Je passa ma soirée à penser à cette rencontre. Je mangea à peine et mon sommeil était troublé par les images du passé. Je me souvins avoir entendu dans les cauchemars de cette nuit-là, des cris, le bruit des armes puis avoir senti cette chaleur étouffante et sèche collée à ma peau. Et puis d'autre image remplaçaient me revient à l'esprit. Des visages de mon régiment, des soldats qui étaient devenu des amis puis des frères au fil des jours. Le visage de James ouvrant cette lettre qui avait tout bouleversé entre nous.

Je me réveillai brutalement, mes draps étaient trempés par ma sueur, mes vêtements me collaient à la peau. Il me fallut une minute entière pour prendre conscience où j'étais. Lentement la réalité reprit ces droits, ma respiration s'apaisa. Je m'assis en retirant le drap sur moi. Je bus le verre d'eau posé sur ma petite table de chevet d'un trait puis me leva pour me laver le visage.

L'appartement était calme, je descendis lentement les escaliers pour ne pas réveiller Madame Hudson de son sommeil léger. J'ouvris la porte du salon qui était toujours fermé la nuit. Je fus surpris en voyant Holmes debout devant la cheminée qui fumait. Il ne se retourna pas vers moi mais il devait connaitre ma présence intuitivement. Je refermai doucement la porte mais je n'osais briser le silence calme de notre salon.

Je m'assis sur mon fauteuil, Holmes jeta sa cigarette dans le feu de la cheminée et se retourna vers moi. Un instant, il glissa son regard sur ma personne en prenant son temps et je le laissai faire sans prononcer une remarque. Nous nous n'étions pas vu depuis deux semaines et je savais que d'un regard Holmes pouvait savoir comment je me portais. Il alluma une nouvelle cigarette et s'assis sur son fauteuil en face de moi, il portait la même tenue, une redingote noire qui lui donnait une élégance et un charisme particulier. Il n'était pas de ses hommes qui devaient en faire beaucoup pour qu'on les respecte. Intuitivement sans doute, les gens qui avaient porté le regard sur Holmes savait quel genre d'homme il était et qu'il valait mieux être son allié que son ennemi.

Sa silhouette fine et gracieuse était tournée vers moi et je ne pus empêcher un sourire en entendant le son de sa voix après deux semaines sans l'entendre

« Il est tôt pour être debout. Je pensais que vos insomnies avait cessaient. »

J'eu du mal à voir le regard e Holmes, les lumières de salon étaient tamisées, juste une bougie et la cheminée nous empêcher d'être dans la noir total.

« Elles le sont mais j'ai peut-être abusé du scotch hier soir. Vous connaisse l'effet qu'à l'alcool sur moi, Holmes»

Holmes inspira lentement une bouffée de cigarette et repris sur le même ton :

« C'est étrange, Mme Hudson m'a informé que vous avez peine touché votre diner et que vous avez refusé le verre d'alcool qu'elle voulait vous servir »

Je ne fus nullement honteux d'être pris comme une enfant même si c'était là une chose désagréable surtout devant Holmes.

« Y'a-t-il autre chose que vous avez demandé à Mme Hudson sur moi ? Devais-t-elle vous faire un journal détaillé de mes activités ainsi que de mes fréquentations ? »

Je crus voir un sourire mais il était dur d'en être certain. Holmes se leva, il alluma la lampe à huile situé en hauteur sur le côté de la cheminée, il régla la luminosité et la pièce s'éclaira. Il fit de même avec l'autre lampe située du côté gauche de la cheminée. Une fois cela fait, il alla vers le placard où nous rangions le scotch, prit deux verres et versa un fond de scotch dans chacun d'eux.

Il se retourna et me tendis le verre, je le pris en hochant la tête poliment. Holmes s'assis face à moi sur mon fauteuil.

