Hello, encore. Comme l'OS 1 impacte direct sur l'OS 2, je préfère le poster direct de suite, donc voilà.

Pas de changement : Kingdom Hearts toujours à Square Enix et Tetsunya Nomura.

Bonne lecture! Et surtout, dis moi ce que tu en penses !


Depuis qu'il est enfant, Vanitas fait attention à beaucoup de choses. Il repère très facilement les tics des gens, leurs habitudes, comment ils font dans la vie de tous les jours, leurs manies. Sa mère lui a dit qu'il était très fort pour le mimétisme. Au lieu de perdre cette attitude d'enfant, il l'a gardé et l'a amélioré avec le temps.

À présent, il ne le fait plus par automatisme. Les engrenages de son cerveau s'enclenchent pour qu'il le fasse, lorsqu'il en a envie. A une époque, il recopiait les mouvements de sa sœur, qui le méprisait sans honte à chaque fois.

Du haut de ses vingt-et-un ans, Vanitas maîtrise parfaitement cette capacité. Il ne pourrait pas expliquer comment il fait, mais il est un excellent copieur. Au niveau physique seulement. Reproduire les mêmes gestes avec presque exactitude n'est pas difficile pour lui. Mais écrire de la même manière qu'une personne, imiter sa voix, faire un tableau à l'identique, très peu pour lui. Vanitas a sa propre marque de fabrique et il en emmerde le monde.

En attendant de faire fortune, il préfère traîner dans les bâtiments avec son meilleur ami. Ou un espèce de chewing-gum humain qui reste avec lui dès qu'ils n'ont pas cours, alors qu'il n'a clairement rien à foutre dans ce domaine. Il peut jeter un bâton que le mec va aller le chercher pour le ramener en bon toutou.

Mais Vanitas l'aime bien quand même. Bien qu'il ait un faible pour la solitude, ce crétin est préférable la plupart du temps.

L'avantage avec Néo, c'est qu'il n'en demande pas trop. Quand il parle, il s'en fout d'être vraiment écouté ou que Vanitas fasse autre chose. Il aime juste pouvoir parler aussi longtemps qu'il veut, sans que l'on se moque de ses manières ou de sa voix. Il n'est pas gay, mais beaucoup pense qu'il l'est. Vanitas fait partie de ces gens à le vanner, mais seulement quand il veut se débarrasser de lui.

Comme bien souvent donc, Néo est avec son meilleur ami. Il raconte ce qu'ils font comme entraînement dans le club de l'université, puisqu'il a été assez bon pour en faire partie. Il a cette fâcheuse attitude à surdévelopper ce qu'il fait. Vanitas admire cette capacité, mais d'un autre côté c'est absolument inutile.

Voilà une heure et demi qu'ils tournent dans la faculté et aucun d'eux ne s'ennuient. Vanitas aurait largement eu le temps de se rouler quinze clopes, mais disons qu'il est plus occupé à autre chose. Il excelle particulièrement pour mimer le rythme de marche d'une certaine personne.

Terra a en horreur cette aptitude. Il déteste qu'on reproduise ce qu'il fait, parce qu'il ne supporte pas qu'on le regarde avec autant d'attention. C'est énervant pour lui, cela ne le flatte même pas. Vanitas est au courant bien entendu, voilà pourquoi il recopie ses mouvements quand il s'ennuie (un Terra en colère est toujours divertissant).

Pendant cette heure et demi, les deux compères n'ont pas chômé. Vanitas a juste trouvé intéressant d'attendre Terra à la sortie de son cours. Puis il l'a suivi et imité sa démarche. Malgré le bruit des environs, ils ont fini par se retrouver seuls et Terra a parfaitement entendu ce double pas. Si Néo n'avait pas été là, il aurait juste pété un énorme câble.

Et ça aussi, Vanitas le sait. Il passe beaucoup de temps à observer Terra, ensemble ou pas. Il surveille bons nombres de choses chez lui, ce qui pourrait être énervant si Vanitas n'était pas aussi mignon. C'est comme un horrible gamin de six ans qui ne trouve rien de mieux à faire pour avoir son attention.

Alors, malgré qu'il n'apprécie pas le stupide jeu du brun, il se contente de prendre sur lui et change souvent de rythme. Bien évidemment, il fait quasiment de même tout de suite. Il pourrait s'enfuir et retourner dans sa chambre étudiante ou attendre dans les couloirs, mais c'est interdit d'y traîner. Pas question de se terrer dans la bibliothèque, il ne supporte pas cet endroit.

(Et Vanitas se moque de lui à chaque fois qu'il le fait, donc bon.)

