Chapitre 2
…
1994 – Pontiac, Illinois, USA.
Au milieu de l'été, Castiel fêta ses vingt et un an, mais sans gâteau et sans cadeau. Depuis que ses parents l'avaient surpris, voilà dix années auparavant, à embrasser un garçon, les gens pieux qu'ils furent s'obstinaient sans relâche à remettre leur fils sur le droit chemin. Sa chambre migra dans la cave où un autel à l'effigie de l'Ange Cassiel, et de Dieu, occupait la plus grande partie de la pièce sombre. Toujours la Bible comme live de chevet ainsi que des cours de catéchisme obligatoire à domicile. Et si, toutefois, ces mesures ne suffisaient pas au jeune homme, son père se faisait un Saint devoir de lui inculquer les valeurs si chères à son cœur par flagellations, s'il le fallait. Et, il le fallait souvent, de son point de vu tout du moins.
Au fil des ans, alors déscolarisé et enfermé, des cicatrices ornèrent le dos de Castiel où les marques blanchâtres prirent presque ironiquement la forme de deux ailes brisées. Bien que, abattu physiquement, Castiel gardait en lui cet espoir lumineux, qu'un jour, il partirait loin de sa « maison ». Pour aller n'importe où, faire n'importe quoi, car qui était donc ce Dieu étrange qui punissait l'amour ? Il changerait de nom, au Diable les Anges et l'Archange Cassiel ! L'Amérique offrait un rêve qu'il se trouvait fort bien décidé à recevoir et à prendre. Un prénom banal, comme Jimmy ou James ? Voilà qui lui conviendrait parfaitement.
Il mit son plan à exécution, après une autre visite physique de son père, lorsque ce dernier partit se coucher auprès de sa femme désormais sous antidépresseurs et anxiolytiques, Castiel en profita pour briser le carreau crasseux de la cave qui donnait sur le jardin dans lequel il avait commis le péché ultime d'aimer une personne du même sexe que lui. Il se servit de l'autel angélique comme escabeau pour s'extirper par la petite sortie, que son corps maigre et frêle put franchir sans difficulté. Une fois à l'air libre, le garçon respira pour la première fois depuis dix ans l'air frais de la nuit, avant de partir à pas lents loin de sa prison.
Il ne connaissait pas le monde extérieur, ni personne dans cette ville, où était donc son ancien copain ? Nul ne le savait, et certainement pas lui. Cependant, Castiel avait ce quelque chose de fascinant en lui : ses grands yeux d'un bleu céruléen qui transperçaient votre âme à l'instant même où vous plongiez les vôtres dans les siens, ses cheveux noirs en bataille qui lui donnaient un côté rebelle non désiré, sa grande silhouette blanche et frêle qui traduisait son manquement de nourriture mais que les autres américains voyaient comme une preuve de préservation de soi-même et bien sûr, ce sempiternel air mélancolique, ignorant, voir même de pureté, donnait un petit plus à qui le rencontrait dans la rue. Lui-même ne se rendait pas compte de l'effet qu'il faisait aux autres, filles comme garçons, pour lui son corps n'était qu'un vaisseau meurtri et répugnant sur lequel son père avait porté ses marques à maintes reprises.
Au milieu de la nuit, sous une lune décroissante, Castiel marcha le long d'une route dont il ignorait le nom, mais où une voiture s'arrêta à son niveau. Pieds nus et vêtu d'un simple pyjama blanc, par-dessus lequel il avait quand même passé un vieux trench-coat beige, il suscitait l'attention de n'importe quelle personne qui roulerait sur W Howard St. Une voiture se stoppa aux côtés du jeune homme et ce dernier ne comprit pas de suite que l'individu en question lui parlait. L'homme dut s'y reprendre à deux fois, en criant presque.
- Hey ! Mon garçon ! Où tu vas comme ça ?
Castiel regarda aux alentours avant de poser ses yeux sur la voiture intrusive, et il mit du temps à comprendre que le conducteur s'adressait réellement à lui.
- Pardon ?
Le vieil homme demanda derechef.
- Où vas-tu ?
Castiel, analysa la voiture qui venait de s'arrêter à côté de lui et répondit, le plus simplement du monde, sans filtre.
- Je n'en sais rien.
Le conducteur secoua la tête, sur laquelle une casquette semblait fixement vissée, d'un air de dépit, et informa alors au jeune homme.
- Allez viens, fiston, monte. Je vais à Sioux Falls, j'espère que ça t'ira.
Castiel ne sut le dire puisqu'il ignorait, à juste titre, où se trouvait la ville dont son nouvel ami venait de parler. Le fugueur monta à bord, côté passager et lorsqu'il claqua la portière et mit sa ceinture de sécurité plus par réflexe ancien que par devoir, le conducteur se présenta.
- Je m'appelle Bobby Singer. Et toi ?
- Cast... Hum... Jimmy.
