Hello hello tout le monde !
Comment allez-vous ? J'espère que votre WE s'est bien passé !
Je vous remercie pour l'accueil ! C'est toujours un peu le stress de mettre une nouvelle fic en ligne : va-t-elle plaire ou pas ? Vont-ils accrocher ?
Certains ont été décontenancés par le fait que Clarke n'ait que 10 ans et que le Heda en place n'est pas Lexa. En gros, même si la base n'est plus la même (des délinquants envoyés sur Terre), les principaux faits restent les mêmes. Je ne vais pas spoiler mais... patience, et vous verrez ^^
Bon, si le premier chapitre était une intro, nous rentrons un peu plus dans le vif du sujet avec celui-ci !
ENJOY
Premiers contacts
Clarke préférait encore les cours pratiques avec sa mère plutôt que l'assiduité dont elle devait faire preuve avec Pike ou tout autre professeur, assise sur une chaise, écoutant des discours rébarbatifs.
Alors lorsque sa mère la consigna à la suivre lors de ses visites quotidiennes, Clarke, bien que détestant suivre sa mère comme un vulgaire toutou, accepta sans se faire prier.
Mais après la 5ième visite, Clarke commençait à sentir la lassitude venir, et Abby le sentit.
« Bien Clarke, dis-moi quelle est cette plante ? »
« Niodris. » répondit la petite presque instantanément
« A quoi sert-elle ? »
« Calmer les douleurs lorsqu'elle est bouillie et pétrie en pommade. »
« Bien. Ou pousse-t-elle principalement ? »
« Aux abords des rivières car la mousse humide est un lieu prolifique pour sa pousse. » répondit machinalement la petite comme une récitation
« Très bien. Tu vas m'en rapporter un sac entier s'il te plait. »
« Qu… Mamannnn… » gémit la petite, peu encline à aller faire la cueillette
« C'est un ordre Clarke. »
La petite chipa alors le sac que lui tendit sa mère et dans un regard mauvais, elle s'éloigna en bougonnant.
« Elle est douée. » sourit une jeune femme aux cotés d'Abby
« Oui. »
« Elle sera une soigneuse efficace. »
« Certainement, si elle n'était pas si butée… »
« Oh Abby, je te connais depuis que tu as son âge et tu n'étais guère mieux. » sourit la femme
Abby sourit à son tour, se remémorant ce temps où elle ne cessait de tenir tête à sa propre mère pour un oui ou pour un non.
« Certes… Mais elle a bien plus de facilités que moi : elle est née sur Terre, elle y a grandi, elle en connait toutes les ressources. Nous, nous avons du apprendre sur le tas, faire avec ce que nous avions. Nous avons fait le plus dur, la vie sera plus facile pour elle. »
« Clarke est amenée à faire de grandes choses, je le sens… »
« Si au moins elle s'en donnait les moyens… »
« Patience Abby, elle n'a que 10 ans… »
« Mais la vie est tellement courte ici. » soupira la jeune femme en voyant sa fille disparaitre dans la forêt.
Clarke pesta encore et encore, maudissant sa mère et cette satanée plante. Elle n'avait pas pour vocation de devenir soigneuse comme sa mère, elle ne l'avait jamais voulu. Même si aider son prochain était une noble cause, elle n'avait aucune intention de faire comme elle. Et pourtant, il semblait bien que les autres avaient décidé pour elle : elle serait médecin car avait toutes les capacités pour en être un bon. Alors Abby avait commencé sa formation très tôt, la familiarisant avec des choses qu'un enfant de son âge ne devrait pas connaitre : des blessures, des maladies, des connaissances… Bien sur, plus jeune, elle avait pris cela comme un jeu, mais à l'aube de ses 16 ans, elle savait qu'elle devrait affirmer sa vocation. Et là où certains, comme Raven, avait réussi à allier passion et vocation, elle, elle n'avait jamais su convaincre de l'utilité de l'art dans la communauté.
Car s'il y avait bien une chose qu'adorait Clarke : c'était dessiner. Mais voilà, il fallait être utile, il fallait être utile à son peuple, et pour cela, le dessin n'était en rien utile. Alors, elle gardait cela comme une passion, son jardin secret dans lequel elle s'évadait quand elle ne pouvait sortir au dehors.
Lorsqu'elle entendit, à quelques mètres de là, la rivière, elle sut qu'elle était proche du but. Elle se pencha alors à la recherche de cette fameuse Niodris et en arracha quelques plants avant de se figer : était-ce un mirage ou juste une hallucination ? Elle était certaine d'avoir vu une ombre, de l'autre coté de la rivière.
Elle s'approcha alors, plissant le regard, mais ne vit rien… Elle haussa alors les sourcils avant de repartir à la recherche de la plante. Et au bout de 5minutes, tandis qu'elle se pencha pour ramasser la mousse, elle entendit quelque chose siffler au dessus de sa tête. Elle se stoppa, releva le nez avant de se tourner et de voir qu'à quelques mètres d'elle, dans un tronc, s'était fichée une flèche.
Elle se redressa rapidement avant de se cacher derrière un arbre, non loin de la flèche. Son peuple n'utilisait que rarement des flèches, ça ne pouvait provenir que de…
« Idiote ! Va la chercher. Si tu avais été plus concentrée, tu ne l'aurais pas perdu. »
Ce langage… Clarke se crispa soudain en comprenant qu'en face d'elle, de l'autre coté de la rivière, se trouvait des grounders.
Que faire ? Elle ne pouvait décemment pas fuir, elle n'avait que 10 ans et absolument pas les jambes et la force d'échapper à des guerriers et des chasseurs hors pair… Alors elle resta là, cachée derrière son arbre, priant pour que le grounder reprenne sa flèche et ne reparte aussi vite.
