Chapitre II
J'activais alors l'alarme de la voiture tandis que je serrais fermement le manteau en cuir qui protégeait le volant. Le bruit sourd et aigue me traversa la tête, insupportable à une heure pareille. J'étais la première à partir.
« … Luka, tu me reçois ? Un appel anonyme nous signal un vol au Mémorial Muséum de la capitale, fit une voix qui grésillait dans le haut parleur de la voiture.
- Très bien, je suis en route, Commandant.
- Une équipe te rejoindra une fois sur place, Luka, fait attention ! »
J'accélérais, passant les vitesses les unes après les autres, je ne pouvais pas la laisser s'échapper, pas encore. Je dépassais les quelques autres véhicules sur la route nationale, en une dizaine de minutes, j'arrivais à son entrée. Je coupai alors l'alarme de la police, si je ne voulais pas la faire fuir, je devais la jouer discret, elle ne devait pas savoir que j'étais là.
Je ralentis à quelques dizaine de mètres du Mémorial Muséum, et gara mon véhicule dans une allée à l'abri des regards. Je sortis alors de la voiture après avoir saisis mon 9mm.
Cette nuit là, il faisait inhabituellement froid, assez pour que les quelques gouttes de pluies qui tombaient me glacent le visage. Je me rapprochais lentement mais surement du musée, prenant soin de en pas me faire remarquer, empruntant la sortie de secours à l'arrière du bâtiment. J'arrivai dans une cage d'escalier, je n'en savais pas plus sur la situation que ce que l'on m'en avait dit. Où se trouvait-elle, à quel étage, que volait-elle. Je ne savais rien.
Il fallait dire qu'elle était excellente dans ce qu'elle faisait, pas que ce soit un don de pouvoir voler sans se faire prendre, mais elle le faisait avec un professionnalisme qui était surprenant tant elle paraissait jeune. Elle m'échappait toujours, qu'importe l'endroit, qu'importe le moment, pas une seule fois je n'avais réussi à la coincer. Pourtant plusieurs fois nous nous étions retrouvées face à face, mais même là, elle trouvait toujours le moyen de disparaitre. Hatsune, j'avais l'impression que toute ma carrière reposait sur ce cas.
Le musée était grand, trop vaste pour que je tombe sur la criminelle par hasard. Je montais au premier, ne faisant aucun bruit, me fiant à mon ouïe et à mon instinct comme carte et boussole. Rien à cet étage, pas un bruit, pas même une mouche qui volait. Je montais alors au suivant, je remarquai soudainement qu'aucune alarme n'avait retentit lorsque j'avais pénétrée à l'intérieur du Mémorial Muséum, les avait-elle désactivé ? Le système de sécurité était pourtant complexe, et il était impossible de déconnecter tous les circuits d'alimentation, il devait donc en rester, probablement autour des œuvres d'arts même. Je jetai un œil dans chaque couloir, chaque pièce, sans rien remarquer d'étrange, ici non plus. Puis je perçu un léger tapotement, irrégulier, provenant d'au dessus. Le son résonnait dans l'immense espace. Des bruits de pas ?
Je m'empressais alors de monter au troisième étage, me dépêchant, discrètement, d'aller vers la pièce d'où m'avaient semblé provenir les fameux tapotements. Mon cœur s'accélérait à chaque pas que je faisais, je longeais les murs, l'arme au poing levée. Je me cachai derrière un renfoncement de mur, pour prendre une grande inspiration, puis surgit soudainement.
« - Ne bouge plus, criai-je alors. »
Rien, pas un chat, pas une ombre, pas un bruit. Etait-elle déjà partit ? Je soupirai alors. Ce n'était pas possible, ça ne pouvait pas l'être, elle ne pouvait pas m'avoir échappé, une fois de plus.