Comprenant que le jeune homme prenait quelque peu ses distances, le vieil homme n'insista pas, mais démarra la voiture en direction du Dakota du Sud.
…
Les heures défilèrent et Castiel ne disait rien, trop habitué à devoir se taire pour ne pas subir le gourou de son père, qui détestait l'éloquence juvénile de son fils. Bobby, qui après avoir analysé la carrure et les vêtements du jeune homme, comprit que quelque chose clochait chez lui, quelque chose de profondément cachée et probablement profondément malsain aussi. Il ne pouvait pas avoir plus raison.
Après quatre heures de route, la voiture semblait comme bercer Castiel, car ce dernier s'endormit petit à petit, la tête posée négligemment sur la vitre à sa droite.
Le vieil homme dut alors réveiller son auto-stoppeur lorsqu'ils arrivèrent enfin à destination.
- Hey, gamin !
Castiel sursauta en ouvrant les yeux tout en grand, car sur le moment, il se croyait revenu dans la cave qui lui servait de chambre en pensant que tout ceci n'avait été qu'un étrange rêve. Pourtant, le garçon eut beau cligner des paupières et analyser Bobby, tout semblait aussi réel que l'air qu'il respirait enfin, après toutes ces années d'enfermement. Castiel descendit de voiture et suivit Bobby à travers un cimetière d'automobile qui servait de casse au vieil homme, jusqu'à arriver à une demeure en bois que le propriétaire appelait « maison ». Monsieur Singer fit signe au jeune inconnu de le suivre jusqu'à son bureau, mais une fois au pas de la porte, il arrêta Castiel et lui demanda le plus sérieusement du monde comme un professeur qui ferait passer un oral à son élève.
- Ok, fiston, dis-moi ce que tu vois dans cette pièce.
Bien que, ne comprenant pas la raison de cette étrange question, Castiel scruta néanmoins l'endroit devant lui. Un bureau, au fond et contre le mur, croulant sous le poids de dizaine de livres et de papiers tantôt froissés tantôt pliés, un verre sale se trouvait à côté d'une bouteille de Whisky à moitié vide (ou à moitié pleine, tout dépend du point de vue de chacun), des étagères ornaient les murs avec tout un bric-à-brac de grimoires, gros classeurs et autre paperasse incommodante, un vieux canapé était à peine visible à droite de l'entrée, car alors le tohu-bohu qui régnait dans les lieux ne donnait plus où donner de la tête à quiconque pénétrerait dans ce bazar. Castiel voyait alors tout et n'importe quoi et ses yeux ne réussirent à rien fixer clairement, cependant, il entendit quelque chose. Un bruit venant du bureau où, sous un amoncellement de feuilles, des téléphones sonnaient attendant que quelqu'un daigne enfin décrocher. De ce fait, Castiel tenta une réponse pour satisfaire l'étrange homme.
- Je... J'entends un bruit.
Bobby sourit et, une fois considéré la réponse du jeune garçon, lui avoua avec simplicité.
- Bien, je sais ce qu'on pourra faire de toi. Mais avant...
La porte d'entrée s'ouvrit et Bobby sourit derechef en expliquant, sous le regard interrogateur et paniqué de Castiel.
- Je vais te présenter ma femme, la Sheriff Jody Mills...
1995 – Lawrence, Kansas, USA.
Voilà dix ans que John Winchester avait rejoint ses parents au cimetière de sa ville natale, tombe sur laquelle Mary passait toutes les semaines pour remettre des fleurs fraîches et enlever les fanées. Et depuis tout ce temps, la colère de Dean ne se tarissait pas le moins du monde. Pire, elle devenait de plus en plus présente et violente à mesure que le temps filait à toute vitesse. Toujours dévoué à sa mère et à son jeune frère de douze ans, l'aîné qui venait de fêter ses seize printemps, travaillait dans l'ancien garage de John. Cependant, les factures impayées de l'hôpital et les hypothèques constantes de la maison avaient eu raison des employés de l'entreprise familiale où Dean se retrouva seul pour tout gérer. Chose impossible, de toute évidence, ce qui allait prestement obliger le jeune garçon à devoir vendre le garage et rajouterait cette défaite à la rage qui bouillonnait déjà fortement en lui.
Mary garda son emploi au restaurant où Sam, après l'école, l'aidait à faire le service pour la soulager autant que faire se peut.
Cette routine précaire bascula du jour au lendemain, un normal jeudi où les Huissiers arrivèrent au garage dans lequel Dean réparait une voiture pour un des rares clients qu'il avait réussi à conserver. Bien qu'émancipé pour diriger l'entreprise, le Winchester n'avait pas les compétences requises pour s'occuper d'absolument tout, et cela lui fit défaut ce jour-là, lorsque les hauts fonctionnaires hautains réquisitionnèrent le garage, sous ordre de la Loi, ne laissant que quelques heures à Dean pour récupérer ses affaires et repartir chez lui.