Elle entendit le clapotis de l'eau, signe que quelqu'un traversait la rivière, puis des soupirs profonds. Et malgré sa peur naissante, sa curiosité prit aussi le pas et elle se risqua à jeter quelques coups d'œil vers l'intrus.
Soudain un craquement se fit entendre et Clarke comprit alors que le grounder venait de retirer la flèche du tronc. Elle se risqua alors à s'approcher de quelques pas et constata qu'en effet, la flèche avait disparu.
En reculant, elle fit, elle-même, craquer une branche au sol. Elle se figea alors et n'osa plus bouger, attendant quelques secondes. Lorsqu'elle n'entendit rien, elle soupira de soulagement avant de tourner les talons seulement pour rencontrer la lame d'une épée sur son cou.
Elle lâcha un hoquet de surprise, ses yeux rivés sur la lame avant de la remonter doucement pour s'apercevoir qu'au bout de l'épée se tenait une jeune fille, à peine plus âgée qu'elle dont le regard vert émeraude la fixait durement.
« Qui es-tu ? »
Clarke, figée par la peur et la stupeur, n'osait plus bouger. Elle avait vu bien des grounders, mais jamais d'aussi près, jamais comme elle…
« Ton nom ! » argua la jeune fille en appuyant un peu plus la lame sur sa gorge
« Je… Je comprends pas… »
« Skaikru… » soupira la brunette comme une constatation « Qui es-tu ? »
« Clarke… Je m'appelle Clarke. »
La jeune fille serra la mâchoire alors mais tint sa position sans fléchir « Je devrais te tuer… »
« Pourquoi ? » s'étonna la petite, sa curiosité prenant le pas sur sa peur
La jeune fille haussa un sourcil « Parce que tu es une skaikru. »
« Et toi une trikru, et alors ? »
« Et alors ? Nos peuples sont en guerre. »
« Nos peuples peut-être… mais pas moi, pas nous. »
La jeune fille baissa alors son arme, ce qui détendit Clarke « Tu n'as rien compris. Nous sommes un peuple, nous nous élevons d'un seul homme. Tu es ton peuple, je suis le mien. Nous devons agir pour lui, toujours. Vous n'apprenez pas cela ? »
« … »
« Vous êtes faibles… »
Clarke grimaça avant de jeter un œil vers l'autre main de la jeune fille, et esquissa un sourire « Belle flèche. » La brunette se crispa et rangea son épée dans son fourreau avant de s'éloigner « Attends ! » La jeune fille se stoppa alors, sans pour autant se tourner vers Clarke « Comment tu t'appelles ? »
La jeune fille tourna légèrement sa tête mais ne répondit pas de suite, mais sentant le regard bleu acier la transpercer, elle souffla « Lexa. » avant de partir au pas de course, traversant une nouvelle fois la rivière, et disparut de l'autre coté de la forêt, le tout sous le regard de Clarke.
« Lexa… » répéta-t-elle, rêveuse.
Bien sur, Clarke ne parla pas de sa rencontre avec une trikru sur leur territoire, sous peine de déclencher encore des hostilités qui conduiraient à des violences et des morts inutiles.
Alors, elle se contenta de revenir auprès de sa mère, sans oublier son sac rempli de plantes médicinales.
« Tu en as mis un temps ! »
« Désolée… »
Bien sur, sa mère suspectait que Clarke avait, comme à son habitude, laisser son imagination vadrouiller, mais elle ne pipa mot. Clarke, quant à elle, se remettait à peine de cette rencontre furtive et l'image de cette jeune grounder fière et menaçante ne quitta pas son esprit jusqu'au soir où elle esquissa quelques traits de son visage sur son calepin, calepin qu'elle glissa précautionneusement sous son matelas à la discrétion de tous.
L'hiver était bien installé, le froid s'intensifiait et les skaikru restaient le plus possible à l'intérieur de leurs murs. Les mois hivernaux étaient toujours difficiles pour eux : les cultures gelaient, les animaux produisaient moins et le système de chauffage interne de l'Ark consommait beaucoup d'énergie…
Clarke adorait l'hiver mais détestait aussi cette période car elle la forçait à rester cloitrée dans ce carcan de métal et, évidemment, à suivre des cours qu'elle ne supportait plus.
« La vache Griffin, c'est le bordel dans ta chambre ! » lâcha Raven en se laissant lourdement tomber sur le lit de cette dernière
La blondinette haussa les sourcils avant de rejoindre son amie sur le lit « Pike est d'un ennui mortel… Je comprends pas pourquoi il tente de nous apprendre comment faire une cabane avec des branches et des feuilles, vu qu'on ne sort jamais de ce foutu camp… »
« Ouais, j'en sais rien… Moi je préfère les cours de Sinclair. »
« Tu m'étonnes, toi au moins t'as trouvé ta voie. »
« Et toi la tienne non ? »
« Non, c'est celle de ma mère, pas la mienne. Bien sur, c'est cool de pouvoir aider des gens, les soigner, mais… C'est pas ce que j'ai envie de faire… »
« Pourtant ça te permettrait de rester en haut de la hiérarchie. »
« Je m'en fous de la hiérarchie… » souffla la petite fille « J'ai juste envie de sortir, découvrir le monde. Tu te rends compte qu'on a jamais traversé la rivière. »
« Et pour cause… Les grounders vivent au-delà. Tu sais ce qu'ils nous feraient s'ils nous trouvaient sur leurs terres ? »
« Non, et toi non plus. »
« On m'a dit qu'ils tuaient même les enfants. Ils éventraient les gens et gardaient leurs organes pour les manger. Ils sont sans pitié, ils nous détestent… S'ils pouvaient, ils nous envahiraient, prendraient nos ressources, tueraient tout le monde. »
« Ils ne sont pas tous comme ça, j'en suis sûre. »
« Ils le sont. »
« Heda Seekah veille à ce que les limites soient respectées. »
« Heda Seekah est un grounder… Il sera toujours de leur coté. Si un incident devait survenir, je suis sûre qu'il prendrait parti pour eux… On est l'ennemi, sans même savoir pourquoi. Ils nous détestent pour nous être introduits sur des terres qui étaient les nôtres bien avant les leurs… Ils ont tendance à oublier qu'on était ici avant eux… » grimaça Raven
Clarke ne protesta pas, de toute manière, elle ne pourrait rien dire ou faire pour la faire changer d'avis. Ils avaient tous été élevés dans la peur du grounder, de l'étranger. Et pourtant, elle ne pouvait enlever de ses pensées la jeune fille qu'elle avait rencontrée quelques semaines plus tôt.
