Note d'auteur : Cet OS/chapitre a été écrit pour le concours "Sept ans à Poudlard" organisé sur HPF par LostInTheSun, pour lequel nous devions écrire un moment de la vie à Poudlard d'un des personnages de la génération de Harry. J'ai donc choisi Asteria Greengrass, qui a deux ans de moins que le trio (information canonique).
J'ai fini 3e à ce concours, donc j'espère que ça signifie que ce texte est de bonne qualité, et qu'il vous plaira :)
On fait un bon dans le temps depuis le précédent, puisque dans celui-ci Asteria a 15 ans, contre 6 ans et demi dans le chapitre 1.
Bonne lecture :)
Asteria vit le meuble près d'elle osciller dangereusement. Autour d'elle, tout vacillait, le sol tremblait et elle ignorait comment réagir. Que se passait-il ? Elle tenta de se raccrocher à un mur, à un cadre, mais tout s'effondrait inexorablement… Elle poussa un hurlement lorsque le sol s'ouvrit sous ses pieds… et se réveilla en sursaut. Le cœur battant la chamade, le souffle court, elle mit quelques secondes à réaliser qu'elle était dans son lit, à Poudlard, et qu'il n'y avait nul tremblement de terre en ces lieux. Elle détestait ce genre de rêve, dont elle parvenait toujours difficilement à émerger. Mais il y eut une nouvelle secousse et elle tenta de se dégager de la main qui la retenait.
— Eh, eh, du calme, murmura une voix qu'elle connaissait bien.
Asteria tourna la tête et aperçut le visage de son amie Elain, préfète de Serdaigle. Le soulagement que cela lui procura fit battre son cœur encore plus vite, puis il s'apaisa et elle essaya de reprendre son souffle.
— Tu as toujours le sommeil aussi lourd, dis-moi, souffla Elain. Ça fait cinq minutes que je te secoue comme un Saule Cogneur, impossible de te sortir de tes beaux rêves ! Lève-toi, vite.
Ses beaux rêves ? Asteria retint la remarque sarcastique qui lui brûlait les lèvres et obéit sans se poser de questions. Elain était d'un naturel calme, ne s'inquiétait jamais pour rien, or là elle semblait réellement anxieuse, il devait y avoir une bonne raison à cela. Elle lui demanderait des explications plus tard, pour l'instant l'urgence semblait être de quitter le dortoir rapidement. Elle regarda l'heure : onze heures du soir. Oui, il se passait visiblement quelque chose… Elle mit une robe de chambre et sortit à la suite d'Elain.
Elles prirent l'escalier qui menait à la salle commune mais à peine eurent-elle descendu deux volées de marches qu'elles furent bloquées par un attroupement d'élèves. Asteria se félicita pour une fois d'être petite, elle en profita pour se faufiler entre quelques sixième année. Elle aurait bien voulu qu'on lui explique ce qui se tramait, elle n'y comprenait rien. Pourquoi tout le monde était-il debout, pourquoi étaient-ils regroupés ici, qu'y avait-il de si intéressant ?...
Elle descendit encore quelques marches, espérant trouver quelqu'un qui lui expliquerait un peu mieux la raison de cette cohue. Plus qu'une volée de marches et elle était à la salle commune, peut-être quelqu'un plus bas pourrait-il répondre à ses interrogations. Alors qu'elle descendait quelques marches, une main la retint et la tira en arrière. Asteria rejoignit rapidement la propriétaire sur sa marche, plus haut.
— Qu'est-ce qui se passe, Fiona ? murmura Asteria. Elain m'a réveillée, elle était paniquée…
Ce fut le grand frère de Fiona, Stephen Cornfoot qui lui répondit, à voix basse :
— Harry est là, il a réussi à entrer dans Poudlard.
— Harry ? répéta Asteria sans comprendre. Ah, Potter ?
