Hello! Comme promis, voici la suite de cette mini-fanfiction. Normalement, il y aura bien cinq chapitres, mais j'en suis déjà à 33 pages sur Word, et je ne vois que la moitié de la fic, alors vous voyez...mais vous aurez un chapitre chaque jour, promis, promis encore! Le chapitre est moins long que le premier, en revanche, mais j'essaye de découper au mieux mon énorme OS...

Je tiens quand même à vous remercier d'avoir commenté, et surtout d'avoir lu, car je sais que le sujet reste très sensible et tabou. Même s'il n'y a pas de scène très dure dans ce chapitre, je remets l'avertissement, et je le remettrais toujours pour éviter des problèmes.

AVERTISSEMENT! CETTE FIC CONTIENT DES THEMES DURS! Attention!

Sur ce, je vous laisse lire la suite.


La Dame Sif chemina le long de quelques dizaines de couloirs dorés avant d'arriver à destination : les appartements de la reine. Elle entra après avoir frappé, sachant que Frigga ne la gronderait pas même s'il n'y avait pas de réponses. Les deux femmes étaient proches, après tout. L'une ayant appris à l'autre comment se battre tout en étant une femme, et l'autre acceptant d'oublier pendant chaque entretien qu'elle se tenait face à sa reine. Durant ces courts échanges, les guerrières pouvaient se parler sans cérémonial. Chacune trouvait cela agréable.

Cette fois, lorsque Sif pénétra dans la chambre colorée de la royale personne, elle fut surprise de ne pas trouver Frigga assise à son bureau ou sur son canapé, un livre à la main. La plus âgée des guerrières était allongée sur son lit, semblant souffrir.

-Ma reine ! s'inquiéta Sif, se dirigeant déjà vers son amie couronnée. Que vous arrive-t-il, vous êtes souffrante ?

-Je crois bien que oui..., souffla juste Frigga, se tenant le ventre.

Des heures qu'elle était allongée sur son lit après avoir pris plusieurs douches, risquant au passage de se noyer dans son bassin préféré, avalant une somme non négligeable de potions censées l'aider à faire disparaitre sa douleur. Des heures, et pourtant, la souffrance était encore là, la transperçant. Tout son corps était atteint. La brune à ses côtés tenta de s'approcher, cherchant déjà si quelqu'un avait attaqué la reine, mais cette dernière la repoussa gentiment, tremblant de tout son être sous ses vêtements.

-Tu n'as pas besoin de t'inquiéter, mon amie..., fit-elle le plus grand des efforts pour parler d'une voix pleine d'assurance.

Sif réussit pourtant à voir que quelque chose n'allait vraiment pas. Pas de sang sur les draps, ni sur la robe, ni sur la peau visible de sa reine. Qu'est-ce qui pouvait alors l'affecter ? Elle continua de chercher, restant cependant loin du corps tremblant et moite de l'autre femme.

-Ma reine, je vous assure que vous avez besoin d'un guérisseur. Vous tremblez beaucoup.

-Je sais, Sif, je sais..., murmura la souveraine, crispant ses mains sur son ventre.

-Je vais faire appeler le guérisseur royal, finit par décider la guerrière, partant déjà quérir la présence d'un sauveur.

Frigga se dut d'attendre patiemment, tout en ravalant chaque gémissement de douleur qui sortait de sa bouche. Elle se devait de rester forte et courageuse, et d'oublier ce qui lui causait autant de malheur. Il n'y avait de toute manière plus rien à guérir : son cœur avait déjà cessé de battre. La lumière s'était éteinte de ses yeux au moment même où elle comprenait que le mal l'avait trompé et avait usé de ses sentiments pour la briser.

Elle ne se concentra pas davantage là-dessus, car la Dame Sif et le guérisseur revenaient, les deux s'inquiétant déjà pour elle. Ce fut après de gros efforts intérieurs que Frigga réussit à ne plus trembler sous le toucher du guérisseur qui, pourtant, était l'un de ses proches. Il sourcilla devant son comportement, mais n'arriva pas à déceler ce qui se passait. La reine ne daigna que lui avouer une grande douleur dans tout son corps. Le guérisseur, un dénommé Eir, ne put que se poser des questions en voyant ce qui se passait. Il lui administra cependant une potion pour l'aider, tout en réclamant d'autres symptômes pour identifier le problème.

