Hey ! Auparavant, ce premier chapitre était séparé en deux: j'ai finalement décidé de les réunir pour mieux concentrer l'introduction des tortues, en douceur.
Sur ce, je vous souhaite bonne lecture!


CHAPITRE 1 : HAPPY TOGETHER


- COWABUNGA !

Emporté dans la vitesse de son skate qui volait sur la nouvelle rampe, le cri de Michelangelo résonna jusqu'au fond de la galerie, tellement perçant que Leonardo manqua de faire tomber le manuel de ninjutsu qu'il rangeait sur une étagère faite de grilles métalliques et que Donatello l'entendit malgré les sons électroniques des milliards d'algorithmes informatiques qui lui parvenaient par son casque audio vissé sur la tête.
Cependant, le cri de leur petit frère, qui il y a encore quelques mois leur aurait arraché un « chut » d'agacement et de peur qu'il trahisse leur présence dans les égouts de New-York, amena aujourd'hui sur leur visage un large sourire de satisfaction. Le système de sécurité que Donatello avait perfectionné tout autour des parois de leur nouveau repaire insonorisait complètement l'intérieur de la base, au grand bonheur de Michelangelo Donnie avait également installé un dispositif de brouilleur thermique qui rendait impossible leur localisation par un quelconque ennemi extérieur.

- C'est trop cool ! lança Michelangelo, se tenant sur un bras, les pieds en l'air maintenant son skate.

Cette position lui fit tomber son collier de coquillages sur le nez. Il souffla dessus avec nonchalance avant de reprendre ses figures acrobatiques avec le même dynamisme qu'un surfeur sous adrénaline, manquant de peu de foncer dans Raphael qui venait de rentrer.

- Derniers cartons, les frangins, dit Raphael en refermant derrière lui la lourde vanne en métal qui faisait figure d'entrée du repaire. Je veux plus jamais revoir ce tas de gravats de toute ma vie...

- Mes comics ! s'exclama Leonardo en posant son ouvrage de ninjutsu, aussitôt debout. Enfin, t'en as mis du temps !

- C'est pas que ta collection a rempli trois cartons mais...elle a rempli trois cartons, grogna Raphael alors que ses énormes bras musculeux posaient à terre la pile de boîtes qui contenaient leurs dernières affaires. Et encore, je sais pas combien il y en aurait eu s'il y avait pas eu cette explosion.

- Et mais attends, Raph : t'es en train de dire que ça y est, on est officiellement installés ? demanda Michelangelo qui avait passé son skate sous le bras en ouvrant grand ses yeux bleus turquoise.

- Ouais Mikey, approuva Raphael en se laissant aller à un sourire qui étira un peu plus la cicatrice qu'il avait au-dessus de la lèvre.

Léo le surprit à regarder autour de lui avec une mélancolie qu'il ne lui connaissait pas. Instinctivement, il le rejoignit dans l'admiration de leur nouvelle planque avec un sentiment étrange. Tout était là : le canapé fait en boîtes à pizza, les piles de films d'action pas trop compliqués à comprendre, leurs quatre lits en désordre, la chaîne hi-fi, l'atelier de Donatello envahi par des centaines d'écrans bleutés, le dojo si paisible où Splinter méditait, l'armurerie, les murs couverts de graffitis... la même odeur de pizza, de transpiration...et même bizarrement la même lueur des armes sur leur présentoir, cette plénitude extrême mêlée aux rêves des quatre ninjas. Rien semblait n'avoir changé...et pourtant, tout semblait différent. Ces nouveaux murs imprégnés d'humidité lui inspira un confort qu'il avait rarement senti jusqu'à présent.

- Enfin chez nous, se contenta de dire Léo avec un sourire contagieux.

- Trop génial ! s'exclama Mickey avec un salto arrière avant d'échanger un high three avec ses frères. Les Tortues Ninjas sont dans la place, les gars !

Plus loin, Splinter observait ses fils manifester leur joie avec un sourire paternel et un pincement au coeur.

- Oh Donnie, Donnie ! S'il te plaît, maintenant qu'on est installés, tu pourras me fabriquer une moto ? sautilla frénétiquement Michelangelo à côté de Donatello qui, imperturbable comme à son habitude, pianotait à toute vitesse sur son clavier. Une Harley à propulsion ! Noire avec des bandes oranges ! J'adore le orange c'est ma couleur préférée...une moto volante ! ça serait trop cool !

- Certainement pas. T'es suffisamment dangereux avec un skate, bredouilla Donatello de sa voix calme sans détacher son regard de l'écran. J'ai pas envie qu'on me tienne pour responsable si tu fais péter tout Brooklyn.

- Oh, allez, ça va, je suis pas si maladroit !

- La dernière fois que tu as voulu mettre de la musique, une voiture a explosé, lui rappela Donnie.

Michelangelo s'apprêtait à lui rétorquer quelque chose mais il se contenta d'afficher une moue boudeuse.