« Vous connaissez mes défaut mieux que n'importe qui d'autre Watson »

Je pris une lente gorgée de l'alcool qui eut au moins pour effet la tension en moi. Je reposa le verre sur la table basse et j'observa le visage de Holmes. Il avait l'air, comme à son habitude à son retour de voyage, exténué et aminci mais la même étincelle de vivacité brillait dans ses yeux. Il sourit en voyant mon regard resté sur lui plus longtemps que le voudrais la politesse.

« Je les connais Holmes, mais prendre soin d'une personne n'en ai pas un. »

Holmes hocha la tête et continua à fumer. Son regard se porta sur mes cheveux légèrement humides.

« Avez-vous une idée qui pourrait expliquer que vous cauchemars de guerre reviennent huit ans depuis le dernier »

Je me tendis en entendant le mot guerre traverser les lèvres de Holmes. Jamais je ne lui avais vraiment parlé de mon passé en tant que soldat. Il connaissait des brindilles mais rien de précis. Je n'avais pas honte de mon passé, loin de là, j'avais combattu pour mon pays et ma reine. Toutefois je ne voyais pas aussi une raison pour lui en parler et je pensais qu'il s'ennuierait de m'entendre parler de cette partie de ma vie. La guerre, la politique ennuyait plus que tout Holmes.

« Je pense en connaitre la raison Holmes mais avant de tout vous expliquer, j'aimerais savoir comment s'est passé votre voyage en Italie. L'affaire délicate à était résolu comme vous le souhaitiez ? »

Je vis dans son regard qu'il hésita à répondre, voulant déjà connaitre la raison de mon cauchemar mais il haussa les épaules et se rapprocha de moi après avoir posé son verre sur la table.

Il parlé d'une voix excitée et toute sa personne se métamorphose, la langueur de toute à l'heure avait disparu pour laisser place à une énergie nerveuse

« L'affaire ! Et quelle affaire Watson, c'est une nouvelle fois dommage que vous n'ayez pas pus m'accompagner. Il m'a fallu du temps, beaucoup trop de temps pour comprendre les rôles de chaque protagoniste. Tout était si finement joué qu'on n'y voyait que du feu et pourtant … »

Il se tu et nos regards se crossèrent un instant, ses yeux gris troublèrent les miens et instinctivement je baissa les yeux vers la table basse. Un silence se fit rompu par la voix calme mais déterminée de Holmes

« Qu'est-ce qui vous tracasse Watson ? »

Je ne répondis rien. J'essayais de trouver le courage qui parfois me faisait défaut face à Holmes. La voix de Holmes se fit plus proche lorsqu'il reprit

« J'insiste »

Je relevai mes yeux et rien ne pouvais trahir l'impatience de Holmes mais je le connaissais assez bien pour la voir. Je pris une inspiration et me jeta à l'eau.

« Je respecte votre travail Holmes. J'ai essayé toute ses années de vous assister au mieux, d'être une certaine aide dans vos cas et j'espère pouvoir continuer à vous aider ainsi pendant encore de longue années »

Holmes leva un sourcil interrogatif mais il ne m'interrompit pas.

« Holmes »

« Venais-en aux fait Watson »

Je croisai mes mains sur mes genoux et continua

« Un ami est venu me voir hier soir.»

Le silence dura à peine un instant rompis aussitôt par Holmes

« Ami de votre temps en Inde »

Je hochai la tête. Les yeux de Holmes ne trahissaient rien, son expression du visage était neutre donc illisible. Il fit un signe de la main me poussant à continuer tout en jetant sa cigarette négligemment dans la cheminée.

« Il m'a demandé un service. Il est en mauvaise posture voyez-vous Holmes »

Je relevai le regard vers Holmes plus franchement et je levai la voix sans m'en rendre compte.

