Chapitre 2 :
Allen regarda sa montre, il était huit heures du soir. Les autres employés du magasin étaient partis en avances. Il devait rester jusqu'à la fermeture de la boutique et surtout, il attendait monsieur Tiedoll qui l'avait appelé vers quatre heures de l'après-midi. Il était en train de ranger quelques pots qui étaient arrivés ce matin. Allen préférait ranger ce genre de choses le soir où le magasin était plus calme. Il fit le compte de combien de chiffre d'affaires il avait fait aujourd'hui lorsque la cloche retentit. Il soupira, il espérait que ça soit le client parce qu'il avait hâte de rentrer chez lui. Il prit le gel nettoyant pour les mains pour se désinfecter avant d'aller voir qui était rentré. Il marcha dans les rayons avant de trouver un homme en train de regarder les pots de fleurs. Allen ne voulait pas le déranger, l'homme en question portait un manteau sur lui et un pantalon noir et ses longs cheveux étaient réunis en queue de cheval.
L'homme en question se retourna vers lui et Allen se dit, cette personne était d'une élégance à toute épreuve. Ils se regardèrent avant qu'il ne prenne la parole :
- Bonsoir, que puis-je faire pour vous ?'' demanda Allen poliment.
- Je suis venu ici pour prendre une commande''dit l'homme en regardant derrière lui. Allen savait ce que la personne regardait, l'étagère où étaient exposés, chaque jour, des nouveaux bouquets de sa création.
- Ah vous êtes monsieur Tiedoll !
- Non, c'est mon père. Je suis venu récupérer sa commande'' sa voix était douce et grave. Allen eut un espacement avant de reprendre :
- Ah ok, venez avec moi'' dit-il en marchant vers le fond de la boutique. Au troisième rayon, il prit le bouquet que monsieur Tiedoll avait acheté,- est-ce que je dois le mettre à votre nom ou à celui de votre père ?
- À mon nom, c'est un cadeau qu'il m'offre'' Allen apercevait de l'agacement chez le client. Il se plaça derrière le comptoir où il posa le vase avec la fleur qui flottait.
- Comme je l'ai dit à votre père. Ça a été un vrai défi pour trouver un environnement stable pour cette plante aquatique. Ce n'est pas de saison'' le client l'écoutait expliquer.
- On en a plein chez nous'' dit-il. Allen hocha la tête avant de lui demander son nom complet,- Yuu Kanda Tiedoll.
- Merci, je vais juste le noter dans le vase'' dit-il avant de se reprendre,- vous allez attendre une demi-heure pour que ça soit gravé. Votre père ne m'avait pas dit à qui je devais le graver. J'espère juste que vous n'êtes pas pressé.
- Non'' dit l'homme qui s'appelait Kanda. Allen lui proposa de s'asseoir avant d'aller à l'arrière-boutique pour faire son travail. Il espérait juste qu'aucun client ne vienne maintenant. Il voulait terminer ce travail au plus vite. Allen détestait faire attendre les gens. Il pencha la tête et demanda :
- Vous voulez votre nom en quelle couleur ?
- Doré'' Allen hocha la tête et était parti,- et j'ai réfléchi juste Yuu Kanda'' termina le client.
- Pas de problème'' dit Allen. Après une demi-heure à travailler, il était sorti avec le vase tout beau. Allen était très fier de son travail,- et voilà. Votre père a déjà payé''dit-il en voyant le client sortir son porte feuille.
- Merci'' dit-il avant de le prendre. Allen le regarda partir. Il soupira de lassitude. La fatigue se lisait sur son visage. Il termina ce qu'il devait faire avant de fermer enfin la boutique et alla dans sa voiture. Il avait encore une demi-heure de route pour rentrer chez lui. Il entendit son portable sonner mais ne le décrocha pas parce qu'il était en train de conduire et c'était dangereux. Il arriva enfin chez lui, gara la voiture dans le garage familial qui était capable d'accueillir trois voitures. Il sortit en verrouillant son véhicule.
Il ouvrit une porte qui communiquait avec la maison et cria :
- Bonsoir'' dit-il et fut répondu par son père Mana.
- Bonsoir, Allen'' dit le père, la voix venait de la cuisine. Allen posa ses affaires dans une armoire qui était prévue pour ça et alla rejoindre Mana. Il le trouva en train de couper les oignons et les tomates,- comment a été ta journée ?'' demanda Mana en apercevant son fils.
- Bien, il y a eu beaucoup de commandes. Le site en ligne marche bien et je suis fier. Je sais combien mon grand-père ne voulait pas de ça mais avec le temps, il s'était habitué'' termina Allen.
-Haha, tu sais lui et la technologie, ça fait deux'' dit Mana, amusé.
- Mon chiffre d'affaires a augmenté de 5 % ces deux dernières semaines grâce aux grosses commandes'' dit-il en aidant son père à préparer à manger.
- Mon frère a appelé. Il te passe le bonjour.
- Quand il rentre ?'' dit-il la bouche pleine de fromage.
- Allen, arrête de manger sinon on aura plus rien pour dîner'' dit son père nonchalant avant de reprendre,- dans deux semaines.
- Cool, il faut que je te parle Mana.
- De quoi ?
