Hello tout le monde :) J'espère que mon premier chapitre vous a plu et que celui ci sera de même! Je vous remercie pour vos review et vos follow :) ! Quelques questions sont revenus plusieurs fois.
- Oui Sherlock est jeune, mais je vous rassure la fic sera sur la longue durée et je le voulais encore assez immature pour le voir se construire!
- On se perd dans les personnages, alors je m'en excuse, c'est un tout nouveau style d'écriture que j'adopte, sachez qu'en général chaque passage parle d'un nouveau personnage et que son nom est indiqué dans les premiers lignes! Attention il y a plusieurs partie courte en bas de ce chapitre :)! Pour le moment nous avons le point de vue de John, de Sherlock et Mycrof, d'autres devraient arriver.
J'espère avoir été claire :) Bonne lecture! Surprise je publie en avance parce que demain je ne serai pas disponible!
La pluie cessait enfin. Les dernières gouttes tombaient lentement des arbres, scintillant à travers les reflets du soleil. Un arc-en-ciel commençait à se montrer derrière les nuages qui se dissipaient. D'immenses flaques d'eau recouvraient le jardin, la petite fontaine débordait et un courageux rossignol vint y faire sa toilette. Bientôt, quand le Zéphyr ne soufflera plus, il s'envolera vers des terres plus chaudes, échappant à l'hiver londonien. Les oiseaux n'étaient pas aussi libres qu'ils le pensaient, guidés par leur instinct, ils quittaient les continents du nord pour rejoindre l'Afrique. S'il avait été un oiseau, il aurait parcouru le monde, de New York en survolant l'océan Atlantique jusqu'à la Russie en passant par la chaine de l'Himalaya, pour sentir l'air glacé entre ses plumes. Mais les oiseaux étaient stupides pensa Sherlock en toquant à la vitre de sa chambre, effrayant l'animal qui s'envolait : ils DEVAIENT voler sans cesse, parcourant parfois des kilomètres sans trouver une branche sur laquelle se poser.
On toqua à trois reprises à sa porte, Mycroft et ses lubies étranges… Comme si une autre personne pouvait bien entrer dans cette maison. Il était déjà impossible d'en sortir. Chaque fenêtre était verrouillée, chaque porte menant sur l'extérieur fermée à double tour. Seule la lumière entré comme elle le désirait, la nuit Sherlock avait pris l'habitude ne plus fermer ses volets, et écouter le hululement du hibou, le chant des criquets l'aidait à s'endormir .Certains soirs un vieux matou assis sur la murette du jardin fredonnait au son du violon. Ses miaulements rauques couvraient le silence de la rue et quand l'aube apparaissait derrière la plaine, il disparaissait.
L'ainé entra dans la pièce, observant son petit frère siégeant dans son fauteuil. Assis face à la fenêtre, il observait comme à son habitude les animaux du jardin. De nombreuses fois, Mycroft avait attrapé Sherlock en pleine dissection, mais même les mains pleines de sang, il n'avait pas eu le courage de le réprimander : il apprenait à sa façon. Mycroft se souvient encore du jour où il avait dû inventer un mensonge si énorme, il se prit à sourire en y pensant : le lapin nain de la voisin avait fait irruption dans le jardin des Holmes et Sherlock haut comme trois pommes avait mis la main dessus. Dix ans plus tard, Mycroft se demandait si cette chère Madame Taylor avait cru à son histoire de kidnapping, qu'à l'époque les lapins de pelage noirs étaient très appréciés dans les grands dressings du monde. Elle n'avait pas soupçonnée Sherlock, elle le trouvait trop gentil pour pouvoir égorger un lapin. Pourtant le rouquin se souvenait aussi des heures passées à récurer le fond du lavabo pour effacer les bêtises de son frère. Il l'avait toujours protégé, même de leurs propres parents. Mycroft ne supportait pas que son père hausse le ton sur Sherlock. Alors il était toujours passé derrière lui, avait menti pour se faire punir à sa place… Un jour Sherlock lui en serait reconnaissant, se disait-il quand il se prenait des coups de règle sur les doigts. Mais Sherlock avait vite tiré un trait sur l'époque où tous deux étaient complices. Il voulait faire bande à part, naviguer seul désormais.
Mycroft n'était pas d'accord… Sous ses airs d'enfant timide, Sherlock voulait connaître ses limites, et le monde d'aujourd'hui offrait trop de possibilités. Sherlock aurait voulu tout essayer, il avait besoin de tout connaitre, sa soif d'apprendre grandissait aussi rapidement que lui. Ce sera un grand homme et Mycroft DEVAIT garder un œil sur lui. On lui avait souvent reproché d'être trop protecteur, mais il connaissait son frère comme s'il l'avait mis au monde. S'il laissait une porte ouverte, Sherlock était comme un chat sauvage, se sauvant au bruit de la poignée de porte. Autant ne prendre aucun risque.
Il déposa les deux tasses de thé fumantes sur le bord de sa fenêtre, une main sur le front de son cadet pour vérifier sa température, et il s'accroupi juste à côté de lui.
"Je peux me joindre à toi?" Demanda avec précaution le plus vieux en lui tendant une tasse. Sherlock la saisit ne quittant pas du regard le saule pleureur, sanglotant après une telle averse. Mycroft n'attendit aucune réponse, il avait oublié la dernière fois où son frère était venu lui parler de lui même...
Ce qu'il avait en horreur, c'était les bruits de bouche dans le téléphone… Mike ne pouvait donc pas laisser son casse-croute triple portion de beurre de cacahouètes sur la table pour parler? John avait fini par avoir l'habitude de déchiffrer entre deux bouchées, même s'il aurait préféré ne pas entendre la mastication de son ami.
Attends, j'comprends pas bien là! Ce gosse-là, t'as été le voir alors que tu ne le connaissais pas ?"
"J'ai du mal à voir le problème là-dedans Mike et ce n'est pas un gosse, il est en seconde."
"Ça reste un gosse, Watson" ajouta Mike.
Et ce dernier riposta, avec autant d'ardeur que le jour de l'enterrement d'Harry, où l'oncle de John avait annoncé, sur un ton bien trop naturel " C'était son heure…".
Ce n'était pas son heure! Elle était bien trop jeune pour mourir, elle avait toute la vie devant elle, elle la croquait à pleine dent. Chaque matin était un nouveau jour, chaque pièce une aventure, montant sur les chaises de la cuisine pour éviter les alligators. Harriet voulait découvrir le monde, apprendre chaque minute. John aurait voulu lui montrer tant de choses, mais elle était partie si vite et... Maintenant il n'avait personne, il n'était plus grand frère, mais enfant unique. Ne restait qu'en mémoire les photos de l'enfant sur les meubles, pourtant depuis le drame, la maison des Watson semblait mourir à petit feu.
"Arrête de le juger tu ne le connais pas".
"Toi non plus, John" répliqua son ami ayant fini de dévorer son encas. Le blond pouvait entendre le bruit de sa bouche qui suçait avidement les doigts recouvert de beurre de cacahouètes. Il en eut des frissons.
"Arrêtes donc de projeter l'image de ta sœur sur chaque nouvelle RENCONTRE..." Conseilla son ami. Il n'avait pas tort. Si John était venu à sa rencontre, c'était parce qu'il avait revu l'image en lui d'une petite fille de huit ans, paniquée.
Il grommela un bref salut, avant de se coucher sur son lit. Son téléphone bipa une nouvelle fois, il n'eut pas la force de répondre. