Voici le chapitre 2 !^^
Je ne saurais dire si le un a plu, laissez une petite review pour me donner votre avis ! :)
Chapitre 2 : NB : agir avant de réfléchir
- Mets dans le sac, Terry !
- Mais on ne peut pas tout prendre, si elle s'aperçoit qu'il manque quelque chose…
- On a en a déjà parlé, on a dit qu'on utiliserait un sortilège de duplication sur les flacons…
Toc toc !
Tous se retournèrent vers la porte qui était en train de s'ouvrir. Il y eut un instant de flottement, un échange de regards entre les occupants du lieu et la nouvelle arrivante, puis un éclair de lumière rouge jaillit et frappa l'étrangère au ventre. Ses yeux, agrandis par l'étonnement, les fixèrent quelques instants avant de voir défiler le mur et le plafond… Le corps s'écrasa au sol.
On entendit alors des bruits de pas précipités : Blake revenait en vitesse, alerté par le silence soudain et le craquement au sol.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-il, paniqué.
- Ce crétin d'Amar a stupéfixé la fille qui est entrée ! rugit le plus baraqué du groupe.
- Oh, la ferme Jack ! lui répondit le dénommé Amar, un garçon à la tignasse blonde. Elle aurait fait toute une histoire !
- Ce n'était pas la peine de la stupéfixer ! Elle…
- Bon, en attendant, qu'est-ce qu'on fait ? les coupa Blake.
Ils contemplèrent la jeune fille quelques secondes.
- Qu'est-ce qu'elle a dans la main ? finit par demander le blond.
Le dernier garçon, Terry, s'approcha et s'écria : - Du pus de Bullobub !
- C'est ce qu'avait demandé Angela, ça ! fit remarquer Jack.
- Bon, ok, on l'emmène, trancha Blake.
- Quoi ? s'exclamèrent les trois autres en chœur.
- Vous voyez une meilleure solution ?
- Oui, j'en vois une, rétorqua Amar. On prend les bouteilles et on lui promet de jolies verrues ou des cheveux bleus électrique pour un petit moment si jamais elle ouvre sa belle gueule !
- Trop risqué, contrecarra Blake. Allez, quoi ! On n'a rien à perdre.
- Si…
- Ecoute, Pomfresh va bientôt revenir, le soi-disant horrible mal de ventre dont Li souffre ne va pas la laisser longtemps en dehors de son infirmerie ! Alors…
- On duplique ce qu'on a pris et on se casse, ordonna Jack, chef de leur petit groupe expéditif.
- Et le reste des remèdes ? demanda Terry.
- Pas le temps !
Aussitôt dit, aussitôt fait. Tandis que les autres dupliquaient à l'aide d'un sortilège les bouteilles prises dans les armoires de l'infirmière, Blake se pencha sur l'inopportune arrivante. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il s'agissait de Maria Olwings, l'obsédée de botanique ; c'était bien sa veine ! Avec un grognement, il déposa les quelques flacons qu'il avait dérobés dans le grand sac à ses côtés, puis souleva le corps de la jeune fille comme un vulgaire sac de patates sous son bras. Sans plus s'appesantir sur sa découverte, il s'éloigna le long du couloir en trottinant.
- Vous comprenez madame, mon mal de ventre a disparu d'un coup ! Je soupçonne un maléfice là-dessous ; en tout cas, si vous pouviez me donner quelque chose, au cas où…
L'un des garçons poussa un juron.
- C'est elle ! Demi-tour !
En sprintant vers les escaliers à l'autre bout du corridor, Blake commença à regretter de ne pas avoir mis à exécution le plan d'Amar : ce qu'elle pouvait être lourde ! Les filles n'étaient-elles pas censées être légères comme des plumes ?
- Là ! s'écria Terry en tournant à gauche, tandis que les bruits de pas se rapprochaient dangereusement dans leur dos.
Une porte cachée dans le mur. Ils suivirent tous à l'intérieur puis, en refermant le battant derrière eux, restèrent à l'affût de la conversation qui se déroulait de l'autre côté du mur, ne s'autorisant à respirer qu'une fois les voix et bruits de pas atténués.
- Fiouh ! C'était moins une, soupira Terry en passant une main dans ses cheveux châtains.
- Bon, maintenant, faudrait peut-être la libérer, suggéra Blake en déposant la prisonnière au sol.
- Et si elle se mettait à hurler ? rétorqua Amar.
- Ce que tu peux être casse-patacitrouilles ! Enervatum !
La jeune fille cligna des yeux, puis tourna la tête vers les quatre garçons qui la regardaient, plutôt gênés.
- Bon heu… Pas de bruit, hein ! fit le blond.
Sans répondre, elle s'assit en tailleur et se massa le ventre, les sourcils froncés.
- Tout ce qu'on te demande, c'est de garder ce que tu as vu pour toi, dit Blake en l'observant.
- Pourquoi je le ferais ? rétorqua Olwings, ouvrant finalement la bouche.
Silence.