Allen était dans l'âge où il voulait voler de ses propres ailes. Allen savait combien son père aimait l'avoir à la maison, mais il était temps que l'oiseau quitte son nid même si cela l'angoissait un peu. Il avait passé toute une vie ici entre pleure, rigolade, engueulade, les soirées pyjamas, les fêtes, les journées barbecue. C'était une maison qui l'avait vu grandir et partir allait certainement déchirer son cœur comme celle de son père, mais il était enfin prêt. Il avait une boutique qui marchait du tonnerre et il pensait en ouvrir une autre. Il versa les pâtes dans une passoire. La sauce que son père préparait était juste la meilleure.
- Ça peut attendre'' dit Allen, il ne voulait pas rendre son père triste. Il savait combien son père aimait l'avoir dans la maison. Il plaça deux assiettes et deux verres sur la table : une en face de l'autre. Il était un gamin très chanceux d'avoir pu rencontrer cet homme qui lui redonnait foi en l'humanité. Ses parents biologiques l'avaient abandonné à la naissance et Mana l'avait adopté à l'âge de trois ans. C'était un merveilleux père. Il ne souffrait pas de cet abandon, car il était trop petit pour s'en souvenir et maintenant, Allen avait une grande et belle famille.
- Tu as fait les courses ?'' dit Mana en mettant la sauce au milieu de la table.
- Mince, je suis désolé. J'ai complètement oublié'' il fit un sourire d'excuse.
- C'est pour ça que je t'avais dit de me laisser faire'' Mana le regarda avec un regard désapprobateur.
- Tu étais occupé, c'est à cause du retard de la livraison de ce matin que j'ai oublié d'y aller.
- Ce n'est rien, Allen''' Mana lui sourit en s'asseyant,-assis-toi et viens manger. Ne te prends pas la tête, je sais comment tu es.
- T'as raison, demain j'y vais, je te jure.
- Je te crois'' Mana rigola en servant des pâtes dans son assiette avant de faire de même pour son fils.
- Mana, je ne suis plus un enfant'' sa voix était enfantine.
- Ce n'est pas parce que tu as 22 ans que tu n'es plus mon bébé'' dit-il tristement.
- Oh c'est pas vrai'' il rougit, heureusement qu'il n'y avait qu'eux. Mana aimait le mettre la honte devant ses amis qui se foutaient tout le temps de lui,- ce n'est pas du jeu, Mana.
- Hahah'' le père d'Allen rit en servant une bonne bouteille de vin rouge dans son verre.
- Arrête de rire ou tu vas tout renverser, Mana'' Allen dit en servant du jus. Il n'aimait pas trop l'alcool. C'était de temps en temps,- comment va grand-mère ?'' questionna-t-il pour changer de sujet.
- Elle va bien. Elle t'envoie plein de bisous et elle a hâte de passer du temps avec toi.
- Moi aussi, à chaque fois que je l'appelle, elle ne répond pas ou lorsqu'elle répond, c'est allô bien haut'' se plaignit-il.
- Ta grand-mère n'entend plus très bien'' murmura Mana en le réprimandant un peu.
- Je sais, moi aussi j'ai hâte qu'elle vienne passer quatre semaines ici'' dit-il. Sa grande mère Alice et son grand-père Eliott étaient séparés depuis dix ans, mais ils s'entendaient toujours aussi bien. Ils avaient eu un mariage heureux. Allen les aimait trop pour les voir disparaître maintenant. Le téléphone de Mana vibra, Allen le regarda en fronçant les sourcils. Depuis quelque temps, son père se comportait de manière bizarre plus que d'habitude et Allen mettrait la main au feu que c'était une femme. Il n'avait pas envie de brusquer son père qui était quelqu'un de timide pour trouver quelqu'un. Mana n'avait jamais eu une vraie personne dans sa vie qui était stable. Mana l'avait élevé tout seul et maintenant, Allen voulait qu'il rencontre quelqu'un avant qu'il ne parte de cette maison et il espérait que son père allait trouver la bonne personne.
Ils parlèrent un peu. De temps en temps, Mana répondit un énième sms. Allen roula des yeux. Il trouvait vraiment ça mignon venant de son père qui essayait de lui cacher des choses comme si Mana avait un jour réussi. Il connaissait trop son père pour ça. Allen rigola intérieurement. Il servit une troisième fois de la soirée. Il était gourmand et il le faisait savoir. Son père trouvait bizarre lorsqu'il mangeait qu'une seule fois et Mana s'inquiétait en lui demandant, s'il n'était pas malade, s'il avait mal au ventre.
- Tu en veux encore ?'' demanda Allen pour faire sortir son père de sa bulle.
- Non merci'' dit-il en se levant. Mana alla mettre son assiette et son verre dans le lavabo, le vin dans une étagère et le jus dans le frigo. Il se débarrassa du récipient.
- Laisse, je fais la vaisselle après'' dit Allen en mettant des pâtes dans sa bouche.
- C'est très gentil, merci'' dit Mana avant de partir tout en lui souhaitant bonne nuit. Allen était épuisé et il voulait vraiment prendre un bon bain avant d'aller se coucher. L'ouverture de la boutique s'ouvrait chaque matin à six heures.
