Disclaimer: Rien de tout ceci ne m'appartient, l'univers et les personnages -sauf les miens, bien sûr- appartiennent à J.K. Rowling -notre déesse-.
Comme prévu voici le deuxième chapitre (comme je n'ai pas repris les cours, j'en profite pour publier plus rapidement). Après réflexion, le rythme restera relativement aléatoire. En fonction de mon avancement dans l'écriture de l'histoire -j'aimerais garder un certain nombre de chapitre d'avance- je posterais chaque semaine, ou une semaine sur deux.
Je vous remercie pour les lectures, les ajouts et surtout les commentaires. C'est toujours très agréable d'avoir un retour sur ce qui est posté. Donc merci beaucoup pour ça, Pims10, Eduardo Vargas, Lylivans, Usule, Luffynette, et Nera Lupa, et pour les compliments qui allaient avec :D
Usule: c'est un des objectifs du développement des personnages que de les rendre...humain au possible. Au départ c'est encore un peu noir vs blanc, mais c'est un point de vue qui disparait rapidement et chaque personnage possède ses qualités, ses défauts, et ses jugements plein de ratés. Et oui, même Harry ne sera pas le preux chevalier Gryffondor qui ne veut et ne fait que le bien à tour de bras, empli de puissance et de magie pouvant rivaliser avec Dumby les yeux bandés.
Puisque je reprends les cours semaine prochaine (et que je vais sûrement commencer mon mémoire en plus du reste), je pense que le prochain chapitre sera pour la fin du mois.
Bonne lecture.
Chapitre II - Square Grimmaurd.
"Hell is empty and all the devils are here."
- William Shakespeare -
"Vous avez déjà eu cette sensation, très agréable en passant, de sentir votre estomac essayer de changer sa place avec d'autres organes ?" grommela Harry en titubant le long d'un trottoir.
Seul un petit rire de Dumbledore lui répondit quand il retira la main de son épaule. Le garçon faisait tout son possible pour essayer de garder l'intérieur de son corps dans le bon sens, et de ne pas régurgiter ses derniers repas sur les pieds du directeur. Après quelques minutes à respirer bruyamment un air glacé, il leva les yeux pour rencontrer une architecture anglaise terne et sombre. Chaque maison face à lui comptait plusieurs étages, et s'alignaient à l'identique sur des dizaines de mètres.
"Sirius se cache en plein milieu du Londres moldu ?" questionna le survivant en haussant un sourcil sceptique. Il savait son parrain irresponsable, mais il avait quand même eu espoir que ses années d'internement forcé, comme il les appelait, lui avaient mis un peu de plomb dans la tête. Et à défaut que le directeur et ses amis aient réfléchit plus d'une minute à la question de sa cachette.
Pour seule réponse le vieil homme lui tendit un papier sur lequel une ligne d'une écriture délicate dessinait une adresse, le douze Square Grimmaurd. A peine eu-t-il finit de lire que le papier lui vola des mains pour s'enflammer. En relevant les yeux, il put noter une légère différence dans le décor qui ne manqua pas de le surprendre. Une nouvelle maison de briques noires venait de faire son apparition juste en face de lui. Plus basse d'un étage que ses voisines, elle était aussi légèrement plus large et renfoncée de deux bons mètres. Sans un mot Dumbledore s'avança, rapidement suivi du garçon, pour rentrer dans la demeure.
Alors qu'il avançait lentement derrière son directeur, le survivant laissa ses pensées s'égarer. Il avait mentit au vieux sorcier sans l'ombre d'une difficulté quand ils étaient encore chez son oncle, il avait su garder un contrôle presque parfait sur ses émotions et adapter ses réponses à ce qu'il observait du comportement de son interlocuteur. Il ne savait pas si c'était l'adrénaline qui lui restait de sa récente mort, ou si Godric avait fait quelque chose, mais il avait l'impression d'avoir un cerveau qui fonctionnait beaucoup plus vite.
"Ta magie, et globalement toute ta personnalité, était entravée par quelque chose dont je me suis débarrassé. Mais ce n'est pas le moment d'en parler." répondit Gryffondor à la question silencieuse.
Harry se figea une seconde avant de reprendre sa marche en direction de la maison, essayant au mieux de rester impassible. Quelque chose bridait sa magie, soudainement leur discussion précédente lui revint en mémoire. Devant la porte de sa mort, le fondateur lui avait dit qu'il avait déjà utilisé quelque chose pour satisfaire le sort de mort. Quelque chose qui appartenait à son ennemi. Un frisson lui parcouru le dos en imaginant que Voldemort ai eu une part de lui dans sa magie depuis longtemps.
"Plus tard." murmura d'un ton doux la voix dans sa tête.
Se résignant, il secoua la tête pour chasser les pensées en rapport avec tout ceci et monta avec précaution les marches de marbre noir qui menaient à la porte de l'entrée principale. Harry sourit en voyant la poignée en argent en forme de serpent. Sirius n'étais pas le seul Black à ne pas savoir faire dans la subtilité. Entrant d'un pas décidé dans la nouvelle résidence de son parrain, il manqua de s'étouffer quand un nuage de poussière apparu devant lui.
"Attention où tu mets les pieds Harry, il reste beaucoup de choses à faire pour rendre cet endroit habitable." sourit le vieil homme.
"Oui, raser et brûler jusqu'au sol. Entre autres choses." marmonna le garçon en enjambant des Doxys qui jouaient avec un tapis. "Même si je serais d'avis de brûler le sol aussi en fait, par mesure de sécurité."
Le couloir de l'entrée semblait interminable, s'étendant sur plus d'une dizaine de mètres. Harry nota plusieurs portes barricadées, gardant l'information dans un coin de sa tête pour revenir s'aventurer dans les méandres du lieu de vie d'une des familles les plus noires d'Angleterre s'il s'ennuyait un peu, ainsi qu'un morceau de parquet ancien qui tenta de lui avaler une chaussure. Glapissant de surprise, il sauta à pied joint sur la lame de bois qui venait de l'agresser, lui arrachant un grognement sourd.
"Ah, je vois que tu as fait connaissance de Gérard." sourit Dumbledore en lui lançant un regard brillant d'amusement.
"Gérard ?"
"Un grand ami de ton parrain, il lui a déjà volé trois chaussures et plusieurs touffes de poils." continua le vieil homme avec amusement, désignant distraitement les quelques poils noir qui étaient coincés entre les planches.
"Et on n'a même pas encore atteint la première pièce." se lamenta Harry en se massant les tempes.
"Bien que mesquine, la demeure n'en est pas particulièrement dangereuse, et il s'agit d'un endroit très bien protégé. Sirius est ici en sécurité Harry."
"Oui, tant qu'il réussit à ne pas se faire avaler par le parquet ou le buffet il devrait être en sécurité. Je vous préviens, je ne l'ai pas sauvé des détraqueurs pour qu'il se fasse tuer par ses draps dans son sommeil." lança-t-il sur un ton menaçant au directeur, à moitié sérieux. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait de gros doutes sur le fait que le bien-être du fugitif ait été pris en compte dans la décision de le faire vivre ici.
Dumbledore haussa légèrement un sourcil devant la remarque du garçon et le ton glacial employé, et lui fit un signe de main pour passer devant lui alors qu'ils atteignaient le bout du couloir. Des escaliers en piteux état montaient à gauche vers le premier étage, et sur la droite deux portes ouvertes menaient au salon et à une des salles à manger.
"Je vais chercher Sirius, ne bouge pas Harry. Il y a plus que des Doxys dans cette maison." lui conseilla le vieil homme avant de monter les escaliers.