« - Tu es persévérante, pour continuer à me courir après, fit soudainement une voix derrière moi. »
Je me retournai, me retrouvant face à la coupable toute de noir vêtue. C'était bien elle. Ce sourire sournois, sculpté sur ses lèvres, m'agaçait au plus au point, l'air de dire « encore une fois, j'ai gagné ». Et son regard, profond, ses deux yeux cyans qui me fixaient, n'en disant pas moins. C'était comme si elle avait su que je serais là. D'ailleurs, j'étais la seule ici, en plus de la voleuse, mais où étaient donc les unités qui devaient me rejoindre ? Je tendis les bras, mon semi-automatique pointé sur la jeune fille, le doigt sur la gâchette. Je ne la quittais pas des yeux. Pourquoi avait-elle l'air si détendu, alors que mon arme était braquée sur elle, alors que je la tenais enfin. Une vrai professionnelle, entre sa tenu noir qui amincissait sa svelte et petite silhouette, et ses cheveux cyans attachés en deux queues de cheval sur sa tête, tous les détails de la parfaite voleuse.
« - Tu comptes faire quoi maintenant, me tuer ? demanda-t-elle comme pour se moquer de moi.
- Si tu ne t'enfuies pas je n'aurais pas à en arriver là, personne ne sera blesser, soit raisonnable, Hatsune. »
A bien regarder, on aurait dit que j'étais arrivé au bon moment, un tableau avait été décroché, mais elle n'avait pas eu le temps d'en découper la toile. Aujourd'hui, serait son dernier crime !
La jeune fille eu soudainement un sourire un coin, et fronça rapidement les yeux, ce qui, étrangement, me déstabilisa l'instant d'une demi seconde, mais qui lui suffit pour qu'elle me jette une sorte de mini fumigène au pied et qu'elle s'enfuit par le couloir. Je me mis immédiatement à sa poursuite.
« - Arrête-toi hurlais-je dés que je l'apercevais, sans réponses. »
Couloirs, couloirs, escaliers, couloirs, escaliers, le souffle commençait à me manquer, et à elle aussi, probablement. J'étais de nouveau au premier étage. Le silence, à nouveau. La criminelle devait se cacher quelque part. J'avançais à pas de loups, pour ne pas dévoiler ma position, restant attentive au moindre bruit qui pourrait me parvenir. Je fermais les yeux, diminuant ma respiration, si elle avait le souffle court, je saurais l'entendre. De ce côté !
« - C'est terminé ! Fis-je en braquant mon arme sur la coupable qui s'était dissimulée derrière une statue géante de dinosaure. Et ne songe même pas à recommencer tes mesquineries afin de t'enfuir par derrière, des renforts devraient déjà être là ! Et d'ailleurs… »
Luka sourit à son tour, voyant la jeune voleuse commencer à perdre son sang-froid, son air sournois disparut en même temps que le son des sirènes de polices, et des pas pressés des hommes de faisaient entendre.
Quatre hommes armées firent soudain leur apparition dans la pièce, à quelques mètres de la capitaine, qui se mirent en rang, braquant chacun leur arme. Je pouvais enfin me détendre un peu, et relâcher la pression, c'était terminé.
« - Hatsune, Megurine Luka, ne bougez pas, vous êtes en état d'arrestation ! Fit-alors l'un des hommes. Veuillez jeter votre arme à terre ! »
J'écarquillai les yeux, sans comprendre, jusqu'à ce que l'homme répète une deuxième fois sa phrase. Pourquoi devais-je mettre arme à terre, pourquoi étais-je traiter comme une criminelle.
« - Qu'est ce que vous raconter, je suis le capitaine Megurine, idiots ! Rétorquai-je alors. »
J'entendis soudain un nouveau bruit de pas en notre direction, une grande silhouette faisant bientôt son apparition. Ces cheveux mauves… C'était le commandant ! Mon visage s'illumina d'un coup, pensant qu'il allait pouvoir régler ce malentendu.
« - Jetez votre arme Capitaine ! Fit le nouveau venu en pointant à son tour son arme. Je suis désolée Luka, mais nous avons reçu des informations, qui t'impliquent directement dans la complicité de tous ces vols, alors ne fais pas de résistance, s'il te plait. »
Non. Impossible, ce n'était pas possible, qu'allais-je faire, et surtout, que devais-je faire…
