Intro d'aristo:
Miladys et Milords, c'est avec grande joie que je prends le relais d'Albus pour introduire ce nouveau chapitre. Au nom de l'auteur, je vous remercie toutes et tous pour vos mises en favoris, follow et commentaires qui ont pour la majorité convaincue Dame Storie de poursuivre la publication et la rédaction de cette histoire. Nous souhaitons tous mes collègues comme elle, que ce chapitre vous plaira et nous serons ravis de vous retrouver dans ce que j'aimes nommer le salon de la récompense où vous déposer vos avis. Nous sommes également à votre disposition pour d'éventuelles questions qui trouverons réponses dans les prochaines introductions. A bientôt et bonne lecture.
Chapitre 2: Séparés par le Ministère.
Une fois la porte de la chambre franchie par les représentants du ministère, le duo Slughorn et Pomfresh se faufile discrètement derrière eux. Ils se placent au chevet de l'enfant, endormie par précaution suite au dernier examen subi, chacun d'un côté sans prêter attention aux employés du Ministère qui les dévisagent. Horace prend doucement la main de la petite dans les siennes. A ce contact familier, la fillette se met à bouger dans son lit puis se réveille. Un sourire tendre naît alors sur le visage du vieux sorcier tandis qu'elle se redresse doucement pour lui faire un câlin de façon spontanée comme seuls les enfants savent le faire.
- Comment te sens-tu ma petite ?
- Je vais plutôt bien même si les gens sont très bizarres ici. Ils font de la magie pour de vrai ! C'est pas des trucages comme au cinéma !
Le sorcier rit devant l'enthousiasme de la fillette avant de dire, sur un ton paternel et affectueux :
- Doucement. Calme-toi. C'est pas bon de t'agiter comme ça, tu vas rouvrir tes blessures.
- D'accord. Mais c'est qui les types en costumes de l'autre côté ? Je les avaient pas vus avant.
Sans que Horace ne puisse répondre, le plus âgé du trio s'avance et déclare:
- Nous allons devoir vous emmener pour vous interroger jeune demoiselle. Vous êtes le produit d'un usage abusif de la magie et il est de notre devoir de protéger le monde des sorciers de tout élément pouvant dévoiler son existence.
- Qu'est-ce que vous comptez lui faire au juste ? demande le potionologue tandis que la petite fille se colle encore plus à lui, agrippant son veston avec force.
- Des tests pour savoir d'où vient sa magie principalement. Un examen poussé de son sang pour connaître ses origines ainsi que les questions de bases pour connaître la vie de quelqu'un. Autrement dit: Nom, Prénom, Âge …
- Elle ne se rappelle même pas de son prénom ! Comment voulez-vous qu'elle vous renseigne si elle ne sait même pas qui elle est ?!
- Nous la forcerons à se souvenir, déclare le plus jeune, d'une voix semblant totalement dépourvue d'émotions.
Horace sent sa rage monter en lui aussi vite qu'un feu se met à brûler dans une cheminée après qu'on l'ait allumé. Cette fois Mme Pomfresh sait qu'elle ne pourra rien faire pour l'apaiser. Il en a trop entendu de la part de ces mal-élevés envoyés par le Ministère de la magie Anglaise. Et la terreur de la petite fille ne l'aide pas à demeurer calme. Il ne tarde pas à exploser:
- AVEC TOUT CE QU'ELLE A VÉCU VOUS NE POUVEZ PAS LUI INFLIGER ÇA ! CE SERAIT INHUMAINS DE VOTRE PART ! CETTE PETITE N'EST PAS UN COBAYE D'EXPÉRIENCE ! C'EST UNE ENFANT SANS DÉFENSES ! JE NE VOUS LAISSERAIT PAS L'EMMENER !
- Alors nous allons devoir la prendre de force !, s'exclame le troisième envoyé du Ministère qui n'avait pas parlé depuis le début de l'échange.
