Hello !

Je ne sais pas trop ce que vous avez pensé du prologue, mais j'espère que ce premier chapitre vous plaira plus :)

L'histoire reste quand même assez noire, et j'ai vraiment essayé de prendre mon temps durant l'écriture ...

Bonne lecture :D


La neige tombe tout doucement, recouvrant le Terrier d'une fine couche de poudre blanche. De la lumière s'échappe à travers les fenêtres, et une bonne odeur de dinde flotte dans toute la demeure. Molly, tous ses enfants, excepté deux, ainsi que ses belles-filles et son mari sont réunis autour de la table, et partage ce premier repas de noël depuis la fin de la guerre. Tout le monde s'amuse et rit, mais les trois places vide jettent toujours un froid à chaque fois que quelqu'un les regarde. Soudain, une sonnerie retentit, coupant net toutes les discussions. Tous se lancent des regards suspicieux, puis, Molly se lève pour aller voir. Tous la suivent du regard et se lèvent pour regarder discrètement qui vient interrompre les festivités à une heure si avancée. La mère de famille regarda par l'œil de bœuf, et poussa un petit cri avant d'ouvrir la porte et de se précipiter dehors :

– Ginny !

Toutes les personnes se précipitèrent et purent voir la mère serrer sa plus jeune fille dans les bras.

Ce n'était plus une petite fille qui se tenait à peine sur ses jambes devant toute sa famille. Sa peau était translucide, seules ses joues étaient rougies par le froid, ses cheveux ternes et emmêlés étaient sales, et surtout, ses yeux injectés de sang, gonflés et cernés de noir. Ce n'était plus la guerrière et battante qu'elle était, là, devant eux, mais une simple poupée, vide d'énergie et de vie. Retenant à peine ses larmes, la jeune fille s'effondra littéralement, ses jambes ne la portant plus, inconsciente. Ron se jeta sur elle et la souleva dans ses bras :

– Ginny ! Tout va bien maintenant, ptite sœur, tu es avec nous.

Lui dit-il d'une voix tendre, tout en allant la déposer sur le canapé du salon, laissant son sac dans l'entrée. Très vite, tout le monde lui apporta des couvertures et un bol de soupe chaude, mais elle restait profondément endormie. Résignés, ils finirent tous par aller se coucher un par un, ne pouvant rien faire contre l'état de fatigue intense qui les gagnaient. Au final, il ne resta que les parents Weasley, Ron, et Hermione :

– Allez vous coucher papa et maman. Je vais rester la veiller, ne vous inquiétez pas.

– Tu es sûr que ça va aller mon chéri ?

– Oui maman. Allez vous reposer, je m'occupe de tout.

Molly donna un baiser à Ron et Hermione, et monta se coucher avec son mari, après un dernier coup d'œil sur sa seule et unique petite fille.

Ron tenait toujours la main de Ginny, il ne voulait pas la lâcher. Il pouvait sentir sa peau froide dans sa main, et c'était la seule preuve que tout cela n'était pas un rêve. Hermione s'assit par terre à côté de lui et posa sa main sur son épaule. Dans un souffle, elle murmura, de peur de troubler la tranquillité et le silence de la pièce si elle parlait à voix haute :

– Ron, j'ai peur.

– Moi aussi Hermione.

Il enroula son bras autour de la taille de sa petite-amie et embrassa ses cheveux. Elle ferma les yeux :

– Tu crois qu'Harry aussi va revenir ?

– Je ne sais pas Mione. Il faut attendre que Ginny aille mieux. C'est elle qui nous dira ce qu'on veut savoir.

– J'ai eu peur pour eux. Je suis complètement perdue, je ne sais plus où j'en suis. Je suis tellement heureuse de revoir Ginny, mais …

Hermione se leva et alla à la fenêtre sans finir sa phrase, ce n'était pas la peine. Ron quitta le chevet de Ginny à regret, mais il savait bien qu'elle n'avait pas besoin de lui pour l'instant, mais qu'Hermione, oui. Alors il se plaça derrière elle et l'embrassa tendrement, avant de murmurer :

– Vous êtes toutes les deux les personnes les plus importantes à mes yeux. Et je sais que je pourrais encore vivre des centaines de fois la guerre, affronter une armée de mangemorts, un dragon à main nue, mais vivre sans vous, je ne peux pas. Vous êtes mes soleils, mes amours, mes raisons de vivre, et sans vous je ne suis rien. Tu comprends ?