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Allen se leva vers cinq heures du matin et alla directement prendre une douche. Il savait que s'il restait encore quelques minutes à se prélasser dans son lit au grand jamais, il ne sortirait. L'insomnie dont il souffrait le faisait dormir trois ou quatre heures dans la nuit. Il avait déjà essayé de prendre des médicaments pour lutter mais la première fois qu'Allen en avait pris un, il s'était endormi pendant dix heures d'affiler et cela l'avait complètement assommé alors, il avait arrêté. Il alluma la télévision qui était dans sa chambre et mit sur une chaîne de musique pour qu'il commence du bon pied. C'était sa routine et au grand jamais, Allen n'allait s'y dérober. Il prit les affaires qu'il avait choisi la veille et les déposa sur le lit avant d'aller à la salle de bain. Il se lava les dents, se doucha, se prépara, se coiffa vite pour ne pas rater l'ouverture de son magasin. La première livraison arrivera vers six heures et demie à cause d'un retard d'une cargaison venant d'un bateau et Allen voulait être là pour pouvoir servir les clients et envoyer les commande faites par internet.
Allen était comme un chat. Son père avait encore trois heures de sommeil avant d'aller travailler aussi. Il prépara un petit déjeuner à la va vite en se disant que vers dix heures, l'heure de sa pause, il allait dans le coffe shop On est comme chez nous de Lulu Bell pour prendre un vrai déjeuner. Il était en mode rapide aujourd'hui, il beurra deux petits pains avec de la confiture de fraise et de cacahuète. C'était un truc qu'il adorait ainsi qu'une bonne tasse de café au lait. Il ne prit que dix minutes pour tout engloutir en essayant de ne pas suffoquer avant de mettre la tasse dans le lavabo et de boire un verre d'eau fraîche. C'était un vrai plaisir de sentir son cœur aussi frais. Il alla fermer la télévision, prit ses affaires et sa clé de voiture avant d'emprunter la porte qui menait au garage, déverrouilla la voiture, monta et démarra : direction la boutique et cette fois-ci, il prit un raccourci qui n'en était pas vraiment un en voyant que le trafic était un peu lent. Allen arriva vers six heures et cinq minutes. Oui, il était en retard. Il plaça sa voiture à sa place habituelle qui lui était réservée.
Il sortit, verrouilla son véhicule avant de marcher rapidement pour aller ouvrir.
- Fait chier'' dit-il en se rendant compte que le trousseau de clé du magasin était resté dans la voiture. Il soupira d'énervement avant d'aller les prendre. En revenant, il remarqua un de ces clients qui venait une fois sur deux à six heures dix du matin. C'était quelqu'un de très matinale et qui aimait faire du sport.
- Bonjour, madame Nine'' dit Allen en la saluant,- désolé si je vous ai fait attendre.
- Oh ce n'est rien. j'ai eu un spectacle assez drôle'' elle dit espiègle, Allen fronça les sourcils avant de comprendre.
- Vous aimez voir les malheurs des autres'' dit-il souriant, -entrez'' il alluma les lampes pour éclaircir l'endroit,- désolé d'habitude tout est rangé avant votre arrivée.
- Ce n'est rien, voyons'' elle dit en l'accompagnant au fond du magasin. Allen lui sourit en cherchant son cahier. Il feuilleta en cherchant le nom Nine avant de le trouver dans la cinquième page.
- Vous avez commandé une douzaine de pivoines blanches et roses pour cet après-midi.
- Oui et comme je n'ai pas eu le temps d'appeler hier, c'était déjà trop tard, je voudrais passer encore une autre commande,'' Allen hocha la tête et était à l'écoute en prenant son stylo, marqua la date avant décrire ce que sa cliente voulait,- deux bouquets de rosalie. Une amie m'avait parlé comment ces fleurs sont élégantes.
- Ah oui. Ce sont des bouquets dans les tons roses, adoucit de jolies feuilles d'eucalyptus. C'est une délicate attention.
- Tant mieux, j'ai envie de les offrir à mes parents qui vont fêter leur quarante ans de vie commune'' elle dit. Lui aussi, aurait aimé trouver quelqu'un pour passer sa vie avec mais la vie ne faisait pas de cadeau mais, sans qu'il ne le veuille, une image s'était transcendée en lui, un beau brun dans un élégant manteau. Il fronça les sourcils, il déraillait encore. Il revint à lui lorsque Nine l'appela,- et aussi des bottes dans les couleurs rose et orange.
- Ah vous parlez des Germini, combien ?
- Deux de chaque'' Allen nota et commença à faire le calcul avec la calculatrice. Elle donna sa carte de fidélité qu'Allen passa avant de tout recalculer
- Cela fera 80 euros'' elle lui donna, -vous voulez autre chose.
- Non, tout sera livré chez moi.
- Oui, ne vous inquiétez pas.
- À quelle heure ?'' elle demanda en rangeant sa carte bancaire.
- Vers midi si cela vous va et aussi, elles seront encore plus fraîches.
- Merci, au revoir.
- Au revoir madame Nine.
Allen rangea le cahier avant d'entendre la cloche retentir.
- Monsieur Walker'' demanda quelqu'un.
- Je viens''il dit en traversant rapidement.
- Oh j'avais pensé que vous n'étiez pas ici, tout était fermé.
- Oui, je n'ai pas encore ouvert les volets'' il dit en sortant du magasin en voyant les livreurs poser les cartons au sol.
- Bon les gars, il faut tout mettre dedans'' dit Jerry, Allen sourit en le remerciant silencieusement. Il les laissa faire pour ouvrir véritablement la boutique en ouvrant les volets pour voir l'enseigne, Allen mit en place quelques fleurs dans l'étagère du jour ainsi que nettoyer la poussière.