-Mon ami, je vais mieux, maintenant. Je vous remercie pour vos soins, mais j'aimerais rester seule pour me reposer, lui demanda la reine avec un léger sourire, un sourire qui se voulait rassurant, mais qui n'en avait pas l'air.

Sif ne manqua pas de réaliser que ce sourire n'était qu'une façade : un sourire brisé. Elle se promit d'aller parler à Thor, le seul qui pourrait l'informer sur l'état de la reine. En attendant, elle resta aux côtés de la reine, jusqu'à ce que cette dernière se redresse un peu, grimaçant de douleur au passage.

-Ma chère Sif, pardonne-moi de me montrer faible. Que désirais-tu me demander tout à l'heure ? toussota la souveraine, reprenant un comportement qu'elle espérait digne d'une reine.

-Je me demandais si vous aviez un moment pour m'accompagner à l'arène d'entrainement, ma reine, admit Sif en baissant la tête.

-Je vois que tu as sans cesse besoin de te parfaire dans tes arts, mon amie. Je veux bien...

-Non, majesté ! interrompit Eir, faisant sursauter les deux femmes. Ordre du guérisseur, c'est-à-dire moi et personne d'autre que moi, vous garderez le lit pendant au moins trois jours. Votre état ne permet aucun entrainement !

-Mon état s'améliore, ce n'était qu'une douleur..., contesta rapidement Frigga, serrant les poings discrètement pour s'empêcher de trembler devant l'homme.

Sif fut la seule à le remarquer de par ses yeux observateurs, mais elle n'osa rien dire, se posant toujours plus de questions.

-Une douleur qui vous fait trembler, qui vous empêche de vous lever sans avoir une grimace, et qui dure depuis plusieurs heures d'après ce que je comprends. Tenez vous tranquille dans vos appartements, ma reine. Je tiens à garantir votre santé, votre mari m'en voudrait de ne pas vous soigner, sourit Eir, essayant de détendre l'atmosphère.

Frigga hocha juste la tête avant de la baisser. D'ordinaire, elle aurait répliqué, mais aujourd'hui, elle n'avait plus aucune volonté. Rester loin des menaces lui ferait un grand bien, pensa-t-elle. Mais c'était bien dommage pour sa jeune amie...

-Nous devons donc remettre notre entrainement à plus tard, Sif, mais n'ais crainte, dès que mon guérisseur se décidera à me libérer de ma prison de draps, je viendrais te rejoindre, promit-elle doucement.

-Venez quand vous le désirez, ma reine. Votre santé prime avant toutes les autres priorités. Reposez-vous, majesté, se contenta de lui murmurer la jeune guerrière, baissant la tête en signe de respect.

Eir et Sif finirent par s'en aller après avoir constaté l'état de la reine. Les deux êtres se regardèrent pendant quelques instants, certains de se comprendre. Quelle qu'était la maladie dont souffrait la Mère de Toute Chose, cette dernière n'allait vraiment pas bien. Ils pensèrent en chœur à la même chose, trouver des réponses et aider au mieux la Première Dame d'Asgard à se rétablir du mystérieux mal la contaminant.

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Un jour de plus passa, suivi d'un autre, et d'encore un autre. Au final, ce fut une semaine entière qui passa sans que Frigga ne quitte ses appartements. Lorsqu'elle n'était pas endormie, crispée comme jamais, ses pensées se trouvaient occupées par des ouvrages qui pourraient l'emmener loin des horreurs de la réalité. Lorsque le livre était fini, elle cherchait rapidement une autre occupation. Lorsqu'elle ne se sentait pas bien, son corps accueillait volontiers les draps de son grand lit, ou l'eau si pure qui la rendait à nouveau propre, pour peu de temps, mais c'était déjà une consolation. Une maigre consolation.

Odin n'était venu la voir qu'une fois, inquiet d'apprendre qu'elle était souffrante. Durant les courts instants où il tenta de la toucher, elle avait dû se faire violence pour rester calme. Pourtant, c'était bien son mari, son seul amour, l'unique homme censé la toucher et l'aimer, qui voulait l'aider. Pourquoi avait-elle alors peur de lui ?! Pourquoi, alors qu'il était l'homme qu'elle aimait d'un amour puissant ?