« Tu vas à l'anniversaire de Finn ? »
« Hm nope, je suis toujours consignée… »
« Oh… J'avais pas vraiment envie d'y aller seule… »
« Pourquoi t'emmène pas Octavia Blake ? »
« Elle est… bizarre. »
« Parce que ? »
« Bah… Je sais pas. On dirait qu'elle a vécu sous son plancher durant des années » gloussa Raven « Non mais c'est vrai, elle est tellement sauvage… Je suis sûre qu'elle s'entendrait à merveille avec les grounders ! »
Clarke dissimula un sourire gêné alors : elle aussi aurait aimé s'entendre avec quelques grounders…
Et c'est quelques jours plus tard, lors d'une accalmie après une rude tempête de neige, que Clarke eut l'occasion de sortir de nouveau d'Arkadia.
Elle se glissa dans le cortège de patrouilleurs partant chasser pour sortir de son camp et se rendre dans la forêt. Bien évidemment, elle savait que les répercussions seraient désastreuses mais elle avait besoin de sortir, c'était vital, elle qui se sentait étouffer au sein de l'Ark.
Alors elle marcha, tout en jetant de temps à autre quelques regards derrière, s'assurant d'avoir encore l'Ark en vue. Ses pas étaient difficiles dans la neige, mais dieu qu'elle aimait cette sensation ! Elle ramassa une large branche dont elle se servit pour marcher et avança encore et encore jusqu'à arriver à la limite de la rivière, là où quelques semaines plus tôt, elle avait rencontré cette fameuse Lexa.
Et alors qu'elle s'apprêtait à rebrousser chemin, le froid mordant sa peau un peu plus chaque minute, une étrange odeur émoustilla ses narines. Fronça les sourcils, elle se stoppa et ferma brièvement les yeux, se concentrant pour déceler de quelle odeur il s'agissait : probablement du bois que l'on brulait… Avec quelque chose d'autre… De la viande probablement… Oui, on grillait de la viande non loin.
Soudain son ventre grommela, comme réveillé par cette odeur alléchante, et Clarke se risqua à se mettre à découvert pour arriver au bord de l'eau. Elle scruta l'horizon et l'orée de la forêt en face d'elle, espérant voir une ombre, un mouvement quelconque, mais rien. Elle baissa les épaules alors, avant de vouloir rebrousser chemin quand soudain, elle aperçut de l'autre coté de la rive, un lièvre de bonne taille. Elle sourit alors : sa punition serait certainement moindre si elle ramenait au camp de la nourriture.
Probablement attiré par l'odeur lui-même, le lièvre s'approcha de Clarke mais, quand il se rendit compte de la présence d'un humain à proximité, il s'enfuit alors.
« Non, attends, reviens ! » lança Clarke désespérément avant de traverser, sans réfléchir, la rivière
Ce n'est qu'une fois de l'autre coté de la rive qu'elle se rendit compte de son geste totalement irraisonné. Elle allait avoir de gros problèmes, pensa-t-elle en regardant son bracelet.
« Qui est là ? »
Clarke se figea quelques secondes avant de faire demi tour et de courir dans la rivière. Mais, voulant aller trop vite, elle chuta, cognant son pied contre une pierre et tombant dans l'eau.
Apparut alors la même jeune fille d'il y a quelques semaines, un arc à la main, mettant en jouc Clarke.
« Encore toi… » soupira-t-elle avant de baisser son arme « Je devrais te tuer, tu es sur mon territoire. »
Clarke se releva alors et mit ses mains en l'air en évidence « J'aurais pu le faire aussi, tu étais sur le mien y'a pas si longtemps. » La jolie brunette la jaugea des pieds à la tête avant de faire demi tour « Attends, Lexa ! »
La brune se retourna alors, la fixant d'un regard glacial avant de se ruer sur elle, de l'empoigner par le col et l'attirer contre un arbre « Tais-toi ! Si l'on t'entend, nous aurons de gros problèmes ! S'ils te trouvent ici, ils te tueront, et ils me puniront pour ne pas l'avoir fait moi-même ! »
« Désolée… Je voulais pas… »
« Vous, les skaikru, vous ne réfléchissez jamais assez. »
Clarke fronça les sourcils avant de la repousser d'un geste sec « Je ne suis pas comme les autres skaikru ! »
Lexa esquissa un rictus de moquerie « Oui, ça c'est sûr… »
Elles restèrent quelques secondes l'une en face de l'autre dans un silence pesant « Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu fais seule ici ? » demanda Clarke, curieuse
« Et toi ? Tu es loin de ton camp… »
« Je… Je cherchais à attraper ce lièvre. »
« Lièvre ? » lança Lexa en fronçant les sourcils
Pour toute réponse, Clarke lui montra la boule de poil à quelques mètres de là
« Et tu comptais l'attraper avec… ça ?! » ironisa la brunette en montrant le bâton que tenait Clarke dans la main
« En fait je… Oui. »
Lexa haussa les épaules avant de mettre une flèche sur son arc, puis de mettre en jouc l'animal et en quelques secondes, elle décocha sa flèche qui transperça le lièvre, le tuant d'un coup.
