HELLOW HELLOW !
Comme promis hier dans mon nouvel OS "Tu sais Rosie", je poste la suite de cette fanfic ! (j'ai bien cru pourtant que je n'allais pas y arriver, car l'écriture de cet OS m'a particulièrement chamboulée...) Cette fois-ci, je vous présente le point de vu de John, différent bien sûr, son histoire, son arrivée... en espérant que vous l'apprécierez autant que le premier chapitre !
Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont laissé de jolies reviews, vous êtes des anges, Lucas, MetaRathtepes, Pitis Cookies, et le Guest ! Franchement merci beaucoup, ça m'aide à continuer !
Guest: Merci beaucoup pour ta review, c'est tellement gentil et plaisant de savoir qu'on apprécie mon idée et mes efforts de rythme, d'autant plus si tu ne laisses pas souvent de reviews ** Merci encore, et c'est avec joie que je poste la suite ! En espérant que tu aimeras autant=3
Lucas: Toi je te remercie pour ton suivi constant et je t'aime bien sûr mais ça tu le sais déjà ! Bonne chance avec cette suite =3
MetaRathtepes: Salut toi, et ouais je te réponds ici xD Merci pour ta review, tu es celui qui a le plus écrit finalement tu vois ! Et merci pour tes remarques pertinentes en tout cas ! Voici la suite !
Bonne lecture à tout le monde !
Disclaimer: je ne possède rien.
Merci à Lucas, car sans lui, l'écriture ne serait sans doute pas la même.
Pour mon amie; Valkyrie du Nord,
et un grand merci à elle, qui m'a toujours encouragée, qui me pousse à écrire, et dont j'adore les fanfics.
Un grand merci à elle pour tous ces beaux moments passés en MP,
et pour ce petit privilège auquel elle m'a fait goûter en m'envoyant une petite partie de son histoire.
Je t'adore, et merci encore.
Ce chapitre est pour toi !
Deuxième Partie-...Au Rythme des Sabots.
Pataclop…Pataclop…
La fenêtre de la calèche était crasseuse. Les doigts des enfants précédents y avaient déposé des marques, traçant de nombreux dessins informes. Des volutes de poussière venaient chatouiller son nez lorsqu'il y collait la tête, dans l'espoir d'apercevoir un paysage plus guilleret que celui des plaines piétinées par les bombes.
Ses cheveux blonds s'amusaient à s'accrocher aux rideaux de velours, épais voiles rapiécés qui s'ouvraient sur les forêts en cendres. L'électricité statique ainsi crée lui piquait la peau, déjà rougie par le grattement incessant de ses ongles.
Pataclop…Pataclop…
Une vague odeur de moisi retroussa son nez, envahissant sa tête qui se mit à tourner violemment. Ce nauséabond parfum provenait vraisemblablement du bois de la structure, embaumant tout objet sur son passage. Il allait sentir le pourri ses vêtements, ses affaires, sa peau sentiraient le pourri ! Cette senteur allait le suivre partout.
Pataclop…Pataclop…
Malgré le haut le cœur qui lui saisissait les entrailles, il ne trouvait pas ce fait si terrible que ça. Après tout, habitué aux maisons poisseuses, aux assiettes vides souillées de gras, aux durs labeurs, aux champs et à l'eau croupie, cette calèche respirait le luxe comparée à sa petite vie de paysan. Même la banquette déchirée accueillait mieux son fessier que les chaises pleines d'échardes qui hantaient ses souvenirs d'enfance.
Pataclop…Pataclop…
-Tout va bien se passer Monsieur Watson, nous arrivons bientôt.
Le jeune adolescent tourna la tête vers la jeune fille qui lui souriait, et il esquissa un petit sourire en retour.
Elle essuyait ses longs doigts blancs sur le tablier écru qui lui serrait la taille, avant de croiser ses bras sur son corsage noir. Ce geste eut pour effet d'accentuer la forme de sa poitrine généreuse, entourée d'une rangée de dentelles. Ses yeux, deux soleils collés sur un ciel pâle, brillaient de bienveillance, assortis à la longue cascade d'or qui coulait le long de son échine. Sa présence chaleureuse lui redonnait du baume au cœur.
