Nous rirons du monde toi et moi
~ Ordre Second ° Sheryel Reyne, impératrice de Ghaûr-Arthen ou comment pervertir un innocent seigneur ~
Le grimoire se fracassa sur le crâne du garçon somnolant.
-Combien de temps comptes-tu rester sur cette leçon ? S'énerva son précepteur.
L'enfant ne répondit pas et montra ses dents mais l'adulte n'y fit pas plus attention, habitué aux manies de son protégé.
-Parce qu'il n'y a pas que toi dans cette affaire, sale mioche !
-C'est que j'aime te voir en colère, mon amour, répliqua le petit d'une voix se voulant sensuelle.
-… J-Je ! Ne dis pas n'importe quoi ! Je me dévoue corps et âme à mon maître !
-Comment oses-tu copuler avec un autre que moi ! Traître ! Mon cœur se brise pour ne plus guérir ! Pour laver cet odieux affront à ma personne et redorer mon honneur bafoué, je n'ai de choix que d'éradiquer celui qui a osé me dérober ton cœur ! Melte, sois sûr que se ne seras pas un ménage à 3 !
Et se qui devait arriver, arriva. Ezerios après avoir atteint le summum de la couleur rouge tomate, tomba lamentablement dans les pommes. Harry soupira mais un demi-sourire apparut sur son visage neutre. Son tuteur était peut être un excellent guerrier, enseignant, ambassadeur et plus vierge depuis longtemps, il tombait toujours quand on faisait une allusion sexuelle devant lui. L'enfant, que dis-je, le manipulateur enjamba le corps et sortit de la salle de torture, dixit celui-ci pour rejoindre sa Tanière. Il ne l'aimait pas vraiment mais c'était le seul endroit où il pouvait être tranquille quelques heures. La chambre était spacieuse mais soft, les murs peints en bleu nuit et la moquette grise foncée. Aucune décoration à part les meubles. Un lit double à baldaquin en fer forgé, aux draps noirs qu'il n'avait jamais défaits, une armoire titanesque à moitié vide, un grand canapé d'angle noir en face d'une cheminée éteinte et une salle adjacente servant de salle de bain. Une magnifique baie vitrée coulissante finissait au fond de la Tanière. Harry se dirigea vers un amoncellement de draps rêche qui jurait avec l'ameublement luxurieux, lui servant de couche. Il n'était pas encore totalement prêt à renoncer à ses habitudes qu'il avait prises tout au long de ses années. Le brun s'y endormit, heureux d'avoir (encore) échapper à ses barbants cours de bonnes manières.
(…)
Melte n'était pas quelqu'un de compréhensible pour les autres. Il possédait une logique très altérée de la norme mais il en usait terriblement bien pour satisfaire ses désirs. A l'avis de ses sujets, il était une personne gentille, lunatique et toujours à côté de la plaque mais terriblement attachante malgré son foutu caractère. Le seigneur donnait (refilait) à ses conseillers (remplaçants) le gouvernement de ses fiefs, de l'écoute des doléances et la justice, leur abandonnant quasiment tout les pouvoirs. Il était toujours à prendre avec des pinces pour ne pas le mettre de mauvaise humeur mais il savait très bien se montrer tel le dirigeant qu'il était. C'est pour cela qu'aujourd'hui encore, ses serviteurs ne s'étonnaient guère de ses passages aléatoires dans les couloirs. Melte se dirigeait vers la classe du « petit monstre » comme il aimait l'appeler mais il n'y vit que son (inutile ?) loyal Ezerios évanouit sur le sol. Ne s'en préoccupant pas –il en avait l'habitude- il regarda la page du grimoire qu'ils étudiaient en ce moment.
-Page 13, Les différentes manières de s'adresser à un Seigneur – partie dernière !? Lut-il.
Mais c'était quoi cette blague ? La page 13 ? Divine Yuhbu, cela faisait plus de 2 mois qu'il avait ordonné à Ezerios d'être son tuteur ! Il jeta le lourd grimoire de 3426 pages sur la tête de l'incapable et se rua –avec élégance- vers la chambre d'Harry. Sa colère ne retomba pas quand il entra sans frapper, ni quand il le vit dormir profondément, ni quand il le réveilla avec un seau d'eau glacial dans la figure, ni quand il hurla au meurtre, ni quand il lui lança un regard noir.
-Harry ! Peux-tu me dire pourquoi tu n'avances pas dans tes études ?