Ils sortent tous leurs baguettes et lancent un puissant "STUPÉFIX" en simultané, mais il est aisément contré par un clair "Protego", suivis d'un sortilège informulé lancé par Slughorn et qui les envois frapper l'autre mur de la pièce. Malheureusement pour le vieux sorcier, un sort lui est lancé en traître ainsi qu'à Mme Pomfresh et c'est incapables de bouger qu'ils voient les trois hommes s'enfuir avec la fillette en larmes, apeurée, loin d'eux, les seules personnes qui l'ont aidée depuis sa traversée de l'écran. Ce n'est que bien plus tard qu'ils sont libérés par une infirmière qui est venue voir ce qu'il s'est passé après qu'un patient ait parlé des éclats de voix et d'hommes du Ministère partant d'ici, une petite fille dans les bras. Lorsqu'ils sont libres, Horace et Pompom se lancent immédiatement à la recherche de l'enfant, mais ils ne parviennent pas à la trouver, pas même en utilisant un sort de pistage sur les affaires de la petite.
- OH LES ENFOIRÉS ! SI JE LEUR MET LA MAIN DESSUS JE NE ME CONTENTERAIS PAS D'UN MINABLE STUPÉFIX !
Le duo transplane alors au domaine des Slughorn pour prendre le temps de déjeuner. Horace se rafraîchit un peu, parce que là où il doit aller, il vaut mieux être bien habillé pour faire bonne impression. Poppy veut l'accompagner, mais Horace refuse car il ne veut pas prendre le risque que les Malfoy découvrent ce qu'il se passe entre eux. Il tient à sa vie privé et sa Pompom adorée cède face à cet argument bien qu'elle le prie de ne pas rentrer trop tard de ses recherches. Elle décide de rester chez lui en attendant et prépare quelques potions au cas où elle aurait besoin de soigner la petite lorsqu'il l'aura retrouvée avec le soutien de Lucius et de sa famille. Horace embrasse tendrement l'ancienne Serdaigle qui sourit ravie, tandis qu'il fouille parmi ses divers costumes afin d'en trouver un qui convienne pour l'occasion.
Ensuite, une fois prêt, il transplane près du Manoir Malfoy après avoir envoyé son Patronus au maître des lieux pour le prévenir de sa visite. Il est accueilli par Dobby, l'elfe de la famille et la créature le conduit au salon, où l'attend uniquement Narcissa Malfoy, puisque son mari n'est pas encore rentré du ministère à cette heure. Elle l'accueille avec plus ou moins de chaleur puis l'invite à prendre place sur les fauteuils placés non loin du celui sur lequel elle s'est assise. Une fois son visiteur installé, elle prend la parole:
- D'après ce que m'a écrit mon mari dans la lettre qu'il m'a envoyé après réception de votre patronus Horace, vous avez besoin de notre aide pour retrouver une petite fille qui a été enlevée par des gens du Ministère et que vous soupçonnez de vouloir faire du mal à cette petite en pratiquant sur elle des expériences interdites par les lois du monde magique ?
- Je sais que cela paraît incroyable, mais je vous assure Narcissa, si vous les aviez vu vous leur auriez trouver un air louche aussi. Ils m'ont arraché la petite de force ! Ce ne sont pas des méthodes habituelles venant de personnes prétendant êtres envoyées par le Ministère.
Narcissa semble sur le point de dire quelque chose lorsque le son d'un transplanage se fait entendre en provenance de l'entrée du manoir, suivi de la voix très reconnaissable de Lucius Malfoy:
- Cissy, Horace est-il déjà arrivé ?
- Il est avec moi au salon Lucius !
Des pas se rapprochent alors, ce qui fait se lever Horace qui sert la main du nouveau venu.
- Bonjour Horace. Je suis venu dès que j'ai eu fini le travail que je devais faire au Ministère.
L'histoire que m'a rapporté votre patronus m'a beaucoup intrigué. J'ai du mal à croire que des collègues aient fait une telle chose. Pourriez-vous me raconter les faits en détail ?
- Mais bien sûr Lucius, dit Horace avant de lui raconter toute l'histoire en omettant volontairement la présence de Poppy Pomfresh durant l'épisode de Sainte-Mangouste.
Une fois le récit terminé, Lucius a un air songeur sur le visage et semble réfléchir intensément avant que son fils Draco ne se joigne à eux et demande:
- Vous allez aider Mr Slughorn à retrouver cette petite fille n'est-ce pas Père ?