- C'est bon, j'ai paramétré le système de surveillance, dit Donatello en se levant enfin de sa chaise. La probabilité qu'on puisse découvrir notre nouveau repaire est de 0,0000000003%.

- Quoi ? dit Raphael d'un ton sarcastique en fronçant ses sourcils inexistants derrière son bandeau rouge incrusté de poussière. Autant que ça ?

- T'oublies que c'était notre pourcentage de chances de survivre la dernière fois, dit Leonardo en faisant référence à l'effondrement du building de Sacks. Et on a survécu.

- Plus qu'une petite caméra et les probabilités seront complètement nulles, promit Donatello avec un hochement de tête accompagné d'un sourire confiant. Aucune crainte : nous sommes les seuls à pouvoir défier les probabilités !

- Ca c'est bien dit, Donnie ! T'imagines quand même ? 0,0000000003% et on est toujours là les gars ! s'exclama Raph avec un éclat de rire.

- Cette ville nous appartient, les gars ! On est indestructibles !

- Ouais ! Les Avengers peuvent aller se rhabiller !

- Mes fils, tonna alors la voix imposante de Splinter.

Leonardo, Michelangelo, Raphael et Donatello se turent aussitôt. Leur maître baignait dans la lumière nacrée du dojo, assis en position de méditation. Leur excitation s'évapora alors dans l'air saturé des égouts, laissant place à un silence respectueux pour leur protecteur. Leur maître. Leur père.

- Venez.

Aussitôt, les quatre ninjas s'avancèrent et s'agenouillèrent harmonieusement en ligne face à leur maître, les yeux mi-clos.

- Onegai shimasu, murmura Splinter en fermant les yeux.

- Onegai shimasu, reprirent les quatre tortues en choeur.

- Très bien, dit Splinter. C'est le moment de vous remettre à l'entraînement.

Cette phrase effaça aussitôt les sourires de leurs visages. Les quatre frères dévisagèrent le rat bouche bée.

- Mais Sensei ! On vient de passer des jours à déménager notre ancien repaire ! protesta Raphael.

- Et il faut encore que j'aille installer des caméras dans la ville ! dit Donatello.

- On a pas mangé de pizza depuis des jours, se plaignit Michelangelo en passant sa main écailleuse sur son plastron ocre. Regardez-moi, je suis tout maigre ! Je vais probablement faire une carence d'hypoglycémie ou un truc dans le genre...

- C'est vrai que nous ne nous sommes pas reposé depuis des semaines, poursuivit raisonnablement Leonardo d'un ton plus posé. Après tout ce que nous avons traversé, nous avons bien mérité une pause, non ?

- Crois-tu que le crime prenne des pauses, mon fils ? s'insurgea Splinter d'une voix grave.

Leonardo sursauta presque, surpris par la sévérité de leur maître. Raphael, Donatello et Michelangelo dévisagèrent tour à tour leur leader puis leur sensei : Splinter ne disputait jamais Leonardo d'ordinaire.

- La victoire est loin d'être entière, mes enfants. Je me réjouis de votre réussite en haut de la tour Sacks. Mais depuis la défaite de Shredder, les problèmes sont loin d'être résolus là-haut, dit Splinter d'une voix plus calme en balayant du regard les quatre tortues agenouillés devant lui. Des gens souffrent...des innocents meurent. Le crime persiste, un nouveau mal s'insinue dans la ville... Et ces derniers jours, je suis particulièrement déçu de votre comportement à tous. En particulier toi, Leonardo, précisa Splinter en posant un regard sévère sur l'aîné des quatre frères. Je te croyais plus dévoué au bushido que cela.

Ce dernier n'osa pas lever ses yeux emplis de honte, caché dans l'ombre de son bandeau bleu, abîmé et troué.

- Je le suis, maître, dit-il d'une voix humble en fixant le sol. Je vous promets que je le suis entièrement...

- Ne vous méprenez pas, je suis fier de vous. Je dois reconnaître que vous vous êtes battus avec courage et ténacité. Mais votre assurance peut aussi bien être votre meilleur allié que votre pire ennemi. Je crains que votre victoire ne vous rende...arrogants.

- Quoi ? s'étonna Leonardo.

- On dit juste qu'on avait assuré sur ce coup-là, dit Michelangelo.

- Qu'on était les meilleurs, dit Raphael.

- Ce qui techniquement est très probablement vrai, dit Donatello.

- SILENCE ! tonna à nouveau Splinter. Je vous ai peut-être donné ma bénédiction pour vous rendre à la surface, mais vous ne le ferez qu'en cas de nécessité absolue et cela n'efface pas tous mes conseils et tout l'enseignement que je vous ai donné jusqu'à présent ! Bien au contraire, c'est maintenant que vous avez montré au monde votre premier acte d'héroïsme que vous devrez redoubler de vigilance. Et de prudence. Restez lucides, restez humbles. Je n'hésiterai pas à vous renvoyer dans le Ha-Shi si cela est nécessaire pour que vous compreniez qu'aujourd'hui plus que jamais, vous devez rester sur vos gardes, prêts à agir tout en restant cachés!