« Et si cet homme n'était pas un ami proche, un homme qui a beaucoup compté pour moi lorsque j'étais soldat, je ne me permettrais pas de vous demander une faveur. »

« Quelle faveur Watson ? »

Je soupirai mais je ne voulus pas répondre tout de suite. Je me sentais mal à l'aise de forcer ainsi la main à Holmes. Je ne voulais pas mêler Holmes à ma vie passé ni aux soucis de James parce que je savais que les choses pouvaient se retourner contre nous. Contre Holmes. Je ne me pardonnerais pas si un scandale touchait Holmes. La voix de Holmes se fit presque froide lorsqu'il répéta

« Je veux vous l'entendre dire Watson. Qu'attendez-vous de moi ? »

Il me sembla qu'il faisait trop chaud, je bougea un peu sur mon fauteuil pour trouver une meilleure position.

« Je souhaiterais que vous acceptez le cas de mon ami. »

Holmes ne réagit pas. Il se leva et se mis face à la cheminée.

« Pourquoi semblez-vous si hésitant comme si vous saviez que j'allais refuser ? Y'a-t-il quelque chose dans ce cas qui vous met mal à l'aise ? »

Gêné et pris de court, je ne répondis pas immédiatement. Holmes se tourna vers ma personne en posant une main sur le dos de son fauteuil.

« Je sais que les affaires de mœurs n'ont pas vos faveurs »

Il hocha la tête

« Quel type d'affaire Watson ? »

« Chantage »

Holmes sembla déçu, il secoua la tête puis repris une cigarette de son étui. Il fit quelque pas puis se remit devant la cheminée

« Si votre ami était une femme, je l'aurais volontiers aidé sans l'ombre d'une hésitation. Toutefois c'est un homme, il doit avoir les compétences pour s'aider lui-même et se sortir d'un chantage »

Je secouai la tête et me leva à mon tour. Je n'étais pas particulièrement surpris du refus de Holmes. Je savais qu'il n'aurait jamais accepté l'affaire aussi facilement et que le convaincre serait un défi. Je gardai mon calme et m'approcha de lui, jusqu'à être face à lui.

« Holmes.. »

Il ne me laissa pas continuer et pris une bouffe de sa cigarette

« Si cet homme ne peux pas se sortir tout seul de cette situation délicate, il pourrait demander l'aide de la police »

« Holmes, vous savez tout comme moi que la police échoue lorsque son aide est sollicité dans ce type de cas. De plus il a une position qui ne lui permet pas une indiscrétion sur sa situation. »

Le regard de Holmes se troubla, il sembla essayer de lire en moi afin de comprendre mes motivations. Ses yeux s'assombries et devint presque dur lorsqu'il répondu d'une voix froide

« Et cet ami ne peux pas solliciter son aide par lui-même ? Il doit passer par vous. Cela n'est pas preuve d'un grand courage. »

« Il ne voulait pas vous déranger. Il voulait être sûr que vous acceptiez de prendre son cas avant de venir vous rencontrer »

Holmes fis un pas vers moi, surpris je faillis reculer mais me repris juste à temps. Alors que je pensais qu'il allait encore refuser ma faveur, il demanda :

« Quel genre de chantage ? »

« Avec des lettres, elles ne peuvent être niées, son écriture ainsi que sa signature sont dans chacune de ces lettres. On ne peut émettre aucun doute sur leurs authenticités »

Agacée Holmes marcha quelque pas, jetant un regard vers la rue déserte

« Voilà qui est fâcheux. Il faut être bien sûr de soi pour faire une telle erreur, qu'en dites-vous Watson ? »

Je voulu une nouvelle fois défendre James alors je répondis d'une voix posée

« Ou avoir une entière confiance en la personne qui fait l'objet de notre amour »

Holmes rit et ce rire me blessa au plus profondément de ma personne. Ce rire toucha un point sensible en moi mais Holmes ne sembla même pas le remarquer, il se retourner vers moi et continua d'une voix moqueuse :

« Donc être un sot ou un faible »

Je répondis sur un ton agacé que je ne réussis pas à contenir :

« Si pour vous un homme amoureux doit être décrit ainsi alors je ne vois pas comment je pourrais vous contredire puisque vous sembler si sûr de vous Holmes »

La réponse ne sembla pas plaire à Holmes car il murmura quelque chose sur un ton impatient. Le silence reprit et j'essaya de maitriser ma patience. Je savais que j'avais l'avenir de James entre mes mains et que je me sentirais coupable si j'avais échoué. Je me sentais mal à l'idée de devoir dire à James que je n'avais pas pu lui être d'aucune aide.

