Note de l'auteur :

Tout a commencé avec une taquinerie avec un ami au sujet de cadeaux, et cela s'est terminé avec plusieurs fichiers open office ouverts.

C'est ainsi que j'ai commencé à écrire plusieurs OS et à les compiler en recueil, pour mon ami.

Les OS sont indépendants, bien que certains soient liés.

f!Corrin ou m!Corrin suivant les chapitres. AzuraxCorrin, que ce soit avec f!Corrin ou m!Corrin.

Note pour ce chapitre :

OS inspiré des Enfants Loups Ame et Yuki, qui ne m'appartient pas. Pour des raisons d'héritage, j'utilise m!Corrin. Beaucoup d'angst à prévoir.

Cela fait longtemps que j'ai l'idée de cette AU en tête, je profite de ce recueil pour l'écrire.

Avertissement :

Fire Emblem est la propriété de Nintendo. Seuls les scénarios m'appartiennent.


Azura regarde la pluie tomber de l'intérieur. Le ciel est gris, obscurcissant le jour. L'eau frappe la vitre et les gouttes coulent le long de la paroi. La jeune femme attend le retour de son mari, parti effectué des courses.

Elle a hâte qu'il soit rentré, ici, à l'abri du froid dans son foyer. La jeune épouse a prévu de lui préparer des feuilletés aux choux, son plat préféré. Cela fait longtemps qu'elle ne lui en a pas cuisiné.

Le nourrisson dans ses bras s'agite, agrippant ses petits doigts boudinés dans les longs cheveux d'Azura.

– Chut, tout va bien ma petite Kana.

La petite fille se calme, entendant la voix de sa mère. Azura sourit en la voyant si paisible.

Sa famille paraît en apparence classique, un jeune couple avec un garçon et une fille en bas-âge. De l'extérieur, ils sembleraient normaux, avec peut-être une petite bizarrerie génétique hérité du père, donnant aux enfants des oreilles pointues.

La réalité est tout autre. L'époux d'Azura, Corrin, est en réalité mi-humain, mi-dragon. Le père de Corrin était un dragon de sang pur, le dernier de son espèce. Corrin a perdu ses parents très tôt, contraint de porter un lourd fardeau qu'il devait garder secret. Adopté par un homme vénal, le jeune homme a eu beaucoup de mal à grandir, n'ayant personne pour lui apprendre à contrôler ses instincts draconiques.

Heureusement pour lui, Corrin a eu la chance de grandir aux côtés de quatre frères et sœurs attentionnés. Ayant finit par découvrir sa véritable nature, ils ont toujours été là pour l'épauler.

Cette enfance difficile est un point commun qu'il partage avec Azura. La jeune femme n'a pas eu la chance de connaître son père, et sa mère est morte alors qu'elle n'avait que sept ans. Sans oncle ou tante pour s'occuper d'elle, Azura fut placée dans une famille d'accueil aimante, composée de quatre enfants également. Le couple s'occupant d'elle lui a énormément donné d'amour, bien plus que le père adoptif de Corrin. Pourtant, contrairement à elle, le jeune homme affirme avoir eu un passé heureux, un peu dur à cause de sa nature et de son père adoptif, mais rempli d'agréables moments.

Azura s'est senti véritablement en famille pour la première fois avec Corrin. Elle aime beaucoup son mari, qui déborde toujours de joie et respecte sa nature taciturne.

– Maman ! Regarde ce que j'ai fait pour Papa !

Azura sort de sa rêverie, attirée par la voix de son fils Shigure. Le garçon de sept ans lui tend fièrement un dessin représentant un dragon. La créature, dessiné de manière enfantine, a un grand sourire.

– J'ai dessiné Papa !

– C'est magnifique Shigure.

– Tu crois que ça lui plaira ?

– Bien sûr mon trésor. Je suis sûre que Papa ira l'accrocher avec tes autres dessins.

Le garçon sourit, fier de son œuvre. Shigure adore dessiner et a beaucoup de talents pour un enfant de son âge. Les murs de la maison sont recouverts d'illustrations qu'il a offertes à ses parents. Shigure est impatient de la donner à son père.

– Il revient bientôt Papa ?

– Je pense.

Azura jette un regard à l'horloge de la pièce. Plus d'une heure s'est écoulée depuis le départ de Corrin. La jeune femme se lève, tenant Kana dans ses bras.

