Le dortoir était encore plongé dans le noir. Les quatre lits occupés laissaient entendre des respirations lentes et régulières. Une jeune fille aux cheveux châtains occupait un de ces lits. Margareth était réveillée, du moins elle était consciente d'être dans son lit, à Poudlard, et pas en train de danser avec des papillons multicolores (drôle de rêve, quand même). Elle somnolait depuis déjà une bonne dizaine de minutes, blottie sous ses couvertures jusqu'au nez. Elle était bien, là, au chaud, la tête vide de toutes pensées parasites...
DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING
Jusqu'à ce que le réveil de Rose ne se mette à sonner, évidemment...
Elle avait l'habitude de se réveiller un peu avant qu'il sonne, chose qui ne servait strictement à rien, c'est vrai. Elle soupira de mécontentement et se roula en boule. Eloïse grogna, dans le lit à gauche de celui de Margareth, puis insulta le "p***** de réveil de m****" ainsi que son "imbécile" de propriétaire. Dans le lit en face du sien, celui de Violette, elle entendit des gémissements (signe que celle-ci s'étirait). Le réveil sonna pendant encore deux minutes, jusqu'à ce que Violette se lève et l'éteigne. Elle tapa ensuite dans les mains, s'attirant des insultes colorées de la part d'Eloïse, et dit:
- Aller les filles ! Debout ! C'est pas le moment de roupiller ! On a cours dans quarante-cinq minutes ! Aller !
Ou plutôt hurla.
Margareth se tourna et regarda le plafond, tandis que Violette allait dans la salle de bain et qu'Eloïse grognait un "c'est ça" énervé. Il y eu un silence, où on entendit l'eau du robinet couler puis Margareth se leva. Elle s'extirpa mollement des couvertures et regarda le lit à droite du sien, celui de Sunny, vide. L'infirmière avait décidé de la garder encore un jour, juste pour être sûre qu'elle soit bien guérie. Ce qui voulait dire qu'elle serait de retour le lendemain.
Se rendant compte qu'elle fixait un lit vide, debout, en plein milieu de la chambre, Margareth se dirigea vers l'armoire et prit ce dont elle avait besoin : son uniforme et sa serviette. Elle alla ensuite dans la salle de bain.
Une fois à l'intérieur, elle vit Violette en train de se brosser les dents. Elle lui fit un petit "coucou" auquel Margareth répondit par un mouvement de tête. Elle déposa ses vêtements sur le porte-serviettes puis entra dans une cabine de douche, sa serviette à la main. Elle la posa sur le rebord de la cabine et commença à se déshabiller quand elle le trouva. Il était petit, un peu rond et tout gris, avec des petits yeux noirs. Et elle poussa un cri à réveiller les morts (qui dut réveiller toute la tour de Gryffondor, si ce n'est tout le château).
Elle sortit en trombe de la douche, bousculant Violette qui sortait de la cabine adjacente, et glissa sur le tapis en tentant de ne pas se prendre la porte qui s'ouvrait. Eloïse entra dans la pièce, munie de sa baguette, et rugit:
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Il y a un "truc" dans la douche de droite... couina Margareth en se relevant. Il est horrible tout moche et tout gros...
Eloïse se dirigea vers la cabine, l'ouvrit, s'arrêta quelques instants, lança un sort, ramassa quelque chose par terre et se retourna vers Margareth, qui se massait douloureusement les fesses.
- C'est ça qui te fait hurler à la mort ? demanda-t-elle en tenant la "chose" par le bout de la queue.
Margareth hocha la tête incapable de répondre, regardant la "chose" inerte, avec un air complètement horrifié.
- Il est mort ? s'enquit Violette.
- Nan, juste assommé, dit Eloïse.
- Je crois qu'il est à l'autre Weasley, l'informa la blonde.
- Si je trouve à qui appartient cette bestiole, je la lui fais bouffer ! grommela Eloïse de (très) mauvaise humeur.
Elle passa à côté de Margareth qui recula, dégoûtée. Violette lui sourit.
- Je ne savais pas que tu avais peur des rats, déclara-t-elle avec un sourire, un peu amusé. Sinon, tu peux prendre l'autre douche, je vais désinfecter celle-là, vu qu'il a l'air d'y avoir passé la nuit.
Elle grimaça en avisant ce qu'avait laissé le rat : il avait crotté un peu partout dans la douche.
