Il n'y avait plus personne dans sa chambre. Il le savait. Il savait que Derek allait partir. Il le savait. Personne ne pouvait rester avec lui. Personne ne voudrait de lui.

Qui voudrait de lui?

Stiles avait rassemblé tous ses efforts pour se redresser seul, sifflant suite à la douleur dans son bras et pousse un énorme soupire de soulagement une fois son dos reposé contre les coussins.

Il n'était toujours pas mort.

Et il fut presque en colère face à cette constatation.

L'adolescent entendit la porte s'ouvrir, et dans un coin de sa tête, espérait de tout son coeur que c'était l'officier qui était revenu. Mais il fut presque déçu de constater que ce n'était que son père.

Pourquoi s'attachait-il à un inconnu et en plus de ça, celui qui lui avait provoqué son accident?

Peut être parce que son esprit lui disait que ce gars-là allait pouvoir l'aider. Que la partie folle de son cortex lui disait de se jeter sur ce type qui allait le sauver, comme s'il était Iron Man et lui Peper.

Il avait toujours détesté ce film soit-dit en passant.

" - Mon garçon, tu vas bien? "

Il regretta immédiatement d'avoir été la cause de l'inquiétude qu'il lisait dans le regard de son paternel. Voilà la raison qui l'avait poussé à ne plus lui parler et malgré tout, il parvenait encore à lui poser des problèmes.

Il était vraiment maudit.

" - Stiles? "

Il avale sa salive et fit son maximum pour garder son expression impassible, ignorant son père comme il le pouvait.

Il voulait qu'on le déteste bon Dieu, ce n'est pas si compliqué que ça!

Il ne les méritait pas. Ils étaient trop bien pour lui. Ils ne pouvaient pas perdre leur temps à s'occuper de lui.

" - Est ce que Derek est encore ici? " finit-il par demander sans un regard alors que son père ne demandait que ça.

" - Oui. Il est dehors. Tu veux que je te l'appelle? "

Il hocha la tête comme simple réponse, suivant son père des yeux. Il lui manquait tellement. Il voulait tellement retrouver cette complicité qu'ils avaient, qu'il l'engueule pour ses repas pas sains du tout, qu'ils se refassent les soirées films chaque mercredi soir.

Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait plus. Plus maintenant. Il ne méritait pas tout ça. Son père ne méritait pas un type comme lui.

A peine avait-il vu la silhouette du policier qu'il s'était déjà décalé dans son lit, lui faisant une place. L'homme avait vite comprit et s'asseya sur le lit, laissant l'adolescent plonger dans ses bras et le serrer comme il le pouvait avec ses plâtres.

" - Je croyais que t'étais parti. " souffle-t-il en fixant un point vide face à lui, se détestant encore plus de se montrer si faible face à lui.

" - Je t'avais dis que je partirais pas.

- T'étais pas là quand je me suis réveillé.

- Les horaires de visites n'avaient pas commencés. "

Il hoche la tête comme simple réponse, osant enfin croiser le regard de son père qui semblait presque heureux.

Pensait-il qu'il commençait à aller mieux?

N'étais-ce pas ce qu'il pensait faire lorsque Derek lui promettait de rester autour de lui?

Il avait toujours voulu se débarrasser de cette foutue maladie au fond de lui. Mais il ne voulait pas donner de faux espoirs à son père. Il ne voulait pas le laisser croire qu'il s'en sortirait si ce ne serait pas le cas. Il ne pouvait pas lui faire ça.

Il se promit d'essayer. Et lorsqu'il sera prêt seulement, alors il lui reparlera. Il n'osait plus le faire. Il n'en avait plus la force. Il ne voulait tout simplement pas que son père ait pitié de lui.

Il s'était sûrement accroché au coéquipier de son père pour la simple raison que ce dernier ne semblait porter sur lui aucun jugement, se contentant de l'écouter et n'ayant pas peur du tout de le forcer à respecter les limites qu'on imposait à n'importe qui.

