PDV de John Watson • Chapitre 1
Le pluie tombait sur Londres, et ses goutes se heurtaient doucement contre la vitre de l'hôpital. Lui, dormait, paisiblement devant moi. Il était hors de danger. Les chirurgiens avaient réussi à lui extraire la balle, et tout c'est bien passé. Foutu veinard. Qu'est-ce que j'aurai fait sans lui ? Non, sans rire. J'aurai perdu mon meilleur ami. Et Londres son sauveur. Mais qu'est-ce qu'était Londres à côté de toute l'admiration que je lui vouait, au final… Mais il était là, endormi, sa respiration était régulière, profonde. Et j'étais là, depuis deux jours, à veiller sur lui, 24 heures sur 24, au cas où mon cher ami aurait besoin de quoique ce soit, car je devinais qu'il agacerait les infirmières. Mais surtout, sans jalousie pourtant, je n'avais pas envie peut-être que quelqu'un d'autre l'approche et s'occupe de lui. Il était si faible, mon Sherlock, dans ce lit, sa peau diaphane faisant contraste avec ses boucles sombres. On aurai presque dit blanche neige mélangée à la belle au bois dormant. Et si c'était le cas, je mourrais d'envie de le réveiller.
Cela faisait maintenant 3 jours que je n'étais pas rentré à Baker Street. La fatigue me prenait par surprise de temps à autre, mais trop soucieux de l'état de Sherlock, je me devais de rester éveiller, et d'attendre patiemment qu'il sorte de son sommeil. Il m'avait vraiment fait peur. Ca me sert le coeur, quand j'y repense. Quand je repense à sa main, que je tenais timidement, et qu'il prenait peine à serrer, pour être sur que je ne m'en aille pas, que je ne le laisse pas tout seul. Et à son visage, ses yeux à demis clos, sa vision que je devinais troublée, et tout son corps paralysé par la peur de mourir. Oh non, il n'avait pas mérité ça. Mon Sherlock…
" John…? "
Je m'étais assoupi. Maudit sois-je !
" Oui Sherlock ? Comment allez vous ? " - Où sommes nous John ? Et O'neil, où est-il ? - Sherlock, reposez vous… Vous êtes à l'hôpital, il vous à tiré dessus, Lestrade l'a retrouvé et votre frère se charge de lui faire comprendre de vous laisser. - Oh… Vous êtes resté tout ce temps ici pour moi ? - Oui, dis-je en souriant. - Oh… "
Je pouvais deviner un faible sourire sur ses jolies lèvres, légèrement rougies. Heureusement, ses yeux se retrouvèrent clos de nouveau, il ne pouvait pas voir celui qui se dessinait sur les miennes quand j'osais enfin lui prendre la main. Il ne bougea pas, seul son sourire s'élargit et ses longs et fins doigts s'entrelacèrent timidement aux miens. Pourquoi faisions nous ça ? Je pense qu'il n'y avait pas de réponse. Seul la magie du moment importait. Je caressais ses cheveux doucement, avec l'autre main, le dos de celle ci effleurant de temps en temps ses joues.
" Ne partez pas John… - Je reste, Sherlock, je reste… "
Cet homme était beau même après avoir frôlé la mort et avoir dormi pendant 3 jours. De toute façon, cet homme était beau, quoi qu'il arrive. Non, bien sur, il ne m'attirais pas, quoi qu'il aurai pu être mon type d'homme, mais je le respectais et l'admirais trop pour tenter quoi que ce soit avec lui. Et comme l'intéressé se dit marié à son travail, raison de plus pour ne pas m'aventurer dans un terrain où je suis sur de ne pas en revenir sans séquelles. Le jeune homme avait du en faire tourner des têtes. Je me demandais ce que serait Sherlock Holmes en couple, amoureux et romantique. Amoureux et romantique ? Ces deux mots associés au nom de Sherlock Holmes me paraissaient quelque peu… Contradictoire. Il était si distant, si désagréable avec les autres. Oui, je crois bien qu'il ne me classait pas dans la catégorie des autres. Vous en connaissez, vous, beaucoup d'autres qui restent trois jours au chevet de leur colocataire sociopathe-drogué-aux-patchs-à-la-nicotine-et-aux-meurtres-minucieusement-bien-calculé-et-sordides ? Non. Je ne crois pas. Alors oui, j'étais fier d'entretenir cette relation si privée et spéciale avec mon ami. Bien que cela s'arrête à quelque chose de très amicale. Pour preuve : Ce doux visage endormi que je prend plaisir à effleurer, ou encore ces sombres boucles dans les quelles j'autorise mes mains à se perdre, sans oublier nos doigts entrelacés. Eh bien c'est la première fois que nous échangeons un contact physique aussi... Aussi... Aussi poussé ? Oui. Poussé est le mot. Non pas que je l'idée d'une nuit avec lui ne m'ait jamais effleuré l'esprit, oh dieu, non, plus d'une fois même, (S'il s'avait) mais pour lui comme pour moi, il valait mieux que nous restions amis. Sherlock se réveilla de nouveau.
" John, je veux rentrer... dit-il d'une faible voix que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver adorablement enfantine.
- Sherlock, vous savez tout aussi bien que moi que ce n'est pas raisonnable. Vous êtes bien mieux ici au lieux de courir les rues et de risquer de vous... De vous faire tirer dessus encore une fois.
- Qui parle de partir en chasse ? Quitte à me reposer, autant que ça soit chez nous. En plus, tu es médecin, John, tu sauras t'occuper de moi ! Le bougre, il sourait.
Non, je n'avais pas rêvé, Sherlock me tutoyait. Pourquoi ? Pour le quel de ses élans d'affections ? Je n'en savais rien. Mais ça rendait notre relation encore plus intime qu'elle ne l'était, je trouve. Je réfléchi un instant, prenant un faux air dubitatif histoire de passé pour un médecin raisonnable qui prenait soin de son prochain. Je n'allais tout de même pas lui avouer que le chouchouter pendant quelques jours me dérangeait. Déjà, il risquait de prendre peur.
" C'est d'accord, Sherlock, je vous… t'apporte les papiers à signer et je reviens tout de suite. lui dis-je en caressant sa joue, lui volant au passage un grand sourire d'enfant.
- John ?
- Oui Sherlock ? lui dis-je en me retournant, déjà prêt de la porte.
- Merci. Merci pour tout ce que tu as fait, et tout ce que tu vas faire… "
Trop flatté et touché par cette phrase, je me contentais de revenir et de l'embrasser sur le front, front encore chaud et humide. Pauvre Sherlock… Un an de bons et loyaux services et juste une main tenue lui arracha quelques compliments et surtout ce merci, dit d'une voix si douce et sincère… Oh non, il n'avait aucune crainte à avoir, je ne le laisserai pas. Jamais.
