Chapitre 3
« Musclor » arriva plus tôt que d'habitude le lendemain matin. Kanon, comme à son habitude était allongé tranquillement et regardait le plafond. Il fut surpris de voir que son geôlier ne lui apportait pas son petit déjeuner, mais restait à la porte et attendait qu'il le suive. Il se leva donc et s'avança vers lui. Il le suivi dans un dédale de couloirs obscurs en se demandant si Julian Solo avait autant de prisonniers qu'il y avait de portes dans les sous sol de sa maison. Ils montèrent dans les étages par des escaliers de service et Kanon eut du mal à s'habituer à la lumière du jour, après autant de temps passé dans la pénombre et au sanctuaire sous marin où la lumière n'était pas aussi forte que sur la terre ferme. Arrivés dans un couloir aux tapis moelleux et richement décorés du haut de la résidence, Musclor s'arrêta devant une porte blanche et bordée d'or et sortit ses clés. Kanon n'en revenait pas, on le mettait maintenant dans une belle chambre, richement décorée, de mobilier Louis XVI avec un lit à baldaquin bordeaux immense, une jolie table richement décorée sur laquelle sur laquelle l'attendait un somptueux petit déjeuner, et par-dessus tout, une vue imprenable sur la mer, depuis le balcon.
Vous êtes sûr de ne pas vous tromper de prisonnier ? C'est moi « le méchant » dans l'histoire.
Musclor ne daigna même pas lui répondre et se contenta de le pousser dans la chambre avant de refermer la porte…à clé, bien entendu.
« Magnifique… » pensa Kanon, une fois seul. Il fit le tour du propriétaire et s'aperçut avec stupeur qu'il avait même sa salle de bain personnelle !
Il fit le tour de sa nouvelle « prison ». La moquette était tellement moelleuse qu'il aurait pu dormir à même le sol. Il trouva des vêtements neufs, tous à sa taille, dans le placard, à côté du lit. Bien que poussiéreux et usés, il ne jugea pas nécessaire de changer ses vêtements, il se trouvait très bien comme il était.
Il attrapa une grappe de raisin sur la table et alla la déguster sur le balcon, assis sur une chaise et les pieds posés sur la rampe. Il dut s'endormir car il sursauta en entendant la voix de Sorrento qui hurlait derrière lui.
Décidément, tu n'as aucune éducation ! Non mais regarde moi ça ! Une rambarde n'est pas faite pour poser ses pieds dessus, et en plus, je te retrouve dans tes vieux vêtements usés jusqu'à la corde et qui puent le sconse, alors que tu as une salle de bain à ta disposition et des vêtements neufs dans ton placard !
Kanon n'en croyait pas ses oreilles ! Il croyait faire un mauvais rêve.
Non, mais tu te prends pour qui ? Commença-t'il, assez énervé, pour ma mère ?
Tu n'es qu'un rustre, sans aucune éducation et tu ne sais pas te tenir ! Mais avant de commencer une quelconque leçon de savoir vivre, tu vas prendre un bain, parce que tu sens trop mauvais.
Des leçons de savoir vivre ?
Comme il ne savait pas s'il devait en rire ou le prendre au sérieux, il posa tout simplement la question : - C'est une plaisanterie ?
Pas le moins du monde, tu vas devenir un homme civilisé, et au galop !
Joignant le geste à la parole, il empoigna Kanon, comme il empoignerait un objet sale et répugnant et le traina jusque sous la douche, sans même prendre le temps de lui faire enlever ses vêtements.
Théo ! Tu peux venir, s'il te plait ? Appela Sorrento tout en maintenant Kanon sous la douche bouillante. Puis s'adressant à lui avec un sourire mielleux : - Il va t'apprendre à te frotter !
Puis il laissa la place, laissant Kanon aux grosses mains noueuses de « Musclor ».
Sorrento revint en début d'après midi porter son repas à son prisonnier et nouvel élève. Il le trouva, habillé de neuf, les cheveux bien brossés, assis en tailleur sur son lit. A son entrée, Kanon lui lança un regard mauvais.
Cette brute épaisse a bien failli avoir ma peau tout à l'heure, en plus, il m'a littéralement arraché les cheveux à force de tirer dessus ! Et je sens la cocotte !