- Tu devrais perdre cette mauvaise manie d'écouter aux porte mon fils. Mais en effet, je vais aider Horace dans ses projets. Où va le monde si nous ne nous serrons pas les coudes entre sangs purs de bonnes familles.
- Tu vas partir alors ?
- Hum ... D'abord il faut que je contacte quelques amis qui vont faire des recherches en se basant sur les descriptions des trois hommes que m'a fournie Horace. Ensuite, je pense que nous devrons aller voir dans des endroits où ils auraient pu déposer l'enfant et la cacher en attendant de commencer leurs expérimentations.
- À quoi penses-tu exactement Lucius ?, demande Narcissa. Des orphelinats moldus ?
- C'est là qu'ils auront le plus de chance de bien la cacher surtout si sa magie se manifeste à peine, répond son mari, un air dégoûté sur le visage.
Ensuite il demande à Horace:
- A votre avis qu'as-t-elle comme origines cette enfant ?
- Probablement sang-mêlée ou une sang pure d'un autre pays.
- Il faudra étudier la question lorsque nous l'aurons retrouvée.
Après avoir envoyé des lettres à divers contacts, Lucius Malfoy transplane avec Slughorn, commençant une tournée des endroits dans lesquels une fillette comme la protégée du potionologue pourrait être aisément cachée. Lucius fait de son mieux pour ne pas grimacer à chaque fois que son regard se pose sur un de ces « gens-là », sachant que cela risque d'attirer l'attention sur eux malgré leurs costumes ressemblant à ceux des moldus, bien qu'ils aient été faits par des sorciers. Horace le remercie intérieurement de cet effort, réalisant bien que la situation est difficile à supporter pour ce Serpentard bien plus fermé d'esprit que lui-même. Il lui est déjà reconnaissant de son aide, et il serait mal venu de trop en demander. Ils passent au peigne fin chaque orphelinat ou hôpital pour enfant qu'ils rencontrent sur leur chemin mais au soir, ils rentrent bredouilles.
Horace laisse les Malfoy en famille après que Lucius lui eut promis de le tenir au courant s'il trouve quelque chose puis il transplane chez lui et rejoint Poppy qui prépare le dîner. En l'entendant s'affaler dans son fauteuil préféré, émettant un son étrange depuis qu'il a été enchanté par un invité qui avait trop forcé sur le Whisky Pur feu, l'infirmière sait tout de suite que les recherches se sont avérées infructueuses. Elle passe alors le relais à l'un des deux elfes de la maison et va réconforter son âme sœur, comme elle se plaît à l'appeler depuis la, véritable, prophétie que le professeur Trelawney lui a fait un jour pendant un repas de Noël où personne ne faisaient attention à elles. Elle s'assit doucement sur ses genoux, le contraire aurait était bien plus inconfortable vu la stature d'Horace, mais bon passons, puis elle l'enlace tendrement et lui murmure à l'oreille:
- Ne t'inquiète pas chéri, vous finirez par la retrouver cette enfant. Tu sais comment est Lucius, quand il commence à s'occuper de quelque chose il ne s'arrête jamais en cours de route, surtout s'il est intrigué.
- Je sais Pompom, mais je ne peux m'empêcher de me faire du soucis pour elle.
- Cette petite a capturé ton coeur dès que tu l'a vue n'est-ce pas Horace ?
- Comment ne pas fondre devant une enfant aussi adorable ? En plus, elle me rappelle un peu celui que j'étais enfant ainsi que Lily Potter.
- Une enfant douce mais brave qui risque de nous donner du fil à retordre lorsque tu la retrouvera ?
- C'est exactement ça ! Et avec une grande soif de savoir en plus. Tu sais à quel point j'ai rêvé que nous trouvions une enfant à adopter après ton accident, et qui nous conviendrait à tous les deux.
- Tu penses vraiment que c'est elle qu'il nous faut ?
- Elle aura besoin de ton immense patience et de ton amour pour les enfants. Moi elle m'adore déjà. Je pense qu'il y a moyen que nous en sortions tout à fait bien. Si tant est que tu es d'accord pour que nous la prenions à notre charge.
- Elle a besoin de nous. Alors bien sûr que j'accepterais qu'elle devienne notre fille. Je sais que ton coeur se briserait en morceaux si je refusais qu'elle reste.
