Salut à tous, finalement j'ai écrit une suite. Alors par contre, ça n'a rien à voir avec le style du premier chapitre. C'est beaucoup plus sombre, plus centré sur Pansy aussi. J'ai d'ailleurs changé le rating, je l'ai passé en T. Je répète aussi : Ginny est homophobe mais CE N'EST PAS MON CAS. C'est son personnage que j'ai caractérisé ainsi pour montrer que malheureusement, l'homosexualité persiste dans notre société. J'explique rapidement l'idée de ma fiction: une fois j'ai lu que beaucoup d'homophobes étaient en réalité homosexuels mais qu'ils avaient peur de se l'avouer donc ils rejetaient l'idée. Eh bien, c'est exactement le cas de Ginny ici.

Aussi, les phrases en italique ET guillemets viennent (comme le titre de cette fiction) de la chanson A bout de Souffle de Saez.

Sinon, je ne possède rien, évidemment. Et il y aura encore un chapitre, j'ai déjà la fin en tête. Il devrait arriver dans la semaine.


Pansy divaguait à travers les couloirs, perdue dans ses pensées. Elle cherchait une solution.

Elle n'avait pas vu Ginny depuis des jours, depuis leur altercation en fait.

Une amitié de plusieurs années qui avait dérapée en deux minutes. Ginny n'avait pas supporté la responsabilité de l'amour de Pansy. Mais cette dernière ne pouvait plus garder ses sentiments dans l'ombre, c'était trop lourd, trop dur, trop puissant.

Son cœur avait cru lâché quand Ginny l'avait repoussé avec une violence qui lui était inconnue, et des paroles crues qui l'avaient brisée.

- Les filles n'aiment pas les filles, Pansy ! Pourquoi tu n'es pas comme les autres ? Deviens normale !

Son cœur avait été broyé en quelques phrases. Avant de lui annoncer son amour, elle avait envisagé toutes les possibilités de rejet de la part de Ginny mais jamais elle n'avait émit l'hypothèse que celle-ci serait homophobe. Pas Ginny, pas sa Ginny.

Ses pas incertains l'avaient menés devant la salle commune des Gryffondors. Une simple habitude. Elle s'apprêtait à faire demi-tour quand des éclats de voix retentirent. Elle se cacha derrière une statue et attendit.

- Mais enfin Ginny, tu l'aimes ! Ça crève les yeux.

La voix de Potter. Pansy n'avait jamais été proche du brun si célèbre, elle aurait même plutôt tendance à le détester mais ses paroles retinrent son attention. Alors comme ça, il était au courant.

- Harry, je ne l'aime pas. Je suis hétéro, tu es bien placé pour le savoir. Pansy était ma meilleure amie, mais maintenant que je sais qu'elle est différente, je ne l'approcherai plus.

Si Pansy avait mal avant, ce n'était rien comparé à la souffrance qui l'a tiraillait après la tirade de Ginny. Sa respiration haletait, sa tête la martelait, et ses muscles semblaient engourdis. Elle voulait partir, elle voulait mourir. L'emploi du passé pour sa condition de meilleure amie l'avait poignardé.

Elle était différente. Une paria de la société. Comme les hybrides, comme les étrangers, elle devenait marginale.

Ginny venait de signer sa descente aux Enfers.

Elle patiente encore quelques minutes, jusqu'à ce que les deux Gryffondors disparaissent dans leur salle commune, puis elle s'autorise enfin à fondre en larmes.

Comme un fantôme, elle traverse les allées, des perles de détresse roulant sur ses joues blanches. Ce n'est que le lendemain, qu'elle parvient à se rappeler vaguement des événements, comme des souvenirs lointains. Ses pensées sont confuses, elle fait un effort considérable pour se rappeler comment elle a atterri dans son lit.

À peine debout, elle vacille. Elle décide de sauter le déjeuner, elle n'a pas le courage d'affronter les regards des autres, surtout pas son regard.