« Wow… »
« Vous n'avez pas appris à chasser ? »
« C'est pas ma spécialité… » grommela Clarke
Lexa s'éloigna alors et revint en tenant la proie par les oreilles « Tiens. »
« Merci… »
« C'est quoi ta spécialité ? »
« Oh euh… Celle de ma mère… Elle est docteur. »
« Docteur ? »
« Soigneur. » rectifia Clarke
« Mais ça n'a pas l'air d'être la tienne… »
Clarke soupira alors, serrant la proie de Lexa entre ses mains « T'as jamais l'impression que les choses t'échappent ? Que tu peux rien faire pour y échapper ? »
Lexa laissa divaguer son regard sur le coté, comme si elle comprenait Clarke, comme si, pour l'espace de quelques secondes, elles avaient cela en commun, puis ce moment de doute disparut aussi vite qu'il était arrivé et Lexa reprit une allure stoïque « Les choses arrivent pour de bonnes raisons. »
« Et toi, ta spécialité c'est quoi ? »
Lexa sourit faiblement alors « Un jour, tu le sauras. »
« Huh ? »
« Tu dois partir… »
« Pourquoi t'es seule dans les bois ? »
« Ca fait partie de ma formation. »
« Et c'est quoi cette formation ? »
« Je suis Second. »
« Second ? Tu es une guerrière ? »
« Ca t'étonne ? »
« Mais… T'es si jeune. »
« Il n'y a pas d'âge pour devenir Second, tant qu'on a les capacités. »
« Tu as quel âge ? »
« 13 ans. »
Soudain un grondement retentit, des voitures, des jeep, celles des arkiens « Je dois partir, merici pour le lièvre et… j'espère qu'on se reverra ! » lança, enjouée, Clarke
« Il ne vaudrait mieux pas. » souffla Lexa tandis que la petite fille était déjà de l'autre coté de la rive.
Clarke courut aussi loin qu'elle put de la limite, tant et si bien qu'elle trébucha sur une souche cachée par la neige. Trempée de sa précédente chute dans l'eau, elle fut prise de tremblements et de frissons.
« Ah… Aïe. »
« Clarke ? Griffin ? »
Clarke était figée par le froid, ne sentant plus ses doigts ou ses pieds lorsque les phares d'une jeep l'éblouirent. Elle se cacha les yeux avant que le véhicule ne s'arrête à quelques mètres d'elle. Abby bondit hors de la voiture et se précipita sur sa fille, la prenant vigoureusement par les épaules « Clarke ! Clarke ça va ? »
« Je… J'ai froid… »
« Jake ! »
Soudain un homme assez massif et grand, blond, sortit de la jeep et se précipita à son tour avant de prendre la petite fille dans ses bras « Elle est gelée. »
« Hypothermie. Il faut vite la ramener à Arkadia. »
« Le… Le lièvre… » souffla Clarke en tendant la bestiole à sa mère.
Cette dernière sourit alors et c'est ensemble qu'ils remontèrent en voiture et disparurent… Le tout sous le regard curieux et bienveillant d'une paire d'émeraudes cachées derrière un arbre au loin.
Lorsque Clarke revint à elle, elle était dans sa chambre, couverte jusqu'au menton. Elle bougea un peu et soudain, Raven apparut dans son champ de vision « Hey Clarkey ! Comment tu vas ? Tu nous a foutu une de ces frousses ! Ta mère était dans tous ses états ! »
« Ray, du calme… J'ai mal au crane. »
« Pardon, pardon. Je vais prévenir ta mère ! »
« Attends… Elle… Elle est furax ? »
« Tu rigoles ?! Elle était morte d'inquiétude. »
« Le… Le lièvre… »
« Ah ah, il était délicieux ! » sourit Raven « Mais t'es dingue d'avoir risqué ta vie pour un lapin, sérieusement ! »
Soudain la porte de la chambre s'ouvrit et Raven laissa la place à une Abby inquiète qui s'assit au bord du lit avant de poser une main aimante sur son front « Ta fièvre est tombée… »
« Bon je… Je vais… » Raven s'éclipsa alors pour laisser la mère et la fille seules.
« Maman… Je… »
« On s'est tellement inquiétés… Et j'ai vu ton bracelet aux limites de notre territoire… et soudain tes constantes ont chuté… Mais qu'est-ce qui t'ais passé par la tête ? »
« Je… J'ai vu ce lièvre au loin, j'ai voulu l'attraper pour le ramener. Et je suis tombée dans l'eau… Et avec la neige… »
« Tu es inconsciente bon sang, on a eu tellement peur. Ca fait trois jours que tu es au lit. »
« Trois jours ?! »
« Tu avais de la fièvre… »
« Pardon… Je voulais tellement vous ramenez quelque chose… »
Abby sourit faiblement alors et posa sur les genoux de sa fille un plateau « Ton lièvre a été apprécié de tous… Mange ça, tu as besoin de chaud. Je reviens te voir dans un moment. »
Clarke opina alors et sa mère sortit de la chambre, refermant la porte derrière elle. Elle mangea alors quelques cuillérées de soupe avant de laisser le bol sur le coté. Elle sortit de sous son matelas son calepin avant de griffonner quelques lignes d'un visage qu'elle voyait de plus en plus nettement. Soudain, Lexa apparut sur sa page et Clarke sourit : cette jeune fille la fascinait. Elle était la preuve vivante que les trikru, et plus généralement les grounders, n'étaient pas que des brutes épaisses sans cervelle.
Et sans s'en rendre compte, elle dessina sur son calepin, des pages entières : Lexa avec son arc, Lexa et son épée, les moindres contours du visage de Lexa. Evidemment, Clarke était loin de rendre justice à la beauté de la jeune fille par ces capacités limitées en dessin, mais elle se jurait intérieurement qu'elle progresserait assez pour pouvoir en faire un portrait fidèle à l'avenir.
