Heyou !!
Merci à LaLouisaBlack, Ichina63, et mel925 pour vos reviews qui m'ont encouragée à continuer cette histoire qui me semblait être un grand bordel dans ma tête ^^.
J'ai mis du temps à poster la suite, parce que j'ai réécrit une grande partie, ça ne convenait pas à ce que je voulais, et je devais mettre de l'ordre dans les idées. Je veux rester cohérente dans le caractère de Sirius Black, mais en même temps, le fait qu'il se trouve à Serpentard pose quelques complications. Ce Sirius là ne peut pas vraiment être pareil que le vrai.
En tous les cas, j'espère que ça vous plaira, que vous ne vous laisserez pas impressionner par la longueur ( ^^') et n'hésitez pas à me laisser vos impressions !
Gros bisous
Chapitre 2 : Toujours pur
J'étais étendu sur mon lit, les yeux qui fixaient le plafond. L'idée de séduire Evans avait occupé mon esprit un bon moment, et je l'avais observée quelques jours pour trouver une approche possible. Je n'avais jamais considéré cette fille autrement qu'une sang de bourbe qui de surcroit faisait partie des Gryffondors. Il ne faut pas être Merlin pour deviner qu'Evans ne me portait pas dans son cœur et je dois dire que c'était assez réciproque. Elle n'était pas non plus dupe, si je me plantais un beau jour devant elle pour taper la discussion ce n'était difficile de savoir qu'elle serait tout de suite sur la défensive.
-Tu fous quoi, Black ? on a cours dans dix minutes, s'énerva Severus en me balançant mes affaires à la figure.
Je clignai des yeux, ramené à la réalité un peu trop brutalement. Mes sourcils se froncèrent d'eux même lorsque je portai ma main à mon épaule où mon livre d'astronomie venait de frapper. Je m'apprêtais à lui grogner dessus, mais Severus était déjà parti. Je secouai la tête et mis le bouquin imposant dans mon sac avant de sortir de notre dortoir.
Je fis un signe de tête en croisant certains serpentards, plus par habitude que par réel envie de les saluer. Je retrouvai Severus et Narcissa dans la salle commune.
-Tu aurais du le laisser méditer, c'est tellement rare que Sirius pense, fit Narcissa à Severus sans prendre en compte le fait que j'étais face à elle.
- Le jour où Black sera à l'heure sans qu'on ne vienne le chercher est pas prêt d'arriver, rétorqua Severus.
Il avait tendance à utiliser mon nom de famille plus facilement que mon prénom. Surtout quand je l'agaçais… et ça arrivait assez souvent. Je roulai des yeux et ne dis rien le long du chemin. Je sais, bouder est puéril… mais la perspective de passer quelques heures enfermé en compagnie du professeur fanatique d'étoiles n'aidait pas à m'enchanter.
-Le défi Evans est toujours d'actualité ? demanda presque trop innocemment Severus.
J'avais appris à discerner ses émotions quelques fois… peut-être que j'avais passé trop de temps avec lui. Il essayait de paraitre détaché, mais une petite lueur au fond de ses yeux m'avertissait qu'il était bien plus intéressé par ma réponse que ce qu'il voulait laisser montrer. En plus, il ne me parlait jamais de filles.
-Ouais, confirmai-je.
Ça faisait deux semaines que je n'avais pas ramené le sujet sur le tapis, mais mon esprit n'en cogitait pas moins. Lui, fit une petite moue. Je le savais très encré dans ses préjugés de sangs purs. Même pour un défi, il n'adresserait pas la parole à un sang-de-bourbe, c'était simplement hors de question. J'aurais certainement dû partager son avis... mais voilà, c'était bien ça le problème, j'en avais rien à faire que telle ou telle personne ne soit pas fils de sorciers. Est-ce qu'on pouvait vraiment dire de quelqu'un qu'il était inférieur aux autres parce qu'il avait des parents moldus ? À voir les capacités intellectuelles d'Evans j'arrivais à en douter…
J'avais bien entendu été élevé par des sorciers dont les principes étaient inébranlables et à qui la baguette n'autorisait rien d'autre que la magie noire. Orion et Walburga de la très ancienne et noble famille Black. Il m'arrivait de ne pas comprendre, de ne pas être d'accord avec eux. Je n'approuvais pas leur dévotion nouvelle envers ce sorcier, Voldemort. Je n'avais pas l'intention d'embrasser les pieds de quiconque de mon plein gré dans ma vie. Mais bien sûr, ça personne ne le savait. Petit, lorsque je ne comprenais pas bien, mes parents avaient su faire taire les pensées de cet ordre qui osaient souiller ma bouche. Et j'étais pas con… je savais ce qui arrivait à tous les serpentards qui avaient l'audace d'émettre une idée de ce genre.
-Monsieur Rogue, miss Black et monsieur Black, content de vous compter parmi nous, mais ce plaisir n'empêchera pas les vingt points en moins à Serpentard pour ce retard, fit le prof tandis qu'on s'asseyait à nos places habituelles.
Je détestais ce prof ! Qui enlève vingt points pour un retard de deux minutes ? En plus, il ne manquait jamais de faire toujours la même blague à deux mornilles… « Mr Black, je sais que l'étoile Sirius est très visible ce soir, ce n'est pas une raison pour vous trouver dans la lune… » on commençait à la connaître celle-là. Durant tout le cours du très soporifique professeur d'astronomie, je me mis à réfléchir sur le cas Evans, étant donné que l'objet de mes pensées se trouvait deux places devant la mienne.
Ça ne devait pas être si compliqué d'approcher la préfète rousse sans paraître trop suspect, si ? Ce qu'aimait Evans, c'était les études. Surtout les potions, qui étaient sa matière préférée. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle était invitée aux petites fêtes privées que donnait mon propre directeur de maison. J'y étais invité, étant membre de la famille Black, mais je trouvais souvent une excuse bidon pour ne pas y participer. Entendre quelqu'un vanter les mérites de ses invités durant une soirée entière m'affolait pas.
-Hé, Rogue, appelai-je doucement.
Ce dernier fronça les sourcils, mais ne détourna pas son attention du baratin que racontait le prof.
-Fais pas semblant de t'intéresser à la nébuleuse du crabe, tu connais déjà tout à ce sujet…
Il poussa un soupir résigné et tourna la tête vers moi.
-Quoi ? grogna-t-il.
J'aurais bien voulu lui répondre « Rien » juste pour l'énerver un bon coup, mais je me retins.
-C'est quand la prochaine réunion du club de Slug ?
Il plissa les yeux, méfiant.
-Pourquoi ça t'intéresse tout à coup ?
-Devine, répondis-je en lui faisant un grand sourire.
Ça ne fit pas sourire le râleur de service.
-J'ai aucune envie de deviner ce qui peut bien se passer dans ton cerveau d'obsédé Black, rétorqua-t-il.
-Si je vous dérange, Messieurs, il suffit de le dire, nous interrompit Monsieur astronomie.
J'aurais voulu lui répondre qu'en effet il me dérangeait et m'empêchait de savoir la date de cet foutue réunion, mais évidemment j'évitai, et par la même occasion aussi une retenue. À la place je lui fis un sourire innocent qui ne manqua pas de faire tourner de l'œil à quelques filles qui avaient suivi le regard de l'enseignant.
-En réalité, Monsieur, nous nous demandions si la Chine n'était pas plutôt traversée par le tropique du cancer au lieu de celui du capricorne.
Il serra les mâchoires et m'ignora avant de retourner à son cours sans plus s'occuper de nous.
-Je sais pas comment tu arrives toujours à t'en sortir comme ça, soupira Severus, une pointe d'amusement dans la voix.
Je lui fis un sourire énigmatique.
-Alors, quand ?
-Mardi prochain, m'informa-t-il.
Un soupir m'échappa malgré moi. C'était seulement trois jours plus tard.
XoxOXoxOXOXx
- La défense bande de boulets ! hurla un jeune homme perché dans les airs, sur son balai.
Edward Wilkes. Ses cheveux blonds auraient pu lui donner un air de ressemblance avec Malefoy s'ils n'étaient pas beaucoup plus courts. Ses yeux noirs contrastants avec la clarté de ses cheveux ainsi que son air rêveur et mystérieux habituellement affiché sur son visage faisaient craquer bien des filles. Pendant les entrainements pourtant, il était tout sauf taciturne et silencieux… ça faisait une heure qu'il nous gueulait dessus pour qu'on améliore nos façons de voler, frapper ou attraper. Dans ces moments-là je ne connaissais pas plus exigeant que lui.
-Bordel, Malefoy on te demande de frapper, mais tu peux aussi réfléchir, a part si c'est au dessus de tes capacités peut-être ? cria-t-il.
Bien sûr, si on ajoutait le fait qu'Edward était le capitaine de l'équipe de Quidditch des serpentards, ce serait rajouter une couche… et il me fait assez d'ombre comme ça. En tous les cas, il n'était aucunement effrayé par la réputation de Malefoy qui le fusillait à présent du regard.
Wilkes n'y fit pas attention, il s'était déjà concentré sur quelqu'un d'autre. Et malheureusement, ce quelqu'un d'autre, c'était moi.
-Sirius fais un effort, ouvre les yeux, c'est le septième but que tu laisses passer ! Et fais moi plaisir, dors la nuit au lieu de faire je ne sais quoi avec des filles ok ?
…
-Edward, on est tous crevés, ça sert à rien de continuer, on ne fait que merder encore plus, s'exclama la seule fille de l'équipe en se mettant à son niveau.
Wilkes serra les mâchoires, accentuant les traits marqués de son visage et resta immobile pendant une minute. Il faisait toujours ça lorsqu'il réfléchissait et ça nous agaçait tous. C'est à ce moment là qu'il se mit à pleuvoir.
-Ok, soupira-t-il à contrecœur.
Nous nous ruâmes sous les douches, avant qu'il ne change d'avis, soulagés et déjà courbaturés. Le match contre Pouffsoufle approchait et notre capitaine ne nous ménageait vraiment pas. Après m'être changé, je sortis dans les derniers des vestiaires, découragé en sachant qu'il n'était que sept heures et demi, et qu'une longue journée m'attendait.
Wilkes m'avait attendu, appuyé contre le mur du couloir. Dès qu'il me vit, il me fit un signe de la tête pour que je le rejoigne. Je me doutais qu'il voulait me donner des conseils. On se mit à marcher en direction de la grande salle, et avant qu'il puisse ouvrir la bouche, je dis :
-T'es un peu con de provoquer Malefoy comme tu le fais…
-De quoi tu parles ? me fit-il étonné, je le traite comme tous les autres joueurs…
-Il ne supporte pas d'être dominé. Un jour, son père pourrait bien lui acheter le poste de capitaine.
Le blond fronça les sourcils alors qu'une ride barrait son front.
-Putain, on peut pas le laisser faire ça, ce serait la mort de l'équipe, souffla-t-il.
-Je sais. Ce serait même plus du quidditch, marmonnai-je avec aigreur.
Si on écoutait Malefoy, ce serait quelque chose qui ressemblerait à un affrontement physique plutôt qu'un sport d'agilité et de réflexion. Un vrai carnage.
Le hasard fit qu'on croisa Evans en compagnie d'une de ses amies, Andrea Bell. Je connaissais cette fille de nom parce qu'elle partageait la plupart de mes cours depuis six ans, et je savais aussi qu'elle avait un frère jumeau, lui-aussi à Gryffondor… mais mes connaissances s'arrêtaient là.
Dès qu'elles nous aperçurent, leur visage se ferma automatiquement. Elles nous dévisagèrent lorsqu'elles nous croisèrent. Wilkes continuait de me parler d'une stratégie qu'il avait mise au point, ne semblant même pas réaliser la présence des deux filles. Je ne quittai pas le visage d'Evans des yeux, soutenant son regard vert. Je pris garde à ce qu'aucune émotion ne transparaisse. Je ne savais pas encore comment je voulais agir avec elle, et mieux valait rester neutre pour l'instant. La rousse souleva ses sourcils et passa à côté de moi. Je fis en sorte que nos mains se frôlent. J'avais envie de la déstabiliser.
Une odeur fruitée vint chatouiller mes narines alors que ses cheveux roux disparaissaient de ma vision, une odeur typiquement féminine, un subtil mélange que je n'arrivais pas à décrire.
Edward ne remarqua pas que je n'avais pas écouté un traitre mot de ce qu'il m'expliquait. Le quidditch, c'était sa vie…
Il me laissa rapidement marcher seul, ayant subitement besoin d'écrire ce qu'il venait de m'expliquer pour ne pas oublier. J'étais donc plongé dans mes pensées au goût fruité lorsque quelque chose me rentra littéralement dedans. Ma carrure de joueur de Quidditch me permit de simplement reculer d'un pas contrairement à l'autre qui allait s'écraser par terre. Mon premier reflex fut d'attraper le bras de la personne en question qui allait tomber en arrière, mais voyant qui c'était, je lâchai involontairement ma prise.
Constance Potter. Non, vous ne rêvez pas ! Après avoir eu la lubie de mettre au monde son frère à deux neurones, les parents Potter avaient décidé de remettre ça.
-Mini-Potter, saluai-je avec un sourire mesquin.
Il était vrai qu'elle ressemblait en tous points à son frère ainé, avec ses cheveux noirs emmêlés. Sauf qu'elle était quelque chose comme, vraiment beaucoup plus petite... d'où le préfix. La concernée serra les mâchoires, ne voulant certainement pas montrer la douleur que venait de lui provoquer la chute et me lança un regard qui se voulait méchant.
-T'as un problème Black ? T'as perdu ton cerveau ? Ah non, c'est vrai j'oubliais, que tu n'en as jamais eu.