- Faites attention'' dit Allen en voyant un jeune homme qui avait failli renverser trois pots par terre.
- Désolé, monsieur'' Allen ne lui en tient pas rigueur en sachant que le jeune homme n'avait pas fait exprès.
- Ce n'est rien mais faites attention'' le livreur hocha la tête et Allen continua à préparer son magasin pour les clients. Il venait à 6 heures pour que tout soit parfait lors de l'ouverture aux clients à 7 sept heures tapante. Allen remercia les livreurs avant qu'ils ne s'en aillent,- je suis prêt pour une nouvelle journée'' dit-il en retournant la pancarte qui disait que c'était ouvert.
Il ouvrit l'ordinateur pour voir s'il y avait de nouvelles commandes en ligne. Quelques manipulations plus tard, il y avait au moins une trentaine juste pour ce matin. Il était seul jusqu'à deux heures de l'après-midi donc il devait mettre les bouchers doubles. Il accepta les commandes et commença à faire quelques bouquets, des bottes et des roses séparées rouges et roses, une centaine pour un mariage, Allen avait regardé que c'était urgent et il appela tout de suite Daisya qui ne commençait qu'à 9 heures pour aller livrer cette commande qui accepta. Son employeur devait être ici dans une demi-heure et Allen continua. Il fut interrompu par quelques clients qui étaient venus acheter puis reprit ce qu'il faisait. Daisya arriva :
- Bonjour, patron'' dit Daisya enthousiaste.
- Bonjour, monsieur Barry'' il entendit Daisya grogner dans sa barbe qu'il n'avait pas,- Daisya.
- Voilà patron, ce n'est pas trop dur'' Allen lui sourit en coupant quelques roses,- désolé je sais que tu commences que dans une heure.
- Ce n'est pas grave, alors je dois livrer où ?'' il demanda sérieusement sachant que son boss s'en voulait pour tout et n'importe quoi.
- Deux maisons qui ont commandé en urgence. Une cérémonie de mariage et un baptême'' termina Allen en prenant des feuilles marrons. Allen lui montra ce que Daisya devait livrer et celui-ci alla mettre tout dans le camion avant de partir et Allen continua. Il se tuait à la tache mais c'était ce qu'il aimait, des travaux manuels. Après avoir fini, il fit quelques stocks, ainsi que des montages pour mettre dans l'étagère du jour. Le téléphone sonna alors qu'il était dans le débarras. Il sortit vite fait en évitant les cartons avant de le prendre à la dernière tonalité.
- Bonjour, bienvenue dans la boutique La fleur de lotus que puis-je faire pour vous ?'' demanda-t-il en tenant tout de suite son cahier ouvert.
- Bonjour, je voudrais commander un bouquet de rose, je suis sur votre site mais celui que je veux est en rupture de stock'' dit une voix de femme.
- Laquelle ?'' il ouvrit le site et alla où la femme lui indiqua,- ah oui, je vois. C'est les coquelicots rouges de 73 cm.
- Oui, c'est ça.
- Oui, il y a eu un retard, mais elles sont arrivées ce matin donc je n'ai pas eu le temps de changer sur le site.
- Oh dieu merci, je peux commander par téléphone ?'' Allen sourit plus pour lui-même en sentant qu'elle était désespérée.
- Bien sûr, combien ?
- Un bouquet et un romarin de 5 cm.
- Bien sûr, je note tout ça. Comment vous vous appelez ?
- Miranda Lotto.
- Bonjour, madame Lotto, je suis ravi de vous entendre'' c'était vrai, Allen avait des commandes que par internet donc c'était un réel plaisir de parler avec elle.
- Moi de même'' dit-elle timide.
- Vous voulez le faire livrer ou vous venez la chercher ?
- Je viendrais la chercher, c'est une surprise que je fais à mon compagnon.
- D'accord'' il dit pour la calmer, même sans la voir, Allen voyait combien elle aurait aimé être à dix mil kilomètres avant de parler avec qui que se soit. C'était une personne timide – le bouquet se composera de combien de roses ?
Il y eut un moment de silence avant qu'elle ne parle :
- 30 roses'' elle dit.
- Noté, de quelle couleur ?
- Il aime les couleurs flamboyant'' avec un petit sourire.
- Je peux vous proposer un bouquet de mandarine qui sera dans le ton tout feu tout flamme'' termina-t-il.
- Parfait, merci beaucoup'' elle était plus calme en écoutant sa voix.
- De rien et vous allez le chercher à quelle heure pour que je puisse travailler dessus ?'' il demanda en notant tous les détails pour pouvoir travailler sur le bouquet.
- Vers 16h00.
- Ok, c'est noté, autre chose ?!'' demanda Allen.
- Non,
- Merci d'avoir commandé chez nous, au revoir'' dit-il poliment.
- Au revoir'' il raccrocha en posant le téléphone sur le comptoir. Il regarda l'heure, neuf heures vingt, pensa-t-il. Son ventre commençait déjà à grogner. Il se coupa dans son inattention en coupant une fleur rouge. Il prit un papier essuies-tout et essaya d'arrêter le sang. Ce n'était pas grand-chose. C'était une journée qui commençait avec des petits imprévus.
