout ce qui va avec, n'est-ce pas ? plaisenta son meilleur ami.
Tu es obligé de faire semblant pour ça ? rit Hermione en affichant un air faussement vêxé.
Oh, eh bien si tu veux la vérité..., entama le jeune homme.
Non, stop, tais-toi. Finalement je veux rien savoir, se reprit-elle.
Sur ce, elle se retourna et se dirigea vers ses amies moldues. Mais quelle mouche l'avait piquée pour poser une question aussi ridicule ? Mais dans un sens...peut-être avait-elle réellement envie de savoir. Sa curiosité la perdrait un jour, sans nul doute... Elle reçut une salve de félicitations pour sa belle prestation, à l'arrivée. Mais durant tout le trajet de retour, elle fut pensive et rêveuse. Une question la hanta la soirée puis la nuit entière. Que pensait-il d'elle ? La voyait-il uniquement en tant que sa meilleure amie ? Il valait mieux pour lui. Mais en réalité, au plus profond d'elle-même, elle savait pertinemment que son désir le plus fort était qu'il éprouve autre chose que de l'amitié envers elle. Mais...Ce mot, "mais", l'exhaspérait au plus au point. Pourquoi donc fallait-il qu'il y ait un "Mais", représenté par Ron, le monde entier en réalité ? Le monde entier attendait ce jeune homme. Elle n'était là que pour le soutenir dans ses efforts, et l'aider au mieux. Nullement pour l'aimer...
Le lendemain matin, elle se dévoua pour rester avec les membres de l'Ordre, chez elle, afin de les encadrer, et de recevoir leurs instructions. Tonks était présente au moment où ses parents quittèrent leur foyer pour aller chercher le Survivant, et elle passa les deux heures d'attente qui suivirent à la faire rire. La jeune fille oublia un instant les problèmes du monde sorcier, ses considérations intérieures concernant Harry, et tout le reste. Alors qu'ils n'allaient plus tarder à rentrer, tous les sorciers transplanèrent, hormis Maugrey, qui restait assurer la sécurité d'Hermione durant les quelques minutes à venir. Hermione entendit le téléphone du cabinet sonner, et elle couru répondre, refermant la porte de la salle par la même occasion. Quelques instants plus tard, toujours au téléphone, elle entendit la voiture se garer, et les portières claquer. Son coeur s'emballait au fur et à mesure que les pas des trois arrivants se rapprochaient, jusqu'à ce qu'elle loupe littéralement un battement au son du loquet de la porte.
Son interlocuteur devait la sentir tendue, car devant les réponses vagues qu'elle lui adressait, il lui renouvela sa demade de rendez-vous pour la cinquième fois, ce qui la fit se ressaisir. S'excusant pour son moment d'égarement, elle reprit la conversation, tout en tendant une oreille vers les bribes de conversation qu'elle perçevait, de l'autre côté de la porte. Notant les horaires demandés par l'homme au bout du fil, elle raccrocha, et entreprit de donner le papier à son père qui venait de franchir le seuil du cabinet.
Harry était monté, elle aperçevait sa silhouette au bout du couloir, devant sa chambre. Silencieuse, elle le rejoignit, et plaisenta sur son regard perdu vers la porte de sa chambre. N'y tenant plus, elle se jeta à son cou, trop avide de pouvoir se serrer contre le corps de celui qui, en secret, faisait battre son coeur. La jeune fille introduisit son meilleur ami dans sa chambre, où il pénètra avec stupeur. Il alla s'accouder à la fenêtre. Ne sachant que dire, elle aborda la conversation sous un angle médical.
Tu as maigri...encore, chuchota Hermione.
Je...oui, peut-être, répondit le jeune homme, face à la fenêtre.
Non, je l'ai vu hier. Mais tu as aussi pris du muscle...je...c'est pas franchement bon pour ta santé de maigrir tout en te musclant...
Elle s'était approchée de lui en prononçant la phrase. Et quelle phrase ! Aussi inutile que toutes celles qu'elle avait décrochées en sa présence, depuis le jour précédent.