Hermione se retourna et sourit :

– Moi aussi Ron, je ne peux pas vivre sans vous. Vous êtes la seule famille qui me reste et sans vous, je n'ai plus aucune raison de continuer de me battre et de vivre …

Ron resserra son étreinte sur Hermione. Puis, ensemble ils allèrent s'asseoir par terre, à côté du canapé où était endormie Ginny, pour la veiller et la surveiller. Mais sans s'en apercevoir, ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, gagnés par la fatigue de toutes ces émotions.

Ron sentit son oreiller bouger, mais ce n'est que quand il entendit un gémissement qu'il réalisa alors qu'il écrasait de sa tête quelqu'un en fait. Il se releva en sursaut, ce qui réveilla également Hermione, endormie sur son épaule, qui s'écria encore endormi et en étouffant un bâillement :

– Ron ! Qu'est-ce qui te prend ?

Mais Ron n'écoutait pas sa petite-amie, son attention retenue par autre chose, plus précisément son oreiller vivant. Sa sœur battait lentement des paupières et avait repris des couleurs. Elle allait se réveiller ! Ron saisit sa main et caressa sa joue :

– Ginny, Ginny, réveille-toi, tu es à la maison !

La jeune fille ouvrit alors les yeux et croisa le regard de son frère. Il suffit d'une seconde, et elle éclata en sanglot. Alors que son frère la serrait fort contre lui et caressait ses cheveux, elle s'agrippa à sa chemise. Il essayât de la calmer :

– C'est fini maintenant ptite sœur, tout va bien, t'es à la maison. Calme-toi ...

Hermione s'éclipsa quelques secondes, et revint avec un plateau rempli de nourriture. Il était encore très tôt, et même Madame Weasley n'était pas encore debout. Elle déposa le plateau sur les cuisses de sa meilleure amie et dit d'une voix douce :

– Mange un peu, tu dois avoir faim.

Ginny essuyât les larmes restantes sur ses joues, et commençât à manger en silence, surveillée de près. Quand elle repoussa le plateau, encore bien garni, Ron s'empressa de protester :

– Mais tu n'as presque rien manger !

Ginny fit non de la tête, et voyant son regard se remplir de larmes et le regard de reproche d'Hermione, Ron s'empressa d'ajouter :

– Mais ça fait rien !

– Tu as besoin de quelque chose ? Tu veux peut-être prendre une douche ?

Demanda Hermione, avec une voix douce et affectueuse. La jeune fille regarda ses vêtements, de vrais haillons et ouvrit pour la première fois la bouche :

– Ça ne serait pas de refus.

Répondit Ginny, naturellement, alors que Ron et Hermione échangèrent un regard surpris. Elle parlait. Bien sûr que c'était normale, mais Ron s'était attendu à ce qu'elle se mure dans un silence total, étant donné l'état de choc dans lequel ils l'avaient retrouvée sur le palier de leur porte. Des bruits de pas se firent alors entendre dans les escaliers.

– Tout va bien ici ?

Demanda la voix de Molly dans les escaliers. Mais celle-ci se stoppa net quand elle aperçut sa fille éveillée sur le canapé. Elle se dépêcha d'aller à ses côtés :

– Ho, mon bébé, ça va ? Tu n'as rien ? Je suis tellement contente que tu sois revenue. Tu as faim ? Tu veux une autre couverture ? Ou peut-être que tu ...

– Ça va maman, je vais bien !

La coupa en criant Ginny, la voix légèrement trop aigüe. Molly échangea un regard surpris avec son fils et Hermione, tout en laissant échapper un hoquet de surprise. Ginny repoussa les couvertures, et se leva avec beaucoup de mal, ne tenant que difficilement sur ses jambes bleuis et maigres. Tout en grimaçant, elle demanda d'une voix surprenante sure et ferme, voir même assez sec :

– Hermione, tu ne peux pas m'aider ?

Hermione s'approcha d'elle en vitesse et l'aida à aller jusque dans la salle de bain, où elle la laissa prendre ses aises et se laver un peu. De retour dans le salon, elle répondit aux questions silencieuses des deux Weasley :

– Je n'ai vu aucunes traces suspectes sur son corps. Elle est juste très fatiguée et amaigrie. Il ne lui est rien arrivé, je crois.

Tous soupirèrent de soulagement. Hermione laissa son regard dans le vide, et dit inconsciemment :

– Maintenant, reste à savoir où est Harry et comment il va ...