Harry le regarda partir avec ennui, il venait d'échapper à un partisan de son ennemi qui en voulait à sa vie, et maintenant il était laissé seul au milieu de la maison d'une famille entière desdits partisans. Un soupir las et profond lui échappa, faisant bouger les bords d'un drap qui recouvraient un tableau face à lui. Le mouvement léger entraina l'ouverture brusque du tissu, arrachant un sursaut au garçon. Un immense tableau représentant une femme aux traits sévère couvrait une partie du mur, la décoration riche du cadre contrastait avec l'ambiance sinistre qui régnait à l'intérieur. Une inscription dans un carré d'or en bas le renseigna sur l'identité de la femme qui le fixait avec dédain.
"Bonsoir Madame Black." commença-t-il avec un ton doux.
"Encore un traitre à son sang que mon misérable fils a ramené." cracha la femme avec mépris.
"L'idéal que je respecte et cherche à atteindre est celui que nombre de personnes dans ma famille ont partagés avant moi, de ce fait je ne pense pas trahir mon sang." commença doucement Harry en pesant chacun de ses mots. "Cela étant, je ne considère pas que quelqu'un doué de magie soit inférieur à un autre à cause de certaines caractéristiques dues à sa naissance. Qu'il soit né-moldu, une créature magique ou encore, dans votre cas Madame Black, une peinture."
"Pire qu'un traitre à son sang." cracha la femme sur un ton glacial.
"La magie ne fait que peu de cas de ce dans quoi elle s'imprègne. Il y a des sangs-mêlés biens plus puissants que certain des sang-purs. Comme l'inverse existe aussi. Sans parler du potentiel magique incroyable de certaines créatures." continua Harry sans prêter attention à la remarque.
"Tu ne connais rien à la magie petit enfant." lâcha Walburga.
"Tout s'apprend." Balayait Harry d'un geste de main. "Et je ne suis pas enfermé dans les mêmes carcans que vous."
"Traitre à son sang, insultant, et prétentieux."
"Il faut croire qu'il s'agit de caractéristiques héréditaire Madame Black, même si elles sont pour moi plus positives qu'elles ne semblent l'être pour vous."
"Quelle est ta famille ?" questionna la femme sur un ton curieux.
L'absence d'antipathie dans la réponse de son interlocutrice arracha un sourire à Harry. Il avait entendu Sirius parler un peu de sa mère à la fin de sa troisième année, lui expliquant quel type de femme elle était. Il était donc particulièrement heureux d'avoir réussi à atteindre un niveau de discussion civilisé aussi rapidement, même s'il savait déjà quel effet allait avoir sa prochaine réponse sur la femme.
"Je suis le dernier descendant, connu tout du moins, de la famille Potter." se présenta-t-il en inclinant légèrement la tête.
"Encore un Potter." cracha la Black avec dégout.
Des bruits de pas se firent entendre juste au-dessus d'eux. Harry poussa un soupir en voyant son plan mit à l'eau par l'arrivée des deux hommes.
"Une dernière chose Madame Black." chuchota-t-il en gardant un œil attentif sur les escaliers. "Mon héritage est un rien plus complexe."
Les yeux de Walburga Black s'élargirent de surprise quand elle vit, pointées sur elle, deux orbes glaciales. L'une d'un vert éclatant, l'autre d'un rouge sanguin. Elle n'eut pas le temps de répondre que les yeux du garçon reprirent leur teinte normale. Attrapant le rideau il le referma rapidement au moment où il entendit les premières marches grincer sous le poids de son parrain. Deux secondes plus tard il était étouffé dans une étreinte d'ours.
"Sirius." murmura Harry difficilement. "Sirius tu vas me tuer."
"Désolé Harry." s'exclama son parrain en le relâchant brusquement. Il l'inspecta sous toutes les coutures pour vérifier les dires du directeur sur le fait qu'il n'avait rien.
"Tu sais Sirius, je crois que tu vas réussir à me tuer en essayant de faire attention à moi, plus rapidement et plus efficacement que ceux qui m'en veulent réellement." grogna Harry en s'appuyant sur un mur pour garder l'équilibre.
"Désolé petit chiot." offrit l'homme avec une moue boudeuse.
"Oh allez vieil homme, ne fais pas ta tête de chien." le taquina le survivant.
"Vieil homme ?" s'exclama Black avec une expression scandalisée. "Tu sais combien de femmes, rien qu'en Angleterre, seraient prêtes à vendre leur mari pour un rendez-vous avec moi ?"
"Non, mais je doute qu'il y en ai plus de deux. Et vu où tu habites, je pense que ça calmerait même les deux-là." rétorqua le garçon amusé.
"Et voilà, je m'inquiète pour toi, je me fais un sang-d'encre enfermé dans cette maudite maison, et toi tu te moques de moi." dramatisa volontairement son parrain en levant les bras au ciel, implorant silencieusement une quelconque divinité.
"Tu ne savais même pas qu'on avait essayé de me tuer il y a deux minutes Sirius." lui rappela Harry en agitant son index dans sa direction.
A la remarque d'Harry, tout amusement quitta le visage de l'homme face à lui. Il avait été mis au courant à l'instant de l'attaque par le directeur de Poudlard, et du fait que l'homme était mort d'une raison inconnue et qu'il portait la marque des ténèbres sur le bras. Il avait rapidement fait l'association avec la fuite du traitre il y a quelques semaines mais avait rapidement effacé ses inquiétudes. Dumbledore semblait penser à une attaque d'un ancien mangemort qui aurait voulu venger son maitre et qui n'aurait trouvé que tardivement la localisation de la maison de l'oncle du survivant. Il avait l'impression qu'il manquait un élément crucial dans cette explication, mais il n'avait rien de plus valide pour l'instant.
"Comment tu vas ?" demanda-t-il gravement à son filleul en posant ses deux mains sur ses épaules, plongeant son regard noir dans celui émeraude du garçon.
"Je vais bien Sirius, je ne sais même pas ce qu'il s'est passé cette nuit. Je me suis réveillé dans le jardin, entre deux massifs de fleur de tante Pétunia qui étaient en feu. Le temps d'essayer de comprendre ce que je faisais dehors, le professeur Dumbledore était déjà là." lui expliqua Harry en souriant, cachant une note d'amertume à devoir mentir à son parrain.
"Nous ne pouvons faire confiance à personne pour l'instant." lui murmura une voix réconfortant au fond de son crâne.
"Que va-t-il se passer maintenant Dumbledore ?" demanda Sirius en se tournant vers le vieil homme, une expression inquiète plaquée sur le visage.
"Harry va rester quelques jours, le temps que je ramène ses affaires et que quelques recherches soient effectuées." expliqua le directeur avec un soupir las de savoir qu'il allait devoir remettre l'ordre du phénix en place de manière active beaucoup plus tôt qu'il n'aurait voulu. "Ensuite, si la situation ne présente aucun danger, Harry rejoindra ses amis au Terrier. Il me semble qu'Arthur leur réserve une surprise."
"Comment allez-vous faire ces recherches professeur ? Je ne veux pas risquer de mettre en danger mes amis si les hommes de Voldemort en ont après moi." claqua Harry catégorique. S'il devait faire face à une nouvelle attaque il préférait avec son parrain, ancien auror, avec lui que d'entrainer Hermione et Ron dans une telle situation. "Ou si Voldemort lui-même commence à en avoir après moi. Encore." finit-il avec un sourire las, notant la surprise dans les yeux de son parrain.
Dumbledore sembla hésiter quelques secondes, mais les regards appuyés du garçon et de son parrain eurent raison de sa réticence à révéler ces informations à Harry. S'il ne le faisait pas lui-même maintenant, Sirius s'en occuperait plus tard, et pourrait compromettre sa relation avec le jeune sorcier.