Il avait compris qu'il ne pourra pas duper Derek Hale. Il était beaucoup trop malin pour se faire avoir. Alors que les autres avaient vus sa froideur comme une excuse pour ne plus les voir et qu'il n'y avait aucune solution, l'homme aux yeux olive l'avait perçu comme un appel au secours.

Et c'était un appel au secours. Il avait besoin d'aide. Il avait toujours eu besoin d'aide.

" - C'est quand que je sors de l'hôpital? " finit-il par demander, se redressant pour croiser le regard bleu/vert de l'officier.

" - J'en sais rien, il faudrait demander à Mélissa.

- Je peux sortir aujourd'hui?

- Sûrement pas. "

Il se contente de se rallonger contre son torse, jouant avec un fils dépassant de son pull noir.

Il avait prit le temps d'aller se changer et de revenir. Donc il avait prévu depuis le début de rester?

Ses bras se resserrèrent autour de ses hanches, laissant son nez s'enfouir contre sa clavicule alors que l'homme se contentait simplement d'un bras autour de ses épaules.

" - Tu vas rester? " chuchote-t-il, malgré le fait que son père l'ait très bien entendu.

" - Je t'ai déjà répondu à cette question.

- Redis-le.

- Aussi longtemps que tu le voudras. "

Et il se rendormit.


Scott se sentait misérable. Mais vraiment misérable.

Coupable. Abruti. Crétin. Stupide. Le tout à la fois.

Comment un inconnu avait-il pu s'approcher autant de celui qu'il appelait son meilleur ami? Comment se faisait-il que lui, celui qui avait partagé les couches ensemble, n'avait pu rester à ses côtés, le regardant de loin se détruire sans rien pouvoir faire?

Bon sang, il en voulait à Derek d'avoir réussit là où avait échoué.

Et il s'en voulait à lui-même de ne pas être aussi important aux yeux de Stiles.

Il aimait son frère. Il l'aimait plus que tout au monde. Comment n'avait-il pas réagit alors qu'il avait besoin de lui?

Aucun épisode de sa vie ne s'est déroulé sans lui. A chaque souvenir survenait la tête souriante de Stiles. Ses conneries. Ses blagues. Leur délires. Leurs larmes.

C'était arrivé depuis la mort de Claudia. Claudia avait été sa marraine, alors sa perte l'avait aussi affecté.

Mais il ne pensait pas que ce serait l'élément déclencheur de cette presque descente en enfer pour son ami.

Il n'y avait jamais pensé. Il était beaucoup trop heureux pour cacher une dépression. Beaucoup trop insouciant pour cacher une névrose.

Beaucoup trop heureux pour être atteind d'un quelconque trouble psychologique.

Et à en voir le Shériff sortir de la chambre de son fils, les mains contre son crâne, il semblait visiblement dans le même état que lui.

" - Monsieur Stilinski? " tente l'adolescent, portant sa main sur l'épaule du Shériff qui lui sourit faiblement.

" - On a merdé, et visiblement, Derek rattrape le coup. " souffle-t-il simplement comme réponse avant de sortir de l'hôpital sous le regard du capitaine de Lacrosse.

Auraient-ils dus se montrer plus insistant? Plus persévérants? Où avaient-ils merdés?

Il savait qu'il avait échoué, mais ce qui l'énervait le plus était d'ignorer à quel endroit.

Il se dirige vers la porte de la chambre de Stiles, voulant absolument le revoir. Il voulait lui parler. Simplement lui parler.

Entrant sans frapper, il s'arrêta brusquement face à la porte, voyant un petit sourire sur le visage de son meilleur ami, serré dans les bras de l'homme aux cheveux noirs.

. .

Ce Derek faisait des miracles.

" - Stiles? "

L'interpellé leva son regard, et Scott constata avec horreur le petit sourire qu'il avait auparavant disparaître sous ses yeux.