Ce fut ainsi l'élément déclencheur et, à peine arrivé à son domicile, alors que Sam se trouvait à l'école et Mary au travail, Dean grimpa à la vitesse de l'éclair les marches de l'escalier pour courir vers sa chambre. Il sentit en lui, au plus profond de ses entrailles, une rage si intense qu'il lui semblait sur le point d'exploser telle une bombe atomique. Plus il tentait de la contrôler, plus cette tempête voulait sortir pour tout dévaster. Alors, il fit la seule chose possible, il la laissa sortir...
Attrapant la batte de base-ball qu'il gardait près de la porte, Dean commença par briser tout le désordre sur son bureau : les portes stylos, les cadres photos, la lampe aussi vieille que lui, la chaise en bois fut broyé en un million de morceaux. Il s'attaqua à son armoire qu'il détruisit avec tout le désespoir qu'il conservait, caché, depuis dix ans au plus profond de son âme et après quelques minutes d'acharnement sur les tiroirs, il démolit le lit, puis le miroir accroché au mur avant de s'attaquer à la fenêtre...
En quelques minutes, un ouragan dévastateur avait eu raison de sa chambre et alors que ses bras lui firent aussi mal que la douleur qu'il ressentait dans son cœur, Dean attrapa néanmoins au milieu des débris un sac vide dans lequel il fourra quelques chemises, jeans et sous-vêtements avant de récupérer ses affaires de toilettes dans la salle de bains. Il ne porta même pas un regard en arrière en quittant sa chambre détruite, il descendit les escaliers et s'arrêta à la cuisine quelques minutes, debout sans rien faire. Puis enfin, reprenant ses esprits, il récupéra une feuille de papier dans un tiroir et un stylo pour gribouiller quelques phrases à l'intention de Sam et Mary. Lorsque son mot, plein de fautes, fut terminé, il le posa en évidence sur la table.
Dean s'empara des clefs de sa voiture, la seule chose qu'il avait conservé de son père : une Chevrolet Impala de 1967. Il quitta la maison sans un regard en arrière.
…
« Sammy, Maman.
Je pars. Je ne sais pas où. Les Huissiers ont récupéré le garage ce matin. Je pars chercher du boulot ailleurs et je vous enverrez de l'argent toutes les semaines pour la maison.
Désolé...
Dean. »
Voici le mot en question que Sam et Mary lurent tous les deux après le service de la mère et, tandis que la femme pleurait et que le cadet essayait de la rassurer, Dean se trouvait déjà à Omaha, dans l'État du Nebraska. Il ne savait absolument pas où il roulait de la sorte, aussi loin que le plein d'essence le lui permettait, car il n'avait pu récupérer comme argent que ce que les Huissiers n'avaient pas emporté avec eux.
Dean avança sans relâche, poussant l'Impala jusqu'à, ce qu'il lui semblait être, le bout du Monde, prenant la route du nord par simple hasard, il se retrouva bien vite à South Sioux City lorsque la nuit s'installa doucement. Rien ne perturba le jeune homme, qui prit la route 29 pour continuer sur sa lancée, dépassant Jefferson, Elk Point, Beresford et Worthing, lorsque la fatigue s'empara de lui, il gara la voiture sur un parking d'une ville dont il avait déjà oublié le nom. À peine le moteur coupé et sa ceinture défaite, Dean plongea dans un profond sommeil, tête appuyée contre la vitre à sa gauche et se laissant bercer par un silence réconfortant.
…
Le lendemain matin, ce fut la douleur qui réveilla le jeune homme et, tout courbaturé qu'il était de n'avoir rien bougé de la nuit, il sortit avec difficulté de l'Impala, dépliant enfin ses jambes ankylosées et étira son dos meurtri par le siège conducteur alors que son estomac criait famine. Avant de donner libre court à ses fringales, il analysa l'endroit où il se trouvait : un parking, de toute évidence, qui aussi surprenant que cela lui parut, donnait sur un petit restaurant. L'affiche géante, que Dean n'avait pas souvenir d'avoir vu à cause de la fatigue, indiquait « Bob's Cafe » en lettre illuminées et image Vintage en son centre. Par l'heure déjà tardive, le restaurant était ouvert et le Winchester vérifia la monnaie dans la poche de son jean avant de fermer l'Impala à clef pour enfin partir dévorer quelque chose.
En réalité, il prit simplement un petit-déjeuner à $5.55 essayant d'économiser le plus possible, dans le cas où il ne pourrait pas subvenir à ses besoins dans les jours à venir.