Lorsque George se leva, il eut froid. C'était la sensation qu'il avait quand il se souvenait que son frère était mort. Et même le soleil chaud du mois août, et la neige brulante de ce mois de décembre n'avaient pû lui faire oublier ce vide autour de lui. Mais quand il descendit dans la salle à manger et qu'il vit sa petite sœur pour la première fois depuis des mois, plus précisément depuis le 2 Juin, soit un mois après la fin de cette guerre, il sentit comme un rayon de soleil venir réchauffer son coeur, et ce depuis longtemps. Sans pouvoir se retenir, il prit Ginny dans ses bras et la serra fort contre lui. Emporté par son élan, il la souleva même et la fit virevolter comme quand elle était petite. Ginny rit aux éclats, et toute la famille Weasley les dévisagea, avant de sourire, attendrie par ce spectacle. George ne pouvait pas s'empêcher d'être heureux. C'était comme si sa sœur était morte et qu'elle venait de revenir à la vie, le faisant par la même occasion revenir à la vie. Il n'arrivait pas à se résoudre à se détacher de sa petite sœur, la seule et l'unique. Comme tout le monde, il avait peur que ce ne soit qu'un rêve et qu'elle disparaisse d'un moment à un autre, aussi magiquement que ce qu'elle était apparu. Mais tout comme Ron avait pu le constater auparavant, elle était bien et belle réelle, quelque peu différente, mais vraiment là. Il la lâcha enfin, la reposant sur le sol, la regarda quelques secondes, surtout ses changements, puis, après lui avoir adressé un dernier sourire, il s'installa à table sans rien dire. Ginny resta quelques secondes sans bouger, avant de faire de même.

Puis, tout le monde s'installa à table comme un seul homme et personne n'osa vraiment parler avec Ginny, si ce n'est des futilités.

Plus tard dans la journée, tout le monde était réuni dans le salon, et Ginny n'échappa pas cette fois-ci à l'interrogatoire et engueulade de sa mère :

– Mais où était-tu passée jeune fille ? Tu as conscience qu'on s'est inquiété pendant des mois ? Aucunes nouvelles, un jour, vous décidez de partir comme ça avec Harry ? Et ta pauvre mère, tu y a pensé ? Pas un mot, rien ! Tu devrais avoir honte jeune fille …

Molly s'apprêtait à continuer d'engueuler sa fille, mais Bill la coupa :

– Maman, ça suffit. Regarde !

Ginny était à présent au bord des larmes, mais tentait par fierté de les retenir quand même. Bill s'assit à côté d'elle sur le canapé et la serra contre lui, alors qu'elle se blottit volontiers contre son épaule. Hermione s'accroupit pour être à son niveau, et lui demanda gentiment, tout en lui prenant la main :

– Ginny, où est Harry ?

La jeune fille renifla et baissa la tête. Hermione comprit que Ginny n'était pas encore prête à en parler, alors elle tenta une nouvelle question :

– Pourquoi êtes-vous parti Gin' ?

Elle releva la tête et murmura :

– Par-ce que c'était trop dur …

Tous furent surpris de la réponse de la cadette. « Elle nous avait bien dit qu'elle en pouvait plus, que c'était trop dur de vivre, et que tous ses souvenirs la hantaient … », pensa Bill. Ginny était de loin, avec Harry, celle qui avait le plus de séquelles de la guerre. Hermione retenta :

– Pourquoi t'es partie Ginny, pourquoi ? On a besoin de savoir, que tu nous expliques ...

Un nouveau flot de larmes cascada sur les joues de la jeune fille, mais cela ne l'empêcha pas de répondre difficilement :

– Je … c'est …

Perturbé de ne pas trouver ses mots, elle sauta sur ses pieds et alla regarder par la fenêtre, cherchant toujours ses mots, alors que tout le monde la suivait du regard. Finalement, elle retourna s'asseoir entre Ron et Bill, et dit maladroitement, tout en se tordant les mains :

– J'étais malheureuse, on ne supportait plus tous ces horribles souvenirs … C'était trop dur …

Elle s'arrêta, ne pouvant en dire plus, complètement secouée par l'émotion.

Ginny renifla bruyamment, et leva ses grands yeux pour plonger son regard dans celui d'Hermione. Hermione trouva qu'il y avait quelque chose de changé dans ce regard, d'habitude si pétillant et malicieux. C'était plus qu'un deuil. C'était de la tristesse à l'état pur, et ça frappa Hermione de plein fouet. Elle ne s'en était pas aperçut avant, mais c'est ça qui rendait Ginny plus vieille, plus mature et surtout, plus fragile. Elle comprit alors qu'il lui faudrait du temps, beaucoup de temps. Certaines choses seront plus faciles à dire que d'autres. Hermione soupira et lui prit la main :

– Je crois que tu as encore besoin de repos. Si tu veux, on peut aller dans ta chambre ?