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Allen avait un autre petit déjeuner dans le même endroit pour rendre visite à Lulu Bell la mère de Mimi qui était malade qui n'avait pas pu venir travailler aujourd'hui. Ce matin avait été d'un calme olympien. Il avait plus de commandes venant de sa boutique en ligne mais avait fait une rencontre tout feu tout flamme. C'était une jeune fille prénommé Fô, d'une quinzaine d'années lui avait-elle dit, cherchant le meilleur bouquet pour faire sa déclaration. Elle était en confiance enfin ce qu'elle prétendait mais Allen avait vu une jeune fille apeurée par le rejet. Ce regard, Allen le connaissait, peur d'être rejeté par celui qu'on aime, mais ce qu'il avait retenu d'elle, c'était son franc-parler, son enthousiasme, sa joie de vivre et Allen espérait qu'elle allait réussir à avoir cette personne de tout son cœur. C'était une rencontre qu'il avait faite ce matin et Allen espérait la revoir pour lui annoncer qu'elle avait réussi. Il rouvrit le magasin qu'il avait fermé et n'avait même pas eu le temps de se poser un instant que quelqu'un arriva. Allen la reconnut.
- Bonjour, madame Matera'' dit-il gentiment.
- Bonjour, Allen, appelez-moi Lala'' elle dit.
- Quel vent vous amène, Lala'' il dit.
- Je suis venu chercher des belles fleurs pour mon mari, Gozoru'' elle dit, des larmes aux yeux.
- Oooh'' il murmura pour la prendre dans ses bras. Allen la connaissait depuis sept ans. C'était une rencontre explosive : lui essayant de saccager la maison des Matera sous la colère de savoir que son père lui avait menti et ce couple lui avait parlé gentiment expliquant beaucoup de chose sur la vie jusqu'à ce qu'il se calme et osa enfin présenter ses excuses pour leur jardin. Un couple formidable où il avait passé quasi ces journées avec eux,- je suis désolé'' dit-il doucement pour ne pas la faire craquer. Son mari Gozoru Matera était mort depuis deux ans. C'était un coup dur pour elle, Lala avait essayé de rejoindre son mari et Allen se disait que s'il n'avait pas obligé son père à venir avec lui pour aller voir madame Lala, elle serait sûrement morte aujourd'hui. Mana était un médecin de renom, Allen était fier de lui mais plus encore lorsqu'il avait sauvé Lala.
- Je me sens seule sans lui'' sa voix était douce, fragile,- et chaque approche de son anniversaire, j'ai l'impression que mon cœur s'arrêtera de battre'' Allen ne savait pas comment enlever sa peine, mais il était là pour l'entendre, la consoler,- c'est injuste'' elle continua à pleurer.
Lala et Gozoru n'ont pu jamais avoir d'enfant à cause de la stérilité de Lala. Ils auraient aimé et ils avaient pensé même à adopter mais la mort de son mari l'avait anéanti pour qu'elle s'occupe d'un autre être. Allen passait souvent chez elle pour lui tenir compagnie de temps en temps. Il pouvait passer toute une journée avec Lala, c'était une femme d'une élégance, d'une ouverture d'esprit incroyable et surtout sa convivialité en valait le détour. Lala avait une voix magnifique lorsqu'elle chantait. Allen essayait de lui redonner foi dans cette vie avec la famille de Lala et Gozoru. C'était une femme remarquable qui l'avait beaucoup aimé.
- J…je veux'' elle se reprit en lui souriant,- des fleurs qui diront combien mon mari a été génial. Des fleurs qui capteront le regard des autres disant qu'il y avait un homme bien qui est mort trop tôt'' elle fit une pause pour reprendre son souffle et sécher ses larmes, Allen lui sourit, l'encourageant,- une personne formidable qui ne pourra jamais être remplacé dans mon cœur.
Allen la regarda et essaya de penser au bouquet qui allait représenter cet idéal. Ils continuèrent à parler de ce qu'elle voulait vraiment. De temps en temps Allen disait combien le mari de Lala lui manquait, ses farces qu'il lui faisait, Lala avait même rigolé en disant combien il était un garnement mais comment Gozoru aimait la présence d'Allen en disant que cela stimulait son cerveau ? Allen n'avait pas pu se retenir et rigola suivit de Lala.
- Je vous propose'' dit-il plus calme,- un bouquet de tendresse.
- Ça me va. Je ne veux pas de ces fleurs pour enterrement'' elle murmura en souriant pour la première fois et c'était un vrai sourire.
- Alors, c'est fait. Il faut juste attendre quelques minutes pour que je le compose.
- T'inquiète pas, Allen. J'ai tout le temps…
Lala le regarda faire avec un regard tendre. Allen faisait un bouquet de roses fraîches et naturelles, plein de délicatesse d'un romantisme par excellence, la rose se déclinait avec élégance dans ce camaïeu à la fois tendre et intense. Un cadeau parfait pour le mari de Lala qui tomba immédiatement amoureuse de ce bouquet et elle l'avait répété et répété jusqu'à ce qu'elle lui dise au revoir. Allen avait été content de la voir. Lala ne sortait plus beaucoup de chez elle ces temps-ci. Il devait l'inviter pour le barbecue de ce dimanche. Oui sûrement une bonne idée. Il se perdit dans ses pensées se disant quand est-ce qu'il allait trouver quelqu'un qui l'aimerait pour ce qu'il est : un jeune homme avec un passé turbulent mais avec plein de tendresse comme ces fleurs. Il sourit en pensant à tout ça, comment il se verrait dans cinq, dix ans avec ou sans personne. Il profitait de sa vie, faisant ce qu'il aimait et au grand jamais, il ne permettrait de faire autrement.
