Joyeux Noël et bonne année.


Maura venait de sortir d'un fameux taxi jaune New Yorkais, elle était devant l'hôpital grouillant de passage. Elle ne fit pas d'appoint avec la monnaie, elle donna un généreux billet de cinquante dollars pour le conducteur qui remercia de sa générosité.

Elle sortit du véhicule en claquant violemment la porte arrière, le vent la réveilla de ses moroses réflexions. Elle était tétanisée de découvrir ce qu'il se passait à l'intérieur de ce lieu….

Désillusion… cœur brisé…espoir… Elle se serra les bras pour se donner un semblant de courage, cela faisait un moment qu'elle n'en possédait plus. C'était si compliqué de se battre quand on avait plus la volonté de faire.


Elle marcha de l'avant, presque en courant. Les portes du sas s'ouvrirent en grand à son passage l'engouffrant entièrement. Elle se dirigea automatiquement vers l'accueil, il y avait déjà d'autres personnes avant elle. Elle ne se pria pas de les pousser de son passage malgré les mécontentements verbaux et fleuris. Cela lui importait plus les politesses.

La nervosité grandissante, elle en sentit les remous intenses dans son ventre. Elle regarda chaque seconde l'heure sur sa montre, elle se sentit nauséeuse, elle joua avec ses ongles pour espérer se calmer un minimum raisonnable, mais cela eut l'effet contraire, elle se mit inconsciemment à les ronger alors qu'elle savait parfaitement que c'était mauvais et peu salubre.

Aujourd'hui, elle ne se préoccupait plus de ce genre de chose qui découlait sur la science et médecine. Elle avait envie de hurler auprès de son interlocutrice afin d'avoir ses précieuses informations. Finalement, celle-ci lui daigna lui porter de l'attention si inespérée.

« J'aimerai voir madame Rizzoli. On m'a signalé qu'elle était en ces lieux. Je suis Madame Isles. C'est urgent. »

« C'est comme pour tout le monde, nous sommes dans les urgences, il faut patienter. » Maura serra des dents, elle n'allait pas s'emporter, elle serra fortement des poings à s'en les blanchir pour ne pas exprimer sa rage grandissante.

La réceptionniste chercha sur ordinateur les informations demandées. Maura excédée, tapa ses doigts sur le comptoir de l'accueil, cela semblait ennuyer sa locutrice, mais elle se fichait de son opinion, elle allait perdre la tête si cela continua dans cette voie, c'était si long…trop long.…Interminable….

Encore une fois, cela prenait trop de temps. C'était toujours ainsi avec l'administration. Mais aujourd'hui, ce fut si différent… l'attente allait lui faire perdre pied si cela perdurait.

« Chambre 230 au troisième étage. » La châtain acquiesçait vaguement à cette réponse qui la soulagea temporairement et elle se dirigea immédiatement vers l'ascenseur, elle vit le nombre de patients qui attendaient, et il prenait trop de temps à son gout pour qu'il vienne la rejoindre, elle ne voulait plus perdre de temps.


La protagoniste scruta furtivement les alentours, elle opta l'option la plus rapide, celle de prendre les escaliers qui était juste à côté, signalé par une porte de secours. Elle poussa bruyamment la porte et grimpait avec entrain les marches.

Jane…est-ce vraiment toi ?

Je sais que les prières ne servent en rien si on ne croit pas en un être immortel, de plus, je suis une pure cartésienne, cependant, si c'est toi…ma Jane, je saurai cette fois-ci que les miracles peuvent arriver… et je croirai en cet être divin.


La scientifique arriva au troisième étage, essoufflée. Elle appuya sa main contre le mur pour reprendre son souffle et du regard, elle chercha les numéros sur les portes.

Elle dut avancer dans un long couloir. Nombres pairs à droite, nombres impairs à gauche. Les chiffres défilèrent rapidement.

La châtain arrêta sa course quand elle vit un visage de son ancienne vie. Elle ne voulait pas le voir, mais continua son avancée comme si de rien n'était, ce n'était certainement pas pour lui qu'elle était présente en ces lieux.

« Maura, bonjour. Cela fait longtemps. Tu… tu as vraiment changé. Je ne t'ai presque pas reconnu avec cet accoutrement. Mais cela te va bien ces vêtements. Ainsi aue cette coupe de cheveux courte. » Salua une voix amicale alors que Isles ne fit pas attention à son interlocuteur ainsi que ses paroles qui furent le cadet de ses soucis.