Ce qui me faisait rire avec elle, c'est que contrairement à son frère, elle avait toujours une vanne à me lancer. L'autre Potter m'insultait de temps en temps mais sans grande conviction. Celui qu'il détestait vraiment c'était Severus. Leur haine mutuelle était connue d'ailleurs connue de tous.
J'aperçus une fille qui se tenait à côté d'elle. Je crois que je ne l'avais jamais vue, ou peut-être que si, mais elle m'était sortie de la tête. Elle détourna le regard dès que nos yeux se croisèrent, alors que ses joues se teintaient de rouge. Elle était plus grande que son amie, ses longues jambes avaient l'air d'allumettes… si je lui avais soufflé dessus, j'avais l'impression qu'elle serait tombée tellement elle semblait maigre. Ses cheveux bruns lisses lui tombaient jusqu'au milieu du dos. Ce qui me frappa surtout, c'était cet air malade sur son visage fin. La brune tendit sa main à mini Potter et cette dernière se releva avec ce qui lui restait de dignité.
-Peut-être qu'il se trouve avec ton sens de la repartie alors, répondis-je, C'est la troisième fois que tu me la sors celle-là.
Potter fille secoua la tête, et derrière ses immenses lunettes rondes, je pus voir ses grands yeux marron me fusiller. Elle passa à côté de moi sans baisser le regard. L'autre la suivit, toujours sans dire un mot, Plutôt insignifiante comme fille. Surtout à côté de la furie binoclarde.
-À bientôt tête de chouette, fis-je assez fort pour qu'elle entende avant de repartir vers la grande salle.
-TA GUEULE ! hurla-t-elle de l'autre bout du couloir.
J'éclatai de rire.
XOXOxOxOxOxOx
Je passai une main dans mes cheveux, faisant croire que j'étais décontracté et poussai la porte de la salle de classe où se déroulaient les réunions de Slughorn, Severus à ma suite. Je parcouru la salle des yeux, un air assuré sur le visage. Nous devions être les derniers à arriver, car c'était déjà bien rempli d'élèves, toutes maisons confondues. Au lieu de la disposition habituelle, les chaises avaient été éparpillées un peu partout, les bureaux avaient disparu et un buffet recouvert d'apéritifs se trouvait au milieu.
Slug nous aperçut immédiatement, et fonça sur nous, apparemment ravi.
-Cela faisait longtemps que nous n'avions plus pu profiter de votre présence, Sirius !
-Oui, j'étais pas mal occupé, fis-je simplement avec un sourire poli.
-J'ai entendu dire oui, répliqua-t-il avec un air entendu, il semblerait que vous aillez un certain succès auprès de la gente féminine.
Je faillis grimacer et lui renvoyai son sourire complice à la place.
-Severus ! s'exclama l'imposant professeur, je voulais justement parler avec vous au sujet des vertus des larmes de phénix dans la potion de Lonéat. Vous aviez soulevé la question en cours l'autre jour, et je n'ai pas cessé d'y réfléchir depuis, pensez-vous réellement que si l'on ajoute les larmes après le mucus de veracrasses, l'effet de guérison est plus instantané ?
Je décrochai dès qu'il mentionna le mot « potion ». Mes capacités à manipuler des œufs de Doxy, ou mon amour pour le pus de Bubobulbe étaient plus, ces deux là, lorsqu'ils étaient lancés dans une discussion du genre pouvaient passer des heures à argumenter.
Je laissai mes yeux vagabonder sur les têtes des invités. J'aperçus ma cousine, à laquelle je fis un petit signe de la tête, mais elle ne me répondit pas, elle ne semblait pas dans le même monde que nous… comme à chaque fois qu'elle se trouvait en compagnie de son fiancé. Il avait le pouvoir de la rendre comme une statue à chaque fois qu'elle se trouvait à son bras.
Mon regard fut attiré par un éclat roux, et un sourire franc naquit sur mes lèvres. Je jetai un coup d'œil à Severus et Slug. Ils m'avaient complètement oublié. J'en profitai pour m'éclipser discrètement vers le buffet, devant lequel se tenait la jeune fille aux boucles cuivrées.
Elle avait revêtu une robe noire toute simple mais qui mettait en valeur ses courbes. Ses épaules nues laissaient apparaitre sa peau laiteuse. Je me postai à côté d'elle, et fis mine de me servir un verre. Son cou dénudé, sur lequel une boucle qui s'était échappée de son chignon mal ordonné résidait, me donna l'impression qu'il m'appelait. Elle poussa un soupir qui la rendit presque sensuelle… après tout elle avait beau être une fille coincée et chiante, elle n'en restait pas moins une fille.
Je baissai les yeux vers sa source de préoccupation. Elle semblait aux prises avec une bouteille qu'elle n'arrivait pas à ouvrir. Je la laissai s'acharner quelques instants, me retenant de ricaner.
Au d'un moment, je pris la bouteille de ses mains et la lui ouvrit d'un seul tour de main. Nos doigts s'effleurèrent lorsque je lui remis la bouteille entre les mains. À aucun moment, je n'avais croisé ses yeux que je sentais fixés sur moi. Lorsque je la regardai, elle était immobile, les yeux écarquillés et un air ahuri sur le visage. Je lui lançai un sourire mesquin qui fit l'effet d'une douche froide sur elle. Ses traits se crispèrent, elle fit un pas en arrière.
-Black, qu- commença-t- elle, les yeux plissés.
-Je t'en prie, ne me remercies pas, la coupai-je avec un sourire charmeur, C'était un plaisir.
Je pris mon verre et m'éloignai avant qu'elle ne puisse répliquer quoi que ce soit. Je me dirigeai vers Malefoy qui portait un sourire mi amusé, mi confis. Narcissa me fit un sourire s'apercevant de ma présence avec un temps de retard.
-Je ne pensais pas que tu le ferais, fit le blond.
-C'est que tu ne me connais pas, répliquai-je.
-Je vois, grogna une voix à côté de moi qui me fit sursauter - Severus – et hausser les sourcils, Je comprends pourquoi tu tenais tant à venir à cette réunion, lâcha mon ami.
Apparemment toute cette histoire ne lui plaisait pas.
-Je peux savoir pourquoi ça a l'air d'autant t'affecter ? demandai-je un peu agacé.
-Il craque peut-être pour Evans, suggéra Malefoy qui éclata de rire ensuite.
Un rire m'échappa, mais quel con ce Malefoy ! Toutefois en croisant le regard de Rogue, mon envie de rire s'évanouit aussitôt.
XoxOxOxoXOXOxOxxX
Je voyais bien que j'avais piqué sa curiosité. Evans me jetait des coups d'œil de temps en temps, elle qui m'ignorait avant. Après le cours de défense, deux jours plus tard, Severus me traina à la bibliothèque pour chercher des informations sur notre devoir de sortilèges. À peine un pas fait dans l'antre de Mrs Pince, que je vis que quelques têtes s'étaient tournées vers moi, l'air surpris. Je défiai du regard un groupe de filles assises en rond autour de bouquins poussiéreux, haussant les sourcils. Elles détournèrent rapidement le regard en rougissant, ce qui me fit sourire légèrement. A croire que toutes les filles étaient faites pareilles.