Elle avait toujours été habituée à l'entendre appelé ainsi, par sa sœur, les camarades de celle-ci, ou ses parents. Stephen reprit :
— Il s'est fait prendre, par un des Carrow, la sœur je crois. Mais…
Une détonation l'interrompit et fit crier tous les élèves perchés sur les marches. Plusieurs remontèrent en courant, Fiona dut retenir Asteria pour qu'elle n'en fît pas autant. Mais quand cette dernière vit des sourires sur les visages des élèves un peu plus bas, elle fut rassurée. Que s'était-il passé ? Une voix un peu éthérée qu'elle connaissait leur parvint.
— C'est Luna, souffla Stephen, les yeux écarquillés de stupeur.
— Luna ? répéta Fiona.
— Luna Lovegood, répondit Stephen, je t'en ai déjà parlé. Elle vient de stupéfixer Carrow. Je ne l'en aurais jamais crue capable…
Plusieurs marches plus bas se libérèrent soudain, alors que des élèves de Serdaigle affluaient dans la salle commune pour voir de plus près le phénomène. Asteria les suivit, de loin, craignant que ce ne fût un piège, ou qu'Alecto Carrow se relevât. Étant une Sang-Pur et ayant une sœur à Serpentard, elle n'avait jamais eu de problème avec les deux tyrans, elle n'avait pas envie que cela commence aujourd'hui… La voix flûtée d'un première année leur parvint, disant qu'Alecto semblait morte. Asteria sourit malgré elle, elle avait en horreur les Carrow et en savoir un hors d'état de nuire la réjouissant plus que ne l'attristait. Il y eut plusieurs acclamations dans les escaliers pour féliciter les deux héros. Mais alors qu'Asteria s'apprêtait à descendre à son tour pour se joindre aux autres Serdaigle, des coups sourds retentirent à la porte de la salle commune.
La voix rauque d'Amycus Carrow se fit entendre, alors que l'aigle lui posait une énigme. Il appelait sa sœur, et tambourinait à la porte comme s'il avait espéré la briser. Les quelques Serdaigle qui étaient descendus dans la salle commune poussèrent des hurlements de terreur et se précipitèrent dans les escaliers. Asteria trébucha et fut rattrapée de justesse par Fiona qui la tira hors du flot d'élèves. Tous montèrent jusqu'à ce qu'ils ne puissent pas être atteints par d'éventuels sorts si un combat débutait.
Asteria vit quelques première année se mettre à pleurer, se serrant les uns contre les autres, visiblement terrorisés. Elain et Liam O'Flaherty, l'autre préfet de Serdaigle, s'occupaient de les réconforter, mais n'y arrivaient que difficilement. Asteria ne savait comment réagir, elle préféra rester en retrait, même si l'envie de consoler les gamins ne lui manquait pas. Mais elle craignait que sa propre panique ne se fît trop sentir, et qu'au lieu de les réconforter, elle ne réussisse qu'à les inquiéter davantage. La main de Fiona se pressa sur son épaule et elle sourit à son amie qui semblait néanmoins tout aussi anxieuse qu'elle.
Plusieurs murmures autour d'elles trahissaient l'inquiétude de leurs camarades. La plupart se demandaient ce que Potter faisait ici, avec Luna de surcroît. Asteria remarqua que quelques septième et sixième année avaient le sourire aux lèvres, et elle avait du mal à contenir le sien. Visiblement, plusieurs d'entre eux attendaient la venue de Potter avec impatience. Asteria se réjouissait de la bonne leçon que Luna avait donnée à Alecto, mais elle ignorait ce que la venue de Potter signifiait… Elle avait cependant le pressentiment que cela ne passerait pas inaperçu, car à entendre Amycus, le Seigneur des Ténèbres en avait été informé…
Une autre voix couvrit celle d'Amycus, une voix sévère, mais ô combien réconfortante confrontée à celle du Mangemort. Le professeur McGonagall fit preuve d'un grand calme, et répondit à l'énigme de l'aigle avec une aisance qui déstabilisa sans doute Amycus. Asteria vit avec un sourire que le soulagement se peignait sur le visage de quelques première année tantôt terrorisés. La porte de la salle commune s'ouvrit et les pas des deux professeurs se firent entendre, alors que les Serdaigle se réfugiaient encore un peu plus haut, protégés par leurs aînés.