Pataclop…Pataclop…
-Appelle-moi John, s'il-te-plaît.
Ses manières un peu gauches provoquèrent l'amusement de son interlocutrice, qui se pencha vers lui en pouffant. Il pouvait presque renifler les effluves printaniers de son parfum.
-D'accord, John. Moi c'est Laure Hudson.
Il espérait que tout le monde ressemblerait à la blonde dame là où il irait. Il tritura ses mains d'angoisse, ne sachant pas s'il devait être pressé d'arriver ou pas.
Pataclop…Pataclop…
-Hé dis, le ptiot, on vouvoie les adultes !
C'était l'autre qui venait de dire ça. Elle portait le même tablier et une robe identique, mais elle flottait dedans tant elle était maigre. Ses mains squelettiques tapaient contre ses genoux osseux au rythme des sabots.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Ses cheveux gris retenus en un chignon strict soulignaient ses traits sévères. Ses yeux délavés lui jetaient des éclairs, surplombant deux pommettes ridées. La peau de son cou, pendante, tremblotait au gré des secousses intempestives, telle une poule qui glousse. Elle ressemblait à une vieille pomme ridée, gâtée par le temps.
Et il ne l'aimait pas.
-Excusez-moi…
En général, John Watson appréciait tous les autres êtres humains –l'inverse n'étant pas toujours vrai, en revanche. D'un naturel altruiste, il faisait tout pour venir en aide à son prochain raison pour laquelle il rêvait de devenir médecin. Soigner des coupures, panser des plaies, préparer des pommades correspondait à un art qu'il admirait. Son travail éreintant et dangereux l'y obligeant, il avait appris les bienfaits des plantes, les gestes de secours, et connaissait mieux que beaucoup d'enfants l'anatomie humaine.
Cependant son milieu d'extraction ne lui permettait pas d'avoir accès aux informations qui l'intéressaient. L'éducation précaire qu'il recevait ne comprenait évidemment pas de médecine. Sa soif de savoir le poussait pourtant à chercher, à poser diverses questions à tout le monde, avide de réponses.
Contrairement aux jeunes qu'il côtoyait, il faisait preuve d'une grande maturité et d'une curiosité hors-norme. Il voulait atteindre le savoir. Sa bravoure à toute épreuve se révélerait être efficace pour apprendre, il s'en donnerait les moyens, mais il devait trouver quelqu'un pour tout lui inculquer.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Malgré l'accumulation de ces preuves de bonté et de bonne volonté, John n'arrivait pas à apprécier tous ses congénères. Déjà, il détestait Anderson, qui avait osé lever la main sur la frêle Molly Hooper, la petite dernière de la boulangère. Ensuite, il n'aimait pas tous ceux qui fourraient leur nez dans les affaires des autres ou qui faisaient preuve de brutalité inutile. Enfin, la vieille mégère en face de lui représentait tout ce qu'il y avait de plus horripilant au monde. Méprisante, violente dans ses propos depuis le début du voyage, admiratrice des ragots en tous genres et stupide comme ses pieds. Il détestait ces humains-là, ceux qui se pensaient supérieurs et parlaient de choses qu'ils ne connaissaient même pas.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
D'ailleurs, elle du sentir qu'elle le répugnait, car elle essaya maladroitement de se rattraper.
-Tu vas bien gamin ?
John grimaça, manquant de s'étouffer de surprise. La question se révélait particulièrement inadaptée à la situation délicate. Cela n'avait aucun sens. Bien sûr que non, ça n'allait pas. Il ne comprenait même pas ce qui lui arrivait, ne parvenant pas à affronter la réalité ! Il réalisait à peine qu'il ne verrait plus sa famille. Plus jamais. Sa mère ne le prendrait plus dans ses bras, on ne lui chuchotera plus « Je t'aime », on ne lui demandera plus « Comment ça s'est passé, aujourd'hui ? » dorénavant. Il ne ramènerait pas de bois pour le feu tous les soirs, et il n'y aura plus que le vent pour le bercer la nuit, remplaçant les tendres baisers sur la tempe.
