Warning: ATTENTION NC-17, on peut dire que ce chapitre est un PWP, si ce n'est que le "plot" existe et est au chapitre précédent

Note: J'ai voulu rester assez proche du Canon, ce qui pour moi sous entend John hétéro-avec-une-astérisque et Sherlock asexuel. Du coup, la scène de sexe s'avère assez compliqué. Je n'y connais pas grand chose en asexualité, alors j'espère rester assez réaliste, et si j'ai fait des erreurs, veuillez m'excuser!

Passer à l'acte

John était hétéro, ça il en était persuadé. Ou plutôt, il était hétéro-avec-une-exception. De ce fait, il ne pensait vraiment pas désirer un homme un jour. Mais son exception était une exception aussi sentimentale que sexuelle. Et plus il observait la démarche, les mouvements, les regards, les tics de Sherlock, plus il le trouvait sensuel, désirable. Il était félin, énergique et langoureux. Et contre toute attente, il se mit à désirer cet homme plus qu'il ne se souvenait avoir désiré une femme depuis son départ pour l'Afghanistan.

Mais de par son côté hétéro, John ne savait pas vraiment comment gérer son désir. Et il mentirait s'il disait qu'il n'avait pas aussi peur qu'envie de concrétiser ses fantasmes. Bien sûr il savait comment le corps d'un homme fonctionnait, il avait une idée bien précise de la théorie, mais Sherlock n'était pas n'importe quel homme, et la partie pratique avec lui pourrait s'avérer vite compliquée. Un « ennuyeux » ou « morne » lancé en plein milieu de l'action ne ferait sûrement pas plaisir à l'égo de John. Et Sherlock était plutôt le genre intimidant.

Et ce jour-là, quand il l'avait vu rentrer d'un endroit inconnu en costume cravate, John avait trouvé son amant encore plus sexy et intimidant que d'habitude. La veste noire élégamment coupée s'accordait parfaitement à la cravate sombre, contrastant avec sa chemise violette qui mettait si bien en valeur les formes de son torse. Elle lui allait parfaitement tant qu'il était immobile, mais dès qu'il tendait un bras, on aurait dit que les boutons allaient éclater pour laisser apparaitre son torse d'ivoire. Sans parler de ce pantalon d'un noir de jais qui moulait ses fesses d'une façon des plus plaisantes. Ce costume semblait en montrer à la fois trop et pas assez. Et le désir devait se lire clairement sur le visage de John, car Sherlock eu un petit sourire en coin.

Il passa devant John, juste assez pour qu'il sente les effluves de son parfum chatouiller ses narines, mais pas assez pour qu'il puisse le toucher. John se demanda vaguement depuis quand Sherlock mettait du parfum, mais cette idée partit aussi vite qu'elle était venu. Il n'avait pas pu détacher son regard de l'autre homme depuis qu'il avait pénétré dans la pièce, et il le regarda s'asseoir nonchalamment sur le canapé, bras grands ouverts reposants sur chaque côté du dossier, les boutons de sa chemise menaçants de craquer d'un moment à l'autre tant ils étaient tendus. Il leva un sourcil suggestif, son petit sourire toujours collé aux lèvres. C'était clairement une invitation.

John déglutit, puis s'approcha. C'était fini les questions, il le savait, il y avait un moment où il fallait simplement se lancer à l'eau. L'armée le lui avait bien appris, rester à cogiter n'était pas suffisant. Et c'était le moment où jamais. Il plaça ses jambes de chaque côté des cuisses de Sherlock, s'asseyant avec précaution sur ses genoux, et se pencha pour l'embrasser gentiment. Il inséra ses mains sous sa veste de costume, appréciant la douceur du tissu qui glissait entre ses doigts. Il s'éloigna, remontant ses mains le long de ses côtes, pouvant presque les compter tant l'homme était maigre, jusqu'aux épaules. Il fit alors lentement glisser la veste le long des bras malingres de Sherlock, prenant soin de la jeter sur le fauteuil. Ce serait bête d'abimer un si beau costume. Surtout qu'il s'avérait avoir un effet plus que positif sur John. Il saisit la cravate de Sherlock, chose qu'il ne se souvenait pas l'avoir déjà vu porter, et l'utilisa pour l'attirer dans un nouveau baiser plus profond, sentant le souffle erratique de son amant contre sa joue.

-Sherlock, souffla-t-il, et sa voix était rauque de ne pas avoir servie de l'après-midi.