Et il était responsable de cette expression indéchiffrable sur son visage.

" - Stiles. " murmure-t-il, tentant un pas avant de s'arrêter, l'ayant vu se crisper dans les bras de Derek. " S'il te plait...

- Sors d'ici Scott. " lui dit-il d'une voix glaciale.

Mais bordel non, ça ne marche plus! ça ne marchera plus comme ça! Il n'allait pas se dégonfler chaque fois que Stiles se montrait méchant avec lui.

"- Pas cette fois Stiles. Je sais pas ce qui se passe dans ta tête, mais écoute-moi bien! " s'énerve-t-il, ignorant le haussement de sourcil de l'officier qui suivait silencieusement la scène. " Rejette moi autant que tu veux, insulte moi, mais jamais tu ne te débarrassera de moi, tu entends? On a vécu ensemble trop longtemps pour que je te laisse tomber si facilement! Continue comme ça, aucun problème, mais t'attends pas à ce que je disparaisse d'un coup sans que j'insiste parce que putain Stiles, on est frères, et un frère c'est chiant, mais c'est pour la vie. Alors attends-toi à ce que je revienne te soûler. "

Et il sortit sans un mot de plus, les larmes aux yeux, parce que Seigneur, Stiles lui manquait tellement qu'il se demandait encore avait-il fait pour parvenir à vivre trois ans à subir ses rejets à chaque approche.

Et qu'il voulait absolument retrouver son frère, coûte que coûte.


Derek n'avait pas pu se libérer de son travail le jour de sa sortie, mais étrangement, Stiles ne se sentait pas vraiment abandonné cette fois. Au contraire, l'officier s'était montré tous les jours, s'asseyant à côté de lui dans le lit, répondant à toutes ses questions sans jamais en poser.

Et il n'avait pas fait de crises depuis six jours déjà, sans oublier le fait qu'il parvenait désormais à fermer les yeux et s'endormir, chose auparavant impossible, lui provoquant de douloureuses angoisses.

Etant donné sa fracture au bras et au genou, il n'avait d'autres choix que de se déplacer en fauteuil roulant, restant silencieux tandis que son père le poussait, n'essayant même pas de faire la conversation. Il avait compris que tde toute manière, Stiles ne lui parlerait que s'il en avait envie, alors autant ne pas insister pour le moment.

" - Tu veux de l'aide? " demanda malgré tout le Shériff à hauteur de la portière passagère de la voiture.

Son fils secoua simplement la tête, ouvrit la porte et tenta de monter seul, manquant de tomber plus d'une fois tout en refusant l'aide de son père.

Au bout de dix bonnes minutes, il s'essaya, laissant son paternel plier son fauteuil et le ranger dans la voiture avant de le conduire à la maison.

" - Je t'ai emménagé la salle du bureau le temps que tu te débarrasse de ton fauteuil et tu remonteras dans ta chambre. "

Il ne répondit rien du tout, se contentant d'observer le paysage, étonnant le Shériff qui pensait recevoir une crise de colère de sa part.

Le même cinéma eut lieu pour descendre de la voiture, et Stiles finit même par se déplacer tout seul à l'intérieur, refusant définitivement chaque proposition de son père sous le regard désemparé de ce dernier.

Il prit place dans son lit, fixant silencieusement la fenêtre sous le regard de son père, et refusant la salle que son paternel avait vidé pour son confort.

" - Je vais aller travailler. " lui dit-il malgré tout, sachant très bien qu'il ne recevera aucune réponse.

Et il vit juste.

Mais il ne vit pas le regard désespéré de son fils qui l'accompagna jusqu'à la sortie de sa chambre.


" - Derek Hale, dans mon bureau. " ordonne simplement le shériff en entrant au commissariat, laissant l'officier se lever sous les regards ébahis de ses amis.

Personne ne comprenait ce qu'il se passait. Et personne n'osait demandé au type le plus ténébreux de leur boulot.