- Tu préfères qu'on te jette un sort ? menaça Amar, à cran, en pointant de nouveau sa baguette sur elle.
- Ok, c'est bon ! Je ne dirai rien. Je peux partir maintenant ?
- Qu'est-ce qui nous prouve que t'iras pas tout cafter ?
- Alors quoi ? Je vais pas rester ici toute ma vie !
Nouveau silence.
- Et si tu te joignais à nous ? fit Blake.
- Pardon ? répondit-elle
- Quoi ? ajouta Amar, comme en écho.
- Ca va pas, Blake ? s'exclama Jack.
- Et pourquoi pas ? dit-il, agacé. Elle est certainement la meilleure de notre année en botanique et elle a accès aux serres ! En plus, elle tiendrait sa langue.
- Oh, oh, oh ! Me joindre à quoi exactement ? tempéra Maria.
- A nous, à notre organisation. Aux chercheurs fous.
•••
Blake regardait ses œufs brouillés d'un air mécontent ; il avait encore les yeux endormis et les cheveux ébouriffé de ceux qui se demandent pourquoi ils sont sortis de leur lit. Pourtant, ce n'était pas le manque de sommeil qui lui donnait des airs revêches : la potion qu'il avait tentée de préparer la veille avec un élève de septième année avait été un véritable fiasco. En repensant au mélange consistant comme du goudron qui stagnait dans le chaudron, il planta sa fourchette avec rage dans une tranche de lard et la porta à sa bouche toute entière, mâchant à grands renforts de bruits de mastication. Avec un grand « GULP », il avala le bacon tandis que ses pensées dérivaient.
Les chercheurs tournaient en rond, ces temps-ci. Ce dont ils avaient besoin, c'était de sang neuf. Cette Maria Olwings en était un parfait exemple : elle était extrêmement douée en botanique et ne cessait d'approfondir ses connaissances en cette matière. Pourtant, elle refusait d'intégrer leur organisation. Ou plutôt, elle « y réfléchissait ». Manque d'ambition, songea Blake. Sa proposition aurait dû la faire trépigner d'excitation, la faire sauter de joie ! Il lui avait expliqué ce qu'ils représentaient, pendant qu'Amar grognait dans sa barbe : leur groupe, qui n'avait pas de nom – on appelait simplement ceux qui en faisaient partie les chercheurs fous -, était pour l'instant constitué exclusivement de Serdaigle. L'idée provenait des septième année qui l'avait peaufinée l'année précédente, et c'est à la rentrée de Septembre qu'ils l'avaient mise en œuvre. Un regroupement d'élèves qui voyaient toujours plus loin, persévérants et ambitieux.
Chacun se spécialisait dans la matière où il excellait – car seuls les plus doués étaient pris dans ce groupe, ce qui, comme l'avait fait modestement remarquer Amar, ne posait aucun problème avec les Serdaigle -, le tout étant d'avoir un projet et de plancher sérieusement dessus. Il faudrait aussi, avec le temps, donner des résultats ; dans le cas contraire, le sujet serait sûrement abandonné. Inventer de nouveaux sortilèges, de nouvelles potions, travailler sur des plantes pour en étudier les caractéristiques, tenter de percer le brouillard de l'avenir… Les options étaient multiples, mais encore fallait-il s'en donner les moyens. C'était pour cela qu'ils devaient voler. Quelques remèdes à Mme Pomfresh, quelques ingrédients dans l'armoire de Rogue – hautement risqué, et les membres de cette expédition n'étaient absolument pas pressés de recommencer -, du matériel chipé pendant les cours…
Blake avait vu les yeux d'Olwings briller lorsqu'il avait mentionné la jeune Serdaigle de cinquième année qui avait réussi à ramener une bouture de Salsembrème électrique* en douce, et qui s'occupait à présent de sa croissance. Il avait cru la partie gagnée mais bientôt, l'excitation de la jeune fille s'était atténuée et, redevenue pragmatique, elle avait demandé :
- Et… Où vous faites tout ça ? Vous avez un local ? Non, parce que, si vous faites ça dans votre salle commune...
- T'inquiète pas pour ça, avait répondu Blake. On s'arrange pour trouver une salle désaffectée assez régulièrement. C'est un peu chaotique pour l'instant, mais on espère trouver une solution d'ici peu.
Malgré tout ça, malgré son regard d'envie, malgré sa passion de la découverte que l'on sentait bouillonner dans ses yeux, elle avait dit qu'elle y réfléchirait et était sortie par la porte cachée sans laisser le temps à Amar ni à aucun autre de la retenir. Ni elle, ni les bouteilles de pus.
Blake soupira. Cela faisait déjà une semaine qu'ils avaient eu cette conversation ; la seule fois où il avait osé lui demander une réponse, en cours d'étude des moldus, elle l'avait envoyé balader en lui disant qu'elle y pensait toujours, qu'il n'avait pas à la harceler et qu'il devait déjà s'estimer heureux qu'elle n'ait rien révélé.