L'homme l'entraina dans un nouveau baiser pour le faire taire, et les fit lentement basculer jusqu'à ce que John se retrouve à califourchon sur Sherlock. John interrompit le baiser pour plonger son regard dans celui de Sherlock. Il y vit le même désir, la même appréhension, mais surtout une profonde curiosité. Il traça légèrement le contour de son visage avec ses doigts, de la douceur de ses cheveux à la rugosité de sa mâchoire qui aurait sûrement besoin d'être rasée demain. Bien que ce soit purement masculin, il se surprit à apprécier ce détail. Il se demanda à quoi pourrait ressembler Sherlock avec une barbe de trois jours.

Les mains de Sherlock s'insinuèrent alors sous son pull, le relevant jusqu'en haut de son torse, et John l'enleva lui-même pour plus de facilité. Il prit moins de précaution qu'avec la veste de Sherlock et le lança au hasard sans même s'inquiéter de où il pourrait tomber. Il déposa alors un baiser sur la joue du brun, puis le long de sa mâchoire, avant d'aller se perdre dans son cou. Sa peau était si pâle, si fragile, John était sûr qu'une simple morsure y laisserait une trace pour plusieurs jours. Il n'osait même pas imaginer lui faire un suçon. L'idée le fit frissonner.

Pendant ce temps, les mains de Sherlock s'étaient introduit sous son T-shirt et venait lui caresser le dos doucement, le faisant encore plus frissonner, en particulier en arrivant près des côtes où John s'avérait très chatouilleux et exagérément sensible. Il se souvint alors de la diversion utilisée par Sherlock lors de l'affaire de MJN air et voulu se venger. Il lécha doucement la peau juste sous l'oreille, et vint en saisir le lobe entre ses dents. Il sentit Sherlock se figer et s'éloigna, ayant peur d'avoir fait quelque chose qu'il ne fallait pas.

-C'était assez… inattendu, s'expliqua-t-il, détournant le regard.

Voir Sherlock gêné n'était pas quelque chose auquel il était préparé, et il se sentit juste fondre. S'il avait encore un doute sur le fait que cet homme avait capturé son cœur, il venait de s'envoler. Il sourit pour le rassurer et vint l'embrasser. Ses mains vinrent alors à la rencontre des boutons de la chemise de Sherlock, boutons tellement petits qu'ils lui résistaient. Tremblait-il ? Il n'aurait même pas su dire s'il s'agissait de peur et d'excitation. Surement un savant mélange entre les deux. Il avait tant bien que mal déboutonné les trois premiers quand il décida que la position inverse serait sûrement plus confortable, surtout qu'il commençait à souffrir de devoir prendre appui sur ses bras pour ne pas s'effondrer sur Sherlock. Il les fit basculer dans un baiser et arbora un sourire coquin devant l'air étonné de son amant. Il continua de déboutonner sa chemise et voulu lui retirer quand Sherlock l'interrompit.

-John, je…

Il murmura un petit « hm » interrogatif alors que ses mains partaient à la découverte du torse pâle, appréciant le contraste entre la couleur de sa peau et celle de Sherlock, la texture qu'elle avait sous ses caresses, la finesse de ses muscles…

-Je n'aime pas être au-dessus, lâcha-t-il.

John le regarda avec étonnement. Sherlock qui était si vif, dynamique et surtout si fier, n'aimait pas l'idée d'être le leader des opérations ? C'était plutôt inattendu.

-Pourquoi ? demanda-t-il bêtement.

Ne voulant visiblement pas répondre, Sherlock l'attira à lui pour l'embrasser, tentant d'inverser de nouveau leur position, mais John résista et repoussa doucement son amant.

-Moi, j'aime assez, dit-il en se léchant les lèvres. J'ai une très belle vue comme ça.

Sherlock soupira et s'assit sur les cuisses de John. Il le regarda un instant et lui dit :

-John, tu es hétéro, tu me l'as dit toi-même. Et j'ai parfois l'impression de t'avoir trainé dans cette relation de force, simplement parce que je sais être très persuasif quand je le veux. Et ça m'allait, parce que si j'ai décidé de me mettre avec toi, c'était premièrement parce que penser à toi m'empêchait de penser efficacement durant les affaires. Tu me distrayais, et je pensais que ça passerait si j'avais ce que je voulais. Mais c'est le contraire, j'ai l'impression de ne jamais avoir assez de toi. Bien sûr il y a des moments où tu m'énerves, certain où j'ai juste envie d'être seul, mais je n'ai jamais regretté ta présence dans ma vie, et il y a ces moments où je ne peux penser à rien d'autre que toi. Et je me sens coupable de t'avoir forcé, j'ai peur que tu décides de me… quitter ?