– Et si on allait chercher Papa ? Va mettre ton imperméable Shigure.


Azura marche sous la pluie battante qui inonde les trottoirs. La femme tient dans une main son parapluie et de l'autre Shigure. Kana est contre sa poitrine, maintenue dans un porte-bébé.

Shigure tire sur son bras, jovial et sautillant dans les flaques. Le garçon a hérité du tempérament de son père. L'enfant chantonne la berceuse de sa mère.

– Baignée de lumière blanche, une main se tend vers toi.

Azura, ne lui dit rien, concentrée sur la recherche de Corrin. Cela fait de longues minutes qu'elle parcourt les rues à la recherche de son époux. L'épicerie que fréquente habituellement son mari n'est plus qu'à quelques rues du pont où ils se trouvent.

– Deux lames scindent ton cœur en deux et tes rêves s'envolent.

La mère écoute le chant de son fils. Shigure aime énormément cette chanson. Azura l'a apprise de sa défunte mère. Cette berceuse familiale est la seule chose qu'elle ait héritée d'elle avec son précieux médaillon.

Régulièrement, lorsqu'ils sont à leur foyer, Corrin s'installe face à son piano, Shigure sur ses genoux. Son fils et sa femme chantent ensemble tandis que l'homme les accompagne de son instrument.

– Accueille ce nouveau jour...

La voix de Shigure se meurt. Le garçon cesse de sauter et s'arrête net, refusant de suivre sa mère.

– Qu'est-ce qu'il y a mon trésor ?

Le visage terrifié, l'enfant montre une direction. La jeune femme se met à regarder en contre-bas du pont. Azura échappe son parapluie qui s'écrase sur le sol.

Des policiers entourent le corps d'un dragon, inerte. Un liquide rubis, balayé par la pluie, coule de ses écailles argentées. Azura laisse Shigure et accourt en direction de l'attroupement.

Le garçon n'est pas naïf. Il a reconnu que le dragon est son père. Shigure aperçoit sa mère parler avec les forces de l'ordre. L'un des hommes lui répond. Ses paroles ne semblent pas plaire à Azura. La jeune femme tente de forcer le passage mais se fait repousser par l'agent.

Azura essaye à nouveau de rejoindre le corps de son mari. Elle est obligée de reculer, plusieurs policiers venant en aide à leur collègue.

Shigure l'a parfaitement compris.

Son père est mort.


La nuit est tombée depuis longtemps et la pluie ne s'est pas arrêtée. Assise dans son lit, Azura ne trouve pas le sommeil. La place habituelle de Corrin est occupée par Shigure, endormi d'épuisement et de chagrin. Le garçon tient entre les mains son dessin de dragon, qu'il ne pourra jamais montrer à son père. La feuille est froissée et humidifiée par des larmes. Kana est à moins d'un mètre, dans son berceau, sommeillant avec insouciance.

La jeune femme ignore ce qu'il est arrivé à son mari. Les policiers n'ont rien voulu lui dire. Les dragons ont toujours été considérés comme des créatures de légendes. La découverte du corps de Corrin a interpellé toute la ville. La nouvelle ne tardera pas à se répandre dans le pays.

Azura n'en a pas parlé à son fils, mais elle sait parfaitement que les restes de son mari vont être récupérés par des scientifiques. La pensée que Corrin ne puisse avoir des funérailles la rend malade. Sa famille ne pourra lui dire au revoir correctement.

La jeune femme n'a pas eu le courage à prévenir la fratrie de son époux. Quant à sa famille d'accueil, elle n'en a pas eu le cœur, eux qui connaissent pourtant le secret de Corrin.

Les frères et sœurs de Corrin seront rapidement informés, dès lors qu'ils apprendront qu'un cadavre de dragon a été trouvé.

Azura est terrifiée. Si le gouvernement réussissait à remonter jusqu'à elle, elle perdrait immédiatement ses enfants. Ils lui seraient arrachés et séquestrés loin d'elle.

La jeune femme a passé sa soirée à se forcer à ne pas pleurer, à faire bonne figure devant son fils. Shigure est assez âgé pour comprendre contrairement à sa sœur Kana, ayant à peine un an.

Son cœur est pourtant déchiré et ses yeux pleins de larmes.

Azura aimerait revoir le sourire de Corrin, une dernière fois.