- Je t'aime chérie. Tu sais toujours quoi dire pour que je me sente mieux.
Ils s'embrassent un moment avant que l'elfe de maison en charge du repas ne les appellent pour le dîner. Poppy quitte alors sa confortable position et tire doucement Horace par la main avant de le conduire à la cuisine où ils profitent d'un copieux repas après une longue et pénible journée. Ensuite, ils vont s'installer sur le sofa du salon, en face de la cheminée dans lequel brûle un feu que le second elfe des lieux a allumé pendant le repas, sachant que son maître a ses petits rituels en présence de sa dame. D'un coup de baguette, il attire à lui un livre de contes moldus qu'affectionne particulièrement Poppy et commence à lire à haute voix tandis qu'elle se love contre lui.
A la moitié du conte, elle est déjà assoupie et il s'interrompt, préférant demander à l'un de ses elfes de lui apporter une épaisse couverture afin qu'ils dorment là, bien installés. Il affectionne ces moments où ils sont complètement déconnectés du reste du monde et oublie ses soucis avant de s'endormir apaisé par la présence de son aimée bien calée sur son épaule droite. Lorsque les deux humains sont dans les bras de Morphée, les elfes éteignent les lumières oubliées et vont à leur tour prendre du repos bien mérité. Demain va réserver son lot de surprises à Horace.
En effet dès le réveil, il est étonné de voir un hiboux grand duc dans son salon. Il a une lettre dans le bec et le sorcier reconnaît tout de suite le blason de la famille Malfoy sur le sceau qui ferme l'enveloppe. Il se lève lentement du sofa afin d'éviter de réveiller Poppy qui dort encore puis récupère le courrier. Il sort la lettre, recouverte de l'écriture élégante de Lucius et commence à lire :
« Cher Horace, Suite à la réception de lettres provenant d'amis ayant effectués les recherches concernant les prétendus hommes du Ministère, il s'est avéré qu'ils avaient fait usage de faux badges du service des usages abusifs de la magie. Ainsi, votre instinct ne s'était pas trompé et vous avez bien fait de lutter contre eux. Mon informateur a donc diffusé discrètement à tous ses contacts les portraits de ces hommes faits à partir de vos descriptions riches en détails et ils ont été repérés dans un quartier moldu du Nord de Londres. Je viendrais donc vous chercher avec quelques personnes ayant participé aux dites recherches et nous iront fouiller les environs ensemble en nous divisant par équipes de deux afin de couvrir davantage de terrain. Soyez prêt pour 14 h. A bientôt.
Cordialement, Lucius Malfoy »
Soulagé par la rapidité d'action des amis de Lucius, Horace soupire avant de se rendre dans la cuisine afin de demander à ses elfes de préparer le petit-déjeuner. Ensuite, il monte à l'étage pour s'habiller et lorsqu'il regagne le salon, il embrasse tendrement la joue de Poppy pour la réveiller en douceur. Elle se lève et l'enlace, pas encore bien réveillée et ses cheveux gris en bataille puis monte se vêtir à son tour. Quand elle le rejoint à la salle à manger, il lui résume la situation tout en prenant le repas et elle lui fait savoir qu'elle partirait après le déjeuner afin d'éviter que Lucius Malfoy apprenne qu'il entretient une relation avec une femme sans que personne ne sachent qu'ils sont en réalité mariés depuis une cinquantaine d'années.
Une fois le moment du départ arrivé, Poppy rassemble ses affaires, dit au revoir à Horace et retourne chez elle tandis qu'il se prépare pour son rendez-vous avec Lucius. Ce dernier arrive pile à l'heure avec une trentaine de sorciers revêtus de vêtements s'approchant de ceux que portent les moldus des environs. Ils transplanent tous ensembles à l'aide d'un Portoloin et se divisent en équipes de deux afin de fouiller un terrain plus vaste. La consigne suivante est donnée à chaque duo par Horace :
- Celui ou celle qui trouve la petite le fera savoir aux autres en lançant des étincelles rouges pour indiquer sa position. Si besoin donnez à la fillette l'une des potions de soin que je vous ai confié.