A partir de là, tout se passa à la fois très vite et très lentement. Il y eut une nouvelle altercation, entre Amycus et McGonagall, puis une autre détonation, et Amycus fut mis hors d'état de nuire par Potter. Lorsqu'il fut certain que les deux Mangemorts ne pourraient plus se défendre, McGonagall, Potter et Luna sortirent de la salle commune sans attendre. Ce fut alors l'effervescence parmi les Serdaigle, qui pressentaient tout comme Asteria que cette nuit ne serait pas de tout repos. Chacun se précipitait dans son dortoir, voulant récupérer ses affaires, écrire à ses parents, se réfugier dans son lit… Elain et Liam, aidés de plusieurs septième année durent batailler ferme pour calmer tous les élèves et les obliger à descendre dans la salle commune.
Ils furent bien inspirés car quelques minutes plus tard, le professeur Flitwick pénétrait dans la salle commune tel un boulet de canon. Son chapeau était de travers et ses cheveux tout ébouriffés. Asteria ne put retenir un sourire face à ce spectacle, et fut surprise du bien que ce simple geste procurait. Elle se sentit instantanément mieux. Le professeur Flitwick leur ordonna d'évacuer la salle commune et de le suivre jusqu'à la Grande Salle. En sortant, ils virent Luna qui réintégra leurs rangs rapidement. Personne ne lui demanda où était Potter, même si la question semblait en démanger plus d'un.
Ils arrivèrent dans la Grande Salle en même temps que les Serpentard. Les Poufsouffle et les Gryffondor y étaient déjà. Dans la foule de Serpentard, Asteria essaya de repérer sa sœur, mais le flot d'élèves était tel que c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Les élèves ne traînèrent pas pour se mettre à leurs tables respectives, la tension qui régnait dans l'assemblée était presque palpable. Asteria sentait son cœur battre la chamade, l'angoisse lui tordait le ventre. Qu'allait-il se passer ? Allait-on les renvoyer chez eux ? Les garder ici ? Le Seigneur des Ténèbres allait-il vraiment venir ? Allait-il tous les tuer ? Même les Sang-Pur ?
Elle échangea un regard avec Elain qui, malgré son habituelle maîtrise d'elle-même, demeurait cramponnée au bras de son petit ami. Celui-ci n'en menait pas large, comme eux tous. McGonagall monta sur l'estrade, et leur expliqua comment ils évacueraient l'école, et que les élèves majeurs pouvaient rester combattre s'ils le souhaitaient. Mais soudain, une voix glacée retentit dans toute la salle. Asteria hurla de peur, d'autant plus lorsqu'elle entendit autour d'elle que c'était la voix du Seigneur des Ténèbres. Elle se serra contre Fiona qui pleurait, et son angoisse redoubla lorsqu'elle vit les visages horrifiés des élèves de septième année, qu'elle estimait assez âgés et assez entrainés pour ne pas se laisser aller à la peur.
Le Seigneur des Ténèbres leur ordonna de lui livrer Harry Potter avant minuit, et qu'alors ils seraient épargnés. Lorsque la salle fut redevenue silencieuse, uniquement troublée par les pleurs et les murmures, une voix perçante s'éleva de la table des Serpentard. Asteria tourna la tête, et vit Pansy Parkinson, une des amies de Daphné, qui s'était levée et désignait la table des Gryffondor. Lorsqu'elle hurla que Potter était là, et qu'il fallait que quelqu'un l'attrape, Asteria en resta bouche-bée. Elle savait que Pansy était une peste, une fille intelligente mais pouvant se montrer terriblement méchante, mais de là à dénoncer Potter…
Les élèves de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle se levèrent, dressant une barrière entre les Serpentard et Potter. Asteria ne savait comment réagir, sa confusion fut d'autant plus grande lorsqu'elle croisa le regard de sa sœur, qui la fixait avec insistance, comme pour lui faire comprendre que si elle s'avisait de prendre le parti de Potter contre celui de Pansy, elle le regretterait. Bien que Daphné ne choisisse pas toujours ses amis comme il l'aurait fallu, on ne pouvait lui ôter qu'elle était loyale envers eux, et Asteria savait que même si tous les Serpentard s'opposaient à Pansy, Daphné défendrait cette dernière.