Étrangement, Néo ne semble pas avoir remarqué qu'ils marchent depuis longtemps et que Vanitas joue avec ce gars. Ou plutôt, il ne fait aucune réflexion. Tant qu'il passe du temps avec son meilleur ami, il se moque de ne pas avoir sa totale attention. D'autant plus que s'il le déconcentre et lui fait perdre Terra, Vanitas peut être un parfait connard (encore plus que d'habitude).

Sauf qu'au bout d'un moment, ce dernier a un sourire carnassier. Il reconnaît cette partie de l'université sans problème. Il y a déjà été et y reste parfois très tard à cause de ses recherches. Il y va aussi quand il sait que Terra y est et qu'il veut lui rappeler qu'il existe.

Il se met à siffloter We are the champions, tout en sachant que Terra le déteste. Toutefois, il cesse en voyant que Terra s'est arrêté de marcher. Néo met un peu de temps avant de faire pareil. Sauf qu'il ne l'interroge pas, habitué à ses actions étranges et continue à lui parler, en s'appuyant contre le mur. Vanitas répond de temps en temps et Néo sait que la façon supérieure dont il répond n'est pas pour lui.

Au bout d'un moment, Néo entend une porte être ouverte ; celle de la bibliothèque. Il se retourne et constate qu'il n'y a plus personne devant eux. Il fronce les sourcils, mais ne commente toujours pas.

-On va faire quelques tirs ? » Demande Vanitas avec un sourire sardonique. Voilà pourquoi Néo adore ce petit con. Ils sont dingues de foot autant l'un que l'autre. Jamais ils ne se diront non à une partie ou juste des tirs au but. Surtout s'il y a des cibles pas très loin.

✉ A: Terra

Loser

Ce soir-là, Vanitas rentre un peu tard dans le bâtiment des chambres universitaires. Leur session de tirs au but a duré plus longtemps que prévu et il est resté mangé un bout chez lui. Puis comme il avait ses affaires, il a commencé réviser en attendant que le repas chauffe. Vanitas est suffisamment bizarre pour détester se faire à manger, mais pour aimer en faire à ceux qui l'accueillent chez eux.

Néo le dépose devant la résidence, parce que les gens se garent n'importe comment et qu'il n'aime pas gaspiller son essence pour quelque chose qu'il peut éviter. Vanitas le salue et descend. Au bout d'une minute à fouiller dans son sac, il constate qu'il a oublié son casque chez lui. À défaut de l'avoir, il met la musique de son portable en haut-parleur, mais pas fort. Puis il sort de quoi s'abîmer les poumons et fume dans le parc pour aller jusqu'à sa chambre.

Arrivé devant le bâtiment, il jette son mégot et déverrouille la porte avec son pass. Il baisse encore le son et se rend jusqu'à sa chambre.

Si Terra ne supporte pas que quelqu'un imite ses pas, Vanitas s'en contre-fout. Il est observateur, mais pas très attentif à son environnement. Dès qu'il a sa musique, les gens peuvent suffoquer à ses côtés qu'il ne le remarquera pas. Il ne fait attention à rien qui n'attire suffisamment son regard. Alors sérieux, il ne remarque même pas qu'il est suivi.

Ce n'est qu'en sentant une main se plaquer contre sa bouche et un bras autour de son ventre qu'il prend peur. Vanitas sursaute et ne retient pas son cri même s'il est étouffé par les doigts inconnus. Il porte aussitôt les siens sur la main dérangeante, en fermant les yeux. Il se débat avec force pour se défaire de cette prise, mais rien à faire.

Son agresseur semble plus grand et bien plus fort que lui. Vanitas tire sur le bras en s'agitant dans tous les sens. Mais il se fait plaquer contre le mur à côté. Il grogne, légèrement sonné par le coup. Bien vite, son bras droit est tordu derrière son dos et ses jambes sont écartées par précautions. Il geint de douleur.

Un souffle chaud se promène sur sa nuque et c'est étrangement rassurant. Ce n'est pas la première fois qu'il sent cela. Alors il crie un « Dégage, bâtard ! » et met un coup de tête en arrière. L'autre salaud s'éloigne en rigolant. Vanitas se retourne vivement, rouge de la tête au pied.

-Terra, t'es un salaud !

Putain, il va tuer ce con. Quel enfoiré lui fait une frayeur pareille en lui faisant croire qu'il va le baiser contre ce mur ? Jusqu'à nouvel ordre, Vanitas n'aime pas ce genre de pratiques. Ses poings s'ouvrent et se ferment de rage. Il n'apprécie pas cette blague.

-C'est bon, je plaisantais Vanitas.

Qu'il dit avec un sourire prétentieux, ce sale tordu mental. Il veut bien lui foutre une claque dans la gueule pour la peine.