T'inquiètes pas pour moi. J'ai toujours su me débrouiller.
Il lui sembla ressentir un léger froid dans sa façon de prononcer la phrase. Aussi, elle renonça à le rejoindre, et préféra s'asseoir sur son lit. Après une question sur le programme du mois et demi à venir, elle lui proposa tout une ribambelle d'activités inutiles, les mots sortants de sa bouche sans qu'elle y réfléchisse. Si elle avait dévoilé le fond de sa pensée, elle lui aurait dit qu'elle avait eu l'idée de passer le restant des vacances dans ses bras, et que son programme se limittait à ce qui était faisable à deux. Mais...toujours ce "mais".
Harry avait visiblement une envie folle de regarder un film d'horreur, et c'est ainsi qu'ils en choisirent un pour la soirée. Après une après-midi banale, durant laquelle aucun des deux compères n'osa parler sérieusement, ils dînèrent, puis s'assirent sur le lit d'Hermione. Le film était tout sauf passionnant aux yeux d'Hermione, mais la seule présence d'Harry à ses côtés lui donnait un intérêt tout particulier.
Après une demi-heure de bavardages joyeux, chacun sur son matelas, la jeune fille finit par s'endormir, fatiguée de trop penser à ce qui lui faisait si peur. Des sentiments envers Harry étaient plus que mal venus. Il y avait tant d'obstacles...
La nuit lui semblait avoir passé en quelques minutes, quand elle ouvrit les yeux. Eblouie par la lumière du jour qui filtrait par la fenêtre, elle regarda vers son meilleur ami. Seulement, elle ne le vit pas, seules ses couvertures et son short prouvaient son passage la nuit précédente sur le matelas. Hermione guetta le moindre bruit en provenance de l'extérieur de sa chambre, mais rien ne parvenait à ses oreilles. Légèrement inquiète, elle s'habilla en vitesse, et descendit les escaliers après s'être arrêtée devant la salle de bain pour vérifier qu'il n'y était pas. Arrivée au rez-de-chaussée, des bruits de couverts se firent entendre, et elle se dit que ses parents ne devraient pas ouvrir le cabinet durant les vacances, si c'était pour se lever aussi tôt. Seulement, ce n'étaient pas les silhouettes de ses parents qui se profilaient dans la cuisine, mais celle du jeune sorcier.
S'approchant doucement, elle le surpris en train de mettre le table avec un entrain peu commun, sachant qu'il fredonnait un air de rock tout en bougeant au rythme de la musique qu'il écoutait dans le baladeur. Rarement elle l'avait vu si joyeux, et elle n'osa pas l'interrompre, se perdant dans la contemplation de son meilleur ami. La jeune fille fut néanmoins prise sur le fait par Harry, qui en se retournant l'avait vue sur le pas de la porte. Il sembla gêné, et retira ses écouteurs en bredouillant qu'il mettait la table. Il était mignon, gêné de la sorte...
Hermione se donna une claque mentale, et sourit au Survivant, lui demandant ce qu'il écoutait. Se rendant compte qu'ils aimaient la même musique, elle lui proposa de la remettre et de poursuivre la préparation du petit déjeuner à deux. Ce fut à peine si elle se reconnu dans cette proposition que jamais elle n'aurait osé faire ne serait-ce que quelques mois auparavant...quand elle n'avait pas encore assimilé son attirance envers lui...Quand elle croyait encore aimer Ron...Quand sa tête dictait ses moindres gestes et que son coeur était muselé...A vrai dire, il l'était toujours, mais elle n'arrivait plus à le contrôler aussi bien.
Ils partagèrent quelques pas de danse, mais bougèrent plutôt comme ils le ressentaient, se frôlant, s'attrapant les mains, se penchant l'un vers l'autre...Ils vécurent quelques instants dans un autre univers, seuls au milieu du vide, heureux de se retrouver enfin. Seulement, l'arrivée des dentistes les coupa dans leur improvisation, et Hermione se sentit tout d'un coup très gênée, comme prise sur le fait. Mais quel fait ? A par avoir dansé avec son meilleur ami et oublié le Temps et l'Espace, elle ne voyait pas...Ca faisait déjà pas mal, tout compte fait.
La jeune sorcière se décida alors à imposer une certaine distance entre elle et Harry, bien qu'elle n'en ait pas la moindre envie. C'était juste pour éviter les dérappages...ceux qui pourraient la faire tomber dans ses bras.
Hermione décida de faire prendre l'air à son meilleur ami, et l'emmena dans le parc en face de sa maison. Ils s'assirent sur un banc, et au bout de quelques minutes, elle le vit regarder avec mélancolie tous ces enfants qui chahutaient et riaient aux éclats. Il n'avait pas vécu ça, lui. Sans vraiment savoir pourquoi, elle se pencha vers lui, et se serra dans ses bras. Après coup, elle espéra vivement qu'il n'ait vu ce geste que comme un récomfort, et rien de plus, venant d'elle. Ils passèrent ensuite quelques temps à rire de tout et de rien, observant les passants. La jeune fille profitait de ces instants privilégiés, seule avec lui, sans se poser de questions, sans arrière-pensées.
Tout d'un coup appellée, elle leva la tête vers Alex, qu'elle n'avait pas revu depuis un an. Heureuse de le revoir, elle quitta précipitemment les bras d'Harry pour aller se loger dans les siens. Faisant les présentations, elle réalisa la gêne d'harry, et l'attribua à la présence d'un inconnu. Ils discutèrent tous trois,et Alex se mit à faire l'éloge de son amie, qui rougit plus qu'elle ne l'aurait voulu. Pire encore, Harry en rajouta une couche, d'une part en aquiéçant aux remarques d'Alex, et ensuite en les appuyant de nombreux compliments. Elle fut soulagée quand l'heure du déjeuner arriva, et qu'elle ne fut plus le centre de l'attention des deux garçons.
Le reste de la journée passa très rapidement, et bientôt ils se retrouvèrent de nouveau assis l'un près de l'autre, à regarder un film quelconque. Hermione osa un rapprochement, posant sa tête sur l'épaule du noireaud, appuyée contre lui. Elle ne remarqua aucun changement dans son comportement, ce qui l'arrangeait grandement. Elle ne voulait pas qu'il remarque son attirance envers lui. Pas pour l'instant...Jamais en réalité. Celà lui causerait plus de problèmes encore, et ils risquaient tout deux de perdre l'amitié de Ron, précieuse en ces temps sombres.
De même que lesoir précédent, elle s'assoupit rapidement, Harry face à elle, un peu plus bas, dans son matelas. Ses yeux chocolat se fermèrent juste après avoir rencontrés les émeraudes du jeune homme, dans la prénombre.
Le lendemain matin, c'est tout juste si elle s'étonna de ne pas trouver Harry dans son matelas. Simplement, les sous-vêtements qu'il avait passés pour dormir ne s'y trouvaient pas non plus. Alors la brunette décida de descendre, sans même prendre le temps de s'habiller cette fois. Jetant un oeil dans la cuisine, elle n'y remarqua que les restes du petit déjeuner de ses parents, puisqu'il était déjà près de neuf heures. Son coeur se serra. Elle prit peur. Mais où était-il encore passé ? Entrant dans le salon par automatisme, elle y remarqua un détail étrange. Un bras dépassait de l'accoudoir du canapé. Au bout de se bras se trouvait le Survivant, endormi sur le côté, la bouche entr'ouverte, les cheveux plus en bataille que jamais. Hermione était tiraillée entre l'envie grandissante de le rejoindre, et l'idée plus sage de le réveiller. Cette fois-çi, son coeur prit le dessus, et elle s'allongea à ses côtés, posant la tête contre son torse, bercée par la chaleur de son corps. Sa tête avait beau lui intimer de se relever, de ne pas céder à cette tentation, elle s'endormait déjà. A la fois fière et coupable de sa décision.