"Lors de la première guerre, il y avait un groupe qui luttait contre Voldemort et ses partisans." commença le directeur, s'arrêtant pour laisser le temps au garçon de comprendre les implications de ce qu'il venait de lui dire. Un hochement de tête le poussa à continuer. "Pas de manière officielle évidemment, le ministère était contrôlé par les mangemorts depuis bien avant le début des hostilités. Ce groupe était l'Ordre du Phénix. Je le dirigeais, tes parents, Sirius, et bien d'autres en faisaient partie."
"Ce groupe a été dissout quand Voldemort a disparu la première fois ?" demanda Harry, sans prêter attention au glapissement de surprise de son parrain. Il avait oublié que le pauvre maraudeur n'avait peut-être pas encore eu le temps de se faire à l'idée, ou même d'apprendre, que le seigneur des ténèbres était déjà sur le point de revenir d'entre les morts, d'une manière plus officielle que jusqu'à maintenant. "Après." lui signala-t-il d'un mouvement de main.
"En effet Harry, plusieurs membres n'ont pas survécu à cette guerre, et une fois la chasse aux derniers mangemorts posant encore problèmes terminées, j'ai dissout ce groupuscule."
"Vous allez le recréer ?" le ton d'Harry était purement curieux. Dumbledore lui lança un regard perçant, il s'était attendu à ce que le garçon saute sur l'occasion pour lui demander d'en faire partie.
"J'aurais aimé avoir à le faire bien plus tard, cependant je ne peux ignorer plus longtemps les évènements qui ont eu lieu. La fuite de Peter va probablement entrainer beaucoup d'évènements terribles. Au plus tôt les membres seront prêts à faire face à cette situation, au mieux cela sera pour nous tous."
"Je vois." commenta Harry en hochant la tête. Il nota les regards surpris des deux hommes face à son absence de réaction et poussa un soupir en levant les mains au ciel. "Vous vous attendez à ce que je vous agresse pour vous obliger à me faire entre dans ce groupe ? Je comprends les implications de faire partie d'un tel mouvement, et même si je dois admettre vouloir une place dans une résistance contre un homme qui veut ma peau depuis ma première année de vie, je sais aussi que je ne suis pas de taille pour un défi pareil. Je ne pourrais même pas affronter le moindre de ses hommes avec l'espoir d'en sortir vivant."
"C'est une décision très sage Harry." acquiesça le vieil homme. Le comportement du garçon semblait avoir radicalement changé en l'espace de quelques jours. Les changements en eux-mêmes l'inquiétaient autant que la raison qui les avait provoqués.
"Je ne pense pas, à treize ans, avoir les capacités de battre des adultes en pleine possession de leurs moyens. Contrairement à ce qu'il s'est passé à Poudlard jusque maintenant, j'étais dans un environnement relativement sécure et j'ai eu beaucoup de chance." il se tourna rapidement vers son parrain pour couper court à toute réflexion du directeur. "Cependant, je sais que je vais être en tête de ligne si jamais une nouvelle guerre venait à éclater. Pas que ça me plaise, mais je pense ne pas avoir mon mot à dire sur la question malheureusement. Donc j'aimerais que tu commences à m'entrainer Sirius."
"T'entrainer ?"
"Oui. J'ai quelques connaissances sur les demeures principales des familles de sang-pur, et je sais qu'elles ne sont pas sujet aux restrictions du ministère sur l'usage de la magie par des mineurs. Que ça soit fait de manière légale ou non, je pense ne pas me tromper en disant que la maison de la noble famille Black n'échappe pas à la règle ?"
"Non en effet." sourit Sirius à la remarque et au ton hautain employé pour désigner sa famille. Lui et James avaient toujours fait ainsi lorsqu'ils en parlaient, et Harry commençait de plus en plus à ressembler à son père sur ces points.
"Bien, donc j'aimerais apprendre tout ce que tu pourras m'apprendre. Je veux savoir combattre quel que soit les moyens à utiliser, je connais la totalité des sorts que nous avons appris à Poudlard jusqu'à maintenant, et je maîtrise un certain nombre de matières, mais sans pratique derrière ces connaissances me sont inutiles. Quoi qu'en pense Hermione à ce sujet, ce n'est pas dans les livres que je trouverais comment me battre."
Face au ton résigné du survivant, Sirius ne put que hocher la tête pour donner son accord face à ce plan pour les jours à venir. Bien sûr il était partant dans l'idée de rendre son filleul le plus débrouillard possible, et si par la même occasion il pouvait lui donner des éléments pour s'en sortir à l'école il était totalement d'accord. Mais il avait l'étrange intuition que le fils de son ami sous entendait plus un entrainement sérieux que de maraudeur dans sa demande.
Dumbledore poussa un discret soupir dans son coin. Il n'avait pas eu son mot à dire, et quoi qu'il ait pu ajouter pour convaincre le garçon de ne pas se lancer tête baisser dans cet apprentissage extra-scolaire, il n'aurait rien pu faire pour empêcher Sirius de lui apprendre au moins deux ou trois choses qui auraient éveillées sa curiosité. Plantant son regard perçant sur la nuque du survivant, il repensa à la totalité des plans qu'il avait vis-à-vis du garçon. Il n'avait jamais fait preuve d'un potentiel magique énorme et avait tendance à ne pas réfléchir après avoir agit. S'il commençait à utiliser les capacités de réflexion de sa mère en plus du talent extraordinaire de son père pour la magie, il ferait un sorcier exceptionnel mais remettrait en cause la totalité de ses plans.
"Il n'est pas nécessaire d'user de la violence pour venir à bout de ses ennemis Harry." tenta tout de même le directeur.
"Même si je dois admettre que tuer Voldemort en empoisonnant son thé soit un de mes rêves secret, je doute pouvoir le mettre un jour en application." rétorqua le garçon en souriant à l'image qui venait de se former dans son esprit. "Et je ne pense pas qu'une tape sur les doigts et un sermon suffiront à lui faire arrêter son...plan ?"
"Tu n'es pas obligé de maîtriser les arts du combat." continua Dumbledore, sans prendre la peine de cacher le fait qu'il ai compris le but de la demande qu'il avait fait à son parrain.
"Professeur, vous pourriez battre n'importe qui en duel, en dehors de l'homme serpent, les yeux bandés, les mains dans le dos et votre baguette dans la bouche, si l'on en croit vos exploits. Avec tout le respect que j'ai pour vous, je crois que vos conseils sur ce que je dois apprendre ou non pour me défendre risquent de sonner terriblement hypocrites." lâcha Harry en soupirant, n'ayant que peu envie de se confronter au vieil homme par rapport à ses décisions. Derrière lui Sirius retenait difficilement un sourire. "De plus, nous savons tous les deux que, peu importe l'issue de cette discussion, je finirais par faire ce que j'ai en tête. Et, vous n'êtes après tout que mon directeur. Donc ce que je fais de mes vacances avec ma famille ne concerne que moi."
Harry soutint le regard froid et dénué de tout amusement du directeur pendant une longue minute avant que celui-ci ne perde soudainement toute couleur et fasse demi-tour en titubant. Décidé à comprendre les raisons du changement de comportement du garçon habituellement si timide et loyal envers lui, il avait tenté d'user à nouveau de la légilimancie. Cependant il s'était trouvé une nouvelle fois dans un vide complet, et avait été expulsé avec plus de force encore, à tel point que son corps avait ressenti directement l'effet de l'attaque.