Le dernier mot avait pris l'intonation d'une question, comme si Sherlock lui-même de l'avait pas réalisé avant de l'avoir dit. John le regardait, béat. Il ne s'attendait vraiment pas à ça, mais il lui semblait que la tension présente dans les muscles de Sherlock s'était un peu relâchée. Et c'était sûrement une bonne chose.

-Tu réfléchis trop, fini par lâcher le docteur. Et pour le coup, ton pouvoir de déduction n'a pas fait son travail.

Sherlock fronça légèrement les sourcils, trahissant sa vexation, mais il continua d'écouter John avec attention.

-Tu as peur que je me sente émasculé si tu prends les devants, c'était ça le truc ? Tu penses que je serais ici si tu m'avais 'forcé' à sortir avec toi ? Sherlock, tu m'as juste ouvert les yeux ! Je… bon sang je ne pensais pas dire ces mots si tôt mais je pense que je t'aime Sherlock ! Sincèrement ! Alors je mentirais si je disais que tout ça ne m'effraie pas un peu, parce que je suis un novice en matière de relation homosexuelle, surtout que tu n'es pas n'importe quel homme et que tu m'as dit toi-même ne pas être spécialement intéressé par le sexe. Mais si je suis avec toi ce soir, c'est parce que je te désire, toi, Sherlock Holmes. Pas une femme, pas toi qui joue un rôle, mais toi tel que tu es : impétueux, arrogant et profondément brillant. Alors ne cherche pas à te réfréner juste pour te conformer à ce que tu penses que je veux. Je pensais que ton mantra était « mieux vaut être hait qu'aimer pour ce que l'on n'est pas » ?

Le regard de Sherlock était incandescent, et John pouvait sentir toute la puissance et l'assurance de cet homme couler dans ses veines, vibrer sous la fine membrane de sa peau diaphane. Avant même qu'il ait eu le temps de reprendre son souffle, Sherlock l'embrassait furieusement, sa langue s'imposant dans sa bouche. Il sentait la chaleur de son corps, son poids le recouvrir, les muscles de ses biceps tendu de chaque côté de son visage. Il sentait la masculinité de Sherlock, son désir de possession, sa force, et John aimait ça. Il ne se sentait pas émasculé, il ne se sentait pas affaibli, il se sentait désiré. Désiré d'une toute autre manière que les femmes qui l'avaient désiré avant, d'une manière moins douce, plus possessive, mais il adorait ça.

Il répondit ardemment aux caresses du détective, griffant son dos sous la chemise, le sentant trembler sous l'afflux de sensations auxquelles il n'était pas habitué. Au bout de quelques minutes, la tension descendit et l'échange se fit plus doux, moins pressé. John souri à Sherlock en lui passant une main dans les cheveux et reprit de nouveau le dessus. Il posa de légers baisers sur son torse, léchant curieusement un téton. La poitrine d'un homme était décidément différente de celle d'une femme, mais pas déplaisante. Il fit comprendre à Sherlock qu'il souhaitait lui retirer sa chemise, et celui-ci se redressa juste assez pour en retirer les manches. Quand il retomba sur le canapé, bras nus, le regard de John fut attiré par quatre ronds de plastique couleur chair sur son bras gauche. Ainsi Sherlock avait pensé que ça arriverait sûrement ce soir. Et il en était beaucoup plus inquiet qu'il ne le laissait paraître. John ne put s'empêcher de penser 'Je suis un problème à quatre patchs, donc ?' et se mit à sourire. Maintenant qu'il savait à quel point son inquiétude était partagée, il se sentait un peu plus confiant. Il retira le premier patch à la nicotine doucement, déposant un baiser sur la peau qu'il cachait, et réitéra l'opération pour chacun d'eux. Sherlock le laissa faire, semblant passionné par le processus. Quand il eut terminé, John revint déposer un baiser sur les lèvres du brun, et fit descendre ses mains jusqu'à sa ceinture. Il s'arrêta, le regarda, et commença à en défaire la boucle quand la tête de Sherlock esquissa un mouvement d'approbation.