Un mouvement lui fit ouvrir les yeux. Elle savait pertinament où elle se trouvait, et essaya de museler son coeur. Malheureusement, elle ne put résister à la tentation de fermer les yeux de nouveau, épuisée malgré ses heures de sommeil suffisantes. Le regard qu'Harry lui avait lancé lui avait semblé quelque peu étrange. Comme empreint d'un certain désir. Elle connaissait ce regard. Ron le lui avait présenté bien des fois, et jamais elle n'avait su y résister. Aujourd'hui, à cet instant, elle sû qu'elle avait été trop loin. Beaucoup trop loin. Prenant la décision de ne plus faire souffrir personne, elle enferma son coeur à double tour, et s'assura de perdre la clef de la cage.
Pour ce faire, elle délaissa les bras d'Harry, et lui proposa un petit déjeuner. Ensuite, il lui exposa un besoin de prendre l'air, et elle le laissa sortir seul. Celà lui permetterait sûrement de remettre ses idées en place. Elle sortait avec Ron. Elle se devait par conséquant de lui être fidèle, même en pensées.
Comme si son besoin de stabiliser cette idée avait été éxaucé, elle trouva quelqu'un en entrant dans sa chambre. Souriant doucement, elle se logea dans ses bras avec tendresse. Quelques baisers plus tard, Ron rompit le contact physique.
Ca va, ma belle ?demanda-t-il tout en gardant une main dans la sienne.
Oui, ça va. Et toi, pas trop fatigué par les rondes de l'Ordre chez toi ?
Si, mais jamais assez pour m'empêcher de t'aimer...chuchota-t-il sur un ton charmeur.
Le rouquin avait déjà passé une main sous son débardeur, caressant sa peau nue. Il était si tendre avec elle, si aimant ! Mais aussi très possessif, ce qui heureusement ne posait aucun problème sachant qu'aucun autre homme n'avait de vues sur elle. Ou bien il ne s'était pas prononcé.
Hermione se laissait faire, câline. L'embrassant, elle tourna la tête vers l'extérieur, laissant vagabonder son regard vers la rue. Il était là. Il les avait vus. Et il ne semblait pas en mener large. Honteuse, la jeune fille s'écarta de son petit ami, le laissant pantelant. Intrigué, il tourna la tête vers le trottoir, juste en bas. Hermione observa sa réaction. Une réaction qui la dégoûta. Il prit un air supérieur et vainqueur, comme si la "posséder" lui inculquait plus de valeur, plus d'importance. Il se retourna de nouveau vers elle, triomphant.
Bah, pour une fois qu'il a pas tout...Il va pas se pleindre ! s'écria Ron, tout sourire.
Mais...c'est horrible ce que tu dis ! D'où tu te crois supérieur ? T'as aucun droit sur moi, et je te rapelles que tu ne me possèdes pas plus que lui !
Peut-être en principe, mais moi, j'ai le droit de te toucher, de t'embrasser, et même de te donner du plaisir. Lui, non.
Abasourdie, Hermione ne sut que dire. Elle ne réagit pas non plus quand il posa ses lèvres sur les siennes, certain qu'Harry le verrait faire. Sur ce, il transplana dans un "Pop" odible. La jeune fille regarda de nouveau vers son meilleur ami. Elle vit dans ses yeux ce qu'elle n'y avait jamais vu : peine, douleur, rancoeur, dégoût, et même de la haine. Mais qu'avait-elle fait ? Sur le point de craquer, elle se retourna, et éclata en sanglots. Mais qu'est-ce qu'il avait donc à la regarder comme ça ? Avec...amour ? Non, ce n'était pas possible, il ne pouvait pas, il ne devait pas ! Il se ferait trop de mal. Elle lui faisait trop de mal... Des larmes coulant le long de ses joues, écoeurée par elle-même et par Ron, elle se terra dans un coin de sa chambre.