Contrairement à Castiel, Dean savait l'effet qu'il avait sur les gens, spécialement sur la gente féminine, car à l'instant où il dévorait avidement ses deux œufs au plat, une jolie demoiselle lui faisait les yeux doux. Le Winchester, malgré son jeune âge, pouvait avoir de quoi plaire, ne serait-ce que par son regards vert émeraude, ou ses cheveux châtains coupés à la militaire (vestige probable de l'ancienne éducation marine de son père) ou alors juste par sa carrure bien bâti qu'il devait à la manipulation de pièces mécaniques dix heures par jour. Toujours est-il que, Dean rendit le sourire à la fille en question même si, il devait bien se l'avouer, elle n'était pas son genre. Pourtant, elle continuait de le scruter lorsque la serveuse, une dame de l'âge de Mary, vint voir le jeune garçon avec un air un peu réprobateur sur son visage.
- Dis, mon garçon, j'sais pas qui tu es, mais, la jeune demoiselle là-bas, c'est ma fille.
Dean faillit s'étrangler avec son café avant de reprendre un semblant de contenance pour rassurer la mère angoissée.
- Ce n'est pas c'que vous croyez.
Ellen, car tel était le prénom de la serveuse, le savait bien, car elle connaissait suffisamment le penchant de sa fille Jo pour les « mauvais garçons » alors qu'eux-mêmes ne cherchaient presque jamais à draguer la demoiselle.
- Tu viens d'où comme ça ? demanda la maman avec suspicion.
- De Lawrence. Je cherche un boulot dans la région.
La femme analysa Dean de la tête aux pieds en révélant, plus pour lui faire quitter le restaurant que pour lui rendre service.
- J'ai entendu dire que ce vieux grincheux de Bobby Singer cherchait un p'tit gars pour bosser à son garage.
À l'entente du mot « garage », Dean tressaillit et implorant presque du regard la serveuse en demandant avidement.
- Vraiment ? Vous avez l'adresse ? Je m'occupais du garage de mon père dans le Kansas !
- Bouge pas, je dois avoir ça quelque part.
…
Ainsi, moins d'une heure plus tard, Dean entra dans une étrange casse, au milieu d'un cimetière de voitures où il mit du temps pour trouver une place en sécurité pour son Impala. Il sonda l'endroit en se demandant intérieurement si cette serveuse ne s'était pas fichu de lui comme par punition d'avoir posé les yeux sur sa fille, même si techniquement, c'était elle qui avait commencé. Le jeune homme sortit de la voiture pour se diriger vers l'étrange maison en bois, sur la porte de laquelle il frappa avidement, mais non sans quelques appréhensions. Au bout d'une minute ou deux, un vieil homme lui ouvrit, avec une casquette vissée sur la tête, sa barbe grisonnante qui lui dévorait le visage, sa chemise à carreaux et son odeur de Whisky qui émanait de sa personne, il représentait à lui tout seul le cliché d'un garagiste tel que Dean se le représentait.
- Ouais, c'est pour quoi ? maugréa-t-il.
Avec toute l'assurance dont il fit preuve, très peu d'assurance donc, Dean expliqua d'où il venait, ce qu'il faisait, la rencontre avec Ellen et son désir de travailler dans un garage. Bobby écouta attentivement et, comme pour Castiel un an auparavant, le fit rentrer jusqu'à la porte de son bureau en répétant ainsi la même question.
- Ok, fiston, dis-moi ce que tu vois dans cette pièce.
Dean, qui n'avait aucun point de comparaison concernant les entretiens d'embauche, ne releva pas l'étrangeté de la situation et, bien que la salle fut moins désordonnée depuis que Castiel y avait mis de l'ordre, un objet attira l'attention du Winchester. Un seul objet et il répondit à la question de Bobby par une fausse interrogation.
- Est-ce que c'est bien un moteur V8, que je vois là-bas au fond ?
Tout en disant cela, il se dirigea vers la pièce mécanique en question pour l'analyser de plus près, comme un archéologue analyserai des dépouilles anciennes avec entrain. Bobby comprit que ce garçon pourrait facilement travailler pour lui, mais un élément le titillait encore.
- T'as quel âge, fiston ?
- 21 ans.
Le vieil homme maugréa derechef.
- Nan, en vrai idjit.
Dean observa Bobby de longues secondes, se demandant s'il devait dire la vérité ou pas, ce qui pouvait lui faire risquer de ne pas se faire embaucher. Après maintes réflexions, il avoua.
- 16... Mais, je suis émancipé !
Bobby souffla, pas de dépit, mais de tristesse, car il se revoyait un an en arrière lorsqu'il avait gardé Castiel avec lui.
- Et, je suppose que t'as nulle part où loger ni d'argent sur toi, pas vrai ?
Pour simple réponse, Dean haussa les épaules et Bobby secoua la tête en se maudissant intérieurement de la solution qu'il prit à l'instant.
- Balls, ma femme va me tuer...
Le Winchester s'apprêtait à demander ce que cela signifiait, lorsque Castiel entra dans le bureau. L'année passée chez le vieil homme lui rendit une meilleure allure, une maison et un travail qui consistait principalement à prendre les rendez-vous des clients et s'occuper de l'agenda et de la paperasse de Bobby qui se noyait sous le poids de cette malédiction administrative. Lorsque Castiel aperçut Dean, il tressaillit. Car, à cet instant et en quelques secondes, il se remit à sentir une émotion qui s'était tut et tari à l'intérieur de lui, depuis ce funeste jour où ses parents l'avait surpris avec son premier petit copain. Plus de doute possible, le cœur de Castiel venait de se réveiller...