Un rat. C'était écoeurant. Elle n'en aurait pas eu peur si elle l'avait vu il y a trois mois. C'était à cause de son stupide chat, aussi. Pendant les vacances d'été (parce qu'il ne sortait jamais en hiver, il fait bien trop froid pour ses royales pattes, môssieur est un chat de salon, vous comprenez), son chat adorait chasser les souris et les lui ramener. Bon, au début, il les posait sur le rebord de la fenêtre, alors ça allait. Jusqu'au jour où le rebord de la fenêtre ne fut pas assez large pour un énorme rat, son chat eut la magnifique idée de venir poser son cadavre au pied de son lit. Et le cri qu'elle avait poussé ce matin là, lorsqu'elle s'était aperçue qu'elle avait un rat éventré collé au pied, avait résonné contre les murs de sa chambre. Elle se rappelait encore la manière dont il la regardait avec ses yeux vitreux. Dégoûtant. Elle frissonna, rien que d'y repenser.
Margareth secoua la tête, attrapa sa serviette puis se dirigea vers l'autre douche. Au moment où elle ouvrit la porte, elle entendit clairement Eloïse hurler "WEASLEY !", pendant que Violette lançait des sorts dans la douche d'à côté. Elle entra, se déshabilla, balança ses affaires de l'autre côté de la porte de sa cabine et alluma l'eau. Elle était en train de se rincer les cheveux quand elle entendit la voix de la blonde, puis celle-ci rentrer dans la cabine avoisinante et commençait à se laver.
Un peu plus tard Margareth, propre et habillée, était en train de se brosser les dents, quand Rose entra. Ses cheveux roux et épais étaient emmêlés et elle bâillait à s'en décrocher la mâchoire.
- Hey ! Rosie ! C'est que maintenant que tu te lèves ? s'exclama Violette, qui se séchait les cheveux, grâce à un sort de séchage lent (Il paraissait que le rapide les abîmait ! Et ses cheveux c'était toute sa vie, du moins, une grande partie). T'as dix minutes ! Après on descend ! la prévint-elle.
Le problème avec Rose, c'était qu'elle se levait toujours vers le dernier quart d'heure. Margareth se demandait pourquoi elle mettait un réveil si c'était pour se lever la dernière. En première année, Eloïse s'était disputée avec elle à propos du réveil. Elle se souvenait parfaitement que les septièmes années avaient bien rigolé en les voyant faire. Et que le pauvre réveil n'avait pas survécu le lendemain. Lysander (ou Lorcan), lui avait dit que tuer un réveil en le jetant par la fenêtre, c'était cruel. Ou que tuer un réveil c'était cruel, tout court, mais elle n'avait pas vraiment fait attention.
Rose grommela quelque chose qu'elle seule comprit et entra dans la douche. De toute façon, Violette et Eloïse descendaient toujours sans Rose alors la menace ne devait pas avoir beaucoup d'effet. Margareth finit ce qu'elle était en train de faire et retourna dans le dortoir. Ensuite, elle prépara son sac de cours. Une fois prêt, elle s'assit sur le lit en attendant les deux autres. Violette entra quelques minutes plus tard.
- On y va ? fit-elle en fouillant dans le tiroir de sa table de nuit.
- On n'attend pas Eloïse ? demanda Margareth en fronçant les sourcils.
- Mais non, elle n'a pas besoin de nous. Puis le temps qu'elle finisse sa douche, on en a pour longtemps. T'aurais pas un chouchou ?
Margareth lui tendit celui qu'elle avait au poignet.
- Merci. Tu viens ? demanda la blonde.
Elle était debout devant la porte, en train de rassembler ses cheveux en une queue de cheval haute, son sac pendant à son coude. Margareth attrapa le sien et la suivit.
Arrivées dans la Grande Salle, elle s'assirent côte à côte et se servirent. Margareth était en train de manger un morceau de toast à la confiture, quand Eloïse arriva.
- Sympa ! s'exclama-t-elle
- Bin, quoi ? T'avais qu'à être prête ! répondit Violette, en mâchant son bacon.
- La prochaine fois tu m'attends Margareth ? demanda-t-elle en se laissant tomber en face d'elle.
- Si tu veux, sourit la concernée.
- Dis, quand il y aura Sunny, vous resterez avec nous ou dans votre coin ? questionna Violette.
- Je ne sais pas. Vous voudriez qu'on reste ensemble ?
- Bin, ouais ! Ce serait amusant ! sourit la blonde.
- Moi je veux bien. Il faut juste demander à Sunny, dit Margareth en répondant à son sourire.
- Ecoutez ! fit soudainement Eloïse.
Elles se turent. Et là, elles l'entendirent. Quelqu'un était en train de hurler quelque chose mais Margareth ne comprenait pas quoi. Jusqu'à ce qu'il entre dans la Grande Salle:
- MAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAGUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII T'EEEEEEEEEEEEES OOOOOOOOOOOÙÙÙÙ !