Finalement, l'hiver passa lentement et dans la rudesse. Il semblait au monde que chaque clan l'avait vécu difficilement. Et lorsque les premières fontes apparurent, les skaikru ressortirent de leur camp pour chasser de nouveau. La vie reprit petit à petit et la saison hivernale fit place au printemps.
Et avec lui, les rancœurs de chacun, de chaque clan les uns pour les autres. Les tensions remontèrent à la surface et les temps calmes qu'avaient offerts l'hiver étaient à présent terminés.
« Vous avez entendu la nouvelle ? Il parait que Heda a lancé une attaque contre la Nation de la Glace ? »
« Il faut dire que la reine ne laisse pas de répit non plus… Elle a profité du rude hiver pour occuper deux bastions de Polis… La guerre se prépare, Heda engage déjà des armées de tous les clans environnants. »
« Vous pensez que le Chancelier va être aussi contacté ? »
« Moi je dis, plus ou sera loin de ce merdier, mieux on se portera. C'est leur guerre, pas la notre. J'ai pas envie de me prendre les représailles de la Glace sur le coin de la tronche… »
Les bruits de couloir allaient bon train, et évidemment Clarke en avait entendu parler. Elle était effrayée à l'idée que son peuple entre dans une guerre qui les dépasserait.
« Ray… Ray ! »
Clarke tambourinait à la porte de son amie, cette dernière venant à peine de se coucher « Quoiii… Clarkey, il est tard ! »
« J'ai besoin de toi. »
« Pourquoi faire ? »
« Le Conseil se réunit ce soir pour parler de la guerre qui se prépare… »
« Et alors ? »
« J'ai besoin de savoir ce qu'il va s'y dire. »
Raven se frotta les yeux avant de la fixer, incrédule « En quoi ça te concerne ? Pourquoi tu veux savoir ? »
« S'il te plait. »
Ce que Clarke ne dirait jamais à son amie c'est qu'elle voulait savoir ce qu'allait faire les autres peuples, y compris et surtout les trikru. Elle savait que les seconds partaient aussi en guerre avec leur lieutenant… Elle pensa alors à Lexa. Oui, elle avait peur pour elle.
« S'il te plait. »
Et devant le regard suppliant de son amie, Raven soupira et baissa les bras « Okay okay, suis moi… »
« Merci ! » s'enthousiasma Clarke
Elles arpentèrent les couloirs en toute discrétion « Si tu te fais prendre, je nierais toutes implications. »
Clarke opina alors avant qu'elles n'arrivent devant une large grille d'aération « Ok, retiens ça : gauche, gauche, droite, gauche. »
« Gauche, gauche, droite gauche. Ok. »
Raven avait étudié toutes les cartes de l'Ark dans son cours d'ingénierie, elle connaissait tous les recoins, les conduits d'aération, les impasses, les failles… Elle était une véritable experte des lieux.
« Merci encore. » lança Clarke en entrant dans le conduit tandis que Raven referma la grille derrière elle.
La petite fille crapahuta silencieusement dans le conduit, se remémorant le trajet indiqué par Raven, et finalement avant de tourner une dernière fois, elle entendit des voix masculines résonner. Elle avança doucement et se colla à la grille pour apercevoir des pieds de chaises.
« Jaha… Est-ce vrai ? Est-ce que Polis entre en guerre ? »
« Polis a été attaqué. Heda a fait appel aux clans alentours pour forme une armée et marcher sur la Nation de la Glace. »
« C'est insensé » Clarke reconnut la voix de sa mère « Pourquoi nous ? Pourquoi venir nous demander alors que nous sommes perpétuellement en guerre contre les territoires nous entourant ? »
« Je sais que c'est inconcevable, mais il faut y voir notre propre intérêt aussi. Si nous nous allions à eux, cela prouvera que nous sommes prêts à nous battre, prêts à faire des concessions pour eux. »
« Des concessions, nous en faisons déjà assez. » Clarke décela à présent la voix de Pike « On nous traite comme des intrus, des pestiférés… Et dès qu'ils ont besoin de bras, ils se souviennent de nous. Bientôt, ils ne nous demanderons plus et viendront prendre nos hommes et les enfants en âge de se battre pour nous imposer une guerre qui n'est pas la notre. »
« Du calme Pike. Nous n'en sommes pas encore là. »
« C'est ridicule. Nous devons alors rentrer dans une guerre pour en amoindrir une autre ? »
« Jake, je comprends mais nous avons pas le choix. »
« Nous avons toujours le choix. »
« Alors c'est scellé ? Nous allons nous battre ? Jaha… C'est insensé. 80% de notre population est contre cette idée. Vous allez engager une rébellion au sein même de notre population. »
Clarke s'approcha un peu plus, essayant de discerner les visages un peu plus haut.
« Ils ont déjà engagé leurs lieutenants et leurs seconds… » Clarke retint alors son souffle « Si nous les accompagnons, nous prouverons au Heda notre bonne volonté à vouloir intégrer une bonne fois pour toute leur société. Les faits sont là : notre population s'accroit d'année en année mais notre territoire reste le même. Nous avons besoin de plus d'espace, de plus de cultures… Si nous en avons plus, nous devrons finir par arriver à des solutions radicales, rappelant celles prises sur l'Ark par le passé. »
Un long silence se fit alors, chacun sachant pertinemment de quoi parlait Jaha.
« Bien, alors que faisons-nous ? Notre peuple est contre cette idée… Nous ne pouvons pas les obliger à se battre. »
« Nous avons des militaires, nous avons des armes de pointes, des bombes… A défaut de fournir des hommes en nombre, nous pouvons les soutenir matériellement parlant. Cela limiterait notre implication dans cette guerre, tout en y participant tout de même. »
Quelques murmures montèrent alors, des murmures d'acquiescement et c'est ainsi que la réunion prit fin.