Elle dénigre le miroir de la salle de bains, refusant de contempler le désastre de son chagrin et se dirige vers son placard. Bien enfouie sous un tas de vêtements, elle retrouve la bouteille de vodka qu'elle cache depuis des semaines.

Une simple bouteille qu'elle a acheté avec Ginny à Pré-au-Lard en vue de leurs futures soirées. Soirées qui n'auront jamais lieu.

Avec un soupir, elle pose la bouteille sur le carrelage et verrouille la porte. Elle s'écroule plus qu'elle ne s'assoit contre la baignoire et entreprend d'ouvrir le précieux liquide. Elle boit. Beaucoup. Malgré le goût désagréable qui brûle dans sa gorge, elle continue à boire.

Le reste n'est que souvenir.

Des voix, des cris. Rogue qui la réprimande, furieux. Un mal de tête atroce. Puis la réalité, brutale, violente.

Son mal de cœur revient, et Pansy est à peu près sûre que ce n'est pas à cause de sa gueule de bois. Les jours passent. Inlassablement, les sensations se répètent. L'alcool, qu'elle arrive toujours à se procurer. La faim qui la ronge.

Noël arrive, comme un détail qu'on n'aurait pas remarquer. Les parents de Pansy pleurent.

1m75. Mais des épaules voûtées comme une vieille femme.

46 kilos. Des os qui pointent.

Des cernes.

Des tremblements.

Des traces de piqûres.

Pansy est défigurée, détruite par l'amour, par la haine, par la drogue qui circule dans ses veines.

Comme cadeau de Noël, Pansy voudrait s'en sortir.

La rentrée. La déchéance se répète mais avec plus de violence. Pansy sèche les cours. Pansy est toujours alcoolisée. Quand elle n'a pas assez bu pour être ivre, elle s'est piquée pour être défoncée.

« Sans doute tu seras ma mort, j'espère que tu seras encore... à bout de souffle »


Ginny souffre. Inversion du mutisme de Pansy, elle hurle. Elle rage, elle crie, elle détruit tout. Elle n'accepte pas. Pansy n'a pas le droit de la briser, de se briser.

Mais Ginny est aveugle. La colère la maintient en vie.

Après une soirée des Gryffondors où Ginny s'est soulée au possible, pour oublier l'espace de quelques heures la souffrance qui la déchire, elle s'écroule sur son lit.

Mon cœur bat à tout rompre. J'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine, brutalement, pour me tuer. Mais la sensation que je ressens lorsque ses lèvres entrent en contact avec les miennes est bien plus intense. Un léger goût de vanille m'envahit et la douceur de sa bouche contraste avec la violence des battements de mon cœur.

Ses cheveux chatouillent mon cou mais je n'y prête pas attention, seul son regard m'hypnotise. Ses pupilles bleues, légèrement dilatées par l'excitation me fixent sans hésitation. Je sens son souffle contre moi, et mon désir confirme mes soupçons. Je l'aime.

Je l'aime comme on peut aimer à 17 ans, avec force et rage. Avec envie et violence. Je l'aime, prête à m'étouffer et à m'arracher le cœur pour son amour. Pour son regard brûlant sur mon corps frémissant.

Mes lèvres se perdent dans ses baisers et ses mains commencent une danse inconnue pour moi, jusqu'ici. Et c'est haletante que je la supplie, que j'hurle son nom. Mes ongles s'ancrent dans sa peau hâlée et je crois mourir.

Pansy...

« Pansy »

Le réveil est brutal. Ginny se masse les tempes, choquée par son rêve. Toute cette histoire la perturbe ! C'est faux ! Elle ne peut pas vouloir « ça » avec... une fille ! Et encore, moins avec Pansy Parkinson qui est sa meilleure amie...enfin son ex-meilleure amie.

Ginny se lève, énervée. Vu son cauchemars -elle ne peut pas considérer ce truc comme un rêve- la journée risque d'être mauvaise.

Durant le cours de métamorphose, elle se rend compte que Pansy est absente. Une fois de plus, elle n'a pas dû se réveiller. Il paraîtrait qu'elle est devenue une alcoolique totalement névrosée et que plusieurs substances illicites circuleraient dans son corps.