Quant à Thor, elle l'avait vu plus souvent que son père. Il ne s'était pas approché, mais avait compris qu'elle n'allait effectivement pas bien. Ce fut donc en quête de réponse qu'il se dirigea vers les donjons après avoir demandé une nouvelle fois à Frigga si elle allait mieux. Il comprit au fil de ses visites que sa douce mère n'était plus la même, et que son comportement avait changé juste après l'une de ses visites avec le prince déchu. Loki devait forcément être lié à l'affaire, soupira le prince ainé.

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Thor arriva rapidement, et se posta devant la cellule de Loki. Le jeune homme avait la tête dans les bras, eux-mêmes posés sur ses genoux. Le blond se sentit intrigué de voir son cadet ainsi recroquevillé, lui qui n'hésitait d'ordinaire pas à se moquer des autres. La cellule elle-même était dans un état bien étrange.

-Loki ? interpella Thor, moins gentiment qu'il ne l'aurait espéré.

En vérité, il ne voulait pas être gentil, pour la simple et bonne raison qu'il comprenait que quelque chose s'était vraiment passé entre le prisonnier et leur mère. Ils se comportaient tous deux si différemment de l'habitude que c'en était suspect.

-Thor, enfin, tu viens me rendre visite..., grommela Loki après avoir relevé la tête.

Ses yeux auparavant remplis de malice étaient maintenant injectés de sang, ses joues rouges et presque irritées, et ses cheveux noirs emmêlés montraient son état négligé. Ne voyant aucune réponse venant du dieu du tonnerre, Loki soupira, et reprit d'une voix à nouveau pleine de moquerie.

-T'ennuis-tu tellement avec ton père ? Tu dois vraiment ne pas savoir quoi faire pour rendre visite à ton cher petit frère. Comment se porte ta mortelle et sa planète, dis-moi ? Je suis curieux de savoir...

-Cela suffit, Loki. Dis-moi ce que tu as fais à notre mère, ordonna le blond, perdant patience.

Jane était encore un sujet délicat pour le prince. Il ne l'avait pas revu depuis tant de temps, et pourtant l'image de son visage intrépide et souriant restait figé dans sa longue mémoire. Perdu dans ses pensées envers son aimée, il ne put apercevoir le léger sursaut de son frère lorsqu'il parla de leur mère.

Le magicien resta figé quelques instants. Mère...Frigga...tout ce sang, toutes ces larmes...non, ce n'était pas de sa faute à lui. Elle avait apprécié, parfaitement ! Mais alors pourquoi toutes ces larmes ? Et pourquoi autant de tremblements ? Des tremblements de plaisir, oh oui. Pourtant, jamais elle n'avait gémit de plaisir...

-Loki, réponds-moi. Qu'as-tu fait à Mère ? grommela Thor, reprenant contenance.

-Je ne lui ai rien fait, pourquoi donc ? Elle t'envoie me parler et me raconter une histoire, peut-être ? sourit le jeune homme, oubliant ses actes contre sa...contre Frigga.

-Voilà maintenant une semaine qu'elle t'a parlé, qu'elle est venue te voir dans ta cellule. Une semaine que son sourire a totalement disparu et que je l'entends pleurer lorsqu'elle se croit seule. Une semaine que chaque nuit, lorsque je passe devant ses appartements, j'entends les cris que l'on a lorsque l'on cauchemarde. Une semaine que ses yeux sont totalement éteints, que sa lumière a disparu. Ne me dis pas que tu n'y es pour rien, mon frère, car je sais que son comportement est lié à toi. Ne me mens pas, ou je te ferais regretter toutes tes menteries.

Durant les aveux de son frère, Loki parut se perdre dans ses pensées. Ainsi dont, il parvenait aussi à tourmenter la reine où qu'elle aille. Jusqu'à aller détruire chacun des rêves qu'elle pouvait avoir dans son sommeil. N'était-ce pas magnifique que d'être présent dans chacune des pensées d'une souveraine ? N'était-ce pas formidable et splendide ?