Il y eut un énorme blanc. Et Violette éclata de rire, attirant l'attention de toute la Grande Salle. Enfin, surtout d'Albus qui hurla un "je t'ai enfin trouvée !". Margareth eut l'envie soudaine de se cacher sous la table. Elle était en train de s'y glisser quand Orlando (qui était apparu on ne sait comment derrière elle) la tira pour qu'elle reste sur le banc.
- Non, s'il te plaît ! On se l'est coltiné tout ce matin alors, je t'en supplie, ne bouge surtout pas ! gémit Scorpius, en s'installant à côté d'Eloïse.
- Mais... commença Margareth.
- Maguiiii ! Je t'ai cherchée partout ! coupa Albus.
- Heu...Ah bon ? demanda-t-elle, les joues rouges.
- Oh que oui ! souffla Orlando, avec un air lasse.
- Heu... Pourquoi, en fait ?
- J'avais envie de te voir c'est tout !
- De me voir ?
Tous les regards étaient braqués sur elle. Margareth était quelqu'un de discret, alors elle n'avait pas l'habitude de toute cette attention portée sur sa petite personne. Et ça la mettait extrêmement mal à l'aise. Elle sentait ses joues devenir de plus en plus rouges.
- Ouais ! Alors, sinon, ça va ? fit Albus, tout sourire.
- Oui... Et toi ?
- Ouais. Au fait ton amie, Sunny, elle est toujours à l'infirmerie ?
Elle hocha la tête. Scorpius regardait par dessus son épaule, avec un léger sourire. Et derrière elle, il y avait Orlando. Qu'est-ce qu'ils mijotaient tous les deux ?
- Oui. Pomfresh veut la garder en observation, répondit-elle, en essayant de comprendre ce que voulait dire l'air qu'arborait Scorpius.
- Oh la pauvre ! s'exclama Albus.
- Comment ça, la pauvre ?
- Rien, il déteste l'infirmerie c'est tout, l'informa Orlando.
- Ah bon ? demanda-t-elle en regardant le brun.
- Ouais. J'y vais tellement que j'en suis devenu allergique, fit il avec sérieux.
- Et il pleurniche chaque fois qu'il doit y aller ! soupira Scorpius.
- C'est-à-dire souvent, souffla Orlando.
- Oh, c'est une maladie grave, compatit-elle avec un sourire amusé.
- Hey Al ! Ça va ? Qu'est-ce que vous faites tous là ? s'exclama une voix.
C'était Rose. Son cousin lui sourit et Scorpius lui expliqua qu'Albus avait décidé de ne pas lâcher Magui d'une semelle. Ladite Magui eut un peu peur à ce moment là. Au bout d'un moment, un garçon châtain arriva à la table des Gryffondors. Il avait l'air un peu énervé.
- Les gars, on a cours dans cinq minutes alors bougez.
- Merci Tobby, dit poliment Scorpius.
- Ouais, on arrive, lui fit Albus.
- Mmh... grogna Orlando.
Et le garçon repartit. Violette le regarda s'éloigner et s'indigna:
- Bin, il est poli, celui-là ! Wouhou ! Quand on est poli, la moindre des politesses c'est de dire bonjour !
- Il nous connaît pas, c'est normal, le défendit Margareth.
- Si, il nous connaît. C'est Tobby Nott, lui apprit Rose.
Tobby Nott. Margareth fouilla dans sa mémoire. Ah oui, le gars tout au fond de la classe en cours de Potions ! Elle n'avait jamais fait attention à lui de toute manière... Et elle ne l'avait jamais vu d'aussi près !
Elle repensa vaguement au fait que le trio de Serpentard ne se rappelait pas d'elle alors que ça faisait cinq ans qu'ils avaient cours de Potions ensemble. Oui, bon, elle leur pardonnait. Mais juste parce qu'elle, elle ne se souvenait plus de ce Tobby Nott.
Bref, ce n'était pas la question.
- Ah. Dans ce cas là, oui, c'est un malpoli, approuva-t-elle.
- Ouais, laissez tomber. Il est un peu renfermé, informa Albus. Bon, à tout à l'heure les filles !
Et il tira ses deux amis à l'extérieur de la Grande Salle. Margareth se tourna vers Eloïse, qui n'avait strictement rien dit. Elle avait un air étrange, qui l'inquiéta un peu. Ce n'était pas son genre de laisser passer une bonne dispute avec n'importe qui, encore plus lorsqu'il s'agissait d'un Serpentard.
- On devrait y aller nous aussi, dit Rose, en se levant.