Le concerné prit simplement place sur l'un des sièges, regardant son chef s'installer dans son bureau avant de s'asseoir face à lui, le fixant à son tour.

" - J'aurais besoin de ton aide. " finit-il par dire, laissant sa tête tomber dans ses mains, laissant son air désemparé prendre place sur son visage, n'essayant même plus de se cacher. " Tu ... Je pense que tu es le seul capable de l'aider.

- Je ne comprends pas. " répond honnêtement le concerné qui n'avait pas la moindre idée de ce que voulait dire son patron.

Étais-ce une autre de ses enquêtes où il y risquait sa vie? Bien que la ville de Beacon Hills pouvait être considéré comme un quartier sûr, il y avait eu malheureusement quelques tentatives d'installations de deals plus d'une fois, où Derek et la plupart des agents de la boite avaient dus faire face.

Peut-être étais-ce un nouveau réseau à démanteler, qui sait?

" - Pour Stiles. "

... Ou ça.

Lui qui pensait que le gamin allait sûrement reprendre le cours de sa vie après sa sortie de l'hôpital.

Derek ne lui avait pas menti, il lui avait réellement promis de rester à ses côtés aussi longtemps que Stiles le voudrait. Il regrette même de s'intéresser à la vie de ce pauvre garçon malade ne demandant que de l'aide et du soutien de la seule manière qu'il connaissait. Il s'était fait embarqué dans cette histoire sans même avoir eu le temps de cligner des yeux.

Et il pensait vraiment que ce gosse - qui devait avoir à peine la vingtaine - allait sûrement se ressaisir, qu'il était simplement dans une mauvaise passe et qu"il réagira après sa sortie, oubliant sa dépression et sa faiblesse qu'il avait pris le risque de lui montrer.

Une semaine s'était écoulée depuis la sortie de l'adolescent. Une semaine où il n'avait eu plus de nouvelles ou de rumeurs le concernant. Il avait pensé que John avait trouvé une solution.

Visiblement pas, à le voir lui demander son aide dans son bureau, aujourd'hui.

Il hocha simplement la tête, se contentant d'observer son patron sombrer dans ce désespoir de ne pouvoir rien faire, sachant que faire mis à part voir son enfant sombrer.

" - Je suis fatigué, Derek. " lui avout le Shériff, le visage plongé dans ses mains, la voix presque brisée, et vraiment, le concerné se sentait mal de percevoir toute cette douleur. " J'ai perdu Claudia... Je me suis fait à ne plus pouvoir la revoir.. Mais Stiles... Il est partit tout en restant là, tu comprends? Je refuse de le laisser partir aussi. Je ne peux pas. Je n'en ai pas le droit. C'est mon fils. C'est l'une des personnes les plus importantes pour moi, et je-

- Quand pourrais-je revoir votre fils? "

Il se sentit mal à l'aise lorsqu'il perçu toute la gratitude dans le regard de son chef lorsqu'il leva sa tête.

" - Tu peux y aller dès maintenant. "


Il n'avait pas bougé de son fauteuil, fixant simplement l'écran sombre de son ordinateur. Son écran d'accueil n'était autre qu'une de leurs nombreuses photos de famille. Il n'avait pas la force de faire quoi que ce soit, se contentant de fixer un point vide depuis déjà une bonne heure, les mains aggripées sur les accoudoirs de son fauteuil.

Scott était venu lui rendre visite aujourd'hui aussi, lui promettant de revenir tous les jours. Il était resté pendant une heure entière, assis sur son lit, parlant de tout et de rien, comme ils l'avaient toujours faits, ne se souciant à peine si Stiles l'écoutait ou non. Il lui avait laissé quelques devoirs qu'il avait loupé, lui parlant des derniers commérages du lycée, discutant de l'équipe de Lacrosse, de Kira, de Lydia, lui promettant qu'à son retour à l'établissement, tout allait bien se passer.