La clochette retenti dans la boutique, Allen entendit des rires, des agacements ainsi qu'une voix qu'il reconnut qui disait qu'elle allait parler avec le responsable. Allen, leva la tête de son bouquin quand il vit une magnifique jeune femme, habillée tout en noir avec un collier rouge or. Il y avait encore quatre pieds mais Allen ne pouvait pas les voir, ils étaient cachés par les rayons.
- Bonjour, madame Lotto, c'est bien ça'' il dit pour la mettre à l'aise en voyant comment elle fuyait son regard.
- O…oui, je suis venue chercher ma commande'' elle était nerveuse.
- Bien sûr'' il parla doucement et avec un sourire charmeur, Allen regarda madame Lotto se calmer un peu. Il demanda à ce qu'elle attende ici pour aller chercher le ramequin dans le rayon. Perdu en cherchant le romarin, il bouscula quelqu'un,- je suis déso…'' il s'interrompît en reconnaissant la personne de la nuit dernière. Allen resta planter comme un idiot. C'était quoi comme réaction. Ce n'était qu'un client. Peut-être qu'il était plus lucide que la journée d'avant pour voir comment cet homme était magnifique. Il était vraiment fatigué hier pour manquer tout ça, Allen se reprit en se raclant la gorge,- je suis désolé, monsieur Tiedoll.
- Kanda je vous ai dit, monsieur…
- Allen Walker mais tout le monde m'appelle Allen enfin ceux qui me connaissent'' il s'arrêta où il allait dire plus de conneries. L'autre homme, Kanda le fixa. Allen aurait juré avoir vu un certain amusement dans son regard mais c'était trop bref,- vous cherchez quelque chose de particulier ?'' il attaqua, un domaine où il se sentait à l'aise.
- Non, j'attends Miranda ma belle sœur'' dit-il en regardant un bouquet de roses blanches avant de dire,- elles sont jolies mais avec quelques roses jaunes, cela donnerait une autre dimension.
Allen réfléchit avant de lui sourire :
- Oui avec quelques touches de violets et cela sera magnifique. Vous vous y connaissez en fleurs ?'' il demanda curieux.
- Pas tant que ça'' dit-il mais un rire les fit se retourner. À côté d'eux se trouvait une jeune femme qui rigolait. Elle portait une chemise de couleur crème avec un pantalon noir et des bottes crèmes. Ses cheveux étaient d'un vert émeraude splendide.
- Pas tant que ça'' répéta la jeune fille,- ton père t'a gavé de ça depuis ta tendre enfance'' elle rit. Kanda soupira, Allen aurait juré voir quelques rougeurs sur les joues du brun,- je m'appelle Lenalee Lee, enchantée.
- Allen Walker, de même'' il lui sourit. C'était une personne sympathique. Sa main vint se poser sur l'épaule de Kanda qui la repoussa d'un regard d'agacement.
- Quoi tu ne voulais pas que quelqu'un découvre ton jardin secret de toutes les fleurs que tu as'' elle s'arrêta et s'éloigna de son ami qui émettait un aura meurtrière,- oh ça va, tout le monde à son jardin secret'' dit-elle. Allen était bien d'accord et trouvait ça très mignon.
- Tch…'' dit-il sous le regard attendrit de Lenalee. Allen les regardaient en se disant s'ils sortaient ensemble et comme si elle avait lu dans ses pensées, elle dit :
- On est des amis depuis notre tendre enfance'' elle murmura, Kanda croisa ses bras.
- Vous n'avez pas quelque chose à faire ?'' demanda Kanda, Allen le regarda.
- Oh oui, madame Lotto'' il prit le romarin mais avant qu'il s'en aille, Lenalee parla :
- Je veux passer une commande.
- D'accord suivez-moi'' ils arrivèrent tous les trois, Miranda était en train de regarder quelques plantes. Allen prépara la commande de madame Lotto avant de savoir ce que Lenalee voulait ?.
- Je veux un bouquet avec des roses blanches, jaunes et violettes'' Allen la regarda, elle lui sourit. C'était de ce que lui et Kanda parlait.
- D'accord, je vais vous préparer ça tout de suite'' il dit en sortant du comptoir pour aller chercher ce que Lenalee, la cliente demandait,- vous devez lui donner un nom'' dit-il pensif en composant le bouquet. Les trois clients l'avaient suivi pour voir son travail et même si Kanda ne l'avouerait jamais alors que Lenalee lui jetait des coups d'œil, elle savait que son ami était tombé sous le charme du patron qui gérait les fleurs avec une telle délicatesse.
- Une rencontre naissante'' elle dit mais voulait dire plus tôt, une histoire naissante mais ne voulait pas recevoir la foudre venant de son meilleur ami, Kanda.
- Joli comme concept'' dit Allen sans avoir capté la nuance, perdu dans son travail. Ce regard le brûlait, Allen le sentait mais n'osait pas retourner pour voir qui était-ce ou ne voulait pas être déçu si ce n'était pas à celui auquel Allen pensait. Il se leva et donna le bouquet à Kanda en pensant que c'était Lenalee,- oups, désolé'' il murmura sous le regard amusé de Lenalee.