Il était bien trop tôt pour confronter cet ennemi commun à l'espèce humaine appelé le passé.
-Mes parents sont morts…
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
-Ma sœur est morte…
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
-Ma famille est morte…
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
-Ils sont morts, je ne vais pas bien, répondit-il, articulant de façon exagérée pour entendre ses propres mots.
Ainsi détachés les uns des autres, il les comprenait mieux. Il sentit ses yeux s'embrumer inéluctablement.
A quatorze ans, au vu des derniers évènements, il s'était préparé à la mort, s'imaginant qu'elle viendrait directement de la guerre qui faisait rage. Ce fut vrai pour son père. Un beau jour, un homme à cheval leur avait annoncé le décès du soldat sans une once de compassion. Cela n'avait rien d'étonnant, pourtant le chagrin fut lourd dans le foyer des Watson. Après cette nouvelle, la vie devint encore plus pénible. John et sa sœur, Harriet, travaillant d'arrache-pied pour aider leur mère, mettaient de côté leur santé et leurs amis. Cela ne suffit pas. Madame Watson tomba gravement malade. Le peu de docteurs qui se retrouva à son chevet ne parvint pas à déterminer ce qu'elle couvait. On interdit à ses enfants de s'approcher de sa chambre, par mesure de sécurité, et principalement à son fils, qui semblait bien trop curieux et inquiet, désirant soigner sa chère mère.
Cette période de la vie de John fut la plus obscure de toutes. Frustré de ne pas pouvoir agir, il attendait toujours patiemment des nouvelles de la maladie, préparant chaque jour les repas peu copieux qu'ingurgitaient sa sœur et lui –quand il y en avait. La jeune fille succomba au manque de nourriture très rapidement, affaiblie depuis trop longtemps déjà. Sa mère sembla le comprendre, puisque son cœur arrêta de lutter dans la même journée, la suivant dans la mort. John en fut dévasté. En moins de quelques heures, il venait de perdre la seule famille qui lui restait.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
En à peine un mois, tout son monde s'était écroulé.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
A présent il n'avait plus rien…démuni, désespéré, il ne se reconnaissait plus.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Sa mère avait émis un dernier souhait concernant le destin de ses enfants : les seuls parents éloignés chez qui ils auraient pu être accueillit habitant dans une ville régulièrement victime de bombardements, elle demanda à ce qu'ils soient pris en charge par l'orphelinat le plus proche.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Elle savait pertinemment que leur vie serait moins précaire là-bas.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Mais John n'avait plus rien.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Même pas sa sœur…
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Oubliant qu'il n'était pas seul dans la calèche, il leva la tête vers la fenêtre, tombant nez à nez avec son reflet. Effrayé par la maigreur de son visage, il passa ses mains abîmées sur ses joues. Ses cheveux blonds ressemblaient fortement à la paille sur laquelle dormaient les porcs. Il les trouvait sans intérêt, secs, trop sales pour pouvoir être observés sans nausée. Il frotta son œil droit, et se rendit enfin compte de ce qui lui arrivait. Il pleurait.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Il essuya ses larmes du revers de la manche de son pull délavé. Hors de question de pleurer ainsi devant d'autres personnes.
Laure attrapa sa main en esquissant un léger sourire réconfortant. Il se contenta de la remercier du regard, son geste lui redonnant de la contenance.
-Désolée, s'excusa mollement la vieille dame.
Il l'ignora, se concentrant sur la route au-dehors, et le toucher de cette main étrangère qui le rassurait. Le chemin, sinueux, se prolongeait à l'infini, disparaissant dans un épais brouillard à l'horizon. Un destin funeste semblait l'attendre au bout de ce voyage.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Il n'avait aucune envie de se retrouver dans un orphelinat. Chaque levé de soleil lui rappellerait qu'il ne verrait plus jamais sa famille. Il craignait d'ailleurs que le personnel là-bas l'empêche de vivre ses rêves, d'apprendre la médecine, ou de se défouler à l'extérieur. En outre, quel couple serait assez fou pour désirer un enfant de quatorze ans ? Personne ne voulait adopter un adolescent. Lui-même ne souhaitait pas atterrir dans une deuxième famille, pour la perdre à nouveau.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Il se cogna contre la vitre quand le véhicule rencontra un rocher, sautillant sur la route. Cela s'était déjà produit un nombre incalculable de fois depuis le début du voyage, John ne se révélant pas être un grand habitué des véhicules.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Lorsqu'il releva la tête, se massant le crâne de ses doigts couleur de miel, Laure se mordait nerveusement les lèvres, étouffant son rire, ses yeux pétillants ancrés dans les siens. Sa joie étant contagieuse, il ne put retenir celui qui s'échappa de la barrière de sa bouche, et elle ne tarda pas à le rejoindre. Cette action, certes déplacée, le soulagea, et il fut prêt à parier que la blonde deviendrait sa préférée de tout l'orphelinat. Elle avait l'air plutôt jeune, il dirait à peine dix-huit ans. Etait-elle orpheline, elle aussi ? Si oui, depuis combien de temps ?
La troisième personne présente dans la calèche interrompit le cours de ses pensées.
-Tu sais ptiot, y' a pas beaucoup de places dans not' refuge, qu'j'te dis ! Nous rest'pu qu'une chambre pour toi mon ptit gars, et va falloir la partager !
-C'est pas un problème, M'dame !
La vieille dame se mit à pouffer bruyamment, tournant son visage vers Laure, qui n'eut pas l'air de partager cet amusement.
-C'est'i pas drôle, Miss, qu'i pense-ti pas qu'c'est un problème ! Mais c'est qu'c'est pas avec n'importe qui qu'tu vas avoir une piaule, petiot ! Sherlock Holmes, mon p'tit gars ! C'est'i pas de chance ! Pire crapule d'cte trou ! Un sot, que j'te dis !
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
-Un p'tit sot qui s'croit meilleur que tout le monde ! Un petit sot avec de la crâne, et des p'tits airs supérieurs, t'ça parce que c'est un ancien riche, l'aut' ! Y mange rien, i va clamser, ahah ! Comme ils disent, un monstre ! Réfléchis trop l'gamin ! Toujours tout seul, hein, personne l'aime. Trop intelligent ! 'Nous prend de haut, nous insulte ! T'es pas au bout d'tes peines !
-Arrêtez donc Olga, faudrait pas lui faire peur ! s'exclama Laure, bien plus élégante. Y a bien pire que Monsieur Holmes c'est un véritable intellectuel, c'est tout. Et qu'est-ce qu'il est doué avec un violon, le bougre ! Y a de quoi être jaloux de tant de talents ! Mais d'là à le traiter de monstre, voyons, Madame ! Un petit insolent, oui, mais ptet qu'un jour, ce sera quelqu'un de bien.
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
-Un monstre que je te dis, Johnny !
Le ventre de John se contracta. Comment pouvait-on insulter un jeune garçon ainsi ? Etait-il si abominable ? Allait-il faire de sa vie un enfer ? Le doute commença à s'immiscer dans son crâne. Trop curieux pour ne pas en savoir plus, il demanda d'un air intrigué :
-Pourquoi est-il si intelligent ?
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
-Mon gars, s'tu savais ! Il est fou ! Ou alors c'est un sorcier mais il devine tout ce qu'on fait, ou tout ce qu'on est ! L'aut' jour, Madeleine et le jardinier ont fait leurs petites affaires ! Ben t'sais pas quoi ? Il l'a d'viné ! Parce que l'autre ingénue elle sentait comme Pierrot ! Elle avait aussi des rougeurs au niveau des coudes et des g'noux ! T'imagine ?! Et qu'il est agaçant avec tous ces trucs scientifiques, là, qu'on y comprend rien ! T'm'étonnes que tout le monde se moque de lui… Ce Sherlock Holmes…même son nom est bizarre !
Pataclop…tac…Pataclop…tac…
Le petit blond se retint bien de crier le fond de ses pensées, espérant que ses yeux brillants ne le trahissaient pas. Cette capacité que détenait le jeune homme était tout bonnement incroyable ! Il ne comprenait pas qu'apparemment, il soit le seul à s'en rendre compte ! Si personne ne lui disait, il devait au moins s'en charger, ou lui en faire prendre conscience d'une manière ou d'une autre en lui montrant toute la fascination qu'il ressentait.
Soumis à une subite admiration, il dû faire preuve d'une volonté incroyable pour ne pas avoir l'air trop enthousiaste. Oh, et si ce Sherlock lui apprenait des choses en médecine ?
Pataclop…Pataclop…
Olga avait arrêté de taper contre son genou décharné.
Pataclop…Pataclop…
Ce dernier échange avait mis fin à toute autre conversation.
Pataclop…Pataclop…
La fin du trajet se fit alors dans un calme presque angoissant, les sabots des chevaux foulant le sol pour seule berceuse.
Pataclop…Pataclop…
John se bouchait les oreilles en vain ce son allait le hanter toute sa vie, lui rappelant cette sombre soirée d'été.
Pataclop…Pataclop…
L'obligeant à se souvenir de la mort tragique de ses parents.
Pataclop…Pataclop…
Le forçant à se remémorer l'infortune d'Harriet.
Pataclop…Pataclop…
-John, nous sommes arrivés.
Il se redressa, attrapant ses affaires d'une main, et descendit de la calèche inspirant une grande bouffée d'air frais afin de se débarrasser de cette odeur de moisie et de renfermé qui émanait du bois.
Laure le mena jusqu'à sa mère, Madame Hudson, une cuisinière d'une quarantaine d'années qui n'hésita pas à le gaver. Il se vit contraint de refuser, sachant qu'il pouvait être mortel de manger de grandes quantités après des journées sans nourriture. Il devait s'y habituer.
Pendant ce temps, une marée d'enfants s'était agglutinée autour de lui, telles des poules autour d'un paquet de grain, le bombardant de questions. Gentil et avenant comme il était, il n'eut aucun mal à se faire apprécier, à coups de sourire tantôt joyeux, tantôt séducteurs, et de rires chaleureux. Mais tout ça, ce n'était que du jeu.
Pataclop…Pataclop…
On lui parla longuement de son colocataire, le prévenant de son attitude et de ses aptitudes. Il hochait la tête, n'ajoutant rien, enregistrant dans un coin de sa tête toutes les anecdotes qu'on lui racontait, et toutes les mises en gardes qu'on lui soufflait. Les autres étaient ennuyeux, une seule personne lui semblait digne d'intérêt.
Pataclop…Pataclop…
Plus on lui en parlait, plus il désirait le voir.
Pataclop…Pataclop…
Plus on le mettait en garde, plus il était enthousiaste à l'idée de le rencontrer.
Pataclop…Pataclop…
Le danger ? Il aimait s'y frotter. Cet autre gamin ne lui faisait pas peur. Cette rencontre l'excitait.
Pataclop…Pataclop…
Malgré cet empressement, qui se répandait dans ses membres à une vitesse impressionnante, ce bruit désagréable l'obsédait.
Pataclop…Pataclop…
Il n'abandonnait pas le lit de son crâne, trop occupé à y ronfler sans retenue.
Pataclop…Pataclop…
Pourtant il se débattait, essayant de l'anéantir coûte que coûte.
Pataclop…Pataclop…
-John ?
Il essuya avec empressement les larmes qui roulaient sur ses joues rouges.
-Oui, Laure ?
Seul, avec elle. C'était déjà réconfortant.
-Il est temps de monter dans ta chambre.
Pataclop…Pataclop…
-Quel numéro ?
-221, dortoir B.
Pataclop…Pataclop…
Son cœur commença à s'emballer dans son thorax, une boule d'angoisse se fichant dans son bas ventre. Son sac en tissu dans la main, il monta les premiers escaliers, sous le regard bienveillant de la blonde, qui lui indiqua son chemin.
Il y était.
Pataclop…boum…Pataclop…
Il fixa le numéro doré inscrit sur la porte vert.