Mais l'hyperactif n'y croyais pas. Il ne voulais pas y croire. Il n'avait pas le droit de revenir dans la vie de son meilleur ami, comme ça, simplement parce qu'il a faillit mourir et que Scott s'est rendu compte qu'il aurait eut mauvaise conscience toute sa vie pour avoir ignoré son ami de maternelle dernièrement.

Il ne pouvait pas lui imposer sa présence par pitié. Il n'était plus le même. Il l'avait sentit. Il se savait différent depuis son enfance mais ignorait que cette merde allait prendre cette proportion.

Et il n'avait pas le droit d'entrainer son meilleur ami dedans. Il méritait tellement mieux. Il méritait mieux que ça.

Personne ne mérite qu'on s'occupe de lui. Ni son père, ni Scott.

Ni même Derek.

Derek qu'il n'avait pas revu depuis sa sortie.

Un bruit de voiture se fit entendre depuis sa fenêtre, le faisant sortir de ses pensées. Il jeta un regard désintéressé à sa fenêtre, devinant l'arrivée de son père, puis fit rouler son fauteuil jusqu'à son lit, allant dans ce dernier avec difficulté, grimaçant de douleur à chaque moment.

Et à sa plus grande surprise, ce ne fut pas son paternel qui passa la porte de sa chambre mais l'homme aux cheveux corbeaux, enlevant sa veste en cuir et la balançant nonchalement sur la chaise de son bureau sous ses yeux, comme si ce qu'il faisait était normal.

" - Tu es venu. " ne put s'empêcher de lâcher l'adolescent, son regard fixé sur l'homme qui enlevait maintenant ses chaussures, montant dans le lit à la place où Stiles lui avait déjà fait sa place, n'osant pas se réfugier dans ses bras à la vue de son silence, le fixant simplement.

Au final, il croisa enfin le regard émeraude du policier, et la froideur qu'il y lut le rendit mal à l'aise.

" - Quand est ce que tu vas arrêter? " lui siffle-t-il d'une voix presque rude, le laisant hausser les sourcils de choc, ne reconnaissant pas l'homme qui s'était pourtant occupé de lui.

Il n'osait même pas dire un mot, baissant rapidement les yeux en sentant ses mains trembler. Mais il ne put faire d'autres mouvements qu'une main attrapa son menton, le forçant de nouveau à affronter la froideur du regard rubis, lui faisant monter les larmes aux yeux.

" - Ne me parle pas comme ça. " finit-il par lui répondre, portant sa main à l'emprise sur son visage, ne parvenant pas à dégager ce dernier de ses doigts.

" - C'est trop facile de fuir.

- Je ne fuis pas.

- Tu ne fais que ça.

- Ce n'est pas vrai! " proteste-t-il en fusillant du regard Derek, les yeux brouillés par ses larmes de colère refusant de couler sur ses joues.

" - Qu'est ce que c'est alors?

- Une protection.

- De qui? De toi-même?

- De moi-même, oui! " hurle-t-il maintenant, les larmes traçant enfin un chemin sur ses pomettes, ses mains aggripées à ses cheveux, ignorant la douleur le tiraillant dans tout son corps. " Personne ne mérite ça putain. Personne ne me mérite dans sa vie. Per-

- Qui tu es pour décider si une personne te veut à ses côtés ou non?

- Tu ne comprends pas. " sanglotte-t-il presque, son regard emplit de désespoir planté dans celui de l'homme face à lui. " Tu ne peux pas comprendre. Je n'ai pas le droit de leur faire ça. Ils méritent pas ça. Personne ne mérite ça. "

Il replit ses jambes sous ses bras, ignorant la douleur de sa jambe plâtrée, le regard rivé sur un point au sol, les larmes roulant toujours sur ses joues, ses tremblements calmés.