Enfin non, pas toutes.
Je m'assis à une table libre, un peu dissimulée entre les rangées et laissai Severus aller chercher la documentation nécessaire. C'est là que j'aperçus Evans, assise deux tables plus loin, en seule compagnie de ses parchemins. Sa plume se déplaçait à une vitesse impressionnante. Un sourire calculateur s'étira sur mes lèvres, mais je fus coupé dans ma contemplation lorsque Severus s'assit face à moi.
-T'as trouvé quelques trucs ? demandai-je faussement intéressé.
Le mot par lequel j'avais qualifié ses précieux bibelots sembla le choquer un instant, puis il se reprit.
-Oui, je pense qu'on a tout ce qu'il nous faut.
Nous nous mîmes au travail. Lui surtout, car je gardais toujours un œil sur la sauvage rousse. Tout à coup, je la vis relever le nez de sa feuille et chercher quelque chose autour d'elle. Elle souleva les innombrables livres qui figuraient sur sa table puis soupira avant de se lever et soulever une pile de bouquins avant de se diriger vers une rangée.
Je sautai de ma chaise, sous le regard blasé de Severus.
-Qu'est-ce qu'il y a ? prit-il la peine de demander.
-Euh, j'ai vu qu'il manquait un livre, je vais le chercher.
Il me jeta un regard de travers, pas idiot.
-EVANS, articulai-je silencieusement.
Il plissa les yeux, mais je n'y fis pas attention et marchai discrètement vers l'endroit où venait de disparaitre la rousse. Je la cherchai quelques instants entre les rangées et finis par la trouver. Elle essayait de remettre un livre en place, mais l'endroit où elle voulait le placer était trop haut pour elle, et le fait qu'elle portait une pile de livre ne l'aidait pas beaucoup.
Satisfait de voir qu'aucune personne ne s'était aventurée dans cette partie poussiéreuse et sombre de la bibliothèque, je m'avançai vers elle.
-Je peux t'aider ? fis-je poliment en lui prenant le livre des mains sans attendre de réponse et le mettre à sa place.
Il faut dire que j'eus à peine besoin de tendre le bras. Elle avait l'air d'un nain de jardin à côté de moi. Ou peut-être que c'était moi qui avais grandit trop vite ? Elle me regarda, médusée, le bras figé en l'air dans la même position qu'avant. Puis elle sembla reprendre ses esprits, son visage se ferma.
-Tu veux quoi, Black ? cracha-t-elle presque.
Je pris un air surpris. Et je croyais être plutôt bon acteur.
-Je voulais juste t'aider.
Sans lui laisser le temps de riposter je partis rejoindre Severus. La laisser mariner était une bonne méthode pour que j'occupe ses pensées.
XoxoXoXXOXXxOx
Je continuai à faire de petites apparitions dans sa vie. Toujours discret et lorsqu'elle était seule – Ce n'était pas difficile, elle passait la plupart de son temps dans la bibliothèque au grand malheur de ses amis. J'étais à peu près sûr d'avoir attisé sa curiosité. Elle jetait de plus en plus fréquemment des coups d'œil dans ma direction et avait arrêté de me lancer une avalanche d'insultes lorsque je l'aidais à remettre ses livres en place.
Un jour, alors qu'il faisait un magnifique soleil dehors et que pratiquement tout Poudlard se trouvait dans le parc pour profiter de ces rayons de novembre devenus rares, je me rendis dans cette chère bibliothèque. J'eus la mauvaise surprise de tomber sur Pettigrew, sa langue fourrée dans la bouche de sa petite amie du moment au tournant d'un couloir. Vous parlez d'une vision d'horreur ! Je continuai mon chemin, tentant d'oublier ce que je venais de voir en grimaçant. Je leur aurais bien enlevé des points mais je n'avais en effet pas le statut de préfet.
Mme Pince ne semblait même plus s'étouffer à chaque fois que je passais la porte de son antre maintenant. Dommage. Ce jour là, sans compter la vieille chouette, la bibliothèque était vide. Sauf bien sûr cette tignasse rousse qui lisait un livre, un sourire ornait son visage de porcelaine et un rayon de soleil se reflétait par la fenêtre dans ses cheveux auburn.
Je décidai de passer à la l'étape suivante du plan « Aucune fille ne résiste à Sirius Black, même pas Lily Evans » et m'assis donc à côté d'elle, mine de rien.
-Black ? demanda-t-elle sans même relever le menton de son livre.
-Evans ? répondis-je dans l'espoir de l'agacer, et laisser son bouquin de côté – Ce qui fonctionna.
Elle posa ses yeux sur mon visage, interrogatrice en fronçant les sourcils.
-Qu'est-ce que tu veux ? fit-elle d'un ton peu amène.
-Te tenir compagnie, assurai-je avec un sourire innocent.
A mon grand étonnement elle se mit à ricaner doucement.
-Tu me prends vraiment pour une imbécile ? fit-elle en secouant la tête. Tu crois que je suis pas au courant que tu t'amuse à parier sur les filles que tu mettras dans ton lit ?
Je la regardai, ne sachant quoi répondre. Elle se pencha sur le côté, et approcha son visage du mien, de sorte que nos bouches se retrouvent à cinq centimètres l'une de l'autre. Je ne sais pas pourquoi, j'eus tout à coup l'impression que quelqu'un avait augmenté le chauffage de la pièce d'une manière radicale.
-Tu peux toujours courir pour que je te fasse gagner, souffla-t-elle, ce qui me fit cligner des yeux.
Elle se redressa sur son siège et reprit son livre, un sourire satisfait sur ses lèvres. Moi qui étais légèrement déboussolé, et l'impression de me faire prendre à mon propre piège, continuai de la regarder.
-Et pourquoi je ne pourrais pas simplement vouloir être avec toi ? Sans stupide pari ?
-Parce que tu es Sirius Black. Me tenir compagnie alors que tu m'as traitée comme une moins que rien pendant ces six ans ? Et sans vouloir te vexer, je sais avec quelle partie de ton corps tu penses, répondit simplement Evans en se replongeant dans sa lecture.
La dernière phrase me fit rire. Quelle dévergondée… la rouquine releva la tête de son livre, penchant la tête sur le côté, un air amusé.
-Quoi ? fis-je en arquant un sourcil.
-Rien, je ne t'avais juste jamais entendu rire comme ça… ça ressemble à l'aboiement d'un chien, tu savais ? dit la rousse.
Je déglutis. Mais je me faisais des idées bien sûr, elle ne savait rien. Comment aurait-elle pu ?
-Non, on ne me l'avait jamais dit. Mais ça ne me dérange pas, les chiens sont loyaux, fis-je en me redressant un peu.