Après avoir encaissé son dur labeur, ils étaient partis comme ils étaient venus. C'était d'une telle confusion qu'il ne savait où donner de la tête heureusement que Daisya était arrivé pour le remettre au boulot et Allen savait qu'il allait encore les rencontrer à nouveau pour le meilleur comme pour le pire.
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Quand est-ce qu'Allen allait arrêter d'être perdu dans sa vie sociale ? Peut-être jamais ou peut-être toujours. Rien n'était facile, le regard constant négatif des autres, les fausses culpabilités, les souffrances qu'il avait vécues pendant son enfance. Prendre le goût de la vie et le remodeler à sa façon avait été un vrai parcours du combattant. Rien ne lui était facile, Allen savait combien ces gamins le détestaient. Le maudit comme les enfants aimaient l'appeler ne se mentait pas mais ne comprenait pas pourquoi, ces enfants s'acharnaient sur lui. Il avait eu du mal à se déployer, à pouvoir vivre sans crainte d'être frappé, d'être questionné sur ses origines, de son apparence. Pourquoi il avait dû subir tout ça ? Allen n'avait rien demandé. Est-ce qu'il avait demandé à ce que ses parents biologiques l'abandonnent ? Non, est-ce qu'il avait demandé d'avoir un bras rouge cramoisi, une cicatrice sur son œil ? Non, mais apparemment le concept n'était pas le fort de tout le monde.
Mana lui avait toujours répété d'aller de l'avant. C'était ce qu'il avait toujours fait même si parfois quelques personnes qu'il croisait le ramenaient à cette époque maudite qu'il ne voudrait jamais y retourner. Ces colères qui faisaient chuter ses résultats scolaires, l'envie de voir les autres l'aimer, la crainte d'être abandonné par sa famille alors qu'il ne savait pas encore qu'il avait été adopté. Toutes ces choses faisaient un monde où cela ne lui donnait pas envie de réussir, de laisser les autres penser qu'il était un monstre. Une période d'une tristesse qu'Allen n'avait jamais réussi à parler avec Mana. Si son père venait à savoir les misères que les autres lui ont fait pendant son enfance, Mana aurait crisé. Son père était une personne sensible alors savoir que quelques imbéciles lui avaient fait du mal, l'aurait anéanti. Nea le frère de son père s'était occupé de ça lorsqu'il avait comprit pourquoi Allen rentrait de chaque journée blessé. Nea et lui avaient fait un pacte pour que jamais son père le sache mais avec les années, tout s'était arrangés.
Et combien de fois, Allen avait pensé des phrases qui étaient à cette époque une vérité absolue, « je n'ai pas ma place », « je ne vis pas ma vie, je fais semblant », « je ne sers à rien », « je ne suis qu'un monstre ». Des mots qui avaient fait son enfance, passant par l'adolescence jusqu'à maintenant mais avec le temps, il s'est fait pardonner. Allen était présent et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Il avait une confiance que son père, son oncle, sa famille lui avaient donné et il était fier d'être un Walker et maintenant, il devait parler avec son père qui le regardait depuis deux bonnes minutes assit sur le canapé du salon. Allen n'était pas fou, ce n'était que sortir d'une maison et aller dans une autre.
- Allen je t'écoute'' dit son père en changeant de chaîne pour la énième fois,- pourquoi j'ai fait installer un décodeur ? Il n'y a rien à la télévision'' pesta-t-il. Allen sourit sous le désarroi de son père.
- Utilise internet, tu as tout'' dit Allen d'une voix solennelle.
- Jeune homme…
- Mais quoi c'est vrai'' dit-il en riant en mangeant en même temps des raisins verts bien mûrs, juteux et sucré.
- Alors de quoi tu voulais me parler ?'' Allen s'étouffa avec un grain de raisin. Il avait complètement oublié comme la fois dernière où il devait dire à son père qu'il n'aimait pas que les femmes, mais des personnes dotée d'un cœur. Allen se rappelait avoir fait tout un spectacle pour enfin dire à Mana ces simples mots qui au lieu de faire rager son père, l'avait fait rire à cause de ce qu'il avait fait, pas de ce qu'il était. Allen regarda son père, il n'y avait pas trente-six mil solutions et se lança :
- Je pense, qu'est-ce que je dis, je vais déménager Mana'' tout avait été dit avec conscience et avec tact. Allen savait combien son père aimait qu'il soit avec lui, mais il était temps que l'oiseau sorte de son nid. Mana le regarda comme si une troisième tête avait poussé sur son épaule gauche,- Mana'' murmura-t-il tellement doucement, de peur de briser le cœur de son père, ce qu'il avait déjà fait.
- Allen…
- Oui, Mana'' répondit-il alors que son père posait sa tasse de café avec un dauphin imprimé sur la table en tremblant. Allen l'avait offerte à son père à l'âge de dix ans. C'était la première fois qu'il recevait de l'argent de poche de ses grands-parents alors, ce jour-là, Allen avait décidé d'acheter une tasse pour Mana qui buvait trop de café et était tombé amoureux de la tasse et depuis, Mana prenait soin du cadeau de son fils.
- Pourquoi veux-tu quitter cette maison ? C'est parce que qu'on ne passe pas beaucoup de temps ensemble ou je deviens trop vieux pour toi !