Ginny lui sourit et hocha la tête en signe d'affirmation. Arthur soupira :

– Je crois qu'on a tous besoin de repos.

– Pour ceux qui ont faim, je serais dans la cuisine.

Annonça Molly. Tout le monde acquiesçât et parti de son côté.

Ginny se rappropriait petit à petit sa chambre. Hermione partageait à présent sa chambre avec Ron, ce qui faisait plaisir à Ginny, bien sûr, mais là, elle se sentait plus seule que jamais. Elle ouvrit sa vieille armoire dont la porte grinça, et regarda ses vieux vêtements. Elle enfila alors un vieux pyjama confortable et doux, et se glissa dans les couvertures. Longtemps elle réfléchit et pensa, entourée par le noir, avant de finalement s'endormir avec difficultés. Elle aurait voulu résister contre le sommeil comme elle faisait d'habitude, pour ne pas revoir tous ces horribles souvenirs, et ses cauchemars encore plus horrible, mais elle ne pouvait pas lutter éternellement contre la fatigue, et ses forces étaient épuisées depuis longtemps déjà.

Hermione avait attendu devant la porte de la chambre de Ginny. Et même après que la lumière est disparue à travers la serrure et sous la porte, elle était restée pour écouter, guetter les sanglots de sa meilleure amie. Ron s'était glissé à ses côtés et ils avaient attendu longtemps, même plus longtemps que ce qu'il aurait fallu. En partie rassurés, ils retournèrent dans leur chambre dans un silence religieux tard dans la nuit. Ils se changèrent chacun de leur côté, et se couchèrent côte à côte sans dire un mot. Hermione se blottit contre Ron dans ce petit lit, et enfouit son visage dans le cou de son petit-ami, pour sentir son odeur réconfortante. Ron s'endormit rapidement, comme à son habitude, surtout lorsqu'il était bouleversé, mais Hermione ne parvint pas à fermer l'œil. Elle ne pouvait pas rester là à rien faire, elle avait besoin de bouger ! Elle n'aimait pas cette ambiance déprimante qui régnait dans toute la maison, et elle avait un trop plein d'énergie à gaspiller. Elle se leva d'un bond, repoussant les couvertures par terre, et alluma les lumières d'un coup de baguette, réveillant en même temps Ron, surpris. Mais elle n'y fit pas attention, et tout en souriant, lui dit :

– Et si on essayait d'oublier un moment Ginny et qu'on se détendait ? J'ai besoin de toi Ron, fais-moi oublier toutes ces choses déprimantes, j'ai besoin de bouger !

Sans laisser Ron parler, elle lançât un sort pour insonoriser la pièce et de la musique forte retentit dans toute la chambre. Hermione attrapa la main de Ron et le tira hors du lit, malgré ses grognements de protestations. Elle commença à sauter et danser comme une adolescente le ferait, seule enfermée dans sa chambre. Ron la regarda d'abord étonné, puis se prit au jeu et la rejoignit. Ils sautèrent dans tous les sens, dans toute la pièce et même sur le lit. Hermione tournait sur elle-même, et Ron autour d'elle. Après un moment, Hermione poussa Ron sur le lit, et se laissa tomber sur lui, essoufflée, et morte de rire. Ron l'élança, reprenant son souffle et essayant d'arrêter de rire. Quand ils furent calmés, se fut Hermione qui commençât à embrasser Ron, tout en se collant à lui de façon très provocante.

Après un long moment passé à s'embrasser, Ron remit une mèche derrière l'oreille d'Hermione après avoir roulé sur elle, et murmura contre ses lèvres :

– Tu sais que je t'aime toi ?

– Oui, je sais. Moi aussi je t'aime ….

Elle ne finit pas sa phrase, Ron ayant saisi de nouveau ses lèvres. Ils ne s'endormirent que très tard, épuisés.


Voilà, que pensez-vous de ce chapitre ? Comment trouvez-vous le comportement de tout le monde, les Weasley, Georges, Ron, Hermione, et surtout, Ginny ? Et que pensez-vous qu'il lui est arrivé ? Et Harry dans tout ça ?

Je vous dis à mercredi pour la suite ;)