Elles hochèrent la tête et partirent en direction de leur cours.
oooooo
Margareth dessinait sur son cahier. Elle était en cours d'Histoire de la magie, et s'ennuyait fermement. Elle repensa à son petit-déjeuner bruyant. Elle sourit en songeant à ce qu'avait dit Albus. Il avait envie de la voir... Okay. En plus, il l'appelait Magui. Personne ne l'avait surnommé Magui, jusqu'à maintenant. Finalement, il s'était souvenu de son prénom, songea-t-elle en dessinant un bonhomme qui sourit.
Il avait l'air plutôt hyperactif et elle devait avouer qu'elle le trouvait déjà attachant même si elle ne lui avait parlé que deux fois. En même temps il avait crié son prénom dans tout le château c'était plutôt mignon. D'ailleurs, ça aurait peut-être dû lui faire peur, plutôt que de l'attendrir...
Peut-être qu'elle allait vraiment finir par être ami avec lui et les deux autres Serpentards ? Sunny aurait dû faire voyante.
Elle repensa aussi à Scorpius. Dès qu'ils avaient parlé de Sunny, il avait regardé Orlando. Cela voulait-il dire quelque chose ? Elle n'en était pas sûre. Puis elle n'était pas Violette, elle n'allait pas fouiner un peu partout pour savoir.
Quelque chose d'autre l'intriguait. Eloïse était toujours la première à dire aux gens leur quatre vérités. Or, avec ce garçon toute à l'heure, elle n'avait rien dit. Et pourtant, il y avait de quoi. C'était étrange... Mais, elle n'était toujours pas Violette, alors elle ne demanderait rien.
Elle se retourna et poussa légèrement Yoshura (qui dormait complètement sur sa table) et quand celui-ci fut réveillé, elle lui demanda l'heure. Une fois qu'elle obtint une réponse audible, elle soupira. Il lui restait encore une heure et demie.
oooooo
Quand elle sortit enfin de la salle de classe, elle eut la surprise de voir que le trio l'attendait. Puis elle se rappela qu'elle avait cours de Potions avec les Serpentards. Albus l'attrapa par le bras et l'entraîna à sa suite. Elle devait avouer que la façon dont il la tenait la gênait un peu.
- Heu... Je peux savoir ce que tu fais ? demanda-t-elle après avoir tourné dans un couloir.
- Je t'accompagne, lui répondit naturellement Albus.
- Heu... Oui. Tu m'accompagnes. Tu sais que je ne suis pas en verre ? Je ne risque pas de me casser au moindre pas.
Elle n'aurait peut-être pas dû dire ça. Mais, elle réagissait plutôt bizarrement quand elle était stressée ou gênée. Il eut l'air un peu blessé.
- Oui, mais Al aime bien s'agripper aux gens comme une sangsue, dit Scorpius derrière elle.
- Ouais ! approuva le concerné avec un sourire fier de lui.
Il se remettait plutôt vite, en fait. Ils passèrent devant des élèves de septième année qui la regardaient curieusement. Elle sentit ses joues chauffer.
- Hé, Magui ? l'appela Albus.
Elle tourna la tête vers lui. Puis pensa à quelque chose de très important.
- Pourquoi tu m'appelles Magui ? le coupa-t-elle alors qu'il avait ouvert la bouche.
Bon, elle avait un degrès d'importance nettement différent des autres personnes. Albus referma la bouche et regarda Margareth, un peu déboussolé par la question.
- On est ami, non ? demanda-t-il.
- Oui, enfin, si tu le veux bien, moi je suis okay, répondit-elle en regardant le sol, les joues encore plus rouges (si c'était possible).
Elle avait quel âge ? Cinq ans ?
- Bien sûr ! Pourquoi je ne le voudrai pas ? T'as l'air sympa comme fille !
- Merci, dit-elle en lui souriant.
- De rien, il secoua la tête, je donne des surnoms à tous mes amis, en fait...
- Ah bon ? Je ne t'ai jamais entendu dire le surnom de Scorpius ou d'Orlando.
- C'est parce que s'il le fait je le castre, menaça Scorpius, juste derrière elle.
Elle les avait complètement oubliés ! Elle entendit Violette et Rose pouffer à quelques mètres. Elles aussi d'ailleurs, elle les avait oubliées.
Albus se retourna et tira la langue à son meilleur ami. Violette applaudit pour son geste "très mature". Il l'ignora et se pencha vers Margareth.
- Mais si tu veux, je peux te dire leurs surnoms. Mais, ce sera notre petit secret, chuchota-t-il.
- Tu ferais ça ? chuchota-t-elle aussi, entrant dans son jeu.
Il prit un air important.
- Oui ! Mais que si vous me promettez de garder ce secret pour vous toute seule, gente demoiselle !
- Ce serait une noble tâche que d'écouter vos inventions, mon cher.