Il lui sourit narquoisement avant de lui répondre.
-Tu ne te soucis même pas de ton suivant ?
Melte haussa les épaules.
-Je connais sa faiblesse, tu as du lui balancer dans la gueule, mais je m'en fous pour l'instant, je veux savoir pourquoi vous n'avancez pas ?!
-Oooh, que de vulgarité de la part d'un si grand chef !
-Eh bien … Même les plus grands ont des moments comme ça !
-Tu penses que t'es dans cette catégorie ? Fit-il, sceptiquement.
-Bien sûr, je suis le meilleur.
-Tu m'en diras temps !
-Je suis en train de te le dire !
-Oui oui !
-Tu me gonfle ! Siffla l'adulte.
-Mais non, tu te gonfles déjà toi-même avec ton égo !
-Tais-toi, j'ai de bonnes raison de flatter quelque chose qu-
-Que tu n'as pas ! Coupa la plus jeune
-Bien sûr que si !
-Non !
-Si !
-Non !
-Si !
-Non !
-Aaaaargh !
-Oh, un nouveau vocabulaire. Etonnant, venant de toi.
-Hum hum ! Fit une autre voix.
-QUOI ! Hurlèrent les deux autres, tout en se regardant en chien de faïence.
Le nouveau venu trembla légèrement mais continua courageusement.
-Lady Sheryel est arrivée.
Melte redevint sérieux à l'entente du nom, les choses allaient enfin commencer à bouger ! Mais il fallait que tous soient présent … Seulement, 2 des 7 invités ont accepté de venir, une partie faisant la sourde oreille sans avoir une compensation et l'autre ne voulait rien avoir à faire avec les sorciers. Que faire ? S'il les obligeait à venir, il perdrait ses faveurs or c'était impensable pour l'instant mais s'ils ne venaient pas, il perdrait un appui capitale pour la suite. Il continua de réfléchir à toute vitesse tout en se dirigeant vers la salle de réception, là où devait attendre les invités de marque mais il fut interrompu par la voix d'Harry qu'il avait quelque peu oublié.
-Melte … qui est Sheryel ?
Le plus âgé s'arrêta et se mit à hauteur du garçon de 6 ans, pour pouvoir le regarder droit dans les yeux, de sorte qu'il voit qu'il était sérieux et que le moment de s'amuser était terminé.
-Ecoute-moi bien, petit monstre, Sheryel est une femme très susceptible et il n'est jamais bon de la contrarier. C'est une personne dont j'ai énormément besoin et qui n'hésitera pas à le faire savoir, ni même à t'utiliser contre moi. Je veux que tu te comportes de manière polie mais en faisant en sorte de lui montrer que tu ne peux pas être utilisé, juste comme te l'a apprit Ezerios, d'accord ?
Harry ne répondit pas tout de suite mais il remarqua cependant la tension qui habitait son hôte, et ses yeux brillant d'appréhension. Il soupira mais hocha simplement la tête pour montrer qu'il avait comprit.
-Bien. Si elle te parle, fais-lui sentir que tu te sens autant important qu'elle, ne te laisse pas marcher sur les pieds. Quoique je te fasse confiance pour cela ! Si Sheryel déteste quelque chose par-dessus tout, c'est bien les faibles.
Le maître lui tapota gentiment les épaules puis continua sa route sans plus faire attention au plus petit. Il espérait que la présence du garçon n'allait pas entacher les négociations qui s'avéreraient plus que corsées. Bien qu'il soit sûr que sa se terminerait soit dans un bain de sang, soit dans son lit. La dernière fois que Sheryel avait mis ne serait-ce qu'un ongle dans sa demeure, il avait finit attaché, bâillonné et terrorisé par cette femme. Il retint un frisson quand il repensa à la promesse qu'il avait du lui faire pour qu'elle parte pour 3 petits mois loin de lui. Oh, quelles merveilleuses journées cela avait été ! Devant la porte il hésita à ouvrir, à faire demi-tour et à fuir en douce en transplanant très loin d'ici mais se ravisa en sentant Harry le scruter derrière lui. Il ne pouvait décemment pas paraître lâche devant un gamin, non, particulièrement CE gamin. Melte poussa un soupir de désespoir et consentit enfin à ouvrir la grande porte. Son regard tomba directement sur une grande silhouette d'au moins 1m77 aux courts cheveux de feu qui encadraient des yeux framboise sombre. Un diadème argent encerclait délicatement son front, frôlant ses longues oreilles effilées. La créature portait une tenue indécente qui consistait à une simple mais précieuse robe noire courte, dénudant ses longues jambes qui se terminaient avec des belles bottines noires, elles aussi. Elle déroula sa haute stature de la chaise pour s'approcher d'une démarche féline et sensuelle vers Melte qui la regardait froidement.