1999 – Dublin, Irlande.
L'histoire se met doucement en place, les personnages se rassemblent, tel est le Destin, mais encore manque-t-il une personne. Et cette personne, ne se trouvait cependant pas sur la route de Sioux Falls. En réalité, il ne se trouvait même pas en Amérique...
Non, il courait de nouveau dans les rues de Dublin, du haut de ses quinze ans, Mick Davies accélérait le pas en s'engageant à toute vitesse sur Little Strand St, tout en continuant sur Great Strand St. Alors que, derrière lui, un vieil homme tentait de le rattraper, le fugitif bifurqua à sa droite sur la fin de Swift's Row avant de rejoindre Lower Ormond Quay, sur la rive de la Liffey. Mick devança enfin son poursuivant et termina sa course sous le Ha'penny Bridge où, depuis déjà cinq ans, son ami Tim et lui avaient établi leur campement de fortune, près de la rivière et sous le pont en question, loin des riches de la ville. Mick, à peine essoufflé, trop habitué à ses courses effrénées, rejoignit le fameux Tim qui gardait le Q.G. Lorsqu'il vit son ami, Tim se leva d'un bond et s'exclama alors, à la fois soulagé et anxieux.
- T'en a mit du temps !
Mick sauta du petit muret de pierre pour se retrouver aux côtés de Tim, en lui avouant alors, tout en mettant les mains dans les poches de son pantalon pour en sortir de l'argent.
- Désolé, je filais des touristes Américains et je me suis retrouvé sur Phoenix Park sans m'en rendre compte.
Le visage de Tim devint livide et ses yeux exorbités traduisaient une frayeur palpable lorsque, derechef, il s'écria en jurant.
- Holy Moly ! Mais, Mick, le Phoenix Park est le Q.G de la Garda, tu...
- Je sais, Tim !
La « Garda Síochána na hÉireann » (Gardiens de la Paix) est la Police de la République d'Irlande, que les deux orphelins craignaient à juste titre.
- Mais tiens, regarde ce que les Américains avaient sur eux.
Mick lui tendit alors une poignée contenant £20 (avant le passage à l'euro, la monnaie du pays était la Livre Irlandaise). Tim écarquilla les yeux et se mit enfin à sourire. Depuis leur fugue de l'orphelinat, cinq ans auparavant, les deux garçons vivaient grâce à leurs menus larcins, notamment les vols sur les marchés Dublinois ou, en période estivale, en faisant les poches des touristes perdus. Durant les premières semaines chaotiques de leur évasion, les deux garçons devaient échapper à l'armada des dirigeants de « Saint Michael » qui voulaient remettre la main sur eux, mais également se cacher de la Garda qui rôdait dans la ville.
Désormais, chacun d'eux connaissait Dublin par cœur, ainsi que les patrouilles et rondes de la Police tout comme les quartiers à privilégier pour rapiner les familles aisées.
Leur campement, comme expliqué tantôt, fut établi sous le pont Ha'penny Bridge (dont le nom rappelle le péage d'un demi-penny que le passant devait débourser pour l'emprunter), personne ne venait dans ce lieu de désolation, souvent envahit par la pollution et les ordures. Par logique, les touristes restaient autour des bâtiments à visiter, tels que : Chester Beatty Library, Museum of Natural History, St Patrick's Cathedral, Dublin City Gallery, etc. Les Dublinois, quant à eux, s'occupaient de leurs petites affaires pour faire dépenser les visiteurs, de ce fait personne ne faisait attention à deux jeunes garçons courant dans les rues et vivant près de la Liffey.
Pourtant, loin des rues sales et décrépies, dans lesquelles ils se cachaient de temps en temps, il y avait encore, de l'autre côté de la rivière, deux personnes qui n'oubliaient pas Mick et Tim et qui les recherchaient activement, lorsque l'occasion s'en présentait...
Ce fut ainsi, l'élément déclencheur pour le dernier personnage manquant de l'histoire, celui qui doit rejoindre les autres, ailleurs, dans un pays inconnu...