- Bien, mais plus tard. Des espions en veulent à notre secret ! fit il en regardant autour de lui, avec un air digne de James Bond.
Elle éclata de rire. Ils échangèrent un sourire et Orlando leva les yeux au ciel en passant à côté d'elle. Ils parlèrent à messe basse tout le long du trajet, si bien qu'elle en oublia (encore) les autres. Ils arrivèrent bientôt devant la salle de classe, où les élèves attendaient le professeur Malefoy. Et Albus ne la lâcha que quand ils furent à l'intérieur.
oooooo
Elle sortait juste de Métamorphose. Mrs Weasley leur avait donné tellement de devoirs qu'elle en avait la tête qui tournait. Elle regarda ses amies. Violette avait passé son bras sous celui de Rose (et elle parlait de garçons, d'après ce qu'elle percevait). Eloïse, elle, était devenue étrangement silencieuse depuis le petit-déjeuner. Margareth la regarda marcher avec un air sinistre (on aurait dit qu'elle allait à un enterrement). Elle se posait vraiment des questions quand même.
Elles se dirigeaient vers la Grande Salle, pour le repas de midi, quand Margareth sentit quelqu'un lui tapoter l'épaule. Elle se retourna et tomba nez à nez avec l'écusson de Serpentard. La fille qui le portait était tout simplement magnifique. Grande, les cheveux un peu plus courts que les siens et blond clair, des yeux gris, perçants, un visage de poupée et un corps parfait. Elle se sentit toute petite à côté d'elle et surtout très complexée. Virginia Anamore. La reine de Poudlard, en somme. Margareth eut beaucoup de mal à déglutir. Généralement, quand elle venait parler à des gens insignifiants, ce n'était pas bon pour la personne concernée. Virginia la scruta du regard pendant un petit moment et dit :
- C'est toi, Magui ?
"Magui" la regarda bizarrement. Comment elle connaissait le surnom que lui donnait Albus ?
- Heu... oui... on peut dire ça, répondit-elle, hésitante.
- C'est toi, oui ou non ?
- C'est moi, affirma-t-elle.
- Tu sors avec Albus Potter ?
Il y eu un bug chez Margareth pile à ce moment là. Sortir avec Albus ? Ils venaient à peine d'être amis ! Fallait pas exagérer non plus ! Elle revint sur terre et s'écria :
- Quoi ? ! Non, pas du tout ! On est juste ami !
- Ouais, bah, dis à ton "ami" de ne plus jamais gueuler à six heures du mat'. Ce serait sympa, dit une brune à côté de Virginia.
Alors, si Margareth se trouvait petite à côté de Virginia Anamore, qu'est-ce que devait penser cette fille ! Elle était vraiment minuscule. Elle était sûre que même Sunny et son mètre cinquante-cinq arrivaient à la battre ! Elle se demanda vaguement, combien cette fille mesurait mais, en sachant à qui elle avait à faire, elle ne préféra pas s'aventurer sur ce terrain. Petite, une épaisse chevelure brune qui descendait jusqu'au bas du dos, une peau laiteuse, de grands yeux noirs, des tâches de rousseurs autour du nez, ... C'était certain, en face d'elle, elle avait Yana Flint : attrapeuse de Serpentard et pire ennemie de James Potter depuis deux ans. Ne lui demandez pas pourquoi, elle n'en savait strictement rien. Comme tout le monde, en fait. Les seuls à savoir étaient les deux concernés.
Derrière Yana, il y avait une jeune fille métisse aux cheveux crépus et bruns retenus par un foulard (vert et argent) serré autour de sa tête. Elle était de taille normale (à peu près celle de Margareth, un mètre soixante tout au plus) et elle était ni grosse, ni rachitique. Elle avait des yeux vert clair, presque gris, avec un air malicieux et la façon dont elle fixait Margareth, la mit mal à l'aise. Elle arborait un magnifique sourire, elle souriait tout le temps d'après ce qu'elle avait vu. C'était Judith Zabini. La grande soeur d'Orlando et Judicaël.
À côté de la métisse, il y avait une autre brune, grande, pas très belle et toute maigre : Myrtille Goyle. Elle lui faisait penser à une asperge. Elle avait une coupe au carré et ses cheveux lui descendaient jusqu'à la mâchoire. Une mâchoire plutôt carrée et un peu masculine pour une fille. Elle avait de petits yeux marron kaki, qu'elle plissait en l'examinant. Au moment même, elle avait un air pincé. Margareth se demanda si elle savait qu'elle avait l'air d'être constipée avec cette tête. Mais, elle s'abstint de tout commentaire.