Les sorciers et sorcières acquiescent avant d'emprunter des directions différentes, bientôt Horace se retrouve seul avec Lucius pour fouiller les alentours immédiats. Le blond observe attentivement le moindre recoin avec son regard perçant digne de celui d'un rapace en quête d'une proie, tandis que son partenaire de recherche lance divers sorts de pistage qui peuvent aider à faciliter les recherches.
Finalement, la baguette d'Horace leur indique un bâtiment se situant à trois rues de là : L'orphelinat Merkel pour jeunes filles dotées d'un handicap, comme ils peuvent lire sur la plaque placée à l'entrée, sur le mur qui borde le portail. Le vieil homme passe la grille le premier et dialogue avec la gérante de l'établissement tandis que Lucius arpente les lieux à la recherche de la petite fille. De nombreuses paires d'yeux suivent les mouvements du « Monsieur au beau costume avec la jolie canne au pommeau d'argent », comme il entend certains enfants le nommer alors qu'ils discutent entre eux.
Il ne relève pas et fait un effort pour leur demander si une nouvelle petite fille a été admise parmi eux la veille. Mais les petites lui répondent par la négative alors il s'apprête à dire à Slughorn de renoncer, lorsque son attention est attirée par un détail troublant dans la pièce. Il s'avère qu'une peluche Berger Allemand en parfait état est à demie visible dans un coin de la pièce, comme si un charme de camouflage masquait le reste de la salle.
Cependant, Lucius ne peut pas lever le sort en présence des enfants. Heureusement pour lui, la patronne des lieux les appellent pour le goûter et il en profite pour traverser le charme ni vu ni connu. Le sang-pur reste alors bouche bée devant ce qu'il découvre de l'autre côté. Oh bien sûr il en a vu des horreurs en travaillant pour le Seigneur des Ténèbres toutes ces années, mais là, ces hommes, quels qu'ils soient, ont largement dépassé les limite qu'il s'était imposé à cette époque.
Il ne s'en est jamais prit à des enfants. JAMAIS ! Grand dieu cela aurait été bien trop affreux pour le père qu'il est, même s'il ne montre que rarement ses émotions vis-à-vis de son fils. Quoi qu'il en soit, il s'approche pour mieux voir et tire sa baguette de sa canne pour illuminer la pièce. Il aurait sans doute mieux fait de s'abstenir, parce que le spectacle qu'il a sous les yeux est bien plus horrible en pleine lumière. En effet, la petite fille est sanglée sur une table d'opération comme celles de Sainte-Mangouste mais un modèle plus ancien. Des blessures récentes parcourent son corps et de nouvelles marquent d'injections sont visibles à côté de celles dont Horace lui a parlé. Il pose alors sa main libre sur le torse de la fillette, en faisant attention de ne pas appuyer sur ses blessures et est rassuré de sentir son coeur battre sous la paume de sa main.
La petite est appareillée à une quantité impressionnante de machines, probablement de fabrication moldue au vue de leur piètre qualité. Il remarque également des fioles étiquetées et à moitié vide rangées dans les placards à côté de la table. Ses yeux s'écarquillent de stupéfaction quand il reconnaît certains noms correspondant à des poisons ou à des « extraits » de diverses créatures magiques, utilisés en magie noire pour augmenter les capacités magiques d'un sorcier mais qui peuvent avoir un effet désastreux sur la santé de la personne sur qui le rituel est pratiqué. Il jette un regard peiné à l'enfant avant d'explorer davantage.
Il se retrouve alors devant une autre porte qu'il ouvre avec une légère appréhension et découvre derrière, des engins de tortures sortis de livres du Moyen-Âge et recouvert de sang à peine séché, ce qui implique qu'ils ont été utilisés très récemment. Un frisson d'horreur le parcours puis il met la main sur des dossiers portant des mentions étranges et contenant des photos de la petite fille. Lucius décide alors de les miniaturiser puis les rangent dans les poches de son costume.
Ensuite, il retourne auprès de la blessée qu'il entend respirer avec difficulté. C'est alors qu'il se rappelle la consigne d'Horace, concernant la potion, vu qu'un signal magique risque certainement de le mettre dans une situation désagréable si les responsables sont toujours dans les parages. Il se saisit délicatement du menton de la petite fille et la force à avaler la mixture. Peu après, la plupart des plaies qu'elle a se referment et elle ouvre les yeux. Son regard bleu plonge dans celui, gris, du blond et elle recule, un peu inquiète de voir le visage de cet homme-là au-dessus d'elle. Mais Lucius lui sourit avec gentillesse et lui parle de sa voix la plus douce :
- Tout va bien. Je suis là pour t'aider. Tu te souviens du vieil homme qui t'a protégée à l'hôpital ?