- Nous ne vous remettions pas en doute, Sensei, dit Leonardo avec un calme prudent. Nous vous exprimions simplement notre fatigue : notre combat avec Shredder nous a épuisé. Ces derniers jours, nous avons fait des allers-retours dans les égouts, nuit et jour, à la recherche d'un nouveau repaire, puis à déménager nos affaires, sans avoir pu remonter à la surface une seule fois...nous pensions juste qu'une soirée de répit pourrait nous remettre d'attaque pour l'entraînement...de demain ? S'il vous plaît ?

Splinter froissa son regard impétueux, soutirant à Donatello un petit hoquet de peur.

- Très bien, céda Splinter. Vous avez mérité une soirée de repos, les garçons. Une seule.

- YES ! s'exclama Michelangelo, couvrant les exclamations de soulagement et de joie de ses frères, surexcité en brandissant un téléphone de sa carapace. Je textote April tout de suite !

Cette fois, les trois autres frères partagèrent un même soupir désespéré.

- Quoi ? Soyez pas jaloux, les mecs. Elle est obligée de venir si je l'invite ! J'ai son numéro, elle m'adore, c'est sûr !

- Elle ne te l'a pas donné, c'est moi qui te l'ai hacké, ne put s'empêcher de lui rappeler Donnie.

- Ouais...Bah...N'empêche que je l'ai maintenant. Elle pourra plus se passer de moi.


Pendant ce temps, à la surface, alors que l'après-midi s'achevait teintant les grattes-ciels de son habituelle lumière orangée...

- ...avec une vue sur tout Central Park, je te jure, c'est ma-gique, disait une jeune femme blonde.

- Oui, je te crois, faisait April d'un ton évasif.

- Attends, je vérifie n'avoir rien oublié, dit Taylor en faisant demi-tour pour la quatrième fois.

- Mais je t'en prie, dit April avec un sourire poli.

Cela lui faisait du mal de l'admettre, mais le départ de sa colocataire blonde la soulageait quelque part. Les deux jeunes femmes avaient toujours partagé l'appartement avec la courtoisie la plus simple, leur quotidien était rythmé par les horaires d'étudiante très généreux de Taylor qui passait la plus claire partie de son temps à l'appartement sur Skype pendant qu'April arpentait New-York de fond en comble à la recherche de « son » scoop mais peu à peu, leurs relations s'étaient tendues. Depuis qu'elle avait eu le malheur de parler des tortues qu'elle avait sauvé étant petite, April avait le sentiment d'être évitée comme une sorte de maladie contagieuse qui rendrait la chère demoiselle blonde « aussi dingue qu'elle » si elle ne laissait pas un périmètre de sécurité de deux mètres autour d'elle. April se demanda avec un sourire si la bizarrerie de ses amis reptiliens l'avait imprégnée, pour que sa « bizarrerie » effraye à tel point Taylor et pour qu'elle l'évite ainsi, de la manière la plus désagréable possible. Ainsi, elle compta les avantages de sa nouvelle indépendance, dont celui de pouvoir désormais parler tranquillement toute seule sans se soucier de l'avis de qui que ce soit et de ne plus avoir à supporter l'odeur du vernis ou les conversations interminables de Taylor qui se plaignait de sa colocataire barjo à sa mère derrière les murs.

- Bon bah voilà, c'est bon, cette fois, dit Taylor, pressée de partir.

Son téléphone tinta dans sa poche, l'alertant d'un nouveau SMS. Aussitôt, April le brandit hors de sa poche et lut le message. En l'observant sourire à pleines dents, Taylor cligna des yeux, interdite.

- Qu'est-ce que tu as ?

- Rien, dit April. Juste des potes qui viennent me rendre visite.

- Ah ouais. Tes « tortues », c'est ça ? dit Taylor avec cynisme.

Décidant qu'elle en avait marre de se faire prendre pour la cinglée de service mais surtout de se faire prendre d'aussi haut, April rangea son téléphone et fixa son interlocutrice en pinçant les lèvres avec un tout autre regard, décidée à jouer une nouvelle carte.

- Ouais. Exactement. Les tortues. Elles vont débarquer ici d'un moment à l'autre et si tu te barres pas d'ici rapidement, je crois que tu ne sortiras jamais de cette immeuble.

Taylor ouvrit de grands yeux choqués.

- Les tortues aiment pas...les blondes, expliqua April d'une voix calme. Et supportent pas le rose. Et tout ce qui est mignon en général. Comme les chats.

Ses paroles eurent exactement l'effet qu'elle espérait : la jeune femme se mit à trembler de peur, lorgnant sur son sac rose bonbon auquel elle avait cru bon de rajouter un porte-clé Hello Kitty.

- Ils pourraient te...punir très fort...pour ça, ajouta April en indiquant du menton le petit chaton qui pendait lamentablement au bout de la chaîne. Tu comprends ?

- Oui, oui, tout à fait, grelotta Taylor avec un rire nerveux, regardant autour d'elle. Bon bah...je crois qu'on s'est tout dit, alors.

- Ouais, je crois aussi.

- Allez, salut.

- Salut.

- Espèce de cinglée, laissa filer la jeune femme en dévalant l'escalier le plus vite possible.

Enfin April referma la porte et poussa un soupir soulagé. Fière de son improvisation, elle s'effondra sur le canapé -qu'elle pourrait désormais appeler SON canapé-, cala sa tête sur un oreiller en profitant de ce silence merveilleux. Son regard se perdit par la fenêtre, admirant un New-York qui scintillait comme le ciel étoilé, comme si seule les lignes sinueuses que découpaient les immeubles sur l'horizon séparait la ville du ciel et elle se laissa bercer par le bruit sourd des circulations, de la vie qui était revenue, des musiques urbaines et le grondement rassurant du métro. Puis elle leva son téléphone à hauteur de ses yeux et relut le SMS de Michelangelo, qui lui fit soulever un coin de ses lèvres, comme d'habitude attendrie par ce Roméo décidément peu ordinaire.

« Salut ma p'tite pomme d'amour ! Ça te dit qu'on passe la soirée ensemble, histoire de déclarer officielle notre nouveau chez-nous? Ce serait trop cool que tu sois là ! Bon ok, y'aura mes frères mais rien ne nous empêche de nous éclipser pour un petit rendez-vous en tête à tête... Bref, retrouve-nous là où on s'était vus la dernière fois, on passera te prendre vers 20h pour te conduire à notre nouveau repaire, ce sera la surprise. Bye bye !
PS : T'aimes les pizzas ? »


Au loin, les phares des voitures reflétèrent leurs lumières dans les flaques d'eau qui parcouraient les trottoirs sombres de New-York. Abritée sous le béton de l'immeuble abandonné, April referma un peu plus son imperméable jaune par réflexe, après avoir senti la bruine picoter ses joues légèrement poudrées de rose. Le parking où elle attendait était désert, seulement hanté par les relents d'essence, le vrombissement de la pluie au-dessus de sa tête et les rumeurs des circulations lointaines.

Dans l'imaginaire collectif, une femme ne devait jamais rester seule dans les rues la nuit. Mais April n'avait jamais été de ce bord-là : elle avait répété l'expérience plusieurs fois, assumant qu'elle était assez grande pour se débrouiller toute seule et se défendre. Elle n'avait pas choisi le métier de reporter pour rien : c'est un métier qui demande une assurance à toute épreuve. Et si sa détermination avait été mise à rude épreuve ces derniers mois, si l'incertitude avait bien eu des occasions de la déprimer, le rôle qu'elle avait joué lors du combat contre Shredder l'avait revigorée. Elle qui auparavant ne se sentait que comme la jeune journaliste ratée et stupidement intrépide à la recherche d'aventures et de reconnaissance portait maintenant ce moment comme un talisman : ce moment où elle avait aidé les tortues ninjas à se débarrasser de la plus grande menace de New-York. Aussi fixa t-elle son regard sur les ruelles en écoutant les palpitations de son coeur plus d'impatience que d'appréhension.
Soudain, une lumière derrière elle la fit se retourner, obligeant sa main à se lever à hauteur des yeux pour ne pas l'aveugler. Puis elle reconnut le klaxon du Shellraiser, entamant six notes enjouées et enraillées.

- On vous dépose quelque part, mademoiselle ? fit alors une voix jeune, fluette et dynamique.

Même avant de baisser la main, April avait reconnu la voix de Donatello, au volant. Et une fois devant la voiture, elle reconnut effectivement la tortue "à quatre yeux", qui portait des lunettes de vues trop grandes pour lui et des lunettes de technicien habituellement relevées sur son front, lui faire un petit signe de main. A son côté se trouvait Leonardo sur le siège avant, l'accueillant d'un sourire bienveillant, ses yeux d'un bleu limpide s'harmonisant avec le bleu de son bandeau, avec à l'arrière Michelangelo qui lui faisait de grands coucous de la main ainsi que Raphael qui se contentait d'un sourire feignant l'indifférence. La vision des quatre héros amena spontanément sur le visage de la journaliste un large sourire à pleines dents, devenu si rare qu'elle en eut presque mal aux joues. Les revoir la comblait de joie.
April marcha jusqu'à la portière arrière qui coulissa automatiquement. L'intérieur du Shellraiser était plongé dans une pénombre verdâtre tachetée par les éclats de lumière que projetait la boule à facette au plafond.

- HEY ! Faites de la place pour la grande et belle Hogosha ! clama aussitôt Mikey dans une révérence, en donnant sans le vouloir une baffe dans la joue de Raph qui le poussa hargneusement sur le côté.

- Salut les gars, dit-elle en montant à l'arrière, s'asseyant un peu maladroitement à côté de Raphael et face à Michelangelo. Vous m'avez manqué.

- Toi aussi tu nous as manqué ! dit Michelangelo en prenant sa main délicate dans la sienne.

- A ce point ?

- Beauté, chaque jour que je passe sans toi est un jour sans...

- Mets-là en veilleuse, tête d'oeuf, l'interrompit sèchement Raphael.

- Oui, ça fait plaisir de te voir, dit chaleureusement Leonardo avant de se tourner vers Donnie.

Ce dernier fit démarrer aussitôt le convoi qui quitta le parking dans quelques légères secousses en s'engouffrant dans les rues animées de New-York.

- Et...les gens ne risquent pas de flipper en voyant quatre tortues géantes à bord d'une voiture ? demanda April en jetant un coup d'oeil inquiet par la vitre aux passants dans la rue.

- « Voir sans être vu », c'est la base du ninjutsu, dit Donatello sans quitter la route des yeux. J'ai programmé les vitres pour que les autres humains ne voient pas ce qu'il y a derrière...mais pour que nous puissions tout voir.

- Pratique, reconnut la reporter.

- Leo, tu peux monter le son de la radio, steuplaît ? demanda Michelangelo.

Leonardo fit tourner alors d'un doigt la roulette du volume, emplissant le camion d'une musique vitaminé au rythme entêtant. Entre les deux dossiers avant, April jeta un coup d'oeil au titre qui s'affichaient en lettres : Walk This Way de DMC-Run et Aerosmith.
Peu à peu la musique emplit le Shellraiser alors qu'il circulait dans les rues illuminées de la ville qui ne dormait jamais. Sous l'oeil médusé d'April, les quatre guerriers qui avaient combattu Shredder d'abord fredonnèrent puis reprirent la chanson en imitant la boîte à rythme ou les instrumentaux dans de légers mouvements d'épaules et de tête avec un certain talent, surtout Raphael qui semblait s'y donner à coeur joie, encourageant la jeune femme à les rejoindre.
A ce moment-là, April se sentit étonnamment vivante et admit qu'il y avait quelque chose d'euphorisant à rire librement avec quatre tortues mutantes aux délires d'adolescent en traversant un New-York City lumineux au son d'Aerosmith.


- Qu'est-ce que tu fais ? demanda April alors que le Shellraiser avait pénétré dans un tunnel et que Michelangelo lui cachait les yeux de ses grandes mains.

- C'est pour la surprise, dit Michelangelo. Et pour pas que tu découvres l'entrée de notre nouvelle base hyper-secrète.

- Oh allez, de toute façon, je sais que vous vivez dans les égouts.

- Ouais mais tu connais pas tout de nous...on peut encore te surprendre, chuchota Michelangelo en se donnant des airs mystérieux qui firent lever les yeux de Raphael au ciel.

April décida de jouer le jeu. Lorsqu'une secousse indiqua que le véhicule s'était arrêté, elle se laissa guider par le son de la voix de Michelangelo qui la fit descendre du Shellraiser et marcher pendant un temps qui lui parut interminable.


- T'es prête ? dit Michelangelo qui semblait trépigner d'impatience avant de retirer ses mains. Tadaam ! Bienvenue dans notre nouveau « chez-nous » !

Enfin, April ouvrit les yeux. L'appréhension et les nausées que remontaient en elle les relents d'égouts laissèrent bientôt place à un émerveillement dont elle ne se serait pas douté. Le repaire était pour le moins spacieux et bien plus agréable que son appartement, d'une certaine manière. Il semblait confortable et joyeusement occupé, mais aussi équipé pour le confort et le divertissement de quatre adolescents. Tout ce décor était composé de bric-à-brac rassemblé d'une manière presque artistique, que la lumière qui venait des guirlandes lumineuses rendait presque fantasque. Par-delà le salon se trouvait la cuisine, qui avait à peu près la même taille que la sienne, et vers la gauche une impressionnante gamme de moniteurs, d'ordinateurs et d'appareils électroniques qui jouxtait presque dangereusement avec un espace qui paraissait dégagé pour les entraînements de combat à mains nues.
La jeune femme fit quelques pas en admirant les détails de ce décor chaleureux, puis se tourna vers les quatre tortues.

- C'est génial, dit April avec un grand sourire.

- N'est-ce pas ? dit Raphael.

- Ouais ! Bienvenue dans la Base des Rebelles ! lança Michelangelo dans un semi-chuchotement avec un regard halluciné en ouvrant les mains.

Puis il remarqua la main d'Avril et la saisit aussitôt, l'entraînant plus loin :

- Viens, je vais te faire visiter ! Alors là, tu vois, c'est ma chambre, mon lit, mon oreiller, ma couverture préférée...euh, fais pas attention aux peluches, ok ?

La jeune femme l'écoutait débiter la présentation, regardait tout ce qu'il lui indiquait avec attention et attendrissement. La bouille de Michelangelo était soutenue par ces joues qu'April aurait presque envie de pincer gentiment si ce geste ne risquait pas de passer à ses yeux pour une déclaration de mariage. Son bandeau de ninja d'un orange dynamique correspondait à sa personnalité hyperactive et paraissait toujours un peu mis de travers. Sans doute qu'il devait trouver cela « cool ».

- Mikey, arrête, tu vas lui donner le tournis à force, dit Leonardo en soupirant.

- ...là-bas, c'est l'atelier de Donnie, mais j'veux pas risquer d'y aller sans son autorisation.

- Euh. Je confirme, dit Donatello en remettant machinalement en place ses énormes lunettes rafistolées.

A côté de ses frères, Donatello avait l'air assez efflanqué. Ses bras devaient faire la moitié de l'épaisseur des muscles de Raphael. Mais pour l'avoir vu à l'oeuvre, April savait qu'il était un combattant aussi efficace que ses frères et mit sa silhouette plus svelte sur le compte de ses occupations intellectuelles, sans doute plus occupé au renforcement cérébral que musculaire.

- Comment est-ce que vous avez trouvé tout ça ? demanda April en scrutant tous les meubles avec curiosité.

- Oh, c'est que de la récup', dit Donatello avec une naturelle nonchalance. Tu serais étonnée de voir ce que les gens balancent dans les égouts ou à la décharge.

- Oui...et tous vos jeux vidéos et vos DVDs, vous les trouvez dans la poubelle aussi ? demanda April d'un oeil sceptique.

- Eh bien..disons que quand on trouve pas ce qu'on veut...je « m'arrange » pour le trouver, dit Donatello en feignant l'innocence.

- Oui, je vois, fit April avec un hochement de tête entendu.

- A table les amis ! La pizza est prête ! Raph, à toi l'honneur !

Les amis se réunirent autour de la table du « salon », bientôt rejoints par Splinter qui accueillit la jeune femme avec respect. Raphael ouvrit la boîte à pizza qui trônait presque religieusement au centre, dégaina ses sai de sa ceinture et découpa grossièrement la pizza en parts égales tout en mâchouillant son éternel cure-dents.
Si April n'avait pas oublié la bouille attachante de Michelangelo, elle avait presque oublié que Raphael était aussi imposant. Le bandana rouge qui lui entourait le crâne lui donnait plus des allures de gangster que de ninja, rehaussé par son regard patibulaire qui faisait office d'avertissement général. Sa peau verdâtre tirée par ses énormes muscles était striée de cicatrices, d'égratignures diverses. Alors qu'il distribuait à chacun sa part de pizza, April remarqua même un idéogramme chinois scarifié sur son épaule qui lui fit froid dans le dos, bien qu'elle ne se doutait pas du bon fond de Raphael.
Si on lui avait prédit quelques années auparavant qu'elle passerait une soirée agréable avec quatre tortues ninjas et un rat qui étaient auparavant ses animaux de compagnie autour d'une pizza, April n'y aurait jamais cru. Et pourtant, c'était ce qui arrivait. Pendant qu'elle dégustait sa part de pizza, elle participait aux conversations des quatre garçons avec un sentiment de joie et d'étrangeté. Elle se rendit compte que malgré tout les événements, elle avait du mal à réaliser ce qui lui arrivait.

- Alors, quelles sont les nouvelles de ton côté, April ? demanda Splinter.

- Oh pas grand-chose, dit April. J'ai trouvé un autre boulot : je suis programmeuse informatique pour une société journalistique maintenant. Oh et ma coloc' s'est barrée. Maintenant, j'ai l'appartement pour moi toute seule. Vous pourrez me rendre visite de temps à autres si vous voulez.

Les tortues, surprises mais ravies de cette invitation, acquiescèrent avec ferveur.

- Au fait, j'avais une question à te poser April : pourquoi nous as-tu nommé d'après des peintres italiens ? D'où t'est venue cette idée ? demanda Leonardo d'un air perplexe.

April se mit à rire et se remit droite avant de lancer son explication. Automatiquement, les quatre tortues s'avancèrent légèrement en la regardant, Michelangelo allant jusqu'à poser sa tête sur ses genoux en mode « raconte-moi une histoire » tout en mâchouillant sa pizza.

- Eh bien, comme vous le savez, j'étais petite et je savais que le projet sur lequel travaillait mon père s'appelait le Projet Renaissance. Comme je passais beaucoup de temps dans son laboratoire et que j'étais très curieuse, je lui ai demandé un jour ce que signifiait Renaissance. Mon père m'a expliqué ce que le mot signifiait, il m'a expliqué la définition du mot ainsi que la référence à la Renaissance en tant que période historique. Après des recherches dans les bouquins de mon école, j'ai décidé de vous appeler d'après des artistes de cette époque, je trouvais que cela correspondait avec...le projet Renaissance. Tout bêtement.

Les tortues se concertèrent du regard, plus lucide après cette explication.

- Elle est trop intelligente, ma copine, réalisa Michelangelo en la dévorant du regard comme un bonbon.

- Pourquoi ? Tu n'aimes pas ton prénom, Leonardo ? demanda April avec amusement.