Clarke resta quelques secondes dans le conduit, repensant à ce qu'avait dit Jaha : les trikru étaient déjà sur le pied de guerre, et les guerriers et leurs seconds seraient envoyés au front.
Son cœur se serra soudain : et si Lexa, cette jeune grounder qu'elle avait rencontré et appris à apprécier, allait se battre contre des hommes lourdement armés. Elle frissonna alors et ressortit du conduit avec un sentiment d'inachevé… Elle devait s'assurer que Lexa allait bien, qu'elle n'était pas encore partie… Alors, une fois encore, elle se faufila par une brèche dans une des parois entourant Arkadia et marcha en direction de la rivière, sachant pertinemment qu'elle devrait gérer les foudres de sa mère, une fois de retour dans son camp.
Mais pour l'heure, elle n'avait en tête que le lieu où elle était susceptible de revoir Lexa. Car rien n'était sûr sur l'hypothétique présence de la jeune fille dans les parages. Elle ne savait même pas si cette dernière était encore présente sur les terres trikru.
Alors elle marcha, encore et encore, ne freinant sa course que lorsqu'elle entendit le clapotis de l'eau. Elle s'approcha d'un arbre, mais pas n'importe lequel : celui-ci avait, en son tronc, une entaille caractéristique de l'impact d'une flèche. C'est avec nostalgie qu'elle se souvint alors de leur première rencontre.
La curiosité l'envahit soudain : il y avait tant de choses qu'elle aurait aimé apprendre de cette jeune fille : sa vie, sa famille. Avait-elle des amis ? Ce concept existait-il chez les grounders ? Pouvait-elle lui apprendre sa langue ? Et elle, avait-elle quelque chose à lui offrir en retour ? Des connaissances médicales peut-être…
Peut-être ne la reverrait-elle jamais et ses questionnements resteraient en suspend. La guerre approchant, il était fort peu probable que Clarke puisse sortir aussi facile dans les semaines, voire mois, à venir. Alors, après avoir attendu une longue heure dans la neige, elle détacha le ruban qu'elle avait dans les cheveux, dénouant sa chevelure blonde qu'affectionnait tant sa mère, et l'enroula autour de la branche, au plus près de l'impact de flèche. Elle soupira alors, imaginant qu'il n'y aurait aucun moyen que Lexa revienne spécifiquement ici et trouve son ruban… Quand bien même, elle n'aurait aucun indice sur l'émetteur du message. Mais pourtant, elle le laissa là, espérant qu'un beau jour, elle reviendrait ici et trouverait un indice qui laisserait à penser que Lexa était vivante et qu'elle avait survécu à la guerre sanglante qui se préparait.
Les mois passèrent, et avec eux l'hiver qui laissa place au printemps, puis à la période des chaleurs d'été. La guerre entre les grounders et la Nation de la Glace faisait rage. Et si les skaikru n'étaient entrés dedans que par le biais d'un apport technique comme des bombes, le risque que la Reine ne décide de prendre d'assaut Arkadia était grand.
Du coup, les mesures de sécurité avaient été renforcées et les habitants confinés dans leurs murs. Clarke ne faisait pas exception, et même ses envies d'évasion avaient du être remis à plus tard.
Du coup, elle resta coincée à Arkadia entre les cours et son apprentissage avec sa mère, et finalement le seul moment de répit qu'elle trouva était dans sa chambre, à l'abri des regards, du brouhaha ambiant et des peurs de chacun.
Le soir venu, elle griffonnait sur son calepin quelques lignes, la plupart du temps, les courbes du visage de Lexa apparaissait, parfois simplement une partie de ses vêtements, si typique aux grounders…
Et à chaque fois, le même manège : une fois son dessin fait, elle le mettait précautionneusement sous son matelas. Et c'est ainsi qu'au fil des mois, elle noircissait ses pages jusqu'à le remplir entièrement et devoir changer de calepin.
Oui, les mois passèrent ainsi que les saisons, et bientôt Clarke fut autorisée à sortir d'Arkadia, la guerre stagnant dans un fin répit.
Bien évidemment, la sécurité était renforcée et Clarke n'était pas entièrement libre de tous ses mouvements. Les règles étaient simples : personne en dehors des murs d'Arkadia la nuit, ne jamais sortir seul, suivre les cours de self-défense et, pour les plus vieux, apprendre à se servir d'une arme.
Les temps étaient loin d'être calmes et chacun pouvait sentir la tension au sein de la communauté. Les temps n'étaient pas sereins et la guerre menaçait de redoubler d'intensité à chaque seconde. Mais les esprits commençaient à s'échauffer et les gens tournaient en rond dans leur cage doré, ce qui n'était pas pour rassurer le Chancelier.
C'est ainsi qu'il décida de ses mesures de sécurité et d'une certaine liberté sous quelques conditions. Ainsi Clarke put sortir, des mois après sa dernière sortie, mais toujours accompagnée. Evidemment, à cause de cela, il lui était impossible de s'échapper seule et de retrouver son lieu favori, au bord de la rivière, non loin du territoire des trikru.
« Tu devrais pas t'approcher si près… »
« Arrête de faire comme si cet uniforme changeait quelque chose... »
« C'est mon devoir de te protéger. »
« T'es là parce que tu me colles tout le temps. »
« Je suis là parce que t'es en vadrouille sans cesse. Si tu voulais bien rester au camp, j'aurais pas à te suivre tout le temps. »
Clarke se tourna alors et fixa son ami « Y'a des dizaines et des dizaines de soldats qui pourraient m'accompagner… Mais à chaque fois c'est toi qui t'y colles… J'tais rien demandé moi ! »
« C'est parce que personne veut t'accompagner… Princesse. »
« Bell ! »
Le jeune homme passa alors devant elle, sourire aux lèvres, et la bouscula de son épaule
« Allez viens, il va bientôt faire nuit. »
Clarke serra la mâchoire alors et suivit son ami. Bellamy Blake venait d'atteindre ses 16 ans. En tant que tel, il lui fut alors assigné une carrière, et ce dernier choisit bien évidemment la carrière militaire. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu'il avait revêtu l'uniforme et qu'il portait une arme, et sa mission première était d'accompagner les personnes voulant sortir du camp pour telle ou telle raison.