~ Maître Melte ~chantonna Sheryel.
-Lady Sheryel, salua le brun.
~Allons, mon cher, appelez-moi Shery. Comme vous le faisiez si souvent. ~
-Lady Sheryel, s'interposa Harry. C'est un honneur de vous rencontrez, le seigneur Melte n'a fait que me décrire votre beauté.
La femme quitta son air d'extase pour jauger le gamin qui avait osé intervenir dans sa conversation. Elle le regarda comme si ce n'était qu'un insecte sous ses talons et n'y fit plus vraiment attention, ne le rendant pas digne d'elle.
~Melte ! Et si nous reprenions là où nous en étions la dernière fois ? ~
-Je vous prie de me pardonner Lady, mais même si l'idée est alléchante, ce n'est pas la raison de votre présence en mon domaine.
Bien qu'il ait fait attention à ne rien laisser paraître, il trouvait que son ton en disais trop sur ce qu'il en pensait. Il vit que Sheryel l'avait elle aussi remarqué. Merde. Tant pis pour les conventions, c'était trop important pour qu'il y fasse attention pour le moment. Elle sourit narquoisement.
-Vraiment ?
Melte sut à cet instant que l'échange commençait très mal, elle s'était lassée et ne lui laisserait plus aucune chance. Elle le mettrait au pied du mur, quitte à tout détruire sur son passage.
-Très bien. Je t'accorde quelques instants, fais vite. Mais ! Si je trouve que tu ne t'en es pas bien tiré, je veux une compensation. Comme tu le dis si souvent, n'est-ce pas ? Un rendu pour un rendu.
Elle ricana. Elle obtiendrait ce qu'elle désirait depuis qu'elle avait mis les yeux sur l'homme non humain. Des années qu'elle attendait ! C'était un euphémisme de dire qu'elle avait bondit de joie quand la lettre lui était parvenue, ce jour-là, elle avait su qu'elle aurait ce qu'elle désirait, quitte à utiliser la règle de Melte. Sheryel savait trop bien ce qu'il lui voulait mais c'était beaucoup plus drôle de jouer avec lui, et cela l'autre l'avait bien comprit. Elle était le chasseur et lui sa proie.
-… Cela va de soi. Allons nous assoir, la discussion risque d'être longue.
Harry et Melte crûrent entendre un « elle risque surtout de finir dans ta chambre » auquel ils ne firent pas attention. Ils avaient devant eux le spécimen le plus pervers et nymphomane d'Angleterre. Il hallucina lorsqu'elle posa ses pieds sur la table et que l'homme ne lui jeta pas des remontrances dans la figure alors que lui lorsqu'il faisait une toute petite chose de travers, il lui hurlait dessus pendant des heures. Bon, d'accord, faire s'évanouir de peur les servantes méritait peut être une punition mais il n'avait carrément plus d'oreille quand la session de cris se terminait ! Quelle injustice ! Il se promit de faire de la vie de Melte un enfer comparé au paradis de ces derniers mois s'il n'avait pas une excellente raison. En attendant il bouderait tout en écoutant pour glaner des détails croustillant que lui servirait plus tard.
-Le moment est venu d-, commença le seigneur avant de se faire vulgairement couper.
-S'envoyer en l'air !
-De préparer la venue de-
-Des orgies !
-Des autres clans, réessaya Melte.
-Si j'avais su avant que tu étais adepte des parties à plusieurs … rêva la nymphomane.
-Par Yuhbu ! Soupira l'homme.
-Héhéhé, on y va maintenant ? Pleurnicha la femme.
-Ecoutes-moi. Je ne supporterai pas de me faire couper une fois de plus, est-ce clair, Sheryel ?
Il n'avait pas voulu en arriver là mais là il était à sa limite. Tant pis s'il devait l'y obliger, elle devait être d'accord et l'aider, peu importe ce qu'il devrait lui céder.
-Le Pouvoir, hein ? T'aurais-je énervé, mon cher ? Ria la rousse.
Elle se leva, contourna la table, s'assit à califourchon sur Melte et se pencha vers son oreille.