- Oh si, il est très bien, assura Léo avec un sourire.

- Au fait, les gars, bravo pour vos petits exploits de ce mois-ci.

- Comment ça ?

- Bah...ces espèces de clown du nouveau gang qui est apparu. Bon, vous les avez sacrément amoché..mais au moins, ils ne feront plus de mal à personne.
Un à un, Michelangelo, Donatello, Raphael et Leonardo se questionnèrent du même regard interrogatif.

- Mais enfin, de quoi est-ce que tu parles ? demanda Leonardo avec consternation en se tournant vers April.

- On est pas du tout remontés à la surface, ce mois-ci, dit Michelangelo.

April perdit son sourire. Cette information, non seulement avait l'air de perturber les tortues, en particulier Léo, mais semblait également le rendre particulièrement tendu et contrarié.

- Quoi ? Vous voulez dire que ce n'est pas vous ? ...vous n'êtes vraiment pas au courant ?

- Tu sais, on a pas vraiment eu l'occasion de s'informer de ce qui se passe là-haut, on était très occupés ces derniers temps, grommela Raph.

- Eh bien.. il y a eu des meurtres ce mois-ci. Toutes les victimes étaient des criminels qui s'attaquaient à des innocents. Un nouveau gang qui a l'air d'essayer de vouloir prendre la place des Foot. Ils ont été tués... retrouvés le crâne ouvert en deux, leurs corps fracassés et démembrés.

April trembla à la violence des mots et des images qu'elle évoquait. Elle s'en voulut presque de s'être trompée en pensant remercier les guerriers. Les quatre tortues se regardèrent les unes les autres, l'air anxieux, sous le regard soucieux de Splinter. De toute évidence, cette nouvelle ne les enchantait pas.

- On est des ninjas, pas des assassins psychopathes, dit Leonardo avec sérieux. Nous avons un code éthique basé sur l'honneur et qui ne nous permettrait pas de s'acharner aussi inutilement sur des ennemis.

- Je me disais aussi que ça vous ressemblait pas, dit April calmement. Mais d'un autre côté, vous êtes les seuls justiciers de la ville...

- Apparemment, il y a l'air d'y en avoir un autre, dit Raphael.

Leonardo ne put s'empêcher de tiquer à cette remarque, surtout avec le ton presque caressant que Raphael avait utilisé pour la sortir

- Je n'appelle pas ça un justicier, j'appelle ça un meurtrier, reprit Leonardo en foudroyant son frère du regard. Donnie, tu n'as pas remarqué d'activités à la surface ?

- Toutes les connexions avec mes anciennes caméras ont été détruites lors de l'explosion. Ces derniers temps, je me suis surtout focalisé sur le système de sécurité du repaire, avoua t-il avec une légère nuance d'excuse dans la voix. Mais je vais bientôt réinstaller un nouveau réseau de surveillance.

- Parfait. On trouvera celui qui a fait ça.

- Désolé d'avoir cru que vous aviez quelque chose à voir là-dedans...Il faut dire que vous avez fait beaucoup parler de vous après avoir vaincu Shredder.

Un même frisson de peur parcourut les habitants du repaire, Splinter compris.

- Que veux-tu dire? demanda le vieux rat.

- Eh bien... "Des ombres ont été aperçues lors de l'effondrement de la Tour Sacks" C'est ce que pas mal de gens racontent, et même s'ils ne veulent pas y croire, je crois qu'ils ont compris que "quelqu'un" les avait protégé ce jour-là...depuis, il y a ce nouveau gang qui est apparu mais ce n'est rien à côté des Foots: la situation est nettement moins critique qu'auparavant. Et c'est grâce à vous. Vous êtes devenus une sorte de légende urbaine.

- Vous avez entendu, les gars ? C'est génial, on est célèbres ! dit Michelangelo.

- Non, Mikey, c'est pas génial, soupira Leonardo.

Le sourire de Michelangelo s'évanouit peu à peu. Tout le monde se tourna vers Léo.

- Pourquoi ?

- Ce qui est génial, c'est qu'on ne se soit pas fait reconnaître comme étant des « non-humains », non ? dit Raphael.

- Oui, mais nous l'avons échappé belle : nous aurions pu nous faire reconnaître ce jour-là, nous n'avons pas été assez prudents. Heureusement, les gens parlent de nous en tant "qu'ombres"...A l'avenir, nous devrons redoubler de vigilance. Nous sommes des « ombres » et nous devons rester des « ombres », dit Leonardo. La cité a le droit de savoir que nous veillons sur eux. Mais jamais elle ne devra découvrir notre identité.

- Leonardo a raison, dit Splinter. S'ils découvrent que leurs protecteurs sont...ce que vous êtes...vous ne serez plus des justiciers à leurs yeux mais des monstres. Or, vous êtes plus que des tortues...Vous êtes des ninjas. Le monde ne devra jamais voir qui vous êtes.