Il se débâti un instant avec la braguette, retira tant bien que mal le pantalon, et vit Sherlock retirer lui-même ses chaussettes avec ses pieds. Tant mieux, se dit-il stupidement, coucher avec quelqu'un qui était nu avec juste ses chaussettes avait quelque chose de ridicule et tue l'amour. Quand son regard remonta le long du corps de son amant, il ne put s'empêcher de se mordre les lèvres. Il sentait son cœur battre à un rythme effréné, et celui-ci eut un soubresaut quand en arrivant à son visage, Sherlock lui fit signe d'enlever lui aussi son pantalon. Il se leva pour obéir, enlevant lui aussi ses chaussettes dans la foulée, et Sherlock se leva alors pour l'asseoir de force sur le canapé. Il s'assit sur lui, frottant ses anches aux siennes, ses longs doigts perdu dans ses cheveux, ses dents mordillant doucement la lèvre inférieure de John.

La respiration de John était maintenant erratique, et il se sentait un peu plus impatient. Les caresses se faisaient plus appuyées, plus pressantes, mais il devait avouer qu'il ne savait plus vraiment quel était la prochaine étape. Allaient-ils aller jusqu'à la pénétration ? Ou se contenteraient-ils de préliminaires ? Que voulait Sherlock exactement, si tenté qu'il ait voulu quoi que ce soit ? Mais ses pensées furent interrompues par une main baladeuse qui était venu s'aventure sur ses fesses.

-On pourrait peut-être continuer dans la chambre ? Proposa la voix rauque de Sherlock.

John se dit que c'était une bonne idée, prenant naturellement la direction de la chambre de Sherlock qui était la plus proche, mais celui-ci l'attrapa par la main pour le stopper.

-Crois-moi, tu n'aurais plus envie de faire quoi que ce soit si tu entrais dans ma chambre.

John leva un sourcil interrogatif, mais l'air frais commençait à le chatouiller, et il avait une très nette idée de comment il voulait être réchauffé. Sans lâcher la main de Sherlock, il le guida vers sa chambre. Quand il entra, face au lit, Sherlock vint se coller contre son dos et l'enlaça, ses bras autour de son torse. Il le sentit se baisser pour pouvoir embrasser sa nuque, ses mains descendant de sa poitrine vers son boxer. Quand l'une de ces mains s'introduit à l'intérieur du boxer, le souffle de John se coupa et il ferma les yeux. La caresse de Sherlock était douce et maladroite à la fois, gênée par le tissu.

-Puis-je ? murmura Sherlock juste dans le creux de son oreille, et John ne put que souffler un 'oui' impatient.

Sherlock le fit se retourner afin qu'ils soient face à face, l'embrassa rapidement, et se mit à genou devant lui. John aurait pu jouir rien que de voir Sherlock presque nu, agenouillé devant lui, regardant intensément l'endroit où son érection était clairement visible sous le tissus. Le détective baissa précautionneusement le boxer, et observa ce qui s'offrait à lui pendant quelques instants. John se sentit vaguement comme une expérience, mais dans un sens, c'est ce qu'il était. Car il ne doutait pas que Sherlock n'avait aucune connaissance pratique en matière de sexe. Il n'arrivait même pas à l'imaginer se masturber. John lui, avait déjà fait l'expérience de tout ça, comme pratiquement tous les adolescents du monde. Mais pas Sherlock. Sherlock lui, allait commencer à expérimenter tout ça seulement maintenant. Avec John. Cette pensée l'émue autant qu'elle l'excita.

Sherlock saisit le membre de John qui serra les dents, et s'approcha pour le lécher doucement, guettant les réactions de son partenaire. Il donna quelques coups de langues hésitants, et sa prise se raffermi quand il comprit que John semblait aimer ça. Il s'aida d'une main, l'autre allant caresser les fesses de John, et fini par le prendre carrément dans sa bouche. Il n'eut pas le temps de faire le moindre mouvement que John posa sa main sur sa tête pour l'arrêter.

-Sherlock ! Glapit-il.

Sherlock relâcha précautionneusement le pénis de John et leva des yeux inquisiteurs vers lui.

-Je ne tiens plus sur mes jambes, expliqua-t-il à bout de souffle. Pourrait-on s'allonger sur le lit ?

Sherlock eut un petit sourire soulagé et accepta. John s'allongea, et Sherlock vint l'embrasser, traçant avec sa langue un chemin le long des pectoraux de John, avant de retourner à son activité première. John le sentait essayer différentes pressions, différents mouvement avec sa langue, et il lui laissa savoir ce qui lui plaisait par des sons, mi gémissements mi soupirs. Quand il baissa la tête vers cette masse de cheveux sombres qui lui chatouillait le ventre, il sentit qu'il était proche.

-Sherlock, je vais…

Il ne put finir sa phrase, et Sherlock eut juste le temps de se dégager qu'il éjacula sur son torse. Sherlock parut surpris, probablement par le fait qu'il n'avait pas dû voir beaucoup d'hommes éjaculer dans sa vie, et John trouva cette vision tellement indécente et érotique qu'il laissa échapper un petit gémissement.

-Excuse-moi, dit-il alors qu'il sentait l'engourdissement post-coïtal le gagner.

-Ce n'est rien. C'est… normal, je suppose.

John lui fit un petit sourire, et tendit la main pour attraper la boite de mouchoir sur sa table de chevet. Au moins avoir été enrhumé la semaine précédente lui aura été bénéfique, dans un sens. Il essuya Sherlock et déposa un baiser affectueux au coin de ses lèvres.

-Tu as fait des recherches n'est-ce pas ? demanda John encore quelque peu groggy.

-Bien sûr, répondit Sherlock sur un ton clamant 'c'est évident'. Je me devais de m'instruire un minimum, puisque ce sujet risquait de devenir plus utile dans le futur.

-Tu n'as pas expérimenté, au moins ?

-Non John, les morts de Bart's sont rarement enclin à avoir une érection, et je n'ai pas trouvé d'être vivant qui valait la peine d'être mon cobaye. Répondit-il d'un air ennuyé, mais légèrement plus doux que d'habitude.

John se demanda vaguement s'il était sérieux, ou s'il s'agissait de son humour douteux. Il préféra opter pour la deuxième solution.

Il vint se lover contre son amant, et alors qu'il traçait des arabesques sur son torse, il ne le remarqua que seulement.

-Tu n'es pas… ?

-A peine. Je t'avais prévenu, John, que mon corps n'était pas vraiment réceptif à ce genre de pratique.

-Est-ce que ça t'a… déçu ?

-Non. Et ne va pas penser que je n'y ai pas pris de plaisir. Tu dois savoir que pour moi mon corps n'est qu'un simple outil qui sert à me déplacer. Mon esprit, en revanche, n'a pas perdu une seconde de notre échange, et je m'en vois très satisfait. Disons que c'est ma manière à moi de prendre du plaisir.

John le croyait. Il savait que si Sherlock n'avait pas apprécié tout ça, il aurait arrêté immédiatement. Mais ça ne l'empêchait pas d'être un peu déçu. Il se rendit compte qu'il avait pensé, bêtement, qu'il serait une exception pour ça aussi. A tort semblait-il.

-J'aimerais quand même essayer, dit John d'un ton déterminé.

Sherlock le regarda, plein de patience.

-Je sais à quoi tu penses John, mais j'ai été adolescent aussi, j'ai essayé. Mais je n'arrivais pas à trouver de fantasme convenable, mon esprit finissait toujours par vagabonder ailleurs, et ça n'a jamais rien donné. Il y a trop de choses qui se déroulent dans ma tête pour que je puisse me concentrer assez pour faire monter le désir à son paroxysme.

-Depuis tout à l'heure, tu pensais à autre chose ?

-Principalement à toi, mais il y a toujours au moins trois lignes de pensées parallèle dans mon esprit. Je pensais à tes réactions, à ce que j'avais lu sur internet, à ce qui venait de se passer, à ce qui allait se passer, plusieurs choses en liens avec le moment présent, mais je n'étais pas focaliser sur une seule chose comme un être humain normal l'aurait été.

-Et c'est ce qui t'empêche d'avoir une érection ?

-En partie, mais il y a aussi que je ne ressens simplement pas de désir. Tout ça est très psychologique John, tu dois le savoir. Je suis capable physiquement, mais je n'en ressens pas le besoin.

-Donc je suis capable de te faire ressentir du plaisir, si je te touche ?

-Si j'arrive à me concentrer, oui.

-Tu crois que… Je ne veux pas te forcer ou quoi que ce soit mais… juste une fois ? Pour essayer ? Je n'aime pas l'idée d'être le seul à en profiter, quoi que tu en dises. Je veux savoir que je peux te donner ce genre de plaisir aussi.