Asteria admirait trop sa sœur pour seulement penser à lui désobéir, et elle se décida à rester assise, sous le regard étonné d'Elain. Elle était une des seules de Serdaigle à ne pas s'être levée, avec les première année et les deuxième année, bien trop terrorisés pour penser s'élever contre celui qui semblait alors le plus puissant, à savoir le Seigneur des Ténèbres. Asteria vit le regard stupéfait de Pansy, et un peu inquiet, comme si elle craignait que tous ne se ruent sur elle pour lui faire payer ce qu'elle venait de dire. Le professeur McGonagall fit taire les cris, et se rasseoir les élèves, puis elle ordonna à Rusard d'emmener tous les Serpentard hors de l'école. Toute la tablée se vida, et Asteria échangea un regard avec sa sœur qui malgré son apparente assurance, semblait terrifiée. Asteria se demanda s'ils allaient subir un quelconque châtiment…
Le professeur McGonagall ordonna ensuite aux Serdaigle de les suivre. Asteria n'éprouva aucune honte à être la première debout, elle ne souhaitait qu'une seule chose à cet instant précis : retrouver sa sœur, être sûre qu'elle allait bien, que le Seigneur des Ténèbres n'avait pas encore attaqué et qu'il ne serait fait aucun mal aux Serpentard. Elle se dirigea vers la porte de la Grande Salle, et ne put réprimer un sanglot en voyant le nombre de Serdaigle restés à leur table. Tous allaient mourir, c'était inévitable… Le Seigneur des Ténèbres était bien trop puissant, jamais Potter et les autres ne seraient de taille contre lui…
— Allez, Asteria, murmura Fiona à son oreille.
Elle se retrouva la dernière du flot de Serdaigle, jetant un dernier regard à ses camarades. Seuls des septième année étaient restés, tous majeurs. Ils avaient un regard déterminé, l'air absolument sûrs d'eux, comme s'ils étaient immortels… Lorsque les Poufsouffle se levèrent et qu'elle en vit un nombre encore plus grand rester assis, elle suivit Fiona. Regarder les visages de tous ces élèves qui tomberaient au champ de bataille lui était insupportable. Elle n'était pas courageuse, elle n'aurait jamais pu rester se battre. Elle ne voulait pas voir les gens mourir, c'était trop dur… Ces visages déterminés, ces signes de la main aux camarades qui restaient, comme s'ils allaient se revoir sous peu…
Asteria éclata en sanglots et sentit les bras de Fiona entourer ses épaules, comme pour la soutenir. Pourtant elle savait que son amie était aussi terrifiée et désespérée qu'elle, mais elle tenait bon. Asteria n'en était pas capable, pas aujourd'hui, pas alors qu'elle songeait au désastre que serait cette bataille… Les Serdaigle se regardaient, l'air complètement perdu. Lorsqu'un troisième année fit soudain volte-face pour retourner dans la Grande Salle, Liam le retint. Le gamin se débattit comme un beau diable, mais finit par abandonner. Asteria ne comprit que lorsqu'il se fut éloigné que son frère se trouvait encore dans la Grande Salle et qu'il voulait le rejoindre…
Asteria mesura la chance qu'elle avait d'avoir vu sa sœur s'en aller, de ne pas avoir à s'inquiéter pour elle. Elle ne voulait pas prendre part à cette guerre, elle ne voulait pas avoir à se battre pour des idéaux dont elle ignorait tout. Ses parents faisaient l'apologie des Sang-Pur, mais ne soutenaient pas le Seigneur des Ténèbres. Ils étaient allés à Serpentard, mais jamais elle ne les avait entendus prononcer le mot Sang-de-Bourbe. Contrairement à ses grands-parents qui ne juraient que par la maison de Serpentard, son père et sa mère étaient bien plus tempérés, bien qu'elle eût senti leur déception lorsqu'elle les avait revus aux premières vacances de sa première année, où elle avait été répartie à Serdaigle…