- Fidèle toutou qui n'hésiterait pas à baiser les pieds de son maître hein ? fit-elle négligemment en haussant un sourcil.
Je serrai les dents, n'ignorant pas le sous-entendu, avant de rétablir un masque sur mon visage.
-La soumission, très peu pour moi, rétorquai-je abruptement.
-Pourtant, qu'est-ce que dirait le maître s'il apprenait que son chien-chien traine avec des bâtards au sang sale? demanda-t-elle avec une lueur dans les yeux.
Je compris que son intention était simplement de m'éloigner d'elle en me mettant en colère. Je décidai de la contrarier et croisai les bras négligemment alors qu'à l'intérieur mon sang bouillonnait et je me retenais de lui foutre mon poing dans son joli minois.
-Qu'est-ce que c'est, le livre que tu lis ? demandai-je.
-La magie Blanche, toujours pure, répondit-elle en plissant les yeux, déstabilisée.
-Tu savais que la deuxième partie du titre se trouve écrit en haut de mon arbre généalogique? lançai-je avant de me lever et sortir de la bibliothèque.
Ce faisant, je faillis envoyer s'écraser deux première année contre le mur étant donné qu'ils allaient entrer au moment où j'ouvris brutalement la porte de cette foutue bibliothèque. Un des deux était penché en deux, son nez entre les mains, il avait dû se prendre la porte en pleine face, mais je n'y fis pas vraiment attention. Lorsque je passai devant eux, ils ouvrirent grand les yeux, comme effrayés.
-Quoi, vous voulez ma photo peut-être ? grognai-je avant de m'éloigner.
Après tout ils n'avaient qu'à construire des portes qui ne s'ouvraient pas sur le couloir…
J'avais besoin de m'aérer les neurones, aussi je sortis du château et m'assis au bord du lac. C'est vrai que je m'échauffais rapidement, comme je l'ai déjà dit, je n'avais pas le sang froid à toute épreuve de Severus. Beaucoup le trouvaient sans émotions, mais je le pensais le connaître suffisamment pour savoir que c'était faux. Je balançai des cailloux dans le lac pendant un petit moment et décidai de rentrer au château, parce que ce n'était pas spécialement passionnant comme occupation.
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Le lendemain, un hibou noir se posta devant mon assiette au cours du petit déjeuner.
Je pris la lettre qui m'était adressée alors que l'oiseau s'envolait à l'autre bout de la table, vers mon frère. J'ouvris l'enveloppe et lus rapidement l'écriture de ma mère. Tout comme la personne, une certaine hostilité aristocratique en émanait. Le contenu m'avertissait simplement que j'étais attendu aux vacances de Noël, c'est-à-dire trois semaines plus tard. Et qu'aucune absence ne serait justifiée. Je fus tout de suite méfiant. Quand ils s'assuraient que je ne manquerais pas à l'appel, ça voulait très souvent dire qu'ils avaient quelque chose à m'annoncer. Et je m'attendais au pire venant de ces tarés. Il faut dire qu'ils avaient l'habitude de me faire de mauvaises surprises…
Comme par exemple en deuxième année, alors que j'avais douze ans et qu'ils avaient voulu me faire rencontrer une fille dans le but de nous fiancer. Je crois qu'à l'époque je n'étais franchement pas intéressé par les filles, et le fait qu'ils choisissent quelle vie serait la mienne m'avait dégouté. J'avais rien dit, mais ils avaient compris deux jours plus tard, lorsque les parents de la petite leur envoyaient une lettre annulant leur accord.
Je n'étais pas à Gryffondor, parce que je ne m'opposais pas stupidement et effrontément face à eux, mais j'étais pas Serpentard pour rien non plus… ils n'avaient jamais pu prouver que c'était moi. Bien sûr, ça ne les avaient pas empêché de me punir, mais ma ce n'est rien comparé au fait qu'aujourd'hui encore, Eleonore Fairy change de chemin lorsqu'elle me voit.
Mon regard croisa celui de Regulus. Il arqua un sourcil en désignant sa lettre du menton, et j'haussai les épaules. Je n'avais effectivement aucune idée de ce que nos parents avaient pu inventer cette fois-ci.
Narcissa s'assit face à Severus et moi. En tournant la tête vers elle, mon regard intercepta celui d'Evans. Nous yeux s'accrochèrent, s'écorchant, aucun de nous ne voulait détourner le regard. Puis une main passa devant les yeux de la rousse, la forçant à détacher son regard du mien, alors qu'elle tournait la tête vers son amie. Andrea Bell lui parlait frénétiquement, me jetant des coups d'œil effrayés de temps à autres.
-Tu es au courant pour la soirée des balais dans le cul ? me fit Narcissa.
Je fronçai les sourcils, peu habitué à l'entendre parler ainsi.
-Tu parles de quoi ? demandai-je.
-La super soirée dans trois semaines où toute la famille Black est invitée.
-Ah, je vois, compris-je.
J'allais devoir me les coltiner une soirée entière… ça promettait d'être particulièrement chiant. Surtout que Bellatrix serait sûrement là… et elle ne m'avait pas manqué.
XoXOxOxOxoxoxxOX
Quelques jours plus tard, j'étais assis dans un fauteuil de la salle commune. Autour de moi, se trouvaient Severus, Narcissa, ainsi que quelques autres serpentards de notre année, sans oublier Nelson Goyle, l'un des deux gorilles de compagnie de Malefoy. Ce dernier avait besoin d'avoir un œil sur ma cousine, même quand il n'était pas présent. Je me doutais qu'elle avait plus que hâte d'être l'année prochaine, et ainsi débarrassée de Malefoy et compagnie pour un an. Mais j'étais sûr qu'il trouverait quelqu'un d'autre pour surveiller sa fiancée. Contrairement à ses deux gardes du corps, il était doté d'intelligence, en plus de sa possessivité maladive.
Combien de fois des pauvres types qui avaient eu l'audace d'adresser la parole à Cissa avec un peu trop d'insistance avaient été retrouvés, la face démolie, dans un coin du château ?
-Je me demande pourquoi c'est cette conne de Bletchey qui a été nommée préfète, fit Flint, Elle est aussi stupide que son balai.
Ellen Flint, aussi surnommée la langue de vipère. Il valait mieux ne pas se la mettre à dos, c'était une vraie garce. Lorsqu'elle avait quelqu'un dans le collimateur, elle lui rendait la vie infernale. Véritable stéréotype du serpentard.
-Ça n'empêche qu'elle est la meilleure attrapeuse qu'on n'ait eu depuis des années, rétorqua Edward en haussant un sourcil.
J'approuvai d'un léger hochement de la tête. Wilkes et moi, on s'entendait bien, dans la mesure où on ne se parlait pas vraiment hors de tout ce qui concernait le Quidditch. Il était plutôt solitaire, ne suivait pas l'esprit du parfait futur mangemort qui habitait beaucoup des occupants de cette maison. Un jour, cette tranquillité dans laquelle il vivait finirait certainement par se briser. Mais d'ici là, il se contentait d'être détaché de ces clans formés au sein de Poudlard.