« Je dois aller voir Lestrade tôt dans la matinée, il a demandé mon aide pour une affaire de vol. Dites à votre ami de venir ici à 18h30. »

Je ne pus contenir mon soulagement en fermant les yeux un instant. Lorsque je les ouvris, Holmes était à peine à un pas de moi, je ne l'avais même pas entendu se déplacer.

« Merci Holmes ». Je prononçai ces mots avec sincérité et reconnaissance. Je savais que cela coûtais à Holmes de prendre un cas qui sans doute, se révélerait ennuyant. Il hocha la tête mais se yeux se fit un instant plus tendre envers moi. Ne sachant comment me comporter face à ce genre de sentiments provenant de Holmes, j'attendis qu'il reprenne la parole.

« Je fais cela uniquement pour vous Watson, comprenez le bien »

Je hocha la tête et souris

« Je le comprends et je suis reconnaissant. Voulez-vous que je vous parle plus de l'affaire ? »

Il secoua la tête et me contourna pour ouvrir la porte de sa chambre

« Non, votre ami le fera parfaitement bien. Quel est son nom ? »

« James Mcavoy »

Holmes hocha la tête pendant qu'il retirait sa veste noire.

« Maintenant allez-vous couchez. Nous reparlons de tout ceux-ci demain soir. Ne m'attendez pas pour le petit déjeuner, j'ai à peine dormi pendant le voyage du retour. »

Je lui souris et observa un instant Holmes faire méticuleusement sa toilette comme les chats. Lavant ses mains avec patience puis jeta de l'eau froide sur son visage, ses cheveux tombaient légèrement sur son front avec élégance.

« Je suis heureux que vous soyez enfin de retour »

Holmes s'essuya avec une serviette blanche pliée sur son lit et me jeta un long regard. Voulant mettre fin à ma gène, j'allai vers la porte du salon pour remonter à ma chambre. Holmes sortie, il portait seulement son gilet noir et ses cheveux en bataille lui donner un air plus jeune.

« Il est bon de revenir à la maison mon ami. Bonne nuit Watson. »

Je hocha la tête et ferma la porte doucement. La vue de Holmes habillé plus simplement que d'habitude me revint à l'esprit lorsque je m'allongeai dans mon lit. Son regard doux lorsqu'il me souhaita bonne nuit fut mon dernier souvenir avant que je m'endorme profondément.

Aucun cauchemar ne vint perturber mon sommeil cette fois ci.

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Alors ?

Ce chapitre est plutôt calme. Comme on dit le calme avant la tempête.

J'ai un peu lu sur les stress post traumatique, beaucoup de soldat ont ça à leur retour de la guerre, entre autre. Je pense que Watson aura encore quelques mauvaises nuits.

J'aime l'idée d'un Holmes habillé simplement avec ses cheveux en bataille. Je pense que je n'en ai pas fini avec ça, surtout que j'ai encore à l'esprit la version Granada avec Jeremy Brett pendant l'épisode de noël, quand Mme Hudson sort Holmes de son lit…

Ah oui et je ne regrertte rien... James Mcavoy ça me plait. Et puis l'acteur est génial. Je me suis rendue à la fin mais même après avoir cherché, aucun autre nom ne plaisait autant que MCavoy.

Bref, je suis allé voir Pacific rim et ce film est juste GENIAL !. Rien à voir avec Man of steel qui est vraiment….chacun ses goûts comme on dit. En plus la BO de PR est une bombe.