Ils montèrent plusieurs escaliers, jusqu'à arriver à une salle qu'Asteria ne connaissait pas encore. On leur dit qu'un passage secret menait à un pub, à Pré-au-Lard, et que c'était là qu'ils se réfugieraient. Sans attendre, suivis de près par les Poufsouffle, les Serdaigle s'engagèrent dans le sous-terrain. Le chemin parut très long à Asteria, sans doute parce qu'elle imaginait déjà une terrible bataille au dessus d'eux. Elle n'osait imaginer ce qui se passerait si l'on découvrait qu'ils fuyaient, si le haut du sous-terrain s'effondrait… Elle se retint de hâter ceux qui la précédaient, et tenta de maîtriser sa peur. Elle n'avait rien à craindre, ils retrouveraient les Serpentard là-bas, elle retrouverait sa sœur…
Enfin, ils virent la fin du tunnel et une porte s'ouvrit, donnant sur un pub poussiéreux qu'Asteria reconnut pour l'avoir déjà vu de l'extérieur, lorsqu'elle allait se promener à Pré-au-Lard. La Tête de Sanglier. Ce fut un vieil homme qui les accueillit, il avait l'air grincheux, mais rappelait étrangement quelqu'un à Asteria… Elle était persuadée d'avoir déjà vu ces yeux, ce nez, quelque part. Mais elle ne s'attarda pas dessus, cherchant en premier lieu parmi les élèves déjà présents, une chevelure brune, comme la sienne. Elle commença à paniquer en ne voyant que les amies de sa sœur, sans elle. Puis une main se posa sur son épaule et elle fit volte-face.
— Daphné ! s'écria Asteria en sautant au cou de sa sœur aînée.
Daphné n'avait jamais été adepte des démonstrations d'affection, mais Asteria fut heureuse de voir que cette fois-ci, elle lui rendit son étreinte. Elles se séparèrent lorsque le vieil homme parla. Derrière eux, quelques Gryffondor arrivaient, et Asteria se mordit les lèvres en voyant que les plus âgés avaient quinze ans à tout casser. Les autres avaient dû rester clandestinement, car seuls ceux de dix-sept ans y avaient été autorisés.
— Vous allez rester ici le temps que tout se calme, là-haut, bougonna le vieux sorcier. Sous aucun prétexte je ne veux vous voir sortir, c'est bien compris ? Ici, vous serez en sécurité. Si l'un d'entre vous s'avise de ne mettre qu'un pied hors de mon pub, je m'assurerai qu'il passe les prochaines semaines dans un cachot de Poudlard à récurer des chaudrons !
Il y eut quelques rires dans l'assistance. La voix rude du vieil homme les rassurait plus que ne les apeurait, et bien qu'il essayât de paraître sérieux, nul ne fut dupe, conscients qu'il ne cherchait qu'à veiller à leur sécurité. Lorsqu'il parut certain qu'aucun des élèves présent dans son pub ne sortirait, il rouvrit la porte du passage qui s'avérait être le portrait d'une jeune fille, et quitta le pub, refermant la porte derrière lui. Lorsqu'il fut parti, le pub résonna de cris, à la fois de joie et de chagrin. Le gamin de troisième année qui avait voulu rejoindre son frère était recroquevillé sur lui-même, pleurant à chaudes larmes, alors qu'Elain tentait de le consoler.