Le survivant et son parrain regardèrent le vieil homme sortir rapidement et disparaitre une fois les protections de la maison passée. Sirius était surpris du comportement de son filleul, mais pour rien au monde il n'allait l'admettre. Il allait enfin pouvoir avoir de la compagnie autre que sa mère ou son abominable elfe de maison.
"Alors Harry, maintenant que nous sommes seuls toi et moi." commença l'homme avec un sourire mesquin, en passant un bras autour de ses épaules. "Si tu me racontais comment ça se passe avec les filles à Poudlard. Ton père et moi étions des vrais Don Juan à ton âge tu sais." Un grognement gêné du garçon lui répondit, ses joues virant au rouge, alors qu'il explosait dans un aboiement de rire.
~o~oO00Oo~o~
"Maudit vieil homme...saleté d'habitudes...croirait Salazar...toujours à vouloir tout savoir...prochaine fois je lui arrache l'esprit..."
Harry observait d'un œil distrait le livre ouvert devant lui. Couché dans le lit d'une des chambres de Sirius, il avait le livre des mémoires de son nouvellement nommé ancêtre posé sur son bas ventre en appuie sur ses cuisses relevées. Il avait prévu au départ de commencer sa lecture sur la vie de Gryffondor, s'étant rapidement rendu compte qu'il ne connaissait absolument rien de l'homme, alors qu'il était dans la maison à son nom depuis trois ans maintenant. Mais c'était sans compter la rage et la rancune de l'homme face aux intrusions de Dumbledore dans son esprit, même si Harry avait l'impression qu'il confondait souvent le vieil homme et Salazar dans ses insultes et ses menaces.
"Godric, j'apprécierais de pouvoir lire." soupira le garçon simplement pour attirer l'attention de l'esprit hors de ses ruminations. Il haussa un sourcil en sentant les poils de sa nuque se hérisser soudainement. "Tu essaies de me jeter un regard noir alors que tu es un livre ? Étrangement, je crois que ça fonctionne."
"Tu n'as rien à dire sur ce qu'il s'est passé ?" s'exclama Gryffondor bruyamment dans son esprit. Comment il pouvait hurler aussi fort restait un mystère pour Harry.
"Bien sûr que si. Mais c'était prévisible qu'il cherche à avoir des réponses, l'attitude que j'ai eu n'avait rien à voir avec d'habitude." expliqua-t-il avec calme.
"Voilà pourquoi tu ne dois faire confiance à personne tant que nous n'avons pas travaillé là-dessus ensemble."
"Là-dessus quoi ?"
"Tu n'as pas compris ce qu'il s'est passé ?"
"Je n'ai même pas eu l'impression qu'il se soit passé quoi que ce soit. C'est en écoutant distraitement vos diverses insultes très colorées que j'ai compris qu'il avait cherché à obtenir des réponses sans passer par la manière conventionnelle. Mais je ne sais pas pour autant ce qu'il s'est passé, j'ai treize ans et uniquement trois ans de scolarité à mon actif au cas où vous auriez déjà oublié." expliqua Harry, plus amusé qu'autre chose. D'avoir quelqu'un à ses côtés qui le soutenait aidait grandement à voir le bon côté des choses. De plus son parrain lui avait dit qu'il aurait sa première session d'entrainement dans la soirée, donc il avait tout pour être calme.
"Que sais-tu des arts de l'esprit ?"
"Mon enseignant en cours de potions essaies de m'introduire à l'art subtil de l'insulte et du sarcasme à la Serpentard. Sinon rien d'autre." sourit Harry, se rendant compte une fois de plus de ses lacunes conséquentes dans le domaine de la magie.
"Il existe deux domaines, l'occlumancie et la légilimancie." commença à expliquer Godric sans prêter attention à la remarque du garçon. "L'occlumancie te permet de protéger tes pensées des intrusions externes ainsi que d'avoir une meilleure emprise sur elles. C'est une des premières magie que j'enseignais, je suppose que tu peux facilement comprendre l'intérêt de pouvoir gérer immédiatement tes émotions lors d'un duel, par exemple."
Harry hocha simplement la tête, réfléchissant aux implications de ce que venait de lui dire l'homme. S'il apprenait à gérer toutes ses pensées et toutes ses émotions et à pouvoir les filtrer pour ne rien montrer, il allait finir par tellement ressembler à Rogue que le directeur des vert et argent ferait tout pour le changer de maison.
"Ce premier domaine, comme tu l'auras surement compris, est plus focalisé sur ton intérêt personnel. La légilimancie, à l'inverse, est une branche de la magie de l'esprit focalisée sur l'intrusion dans les pensées de l'autre."
"Attendez, vous voulez dire qu'avec ça je pourrais savoir ce que pense quelqu'un ?" demanda, estomaqué, le garçon.
"Tu pourrais savoir ce qu'il pense sur le moment, ce qu'il a pensé à d'autres moments de sa vie, ressentir ses émotions, revivre des souvenirs, et caetera. Tu t'introduiras dans son esprit et, s'il n'a aucune protection due à l'occlumancie, tu pourras avoir accès à tout son être. Poussée à son maximum par un sorcier très puissant, la légilimancie peut aussi permettre de prendre possession de quelqu'un."
"C'est illégal comme pratique ?"
"Je ne sais pas pour ton époque. De mon temps l'occlumancie était enseignée dès la deuxième année de scolarité, et la légilimancie était dispensée par Salazar pour ceux ayant choisi cette spécialité en dernière année."
"Vous laissiez Serpentard enseigner à des élèves comment s'introduire dans l'esprit des autres ?" s'étonna Harry.
"Comme je te l'ai dit, nous leur apprenions dès le début à s'en défendre, et seule une poignée apprenait la légilimancie. Je n'étais pas un fervent défenseur de cette pratique, mais nous nous étions tous mis d'accord en créant cette école qu'aucune branche de la magie ne serait rejetée."
"Ça veut dire que l'un de vous enseignait aussi la magie noire ?" Harry imaginait mal le ministre actuel autoriser une matière aussi dangereuse dans les enseignements de Poudlard. Même Dumbledore serait sûrement contre.
"Évidemment. Mais nous n'en parlerons pas ici, il te reste beaucoup à comprendre sur la magie avant que nous ayons cette discussion." le tempera le fondateur d'un ton ferme.
Le garçon ne répondit pas tout de suite, réfléchissant aux paroles de l'homme. Il avait des connaissances sur la magie noire, pire elle était même enseignée à Poudlard pendant un temps. Il n'aurait jamais cru une telle chose possible, cependant il n'aurait jamais cru non plus que le vénérable directeur de Poudlard pouvait utiliser des moyens aussi bas que de s'introduire dans l'esprit des élèves pour obtenir des réponses à ses questions. Un frisson longea sa colonne alors qu'il imaginait le nombre de fois où son intimité intellectuelle avait été violée par le vieil homme. Soudainement, les yeux bleu pétillants et amusé de Dumbledore devenaient beaucoup plus angoissants.
"Nous apprendrons à t'en protéger. Je peux t'enseigner ces deux branches de magie, et c'est par là que nous commencerons cet été si tu le souhaite. Je ne pourrais t'entrainer tant que ton noyau magique ne sera pas plus développé. D'autant plus que maintenant tu dois retrouver ta véritable magie." lui expliqua le fondateur. Il avait déjà un vague programme en tête mais il avait besoin que le garçon comprenne les implications complètes de ce dans quoi il allait se lancer.
"Comment ça ? Ma véritable magie ?"
"Comme je te l'ai dit je t'ai débarrassé de quelque chose hier soir."