Il connaissait Clarke depuis toujours, ils avaient grandi ensemble, ainsi qu'avec sa sœur Octavia, Raven et beaucoup d'autres, considérés comme la nouvelle génération, celle née sur le sol de la Terre, celle qui n'avait pas connu l'Ark en tant que station orbitale, celle qui n'avait pas connu les aléas et les déboires d'une vie dans l'espace… La génération sur laquelle comptaient les anciens pour faire un lien entre eux et les grounders.
Et aujourd'hui, tous les espoirs reposaient sur leurs frêles épaules, tant d'envies et de rêves. Clarke sentait parfois le poids des responsabilités sur ses épaules lorsque sa mère lui parlait de son avenir en tant que soigneuse. Evidemment les idéaux de la jeune fille était tout autre mais que pouvait-elle y faire ? Elle n'avait pas encore 13 ans et pourtant, il lui semblait que sa vie était déjà toute tracée.
« Hey princesse, tu viens ? »
« J'arrive… »
« Tu vas où ? »
« Une envie pressante ! Quoi, tu veux venir peut-être ?! »
« Dans quinze minutes on est de retour au camp, ça peut pas attendre ? »
« Non, ça peut pas. » dit-elle en tirant la langue avant de s'éloigner derrière un arbre.
Et lorsqu'elle fut assurée que Bellamy n'était plus en vue, elle hâta le pas pour se rendre près de la rivière, près du fameux tronc scarifié. Quelle ne fut pas sa déception de voir que son ruban était toujours à la même place, abimé par les mois et les caprices du temps. Elle le prit entre ses doigts et soupira doucement. Puis elle sortit un petit rouleau qu'elle glissa dans le nœud du ruban.
« Clarke ? »
« Oui, j'arrive ! » lança la jeune fille en s'éloignant, jetant un dernière regard vers son tronc.
« Ok, donne moi 2 cartes. »
« 2 ? »
« Bah quoi, je me sens en veine ce soir ! » ironisa Raven « Allez, qui lance ? Monty ? Jasper ? Roh allez, un peu de cran les mecs ! »
« Je relance ! »
« Ahh merci bien Clarkie ! »
Les 4 amis étaient installés sur le lit de Clarke, commençant une partie comme ils en avaient l'habitude toutes les fins de semaine.
« Vous avez entendu ? » lança Jasper
« Quoi ? »
« La guerre est finie. »
Clarke se figea alors et fixa son amie « Ou t'as entendu ça ? »
« Au cours d'informatique. J'ai entendu le Chancelier dire que la guerre était finie et que nos hommes allaient enfin rentrés. »
« Qui a gagné ? »
« Polis bien sur. Mais parait que la Reine de la nation de la glace n'a pas dit son dernier mot. En attendant, le Heda est tranquille. »
« Les… toutes les troupes sont de retour dans leur clan ? »
« J'en sais rien, j'imagine… » lança Monty en picorant quelques fruits
Clarke baissa alors le regard et, en quelques secondes, n'était plus du tout dans le jeu, et Raven le remarqua. Durant le reste de la soirée, la jeune fille resta muette, perdue dans ses pensées jusqu'à ce que Jasper et Monty ne quittent la chambre, laissant les deux amies seules.
« Alors, tu vas me dire le problème ? »
« Le problème ? Y'a pas de problème. »
« C'est ça… T'as passé la soirée à faire la gueule… T'as perdu 3 fois de suite contre Monty qui, on le sait tous, est le plus nul. »
« … »
« Hey, il se passe quoi ? Tu peux tout me dire… On est potes non ? »
Clarke se mordit la lèvre inférieure et se tourna alors vers son amie « Si j'te montre un truc, tu promets de le garder pour toi ? »
« Clarke, on se connait depuis… Bah toujours. J'étais présente à ton premier baiser avec un garçon, quand on a eu nos règles quasi en même temps… T'es comme une sœur… Alors ? C'est quoi un garçon ? »
« Non ? non pas du tout… »
« Une fille alors ? »
« On peut dire ça… »
Et devant une Raven dubitative, Clarke souleva son matelas et sortit un calepin usé qu'elle tendit à Raven « Tiens, ouvre-le. »
Raven obtempéra alors et le feuilleta en silence, devant une Clarke stressée. Puis une fois fait, elle le referma et lui rendit « Qui sait ? »
« Elle… elle s'appelle Lexa. »
« C'est une des leurs hein… Une grounder. »
« C'est une trikru. »
« C'est pareil. »
Clarke frissonna alors : comment pouvait-elle lui en vouloir ? Ils avaient toujours été éduqué à les craindre, eux ces sauvages, ces barbares qui ne vivaient que pour la guerre et de manière rude et violente.