Entendant un bruit puissant, elle se rua vers la fenêtre, et aperçu un panneau de signalisation, qui avait flanché. Harry était à quelques mètres, et il marchait les poings serrés, l'un rougit par ce qu'il venait de faire. Cette fois-çi apeurée, la jeune fille s'en retourna à sa douleur, et se rassit à même le sol. Elle s'en voulait tellement ! S'en vouloir de partager les sentiments d'un homme, quelle ironie ! Quelle farce !
Les heures avaient passé, et Harry n'avait toujours pas fait acte de présence dans la maison. Hermione s'était plongée dans un livre, pour oublier. Certains buvaient, elle lisait afin de se perdre dans un monde où tous ces malheurs n'en seraient pas. La porte de sa chambre s'ouvrit tout d'un coup, et le Survivant entra, impassible. S'installant, il fit comme s'il ne la voyait pas. Ou peut-être ne la voyait-il plus...
Hermione savait qu'elle ne pouvait pas laisser la situation dans cet état durant un mois et demi. Hésitante à ouvrir la cage dans laquelle elle avait enfermé son coeur, elle se mit à bredouiller des explications incompréhensibles.
Pardonne-moi, chuchota-t-elle d'une voix quelque peu brisée.
Tu n'as pas à l'être, votre histoire ne me regarde pas.
Si, bien sûr que si ! Je me sens doublement coupable...de ne pas t'avoir dit la vérité, et pire encore de sortir avec Ron sans éprouver le moindre sentiment envers lui.
Elle avait prononcé cette phrase très rapidement, ses regrets et ses sentiments s'enchaînants les uns à la suite des autres, sans lien logique entre eux. Elle l'avait dit. Ce qu'elle n'avait pas osé s'avouer à elle-même, elle l'avait enfin dit. Cet accès de tristesse l'avait poussée à déclarer cette incohérance. Elle sortait avec Ron sans même l'aimer. Juste à cause de son insistance. Juste à cause d'une stupide attirance.
Tu n'as pas à te justifier, tu sais, dit-il.
Si, je dois le faire ! Et d'ailleurs, je vais tout t'avouer. On a été loin Ron et moi, très loin. Pas jusqu'à sauter le pas, mais presque.
C'était dit. C'était fait. Au risque de lui faire plus de mal encore. Mais mentir n'aurait pû être bénéfique.
Ca ne me regarde pas, Hermione...dit-il d'une voix qu'elle trouva bien faible.
Je te le dois bien. Je me suis comportée comme la dernière des garces.
Ne dis pas ça, c'est faux !
La défendait-il malgré toute les souffrances qu'elle semblait lui infliger ? Elle avait remarqué ces regards, ces gestes discrets. Mais jamais elle n'avait fait le lien avec de quelconques sentiments. Aujourd'hui, tout était chamboulé. Son esprit, la conception qu'elle avait de son meilleur ami, la réalité qu'elle croyait voire...
Passant l'éponge sur les récents évènements, Harry et Hermione passèrent une semaine agréable, tranquilles, se laissant porter par la simplicité ambiante. L'habitude qu'ils avaient prise de regarder un film chaque soir, assis sur l'un des deux lits, se répèta une fois de plus. Epuisée par sa journée, et peu captivée par le film, Hermione sentait ses yeux se fermer. Assise entre les jambes d'Harry, sur son matelas, elle sentait ses bras autour d'elle, son coeur battre dans son dos, et son souffle sur sa nuque. Bercée par tous ces éléments, elle se laissa aller aux charmes de Morphée, qui l'appellait avec force.
Salut à tous ! Voilà donc, plus rapidement que prévu, le deuxième chapitre. Vous avez surement remarqué qu'il s'agit de la même scène, mais du point de vue d'Hermione. Dans le prochain chapitre, nous retourneront au point de vue d'Harry, qui n'a pas fini d'en baver... Reviews please ! Saïka Garner.