Discrètement, April observa le visage des quatre frères. Donatello, Leonardo et Michelangelo gardaient un visage impassible, voire figé : ils étaient habitués à cette réalité depuis leur plus jeune âge. Que de grands monstres verts à trois doigts n'avaient pas de place là-haut et qu'ils ne pourraient jamais marcher dans les rues comme n'importe quel New-Yorkais. C'était devenu une évidence qu'ils avaient accepté au point qu'elle ne leur inspirait maintenant qu'une indifférence, au pire un léger clignement d'yeux.

En revanche, la jeune femme remarqua que Raphael fixait le sol avec une fureur grandissante, à tel point que Michelangelo le regardait en se demandant si le carton sale de pizza n'allait pas voler en morceaux. Soudain, Raphael se leva en serrant les dents, se dirigeant vers l'armurerie.

- Qu'est-ce que tu fais ? l'interpella Leonardo en fronçant les yeux. C'est malpoli de quitter la table !

- Lâche-moi, le remballa Raphael avec fracas.

Il tira le rideau de plastique qui séparait le salon du dojo en l'arrachant à moitié puis sa silhouette massive disparut sous leurs yeux impuissants.
April resta silencieuse. Elle savait que Raphael avait beaucoup de colère en lui.

- Désolé pour ça, s'excusa Leonardo d'un air sombre. Les bonnes manières, ça a jamais été son truc.

- Ce n'est pas grave, de toute façon, il se fait tard : il faut que je rentre.

- Tu as raison April, approuva Splinter. Les garçons pourront reprendre l'entraînement plus tôt.

Les râlements résonnèrent aussitôt.

- Tu ne veux pas qu'on te ramène ? proposa aussitôt Donatello en indiquant le garage.

- Oui, je viens avec vous ! dit Mikey.

- Et moi aussi ! dit Leonardo.

- Je vais conduire notre amie jusqu'à la sortie des égouts, dit le vieux rat qui, ayant vu clair dans le jeu de ses fils, se saisit de la main d'April sans lui laisser le temps de répondre. Cela vous laisse le temps pour débuter votre échauffement.

Déçus, les quatre frères abdiquèrent puis s'inclinèrent face à leur Hogosha avec humilité. April ne pouvait s'empêcher de se sentir légèrement mal à l'aise devant autant de cérémonie. Alors qu'ils se dirigeaient vers le dojo, Michelangelo tourna la tête pour lui souffler sur le ton de la confidence:

- J't'aurais bien proposé un tour sur ma bécane, mais Donnie a pas encore fini de la construire. Pas vrai, Donnie ?

- Ne recommence pas avec ça, j'ai dit non, reprit son frère en le saisissant par le bras pour l'entraîner vers le dojo.

April suivit alors Splinter hors du repaire, la vision des quatre héros disparaissant derrière la lourde porte de métal. L'obscurité l'empêchait de voir, l'eau qui ruisselait entre les plateformes remuait avec vigueur, aussi resta t-elle près de Splinter qui longeait les murs suintants d'humidité avec attention. Alors qu'ils marchaient et traversaient les galeries labyrinthiques, sa voix finit par briser le silence.

- Ils ne devront pas sortir avant d'être totalement prêts. La dernière fois, ils ont échappé de justesse à Shredder. Ils doivent encore s'améliorer.

April se mordit la lèvre. Il y avait encore un détail qui la faisait se sentir stupide, un détail qui la rendait mal à l'aise vis-à-vis de la gentillesse de ses amis.

- Tout cela est de ma faute, reconnut la jeune femme en baissant le regard, sincèrement coupable. Si je n'avais pas parlé de vous à Sacks, tout cela ne vous serait pas arrivé...

- Chut...ne t'en veux pas. Tu as fait ce qui te paraissait le plus sensé et par la suite, tu as secouru mes fils en les aidant à plusieurs reprises. Pour cela je te suis reconnaissant. Ne remue pas le passé, April, la rassura le vieux rat. Tu restes notre Hogosha, notre esprit protecteur. Tu es gardienne de notre secret. Je compte sur toi.

- Je vous promets qu'il sera bien gardé.

Dans sa conversation, elle n'avait même pas fait attention au chemin qu'elle avait emprunté et se retrouva bientôt devant une échelle qui la conduirait à la surface. Avant d'emprunter le passage, April ne put s'empêcher de chuchoter avec tristesse :

- Ils ne pourront pas rester éternellement cachés...

- Je crains fort que si, April, soupira Splinter. Ce sont mes enfants, mes fils, je sais ce qu'ils sont et je les aime pour leurs différences...mais le monde ne pourra jamais les accepter. Ne t'en fais pas. Ils ont accepté cela.

April baissa la tête en acquiesçant, puis monta une à une les marches qui la ramenèrent au monde de la surface.


And voilà! Premier chapitre fini!
Surtout n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce début : les critiques constructives sont bien entendu acceptées afin que je puisse améliorer cette fic! En espérant que votre lecture vous aura plu, je m'en vais aussitôt préparer la suite...si vous la souhaitez bien sûr.
Merci pour votre lecture et à bientôt !