Avec aussi peu de sympathie dans ses propos, Blake se demandait encore pourquoi elle avait été envoyée chez les Poufssoufle.
Sur ces réflexions, il se leva de son banc. Il s'apprêtait à quitter la table des Serdaigle lorsque l'un de ses amis, d'un an son cadet, lui demanda :
- Où tu vas, Blake ? Tu es censé m'aider pour mon devoir de sortilèges !
- Heu, oui, désolée Michael, demande à quelqu'un d'autre, j'ai quelque chose à faire, mentit-il.
- C'est pas vrai ! Juste les grandes lignes du devoir, Blake !
L'interpellé était cependant déjà parti. Il n'avait qu'une envie : se retrouver seul et profiter d'une balade dans le parc, avant de rejoindre les serres en vue du cours de botanique.
Un nuage de hiboux envahit alors les lieux, le faisant relever la tête. La nuée de rapaces aux dizaines de plumages tournoyait au-dessus des assiettes des élèves ; brusquement, une pression sur son épaule le fit tourner la tête de côté. Posée sur son bras comme s'il s'agissait d'un perchoir, une chouette aux plumes pâles et brunes, parsemées de stries sombres, le regardait dans les yeux.
- Hé, Marvel ! Une lettre pour moi ?
La chouette hulula et tendit la patte.
- Désolé, j'ai fini de manger, je n'ai rien à te donner. Tu peux retourner à la volière, ajouta-t-il après une caresse sur la tête de l'animal.
Dans un dernier hululement, Marvel reprit son envol. Blake décacheta l'enveloppe qu'il tenait à la main et en extrait la lettre. Le mot venait de son frère qui lui demandait brièvement de ses nouvelles. Bien que nés de parents moldus, les deux fils Salamander s'étaient vus octroyés à la naissance des dons de sorciers. Blake, dans sa prime jeunesse, avait tremblé de ne pas être pourvu de pouvoirs magiques ; aussi avait-il été le plus soulagé et le plus heureux du monde lorsqu'il avait reçu la lettre de Poudlard, lui indiquant qu'il était inscrit depuis sa naissance à la célèbre école de sorcellerie.
Terminant sa lecture, il se rendit compte qu'il était resté figé comme un idiot au milieu de la Grande Salle. Il rangea donc la lettre et l'enveloppe à l'intérieur de son sac et parcourut le reste du chemin qui le séparait du hall. Il venait cependant tout juste de passer les portes que quelque chose s'abattait à nouveau sur son épaule. La pression était lourde et désagréable, lui interdisant d'avancer. Il se retourna pour dévisager Olwings. Elle semblait porter en elle un mélange d'émotions et de sentiments contradictoires, mais ce qui sauta au visage de Blake fut son agacement : après avoir lâché son épaule, elle se tint droite devant lui tout en serrant le poing sur un morceau de parchemin froissé… Apparemment, elle aussi avait de la correspondance.
- Je peux te parler ?
- Tu viens de le faire, mais tu peux recommencer si tu veux, répondit-il du tac au tac, avec un sourire en coin.
Embêter la jeune demoiselle lui procurait une intense satisfaction. Celle-ci leva les yeux au ciel, parfaitement agacée.
- Tu vas finir par me faire changer d'avis.
- De quoi ?
Derrière eux, la porte s'ouvrit pour laisser passer une jeune rousse, accompagnée d'une fille blonde du nom de Luna Lovegood - Blake s'étonnait toujours d'être dans la même maison qu'elle. La première, Gryffondor de son état, les regarda d'un air intrigué ; Blake vit son interlocutrice se tendre. Un éclair de compréhension traversa ses pupilles.
- Tu…
- J'accepte ta proposition, le devança-t-elle en tendant la main.
Il la fixa quelques instants puis joignit sa paume à la sienne.
- J'étais sûr que tu dirais oui.
Une fois de plus, elle roula des yeux. Les portes de la Grande Salle se rouvrirent alors sur une élève de Serdaigle, accompagnée d'un Michael Corner plutôt remonté. Lorsqu'il vit Blake occupé à discuter avec une fille, il ouvrit de grands yeux. Maria, qui l'avait aperçu, ajouta précipitamment :
- Tu me tiens au courant pour le lieu et les rendez-vous.
Sur ces mots, elle partit en hâte en direction du parc, laissant la place à un Michael qui n'en revenait pas (« Tu m'as laissé pour une fille ? Qui c'était, d'ailleurs ? Ta petite amie ? Pour mon devoir, tu comptes m'aider ? »). Blake la regarda partir, tandis que son camarade continuait de le questionner sans obtenir de réponse.
- Tu m'écoutes ou quoi ?
* Les éléments anti-canoniques me donnent des boutons, mais l'invention de cette plante était pour le besoin de la fic'. Car on ne s'en rend pas forcément compte, mais peu de plantes sont citées dans les livres HP... Vous me pardonnez ? ;D Vous en saurez un peu plus sur elle au cours de l'histoire.