La petite acquiesce, encore trop craintive pour parler mais déjà son regard se fait plus intrigué que terrifié comme lorsqu'elle l'a vue la première fois.
- Je suis l'un de ses amis. Il m'a demandé de l'aide pour te chercher. Il est très inquiet pour toi.
- C'est vrai ? Mais il est où alors ?
- Je vais te libérer de ces machines infernales ensuite je t'amènerais auprès de lui.
- Je peux avoir mon doudou s'il te plaît Monsieur ?
- Ta peluche ? Un Berger Allemand ?
- Oui ! C'est Tommy ! Il est où ? Les méchants messieurs me l'ont confisqué…
- Je l'ai trouvé par terre, dit le blond en faisant apparaître l'animal en peluche d'un coup de baguette, le sortant de l'une des nombreuses poches magiques de son vêtement.
Il la donne à la petite puis commence à débrancher toutes les machines auxquelles elle est raccordée avant de la libérer de ses sangles et de transplaner avec l'enfant dans ses bras. Il appelle ensuite les gens du Ministère qui se chargent d'oublietter les moldus et de récupérer toutes les choses présentes dans la salle cachée. Il confie l'enfant à des médicomages qu'il connaît personnellement. Ensuite, il rejoint Horace, toujours en train de fouiller le quartier et le vieux sorcier, en le voyant arriver avec du sang sur ses vêtements s'exclame aussitôt :
- Ne me dit pas qu'elle est morte !
- Non, rassurez-vous Horace. Elle va bien et en de bonnes mains. Venez avec moi, allons la voir.
Lucius fait un transplanage d'escorte avec Horace et ils se retrouvent au niveau de l'orphelinat, près d'une ambulance moldu utilisée par les médicomages afin de passer inaperçus lors de leurs déplacements dans Londres. Les souvenirs de la gérante de l'établissement ont été altérés pour lui faire croire qu'elle avait appelé les secours après que quelqu'un eut déposé devant sa porte une jeune fille inconsciente et gravement blessée. Les moldus croiront à un énième cas d'abandon d'enfant maltraité tandis que les sorciers savent la vérité. Lucius et Horace abordent les « ambulanciers » pour parler à la petite et celle-ci sourit en reconnaissant Horace et son sauveur auquel elle dit :
- Merci beaucoup de m'avoir sortie de là à temps Monsieur.
- Je t'en prie, dit l'interpellé avec un sourire sincère sur le visage.
Ils sont ensuite tous deux autorisés à accompagner l'enfant à l'hôpital et les présentations se font officiellement sur le chemin.
La fillette s'endort, les mains agrippées aux vêtements de Lucius, qu'elle aime beaucoup finalement, bien qu'il lui a fait peur au début avec son regard gris et un peu froid. Horace regarde l'enfant avec un air tendre sur le visage puis Lucius lui demande :
- Que comptez-vous faire maintenant que vous l'avez retrouvée ? J'imagine que vous ne laisserez pas le Ministère la placer dans un orphelinat après ce qu'il vient de se passer.
- Non, je ne laisserais pas une telle chose se reproduire. Le Ministère ne nous séparera plus !
- Auriez-vous en tête l'idée folle de l'adopter ? Un homme célibataire de votre âge ne …
- Il n'y a pas d'âge pour devenir parent Lucius et je n'aurais confiance en personne d'autre pour prendre soin d'elle, dit-il avant de regarder son interlocuteur.
Lucius semble réfléchir mais l'invite à lui dire tout ce qu'il a en tête d'un geste.
- Elle connaît si peu de gens ici, à part vous ou moi qui d'autre la prendra sous son aile sans qu'elle ne soit mal à l'aise ?, demande alors le plus vieux.