Génial ! Elle avait toutes les septièmes année de Serpentard devant elle. Le problème était qu'elles étaient les filles les plus populaires du moment (moment qui durait depuis quatre ans, déjà). Elle paniqua légèrement en se rendant compte que ça faisait bien deux minutes qu'elles la dévisageaient. Elle pensa à ce que venait de dire Yana. Et ça fit tilt dans sa tête. Albus avait hurler son surnom dans tout Poudlard. Bien sûr, des gens avaient dû l'entendre (et même que certains devaient être sourds depuis ce matin).
Elle sentit soudainement un bras se poser sur son épaule et quand elle se retourna, se fut pour voir Orlando. Et c'est à ce moment là qu'elle s'aperçut aussi que les filles ne l'avaient pas attendue.
- Un problème avec Magui ? demanda-t-il avec un grand sourire (semblable à celui de sa soeur).
- Je lui demandais si elle sortait avec Albus, dit Virginia tranquillement.
- Ah ? Et elle a répondu quoi ? demanda James Potter, en apparaissant subitement à côté de Margareth.
Margareth ouvrit de grands yeux. Bon sang, James Potter ?! Elle le croisait souvent dans la salle commune (en même temps c'était un Gryffondor) mais elle ne l'avait jamais vu d'aussi près ! Mais qu'est-ce qu'il se passait, pourquoi les plus populaires de Poudlard avaient-ils tous décidé de se rassembler autour d'elle comme s'il s'agissait d'une bête curieuse ?
Le Gryffondor, ignorant totalement ses pensées, la regardait avec un air très amusé et moqueur, qui ne lui disait rien de bon. Ça, avec ses cheveux dans tous les sens, il lui faisait penser à un chiot qui voulait jouer.
- Elle a dit non, Potter. Alors maintenant tu t'en vas. On parle à la jeune fille en face, dit Yana Flint en lui jetant un regard noir.
- Non, Flint. Tu arrêtes d'embêter les petites de cinquième année. Remarque, elle est pas si petite, elle est deux fois plus grande que toi ! il lui sourit moqueusement en la voyant rougir de colère.
Il se tourna vers Margareth, toujours aussi choquée.
- C'est dommage que t'aies dit non ! Ça aurait été drôle !
Elle ne voyait pas en quoi, mais bon.
- Bon, petite Flint, je te laisse. J'ai sauvé la princesse du méchant petit dragon !
- Tu trouves que je ressemble à un petit dragon, James ? demanda Virginia en plissant les yeux.
- Non, t'es loin d'être petite, dit malicieusement Judith.
La blonde lui jeta un regard, qui voulait clairement dire "T'as dit quoi, toi ?". Judith, loin de se démonter, se mit à rire.
- Bon, à plus ! On se revoit en Potions la naine ! s'exclama James.
Il fit un clin d'oeil à Yana et commença à partir quand :
- C'EST MOI, QUE TU TRAITES DE NAINE, POTTER ?!
Et une furie brune passa sous les yeux grands ouverts de Margareth. Virginia soupira visiblement blasée, Judith rigolait et Myrtille souriait. Orlando fit un signe de main aux trois filles. Puis, il l'entraîna ensuite dans la Grande Salle où il la poussa vers la table des Gryffondors. Elle lui sourit et se dirigea vers sa table.
oooooo
Elle était dans le hall avec Eloïse, Violette et Rose étant en études de Moldus. Eloïse et Margareth se dirigeaient donc vers leur prochain cours. Elles s'apprêtaient à monter les marches, quand quelqu'un interpella Margareth:
- Hey, Magui.
Ou plutôt Magui.
Elle se retourna, tombant sur le joli minois d'Amandine Starlet, une Gryffondore de septième année. Elle faisait concurrence à Violette pour les potins. Une vraie fouine ! En plus, elle en pinçait ouvertement pour James Potter. Lui, il s'en fichait royalement, mais elle ne semblait pas s'en rendre compte. Elle était un peu idiote, quand même. Et ça ne remontait pas la réputation des blondes.
- Oui ? répondit Margareth en essayant de sourire.
- Je vais t'arranger un coup !
Pardon ?! Et vu que c'était le seul mot qui lui venait à l'esprit, elle s'exclama :
- Pardon ?!
- Avec Albus ! continua la blonde, sans faire attention à Margareth.
Mais c'était une obsession, ou quoi ? Qu'est-ce qu'ils avaient tous à vouloir la mettre en couple avec Albus ?
- Je peux te dire, que c'est sur la bonne voie ! Vous êtes plutôt proche alors que vous vous connaissez à peine, donc ce devrait être facile ! bavarda la jeune fille. Puis vous formerez un si beau couple ! s'extasia-t-elle.
Margareth remarqua avec horreur que le blabla continu d'Amandine avait attiré du monde. Beaucoup de monde. Elle se sentit rougir. Une solution. Il lui fallait une solution et tout de suite ! Les gens autour d'elle commençaient à chuchoter entre eux. C'était très mauvais pour Margareth, ça. Elle croisa le regard moqueur de James Potter. Il ressemblait à son cousin avec cette tête. Surtout, quand il s'amusait à lancer Malefoy, son chat (oui son chat s'appelle comme son professeur, ce n'était pas de sa faute s'il avait le même je m'en foutisme total que lui), par la fenêtre, "juste pour voir s'il retombe sur ses pattes" lui assurait-il. Elle songea ensuite à sa petite cousine de quatre ans, qui lui manquait énormément. Elle et ses jolis rires quand elle montait sur le dos de son terre-neuve. De son terre-neuve... Et ça refit tilt. Elle avait une idée, foireuse certes, mais une idée quand même.
- J'aime Adam, lâcha-t-elle, coupant par la même occasion le discours d'Amandine.
- Quoi ? C'est qui, Adam ? fit celle-ci, avec un air choqué.
- Quelqu'un. Je dois y aller, on va être en retard pour notre cours. Au revoir.
Et elle s'enfuit. Eloïse la rejoignit au bout d'un moment. Elle était hilare.
- Alors, Magui, t'es zoophile ?
Margareth soupira.
- Bon, okay, c'était bidon. Mais c'était la seule façon pour qu'elle me lâche ! se défendit-elle.
- C'est sûr que là, elle va te lâcher ! rigola encore plus Eloïse. Tu viens de lui dire que t'aimais un mec ! Elle va chercher à savoir qui !
- Oh... je suis pas dans la mouise ! gémit-elle.
Eloïse se contenta de rire un peu plus d'elle.
- Mais j'avoue, fit la brune au bout d'un moment, que ce n'était pas une idée si nulle que ça ! Enfin, même si faire croire que tu es tombée amoureuse de ton chien,c'est pas très... voilà.
Margareth soupira. Comme si elle ne le savait pas ! Mais c'était soit ça, soit la rumeur qu'elle aimait Albus se serait répandue. Et elle ne voulait pas que tout ça gâche leur amitié naissante.
- Mais, si elle l'apprend, alors là, je te plains. Elle ne va pas te lâcher jusqu'à ce que tu craques.
Margareth soupira. Vraiment, elle était dans une sacrée mouise.
ooooooo
Elle avait maintenant fini les cours. Elle était assise sur un des fauteuils moelleux de la salle commune, un livre ouvert sur ses genoux. Pour faire genre, car elle n'avait pas pu en lire une seule ligne. Elle regarda Violette et Judicaël, assis sur un canapé, qui étaient en train de rire à propos d'une rumeur quelconque. Eloïse, elle, révisait le cours de Métamorphose à une table avec Yoshura et Chris. Margareth avait déjà fini ses devoirs, vu que Rose avait entraînement de Quidditch et les avaient obligées, elle et Violette, à les faire avec elle.
Quand cette dernière avait appris ce qu'elle avait fait, elle était partie dans un fou-rire incontrôlable. Vite imitée par Rose. Margareth en fut un peu vexée. Puis, les filles, pour s'excuser, lui avaient dit que c'était une idée plutôt pas mal, même si "dangereuse" si découverte. Et Rose, avait souligné que "tout s'apprenait un jour ou l'autre", lui réduisant le moral à zéro. Surtout qu'Amandine la suivait partout en la couvrant de questions. Elle avait passé la soirée à l'éviter.
Résultats, elle était toute seule et elle s'ennuyait. Il lui restait un peu de temps avant le couvre-feu. Elle pensa à Sunny. Elle pouvait aller la voir, vu qu'ils avaient encore le droit de se promener dans le château. Puis, elle en avait marre de rester là, sans rien faire. Sa décision prise, elle se leva, et partit vers l'infirmerie.
Elle était presque arrivée, quand quelqu'un l'attrapa et mit une main sur sa bouche, l'entraînant dans un endroit obscure. Elle se débattit jusqu'à ce qu'elle comprenne que c'était Albus.
- Albus ?! s'écria-t-elle.
- Oui, c'est moi, répondit le concerné.
Elle eut la soudaine envie de le frapper pour lui avoir fait peur. Mais, elle se retint. À la place, elle lui demanda:
- Qu'est-ce que tu fiches là ?
Bon, c'était un peu hargneux comme ton. Mais, il lui avait fait peur, quand même.
- Je t'attendais, répondit-il avec un petit sourire.
- Oh, tu m'attendais ? fit-elle.