À vrai dire, il n'y avait pas beaucoup de Serpentards qui assumaient le fait qu'ils étaient contre les idées de Voldemort. Le peu qui avait déclaré haut et fort leur amour pour les moldus s'était rapidement rendu compte que c'était comme se jeter dans une fosse remplie de serpents – c'est le cas de la dire – et finissait rapidement par se taire... ou quelqu'un se chargeait de le faire.
Je ressentais souvent le besoin de m'isoler, et sortir de ces cachots froids et humides en permanence. J'avais vécu toute mon enfance dans une piscine de magie noire, et maintenant que j'avais la possibilité de m'échapper un instant, je ne m'en privais pas.
-Je sors, je vais voler un moment, annonçai-je.
Les autres me firent un signe de la tête. Nous n'étions jamais très bavards lorsqu'on se sentait observés. Je me levai donc et sortis de la salle commune. Je pris mon balai, dans le casier qui se trouvait dans les vestiaires et sortis du château. Il faisait froid, nous étions en début de décembre. Je regrettai de ne pas avoir pris mon écharpe.
Alors que je marchais vers le terrain de quidditch, une forme au milieu du lac attira mon œil. Elle semblait couler puis remonter à la surface, puis disparaitre à nouveau. Comme… quelqu'un qui était entrain de se noyer enfaite.
Je plissai les yeux et aperçus deux bras. Je ne réfléchis pas plus, contrairement à ce que j'aurais dû faire, et enlevai ma cape et mon t-shirt avant de sauter dans l'eau noire et glacée. Ce fut quelques milliers de petits couteaux qui se plantèrent dans ma chair. Je nageai le plus rapidement que je pus, jusqu'à arriver à l'endroit où j'avais vu pour la dernière fois la tignasse brune apparaitre. Sauf qu'il n'y avait plus personne. Je plongeai la tête sous l'eau et scrutai comme je pus cette étendue verte et floue. Je vis quelque chose couler. Je l'agrippai et remontai à la surface, manquant d'air.
Je tirai la fille - parce-ce que s'en était une - jusqu'au bord et la hissai hors de l'eau. Je regardai son visage, il me disait quelque chose, mais je n'y fis pas vraiment attention et vérifiai si elle respirait. Sa poitrine ne se soulevait plus. Ses lèvres étaient devenues bleues, et elle était aussi blanche qu'un fantôme. C'est là que j'entendis des cris. Je relevai la tête et vis quelqu'un courir vers moi, affolé. Lorsqu'elle se rapprocha, je pus reconnaitre Potter fille.
Il ne manquait plus que ça. Elle allait croire que j'avais tué la fille et me faire porter le chapeau.
-Black, fais-lui du bouche à bouche ! me hurla-t-elle, à quelques mètres de moi.
Une expression d'incompréhension totale dut apparaitre sur mon visage. Du bouche à bouche ?
Un juron sortit de sa bouche, elle soupira d'exaspération et se laissa tomber à côté du corps trempé, avant de poser brusquement ses lèvres sur celles de la fille. Mes yeux seraient certainement sortis de leur orbite, s'ils en avaient eu l'occasion. Mais avant que n'importe quelle pensée prenne place dans ma tête, le corps inanimé de la noyée fut prit d'une espèce de spasme. Son torse se souleva, et elle recracha toute l'eau qu'elle avait dans ses poumons. Potter la tourna sur le côté et lui tapota gentiment dans le dos. Je me sentais un peu de trop. Et j'avais froid aussi, le vent semblait fouetter mon torse nu et dégoulinant de gouttes d'eau. Il faut dire que l'eau du lac n'était pas spécialement chaude en cette période de l'année. J'allais me relever et m'éclipser rapidement, mais Potter posa ses yeux sur moi.
Je sentais qu'elle allait se foutre de moi, avec mon incapacité à faire sortir l'eau des poumons de la fille avec ma bouche. Comment aurais-je pu deviner?
-Merci, me dit-elle, une lueur de gratitude dans les yeux.
J'en perdis ma répartie. J'aurais voulu lui lancer une remarque acerbe à la figure, mais je ne dis rien. Mes yeux portèrent sur l'autre fille qui regardait obstinément ailleurs, et je la reconnus. C'était l'amie de Potter, celle qui ne disait jamais rien.
-Elle t'est venue d'où l'idée de te baigner alors que le lac est presque gelé ? demandai-je pas spécialement gentiment.
Elle ne répondit pas, ses yeux toujours dans le vague, elle ne semblait même pas m'avoir calculé.
-On a fait… un pari, expliqua Potter en posant sa cape sur les épaules de l'autre et lui lançant un sort de chaleur.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression qu'elle mentait lorsqu'elle disait cela.
-Sauf qu'on ne s'attendait pas à ce que l'eau du lac soit aussi froide… rajouta-t-elle.
-Et tu t'es enfuie quand t'as vu que ta copine coulait ? raillai-je.
À mon étonnement, elle rougit.
-En fait… je voulais aller chercher de l'aide… je ne sais pas nager.
Je ne pus empêcher un petit sourire moqueur de s'afficher au coin de mes lèvres. Elle l'aperçut et fronça les sourcils. Je vis ses yeux descendre d'un cran, puis elle cligna des yeux et me fusilla du regard. L'autre brune se leva brusquement et se mit à marcher en direction du château d'un pas rapide.
-Elle ne parle jamais ? fis-je ironiquement.
-Non, elle est muette, rétorqua-t-elle, aillant retrouvé son aigreur.
Peut-être n'avait-elle pas apprécié que je me moque de son incapacité à nager… ou alors sa copine était vraiment muette. Dans tous les cas, la furie aux lunettes rondes se releva et courut après son amie.
-Evie, attends-moi ! criait-elle.
Mais la prénommée Evie ne daigna même pas tourner la tête. Et moi, j'avais légèrement l'air stupide, trempé jusqu'aux os, agenouillé au milieu du parc…
Et je n'avais plus très envie d'aller voler…
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A mon étonnement, aucune rumeur concernant Sirius Black le tombeur au cœur de pierre qui aurait sauvé une fille de la noyade ne se fit entendre. Et pourtant, tout le monde sait que ce genre de choses circule assez rapidement dans Poudlard. Le lendemain, il fallait s'y attendre, je me sentais plutôt mal. Mon nez semblait être une véritable fontaine et on aurait pu cuire des œufs sur mon front. C'était pas une petite grippe qui allait me tuer, aussi je décidai d'aller en cours normalement. J'eus le malheur de croiser Malefoy en sortant du dortoir.
-Alors, ça avance avec Evans ? demanda-t-il avec son sourire moqueur sur les lèvres.
Ce n'était pas qu'il était intéressé, mais je devinai plutôt qu'il voulait m'enfoncer.
-Bien sûr, rétorquai-je avec suffisance.
