Dolly


Cela faisait maintenant près de deux mois qu'ils avaient quitté la Pointe du Dragon, deux mois qu'ils campaient dans des plaines, serrés par milliers. Les premières nuits, les hommes chantaient, braillaient, se bousculaient sans cesse, riant aux éclats, pariant sur le nombre de « têtes de lions » qui allaient tomber au premier assaut, chacun vantant ses exploits passés, pour la plupart probablement faux. En pleine nuit les gens se faisaient des farces, se balançant un seau d'eau sur la tête par ci, jetant un confrère dans un tas de boue par là. Cette guerre vers laquelle ils marchaient semblait être un festin tel qu'ils n'en avaient jamais vu. Puis ils arrivèrent aux Twins. Deux grandes tours liées par un pont. Le seul moyen de rejoindre le Sud tout en évitant de perdre un mois de plus. Robb Stark en personne était alors parti négocier avec son propriétaire afin d'avoir le droit de passage. Une fois ce pont traversé et le nouveau camp installé, les nuits furent beaucoup plus calmes. En effet, il n'étaient plus très loin des premières troupes Lannister et la réalité de la guerre commençait à rattraper les soldats. Au lieu de raconter des histoires drôles, les hommes commençaient à parler du camp adverse, en bien ou en mal selon chacun. Certains vantaient la force des Lannister, leur courage, le fait qu'ils étaient la famille qui avait su s'asseoir sur le trône de fer, tandis que les autres parlaient de leurs défaites, leur lâcheté, du fait qu'ils n'étaient qu'une famille tandis qu'eux, avec Robb Stark, avaient réunis la majorité des bannières du Nord. Puis, après une avancée de leurs troupes, les Lannister avaient lancé un petit assaut, probablement en guise de test. « Ridicule ! » avait rit Rodrick Forrester, le meilleur soldat d'une autre petite maison. Après ce premier assaut raté des Lannister, les soldats s'étaient légèrement détendues. Partout on commençait à dire que la guerre allait être facile, que Tywin Lannister, leur général, commençait à se faire trop vieux, qu'il serait incapable de lutter face aux stratégies d'un « jeune roi » comme Robb Stark. Aujourd'hui, quand la lune aura tout juste dépassé son plus haut point, ces stratégies de « jeune roi » allaient être mises en pratique.

Marchant entre les tentes, Dolly regardait avec une certaine fierté ces soldats qui se préparaient déjà pour la bataille à venir. Il était le second de Lord Bowliser ici. Plus jeune il avait été son écuyer, puis il était devenu un chevalier à part entière avant de rejoindre la garde personnelle du chef de cette petite famille qu'il aimait servir. Depuis quatre ans maintenant il était chef de la garde du seigneur de la Pointe du Dragon. Un véritable honneur pour lui. Dolly reconnut les bannières autour de lui et su qu'il n'était plus loin des tentes des Bowliser. Dans sa main gauche il tenait un petit parchemin roulé, sur lequel apparaissait un sceau rouge représentant un arc armé d'une flèche.

- De bonnes nouvelles ? Demanda Dolly à Lord Bowliser tandis que celui-ci lisait le parchemin avec attention.

Ils n'étaient que tous les deux dans la tente principale, et dehors les hommes portant les armures de leur maison étaient déjà presque prêts au combat.

- Il a raison, répondit Tomos en posant le parchemin sur la grande table qui s'étalait devant lui. Les membres du conseil restreint ont discuté de notre situation. On ne peut pas accepter de se battre à l'épée.

Il releva la tête vers Dolly.

- Vient avec moi, dit-il, je vais parler à « Lord Stark ».

Il avait bien insisté sur les deux derniers mots, comme s'il se moquait de ce titre obtenu de façon précoce par le fils aîné de cette famille. En sortant de sa tente, Tomos attrapa l'un de ses hommes par le bras, surprenant ce dernier. Tous ceux qui étaient assez près pour l'avoir remarqué observèrent la scène avec attention.

- Dit à nos hommes que nous ne nous battrons pas ce soir. Nos armes, ce sont les arcs.

Puis il relâcha le soldat qui semblait ne pas comprendre exactement ce qu'on venait de lui demander. Zigzaguant entre les tentes qui s'étalaient sous différentes bannières, Lord Tomos eut rapidement fait de rejoindre celle qui trônait au centre, royalement surplombée de la grande bannière blanche habitée d'une tête de loup-garou grise. Mais à peine eut-il aperçut la bannière que des gardes lui bloquèrent le passage.

- Je veux parler à Lord Stark, dit-il.

- Il se prépare, répondit l'un des gardes, je ne peux vous laisser passer.