Elle fait vraiment tout pour se rendre intéressante !


Le sablier voit les semaines s'écouler comme un mirage. Pansy n'a plus conscience du temps, de la nuit ou du jour. Seules les ténèbres l'enveloppent. S'en sortir est devenue une utopie, un luxe qu'elle ne parvient pas à s'offrir.

Dans ses fantasmes, elle voit Ginny tournoyer. Elle est belle dans sa robe blanche, pivotant sur elle-même, rieuse et insouciante. Mais dans un envol, comme une plume aspirée par le vent, elle s'éloigne toujours quand l'heure du réveil approche.

Les rêves se dispersent, de plus en plus rares. Les professeurs ont cessé de la coller, Dumbledore ne la convoque plus dans son bureau. Comme de simples spectateurs, ils assistent à sa chute.

Pansy se noie dans son chagrin, perdant ses dernières lucidités.

Les vacances de Pâques arrivent. Le soleil ne réchauffe pas sa peau, son âme est gelée. Bien plus qu'un chagrin d'amour, Pansy vit un traumatisme de cruauté. Enfermée dans sa chambre, cloîtrée sous sa couette, elle attend que les heures passent. Ce matin, elle est presque clairvoyante. Pas de drogue, pas d'alcool. L'espace de quelques heures, elle s'interdit son nuage brumeux qui lui permet d'oublier. Ce matin, elle décide d'affronter la souffrance et les larmes.

Elle n'entend presque pas la porte s'ouvrir en grinçant, ni les pas qui se rapprochent. Cependant, elle sent une masse s'assoir sur le lit et soulever avec douceur son barrage protecteur de coton.

Luna. La lumière dans la pénombre.

« Rien ne sert de panser, immortelle est la plaie ».

Le reste des vacances se font dans une totale illusion. Pansy remonte doucement la pente. La drogue est moins régulière, mais l'alcool subsiste. Pansy a peur. Elle est effrayée. Mais Luna est toujours là, serrant sa main.

Puis, la rentrée. Pansy refait surface. Mais pour combien de temps ?

Sa chute est en suspension.

Un soir, le sommeil ne vient pas. Pansy se lève, Pansy a besoin d'air. Comme une enfant, elle marche avec légèreté dans le parc. Il fait frais, mais l'air semble serein. Puis, elle la voit.

Ginny est adossée à un arbre, et une expression de dégout forme un rictus sur ses lèvres quand elle aperçoit Pansy. Elle est cruelle. Et plus belle que jamais.

Malgré tout, la Serpentard s'approche. Luna est une force positive mais ce n'est pas d'elle dont Pansy a besoin.

Elles restent assises pendant des secondes, des minutes, des heures. La nuit obscure n'élude pas ce mystère. Le silence est pesant, presque insoutenable. Elle la regarde. Elles se regardent. Se jugent, se toisent, de tout leur amour, de toute leur haine. Des contradictions sur les visages.

Elles s'embrassent. Passionnément, brutalement, cruellement. Mélangeant mépris et douceur. Elles se perdent, se découvrent et s'empoisonnent.

Pansy voit enfin la lumière. Jusqu'à ce que Ginny l'entraîne dans de sombres abysses. On appelle ça l'homophobie.

- Non ! NON ! Je ne suis pas comme toi ! Je ne suis pas bizarre ! Ne t'approche plus de moi. Tu me dégoûtes.

Des mots crachés comme du venin, poignardant Pansy. Elle reste seule dans cette herbe humide, mélange de rosée matinale et de larmes amères. Pansy est une ruine de souvenirs, une marionnette jetée au vent.

Ses démons refont surface. Et la ronge.


Voilà, ce n'était pas un chapitre joyeux mais j'ai bien aimé l'écrire même si certains passages ne me plaisent pas. Donc comme je l'ai dit plus haut, il y aura encore un chapitre.

N'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir (même les négatives qui me permettent de m'améliorer). A bientôt.