" - Je n'étais pas comme ça. " chuchote-t-il presque, la voix brisée. " Je ne suis plus ce que j'étais. Je ne peux pas les décevoir plus que déjà fait. Aucun d'eux n'a le temps pour un pauvre cas de Borderline stupide hyperactif encore en deuil suite à la mort de sa pauvre mère. Personne n'a de temps à perdre à essayer de sauver un pauvre gosse alors que d'autres problèmes arrivent dans leur vie. A quoi ça leur servirait de maintenir un dépressif en vie alors qu'ils ont tellement mieux à faire? "

Il lance de nouveau un regard à Derek jusque là silencieux, l'observant avec toute la colère qui lui était possible.

" - Pourquoi tu es toujours là?! T'as rien à faire ici. "

Le concerné se contente de détacher son dos du mur, s'asseyant face à l'adolescent, tendant simplement ses mains devant lui, ses bras appuyé sur ses genoux, laissant l'hyperactif fixer ses dernières sans comprendre.

" - Je tiens mes promesses. "

Sans comprendre, Stiles posa ses mains dans les siennes alors que l'homme lui ordonnait de le regarder, luttant de toutes ses forces pour parvenir à affronter son regard.

" - Tu m'as demandé de l'aide, en pauvre abruti inconscient bourré ayant eu un accident grave au bord de la route lors de ma tournée nocturne. Et j'ai été encore plus abruti de te promettre de t'aider comme je le pouvais.

- Tu n'es pas obligé de f-

- Je sais. Mais tant que tu ne seras pas sauvé, attends-toi à me voir encore dans les parages. "

Il décroise ses jambes devant son torse, relâchant les mains de Stiles et ouvrit ses bras, autorisant enfin le garçon à se réfugier contre lui, entourant ses bras autour de ses épaules, les jambes pendantes sur ses cuisses, accroché à lui comme si sa vie en dépendait, se calmant peu à peu lorsqu'une main douce lui caressait les cheveux, fermant les yeux doucement, se laissant enfin tomber dans les bras de Morphée.

" - Merci Derek. " souffle doucement le Sheriff, ayant tout assisté à la porte, fixant le corps de son fils accroché étroitement à celui de son coéquipier alors qu'il refermait la porte derrière eux, posant son front sur la porte close, cachant ses larmes de tristesse auprès de la douleur de son fils.

Il ne pouvait plus rien faire. Derek était malheureusement bien le seul à pouvoir se faire entendre par son fils.

Et c'était bien le seul à avoir une chance de sauver son seul enfant.


Il préparait le repas lorsque Derek descendit jusqu'à la cuisine, sortant simplement deux bouteilles de bières qu'il posa face au jeune homme, lui demandant de les décapsuler alors qu'il finissait le dîner.

" - Dis-moi Derek. "

John s'assure d'avoir l'attention de ce dernier avant de s'assoir face à lui, ayant posé le plat dans le four, attrapant une des bouteilles qu'il avait sortit, fixant simplement face à lui gratter sur l'étiquette de sa bouteille, son oreille tendue en sa direction.

" - Penses-tu sincèrement pouvoir sauver Stiles? "

L'homme arrêta de tirer sur le coin du papier qu'il était parvenu à décoller, regardant enfin son patron dans les yeux.

" - Non, Sheriff. Je n'y arriverais jamais tant qu'il refusera de coopérer.

- Penses-tu vraiment pouvoir rester malgré tout à ses côtés? "

Le concerné haussa simplement les épaules, fixant de nouveau son papier qu'il tirait du bout des ongles, laissant le shériff retenir un petit sourire. Il connaissait bien son coéquipier comme étant aussi silencieux qu'efficace. Jamais il ne perderai une minute de son temps à dire quelque chose d'inutile. Et il n'aimait pas non plus parler de lui.

Mais le chef de police savait très bien la raison de son implication dans cette histoire.

" - Est ce que tu lui en a voulu d'avoir pris le volant dans son état? " finit-il par demander, prévoyant déjà une réaction de la part de l'homme face à lui.