- Mana'' il fit un sourire rassurant,- non, j'ai envie d'avoir mon chez moi.
- Ce n'est plus le cas !'' dit-il choqué.
- Non, Mana, ah…papa écoute. Je suis très bien ici, j'ai vécu les meilleurs moments ici, mais j'aie envie de découvrir le monde par moi-même avec mon propre chez moi'' il vit son père pleurer,- oh je t'en prie.
- Tu ne veux plus revoir ton père. Tu m'en veux encore de ne pas t'avoir dit la vérité à propos de toi'' Allen fronça les sourcils puis rigola franchement maintenant c'était à son père de se donner en spectacle.
- Mana, je ne te l'ai jamais dit mais merci d'avoir été un père formidable. Bien sûr, j'ai été en colère d'apprendre très tard que j'étais adopté, mais je n'ai que toi comme parent depuis que mes parents biologiques m'ont abandonné. Tu as été formidable et je ne rêverais pas mieux alors merci, Mana et non ce n'est pas à cause de ça'' Allen prit son père dans ses bras pour le consoler et parla doucement pour que tous les deux comprennent,- j'ai vécu des belles années ici avec toi, avec mon oncle, mes grands-parents. Ici''il montra la maison,- c'est chez moi. Cet endroit aura une place spéciale dans mon cœur tu sais pourquoi, Mana ?
- Non… !
- Parce que c'est grâce à toi si mon monde est possible. J'aurais toujours un père dans ma vie, une maison, un chez moi, qu'importent les décisions que je vais prendre à l'avenir'' Allen murmura les derniers mots comme une promesse d'une voix douce.
- J'espère juste ceux qui te permettront de rester en dehors des ennuis'' et cette fois-ci, ils riaient tous les deux comme si c'était une bonne vieille blague.
- Je vais essayer'' sur le ton de la rigolade dit Allen mais Mana le coupa de suite en disant qu'il valait mieux que ça. Allen avait de la chance d'avoir un père aussi merveilleux qui comprenait toujours ses décisions même si parfois cela pouvait être dur comme pour l'un ou comme pour l'autre.
- Quand ?'' demanda Mana alors que son fils croquait dans un raisin.
- Je cherche toujours Mana, alors tu m'auras sur le dos un peu plus longtemps et je cherche un peu plus près de ma boutique.
- C'est logique'' dit-il même si cela lui brisait le cœur, mais il devait laisser son enfant s'en aller un jour découvrir le monde,- si tu as besoin d'aide je suis là et n'oublie pas, Nea peut t'aider mais en te connaissant, je sais que tu as envie de faire toutes les recherches d par toi tout seul.
- Tu présumes bien, Mana, tu présumes bien'' Mana sourit avant de continuer :
- Mais si tu as vraiment besoin d'aide, n'oublie pas…'' dit son père avant qu'Allen ne continue :
- Ma famille me suivra jusqu'à mes pires décisions et qui a inventé ça ?'' demanda-t-il curieux depuis qu'il avait entendu ces mots.
- Ta grand-mère, Alice qui voulait que sa famille à elle soit la meilleure.'' Allen le regarda en fronçant les sourcils,- ta grand-mère, ma mère n'avait pas peur de dire ce qu'elle voulait dire même si cela devait blesser des personnes que ça soit ou non de sa famille. Elle était une jeune femme indépendante, curieuse, respectueuse qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Elle défendait la veuve et l'orphelin. Tu as une grand-mère d'enfer.
- Hahahh'' Allen rigola en hochant la tête,- j'en apprends de plus en plus sur cette famille de dingue'' termina-t-il.
- Moi aussi, mon fils et c'est toujours aussi amusant de voir mes parents aussi jeunes luttant pour leur droit.
- Mana, tu ne m'as jamais raconté comment s'est rencontré mes grands-parents ?'' son père apercevait de la curiosité dans la voix de son fils qui était tout excité.
- Tiens-toi bien fort mon fils parce que c'est une histoire assez longue et compliquée qui a failli faire que je ne naisse jamais ainsi que ton oncle qui est parfois perché au plus haut point'' ils se regardèrent essayant de retenir leur rire, mais ils n'arrivèrent pas. Si Nea était ici, il aurait fait un scandale de comment ils osaient parlé ainsi d'un oncle, d'un frère en les maudissant, les boudant pendant des jours voir des semaines.
C'était la force idiote de son oncle, pensa Allen en écoutant l'histoire de Mana. Il écouta attentivement sans perdre une miette de la conversation et lorsque son père parla de la rencontre de ses grands-parents cela avait juxtaposé avec celui du beau brun qui ne quittait pas ses pensées de plus en plus envahies par son client. Est-ce qu'il était prêt à faire un deuxième tour ? La première fois avait été une catastrophe avec sa petite amie. Est-ce qu'il voulait tenter le coup ? Mais en même temps, Allen ne pouvait rien et devait le savoir pour mieux dormir la nuit si le brun lui plaisait vraiment et si Kanda avait au moins une nuance de sympathie pour lui.
À suivre…
Réponses aux commentaires anonymes:
Emelynn21: merci beaucoup pour ton commentaire. C'est la première fois que je fais un bon résumé, d'habitude c'est casse pied. J'aime tous les personnages et je les fais intervenir.
Guest: merci