Si tu te lavais et te brossais les cheveux tous les jours, tu n'aurais pas souffert comme ça. Et tu sens le savon, ce qui est bien plus agréable pour autrui.
Il posa le plateau sur la table et invita Kanon à venir s'assoir en face de lui.
Bien, puisque maintenant ton odeur ne me soulève plus le cœur, nous allons commencer.
Commencer quoi ? Tu veux m'apprendre à manger peut être ? Là, désolé de te décevoir, mais je sais manger tout seul.
Là-dessus il empoigna une des fourchettes présentes sur le plateau et commença d'entamer son risotto. Sorrento, scandalisé de le voir dévorer comme un chien affamé, et en plus avec la fourchette à poisson !
Chapitre 4
Kanon admirait, sans s'en lasser la mer bleue, qui s'étendait à perte de vue. Il pensait que ce serait facile de partir d'ici, il lui suffisait simplement d'enjamber le balcon. Mais quelque chose le retenait ici. Il ne se l'expliquait pas, mais quelqu'un, pour une fois s'intéressait à lui et voulait faire de lui un autre homme. Certes, la façon de se tenir à table, ou quelle fourchette utiliser pour manger de la salade, du poisson ou de la viande, il n'en avait cure, mais derrière cela, il y avait matière à devenir quelqu'un d'autre. Et pourquoi pas, après tout, l'armure des gémeaux était vide à présent, et l'attendait peut être. Peut être cette fois, voudrait-elle de lui ?
Il sentit la présence de quelqu'un derrière lui, mais ne se retourna pas.
Je vois que la mer t'inspire ! Si un jour tu veux changer de voie et te faire marin, je peux t'arranger ça.
C'était lui, enfin ! Depuis des semaines ou des mois, il ne savait plus vraiment, qu'il était là dans cette maison, il daignait enfin venir le voir.
Pourquoi m'avoir emmené ici ? Pourquoi ne pas m'avoir tué quand vous en aviez l'occasion ? Vous me détestez aussi sûrement que ce pitre de Sorrento !
Julian vint se tenir à ses côtés sur le balcon, laissant le vent balayer ses longs cheveux. Un fin sourire se dessinait sur ses lèvres.
C'est vrai… mais ce que tu as fait, vois-tu, il va te falloir des années et beaucoup de courage pour te faire pardonner et l'assumer. En fin de compte, te laisser en vie est une plus belle vengeance que ta mort. En fait, pour être franc, il y a quelqu'un qui m'a supplié de ne pas te tuer.
Ah, quelqu'un ? Et qui ?
Une personne qui compte beaucoup pour moi, et qui je ne sais pas pourquoi, croit en toi. Mais tu auras l'occasion de la rencontrer dans une semaine. Ce qui veut dire qu'il ne te reste qu'une semaine pour enregistrer tout ce que Sorrento se tue à essayer de t'apprendre.
Et s'il me prenait la fantaisie d'enjamber cette fichue balustrade et de foutre le camp ? Que feriez-vous ?
Moi ? Rien… tu es libre.
Vous voulez dire…
Que je m'en fiche ! Tu peux faire ce que tu veux. Mais une personne tient à te laisser ta chance. Si tu ne veux pas la saisir, vas-y, saute, je ne te retiens pas.
Kanon essayait tant bien que mal de donner un sens à ce qu'il venait d'entendre. Poséidon, ou Solo, avaient bien eu l'intention de le tuer, mais quelqu'un s'était interposé, mais qui ? Il pensait bien à quelqu'un, mais c'était du délire. Pourquoi lui accorderait-elle son pardon ? Parce que son sanctuaire était vide ? D'après Sorrento, la bataille qui avait opposé les chevaliers de bronze aux chevaliers d'or avait été une vraie boucherie, et beaucoup de chevaliers d'or étaient morts pour avoir été bluffés par Saga. En d'autres termes, ils étaient morts pour rien. Et elle voudrait remettre ça avec lui, le frère jumeau du traître ? Lui qui avait déjà sur les bras la mort inutile des guerriers divin d'Asgard et de 5 généraux des mers. Sans compter qu'elle-même avait bien failli périr noyée dans le pilier central. Alors pourquoi s'intéresserait-elle à lui ? Non, vraiment, cela n'avait aucun sens.