"Oui je me souviens, vous m'avez même dit que ça venait d'un ennemi. Comment vous pouviez savoir ? Vous ne connaissez rien de moi." demanda Harry qui pouvait enfin avoir des réponses pour éclaire sa confusion sur ce point.
"Je ne connais rien de toi, mais seul un sorcier sombre, dévoré par la magie, peut faire ce qui t'a été fait. Ce dont je t'ai débarrassé était une partie de l'âme de quelqu'un."
"Quoi ?" hurla le garçon, plaquant rapidement ses mains sur sa bouche en se retournant vers la porte. Plusieurs secondes passèrent sans que son parrain ne se montre. "Une partie d'âme ?" demanda-t-il plus calmement, pâle comme un mort.
"En effet. Il existe des branches de magie qui se sont intéressées de près à la mort, et surtout à comment l'éviter. Une des premières création était le sortilège de mort, mais c'était bien trop hasardeux il suffisait de se faire toucher par n'importe quel autre sort pour mourir. Certains sorciers ont donc créé un rituel qui, en utilisant un sacrifice humain, permet de séparer son âme et la placer dans un réceptacle." expliqua calmement Godric au survivant qui semblait sur le point de vomir. "C'est ce dont je me suis débarrassé."
"Je...j'avais un morceau d'âme de quelqu'un d'autre ?" bredouilla Harry.
"Oui. Il polluait ton esprit et ta magie, t'empêchant de te développer correctement."
"Vous...vous m'avez dit qu'il s'agissait d'un ennemi ?" demanda-t-il, sous la sensation étrange d'un livre lui lançant un regard compatissant.
"Aucun sorcier ne te voulant du bien n'utiliserait ton corps pour éviter la mort. De plus, il n'y a que peu de cas dans l'histoire où des êtres humains ont été utilisés comme réceptacle, le danger étant bien trop grand, mais le peu de personnes ayant été dans ce cas ont rapidement mal tournés. Le morceau d'âme les a poussé sur la voie des ténèbres, et ils sont tous devenus des Seigneurs Sombres. Ou sont morts en essayant." termina Gryffondor sur un ton grave et lourd. Harry comprit rapidement ce que sous-entendaient les informations de son ancêtre, s'il n'avait pas été là pour le sauver de cette nuisance il aurait fini par suivre le chemin de Voldemort.
"Donc, on peut laisser une partie de soi quelque part pour ne jamais mourir ?" commença le survivant en cherchant à chasser son malaise et son dégout pour comprendre tous les éléments qui pourraient découler de cette découverte.
"La mort viendra forcément un jour, mais chaque morceau d'âme permet de prolonger l'espérance de vie. Cependant, le plus souvent, ils sont utilisés comme une assurance. Le sorcier qui découpe son âme et qui en dispose une partie quelque part ne pourra pas mourir si l'on détruit son enveloppe corporelle. Il reviendra, après plus ou moins de temps selon les précautions qu'il a prit, mais il reviendra."
"Est-ce qu'il est possible de découper son âme en plusieurs morceaux ? Mettons, minimum deux plus un dans le corps vivant du sorcier ?" demanda Harry, essayant de se rappeler de ses confrontations avec Voldemort. Il ne pouvait décemment pas imaginer Quirrell en tant que réceptacle pour un morceau de l'âme du seigneur des ténèbres, mais plus comme un corps temporaire le temps d'en recréer un. Il avait donc déjà un morceau d'âme, le journal et celui qui était en lui en rajoutait deux. Un frisson lui traversa le corps de part en part en imaginant la souffrance que l'on pouvait ressentir en déchirant son âme.
"Oui." répondit gravement Godric, sa voix grave ne portant plus aucune émotion. "Un sorcier peut réaliser jusqu'à huit séparations avant que ce qu'il reste de son âme ne soit trop instable pour tenir dans un corps."
"S'il en fait plus, qu'est-ce que ça fait ?"
"Il ne pourra plus avoir de corps qui lui est propre. Il devra se contenter de vivre au travers de possession, soit en accord avec la victime où ils partageraient alors leur vie au prix de grands sacrifices. Soit au détriment de la victime, en la possédant par la force."
Harry grimaça aux informations, en deux ans de scolarité il avait eu la malchance de voir ces deux types de possessions.
"Si le sorcier perd des morceaux d'âmes, qu'ils sont détruits, qui l'empêchaient de pouvoir garder une enveloppe physique par lui-même, est-ce qu'il pourrait récupérer son corps ?"
"Je ne sais pas, je ne me suis jamais trop renseigné sur les conséquences de ce genre de magie. J'en connais suffisamment pour comprendre comment vaincre mes adversaires, malheureusement pas plus. Salazar pourra peut-être répondre à tes questions." réfléchis rapidement Godric. Il n'avait jamais voulu approfondir ses connaissances sur ce point de peur de faire une erreur en apprenant à ses élèves, et de les tenter sur la voie du sacrifice pour échapper à la mort.
"Euh...vous savez, les fondateurs sont morts depuis des centaines d'années. Sauf si Serpentard était un vampire je doute qu'il soit toujours en vie."
"Il existe de nombreux moyens pour laisser une trace après sa mort."
"Un peu comme vous non ?" demanda Harry, curieux. "Ce que vous avez fait c'est comme laisser une partie de son âme ?"
"Non." le coupa la voix froide de l'homme. "Je ne m'abaisserais pas à déchirer mon âme. Nous ne savons pas ce qui nous attend dans la mort, et je préfère entreprendre ce voyage dans les meilleures conditions."
"Je...excusez-moi" marmonna le survivant, conscient de l'erreur qu'il venait de faire. Après tout, il venait d'accuser Godric Gryffondor d'avoir suivi la même voie que nombre des sorciers les plus noirs de l'histoire.
"Nous t'apprendrons à penser plus vite que tu ne parles." le sermonna-t-il gentiment. "Ma présence est due au rituel que j'ai effectué et à ta magie. En te montrant digne de mon héritage, la magie te déclare comme mon descendant. Ta magie et la mienne sont dès lors liées comme le serait celle d'un père et de son fils." Godric laissa un peu de temps au garçon pour assimiler les informations avant de reprendre sur un ton plus doux. "Une fois cet héritage acquis, la seconde partie du rituel s'enclenche et une partie de ta magie est utilisée pour recréer une image de moi dans ce monde. Je ne suis pas vivant, loin de là, je ne suis qu'un écho de la magie qui coule en toi."
"Je...j'ai besoin de réfléchir."
"Je n'en espérais pas moins. Nous reparlerons ce soir, et nous commencerons l'apprentissage de l'occlumancie. En attendant reposes toi."
Harry hocha la tête et referma le livre, s'étendant de tout son long dans le lit. Le matelas était tellement plus confortable que ce dont il avait l'habitude chez les Dursley qu'il aurait pu se laisser aller au sommeil pour les dix années à venir. Cependant les révélations de son ancêtre ne cessaient de tourner dans sa tête. Voldemort avait réussi à revenir de la mort plusieurs fois, depuis qu'il avait un an il l'avait déjà tué trois fois sans réussir à obtenir le résultat définitif espéré. Il sourit en repensant aux paroles du garde-chasse quand ils avaient parlé du seigneur des ténèbres pour la première fois un peu après ses onze ans, le demi-géant pensait que le sorcier n'était pas mort, qu'il n'y avait rien en lui de suffisamment humain pour mourir. Il était sûrement la personne la plus proche de la vérité dans la totalité du monde sorcier.