-Ma foi, Thor, ta mère n'a pas dû apprécier ces quelques minutes d'échange tout à fait inutiles, puisqu'elle a monologué pendant notre petit moment familial, continua de sourire le cadet.

-Tu mens. Les gardes postés derrière ta cellule m'ont dit que Mère était restée une heure avec toi, et que quand elle est partie, elle était déjà secouée. Que lui as-tu dit pour qu'elle soit ainsi, Loki ? Quel mal as-tu insinué en elle, cette fois ? demanda Thor, perdant le peu de patience qui lui restait.

Plus il revoyait et repensait aux images douloureuses de sa mère en pleurs ou souffrant, plus il perdait patience. Odin et Frigga étaient les seuls êtres pour qui le prince ainé s'inquiétait autant. Il ne permettrait jamais que l'un d'eux ne soit blessé.

Quant à Loki, celui-ci ne put s'empêcher de sourire. Oh, si seulement son frère savait quel mal il avait insinué en cette reine si lumineuse. La douleur, la haine envers lui, sans doute, et peut-être du désespoir. Et son plaisir, aussi. Il lui avait donné le fruit d'un plaisir interdit. Ne plus penser à ça. Ne plus entendre les légers gémissements de douleur que cette bouche si douce avait laissé échapper.

-Disons que...je lui ai fait comprendre qu'Asgard n'était plus rien pour moi. Elle a dû mal le prendre. Peux-tu maintenant me laisser rêvasser à mon évasion, je te prie ? Tu sais que ces choses doivent se préparer avec une grande concentration, fit-il de son mieux pour écourter la conversation.

-Ecoute-moi très attentivement, Loki. Quoi que tu ais pu lui dire, ou lui faire, je trouverais mes réponses. Dans l'immédiat, je t'interdis de la voir.

-Tu m'interdis, toi ? se moqua le Jotun.

-Oui, moi !

-Parfait. Elle n'est pas revenue me voir, de toute manière. Laisse donc les faibles pleurnicher, et attends de voir ma puissance se déchainer sur Asgard, menaça Loki, perdant conscience de la réalité.

Il ne vit pas le regard haineux de son frère. Il vit juste sa cape disparaitre, suivant son propriétaire hors des donjons. Faibles, oh que oui. Ils étaient tous faibles, ces asgardiens. Ils mourraient tous, un jour.

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-Odin, que faîtes-vous ici ? demanda maladroitement Frigga, tâchant de sourire devant son mari lorsqu'il entra dans ses appartements.

Plusieurs semaines s'étaient encore écoulées. Presque un mois, en vérité. Mais le mal restait toujours au plus profond de la souveraine. Pourtant, cette dernière gardait courage, se remettant lentement. Depuis ce jour qui lui avait enlevé tout sourire et toute volonté, Frigga tentait d'oublier ce qui s'était passé. Presque un mois qu'elle souffrait en silence, refusant tous les contacts qu'elle pouvait avec les hommes. C'était parfois chose difficile, car son devoir de reine l'obligeait à côtoyer des diplomates, mais elle se tenait toujours bien, cachant ses tremblements aux yeux de tous, souriant devant ses invités.

Mais en privé, c'était le pire. Devoir éviter l'homme qu'elle aimait sincèrement, devoir se refuser à lui de nuit en nuit...même un baiser. Elle se devait de lui refuser tout contact, il ne pouvait plus la toucher. Elle était si indigne de lui et de son amour. Si sale...et si horrible.

-Et bien, je voulais voir ma femme. J'ai entendu dire que vous aviez passé un long moment à vous entrainer avec notre jeune Sif. A-t-elle réussi à vous vaincre, ma reine ? demanda doucement Odin, s'approchant de sa femme.

Frigga se recula en toute discrétion, faisant mine d'attraper un livre. Elle hocha la tête, et sourit en repensant à ces bons souvenirs. Seule Sif pouvait espérer l'approcher sans provoquer en elle une peur irrationnelle.

-Non mon roi. La Dame Sif n'a pas encore réussi cet exploit, mais je ne doute pas qu'elle réussira bientôt. Vous avez eu la plus formidable des idées en lui permettant de s'entrainer auprès de Thor. Elle apprend beaucoup de lui, tout en prouvant qu'elle n'a pas besoin de son soutien. Je suis sûre que Sif deviendra une des plus honorables guerrières, elle le mérite, admit-elle, revoyant encore les parades parfaitement maitrisées de sa jeune amie.

