Au 12th
Beckett arrivait devant le poste et se garait juste devant, sur la place qui lui avait été attribuée. Elle sortit de sa voiture, mais ne sortit pas le fauteuil cette fois. Elle se contenta de prendre ses béquilles et se dirigea à l'intérieur, très lentement. Elle fut rejointe par les gars et Castle qui la regardait de plus en plus surpris par la situation. Ils entrèrent dans l'ascenseur qu'un des vigiles avait appelé en voyant Beckett arriver. Ryan appuya sur le 4 et l'ascenseur commença son ascension.
Un silence lourd pesait dans la cabine. Les gars n'osaient pas regarder Beckett. Pourtant, elle ne semblait pas perturber, plutôt fatiguée.
- - Bien dormie, Beckett ? tenta Ryan
- - Oui, mais pas assez. Si seulement les criminels pouvaient travailler à des heures normales. Qu'est-ce que je ne donnerai pas pour avoir une nuit entière de sommeil !
Elle les entendit rire
- - Ouais, ils devraient se syndiquer aussi, et avoir le droit à la grève, hein Beckett ? Et pas plus de 35H par semaine ? ajouta Esposito en riant
- - Et les congés payés, dit Ryan
- - Marrez-vous les mecs ! Entre les horaires de boulots, mes séances de kiné, le temps que je passe rien que pour prendre une douche ou m'habiller, je me demande encore comment j'arrive seulement à me mettre dans mon lit ! dit Beckett. « Ah, et j'oubliais le psy ! Quelle vie ! On devrait changer de boulot. Qu'est-ce que vous en penser ? On pourrait faire ….
- - Truand ? demandant Castle
- - Bonne idée, renchérit Beckett. Ils ont des horaires cool, et quand ils sont fatigués, ils se font arrêter pour se reposer en cellule !
Un ding, leur signala qu'ils étaient arrivés. Ils sortirent en riant suite aux propos de Beckett. Ils stoppèrent net. Gates se tenait devant eux avec le regard mauvais.
- - Esposito, amener Monsieur Castle dans mon bureau.
- - Oui, sir
- - Vous connaissiez son nom et vous ne me l'avez pas dit. Pourquoi ? dit Beckett. Comment le connaissez-vous ? Il a un casier ? Oh, parlez, j'ai l'impression de revenir deux ans en arrière. Alors, vous allez me le dire ?
- - Après, monsieur Castle, Beckett, je vous expliquerai tout, promis. Pour le moment, allez prendre un café et reposez-vous, dit Gates. Maintenant, à nous deux monsieur Castle.
Beckett ne comprenait pas ce qu'il se passait ni pourquoi ses amis ne disaient rien. Elle regarda Gates s'éloigner avec son témoin. Celui-ci la regardait et elle vit qu'il était aussi perdu qu'elle.
Plus il regardait Beckett, plus il se demandait ce qu'il se passait. Elle avait vraiment l'air désespéré.
Beckett se retourna vers l'ascenseur. Mais le mouvement avait été trop rapide dans son énervement et elle perdit l'équilibre. Esposito la rattrapa juste avant qu'elle ne tombe. Elle se redressa et lui indiqua d'un signe de tête que ça allait. Elle se déplaça lentement vers l'ascenseur et appuya sur le bouton. Les portes s'ouvrirent et elle s'engouffra à l'intérieur sans rien dire à personne.
Bureau de Gates
Elle le fit entrer dans son bureau dans dire un mot, lui enleva les menottes et alla s'asseoir à son bureau.
- - Asseyez-vous monsieur Castle.
- - Alors Capitaine, vous allez m'expliquer ce qu'il se passe ici. Si c'est un jeu pour vous venger parce que je suis parti… De toute façon, je n'avais pas de compte à vous rendre puisque je pouvais venir quand bon me semblait pour mes recherches. Et en plus, vous avez dû être contente de ne plus me voir puisque vous ne pouviez pas me sentir. Si j'avais su que j'aurai droit à un accueil pareil en signalant un paquet suspect, je me serai abstenu. Je le saurai pour la prochaine fois. Donc vous voulez que je vous raconte comment j'ai découvert la tête, ou vous continuez votre jeu stupide …
- - Ça y est, vous avez fini. Nous ne jouons pas ici monsieur Castle, nous résolvons des meurtres au cas où vous l'auriez oublié. Le seul, ici, qui ait pu prendre ces enquêtes pour un divertissement, c'est vous, avec vos blagues à deux balles, vos théories loufoques avec la CIA… Donc oui, je dois reconnaitre que vous ne m'avez pas manqué durant ces deux années bien qu'il nous ait manqué un collaborateur pendant 18 mois. Mais maintenant, tout est rentré dans l'ordre et mon équipe est complète.
- - Qu'est-ce que vous racontez ? Vous dites qu'après mon départ il vous manquait un collaborateur et que maintenant tout est rentré dans l'ordre. Mais ils ne sont toujours que trois. Donc il manque toujours quelqu'un ! dit Castle qui avait noté l'incohérence
- - Qui a dit que le collaborateur manquant était vous, monsieur Castle ?
- - Il n'y a que moi qui suis parti, non ?
- - Il y a absence et absence, monsieur Castle ! Dans ce cas, je parlais du Lieutenant Beckett !
- - C'est cela, oui. Vous allez me faire croire que Beckett est partie pendant 18 mois, alors qu'elle passait plus de temps dans ces locaux que n'importe quel autre. Elle n'a pas de vie privée. Elle ne pense qu'à ce boulot et à retrouver l'assassin de sa mère quitte à y laisser la vie, sans se préoccuper de savoir comment réagiront les gens qui tiennent à elle s'il lui arrivait malheur. De plus, décidée comme elle l'était quand je l'ai quitté la dernière fois que je l'ai vu… Mais par contre, je ne savais pas qu'elle avait un sens de l'humour noir si développé : sans blague ! Le coup du fauteuil et des béquilles ! A d'autres.
- - Moi qui pensais que vous la connaissiez bien à l'époque. J'ai même pensé que vous étiez ensemble pendant un certain temps vu l'attitude que vous aviez entre vous, la façon de vous regarder, de vous frôler… Mais avez-vous vu une seule fois le Lieutenant Beckett plaisanter sur une scène de crime ?
- - Non, c'est vrai, reconnut-il. Que s'est-il passé ? Elle a été blessée en service ?
- - Ce ne sont pas vos affaires ça.
- - Bien, j'ai compris. Le fauteuil ce n'est pas une blague. Mais comment expliquez-vous qu'elle me demande comment je m'appelle alors que nous avons travaillé pendant 4 ans côte à côte vous allez me faire croire qu'elle m'a effacé après mon départ, qu'elle est amnésique ? Laissez-moi rire. Depuis quand y-a-t-il des flics amnésiques en services ?
- - Tout simplement quand le médecin dit qu'ils sont aptes au service. Le Lieutenant est apte à son emploi et fait un travail remarquable depuis qu'elle a repris, même sans vous. En fait, comme elle le faisait avant que vous entriez dans sa vie et dans ce service. Oh, au début, cela a été dur car il a fallu qu'elle se replonge dans ses anciennes affaires afin de réajuster ses connaissances mais avec notre aide et beaucoup de patience, elle y est arrivée. Je lui ai donc redonné son poste de chef d'équipe. Bien sûr, elle ne fait plus de terrain, mais fait tout le reste et a toujours le même taux de réussite qu'avant ce fâcheux accident.
- - Je ne comprends rien à ce que vous me racontez ! Qu'est-ce que vous voulez dire par…
- - Vous ne comprenez pas quoi, monsieur Castle ?
- - Eh bien, tout en fait ! Vous me parlez d'une absence de 18 mois, d'un accident… Elle a eu un accident pendant ses congés ?