« Commissaire. » Salua la nommée avec une grande distanciation, elle ne prit pas la peine d'observer son ancien collègue, elle avait toujours cette rancœur enfouit en elle. Bien que les années soient passées, la scientifique n'avait pas pardonné à l'homme d'avoir abandonné les recherches sur sa meilleure amie. Il avait classé l'affaire au bout de cinq mois d'enquête. Jane n'aurait jamais abandonné ! Elle l'aurait recherché sans relâche. Isles avait perdu espoir de voir sa meilleure amie, mais des points de l'enquête avaient été bâclés. L'acide et ces cheveux parsemés en évidence sur le corps, la salive alors que le corps n'était plus 'utilisable'. Il n'avait pas accepté qu'elle réalise l'autopsie, car elle n'aurait pas été partiale, mais si ce fut elle qui avait eu en mains l'affaire, peut-être qu'il n'aurait pas fait une telle erreur… six ans… six longues années… et voilà où ils en étaient arrivés, à une réunion forcée et si douloureuse.

« Maura… je…je suis content de te revoir. »

« Malgré les circonstances ? Ce n'est pas réciproque. » Déclara glacialement la légiste qui se laissa soumettre à ses intenses émotions. Elle fusilla du regard le commissaire Vince Korsak et détourna le regard. Normalement, ça aurait dû être Jane d'être commissaire, elle en avait toutes les qualifications et non cet homme !

« Maura… je sais que tu m'en veux… et je peux comprendre… »

« Non, vous ne pouvez pas. Aussi c'est Madame Isles pour vous. Ce n'est pas comme si nous étions toujours amis ou collègues. »

« Je… »

« Est-ce que c'est Jane ? Est-ce que c'est réellement elle ? » La colère avait fait place à la plus grande agonie.

« Je n'ai pas pu la voir, les médecins me l'ont interdit pour le moment, elle est dans un très mauvais état que ce soit physiquement ainsi que psychologiquement… mais j'allais me rendre dans sa chambre, tu veux m'accompagner ? »

« Je ne vous laisse pas le choix. »


Soudainement des infirmiers se mirent à les bousculer, ils étaient en panique, deux policiers les suivaient de près. Korsak et Maura les prit en course. Ils se dirigeait tous à la fameuse chambre 230.

Une patiente était sur un homme, elle était en train de l'étrangler, elle semblait être enragée et hors de contrôle. Elle hurlait à s'en déchirer les cordes vocales. Ça en donnait des frissons d'effroi à Maura.

À sa plus grande stupeur, Isle vit que c'était …c'était réellement elle. Malgré cette silhouette décharnée et avachit sur elle-même… il n'y avait aucun doute… sans cœur lui disait qu'elle ne pouvait se méprendre… ce fut Jane…elle en avait les larmes aux yeux. La dite était en train d'attaquer quelqu'un, elle semblait être totalement hystérique et dans un état de transe. Ce fut comme si rien n'était autour d'elle à part cet homme sous ses griffes.

« Jane ! » Appela son amie, mais elle ne semblait pas pouvoir…vouloir entendre son appel. Elle allait s'approcher, mais la main ferme de Korsak l'en empêcha :

« C'est dangereux ! » Il la prévient, mais elle s'en fichait. Elle repoussa d'une claque cette main envahissante. Il n'avait aucun droit de la ralentir. C'était son choix et cela le sera toujours.

Des agents de sécurité durent éloigner Jane de sa proie. Elle hurla et se débattait dans les bras des brancardiers. Quant à sa victime avait été poignardé par un stylo, du sang se rependait en ruisseau abandant sur sa clavicule, il gémissait de douleur. Il avait des griffures, ainsi qu'une visible marque rouge d'étranglement à son cou, il se roula sur le flanc pour reprendre son souffle chaotique. Un soignant se précipita pour constater la blessure.

« Qui a laissez entrer ce foutu journaliste ! » Aboya l'un des policiers qui avait fait place. « Faites-le partir d'ici ! »

« Lâchez-moi ! LÂCHEZ-MOI ! » Hurla comme un démon Rizzoli qui donna des coups de pied à tous ceux qui était aux alentours, elle était préparée à mordre, à donner de sa personne.

« Donnez-lui 20 millilitres de dekapote, vite ! » Ordonna le médecin qui surgit dans la chambre. Alors qu'Isles fut une spectatrice de cette terrible scène, elle se mit à sangloter en mettant sa main convulsionnant devant sa bouche…dekapote...soit les valproates (principalement le valproate de sodium, le sel de sodium) sont des médicaments antiépileptiques (anticonvulsivant) ayant aussi des propriétés thymorégulatrices, antidépressives et anxiolytiques.

Ils étaient quatre à maintenir Jane contre son lit, lui retenant fermement les épaules et chevilles alors que son corps entier faisait des soubresauts incontrôlées. La piqûre la calma un moment puis elle s'effondra dans l'inconscience…sa tête roula sur le côté sous le regard apeuré de ses proches.

Jane…qu'est-ce qui t'étais arrivée ? Visiblement l'Enfer...