Un gémissement plaintif résonna dans la chambre alors qu'il roulait dans son lit sous le coup de la frustration. Tuer Voldemort une seule fois n'était pas suffisant, pas pour le monstre qu'il était devenu. Il allait falloir le tuer plusieurs fois de suite à moins de trouver les objets dans lesquels il avait déposé une partie de son âme. Et s'il avait été à moitié aussi malin qu'on le disait de lui, alors il avait plus de chance de faire une partie de pétanque avec Merlin que de les trouver.
"Mais pourquoi moi ?" se plaignit-il. Sa voix résonna dans son crâne comme un écho lointain.
Ses pensées s'étaient bousculées et avaient tournées sans répit depuis la veille, l'empêchant de réfléchir correctement. Mais les trois mots qu'il venait de prononcer dans le silence apaisant de la maison lui firent l'effet d'une douche froide. Pourquoi lui ? Pourquoi toujours lui ?
~o~oO00Oo~o~
Sirius lançait un regard perçant au buffet devant lui. Long d'un mètre, haut de presque autant, il était fait d'un bois blanc usé par le temps. Orné de dorures et de poignées en argent, il était splendide et contrastait à merveille avec l'atmosphère lugubre qui régnait dans la salle de repos. Une seule ombre au tableau pour le descendant Black, le meuble possédait, à la place d'un tiroir, trois rangées de dents acérées et un appétit digne d'un dragon. Il avait été surpris de sentir une lame glisser sur le dos de sa main alors qu'il cherchait des plats et des couverts pour le repas du soir avec son filleul, et n'avait dû qu'à ses réflexes de ne pas perdre sa main avec une bonne partie de son avant-bras. La maison étant dépossédée depuis de nombreuses années de ses occupants et maîtres, les charmes qui tenaient toutes ces créatures magiques hybrides en place avaient disparu, à son grand désespoir.
Depuis l'attaque surprise, il avait stupéfixié, paralysé, pétrifié et ficelé le meuble, sans encore avoir trouvé quoi en faire.
Pour l'instant, il avait commencé à maudire tous les ancêtres qu'il connaissait, sans vraiment savoir lequel avait été suffisamment malade pour créer ceci et le laisser dans une des pièces à vivre.
"Patmol, je sais que tu t'ennuies, mais pourquoi est-ce que tu as attaqué le mobilier ?" lâcha Harry en baillant, descendant de sa chambre pour partir en quête de nourriture. Il n'avait pas encore vraiment faim, mais puisqu'il avait manqué de se faire avaler par une lame de parquet quelques heures plus tôt il avait préféré prévoir au moins une heure pour ne pas se faire tuer par le garde-manger.
"C'est lui qui m'a attaqué !" se défendit le maraudeur, une expression blessée plaquée sur le visage. Le regard empli de doute sur sa santé mentale que lui lança le garçon lui arracha un sourire. "Je t'assure, ce maudit meuble a des dents et a essayé de me dévorer !"
"Donc, si je résume. Nous avons une lame de parquet qui mange les pieds, un meuble qui mange ce qui passe à proximité, et une porte d'entrée qui fait tomber des nuages de poussière."
"Ah non, l'entrée ça devait surement être moi, je me suis fait attaquer par un épouvantard en essayant d'ouvrir les rideaux d'une des chambres." grimaça le fugitif, se massant la nuque au souvenir désagréable.
"Un épouvantard ?"
"Ils aiment se cacher dans les endroits sombre et surprendre leur victime, c'est comme ça qu'ils attaquent." lui expliqua-t-il rapidement.
"Je sais, Remus m'a donné un cours là-dessus l'année dernière." balaya Harry d'un mouvement de main en regardant son parrain, un sourire moqueur plaqué sur le visage. "Je me demandais juste comment tu avais fait pour survivre un an dans la nature traqué par tous les services du ministère, alors que là en l'espace d'une journée tu as failli te faire tuer par un épouvantard et un meuble."
"Cette maison est encore pire que d'avoir une armée de détraqueurs après soi." grogna l'homme faisant éclater de rire son filleul.
"Et c'est ici que Dumbledore m'envoie pour me garder en sécurité ?"
"Tu es avec moi, tu es forcément en sécurité." s'exclama joyeusement l'ancien détenu en passant un bras autour de ses épaules, l'autre tenant une baguette toujours fermement dirigée vers le meuble.
"Sirius, si ce qu'on m'a raconté sur toi et mon père n'est seulement qu'à moitié vrai, je serais plus en sécurité au milieu d'une armée de dragons avec Voldemort pour me protéger." lui lança Harry sur un ton amusé. "De plus, pour l'instant j'ai juste manqué de perdre une chaussure, toi de ce que j'ai compris cela fait plusieurs fois que tu évites de justesse de te blesser. Je devrais peut-être être celui qui te protège." continua-t-il avec un ton goguenard.
"Sale petit..." grogna Sirius, sortant rapidement sa baguette en lui jetant un sortilège de jambencoton. Un cri de surprise répondit au maléfice, Harry ne se rattrapant qu'à la dernière seconde au meuble devant lui.
"Et voilà, Sirius Black, criminel et mangemort reconnu, qui a avoué s'être échappé d'Azkaban pour me retrouver, commence à m'attaquer." dramatisa le survivant, essayant tant bien que mal de laisser une larme couler.
"Que veux-tu, les bonnes habitudes ça ne se perd pas." répondit l'homme nonchalamment en évitant une assiette que lui envoya le garçon. "Tu comptes te défendre contre tes futurs agresseurs en leur jetant des couverts aussi ? Ou tu vas enfin sortir ta baguette pour te défendre ?" demanda Sirius avec un sourire mesquin.
Harry grogna en sortant rapidement sa baguette, prêt à jeter toute une bardée de maléfices à son parrain, mais fut touché par un sort de désarmement avant d'avoir pu initier un quelconque mouvement. Il regarda avec une moue boudeuse sa baguette atterrir dans la main tendue de l'ancien détenu face à lui.
"Sirius, Sirius, Sirius." commença-t-il en soupirant. "Je sais que je t'ai demandé de m'entraîner, mais là je voulais surtout parler là."
"Tu crois que Voldemort où ses larbins attendront que tu sois décidé à te battre pour t'attaquer ?" claqua l'évadé d'un ton dur. "Tu veux apprendre à te défendre, soit. Arrête de parler et défends toi alors !"
Une boule se forma dans la gorge du garçon en réaction au sermon. Il savait qu'il n'aurait pas une seconde de répit s'il venait à recroiser les mages noirs, il savait qu'il devrait rester constamment sur ses gardes. Comment pourrait-il ne pas savoir cela alors qu'il avait déjà affronté un mangemort et Voldemort, à deux reprises. Les critiques de son parrain provoquèrent une flopée de sentiments qui l'envahirent soudainement. De la colère, qu'il le traite aussi injustement, comme s'il était encore un enfant qui ne savait rien. De la honte, de savoir qu'au fond Sirius avait raison et qu'il ne pouvait pas se permettre d'avoir une attitude aussi relaxée après s'être fait attaquer. Alors qu'il luttait contre ses émotions, sa magie commença à réagir, se mouvant de plus en plus rapidement à l'intérieur de lui, accentuant l'impression qu'il allait exploser.
"Calme-toi Harry." soupira la voix sans âge de Godric au fond de son crâne. Il sentit sa magie se dissiper aux mots de l'homme, restant réactive à ses émotions mais moins oppressante qu'elle ne l'était quelques secondes plus tôt.
"Ce n'est pas en m'attaquant par surprise que je vais apprendre maintenant, je ne connais aucun sortilège pour me défendre." claqua Harry d'un ton froid. "Au cas où tu l'aurais oublié, j'ai treize ans. Récupères un rien de pédagogie où je te jette un épouvantard dessus pendant ton sommeil."