Terra sait presque autant de choses sur Vanitas, que l'inverse. Il n'ignore donc pas que Vanitas a toujours des réactions drôles quand quelqu'un le touche par surprise. Alors il cesse de rire et le plaque contre le mur, le visage dur.

Il sait aussi que Vanitas adore se faire maltraiter, même s'il n'assume pas. Quand on fait pression sur lui, il peut vite être intimidé. D'autant plus que Terra est grand de taille avec une bonne corpulence. Alors il se tasse contre le mur, comme un gamin pris en faute le ferait. Il dévisage sauvagement Terra quand il met sa main juste à côté de sa tête pour se soutenir.

Ils s'affrontent du regard un long moment, pour savoir qui va gagner l'affrontement. Connaissant son penchant pour l'humiliation, Terra attrape d'un seul coup sa mâchoire et relève un peu sa tête vers le haut. Vanitas fronce les sourcils et sa respiration se fait erratique. Une partie de lui veut garder le contact, alors que l'autre veut exploser Terra contre le béton.

Puis, à nouveau, il claque leurs lèvres ensemble. Vanitas n'a aucune échappatoire. D'instinct, il ferme les yeux et gémit de surprise. Il veut s'y soustraire, sauf qu'il se rappelle de la présence du mur derrière lui. Il attrape les épaules de Terra, pour le forcer à le lâcher, mais ce crétin châtain mord sa langue. Il grogne d'inconfort, avant de lutter avec véhémence.

Vanitas a eu son premier baiser à douze ans. C'était assez amusant, quand il repense. Il n'a jamais rien ressenti de plus que son ventre tordu par l'appréhension, puis par la terreur, du fait qu'il puisse mal embrasser. Alors il s'est entraîné à bien le faire, pour ne pas passer pour un gros nul. En réalité, Vanitas déteste cela, rien ne l'agace plus qu'être en contact trop intime avec les gens.

Quand Terra l'embrasse, c'est un mélange déstabilisant entre une douce chaleur et un volcan. Il apprécie la sensation, mais c'est dérangeant malgré tout. De doux spasmes parcourent son corps. Il n'aime pas être contre ce fichu mur, c'est gênant. La langue de Terra n'a rien à faire dans sa bouche. Ses doigts n'ont pas à être aussi brutaux.

Lorsqu'enfin ils se séparent, Vanitas prend une grande bouffée d'air et ouvre les yeux. Il peine à reprendre une respiration convenable. Si ce gros connard ne l'avait pas plaqué contre un mur et embrassé de force, Vanitas aurait pu éventuellement concevoir qu'il ose le couver du regard. Mais Terra est un trou du cul, alors non.

(D'autant plus que ce chien est au courant pour l'aversion de Vanitas, hein. Qu'il aille crever.)

-Plus jamais tu fais ça, gronde Vanitas.

Son regard est noir à présent. Il grognerait que ce ne serait pas surprenant. En plus d'avoir l'air d'un gamin, il est comme un sauvageon qu'il faut savoir approcher et apprivoiser. Visiblement, Terra a encore un long chemin à faire.

-Alors arrête de me suivre à la fac avec ton pote, contre Terra.

Le brun note une pointe d'agacement, ce qu'il pourrait comprendre si ce connard n'avait pas fait ce qu'il venait de faire. Franchement, Vanitas est un gentil garçon, faut juste pas le pousser à bout.

-Jamais, t'entends ? Jamais je n'arrêterai de te suivre, tu peux toujours rêver !

Il ne réalise pas le sens de ses mots, ni leur impact. Vanitas ne voit que ce qu'il veut voir après tout, il n'a pas compris le sens de la phrase de Terra. Il ne pense pas, il agit de manière instinctive. Il refuse qu'on puisse lui interdire des choses, surtout quand cela inclut le châtain.

Alors toutes sortes de sentiments pulsent dans ses veines. Il est en colère pour sûr, mais il est frustré de ne pas pouvoir contrôler ce qu'il ressent. Il en veut à Terra de vouloir lui imposer un truc pareil. Il veut tout casser autour de lui, plus par caprice qu'autre chose. Il est blessé aussi, toujours à cause des propos du châtain.

Au lieu de faire quoi que ce soit, Vanitas grimpe rapidement les escaliers qui mènent au troisième étage. S'il attend l'ascenseur, il sent qu'il va abîmer quelque chose (il n'a aucune envie d'être bloqué dedans ensuite). Il n'aurait pas eu non plus la patience de rester avec Terra à proximité de lui. Pour ce soir, il a eu sa dose de Xehanort. Demain est un nouveau jour et ça ira mieux.

Dans son départ soudain et sa crise, il n'a pas vu que les yeux de Terra s'étaient illuminés de mille feux. Il n'a pas vu ce fantastique feu d'artifice dans son regard.