Sherlock soupira, ferma les yeux un instant, semblant réfléchir.

-Très bien. Mais je ne veux pas que tu sois déçu. Et même si ça venait à marcher, sache que ça ne se reproduirait pas souvent.

-Je comprends. Je suis tout à fait d'accord.

Sur ces mots, John embrassa Sherlock, caressant son torse. Puis il descendit pour lui retirer son caleçon et se retrouva face à son pénis en très légère érection, mais rien de suffisant pour induire un quelconque rapport sexuel. Il en saisit la base, et commença des mouvements de va-et-vient plutôt lent. Quand il sentit l'organe durcir légèrement entre ses doigts, il raffermit son emprise et augmenta le rythme. Il regarda Sherlock qui avait les yeux fermés, visiblement concentré, et dont le souffle commençait à s'accélérer. Il déposa un baiser dans son cou et ne put résister : arrivé au niveau de la clavicule, il saisit la chair entre ses lèvres et aspira. Sans s'en rendre compte, il accéléra encore ses mouvements et quand il s'éloigna, la peau de Sherlock avait une teinte violacée qui aurait été parfaitement accordée à sa chemise. Sherlock lui, ne semblait même pas avoir remarqué tant il semblait perdu dans ses pensées, les yeux fermés, seul son souffle court trahissant son plaisir. Puis ses yeux s'ouvrirent brusquement, rencontrèrent ceux de John et il murmura son prénom. Un instant plus tard, ce fut à son tour de venir, aucun son ne s'échappant de sa bouche. John se fit la réflexion que Sherlock était en effet très calme au lit.

Sherlock ne dit pas un mot, yeux écarquillés fixés au plafond. Se disant qu'il devait lui laisser le temps de récupérer, John reprit la boite de mouchoir afin d'essuyer le sperme, un petit sourire sur le visage. Il ignorait encore ce que pensait Sherlock, mais au moins il avait réussi. Il l'avait mené là ou personne, même pas lui-même, n'avait réussi.

Il se rallongea près de son amant, mais sentant le froid commencer à le gagner, il voulut se mettre sous la couverture, ce qu'il ne pouvait faire si Sherlock restait immobile.

-Tu ne veux pas aller sous la couette ? demanda-t-il enfin.

Sherlock sursauta et le regarda comme s'il avait complètement oublié sa présence.

-John, c'était… silencieux ! S'écria-t-il, aussi étonné que s'il venait de découvrir que 1+1 ne faisaient pas 2.

-Pardon ?

-Pendant que tu le faisais, je me suis concentré très fort sur les sensations, j'ai essayé d'utiliser au mieux mes sens, et au moment où c'est arrivé, mon cerveau a comme court-circuité. J'ai senti les endorphines se répandre dans mon corps, mais je ne pensais plus à rien. Je ne m'étais pas senti si calme depuis…

Il ne finit pas sa phrase, mais John comprit parfaitement. Depuis la cocaïne.

-Sauf que là ça ne dure qu'une ou deux minutes tout au plus, déclara John.

Il eut vaguement peur qu'avoir à nouveau fait l'expérience de cette sensation ramène Sherlock dans la drogue, mais ça ne semblait même pas traverser son esprit.

-Ça reste assez reposant. Bien que je ne te cache pas que le processus reste assez compliqué pour moi.

-On pourra le refaire alors ?

-Quelques fois, oui. Pas aussi souvent que deux personnes 'normales', mais je me sens près à faire l'effort pour toi. En revanche, je ne rechignerai jamais à satisfaire ton désir. N'hésite donc pas à m'en faire part.

John sourit et rabattit la couette sur eux deux. Il vint se lover contre Sherlock qui l'enlaça.

-Tu as l'intention de dormir un peu, cette nuit ? demanda John.

-Pas d'affaire en cours, une décharge d'endorphine dans les veines, cela me semble probable, répondit Sherlock.

-Tu resterais avec moi ? Continua John qui sentait déjà la fatigue l'envahir, surtout que Sherlock lui caressait pensivement le dos.

-Ca me semblait évident, répondit-il avec un sourire. Je vais juste rester éveiller encore un peu, le temps de cataloguer toutes ces nouvelles données…

Il se pencha et déposa un baiser sur le front de John.

-Bonne nuit, murmura-t-il. John dormait déjà.