…
Tout commença un matin ordinaire pour les deux orphelins, comme souvent, ils se dirigèrent de concert vers les marchés du Temple Bar où ils arrivaient très souvent à dérober de la nourriture incognito, non loin de leur camp de fortune. Il leur suffisait alors de passer le pont qui leur servait d'abri et de traverser Crampton Quay pour se retrouver à Temple Bar. Les deux compères, plutôt rusés, trouvèrent quelques années plus tôt une idée pour faire diversion. En réalité, Mick imagina cette solution à force de penser à l'orphelin de « Saint Michael » qui chantait des berceuses la nuit pour se rassurer. Ainsi, pour ce faire, un des deux garçons déambulait parmi les étales de nourriture en chantant une musique Irlandaise et, que se soit les touristes ou les locaux, il suscitait l'attention souhaitée pour que son complice puisse rapiner plus facilement quelques miches de pain et morceaux de fromage, voir même de la viande si cela était envisageable. Bien sûr, leur lieu de larcin changeait le plus souvent possible et ils remplaçaient souvent leurs vêtements, qu'ils trouvaient dans les boutiques pour personnes démunies à prix réduit. Ainsi, ce matin-là, la tâche de la diversion tomba sur Mick qui, les mains dans le dos, marchait à pas lents le long des petites rangées entre les stands, faisant mine de s'intéresser à la marchandise. Au début, il fredonnait seulement la chanson qu'il venait de choisir, puis à mesure que les gens le regardait, il monta crescendo le son de sa voix.
En réalité, à l'instar de Castiel et Dean, Mick n'avait pas un physique désagréable à regarder. Tout comme Castiel, il avait les cheveux noirs en bataille et le teint très clair. Et, si les yeux de Castiel étaient d'un bleu céruléen profond et ceux de Dean d'un vert émeraude, ceux de Mick en revanche ressemblaient comme à une association des deux. En réalité, il avait les iris tellement limpides qu'il était difficile de leur attribuer une couleur. Entre le vert d'eau et le bleu dragée (ce qui serait personnellement mon avis, mais je ne serais pas contre l'opinion de certaines lectrices.) Toujours était-il que, sont regard perçant faisait sensation pour celles, ou ceux, qui le voyaient. Ce matin-là, au marché, il avait revêtu un vieux jean usé et une chemise sombre quelque peu détérioré, ainsi errant devant les vendeurs, il fredonnait alors sa comptine, bien connu des locaux.
While in the merry month of May, from me home I started
Left the girls of Tuam so sad and broken hearted
Saluted father dear, kissed me darling mother
Drank a pint of beer, me grief and tears to smother.
Then off to reap the corn, leave where I was born
Cut a stout black thorn to banish ghosts and goblins
Bought a pair of brogues rattling o'er the bogs
And fright'ning all the dogs on the rocky road to Dublin.
Mick rendait le sourire à celles qui lui offraient le leur, car tel était le secret pour faire une bonne diversion, puisque pendant ce temps-là, Tim subtilisa par-ci, par-là, leur faible pitance pour la journée. Le chanteur continua sa ballade, devant un groupe de jeunes filles de toute évidence absolument pas Irlandaises. Françaises, peut-être, car elles semblaient subjuguées par l'accent du garçon.
One, two, three, four, five,
Hunt the Hare and turn her down the rocky road,
All the way to Dublin, whack follol de rah !
In Mullingar that night I rested limbs so weary
Started by daylight next morning blithe and early
Took a drop of pure to keep me heart from sinking
That's a Paddy's cure whenever he's on drinking.
[...]
Du coin de l'œil, Mick vit son ami quitter le marché, signe que l'arnaque était terminée. Le jeune garçon termina sa chanson pour la demoiselle qui lui glissait son numéro de téléphone dans la poche de son jean en lui accordant un sourire aguicheur que Mick ne comprit pas vraiment.
…
Après son petit numéro, Mick rejoignit Tim sur Eden Quay, au bord de la Liffey, pour dévorer avidement le résultat de leur dur labeur, composé essentiellement de pain Irlandais et du fameux Cashel Blue. Le jeune Tim, la bouche pleine, concéda néanmoins à son complice.
- Tu devrais toujours chanter, toi. C'est carrément plus facile de rapiner les touristes et les vendeurs quand c'est toi qui chantes !
Mick secoua la tête en rétorquant avec véhémence.
- Ce que tu dis n'a aucun sens !
Tim haussa les épaules, comme pour affirmer que ce qu'il disait n'avait rien de surnaturel, comme si tout le monde était présentement au courant sauf l'intéressé lui-même.
- Bien sûr que si. Même que, si on devait recevoir une Livre à chaque fois qu'une fille te donne son numéro de téléphone, bah devine quoi ? On serait plus obligé de voler la nourriture ! Et même qu'on pourrait garder l'argent pour... Tu sais, la traversée...
Mick leva les yeux au ciel, voilà que son ami recommençait avec ça ! Car, depuis maintenant deux ans, lorsque Tim avait trouvé une carte postale de New-York dans une des poubelles qu'ils fouillaient de temps en temps, en période de famine absolue, le jeune garçon rêvait de l'Amérique. Il voulait se rendre à New-York, gardant précieusement la carte en question comme le trésor le plus précieux du Monde. Tim avait peut-être réussi à convaincre Mick de s'évader de l'orphelinat avec lui, mais la traversée jusqu'à New-York, n'était pas aussi facile que cela à négocier avec le jeune homme. Car, outre le fait que Mick avait peur de l'eau puisqu'il ne savait pas nager, et que vivre près de la rivière était déjà en soi un miracle pour lui, il ne comprenait pas ce que son ami pouvait espérer trouver en Amérique qui lui manquait tant en Irlande. Toujours était-il que, l'orphelin plein d'entrain tentait désespérément, tous les jours en réalité, de faire changer d'opinion Mick sachant éperdument qu'il y arriverait forcément tôt ou tard. Au moins, en l'ayant à l'usure. Au fond, tous les deux se retrouvaient ici, au jour d'aujourd'hui, libre et presque heureux grâce aux rêves fous de Tim.
