26 août 2002, âge : 7ans.

Martin Villiger - Benissimo

Je débute ma deuxième année de Gymnastique Rythmique. Il paraîtrait que j'ai certaines compétences que l'on attends d'une gymnaste. Du coup, on

m'a placée en détection. Le stage d'août est une « remise en forme » avant la vraie rentrée. C'est déjà mon troisième jour de stage. J'ai mal, vraiment

très mal. Les courbatures me paralysent les jambes, mon souffle se fait cours. Mais je n'ai pas le choix, il faut que je m'accroche.

Battement et 1, 2 « on lève la tête », 3, 4 …

S'en suit les étirements, le pire. On nous place entre deux bancs, en grand écart. Ensuite, on nous appuie dessus, jusqu'à ce que l'on touche le sol.

Je baisse la tête sur ma jambe avant. Je pleure. Mais j'ai peur de me plaindre ou de dire stop. Les entraîneurs m'impressionnent. Alors j'attends.

J'attends que ça se finissent et que je puisse rentrer chez moi.

Les heures s'enchaînent. Cela fait huit heures que nous sommes au gymnase. Je tombe de fatigue et d'épuisement, physique et moral. Les insultes

verbales fusent, les critiques aussi. Ce n'est jamais assez bien, jamais assez propre. La pointe de pied n'est pas assez tendue. Le pivot n'est pas

terminé les pieds serrés. Et on recommence, 10, 20, 50, 200 fois. Jusqu'à ce que tout marche.

Il est 20h, Maman vient d'arriver. Elle doit rester à l'extérieur de la salle d'entraînement. J'aimerais pourtant qu'elle me voit et qu'elle me fasse sont

sourire si spécial pour me remonter le moral.

Le cours est terminé, on range les praticables. On peut enfin enlever nos chignons et toutes ces pinces qui font mal.

A peine sortie du gymnase, je vomis. C'est l'accumulation de ces trois jours qui ressort enfin. Maman est contrariée. Elle n'est pas trop d'accord pour

que je fasse autant d'heures d'entraînement. Mais le club a fait pression, donc elle a cédé pour les huit heures journalières.

Enfin la maison. Je n'ai pas faim. Je veux juste me coucher. Je dois prendre une douche quand même. Demain sera une meilleure journée, il y a une

sorte de pause : on va à un accrobranche avec toutes les gymnastes.

Et je m'endors.