- Je savais que t'allais venir voir Sunny à l'infirmerie.
- Et tu trouves qu'enlever des gens, comme ça, dans les couloirs, c'est cool ? s'écria-t-elle la colère montant subitement.
- C'est une manière comme une autre d'attirer l'attention de la personne que t'attends, répondit-il avec un air détendu.
- T'es un grand malade ! s'exclama-t-elle, dépitée.
Il hocha la tête en souriant et lui demanda :
- Tu te rappelles que je t'avais promis de te dire les surnoms de Scorpius et Orlando ?
- Oui, elle réfléchit, tu as attendu que j'aille à l'infirmerie pour me le dire ? Tu as failli me tuer pour ça ?! Je suis cardiaque, crotte à la fin !
- Ouais, on ne s'est pas revu depuis le cours de Potions. J'ai pas pu te le dire avant.
Il en parlait comme s'il s'agissait de la météo. Puis, il sembla se rendre compte de quelque chose :
- Attends, tu es vraiment cardiaque ?
- Non. Mais, j'aurai pu et alors là, tu serais en train de parler à une morte.
Il y eut un silence, où Albus eut un sourire amusé.
- Puis tuer quelqu'un pour des surnoms... Vraiment, tu aurais pas pu attendre demain pour me les dire ! rétorqua-t-elle.
- Non, c'était urgent ! s'exclama-t-il
- Oui, aussi urgent que si une mouche volait, fit-elle en levant les yeux au ciel. Franchement, Albus !
- Al, coupa-t-il
- Quoi ?
- Tout le monde m'appelle Al. Pourquoi tu m'appelles Albus ? C'est moche Albus. Al c'est cool.
Et il fit mine de bouder. Elle le regarda pendant quelques secondes, avec des yeux ronds, puis :
- T'es sérieux là ?
- Ouais.
Et il continua de bouder. Elle soupira se demandant avec quel gamin elle était tombée.
- Bon, ok, Al. t'es content là ?
- Très.
Et le pire c'est qu'il avait l'air de l'être. Elle soupira, encore.
- Bon, dis moi les surnoms, que j'aille voir Sunny.
- Ok. Alors celui de Scorpius c'est Scor' ou Piou...
- Piou ? l'arrêta-t-elle.
- Ouais, c'est parce que sa mère l'appelle mon poussin.
Elle éclata de rire, malgré elle. Non, franchement, elle aurait bien voulu voir la tête de "Piou" si elle l'appelait comme ça. Elle fit part de son idée à Albus.
- Non, je pense pas que ce soit une très bonne idée...
- Pourquoi ? Ce serait marrant ! s'exclama-t-elle.
- Ouais, pour toi. Scor' va savoir tout de suite que c'est moi, et là, je vais me faire tuer.
- Mais non ! Je te couvrirai promis !
Il la regarda. Elle avait un air espiègle peint sur la figure. Il lui sourit. Elle répondit à son sourire. Il la trouva jolie à cet instant, ses lèvres rosées étirées dans un sourire taquin, ses yeux de biche ancrés au sien. Il ne comprit pas vraiment ce qu'il se passait à l'instant précis.
La sonnerie du couvre-feu retentit, les sortants de leur bulle.
- Ra ! J'ai même pas pu voir Sunny ! rouspéta Magui.
- Elle sort bien demain ? demanda Albus, incapable de détacher ses yeux d'elle.
- Oui, affirma-t-elle.
- Tu la verras demain, alors, il lui sourit.
Elle hocha la tête, en lui rendant son sourire.
- Bon, à demain, Al.
- À demain, Magui, fit-il doucement, comme un murmure.
Margareth s'éloigna. Elle monta les marches, croisant plusieurs élèves qui remontaient, eux aussi, dans leur salle commune. Elle soupira, elle n'avait pas pu voir Sunny. Elle espérait qu'elle ne lui en voudrait pas... Elle donna le mot de passe, puis s'engouffra dans le passage. Elle venait juste de poser l'extrémité de son petit orteil dans la salle commune quand Amandine surgit et commença à lui poser des questions. Margareth renonça à sa dignité et s'enfuit lâchement dans son dortoir.
Salut!
Donc déjà, merci d'avoir lu jusqu'au bout (ce chapitre et le premier) et désolée pour les fautes, j'ai fait tout ce que j'ai pu mais certaines ont du rester là (c'est qu'elles sont bien ici). Bon, je ne sais pas trop quoi dire sur ce chapitre à part que j'ai galérer pour qu'il soit long. Sinon, le troisième est en cours d'écriture et il ne devrait pas tarder. Alors n'hésitez pas à laisser des reviews ! ;)
Voilà, à bientôt (j'espère),
Leaule.