Malheureusement pour l'un et heureusement pour l'autre, l'événement qui changerait le cours de cette histoire et accéderait un des garçons à la Destinée qu'On lui avait promise, se mit à place le matin-même.
…
Après leur restauration rapide et de fortune, les deux jeunes garçons regagnèrent naturellement le chemin de leur campement, lorsque quelque chose les perturba grandement, face au désordre anormal qui régnait sous le pont. Fort heureusement, étant logiquement paranoïaque de la non-sécurité qu'offrait la rue, Mick gardait toujours l'argent des larcins sur lui, donc le vol des voleurs était à exclure pour expliquer le capharnaüm du lieu. Mick allait tenter un éclaircissement lorsque deux intrus sortirent de derrière ce bazar, pour se tenir face aux deux garçons. Sur le moment, aucun des deux orphelins ne reconnut les individus en question, mais après quelques recherches intérieures, Tim s'écria presque contre sa volonté.
- Holy Moly ! Que je sois maudit si ce n'est pas Dr Hess et Frère Ketch !
En effet, qu'il soit maudit si les indésirables n'étaient pas les personnes susnommés, car tel était le cas. Et si Mick se retrouva cloué sur place face à la terreur et à la surprise, Tim eut cependant le reflex providentiel de l'attraper par la manche de sa chemise trop grande afin de courir avec lui le plus loin possible de ce damné endroit. Alors que les deux orphelins prirent ensemble la poudre d'escampette, les deux individus sortirent chacun un silencieux de leurs longs manteaux tout en se mettant à la poursuite des fugueurs.
Mick et Tim avaient de leur côté les cinq ans de courses effrénées pour échapper tantôt aux touristes qui ne se laissaient pas avoir, tantôt à la Garda qui les surprenait à voler, grâce à cela ils avaient de l'avance sur les deux bourgeois à leur trousse. Mick suivit son ami sans même comprendre où ce dernier se rendait, ils longeaient le quai de la Liffey, par Custom House Quay, puis N Wall Quay jusqu'au Ferry Port de Dublin.
Les cinq kilomètres qui séparaient les deux endroits ne purent refréner en aucun cas les deux poursuivants, même lorsque Mick tressaillit devant les bateaux amarrés au port car, presque à bout de souffle, il réussit cependant à s'écrier.
- Tim ! Tu l'as fait exprès !
En réalité, tout ceci était inconscient pour le jeune homme, mais son envie de quitter le pays l'avait naturellement dirigé jusqu'au port de Dublin, en toute logique. Et comme son complice gardait la monnaie des vols sur lui, Tim déroba l'argent à Mick pour payer deux places à bord de la compagnie « Irish Ferries ». Une fois les billets achetés, Tim donna le sien à Mick et l'agrippa derechef, alors que ce dernier n'arrivait toujours pas à comprendre ce qu'il se passait, tout allait bien trop vite et pas comme il le désirait. En réalité, le temps manquait pour analyser correctement la situation et faire le choix le plus judicieux, alors Tim embringua son ami par la force vers une ruelle vide, avec vue sur l'embarcation afin d'y courir plus tard, au dernier moment. Ainsi, ils ne seraient pas découvert dans la file d'attente, au cas où leurs poursuivants arriveraient. Malheureusement, durant ce délai, Dr Hess et Frère Ketch débarquèrent à leur tour sur le quai. Il est important à préciser que, les orphelins ne manquent pas à « Saint Michael » et que, techniquement, les deux évadés ne devraient pas susciter autant d'attention, cependant l'Anglaise s'accrochait à des principes où l'évasion devait être punie, d'autant plus que les deux jeunes hommes se trouvaient être en âge de terminer leurs pauvres jours à « Kendricks Academy ». Or, ils étaient là, prêts à quitter le pays et en cela, les deux adultes comptaient bien remédier à cette erreur.
...