Elle ne se fit pas attendre. La bouteille se brisa littéralement entre les doigts de Derek, son poing fermement serré alors que du sang commençant déjà à goutter contre la table.

" - J'ai voulu le frapper comme jamais. " siffle-t-il presque avec haine, laissant l'homme se relever, lui tapotant doucement l'épaule alors qu'il finissait ses lasagnes maison, laissant un silence pesant planner en cuisine.

" - Il vous aime beaucoup, John. " dit l'homme aux cheveux noirs au bout d'un quart d'heure de silence. " Il vous aime tellement qu'il se dit ne pas mériter votre paternité.

- Il l'as dit?

- Je l'ai compris. Il a tellement peu d'estime de soi qu'il pense ne jamais rien mériter autour de lui. Ni vous, ni ses amis, ni personne.

- Je vois. " soupire-t-il, sortant une trousse de secours sous le lavabo contenant le strict nécessaire ainsi que les médicaments de son fils, lui tendant simplement du sparadraps pour couvrir sa blessure à la main.

" - Il s'est attaché à toi, Derek.

- Je sais. " souffle le concerné en désinfectant sa plaie sous les yeux du Shériff appuyé contre le contraire, finissant le fond de sa bouteille.

" - Et ça ne t'effrais pas non plus?

- Où voulez-vous en venir?

- Toi et moi connaissons très bien ton passé. Stiles représente tout ce que tu as toujours méprisé de tout ton coeur. Comment se fait-il que tu te montre aussi proche de lui alors qu'il ne représente pourtant rien pour toi? Je ne saisis pas.

- Vous m'avez demandé de l'aide.

- Tu serais revenu sans ma demande, Derek.

- Non.

- Ne soit pas de mauvaise foi. "

Ils se turent lorsque plusieurs claquements se firent entendre, les laissant appercevoir l'adolescent arriver avec une béquille sous le bras, marchant comme il le pouvait en grimaçant.

" - Ne bouge plus, je vais chercher ton fauteuil. " lui ordonne presque Derek en montant rapidement à l'étage, les laissant tous les deux face à l'autre sans rien dire.

" - J'ai fais des lasagnes. " dit malgré tout le paternel, ne s'attendant pas vraiment à ce que son fils ne lui réponde, et le laissa appuyé contre l'encadrement de la porte, sachant très bien qu'il refusera de son aide.

Il lui remplit malgré tout une assiette et la posa à sa place habituelle, lavant déjà ses ustensiles.

" - Demain c'est salade, vu tout le gras que t'as foutu dedans. "

Il lâche son assiette dans l'évier, brisant cette dernière, et se retourne tellement vite qu'il put se choper un torticoli, fixant avec choc son fils essayant de lui adresser un sourire timide.

Il se rua presque sur son enfant, le serrant fermement dans ses bras, retenant ses sanglots du mieux qu'il put lorsqu'il sentit un bras entourer son dos.

Derek était définitivement le seul capable de sauver son fils. Il lui accordait totalement sa confiance.


Bonjour/Bonsoir chers lecteurs adorés!

Je dois m'excuser encore une fois pour ce retard, mais sachez que je n'avais jamais abandonné mon petit site, alors vous devez sûrement vous en douter qu'il y aurait forcément la suite bientôt - même si ce bientôt a duré pratiquement deux mois.

Je vous remercie de vos reviews, vous êtes des amours. Je vous aime et j'espère que cette partie vous aura autant plu que la première.

Encore une fois, merci pour votre soutien, ça compte beaucoup pour moi, notamment ces derniers temps.

Je vous en suis vraiment reconnaissante.

La troisième et dernière partie arrivera dans la semaine prochaine, je pense, parce que je veux m'avancer sur ma première fiction, alors merci de vous montrer aussi partient que vous l'avez été ces derniers temps.

Je vous aime, Xx