Il était évident que Robb Stark avait d'autres choses à faire arrivé aussi près d'une bataille qui allait probablement être difficile, bien qu'évidemment dominée par le Nord. Il ne fallut pas longtemps pour que le jeune roi du Nord sorte de sa tente. N'hésitant pas un seul instant, Lord Bowliser l'interpella immédiatement :

- Lord Stark ! Lord Tomos, de la maison Bowliser.

Robb Stark s'arrêta en entendant le titre de celui qui l'appelait. Alors il fit signe aux gardes de le laisser passer. Il rejoignit donc son roi, suivit de près par Dolly.

- Votre nom me dit quelque chose, dit Stark, de quelle maison êtes vous banneret déjà ?

- De la maison Bolton, monseigneur, et cela depuis plus de deux cents ans.

Robb Stark le regarda de la tête au pied puis réfléchit une seconde.

- Vos hommes étaient les premiers à défendre le camp à l'arrivée des quelques troupes Lannister, n'est-ce pas ? Demanda Stark avec un regard qui lui donnait une certaine sagesse.

- C'est cela.

- Votre maison n'est pas très grande monseigneur, mais vous avez malgré tout décidé de vous joindre à nous. Toutes les petites maisons ne l'ont pas fait. Et le Nord se souvient.

Il y eut un petit silence puis Stark reprit la parole :

- Vous battrez-vous à nos côtés cette nuit ?

Dolly senti une légère pression l'envahir. Lord Bowliser savait ce qu'il faisait, mais la réponse qu'il allait donner serait délicate.

- Non, dit Tomos, pas cette fois. Vous avez décidé que cette bataille se ferait sans archers, et les soldats de notre maisons sont de piètres épéistes. Nous pensons préférables de préserver nos hommes pour les batailles qui demanderont des tires de précision.

- C'est une sage décision, en effet. Pour quelle raison vouliez-vous me voir ?

- Disons que Lord Bolton nous a demandé de nous battre cette nuit, refusant d'entendre nos explications. Il tient à ce que ses bannerets montrent l'exemple en suivant le roi du Nord à chaque occasion.

Robb Stark eut un regard suspicieux envers Tomos Bowliser mais, bien que le jeune roi était imposant, le seigneur de la famille Bowliser avait au moins une vingtaine d'année en plus et sa carrure comme la force de son regard égalaient aisément celles de Stark.

- Je parlerai à Roose Bolton, dit Stark, vos hommes ne se battront pas ce soir. De toutes façon, les Lannister n'ont aucune chance cette nuit.

- Merci monseigneur, dit Tomos en inclinant légèrement la tête. Je vous souhaite bon courage pour cette nuit.

- Soyez prêts pour la suite, l'hiver vient pour les Lannister.

Cette épreuve qui n'avait pas plu à Dolly étant passée, Lord Bowliser et lui-même étaient retournés auprès de leurs hommes qui avaient décidés pour la grande majorité de se déséquiper, certainement en grande partie avec soulagement. Dolly partagea sa joie d'une nuit sans dangers avec tous les hommes tandis que leur seigneur s'était enfermé dans sa tente, préoccupé par on ne savait quoi. Ne voulant manquer à son devoir, Dolly abandonna rapidement ses compagnons pour rejoindre son seigneur. Lorsqu'il entra dans la tente, Tomos était debout, appuyé sur la petite table qui permettait d'établir toutes sortes de stratégies.

- Un problème monseigneur ? Demande Dolly avec un regard inquiet.

- Nous traversons une période relativement bonne. Certes il y a cette guerre, mais les seigneurs du Nord marchent tous dans la même direction, et les talents et avantages de notre maison ne passent pas inaperçus aux yeux de tous. Nous devons en profiter et nous ouvrir à de nouvelles perspectives, comme le disent les Stark : L'hiver vient. Et quand il sera là, il sera trop tard pour chercher à s'unir, chacun aura suffisamment à s'occuper de la famine, des rébellions et des pillards dans son propre royaume.

- Vous avez eu une proposition ? Demanda Dolly qui connaissait trop bien Tomos pour se tromper.

- Je voulais attendre la fin de la bataille pour y réfléchir, mais maintenant que je sais que l'on reste ici, je me dis que je ferais mieux de ne pas traîner. Si je ne me trompe pas, le conseil restreint se réuni demain à la Pointe du Dragon. Un corbeau envoyé dès maintenant sera reçu avant qu'ils ne prennent leurs décisions sur les questions du royaume. Je ne veux pas leur ajouter de problèmes, mais comme je te l'ai dis, nous devons profiter de cette période favorable aux unions.

- De quelle maison s'agit-il ?