Tim s'accrochait obstinément à la chemise de son meilleur ami, comme pour se rassurer de sa présence, mais également pour le prendre avec lui dès qu'ils devraient se mettre à courir jusqu'à la porte d'embarcation, au dernier moment. Les deux garçons, tout tremblants d'angoisse et de peur, gardaient les yeux fixés sur le bateau où la dernière classe montait déjà à bord, et ce fut probablement leur faux pas. Puisque, le regard concentré devant eux, ils ne virent pas que la ruelle dans leurs dos donnait sur une porte de sortie, reliée à un vieux restaurant du port, et que Frère Ketch et Dr Hess découvrirent avec plaisir. Chacun d'eux sortit leur silencieux et, par des signes de mains codées, se mirent d'accord pour tuer un des deux enfants, mais récupérer l'autre afin de l'expédier à Londres séance tenante. Frère Ketch, revolver en main, se glissa silencieusement et au hasard derrière Tim. Il tendit son bras, le mit en joue, visa et tira...
Le jeune garçon mourut sur le coup et, comme le silencieux avait fait son travail, Mick comprit que quelque chose clochait que lorsqu'il sentit son meilleur ami tomber à ses côtés. Puis, tout le reste se passa affreusement vite et Mick fut comme guidé par la force de la survie, ou par le Destin, car en se retournant, il découvrit avec horreur Dr Hess et Frère Ketch devant lui, armés et prêt à tirer s'il ne les suivait pas. Le garçon jeta un regard effaré sur le corps sans vie du seul être auquel il tenait et, dans un élan désespéré, il fit l'unique chose possible : courir.
Comme il s'élançait, la mort aux trousses, sur les quais, il fut impossible pour les deux poursuivants de sortir leurs armes et tirer sur l'enfant, au risque de faire porter l'attention sur eux, ce qu'ils désiraient éviter. Mick arriva à l'embarcation, où les passagers se trouvaient déjà tous à bord, car le contrôleur commençait à rétracter le pont jusqu'au quai. Mick accéléra, dépassant sa vitesse de course habituelle pour gagner la porte avant qu'il ne soit trop tard. Lorsqu'il freina difficilement devant le surveillant, ce dernier lui faisait déjà signe que l'embarcation se terminait, cependant Mick, bien décidé à monter à bord, sortit son billet de la poche de son jean avec une main tremblante. Dans un premier temps, le contrôleur refusa de le laisser passer, alors Mick l'implora du regard et comme le marin analysa le jeune homme et prit en pitié son air paniqué et angoissé, il souffla de dépit avant d'accepter son embarquement salvateur. Il prit le billet du garçon et ce dernier se mit à courir le long de la passerelle, qui commençait déjà à se retirer, puis sauta enfin dans le Ferry. Le Destin se joua à cinq secondes près, car Dr Hess et Frère Ketch arrivèrent sur le quai trop tard et la porte du bateau se ferma si vite que Mick ne put même pas jeter un dernier regard en arrière, pour dire au revoir à son pays et à son meilleur ami...
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À suivre...
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Informations :
- Ok, j'avoue, il n'existe aucune traversée par l'océan qui relie Dublin à New-York !
Où alors, il aurait fallu faire partir Mick depuis la France...
Bref, j'ai inventé ça pour coller à mon histoire. Ne m'en tenais pas rigueur.
(Car, il aurait été encore plus improbable qu'il prenne l'avion.)
- J'essaye, tant bien que mal, de faire des parties pour chaque personnage de longueur similaire. Cependant, j'en conviens, celle de Mick peut paraître plus longue, mais c'est uniquement dû au fait que je dois expliquer les références Irlandaises pour faciliter la lecture. Autant les petits coins américains, je sais que ça passe très bien puisque c'est la base même de SPN, autant les petits coins Irlandais ne sont pas connus de tous/toutes.
- Voici les références littéraires et musicales :
« Cavale » de Holly Goldberg Sloan : c'est le troisième livre dont je parlais dans le premier chapitre. Un bouquin que j'ai eu l'occasion de lire en 2012 et relire cette année. Un de mes livres préférés. Il me fait un peu penser à Supernatural et la trame de cette histoire (la fuite des enfants hors de leur famille pour un avenir meilleur et le Destin qui réunit tout le monde) vient principalement de cette œuvre.
« The Dubliners - Rocky Road To Dublin » : la musique que Mick chante au marché du Temple Bar. Chanson Irlandaise plutôt connue d'ailleurs. Et pour celles qui auraient du mal au concept d'un Mick qui chante, je vous invite à écouter un panel d'Adam Fergus, lors de la JIB8 et qui interprète la chanson « Whiskey in the jar ». Si vous ne voulez pas vous noyer sous le flot de vidéos, tapez sur YouTube :
« JIB week 2017 - Saturday - Rob Benedict and Adam Fergus singing »
(Postée par Josefa Chetcuti.)
Et, pour les plus téméraires, la version longue de ce panel à pour titre :
« 2017 JIB8 Sunday David, Rob & Adam. »
Durée 1H03, postée par Kreespa.
À la fin, Rob et Adam chantent même des chansons de Walt Disney !
Et, prenez ça avec rigolade, Adam est quelqu'un d'un peu dérangé, comparé au personnage qu'il joue, just FYI !
Voilà, voilà...
...
À jeudi prochain pour la fin !
Si vous le voulez...