-Je sais ce que tu veux, Melte. Je ne vois pas de raison de refuser.
Il allait répondre quand elle lui mordit violemment l'oreille jusqu'au sang. Son visage était mortellement sérieux et on pouvait y lire un grand sadisme, qui s'accentua avec un sourire à faire froid dans le dos. Elle poursuivit sensuellement.
-Je sais ce que tu veux, tu sais ce que je veux, faisons un marché.
-Lequel ?
-Tu accèdes à mon souhait que tu me refusais depuis tant de temps et je t'aide à rassembler les clans, prêt à combattre dans 2 mois jour pour jour, ici même.
-Ton souhait ?
-Ne joues pas à l'imbécile, Melte. Tu sais très bien que ça nous servira à tous les deux, quoique tu en dises. Et Ezerios ne peut pas t'y aider, non ? Je suis la plus puissante, je suis comme toi et surtout je peux contenir beaucoup de puissance. Je suis parfaite.
Le garçon brun trouvait de plus en plus de ressemblance entre ses deux concentrés de sadisme, de manipulation et de narcicissme. Mais il ne comprenait pas ce que la femme voulait, ni ce qu'était ces clans. Bien que son cerveau marche à toute allure, il savait que si on ne lui expliquait pas toute l'histoire, il ne pourrait jamais entièrement comprendre.
-Et si je refuse ?
-Tu ne refuseras pas.
-Tu en es sûre ?
-Certaine.
-Pourquoi ?
-Parce que …
-Quoi ?
-Tu ne peux pas refuser.
-Oh ? Voyez-vous ça !
-Oui, susurra-t-elle. Je t'ai eu, complètement.
Harry toute à sa réflexion, ne vit pas la pelle monumentale qu'elle roula à Melte.
-J'accepte. Parvint-il à répondre après le baiser.
Elle se retira des jambes du maître, lissa sa robe et lui donna son plus beau sourire. Le brun savait que c'était le désir le plus cher de Sheryel qu'il lui avait accordé, il ne put donc retenir un petit rictus d'apparaître.
-Bien ! Je n'aurais pu être plus heureuse !
-Je sais.
Son sourire se fana quelque peu.
-Ne reviens pas sur ta décision.
-Je jure sur ma magie que je ne reviendrais pas sur ma décision et d'offrir ce que j'ai promis de t'offrir.
Un mince ruban violet sombre se matérialisa autour de lui pour lui transpercer le cœur. Une fois le serment accomplit, Sheryel sautilla de joie. Elle avait eut ce qu'elle voulait ! Maintenant, qu'importe ce qui allait ce passé, elle s'en foutait royalement ! Oh que c'était extra ! Elle avait atteint le sommet de la béatitude que la porte s'ouvrit à la volée. Elle se retourna et grimaça.
-Oh, c'est toi.
-Que fais-tu là, Reyne ?
-As-tu oublié ? Je suis Sheryel Reyne, l'impératrice du royaume Ghaûr-Arthen ! Et de ce fait, un membre important de chef de clan ! J'ai tous les droits de venir ici !
-Espèce de sal-
-Suffit ! Siffla Melte. Shery, ne le provoque pas, je ne veux pas de nouveau un bain de sang. Toi Ezerios, n'insulte pas mes invités.
-Bien, Seigneur.
Il s'inclina. Elle ria puis attrapa le bras du brun pour l'entraîner vers la porte.
-Aller, Mel' ! On a des choses à finir, tous les deux !
Ils sortirent en coup de vent sans refermer derrière eux, Harry et Ezerios purent entendre à loisir les gloussements de la rousse tandis qu'ils s'éloignaient de plus en plus. Le dernier serra les poings de colère. Qu'il pouvait la détester ! Cette chose aux longues oreilles vulgaire et nymphomane !
-Tu commences à grogner, Ezerios, lui fit remarquer innocemment le plus jeune.
-Je vais t'étriper. Pour ce matin et pour toutes les autres fois !
-Ow j'ai peur ! Sauvez-moi !
Harry se moqua de lui et partit en courant et en hurlant à tout va que le serviteur du maître avait péter une durite et qu'il allait le tuer. Mais après plusieurs heures de course poursuite, il décida d'aller dormir dehors, histoire que la longue perche le cherche toute la nuit. Dans une autre aile du palais, derrière une immense porte, des cris féroces se faisaient entendre dans tous le couloir.