C'était une faux, bien sûr. En réalité, je n'avais plus aucune envie de me taper Evans depuis qu'elle avait sous-entendu que j'étais un mangemort. Et la pseudo noyade avait occupé mon esprit depuis la veille.
-Si tu le dis, fit simplement Malefoy, quoique légèrement déstabilisé par mon assurance.
Je passai mon chemin et arrivai dans la salle commune où Severus et ma cousine parlaient à voix basse. Lorsque j'arrivai, Severus se tut cependant. Je n'aimais pas trop ça.
-On va en cours ? fit Narcissa comme si de rien n'était.
J'haussai les épaules. Quel autre choix avait-on de toute façon ?
Nous marchâmes dans le silence, interrompu par mes reniflements, jusqu'à notre classe de métamorphose. Chourave n'était pas encore arrivée. J'espérai silencieusement qu'elle s'était cassé la gueule dans les escaliers. Je m'adossai tranquillement au mur, et Narcissa relança une conversation que je n'écoutai que d'une oreille.
Evans arriva, accompagnée de sa meilleure amie. La rousse me jeta un regard agressif auquel je ne répondis pas. Potter, Lupin et Pettigrew ainsi que l'autre Bell ne tardèrent pas à arriver. Severus et Potter échangèrent leur habituel regard noir.
Nous attendîmes bien quinze minutes, jusqu'à-ce qu'un personnage de tableau apparaisse dans celui en face de notre classe pour nous prévenir que le cours était annulé. Tout le monde eut un petit sourire sur le visage, même si Chourave nous avait fait nous lever tôt pour rien.
-Qu'est-ce qu'on fait ? demandai-je à Severus et ma cousine.
On avait deux heures de libres devant nous.
-Nous je sais pas, fit Narcissa, mais toi tu vas à l'infirmerie.
Je fronçai les sourcils, mais une quinte de toux m'empêcha de répliquer.
-Ouais, fit Potter qui avait entendu la conversation, on aimerait bien ne pas être contaminés par ta stupidité.
Je serrai les dents.
-Un problème Potter ? fis-je en essayant de ne pas tousser.
-Moi ? Non, mais toi t'as l'air d'en avoir un pas mal grand vu ta tronche.
-C'est gentil de t'inquiéter pour moi, fis-je, je crois que c'est simplement ta sœur qui ma fatigué hier soir.
Le visage de Potter devint rouge et tout sourire sarcastique avait disparu.
-Qu'est-ce que tu insinues Black ? gronda-t-il.
Lupin posa une main sur son bras.
-Calme-toi James, il dit ça pour te provoquer.
Je souris. J'avais l'avantage de connaitre son point faible. J'ouvris la bouche, Narcissa me lança un regard qui voulait dire « Arrête ».
-J'insinue rien du tout, mais tu devrais savoir que ta sœur, derrière ses lunettes, c'est vraiment un bon coup.
Lupin ne put l'empêcher de me sauter dessus et me décrocher la mâchoire. J'allais répliquer au coup, mais une voix aigue m'arrêta.
-Arrêtez !
Je tournai la tête et vit Evans, qui nous regardait, furieuse.
-Vingt points en moins pour Gryffondor et Serpentard. Merci Potter de me faire enlever des points à ma propre maison.
Lupin profita de la diversion pour prendre Potter à part. Je portai ma main à ma bouche.
-Tout compte fait, je crois qu'on va t'accompagner à l'infirmerie, fit Narcissa avec exaspération, tu serais capable de t'amocher encore plus en chemin.
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J'entrai dans l'infirmerie sans toquer. L'occupante des lieux accourut vers moi.
-Mr Black, qu'est-ce que vous avez encore fait, me reprocha-t-elle.
-Je me suis pris une porte.
-C'est ça, fit elle en roulant des yeux. Asseyez-vous ici, je reviens.
J'obéis sagement, et m'assis sur le lit qu'elle m'avait désigné. L'infirmerie semblait vide, sauf un lit qui était entouré de rideaux. J'attendis cinq minutes, Mrs Pomfresh ne semblait toujours pas vouloir revenir. Peut-être qu'elle voulait me faire regretter le fait de m'être battu, ma mâchoire m'élançait énormément. J'éternuai. Un bruit se fit entendre de l'autre côté des rideaux qui entouraient le lit.
Je me mordis les lèvres, la curiosité me rongeait, mais l'infirmière revint avant que je ne pus faire quoi que ce soit. Elle soigna ma mâchoire et me fit boire une potion. Elle fronça les sourcils en m'observant et posa sa main à plat sur mon front.
-Merlin, mais vous êtes brûlant ! s'exclama-t-elle
-Euh …
-Pourquoi ne m'avez-vous pas dit que vous aviez la grippe ? demanda-t-elle sans comprendre.
-Je voulais pas de pimentine, soupirai-je
Cette potion avait pour effet de faire sortir de la fumée par les oreilles de celui qui l'avalait pendant plusieurs heures. Pomfresh roula des yeux.
-Ne bougez pas, m'ordonna-t-elle.
Dès qu'elle eut disparu de mon champ de vision, je sautai du lit et m'approchai des rideaux blancs. J'hésitai une demi-seconde et passai la tête par l'ouverture. Une jeune fille brune dormait, un air paisible sur son visage pâle. Sa poitrine se soulevait lentement, au rythme de sa respiration. Je la reconnus sans peine, la fille qui avait failli se noyer. Pas étonnant qu'elle se trouvait dans un état pire que le mien. Elle avait passé beaucoup de temps dans l'eau gelée.
J'allais retourner m'assoir, ma curiosité satisfaite, lorsque mes yeux furent attirés par ses poignets enroulés dans des bandes. Mes yeux s'écarquillèrent. Est-ce que...
-Monsieur Black ! s'indigna une voix derrière moi.
Je sursautai, faisant un bond en avant, et me pris les pieds dans le rideau. Étalé par terre, je relevai les yeux, vers la jeune fille réveillée et qui me regardait, un air effrayé sur le visage. Je clignai des yeux et me relevai rapidement, gêné.
-Désolé, je ne voulais pas…
-Mr Black ! tonna Pompom menaçante, laissez Miss Jordan tranquille.
Elle me prit le bras et me tira sans ménagement hors des limites que je n'aurais pas du franchir. Elle me fit assoir sur mon lit, comme si j'étais un petit enfant.
-Je ne peux pas vous donner de pimentine avant deux heures à cause de la potion que je vous ai fait avaler avant. Les effets secondaires qui se produisent lorsqu'on prend ces deux potions ensemble sont trop risqués. Alors vous resterez là jusqu'à ce que je puisse vous la faire boire.
-Vous ne pourriez pas me donner le flacon et me laisser partir ? demandai-je un peu naïvement.
-Non. Et faites vous oublier, vous en avez assez fait pour aujourd'hui, compris ?
En voyant qu'elle attendait un accord de ma part, j'hochai la tête à contrecœur et elle disparut dans son bureau. A cause de ça, je n'allais pas pouvoir profiter des deux heures de libre à la place du cours de botanique. En plus elle allait certainement me forcer à aller en cours après… avec mes oreilles fumantes bien sûr. Juste pour se venger.