- - Vous êtes idiot ou vous le faites exprès ?
- - Pardon ?
- - Je vais vous résumer : le Lieutenant Beckett a fait une chute de 10 étages il y a deux ans qui l'a rendu dans l'état où vous l'avez vu et elle est en plus amnésique. Ça vous va ? C'est clair ?
- - Quand est-ce arrivé?
- - Si ma mémoire est bonne, cela remonte au jour où vous avez quitté la ville. Ne me dites pas que vous n'étiez pas au courant ? Toutes les chaînes d'informations en ont parlé pendant des jours et ont repris le sujet quand elle est sortie du coma. Ils l'ont appelé 'la miraculée' car vu toutes les fractures qu'elle avait et le traumatisme crânien les médecins étaient assez pessimistes. Mais un jour, elle a ouvert les yeux.
- - Comment est-ce arrivé ?
- - En poursuivant le sniper qui lui avait déjà tiré dessus. Avec Esposito, ils sont allés le cueillir mais il a été plus fort qu'eux. Mais c'est une vieille histoire maintenant : on l'a eu et le commanditaire aussi. Donc affaire classée. Vous savez le plus drôle dans cette histoire, si je peux dire ? C'est que le meurtre de sa mère est maintenant résolu mais qu'elle ne se souvient ni de sa mère, ni du meurtre !
- - Je n'étais plus à New York ce jour-là ! dit-il tout bas
- - Et il n'y avait pas de télé là où vous étiez, votre téléphone ne fonctionnait plus. Les gars, Lanie, même moi, nous vous avons appelé, tous les jours au début puis on a espacé nos appels. Et nous n'avons plus appelé quand nous avons rencontré votre mère qui nous a expliqué que vous aviez quitté le pays et que vous refusiez tous les appels.
- - Ma mère était au courant ?
- - Et votre fille aussi ! Elles nous ont relayés au chevet de Beckett pendant son hospitalisation. Elles nous ont aidés pour sa rééducation, pour lui trouver un nouvel appartement…
- - Si elle connaît ma fille et ma mère, alors pourquoi pas moi ?
- - Vous ne comprenez pas ! Elle ne reconnait que les gens qu'elle a rencontrés depuis son réveil ! Tout ce qu'il y a eu avant, elle ne s'en souvient pas. La Beckett d'avant n'existe plus. Elle réapparaîtra peut-être un jour, mais personne ne peut dire quand.
Castle restait pantois. Deux ans qu'il était parti, pour l'oublier. Il était parti en Europe, en Asie… Il faisait la fête quasiment tous les soirs, terminait ses nuits dans des bras de femmes qu'il ne connaissait même pas… Il y a même des fois où il avait tellement bu qu'il ne savait plus où il était il s'était même réveillé une fois dans un hôpital. D'après les enquêteurs il avait été agressé et dévalisé une patrouille l'avait trouvé et l'avait conduit pour qu'il soit soigné. Mais malgré tout cela il n'avait pas pu l'oublié ! Il souffrait toujours autant de son absence, son parfum lui manquait…
Il se leva et se dirigea vers la porte du bureau de Gates.
- - Où allez-vous Castle ? Vous devez faire votre déposition !
- - J'ai besoin d'air. Je reviendrai…
Et il sortit en direction de l'ascenseur, entra à l'intérieur, et quitta le commissariat.
A la morgue
- - Javier ? Un problème ?
- - C'est Beckett, elle vient de quitter le commissariat. Elle sait qu'on connaissait Castle !
- - OK, j'y vais. Je vais demander à Pelmutter de me remplacer. Je t'appelle !
Lanie se changea et sortit de la morgue en courant. Elle devait rejoindre Beckett. Heureusement, elle savait où la trouver. Elle ne savait pas pourquoi, mais quand quelque chose n'allait pas, Beckett se réfugiait toujours au même endroit : une aire de jeu pour enfant. Elle s'installait sur une des balançoires et pouvait rester là pendant des heures. Mais le plus troublant, c'est qu'elle fixait souvent celle qui était à côté d'elle tout en souriant comme si elle voyait quelqu'un ou qu'elle se rappelait quelque chose. Et le sourire qu'elle affichait, était un magnifique sourire. Les seules fois où Lanie l'avait vu sourire ainsi, c'était à l'époque où Castle faisait partie de l'équipe, quand il lui apportait son café, quand ils avaient leurs conversations silencieuses. C'était ce sourire là qu'elle arborait quand elle regardait la balançoire. A ce moment, elle était heureuse. Car depuis l'accident, elle souriait mais pas ce sourire là sa bouche souriait mais pas ses yeux. Ses yeux étaient demeurés vide d'expression depuis son réveil.
Quelque part sur une balançoire
Beckett avait quitté le commissariat en colère, frustrée. Elle n'était pas en colère contre ses amis. Elle savait que depuis deux ans il faisait tout pour l'aider, autant physiquement que mentalement. Mais autant le physique avançait assez rapidement, autant le mental et surtout sa mémoire restait bloquée. Rien ne revenait. Elle avait bien des flashs, mais ce n'était que des images flous où elle n'arrivait pas à discerner les visages, à reconnaître les lieux… Jusqu'à présent, elle avait fait avec. Mais aujourd'hui, c'était différent. Elle avait vu quelqu'un qu'apparemment elle devait connaître et personne ne lui avait rien dit. Et quand ils ne lui disaient rien, la plupart du temps, c'était mauvais signe.
Cette situation s'était déjà présentée à elle durant sa convalescence, après son réveil. Ses amis étaient près d'elle ils discutaient, se racontant des anecdotes pu essayer de raviver sa mémoire quand son père était apparu. Depuis le début, elle voulait lui poser une question mais n'avait jamais osé. Mais ce jour-là :
- - Papa, je peux te demander quelque chose ?
- - Bien sûr ma Kathie.
- - Pourquoi maman ne vient jamais me voir ?
- - ?
Le malaise.
Dans la chambre régnait un silence de mort. Tous se regardaient sans oser dire un mot. Jim Beckett regardait sa fille, ne sachant quoi dire, retenant les larmes qui se formaient tout doucement. Ses yeux devenaient de plus en plus brillant et il dut quitter la chambre.
- - J'ai dit quelque chose de mal ? Lanie ?
Lanie était sa meilleure amie depuis longtemps déjà. Elle ne l'avait pas reconnue à son réveil, mais à force de la voir tous les jours et de discuter avec elle, elle s'était rendue compte que la légiste connaissait beaucoup de choses sur elle et son passé et en avait déduit, vu certains détails, que Lanie était son amie et sa confidente. Que dans le passé, c'était vers elle qu'elle devait se tourner quand ça allait mal ou quand elle avait besoin d'un conseil.
- - Non, Kate, rien de mal. C'est juste que …
- - Mes parents ont divorcé ? Elle ne veut plus nous voir, me voir ?
- - Non, ce n'est pas ça. Ta maman vous aimait vraiment beaucoup.
- - Aimait ? Qu'est-ce que tu veux dire ? Elle est partie ?
- - Oui… elle est partie, si on peut dire.
- - Comment ça si on peut dire ? Soit plus claire
- - En fait… Ce n'est pas facile à dire… Ta maman a été assassinée
- - Quoi ? Comment ? qui a fait ça ? Quand ?
- - Elle a été poignardée. Cela fait 12 ans maintenant, mais on ne sait pas encore qui l'a fait tuer. Quand tu t'es engagée dans la police, tu as passé tes trois premières années à rechercher le ou les responsables. Mais en vain. Tu as commencé à sombrer tout doucement mais tu as réussi à remonter la pente quand tu as décidé de refermer momentanément le dossier. Il y a un peu plus de deux ans, tu as trouvé l'assassin lorsque tu enquêtais sur une autre affaire. C'était un tueur à gages qui avait été engagé pour le faire. Il s'appelait Dick Coonan.
- - Qui l'avait engagé et pourquoi ?
- - Tu n'as pas pu le savoir…
- - Comment ça ? Il n'a rien dit ?
- - En fait, tu as dû le descendre car il allait tuer ton coéquipier de l'époque.
- - Oh !
- - Je suis désolée Kate. Je sais que ce n'est pas facile à entendre.
- - Et on n'a pas trouvé de nouvelles pistes par la suite ?
- - Eh bien… en fait…
- - Quoi ?
- - Il y a un peu plus d'un an, tu as été contacté par le flic qui vous avait appris à toi et ton père la mort de ta mère, l'inspecteur Raglan. Il voulait te donner des infos sur le meurtre mais il a été abattu devant toi avant d'avoir eu le temps de parler.
- - Ce n'est pas possible ! Par qui ?
- - Un sniper nommé Hal Lockwood.
- - Dis-moi qu'on l'a eu lui au moins !
- - Oui, tu as réussi à le coincer et à le mettre en prison mais il a réussi à s'évader.
- - Attends, on ne s'évade pas de prison comme ça ! C'est du délire cette histoire !
- - En fait, il s'est évadé d'une salle de tribunal où il comparaissait après avoir assassiné un autre détenu de la prison.
- - Du tribunal ?! de mieux en mieux
- - Si tu veux savoir la suite, ne m'interromps pas car ça ne va pas être facile à encaisser. D'accord ?
- - Vas-y. Au point où j'en suis.
- - Pour résumer, vous avez découvert que trois flics faisaient du racket auprès des mafieux de l'époque. Vous en connaissiez deux sur les trois. Par la suite, Ryan et Esposito ont découvert que Montgomery, notre chef de l'époque était ce troisième flic. Mais à ce moment, tu t'étais rendu à un rendez-vous qu'il t'avait fixé dans un hangar de l'aéroport. Là, il t'a expliqué ce qui s'était réellement passé : il avait causé la mort d'un homme du FBI infiltré en voulant kidnapper un mafieux et les deux autres avaient camouflé l'affaire en accusant le mafieux du meurtre. Mais quelqu'un de haut placé, ne me demandes pas qui car je ne sais pas, a découvert leur combine et les a forcé à lui donné l'argent qu'ils avaient amassé au fil des années. Le mafieux, qui est toujours en prison à l'heure actuelle, a contacté tous les avocats qu'il a pu trouver. La seule à lui avoir répondu, c'était ta mère.
- - Y a que la vérité qui comptait pour elle, dit son père qui venait de revenir dans sa chambre.
- - Oh, papa, je suis désolée.
- - Il ne faut pas ma Kathie. Il faut que tu te rappelles de ta maman, elle t'aimait tellement. Continuez Mademoiselle Parish, je vous en prie.
- - Je ne sais pas ce qu'elle a trouvé, mais ça devait être assez important puisqu'elle s'est fait tuer. Le tueur avait été engagé par ce haut personnage. C'était Coonan. Pour Raglan, il a dû engager Lockwood. Montgomery ayant compris que tu serais la prochaine, s'est servi de toi comme appât pour le faire venir. Mais ça a mal tourné. Il a tué Lockwood et ses acolytes, mais il s'est fait descendre.
- - Mais j'étais où moi, je l'ai aidé ?
- - Non, il avait demandé à ton équipier de t'éloigner. Il ne voulait pas que tu sois tuée. Quand tu es entrée dans la police, il a cru qu'on lui donnait une seconde chance. Il t'a tout appris pour que tu deviennes le flic que tu es aujourd'hui et surtout il voulait te protéger. C'était ton ami et tu lui avais pardonné. N'oublies pas ça. D'ailleurs, tu avais demandé aux gars de ne jamais révélé ce qu'il avait fait par le passé. Tu leur as dit qu'il était mort en héros. Et puis, il y a eu l'enterrement…
- - Quoi, l'enterrement ?
- - Pendant que tu faisais ton discours, un autre sniper t'a tiré dessus. Une balle en plein cœur.
- - Comment je peux être encore en vie si j'ai reçu une balle dans le cœur ?
- - En fait, ton équipier a vu le reflet de la lunette de visée et t'a plaqué au sol, ce qui fait que la balle n'a pas tout à fait atteint sa cible. Tu vois la marque ici ? Un peu plus à gauche et tu ne serais plus là.
- - Et celui-là, on l'a eu ? Dis-moi qu'on l'a eu ?
- - En fait tu l'as trouvé, il y a trois mois. C'est comme ça que tu t'es retrouvé ici.
- - Il est mort ?
- - Non, il s'est enfui. Mais ne t'inquiètes pas. Les gars le recherchent activement et ont de sérieuses pistes actuellement. Mais je n'en sais pas plus pour le moment. Je suis légiste, moi, je ne suis pas inspecteur. Dès que j'ai des nouvelles, je te tiens au courant, d'accord ?
- - Entendu Lanie. Merci.
- - C'est normal Kate. Je vais te laisser te reposer maintenant, tu as l'air fatigué. Je repasserai te voir demain mais je ne sais pas à quelle heure. Alors tu ne t'inquiètes pas. Tu veux que je te ramène quelque chose ?
- - Non, je n'ai besoin de rien, seulement vous voir.
- - Bien, alors à demain, dit-elle en l'embrassant.
- - Je vous raccompagne, dit le père de Beckett, je vais aller ma chercher un café. Tu en veux un, Kathie ?
- - Je veux bien, merci.
Ils sortirent tous les deux de la chambre.
Lanie voyait que quelque chose le troublait, et savait de quoi il s'agissait, mais espérait qu'il n'aborde pas le sujet. Loupé !
- - Pourquoi n'avoir pas parlé de Richard Castle ? Vous lui avait dit « son équipier » mais pas son nom. Pourquoi ?
- - Ecoutez, Monsieur Beckett, c'est délicat.
- - Qu'est-ce qui est délicat ? Et d'ailleurs, comment se fait-il que je ne l'ai pas encore croisé depuis trois mois que ma fille est dans cet hôpital ? Il passe la nuit ? Parce qu'il me semblait qu'il tenait à ma fille et qu'elle aussi tenait à lui. Grâce à lui, elle avait retrouvé sa gaieté d'avant la mort de sa mère, elle recommençait à vivre.
- - En fait, monsieur Beckett, je ne lui parle pas de Castle car sinon elle va demander à le voir.
- - Et alors ? Ça vous pose un problème ?
- - Le problème… Le problème c'est qu'on ne sait pas où il se trouve.
- - Il a disparu ?
- - Pas exactement.
- - Vous pourriez être un peu plus précise ?
- - En fait ce jour-là, le jour où Kate a … le jour où elle est …
- - J'ai compris. Que s'est-il passé ?
- - Castle a assisté à la remise de diplôme de sa fille. Ensuite, il était prévu que sa mère parte pour les Hamptons pendant une semaine et sa fille devait passer la soirée avec ses camarades. En les quittant, il leur annonça qu'il allait s'absenter quelques temps pour réfléchir.
- - Réfléchir à quoi ?
- - Si je savais ! Même sa mère et sa fille n'ont pas réussi à savoir. Tout ce qu'elles ont appris, c'est qu'il s'était disputé avec Kate et qu'il avait rompu leur partenariat.
- - Pourquoi ? Que s'est-il passé entre eux deux ?