La porte du pub s'ouvrit, laissant entrer une jeune femme aux cheveux d'une étrange couleur, oscillant entre le noir et le violet. Elle appela un certain Abelforth, qu'Asteria devina être le vieil homme qui était parti. Elle s'avança vers l'inconnue, lui expliquant qu'il était déjà retourné dans le château. Celle-ci la remercia d'un signe de tête et se dirigeait vers le tableau, quand la porte du pub s'ouvrit à nouveau, laissant entrer une vieille sorcière, à l'apparence encore plus étrange, coiffée d'un chapeau orné d'un vautour empaillé. Elle demanda à l'autre sorcière de l'attendre, lui disant qu'elle fermerait le passage ensuite, sans doute afin que personne ne puisse entrer dans le pub par quelque moyen que ce fût.
La jeune femme semblait à la fois farouchement déterminée et complètement terrifiée, et Asteria se demanda pour quelle raison elle allait se battre. Elle croisa son regard lorsque la porte se referma et fut surprise d'y voir une certaine détermination. Peut-être pas si terrifiée que cela ou alors… pour quelqu'un d'autre. Asteria ne pouvait que trop la comprendre, et espérait que la personne à laquelle elle pensait était en sécurité…
Plusieurs élèves s'étaient dirigés vers les fenêtres du pub donnant sur la rue principale de Pré-au-Lard. Asteria hésita à les imiter. On voyait Poudlard, de ces fenêtres, elle le savait, étant donné la localisation du pub. Avait-elle vraiment envie de regarder le château sachant ce qui s'y déroulait en ce moment-même ? Mais la curiosité, l'envie de savoir furent les plus fortes et elle avança d'un pas fébrile vers les fenêtres. Plusieurs première année grimpaient sur les tables pour essayer de mieux voir. Elle attendit qu'une place se libère près d'une fenêtre et reçut un coup au cœur face au spectacle.
Les sorts fusaient de partout, certaines tours étaient partiellement détruites, elle crut même voir des corps tomber d'un mur qui s'abattait. Les larmes embuèrent ses yeux. Le château où elle avait passé cinq ans de sa vie, où elle s'était fait des amis, où elle avait grandi sans être jugée par rapport à quelqu'un d'autre… Il était en train de partir en fumée, à cause d'une guerre d'idéaux… Malgré le mal que cela lui faisait, elle resta à contempler Poudlard qui brûlait, qui tombait… Elle pouvait presque voir Potter se battre, les autres Serdaigle aussi… Elle les imaginait tomber sous les sorts, tomber au combat. Tomber au champ de bataille.
— Plus rien ne sera comme avant, désormais, murmura Elain à côté d'elle, des larmes dans la voix.
Asteria ne répondit pas, mais hocha fébrilement la tête. Elain avait raison, tout ce qui avait fait leur bonheur, leur malheur, leur vie durant plusieurs années partait en fumée sous leurs yeux. Et quelque fût l'issue du combat, quelques fussent les vainqueurs, rien, non rien ne serait plus jamais comme avant…
Note de fin : Vous avez ici un première apparition du personnage de Fiona Cornfoot, qui est mon seul OC développé, j'ai écrit sur elle une fic de 8 chapitres que je publierai courant septembre-octobre, c'est un OC auquel je suis très attaché, et elle refera une ou deux apparitions dans cette fic^^
J'ai eu plusieurs remarques sur le fait qu'il est assez peu logique qu'on ait parqué les élèves à la Tête de Sanglier, sans possibilité de sortie, surtout que les Serpentard viennent rejoindre le combat à un moment dans les livres, donc voilà, j'avais zappé ce détail du coup mon texte ne tient pas forcément la route, j'en suis désolée :/ Mais j'espère que ça vous a plu en tout cas, n'hésitez pas à commenter :) Merci d'avoir lu et à mercredi pour la suite !