- Vous êtes décidé dans ce cas si je comprends bien …
- Oui. M'aiderez-vous à faire en sorte que je puisse l'adopter ? Même si cela ne se fera sans doute pas tout de suite. Le Ministère va sûrement vouloir mener des recherches approfondies au sujet de cette enfant.
- Bien sûr. Mais vous êtes conscient qu'il faudra attendre la fin de l'enquête avant de pouvoir mener une quelconque action de ce genre ?
- Je le sais bien Lucius. Mais franchement, ça ne vous ferais pas mal au cœur à vous aussi qu'elle atterrisse dans une famille de moldus qui ne la comprendront pas ?
- Pour l'instant, je pense surtout que la placer dans une famille n'est pas envisageable vu son état. Elle doit d'abord se remettre de toutes ses émotions.
Aucun autre mot n'est ajouté par la suite par l'un des sorciers qui attendent patiemment d'arriver à Sainte-Mangouste, en passant leur temps à regarder la petite dormir paisiblement. Une fois arrivés là-bas, les deux hommes se voient obligés d'attendre que les médicomages terminent d'examiner la fillette avant de pouvoir finalement la rejoindre. Ensuite un membre de l'équipe vient les chercher et l'enfant fait de grands signes au duo avant d'être rabattue sur son matelas par la douleur.
Horace prend place à gauche du lit tandis que Lucius s'installe sur le siège opposé. Tous deux sourient à la petite qui demande soudain au vieux sorcier :
- Vous avez toujours mon sac Monsieur Slughorn ?
- Oui, j'allais te le donner, dit-il en agitant sa baguette pour que le sac apparaisse sur ses genoux.
Ensuite, il le rend à sa propriétaire qui lui fait un gros bisou sur la joue pour le remercier. Une fois son bien récupéré, elle le pose sur sa table de chevet puis les somnifères administrés par les médicomages commencent à faire effet. Sur ce, l'un d'eux entre dans la chambre et déclare :
- Elle ne se réveillera pas avant l'heure du dîner messieurs. Je vous demanderais donc de revenir ce soir aux alentours de 20 h. Entre temps, les représentants du Ministère affiliés à l'enquête sur cette enfant, mèneront des tests inoffensifs sur elle et essayeront de déterminer d'où elle vient.
Horace n'a aucune envie de se plier à la demande du mage, mais son ami l'entraîne hors de l'hôpital avant de transplaner avec lui jusqu'à son manoir. Lucius, sachant que personne n'attend le potionologue chez lui, l'invite alors à dîner ce que le vieil homme accepte avec plaisir. Plus tard, à l'heure donnée par le mage, ils se rendent à nouveau à l'hôpital. Lucius est le premier à arriver à la chambre de la petite, car Horace a décidé de s'acheter quelque chose à boire car il avait la gorge sèche après avoir longuement discuté de potions avec un autre passionné qui patientait dans le hall. Lucius frappe à la porte en entend un joyeux :
- Entrez Monsieur Malfoy !
Il reste figé un instant, surpris qu'elle soit parvenue à deviner qui a frappé, puis se décide à entrer. Il s'assoit à la place qu'il a occupé plus tôt dans la journée et la fillette sort un livre de son sac. Le sorcier s'en saisit et reconnaît un exemplaire tout neuf des contes de Beedle le barde. Au regard suppliant de la petite, qui va de lui au livre, il comprend qu'elle souhaite qu'il lui lise une histoire. Il change alors de place pour s'asseoir sur le matelas, incapable de résister à la petite fille bien qu'il se méfie d'elle à cause de ses origines inconnues. Il commence alors à lire : La Fontaine de la bonne Fortune, après que la petite se soit blottie contre lui.
Elle baille à la moitié de l'histoire et s'endort la tête lovée sur l'épaule de Lucius qui n'ose pas bouger de peur de la réveiller. Lui-même s'endort peu après, épuisé par cette journée riche en rebondissements. C'est ainsi qu'Horace les découvrent une fois qu'il a finalement réussit à décider quelle boisson prendre. Il grave l'instant dans sa mémoire. Il n'oubliera jamais le sourire satisfait de Lucius endormis, ni le fait que la petite a serré son bras comme s'il s'était agit de sa peluche. Ensuite il s'assoit tranquillement sur le fauteuil précédemment occupé par Lucius et reste là à les observer en silence.