Pataclop…boum…Pataclop…boum…
Porte qui était d'ailleurs entrouverte. John y passa la tête, tremblant d'excitation et d'appréhension. Il l'aperçut, tourné vers sa fenêtre, et il semblait très grand, vêtu d'un veston noir sur une chemise blanche impeccable. Il faisait tâche lui, avec ses lambeaux de vêtements qui pendaient sur ses bras. La maigreur affolante de l'autre inquiéta le blond avant qu'il ne se rappelle qu'il n'était guère mieux. Sans pouvoir s'en empêcher, il se surprit à penser qu'il devrait l'obliger à manger dans le futur ! Il en avait assez eu de sa sœur pour se permettre de regarder quelqu'un mourir de faim à nouveau. Il secoua la tête, fuyant ses réflexions morbides, afin de se concentrer sur le haut du crâne du plus grand, couvert de longues boucles brunes. Alors, c'était lui l'énergumène dont tout le monde parlait. Sherlock Holmes.
Pataclop…boum boum…Pataclop…boum…
-D-désolé…
Dans un sursaut, le brun se retourna vers lui et posa son regard sur le sien. Le cœur de John lâcha tandis qu'il sentait le rouge lui monter aux joues. Il n'en avait cure de la froideur exprimée dans ses deux globes oculaires –il savait qu'il avait raison de le foudroyer du regard. Il se fichait littéralement de cette sensation de se faire tirer dessus par ces deux pupilles noires charbon. Tout ce qu'il y voyait, n'était que malice et pureté. Il y apercevait maints secrets bien gardés et défendus. C'étaient deux yeux, révélant une énorme maturité, d'une couleur à couper le souffle. Un bleu si clair qu'il en devenait aveuglant. Un vert turquoise qui ressemblait à un joyau.
Pataclop…boum boum…Pataclop…boum boum…
-Je…je suis John…
Il déglutit, mal à l'aise, en voyant son vis-à-vis lever un sourcil et l'étudier de haut en bas. Ca y il est train de déduire qui je suis ! Lui criait son cerveau. Sherlock Holmes !
-Je…j-je…
Cette fois-ci, il était pris comme un rat. Il se savait pertinemment en train de rougir et si son interlocuteur se révélait être aussi doué qu'on le disait, alors il le voyait très bien.
Pataclop…boum boum boum…Pataclop…boum boum boum…
-Je suis ton colocataire.
Et, à sa plus grande surprise, Sherlock esquissa un merveilleux sourire, si éclatant qu'il inonda toute la pièce, malgré sa petite taille. John ne put empêcher les coins de ses lèvres de s'étirer à cette vision, heureux de ne pas avoir été rejeté.
Pataclop…boum. Boum. Boum. Boum. Boum. Boum…
Petit à petit, le bruit macabre qui marquait son changement de vie s'estompait, comme un souvenir lointain. Il avait devant lui quelqu'un qui l'attendait. Il signait en ce moment-même le contrat pour un avenir meilleur, il l'espérait. Sherlock Holmes était le type de personne qu'il soignerait sans hésiter, il en était persuadé. Même cela allait lui demander du temps, il panserait ses blessures à lui, avec l'aide du garçon en face de lui.
Un nouveau son incarnera le basculement de sa vie, maintenant.
Celui de sa rencontre avec un grand brun aux yeux clairs.
Celui de son cœur s'affolant à leurs sourires.
-Entre, John, tu es le bienvenu.
Boum boum. Boum boum. Boum boum.
Et bien voilà, c'est la fin de cette petite fanfiction en deux chapitres, mon petit bébé, qui j'espère, vous aura plu ! Je tiens à remercier tous ceux qui posteront des reviews, ou qui l'ajouteront à leur favorite ou follow stories ! C'est un grand honneur pour moi. Il n'y a rien de plus plaisant que de lire vos commentaires, négatifs comme positifs =3 Ca nous construit, nous améliore, nous pousse à continuer ! En tout cas merci à vous, quelque part vous contribuez à cette histoire, vous aussi !
Merci beaucoup !
Bien sûr, cette histoire s'achève ici, mais si vous avez des idées d'OS relatifs à cette petite fanfic, je les lirais avec plaisir, qui sait ! Peut-être que vous aurez un petit OS dédicacé =')
En tout cas, je me lance dès demain dans une longue fanfic Sherlock, en rapport avec le film du Studio Ghibli "Le Château Ambulant" !
A très bientôt !
TNN.