Sirius lui offrit un sourire contrit en levant le sortilège qui lui entravait les jambes. D'un mouvement de baguette il le remit sur ses pieds et l'attira à lui dans une étreinte de fer.
"Désolé Harry, mais avec tout ce que m'a raconté Remus je..."
"Je comprends Sirius." le coupa rapidement le garçon avant de tomber dans le trop émotionnel, il ne savait pas comment il allait gérer la tristesse de son parrain et après treize ans d'emprisonnement avec des détraqueurs il préférait éviter au maximum de mettre l'homme dans ce genre de situation. "Ce genre d'entrainement est exactement ce que j'avais demandé, mais là je suis fatigué et je voulais te parler. Disons que tu n'as pas choisi le meilleur moment."
"Comme je te l'ai dit petit chiot, Voldemort et ses hommes n'attendront pas que tu sois au meilleur de ta forme, il faut être prêt à affronter toutes les situations." lui expliqua le maraudeur en le relâchant, il avait un sourire triste et ses yeux étaient tellement vide qu'Harry se demanda un temps s'il n'avait pas laissé une partie de sa vie dans la prison. "James et moi avons eu un professeur, si on peut appeler ce vieil homme ainsi, pendant nos premières années en tant qu'auror. Il était le meilleur à cette époque, un véritable cauchemar pour les mangemorts. Je l'ai contacté tout à l'heure pour qu'il vienne d'entrainer, j'ai entendu Dumbledore dire qu'il était sorti de sa retraite pour un événement qui allait avoir lieu cette année."
"Oh non." gémit Harry en maudissant la moitié des divinités qu'il connaissait, sous le regard surpris de Sirius.
"Tu sais de quoi il s'agit ?"
"Pas du tout, mais en général quand il y a quelque chose qui se passe, déjà je suis toujours entrainé dedans que je le veuille ou non, et ensuite c'est presque toujours mortel." grogna-t-il.
"Remus m'a raconté quelques histoires, mais j'ai du mal à imaginer que de telles choses aient pu arriver au nez et la barbe de Dumbledore." marmonna le maraudeur en se frottant la barbe. Évidemment il croyait sur parole son ancien ami et son filleul, mais il refusait de croire que l'enfant ait eu à subir de telles épreuves alors que le vieux directeur était en condition de faire quelque chose.
"Si tu savais." soupira Harry en levant les yeux au ciel. "Enfin bref, nous parlerons de cela quand on aura à manger, j'ai faim." un grognement de son estomac se fit entendre dans le silence qui venait de s'installer, faisant éclater de rire son parrain.
"Je crois que c'est une bonne idée." commenta-t-il en riant.
"Moque toi, moque toi, on verra qui rira en dernier."
Un silence paisible s'installa entre eux alors qu'ils regardaient le meuble à moitié détruit par les sortilèges de Sirius. Harry ne savait pas pourquoi la vaisselle devait forcément provenir de cet endroit, mais après avoir eu un aperçu de ce que cachait cette maison il avait une confiance aveugle dans les décisions de son parrain. Les assiettes étaient à portée de main, dans un tiroir qui avait été à moitié ouvert par la chute du garçon, mais pour obtenir les couverts il fallait passer par la gueule de la créature, et les rangées de dents de plusieurs centimètres de long n'enchantaient aucun des deux hommes.
"On se la fait à pierre feuille ciseau ?" tenta Sirius avec une grimace amusée.
"Même pas en rêve vieil homme, je suis ton invité et c'est chez toi, tu te débrouilles." rétorqua le garçon sans une once de compassion. Il aimait énormément son parrain, mais il ne risquerait pas son avant-bras pour des fourchettes.
"Ton père m'aurait aidé lui !" s'indigna le maraudeur en lui jetant un regard exagérément blessé.
"Il faut te faire à l'idée parrain, je ne suis pas mon père. Mais je suis certain qu'il aurait apprécié autant que moi de te voir combattre un buffet." sourit Harry, l'homme face à lui grimaçant en se rendant compte de l'exactitude des propos de son filleul. En y réfléchissant un peu, il se demanda même si James n'aurait pas déjà désensorcelé le meuble pour s'amuser un peu plus.
"Dans des situations pareilles j'aurais aimé que tu tiennes plus de ta mère."
"Mais je tiens beaucoup d'elle." acquiesça Harry en s'installant confortablement sur un canapé un peu plus loin. "Regarde, je me met même à l'abri des possibles conséquences de ce que tu vas faire."
"Maudit gamin." se résigna Sirius en s'approchant du meuble. Il comprenait bien pourquoi le directeur de Poudlard l'obligeait à rester dans la demeure de sa famille, et une part de lui trouvait la solution parfaitement adaptée à la situation dans laquelle il se trouvait. Cependant une autre part de lui se demandait de plus en plus souvent s'il ne préférait pas la vie de fugitif à manger des rats et mater des culottes sous sa forme canine, plutôt que de tester sa chance avec des fournitures enchantées.
"Tes pensées s'expriment à voix haute Sirius, et je suis certain que Madame Weasley serait outrée d'entendre ça." commenta Harry avec un sourire narquois. Les yeux de l'ancien détenu tremblèrent de surprise et de peur, Molly était connu pour son tempérament de feu et pour les sortilèges cuisant qu'elle était capable d'envoyer à quiconque prononçait des vulgarités en sa présence. Il était certain que ses activités sous forme d'animagus lui vaudraient des dizaines de maléfices dont il ne se remettrait probablement jamais.
"Tu voulais me parler de quelque chose non ?" tenta le descendant Black pour détourner l'attention de son filleul. Harry n'était pas dupe de la piètre excuse de son parrain pour échapper à ses moqueries, mais lui accorda cette distraction.
"Tu as assez à faire avec le meuble pour ne pas te soucier en plus de comment tu te ferais tuer ensuite." répondit-il goguenard avant de reprendre son sérieux. "Sirius, je voudrais savoir quelque chose sur ce qu'il s'est passé il a treize ans."
"Oh, d'accord." se contenta de répondre l'homme en hochant la tête dans sa direction.
"Pourquoi Voldemort a attaqué mes parents ? Je sais qu'ils étaient contre lui et qu'ils faisaient partie du groupe dont Dumbledore parlait plus tôt, mais pourquoi chez eux comme ça ? Et pourquoi moi ?" questionna Harry un fond de désespoir dans la voix. Il voulait comprendre ce que sa famille avait eu de si particulier ce soir-là pour mériter une visite du seigneur des ténèbres en personne. Sirius poussa un profond soupir en s'installant sur un canapé face au garçon, réfléchissant à ses mots pendant un long moment.
"L'ordre, une fois la guerre officiellement déclarée, a été une épine dans le pied de Voldemort. Pendant un temps nous agissions sur le coup, arrivant dès qu'une attaque été déclarée. Mais après plusieurs mois nous avions réussi à avoir un agent infiltré dans ses rangs, dès lors nous arrivions sur les lieux des attaques en même temps que les mangemorts, causant des dommages dans leurs rangs de plus en plus importants. Un groupe d'auror était en première ligne." Sirius laissa un temps à Harry pour assimiler les informations, et après un hochement de tête du garçon il reprit. "Ce groupe était composé de ton père et moi, mais aussi de Franck Londubat et de sa femme."
"Les parents de Neville ?" demanda Harry, surpris de ne jamais en avoir entendu parler avant maintenant. De ce qu'il se souvenait, le garçon un peu pataud et timide de Gryffondor ne faisait jamais allusion qu'à sa grand-mère.