Une grande guerrière, oh oui. Et une guerrière qui pouvait même mettre Thor au sol ! Odin ne perdit pas son sourire pendant qu'il écoutait la voix de sa femme. Il l'admirait, la contemplait, appréciant sa beauté tout en se félicitant d'avoir permis à une jeune prodige guerrière de suivre les rangs de sa grande armée. Sif faisait une excellente guerrière, et ferait sûrement une parfaite future reine quand lui et son amour se retireraient.

Mais pour le moment, ce qui intéressait le roi et Père de Toute Chose, c'était le comportement distant que sa douce reine avait envers lui. Son cœur craignait d'être repoussé une fois de plus, mais pourtant, il s'avança pendant que Frigga faisait d'autres éloges sur les techniques de combat de son apprentie.

La reine crut avoir une attaque lorsque deux douces mains passèrent devant elle, attrapant délicatement sa taille et la coinçant doucement contre un torse bombé. C'était Odin. Odin, et juste Odin ! C'était l'homme qu'elle aimait par-dessus tout, celui qui lui avait donné son fils, celui qui savait la réconforter lorsque personne d'autre ne le pouvait, celui qui la rendait chaque jour et chaque nuit heureuse. Malgré toutes ces pensées, Frigga ne put pas se calmer. Allait-il lui faire du mal, lui aussi ?

-Odin, tenta-t-elle de le repousser gentiment, sans user de force, mais son cher mari déposait déjà de tendres baisers sur sa peau.

Pas des baisers empressés, oh non, juste des baisers remplis de douceur. Mais sa peau tremblait toujours. Elle resta statufiée pendant un long moment, incapable de repousser cet homme qui partageait sa vie.

-Vous me manquez terriblement, ma femme..., avoua-t-il piteusement, caressant avec une certaine délicatesse le ventre de sa Lumière.

-Je sais, Odin, je sais..., souffla-t-elle, croyant commencer une crise d'angoisse.

Elle se reprit juste à temps en repoussant le plus délicatement qu'elle put son amour. Celui-ci parut encore plus dépité, et revint à la charge sans être brusque. Ses grandes mains se posèrent sur les joues tièdes de Frigga, les caressant tandis que son front se collait à celui de la femme prise à ses propres démons.

-Frigga, qu'avez-vous ? Vous me repoussez constamment, même lorsqu'il ne s'agit que d'un simple contact, ou d'un baiser bien innocent. Vous ais-je fait mal ? Ou vous ais-je offensé par quelque manière que ce soit ? Vous savez que je peux être indélicat...pardonnez-moi, c'est une nature que je ne peux pas défaire sans l'aide de ma reine à mes côtés, soupira-t-il de tristesse, confident.

-Mon amour, je ne vous repousse pas. Je vous aime, Odin, n'en doutez pas une seconde, se força-t-elle à avouer, acceptant de garder son front collé à celui du roi.

Il ne méritait pas d'être ainsi repoussé, mais la peur de la reine était si forte. En particulier quand son époux passa ses mains sur sa taille pour la resserrer contre son torse. Ils se retrouvèrent collés. Odin sentit particulièrement le cœur de sa moitié battre fortement dans sa poitrine qui se soulevait très irrégulièrement. Qu'avait-elle donc ?!

-Je vous aime aussi, mais vous refusez que je vous touche. Que je vous détende.

-Vous me détendez par vos baisers et vos paroles, rassurez-vous, se sentit-elle capable de lui sourire.

Un léger sourire sincère, car il lui restait encore un peu de lumière : son amour indéfinissable pour l'homme qui l'avait demandé en mariage devant toute la Cour d'Asgard, dans leur lointaine jeunesse.

-Mais je veux vous détendre en vous donnant du plaisir aussi. Presque un mois que je ne peux pas vous combler, mon amour. Laissez-moi m'occuper de vous. Restons ensemble quelques heures, en oubliant que nous sommes des rois. Restons entre mari et femme, finit-il par demander, mal à l'aise.