Je soupirai. Si ma mâchoire ne me faisait plus mal, ma tête semblait être martelée de coups à chaque pensée qui la traversait. Je m'allongeai sur le lit et croisai les bras derrière ma nuque. J'observai le plafond d'un blanc immaculé qu'aucune imperfection ne venait déranger. Je fermai les yeux et m'endormis aussitôt.
XoXOxOxOXoxOxOx
-Monsieur Weasley, je vous ai déjà dit que vous pourriez venir la voir ce soir pendant les heures de visite, résonna une voix que je connaissais bien à force.
Mes yeux s'ouvrirent à demi. De mon lit, je pus apercevoir un jeune homme qui avait l'air impatient sur le pas de la porte.
-S'il-vous-plait, juste deux minutes, je veux voir comment elle va, supplia le grand rouquin.
-Ce soir, fit l'infirmière d'une voix sans appel avant de refermer la porte au nez de l'élève.
Je me redressai sur le lit de façon à me tenir assis et étirai mes bras. Je me demandais combien de temps je m'étais assoupi.
-Ah vous êtes réveillé, vous, fit Pompom en me voyant bailler.
Elle m'examina rapidement.
-Votre fièvre a augmenté, fit-elle en se mordant les lèvres. Je devrais peut-être vous donner la potion…
Elle me questionna du regard.
-C'est vous l'infirmière, fis-je en haussant les épaules.
-Comment vous sentez-vous ? me demanda-t-elle sans prendre en compte mon insolence.
-Super, j'aimerais bien danser le tango et vous ?
Une quinte de toux me fit plier en deux, elle prit sa décision. Elle attrapa un flacon dans sa poche et me le fit avaler sans me demander mon avis. Je n'eus pas le temps de lui demander quels étaient les effets secondaires qu'elle me fit coucher de force.
-Vous restez ici ce matin, dit-elle pour toute explication.
-Mais - voulus-je protester
-Je commence à en avoir assez de vos pleurnicheries Mr Black, me coupa-t-elle, Vous restez ici, un point c'est tout.
Je croisai les bras, mécontent. Cette femme était un vrai Tiran. Pompom s'éloigna de moi, et retourna dans son bureau. Mes oreilles devaient certainement déjà être entrain de fumer.
Mes yeux portèrent sans le vouloir sur ma gauche, et je me retins de sursauter lorsque je vis que les rideaux n'étaient plus tirés, et que Jordan me regardait, un petit sourire en coin. Lorsqu'elle vit que l'avais remarqué, elle rougit et détourna les yeux. Mon regard porta sur ses poignets qu'elle cacha rapidement sous ses draps.
-C'était pas un pari cette histoire de lac, fis-je.
Elle ne répondit pas, tourna la tête vers la fenêtre.
-Est-ce que tu évites toujours les questions en faisant comme si tu n'avais pas entendu ? demandai-je.
Elle fronça les sourcils. Je remarquai que son visage était très expressif, elle semblait agacée. Elle serra les dents et me lança un regard peu amical.
-Mais pourquoi ? fis-je.
Une lueur de tristesse passa sur son visage. Je supposai qu'elle ne répondrait pas. Ses yeux se posèrent sur ma mâchoire, certainement enflée. Un de ses sourcils se leva, interrogateur.
-Potter, dis-je, répondant à sa question muette.
Elle eut un léger sourire moqueur et fut secouée d'un petit rire silencieux.
-Pas ton amie, précisai-je, son frère. Il n'a pas apprécié quand je lui ai dit que sa sœur était un bon coup.
Le sourire de la fille se fana, et sa peau blanchit encore un peu si c'était possible.
-Mais non, fis-je en roulant des yeux, je voulais simplement l'énerver un peu. Je ne sais pas pourquoi il est aussi protecteur envers sa sœur. Ils ne s'entendent pas du tout d'après ce que j'ai pu entendre.
Jordan hocha la tête.
-Mr Black, vous êtes infernal, soupira Mrs Pomfresh en revenant vers moi.
Je vis du coin de l'œil Jordan rire à côté de moi.
-Vous voulez bien arrêter de déranger mes patients ? fit Pompom.
Je lui fis un sourire angélique qui radoucit les traits de son visage.
-Dormez, vous en avez besoin, fit-elle en roulant des yeux.
J'hochai la tête gentiment. La porte s'ouvrit à ce moment-là.
-Mr Weasley, vous me prenez pour une imbécile ? tonna la voix de Pomfresh.
J'aperçus le roux qui se tenait le nez entre les mains, ses mains elles-mêmes étaient écarlates.
Elle fit s'assoir le jeune sur le lit à côté de celui de Jordan qui lui lança un regard réprobateur et l'infirmière lui soigna son nez d'un coup de baguette.
-Attendez-moi ici, je vais vous chercher une potion, grogna la femme imposante.
A peine eut-elle disparu que le roux s'élança vers la jeune fille.
-Evie, pourquoi ? gémit-il en prenant la main de la jeune fille.
Celle-ci avait s'était renfermée. Elle détourna les yeux, une gêne évidente se lisait dedans. Sauf que son regard tomba sur moi. Elle me supplia silencieusement, comme si elle espérait que je la sauve. Elle me prenait pour son prince charmant ou quoi ? Y'avait pas écrit « bonne poire » sur mon front. Toutefois, je n'arrivai étonnamment pas à résister à son regard.
-Weasley t'es vraiment le pro de la discrétion. Il ne t'est pas venu à l'idée que le sang sur tes mains allait peut-être tacher les draps blancs? fis-je.
Le roux me jeta d'abord un regard étonné, remarquant ma présence, et aussi par le fait que je lui adressais la parole, puis ses yeux portèrent sur ses mains qui s'étaient agrippées aux draps maintenant tachés de rouge.
-Mr Weasley, qu'est-ce que je vous avais demandé ? aboya Mrs Pomfresh, Décidemment, Miss Jordan vous faites l'effet d'un aimant sur mes malades aujourd'hui.
La concernée rougit violemment, Weasley sembla comprendre la phrase de travers et me jeta un regard meurtrier.
Elle tendit la potion au roux et lui demanda gentiment de déguerpir après la lui avoir faite avaler.
-Mr Black, calmez vos ardeurs ou je vous jette de l'infirmerie, malgré vos oreilles fumantes, me lança Mrs Pomfresh.
Je plissai les yeux. Elle n'oserait pas quand même ? Mettre un malade à la porte ? Par prudence, je me tus et m'allongeai de nouveau sur le dos. Mon regard fut attiré par la fille à côté de moi qui avait fermé ses yeux si expressifs. Son visage fin semblait toujours aussi malade, ses yeux étaient soulignés de cernes bleues qui accentuaient sa pâleur…
Dire que cette fille ne m'intriguait aurait été mentir.
XoxOXOxXOXOXOxOXOxX
