La Gryffondor s'était réfugiée dans sa chambre

Il ne demandait qu'une seule chose : ne pas la croiser. Pas après ce qui c'était passé le soir précédant. Ce serait trop dur pour lui. Pour la première fois de sa vie Drago Malfoy avait mal. Il souffrait. Pour de vrai. La croiser, ne ferait qu'accentuer encre plus cette terrible souffrance. Comparé à ce qu'il ressentait à ce moment précis, le sortilège «Doloris» n'était rien du tout. Et il était bien placé pour le dire, lui qui l'avait déjà subi. La première fois que son père le lui avait jeté il avait eu mal. Il n'avait même pu s'empêcher de crier. Puis, il avait compris que s'il ne voulait pas avoir encore plus mal, il lui fallait faire semblant cette douleur que son père voulait lui infliger.

Faire semblant. Des années qu'il faisait semblant d'être une personne qu'il n'était pas. Elle était la seule qui l'avait vu son vrai jour, en dehors de sa mère. Ne dit-on pas que l'on ne se rend compte de ce qui nous est cher que quand on le perd ? Il comprenait maintenant le sens de cette phrase.

Il marchait seul dans un des longs couloirs de l'école de sorcellerie. Instinctivement, ses pas le ramenèrent devant la salle sur demande. C'était ici que tout avait commencé. Il s'en souviendrait toute sa vie, il en était certain.

Il s'y était réfugié pour étudier un moment, au calme. Elle voulait faire de même et la porte de la salle magique s'était ouverte même déjà occupée. Au début, ils s'étaient disputés pendant un long moment. Bien entendu, aucun des deux ne voulait céder sa place à l'autre, après tout on ne fait pas de faveur à son ennemi. Ils avaient tout de même fini par faire un pacte de non-agression et s'étaient mis d'accord pour partager la salle, tout en restant de plus éloigné possible l'un de l'autre.

Drago s'était alors surpris à l'observer, à aimer le bruit de sa plume sur les parchemins, la douce musique qui s'élevait parfois dans la salle lorsqu'il lui prenait l'envie de chanter sans s'en rendre compte, l'air concentré qu'elle avait sur le visage ou encore l'immense sourire qu'elle affichait une fois son travail terminé.

Rapidement, au lieu d'étudier comme il était prévu, il s'était surprit à la contempler à son insu, ce qui la rendait encore plus belle. Elle n'était pas comme ce genre de filles qui sont belle le soir, et le matin horrible, une fois qu'elles n'ont plus leur tonne de maquillage sur le visage. Non, elle, elle possédait une beauté naturelle, elle dégageait quelque chose de différent.

Tout ce petit jeu avait duré jusqu'au jour où il n'avait plus résisté. Elle s'était levée pour partir, sûrement pour rejoindre la belette et le balafré, mais une impulsion l'avait poussé à la retenir.

- Hermione ?

Elle s'était subitement arrêtée, se retournant lentement, comme si elle n'en croyait pas ses oreilles. Comment l'avait-il appelée ?!

-Je…je…

Il n'avait pas su quoi dire. Alors il s'était simplement avancé vers elle et avait posé ses lèvres sur les siennes. Elle avait d'abord paru surprise qu'il fasse une telle chose, mais il l'avait rapidement senti sourire contre ses lèvres pour répondre avidement à son baiser.

Les rendez-vous s'étaient alors multiplié entre les cours ou après, dans fameuse salle ou même dans les minuscules placards à balais de l'école, qu'ils connaissaient maintenant par cœur.

Au contraire de ce qu'ils avaient pensé au début, le fait qu'ils partagent les mêmes appartements n'avait pu qu'aider dans cette relation. Si on pouvait appeler ça comme ça. Car ce qu'il y avait entre eux était pure et simplement du sexe. Aucun sentiment. Enfin, c'est ce qu'il essayait de se persuader. Car encore aujourd'hui, dans ce couloir à regarder l'endroit où tout avait commencé, il cherchait un défaut, une raison, une simple petite chose qui lui donnerait une raison de ne pas aimer Hermione Granger.

Des bruits de pas le sortirent de ces pensées. Il était à peine sept heures du matin, qui, à part lui bien-sur, pouvait être assez fou pour se lever à une heure pareille un dimanche matin et se promener dans les couloirs de l'école ? Il ne connaissait qu'une seule personne capable de faire une telle chose, mais refusait de se l'avouer. Peut-être se trouvait-elle ici, devant cette fameuse porte pourtant invisible, pour la même raison que lui ? Son cœur rata un battement à cette simple pensée.

Les pas s'arrêtèrent alors et il leva finalement la tête. Elle était là, devant lui, à le regarder d'un air triste. Son cœur se serra à la simple pensée qu'il était peut-être la cause de toute cette tristesse. N'avait-elle pas pleuré en lui annonçant que tout était fini entre eux ?

Il s'avança alors d'un pas vers elle, voulant lui montrer qu'il ne voulait qu'elle, lui demander qu'elle lui pardonne d'avoir été aussi aveugle mais avant qu'il ne fasse quoi que se soit elle se retourna et se mis à courir, le plus loin possible de lui.

Hermione s'était levée tôt ce jour-là. Elle n'avait pas réussi à dormir après ce qui c'était passé quelques heures auparavant. Elle avait donc décidé de se lever et aller se promener dans les couloirs du vieux château qu'elle aimait tant.

Elle passa devant la bibliothèque, là où elle adorait passer ces après-midi. Enfin…elle y était tout le temps fourrée oui, mais cela avant que toute cette histoire ne commence. Harry et Ron pensaient qu'elle y passait son temps libre, à lire et étudier comme elle le faisait avant. Ils ne s'étaient même pas rendu compte des changements chez la jeune fille, sûrement trop occupés à coucher à droite à gauche et se trouver de nouvelles copines pour la semaine suivante. Ils ne s'imaginaient pas une seule seconde que leur petite Hermione chérie, si bonne élève et sérieuse puisse avoir quelqu'un. Et encore moins que ce quelqu'un était Drago Malfoy !

Elle eut un sourire à cette pensée…qui s'évanouit rapidement. Après tout, ils n'étaient plus ensemble ; s'ils l'avaient été un jour. Pourquoi n'était-elle pas comme les autres filles qui couchent avec n'importe quel mec et leur reste insensible ? Pourquoi était-elle tombée amoureuse de lui ? Plus elle y pensait, moins elle comprenait. Elle ne lui trouvait que des défauts. Surtout lorsqu'ils étaient en publique. Jamais il n'avait montré qu'il ne la détestait plus, il n'avait même jamais cessé de l'insulter. Mais une fois qu'ils se trouvaient seuls, il lui expliquait que c'était juste pour maintenir les apparences, qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il disait et elle, elle lui pardonnait tout, rien que pour avoir un de ses tendres baisers qu'il lui donnait après qu'elle lui ait sourit. Bien sur ça finissait toujours sous la couette. Elle ne pouvait lui résister. Elle l'aimait comme jamais elle n'avait aimé, même en sachant que la seule chose qu'il attendait d'elle était le sexe.

Dans les premiers temps de leur «relation», alors qu'ils étaient tous les deux couchés dans le lit du Serpentard, après plus de deux heures de plaisir, il lui avait simplement dit :

- Merci Granger…t'es le meilleur coup que j'ai jamais eu.

Il s'était alors levé et dirigé vers la salle de bain, la laissant seule dans le lit. Une larme avait coulé sur la joue de la jeune fille et elle s'était rapidement réfugiée dans sa chambre. Il n'avait eu ce genre de discours que cette fois là, mais son attitude n'avait jamais montré qu'il ne le pensait plus.

Des bruits de pas la sortirent de ces pensées qu'elle préférait oublier. Elle reconnaîtrait cette silhouette entre mille. Ces épaules larges qu'elle avait si souvent embrassés, ce torse musclé qu'elle aimait tant caresser, ces cheveux platine qu'elle aimait tant toucher. Elle aimait tout en lui. Elle s'arrêta, paralysée alors qu'il continuait d'avancer. Il leva lentement la tête après s'être arrêté à son tour et chercha à croiser son regard chocolat. C'était du moins ce qu'il semblait, ou alors ce que le cœur d'Hermione voulait que se soit. Elle avait du mal à y croire après ce qui c'était passé. Son regard croisa alors le sien, et la jeune fille n'y vit qu'une seule chose : de la tristesse. Était-ce le reflet de ces yeux à elle ou ressentait-il lui aussi cette horrible douleur ?

Elle ne supporta de voir une telle chose sans avoir de réponse claire, en fait elle ne supportait pas de le voir tout court. Des souvenirs passés avec lui dans leurs chambres, la salle sur demande, ou les petits mots qu'ils s'envoyaient pendant les cours pour marquer le rendez-vous du jour s'insinuèrent dans son esprit. Jamais elle ne supporterait encore trois mois entre ces murs s'il s'y trouvait aussi. Son cœur rata un battement et une seule et unique solution se présenta à son esprit : tourner le dos et partir en courant.