C'était bien compliqué pour lui d'avouer qu'il avait besoin d'attention venant de sa femme, surtout en tant que roi, mais il se plia à ses propres désirs pour une fois. Juste quelques heures de paix avec sa belle Lumière dont le véritable sourire illuminé lui manquait terriblement. Que ne donnerait-il pas pour revoir la Frigga d'avant, celle qui n'hésitait pas à lui jouer des tours ou à le menacer quand il ne prenait pas en compte ses décisions royales ou son humeur ?

-Je...j..., articula difficilement Frigga, rougissant et frissonnant.

Des frissons moins peureux, heureusement. Mais la reine ne put se résoudre à accéder à la requête bien aimable et érotique de son amour. Son cœur en ferait une attaque ! Sa voix resta bloquée, sans qu'elle ne puisse rien y faire.

-Oh..., crut comprendre Odin, baissant alors la tête.

-Que se passe-t-il, mon roi ? demanda, inquiète, sa reine.

-Je crois comprendre. Il est vrai que je me fais vieux, et qu'étant bien plus jeune que moi, vous devez sûrement vouloir connaitre d'autres compagnons..., souffla-t-il, l'âme tourmentée par la pensée qu'un autre homme puisse toucher sa femme.

Frigga comprit où elle venait en venir, mais sa voix éteinte ne l'aida pas. Elle devait pourtant stopper cette idée ridicule ! Odin se faisait un mal fou en imaginant de pareilles choses ! Mais sa voix ne revint pas tout de suite...

-Je ne suis plus tout beau non plus. Je comprends vos envies...

-N...o...non..., réussit-elle à articuler, prise dans une nouvelle panique.

-Ne niez pas, je vous prie. Je comprends ce que vous pensez.

-V...vous n'y êtes...pas du tout, se força à parler la reine, sa gorge la brûlant rapidement.

-Pourquoi nier, Frigga ?!

-Je ne vous suis pas infidèle, mon amour. Vous êtes le seul homme de ma vie, je vous le promets. Par les Neufs Mondes, croyez-moi. A mes yeux, vous restez le même roi fougueux et intrépide que j'ai connu, celui qui essayait toujours de me mettre parterre pendant nos entrainements. Celui qui a bravé les pensées de ses parents pour m'épouser...jamais je ne prendrais d'amant, vous le savez pertinemment. Jamais, conclut-elle, peinée qu'il puisse penser à cela.

Ses paroles rassurèrent pourtant le souverain, mais ne lui enlevèrent pas sa méfiance. Frigga pouvait tout obtenir de lui de par ses mots si doux, comment savoir si elle disait la vérité ? Elle se refusait tant à lui...elle le repoussait toujours !

-Je vous prie de me croire, Odin. Je ne me donnerais qu'à vous dans les Neufs Mondes, vous et vous seul, lui murmura-t-elle en plein désespoir, se sentant déjà partir dans une nouvelle crise.

-Pourquoi me repousser aussi souvent, alors ? demanda-t-il, méfiant.

-Mauvaise période...et je sors d'une maladie inconnue...je serais plus présente à vos côtés, je vous le promets.

-Des promesses, que des promesses, constata le roi, amère.

-Odin..., souffla son épouse, sentant une larme venir.

-Veuillez m'excuser, Frigga. Je ne vous importune pas davantage. Nous nous reverrons au diner, j'espère, s'exclama-t-il en sortant des bras tendus de la souveraine.

-Je serais là. Attendez, Odin. M'aimez-vous encore ? ne put se retenir de demander Frigga, soucieuse.

-Si vous m'aimez encore, alors mon cœur reste vôtre, déclara-t-il, tournant son regard sur la belle femme se tenant à quelques pieds de lui.

-Je vous aime, mon roi.

-Alors nous restons unis par notre amour. Prenez soin de vous.


Ce n'est que le début de la souffrance pour chaque personnage...j'essaye de montrer des points de vue variés, j'espère que vous 'appréciez' ce genre de narration.

On se retrouve demain pour la suite, et...bonne rentrée à ceux qui reviennent en cours demain (comme moi, alors je vous soutiens tous et toutes!)

Place aux commentaires, et merci de m'avoir lu (: