KyouHaba pour le thème "Expression"

Enjoy.


Yahaba ne savait pas quoi penser.

Était-il en colère ?

Était-il blasé ?

Était-il heureux ?

Non, il ne saurait décidément jamais de quelle humeur était Kyoutani.

Lorsqu'il était contrarié il grognait, lorsqu'il était dépassé il grognait, lorsqu'il riait il grognait.

Peut-être.

Avait-il déjà ri un jour en fait ?

Ses sourcils constamment froncés allaient finir par lui donner des rides dans deux ou trois ans, sa bouche retroussée -comme s'il se retenait de dévorer tout le monde- abîmait ses fines lèvres, sa voix enrouée à force de garder le silence résonnait agréablement parfois, agressivement d'autres fois, mais seulement lorsqu'il leur faisait l'honneur de prononcer le moindre mot. Même si ses paroles n'étaient jamais de belles et tendres déclarations d'amour.

Était-il un animal ou une chose du genre ?

Kyoutani n'avait jamais semblé vraiment heureux au quotidien. Il était tellement inexpressif qu'il battait largement Iwaizumi sur ce point là. C'était d'ailleurs le seul domaine où le champion ne faisait pas le poids.

Il ne semblait pas malheureux pour autant d'ailleurs.

Kyoutani n'était pas une perle rare que tout le monde s'arrachait, ou un homme élégant que tout le monde désirait ardemment. Il avait plutôt tendance à repousser tout ce qui ressemblait à un être humain en grognant comme une bête féroce, comme s'il était prêt à bondir sur sa victime.

Yahaba gardait toujours précieusement l'idée de l'animal.

Si le blond n'était point expressif, on pouvait tout de même discerner avec une facilité déconcertante la colère lorsqu'elle se manifestait, et il ne fallait surtout pas être dans les parages. Vu la tronche qu'il tirait tous les jours, le deuxième année se demandait sérieusement s'il ne se levait pas du pied gauche à chaque fois.

Dormait-il les sourcils froncés aussi ?

Non, il ne savait toujours pas déchiffrer toutes les expressions de son coéquipier.

Il était même persuadé qu'une vache souriait plus que lui.

Pourtant, il y en avait une, une qui se démarquait le plus parmi toutes les autres, et il était capable de la reconnaître.

Celle qu'il affichait si rarement.

Celle qui était la plus belle.

Celle qui était si précieuse pour lui.

Celle qui le faisait fondre à chaque fois qu'il la surprenait.

Quand il repensait à chaque recoin de son visage fin ou à chaque parcelle de sa peau hâlée, Yahaba se fichait complètement de connaître les autres, car elles ne valaient pas la tendresse dont Kyoutani faisait preuve lorsqu'il observait le passeur.

Il était beau lorsqu'il était doux.

Peut-être qu'il ne saurait jamais, au final.

Qu'importe.


J'ai écrit cette chose en catastrophe car je l'ai commencée vendredi et que j'ai rien pu faire ce week-end. ¯\_(ツ)_/¯

C'était même pas prévu de base ptdr.

La suite de la fic arrive soon (si des gens la suivent wtf).

Merci d'avoir lu, peace.