« Elle est différente. »
« Je vois ça… Ca fait longtemps ? »
« On s'est vu que deux fois… Et c'était y'a des mois, plus d'un an… Depuis, y'a eu la guerre et… Et je sais pas si… »
« Si elle est toujours vivante ? »
« … »
« T'es malade de garder ça dans ta chambre ? Tu sais qu'on en a mis en cellule pour moins que ça ? Tu pourrais être arrêtée pour trahison ! Et tu sais que le Chancelier ne rigole pas là-dessus. »
« Je sais… Mais on a rien fait de mal… On a juste discuté. Tu sais, ils sont pas si barbares que ça… »
« Ah ouais ? Tu pourrais le dire aux familles qui ont perdu des maris, des pères, des frères ou des fils à cause des grounders ? »
« … »
« T'en sais rien, peut-être que son père ou son frère ont tué plus de skaikru qu'on peut en compter… Elle est comme eux Clarke. »
« Non, elle est différente ! » argua la jeune fille
« Tu… Tu lui as pas parlé de nous au moins ? D'Arkadia ou autre ? »
« Bien sur que non, et elle a rien demandé non plus… On a juste… Parlé et c'est tout. »
Raven fronça alors les sourcils « Clarke, est-ce que c'est pour elle que tu te faufilais hors des murs du camp ? »
« Pas toujours. » se défendit la jolie blondinette « Pas tout le temps. »
« Ok… »
« Tu ne diras rien hein, tu m'as promis ! »
« Clarke… »
« Non, écoute… C'est pas si grave, on s'est juste parlé 2 fois et c'était y'a des mois… »
« Et tu la dessines sans cesse alors que tu l'as vu que deux fois… intéressant… » Clarke détourna le regard « Tu serais pas… »
« Quoi ? »
« Bah tu vois… T'as pas un crush sur elle ? »
« Un cr… Non, non. Je… Je suis juste curieuse… Elle était différente, je suis sûre qu'elle aurait pu nous faire changer notre vision des grounders. Ce sont pas tous des barbares assoiffés de sang et de guerre. »
« Si tu le dis… Ca fait combien de temps que tu l'as pas vu ? »
Clarke fronça le nez et réfléchit quelques secondes « Un peu plus d'un an… Je crois. »
« Clarke, tu crois vraiment que si tu l'importais, même juste un peu, elle t'aurait recontacté ? »
« Pas si les règles qui régissent son peuple sont aussi strictes que les nôtres… »
« T'as risqué plusieurs fois ta vie pour la voir… Et tu dis ne rien ressentir pour elle ? »
« T'as rien compris… On se connait à peine mais, je sais pas, y'a quelque chose chez elle… de mystérieux. On s'imagine toujours les grounders comme des brutes épaisses tatoués… Mais elle est différente. »
« Ouais… » Clarke la fixa alors « Promis, je dirais rien… Mais à ton tour, tu dois me promettre de plus essayer de la revoir… »
« De toute manière… Elle n'est certainement plus en vie… » souffla Clarke en serrant dans ses mains son calepin.
Les semaines passèrent et finalement, la guerre fut officiellement finie et les échanges commerciaux reprirent entre les trikru et les skaikru. En quelques semaines, les choses revinrent presque à la normale, le Heda lui-même était venu pour assurer de sa protection sur les skaikru grâce à leur aide lors de la guerre.
Les portes du camp furent rouvertes, les gens pouvaient de nouveau circuler, même si la vigilance était toujours de mise. Ainsi il était toujours interdit de sortir seul ou durant la nuit, le couvre-feu étant toujours d'actualité.
Clarke vit passer les semaines et les mois avec autant de ferveur que la saison d'hiver. Mais lorsqu'il s'agissait de sortir du camp, Clarke était toujours partante. Ainsi, lors de son cours de botanique, lorsqu'il s'agissait de ramener quelques plantes, elle se porta volontaire.
« Prends cette liste. Bellamy va t'accompagner. »
« Non ! » s'empressa de lancer Clarke
« Mis Griffin, il te faut un accompagnateur. »
Clarke se pinça la lèvre inférieure, avant de se tourner vers Raven « Ray va m'accompagner ! »
« Raven ? »
« Hm ? Moi ? »
« Oui, oui. Y'aura aucun soucis. Et de toute manière, ce genre de plantes on les trouve aux abords du camp, on ira pas loin. »
Le professeur hésita quelques secondes avant que Raven ne prenne son amie par les épaules « Ouais, y'a aucun problème, je suis sur le coup ! » sourit-elle
« Bien, très bien. Mais vous êtes revenues dans 30 minutes maximum. »
« Compris ! » chantèrent-elles en chœur avant de quitter le camp, liste des plantes en main.
Et au bout de 10 minutes de marche, Raven fit face à son amie « Alors… Tu comptes m'y amener ou pas ? »
« De quoi tu parles ? »
« Ton fameux point de rendez-vous avec ta copine trikru… »
Clarke se figea et se tourna vers elle, détournant son attention des fougères qu'elle devait recueillir « De quoi tu pa… »
« Hey, te fous pas de moi… Alors ? »
Clarke soupira alors, imaginant que Raven l'a connaissait bien plus que sa propre mère. Elle leva les yeux au ciel avant de se tourner « Suis-moi. »
Et au bout de 10 minutes supplémentaires, elles arrivèrent enfin au fameux tronc. Sans grande conviction Clarke lui montra du doigt « C'est celui-là. »
Mais alors qu'elle y jeta un rapide coup d'œil, elle se rendit compte alors que quelque chose était différent. Elle fixa une des branches avant de courir en sa direction.
« Hey Griffin, attends ! »
Mais Clarke n'entendait déjà plus rien, elle se faufila entre les arbres et les troncs avant de s'arrêter devant la branche où, quelques mois plus tôt, elle avait déposé son ruban et un dessin roulé avec. Mais à sa place, point de ruban ou de dessin… Accroché au bout, un bracelet en cuir fait de tresses assemblées ensemble.
« C'est quoi ? »
« C'est… C'est elle. Je crois. »
« Comment tu peux en être sûre ? »
« J'avais laissé un ruban ici, avec un dessin. Il n'y est plus… »
Elle décrocha le bracelet et ne cessa de le fixer, obnubilée par l'artisanat grounder.
« Clarke ? Ca va ? »
La jolie blonde sourit alors et enfila le bracelet, ne pouvant détacher son regard du bijou… Une seule certitude pour elle : Lexa était vivante. La reverrait-elle un jour ? Peut-être pas, mais au moins… Lexa était vivante.
TBC