- - Je ne sais pas. Apparemment, ils s'étaient vus la veille. Au petit matin, quand Kate est arrivée au bureau elle a dit aux gars que Castle ne faisait plus parti de l'équipe. De son côté, il a formellement interdit à sa mère et sa fille de prononcer son nom sous peine de ne plus les appeler pendant son absence. Evidemment, quand elles ont appris la nouvelle pour Kate, elles ont voulu lui dire. Il a raccroché aussitôt et depuis, elles n'ont plus de nouvelles. Je les ai vues quelquefois ici. Elle passe voir votre fille régulièrement chaque week-end. Elle ne les connaît que par leur prénom, Martha et Alexis. Martha l'a fait rire en lui faisant les scènes qu'elle enseigne pendant la semaine et Alexis lui fait la lecture et lui raconte ses journées à la fac. Votre fille a toujours été de bons conseils envers la jeune fille. Elles s'apprécient beaucoup.
- - D'accord, je comprends mieux la situation. Mais personne ne sait où il est ? On ne disparaît pas comme ça quand même ? On laisse toujours des traces, non ?
- - Ecoutez, le premier mois on a essayé de le joindre tous les jours, on a laissé des messages. Même le capitaine !
- - Iron Gates ?
- - Oui, elle aussi ! D'ailleurs, elle n'est pas si Iron que ça ! Quand je vois les nuits qu'elle a passé auprès de votre fille, à lui parler, à essayer de lui faire bouger les jambes et les bras. Elle a même aidé pour la toilette, l'habillage… C'est elle qui était là quand Kate s'est réveillée. Elle nous a aussitôt tous avertis !
- - Pas moi ! C'est vous qui m'avait appelé.
- - Je pense qu'elle avait peur de votre réaction si c'était elle qui appelait. Alors, elle m'a demandé de le faire et elle est partie juste avant votre arrivée.
- - Il faudra que je passe la voir pour la remercier. Bon je vais vous laisser aller travailler, et je vais aller chercher les cafés. Ça fait un moment qu'on est sorti et je vais avoir droit à un interrogatoire en règle si je traîne trop. Encore merci pour tout ce que vous faîtes pour Kathie et remercier aussi vos collègues.
- - C'est normal, c'est notre amie. Et surtout …
- - Je ne parle pas de Castle. Promis.
Ils se séparèrent. Il alla chercher les cafés et retourna dans la chambre de sa fille.
- - T'étais où ? Tu en as mis du temps pour aller chercher du café !
- - Oh, j'ai un peu discuté avec ton amie et j'ai dû chercher une machine à café dans un autre service car celle d'ici est en panne. Tu me diras, dans un service de réanimation, peu de patients demandent un café !
Beckett sourit à la remarque de son père. Celui-ci souffla sa fille n'avait pas insisté sur la durée de son absence.
Ils passèrent la soirée ensemble. Elle posait des questions, et lui essayait d'y répondre du mieux qu'il pouvait. Ils évoquèrent son enfance, son adolescence, son entrée à l'école de police. Il y avait de bons et de mauvais souvenirs. Mais il voulait aider sa fille. Il lui avait même montré des photos d'eux, même celles où sa mère figurait. Il lui avait même parlé de sa descente aux enfers après la mort de Johanna, et lui avait dit que s'il s'en était sorti, c'était grâce à elle, sa fille.
Quand l'heure de fin de visite sonna, une infirmière vint lui dire qu'il devait partir car sa fille devait se reposer. Il se leva, embrassa sa fille sur le front et lui souhaita une bonne nuit. Au moment où il allait franchir la porte, elle le fit se retourner
- - Papa ?
- - Oui Kathie ?
- - Tu peux me ramener quelque chose de bon à manger demain ?
Il regarda l'infirmière. Celle-ci acquiesça.
- - Entendu ma Kathie. Reposes toi bien. A demain.
Elle regarda l'infirmière. Celle-ci lui sourit.
- - Vous avez une belle famille, mademoiselle Beckett ! Très présente
- - Vous pouvez m'appelez Kate, vous savez. C'est vrai, j'ai de la chance de les avoir. Je suis désolée pour ce que j'ai demandé à mon père. Mais vous savez, je meure de faim !
- - Je vous comprends. Ecoutez, si vous voulez, je crois qu'il nous reste des gaufres dans notre salle de repos. Ça vous tente ?