"Les parents du petit Neville." acquiesça son parrain, un sourire nostalgique aux lèvres. "Ils étaient de vrais démons sur le champ de bataille et fauchaient les mangemorts comme du blé. Eux et ton père ont énormément attirés l'attention du seigneur des ténèbres."
"Pas toi ?"
"J'étais l'héritier d'une famille les plus noire de l'Angleterre et mon frère avait déjà rejoint les rangs des mangemorts, j'étais une cible prioritaire de face de serpent depuis bien longtemps déjà." lui expliqua-t-il en balayant le fait d'un mouvement de main comme s'il s'agissait de quelque chose de parfaitement banal dans sa vie. "Enfin, le fait est que vos deux familles sont devenues des cibles prioritaires. Heureusement vos deux demeures étaient très bien protégées. Et même si les enchantements n'auraient pas tenus une minute contre Voldemort s'il avait vraiment voulu entrer, le fidelitas l'empêchait d'obtenir la localisation exacte."
"Jusqu'à ce qu'ils soient trahis." murmura Harry lugubrement.
"Jusqu'à ce qu'ils soient trahis." acquiesça son parrain. "Mais il s'est passé quelque chose entre ces deux moments, quelque chose qui a redirigé l'attention du seigneur des ténèbres non plus sur vos parents, mais sur vous."
"Nous ? Mais...nous n'étions même pas encore nés." s'exclama le garçon en levant les yeux au ciel. S'il avait commencé à avoir des problèmes avant même de naitre, il devait vraiment avoir fait beaucoup de mal dans son ancienne vie, ou avoir vexé une divinité vraiment très rancunière.
"Un mois avant votre naissance, le monde magique a fait l'expérience de quelque chose de terrible qui a couté des centaines de vie. Pendant une minute, toute la magie a disparue." conta Sirius d'une voix vide d'émotions, des ombres dansant devant ses yeux. "Pendant une minute, plus aucun sorcier n'a été capable d'utiliser la magie. Des enfants venant de naitre sont devenus cracmol, nous avons perdu plusieurs aurors sur le terrain au moment-là, des artefacts sombres qui étaient contenu grâce à la magie ont été libérés, et caetera. Je te laisse imaginer les dégâts causés par une disparition de la magie. Ça a été terrible."
"Que...Pourquoi personne n'en parle ? Pourquoi est-ce qu'on ne le sait pas ?"
"Le ministère a caché l'évènement derrière une explication fumeuse. Personne ne savait vraiment qui croire, ni quoi croire. Après tout, personne n'avait jamais pensé que la magie pouvait disparaitre. L'explication qui a survécu à la guerre est celle donnée par le ministère, mais il s'agit d'un évènement qui pourrait détruire le monde sorcier, généralement nous préférons le taire."
Harry hocha la tête à la remarque de son parrain, il pouvait facilement comprendre pourquoi les sorciers préféraient oublier une minute de leur vie où ils ont tout perdu.
"Cependant, la légende raconte qu'un tel phénomène s'est produit une fois dans l'histoire." le coupa Sirius dans ses pensées. "Une fois, le monde s'est vu dénué de magie à l'approche de la naissance d'un enfant. Il s'agit de vieilles histoires que les grand-mères racontent le soir, personne n'y avait vraiment jamais cru. Mais ce jour-là, nous nous sommes demandés si dans cette histoire il n'y avait pas un fond de vérité quelque part."
"Qui...qui était le sorcier ?"
"On raconte qu'il s'agit de Meridan, le premier seigneur des ténèbres. Un sorcier tellement puissant qu'il a fallu une armée entière pour le vaincre, alors qu'il était seul sur le champ de bataille." raconta le maraudeur, cherchant dans ses souvenirs d'enfant les histoires qu'on lui racontait. "Quand c'est arrivé pendant la grossesse de Lily et Alice, tout ceux connaissant l'histoire crurent à l'arrivée d'un nouveau mage noir hors du commun. Malheureusement, comme tu t'en doute, Voldemort avait lui aussi eu vent de ceci, et par peur de l'enfant qui allait venir il traqua toutes les sorcières qui arrivaient à terme peu de temps après l'incident."
Le garçon frissonna en imaginant Jedusor déployer tous les moyens dont il disposait pour traquer tous les bébés qui allaient naitre, sur la simple menace d'une vieille légende.
"Mais la disparition de la magie avait eu un effet néfaste sur la construction des noyaux magiques des enfants, et dans le mois qui a suivi l'incident tous sont nés cracmol. Seuls deux bébés restaient à naitre." termina son parrain en plantant son regard dans le sien. "Seuls deux bébés sont arrivés au monde avec un noyau magique non seulement intact, mais totalement anormal. Jamais les médicomages n'avaient vu des structures de cette forme, ils ne savaient même pas si vous seriez un jour capable de faire de la magie. Mais vous en avez fait, dès le début de votre vie vous avez fait de la magie accidentelle. Et je ne sais comment, mais le seigneur des ténèbres l'a su, et vous êtes immédiatement devenu ses cibles prioritaires."
"Les parents de Neville..." commença Harry sans vraiment savoir comment finir sa phrase, de peur d'apprendre le sort qui leur avait été réservé.
"Ont été torturés jusqu'à la folie par la famille Lestrange." conclut gravement Sirius. "Et Voldemort est venu en personne régler l'affaire qu'il avait avec ta famille. Mais comme tu le sais, tout ne s'est pas passé comme prévu. Personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé ce soir-là, pourquoi le seigneur des ténèbres a perdu face à un bébé. Mais je suis certain que la légende de Meridan n'a jamais quittée son esprit."
Un silence pesant s'installa entre les deux hommes. Harry ne connaissait pas la légende dont parlait Sirius, sans que ça ne le surprenne réellement puisqu'il ne connaissait absolument rien du monde magique il y avait encore trois ans de cela, cependant il comprenait parfaitement les implications des évènements qui avaient eu lieu avant sa naissance. Que la légende soit vraie ou fausse, la disparition de la magie ne l'avait pas affecté de la même manière que le reste du monde, et ce qui s'était passé ensuite avait fait de lui la cible à abattre de Voldemort. Jamais il ne le laisserait vivre, de peur qu'il possède le potentiel de le supplanter. Alors qu'il grimaçait à l'idée de ne jamais avoir la paix, un mage noir à l'âme divisée à ses trousses jusqu'à la fin de ses jours, le cas de son ami Gryffondor lui revint à l'esprit. Bien que n'ayant pas reçu la visite de face de serpent ce fameux soir d'Halloween, il partageait de nombreux points communs avec lui. Se promettant silencieusement de se rapprocher du garçon en septembre, et d'en apprendre plus sur lui et sa famille, Harry haussa un sourcil en voyant son parrain se lever du canapé avec un sourire.
"Que dirais-tu de chasser toutes ces mauvaises pensées en allant manger ?" sa proposition s'accompagnant rapidement d'un grognement d'approbation de l'estomac du survivant, déclenchant un fou rire chez l'ancien détenu.
"Sirius la ferme." grommela Harry, sentant ses joues rougirent malgré lui.
"Qu'est-ce qu'il t'arrive petit chiot, tu sembles grincheux ?" continua de se moquer le maraudeur nullement intimidé par les regards noirs qu'il recevait.
"Tu as raison, allons manger." acquiesça Harry avec un sourire mauvais. "Mais avant, si tu finissais de récupérer nos couverts ?"
Le grognement râleur fut la seule réponse qu'entendit le garçon avant que des glapissements de surprise et de douleurs, ainsi que des rires forts peu compatissants, ne brisent le calme de la maison, les maléfices de Sirius ayant finalement lâchés alors qu'il avait l'avant-bras enfoncé dans la gueule du meuble.
