Hop hop hop, j'aurais mis le temps, mais c'est là ! Un autre OS avec mon Eliane chou; dans une ambiance moins gaie que l'OS précédent...vraiment moins gaie u.u

Merci à Yow-naise pour ses corrections et remarques rigolotes :mg: o/

Bonne lecture !


- Evacuez les Serpentard.

Cette seule phrase nous a tous condamné. Par la faute de Parkinson nous étions tous relégués au rang d'ennemi. Sauf que moi, je suis là, brandissant le drapeau blanc de la paix, souhaitant les aider. Pour Eliane, pour son monde heureux, pour nous.

Mais je suis un Serpentard.

XXX

Je jette un regard affolé autour de moi. La plupart de mes camarades se dévisagent hargneusement, quelques uns se tordent les mains nerveusement, d'autres se rongent les ongles. Certains pleurent doucement. Daphné, à mes côtés, est secouée de sanglots. Elle frissonne et ressert sa cape autour d'elle. Je passe un bras réconfortant autour de ses épaules et elle se coule contre moi en gémissant silencieusement.

-Qui ?

Je murmure ma question, afin qu'elle seule l'entende. Elle relève les yeux vers moi et a un pauvre sourire sous ses larmes.

-Blaise et Astoria sont là-bas.

Sa voix, tout comme ses mains, tremble. Ses cheveux bruns, d'ordinaire magnifiquement coiffés, sont échevelés et relâchés. Je lui murmure doucement qu'ils vont s'en sortir, que rien ne leur arrivera, tout en resserrant mes bras autour d'elle et en la berçant lentement.

-Et toi, Théodore ?

Je hausse les sourcils et baisse la tête en sa direction.

-Moi ?

Elle me fait un petit clin d'œil et souffle :

-Oui, toi ! Pour qui crains-tu ?

Me voyant sur le point de répliquer, elle fronce les sourcils et pose son index, fin et délicat, sur mes lèvres.

-Ne me mens pas. Tes yeux brillent bizarrement et tu as l'air nerveux.

Je passe une main dans mes cheveux et murmure:

-Éliane…

Ses yeux se voilent et elle dépose un baiser sur ma joue, réconfortante.

-Elle ira bien.

Bizarrement, cette phrase sonne immédiatement fausse et un mauvais pressentiment s'empare de moi. Mon cœur et ma raison ne semble pas vouloir accepter l'idée qu'elle puisse survivre, comme si elle était destinée à mourir ce soir. La simple idée qu'Éliane puisse me quitter me broie le cœur et, bêtement, je sens mes yeux s'humidifier. Je me racle la gorge et détourne le regard.

Éliane, dis-moi, pourquoi as-tu abandonné l'utopie de ton monde parfait ce soir ?

XXX

Nous avons quitté Poudlard. Tu es maintenant seule dans ce château. Je ne suis plus là pour toi. Pour autant que tu sois toujours en vie…

Daphné interrompt mes pensées lugubres en posant sa délicate main sur mon bras.

-Théo ?

Je cligne des yeux et tourne la tête vers elle.

-Tu veux bien rester avec moi ?

J'hoche lentement la tête puis regarde à nouveau le château qui se détache au loin. Une ribambelle de sortilèges s'élèvent dans les cieux et atterrissent sur les protections de Poudlard qui faiblissent au fur et à mesure des à-coups.

Éliane est à l'intérieur, se préparant à sauver sa vie et celle de centaines d'autres. Elle s'apprête à combattre des monstres prêts à tout pour conquérir Poudlard et obtenir la reconnaissance de leur maître. Ma princesse se prépare à tuer. Et moi ? Je fuis.

Moi qui me considérais différent des autres Serpentard, je ne vaux pas mieux qu'eux, au final. Je t'abandonne ici, sans même tenter de te rejoindre et de t'aider. Je fuis, lâchement.

Je te laisse risquer ta vie.

-Théo.

La voix de Daphné s'élève à nouveau, pressante et suppliante.

Je détourne les yeux du château et m'empare du bras de la princesse des glaces. En quelques instants, nous sommes loin des troubles de Poudlard, au frais dans mon manoir du Lancashire. Daphné s'écroule sur un fauteuil. Rapidement, sentant mes jambes faiblir, je fais de même. Je soupire longuement et passe une main tremblante sur mon visage.

Je me sens mal, sale, indigne de toi. Pourtant, je donnerai tout pour me trouver à tes côtés en cet instant, main dans la tienne, nous battant pour notre avenir. Mais je suis là, loin de tout danger, avec seul ennui ce vide profond qui me broie le cœur.

XXX

-Nous sommes ici pour rendre hommage à des dizaines de sorciers et de sorcières, luttant pour une cause commune, une cause gagnante la Liberté…Toutes ces âmes, que nous remercions en ce jour, ne seront pas mortes en vain. Grâce à elles, nous sommes aujourd'hui dans la capacité d'aller de l'avant, libres... Ce soir, nous rendons un hommage éternel à Amanda Aster, Erik Asthon, Louis Awora, Miranda Blow, Castiel Burrow, …

Je ferme les yeux, les mains serrées sur le bouquet de fleurs blanches que je m'apprête à déposer sur ta tombe. Le ministre de la magie parle encore, rendant hommage à vous autre, enterrés sous terre. Du bout des doigts, j'effleure la pierre lisse où est gravé, en belles lettres argentées, ton nom.

Éliane Roldan,

1980-1997,

Ci-gît la plus belle des fées.

Un léger sourire étire mes lèvres. La plus belle des fées, tu l'étais assurément. Tes cheveux roux, flottant magiquement autour de toi. Tes petites lèvres, et tes yeux marron pétillants, taquinant le monde. Tes joues rosées, que j'adorais embrasser. Tu étais ma fée, tu rendais le monde beau, tu rendais ma vie parfaite.

Et moi, je t'avais abandonné. Tu étais morte pour moi, dans ce château qui m'évoque trop de nos souvenirs. Tu avais quitté tes illusions de monde parfait pour sauver l'avenir. Par Salazar, si j'avais su que tu mourrais cette nuit-là, je n'aurais pas hésité. J'aurais faussé compagnie à Daphné, j'aurais transplané jusqu'au château, je me serais jeté dans la gueule du loup, quitte à me faire tuer par quelqu'un du camp de Potter…

Mais je n'ai rien fais de tout cela. Je suis resté chez moi, le cœur en larmes pendant que tu te battais, les veines en feu.

Je suis si peu digne de toi, mon ange. Je suis presque honteux, à présent, de m'être clamé différent des autres. Parce qu'au final, qu'ai-je de moins ou de plus qu'eux ?

Pardon Éliane, pardon.

XXX

Ça fait un an, mon cœur, que tu m'as quitté. J'ai réfléchi, tu sais. Et, au final, peut-être que je n'ai rien de mieux que certains et, peut-être qu'au fond, je ne suis qu'un Serpentard comme les autres mais… Tu m'avais choisi, moi, parmi tant d'autres. Tu m'as permis de vivre, pour qu'un jour nous nous retrouvions. Tu m'aimais.

Et, douce Éliane, sache que je t'aime aussi.

The day when we'll both be together, in love, will come. But for now, please rest in peace, my angel.


Note:

Merci d'avoir lu ! Un autre OS à venir prochainement ;)