- - Vraiment ?
- - Si je vous le dis ! Alors ?
- - J'accepte !
Ce souvenir fit sourire Beckett. Elle n'avait mangé que deux gaufres ce soir-là, mais c'était un régal. De sa toute nouvelle vie, c'était le meilleur repas qu'elle avait eu depuis qu'elle avait repris connaissance. Elle avait discuté avec l'infirmière une bonne partie de la nuit. Et par la suite, à chaque fois que cette infirmière était de garde, elle passait voir Kate, même quand elle avait enfin quitté le service de réanimation. Elle passait lui faire un coucou et lui rapportait deux gaufres.
Elle en était là de ses réflexions quand elle vit arriver Lanie. Elle était essoufflée tant elle avait couru pour la rejoindre.
- - Tu m'as l'air à bout de souffle ! dit Beckett
- - Très drôle ! Tu te rends compte que tu es partie sans rien dire à personne et à pieds en plus ! Tu ne pouvais pas prendre ton fauteuil ?
- - Pourquoi ? Je ne suis pas essoufflée moi !
- - Ah, ah ! T'en as d'autres comme celle-là ?
- - En tout cas, ce n'est pas moi qui cache des choses ?
- - Quoi ?
- - Castle ?
- - Quoi Castle ?
- - Vous le connaissez ! Alors pourquoi ne m'avoir rien dit ? Il me connaît aussi ? C'est pour ça qu'il croyait que je lui faisais une blague ce matin sur la scène de crime ? C'est qui ce type ? Depuis quand je le connais ?
- - Oh, Kate ! Pourquoi pourquoi ? Toujours pourquoi ?
- - Réponds-moi !
- - C'est une longue histoire !
- - J'ai tout mon temps !
- - Pas moi. Je te rappelle que j'ai une autopsie à pratiquer ! Tu te rappelles qu'on a trouvé une tête ce matin ?
- - Oui, je sais. Au cas où tu l'aurais oublié c'est ma vie d'avant que j'ai oublié, pas celle d'aujourd'hui. Je sais que je suis le Lieutenant Kate Beckett car vous me l'avez dit. Qu'est-ce qui me le prouve ?
- - Tu résous des enquêtes, non ? Tu crois que n'importe qui peut résoudre des affaires criminelles du jour au lendemain ? Tu tires aussi bien qu'avant ? Ta signature, c'est bien la même qu'avant ? On te la montré sur d'anciens dossiers, tu l'as bien reconnu ?
- - Oui, je sais. Je vous fais confiance. Je sais que vous ne m'avez pas menti. Alors pourquoi me cacher des choses ?
- - Parce qu'il y a des choses qui sont difficiles à expliquer Kate et qu'on ne veut pas te blesser.
- - Qu'est-ce qu'il a fait de si terrible ce Castle pour que vous ne vouliez pas me parlez de lui ?
- - Je ne sais pas… On ne l'a pas revu depuis deux ans.
Beckett la regarda surprise. A ce moment, Lanie comprit qu'elle venait de faire un impair. Connaissant son amie, elle avait fait le lien.
- - Tu veux dire qu'il a quelque chose à voir avec ce qui m'est arrivé ? Il est dans le coup ?
- - Non, non … Tu sais bien que les gars ont clos l'affaire. Les responsables sont en prison. Il n'a rien à voir là-dedans. Ecoute, oublies ce que j'ai dit.
- - Oublier ! Tu plaisantes là !
- - …
- - Très bien, je trouverai toute seule.
Elle se redressa et prit le chemin du commissariat.
- - Attends, je t'accompagne, dit Lanie
- - Merci, mais je n'ai pas besoin d'aide. Je passerai à la morgue plus tard.
Elles se séparèrent. Lanie savait qu'il ne fallait pas insister quand Beckett était dans cet état. Et puis si après tout elle trouvait toute seule, peut-être que c'était mieux ainsi.