- J'ai parlé à Lord Galbart, de la maison Glover. Comme tu le sais, nous sommes en bons termes depuis longtemps, et la proximité de leur château à Motte-la-forêt a permit à nos deux maisons de garder une bonne entente favorable dans les deux sens.

Motte-la-forêt était au Nord-Ouest de la forêt des loups, et si la maison Glover n'était pas très grande, elle restait tout de même plus puissante que les Bowliser. Une demi-journée à cheval permettait de traverser la distance qui séparait les deux maisons du Nord. Et lorsque les villageois de Bowtown avaient commencé à faire du commerce, c'était avec la maison Glover, qui souffrait alors à ce moment de manques de nourriture. Même si les Bowliser étaient très bien payés pour cet apport régulier et nécessaire, cet échange nouveau avait grandement rapproché les deux maisons, qui s'étaient jusque là contentées de se respecter comme voisins et fidèles des Stark. Puis, à plusieurs reprises, les deux maisons s'étaient mutuellement invitées à des festins, certes moins garnit et riches chez les Bowliser, mais toujours appréciés. Robett Glover, le frère du seigneur de cette famille, était présent à quasiment chaque occasion, accompagné de sa femme Sybelle et de ses deux enfants, Gawen l'aîné de 21 ans et Erena la plus jeune de 18 ans.

- Galbart Glover pense que nos maisons devraient s'unir de façon officielle.

- C'est une excellente nouvelle ! Mais ces enfants sont ceux de son frère. Ce dernier est-il au courant ?

- Ils en ont parlé et sont d'accord tous les deux. Ils aimeraient marier leur fille, Erena.

- J'imagine qu'ils voient Tristan comme prétendant idéal ?

- Il est celui qui prendra la tête de le Pointe du Dragon après moi, c'est évident qu'ils aimeraient que leur fille devienne sa femme.

- Et qu'en pensez-vous ?

- Je ne sais pas... Si un jour cette fille venait à être la dernière héritière de leur famille et qu'elle est mariée à l'un de mes enfants, la maison Glover pourrait devenir nôtre. Encore faut-il que cela arrive.

- Tristan pourrait être marié à une fille unique d'une autre maison, faisant de lui l'héritier de cette maison. Mais bon, allez trouver un seigneur prêt à laisser sa fille à une maison aussi petite que la notre.

Tomos soupira.

- Ne devrions-nous pas laisser mes enfants choisir de leur propre union ?

- Le risque étant qu'aucun d'entre eux ne veuillent se marier. Si Tristan refuse et que nous marrions Ilian à Erena Glover, ils seront ravis, mais inutile de parler de leur déception malgré tout. Ilian est le dernier de vos enfants. Alors imaginez quel message cela enverrait si ni Tristan ni Ilian n'acceptaient ?

- Tu as raison Dolly, c'est risqué. Mais notre famille a toujours favorisé la liberté, le fait de ne pas suivre ces volontés idiotes de vouloir marier ses enfants à ceux de belles familles à tous prix...

- Vous avez raison monseigneur, ces libertés sont importantes. Si aujourd'hui chacun de vos enfants -notamment Elia- ont ce caractère et cette capacité à diriger la maison Bowliser, c'est en partie parce que vous leur avez toujours laisser prendre des décisions et en subir les conséquences. Ils sont peut-être capables de prendre la meilleure décision pour eux et leur famille, mais aujourd'hui, vous seul avez le pouvoir.

- Ils sont mes enfants, Dolly, je ne suis pas objectif. Toi qui connaît bien notre maison, mes enfants, Westeros... dis-moi : Que dois-je faire ?

Dolly senti comme un poids s'écraser sur ses épaules. Le regard gris de Lord Bowliser était planté dans le siens et il était évident que l'homme attendait une réponse. D'un côté, Dolly pouvait lui conseiller de prévenir ses enfants de l'offre de mariage de la famille Glover, et ainsi les laisser prendre une décision eux-même, d'un autre côté il pouvait conseiller à Lord Bowliser de ne pas les prévenir et d'attendre plus tard pour décider lui-même de ce qu'il en serait. Chaque solution était tentante, chacune avait ses propres risques. Dolly savait que Tomos ne voulait pas devenir le « dictateur » qu'il pouvait devenir, mais en même temps il était évident que la décision des enfants devrait être assumée par toute la famille...

Lord Bowliser continuait de fixer Dolly. Les prochains mots qu'il allait prononcer seraient, quels qu'ils soient, lourds de conséquences...


Quel conseil Dolly doit-il donner à Lord Bowliser ?

1. Prévenir les enfants pour la proposition de mariage et les laisser choisir (voté)

2. Ne pas les prévenir et prendre une décision pour eux plus tard


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