CHAPITRE 1 : INQUIÉTUDE
Deux semaines, deux semaines qu'Harry vivait en enfer. Deux semaines qu'il subissait abus sur abus ; coup sur coup. Aujourd'hui, cela faisait trois jours qu'il était enfermé dans sa « chambre », et cela faisait trois jours qu'il essayait de dévisser les barreaux de la fenêtre et il y été presque.
- Tu vas voir Hedwige, tu vas enfin sortir de cet enfer, chuchota-t-il.
La chouette lui répondit par un hululement inquiet. Elle savait ce que Harry subira quand ces monstres qui lui servait de famille se rendraient compte qu'elle s'était enfuie grâce à son propriétaire.
- Enfin ! s'exclama doucement Harry. Aller Hedwige, vas t'en avant qu'il ne soit trop tard et que tu meurs de faim toi aussi. Hedwige fixa Harry, comme si elle voulait se souvenir de son visage, sembla prendre une décision, et s'enfuit à tout allure. La chouette blanche a toujours été plus intelligente que la moyenne et elle adorait son propriétaire depuis la première fois ou elle l'avait vu, Harry le lui avait bien rendu, en partageant ses « repas » quand ils étaient chez les Dursley et en vérifiant toujours si elle n'était pas blessée après de longues heures de vol. C'est pour ces raisons que la chouette ne prit pas le temps de se nourrir convenablement et se dirigea vers Poudlard le plus vite qu'elle le pouvait, pour aller chercher de l'aide et avoir une chance de sauver Harry.
Severus Snape, était sorti pour profiter du parc de Poudlard, sans élèves pour le déranger et pour lui casser les oreilles.
- Parrain ! entendit-il crier. Autant pour lui, il s'était trompé… C'est avec un soupir qu'il se retourna et demanda :
- Draco. Que fais-tu ici ? Tu n'es pas censé être en train de faire tes valises ?
- Eh bien non, j'ai décidé de rester ici encore un peu, papa est d'accord. Et puis, que ferai tu sans moi ? répondit le plus jeune avec un sourire-faussement-innocent.
- Plein de choses Draco, plein de choses… Et Draco se détourna, faussement vexé. Avant que celui-ci n'ait fait deux mètres, il entendit son parrain jurer :
- Maudite bestiole ! Même quand Potter n'est pas là il continu à m'emmer…
- Parrain ! Si la chouette de Ha…Potter est ici ça veut dire qu'il a des problèmes dit Draco, affolé.
- Depuis quand te soucis tu de Potter, et comment sais-tu qu'il a des problèmes simplement en voyant sa chouette ? demanda le maître des potions en insistant bien sur le Potter.
- Euh… j'…j'ai entendu la Belette et la Miss-je-sais-tout parler des vacances de Ha…Potter. Et j'ai entendu qu'ils ne pouvaient pas sortir, ni lui, ni sa chouette…
- Tu as entendu ? dit-il ironique.
- O…oui, mais là n'est le problème, nous parlons de Ha…Potter !
En fait, si Draco s'inquiétait tant pour Harry, c'était parce qu'il a commencé à avoir des sentiments étranges envers le brun depuis leur quatrième année. Le blond n'avait pas pu s'empêcher d'avoir des palpitations quand le Survivant avait failli se faire brûler vif par ce satané dragon. C'est à ce moment précis que Draco avait commencé à se poser des questions sur ses sentiments envers le brun aux yeux émeraude ; et en était arrivé à la conclusion qu'il été très attiré par Harry Potter, voir qu'il avait des sentiments pour lui.
- Bien dit Severus en interrompant ses pensées. Puisque tu sembles croire que Potter – en insistant bien sur le Potter encore une fois – a quelques… petits problèmes, nous irons voir chez lui pour en avoir le cœur net. Allons voir Dumbledore alors.
Ce que Severus ne dit pas, c'est que lui aussi avait eu un mauvais pressentiment en voyant la chouette de Potter, habituellement si calme – il devait l'avouer – s'affoler autour de lui alors que le fils des Potter était chez ses Moldus.
Au même moment, chez les Dursley, Harry était sur le sol, en sang. Des petits gémissements lui échappait sans qu'il ne puisse s'en empêcher, tant la douleur était puissante et l'inconscience lui tendait les bras, tellement tentante. Mais le Survivant ne voulait pas sombrer, cela ferait trop plaisir au porc qui lui servait d'Oncle. Alors, quitte à mourir autant qu'il soit conscient à ce moment-là. Harry savait qu'il allait mourir, de la main de Voldemort, celle de son Oncle, Dumbledore ou de sa propre main ; car oui, il avait pensé au suicide quand Harry avait appris qu'il allait retourner chez les Dursley. Et il commençait à se demander s'il n'aurait pas dû en finir tout de suite. Ça lui aurait évité toute cette douleur.
Dans le bureau de Dumbledore, Severus commençait à s'énerver car le vieux citronné mettait du temps à lui donner l'adresse de Potter : « Allons Severus, pourquoi voulez-vous voir Harry ? De plus il est en sécurité chez son Oncle et sa Tante. » Le directeur avait dit sa dernière phrase avec une étincelle malsaine au fond des yeux, et quelqu'un d'autre que le maître des potions – qui était aussi espion à ses heures perdues – ne l'aurait pas remarqué. Inquiet – mais le cachant bien – Severus lui répondit : « Vous m'aviez demandé de donner des cours d'Oclumencie à Mr Potter et je ne tiens pas à gâcher mes soirées avec ce morveux en plus de le fréquenter pendant l'année scolaire. » Il avait utilisé le ton le plus hautin possible pour ne pas éveiller les soupçons du vieux fou. Le directeur soupira, toujours avec cette étincelle de folie au fond des yeux : « Bien ! Il habite au 4 Privet Drive. » Le directeur des Serpentard acquiesça sèchement de la tête et sorti sans un au revoir pour le citronné, et alla rejoindre Draco en dehors des limites de Poudlard pour pouvoir transplaner jusque chez Potter. Et quand ils arrivèrent au 4 Privet Drive, les deux hommes étaient très surpris, voir choqués. En effet, à la place du manoir qu'ils s'attendaient à trouver ils ne virent qu'une maison assez modeste, à un étage avec des barreaux où la moitié était dévisser. Mais ce qui les surpris le plus, ce sont les cris qui provenaient de la maison : « Crève ! Tu entends sale monstre ?! Je t'ai dit de crever ! Tu ne mérites pas de vivre ! Tu m'entends garçon ?! » Alors Severus et Draco se précipitèrent vers la maison et ouvrirent la porte à la volée. Le spectacle qui se dressait devant eux allait certainement les hanter pendant des années…
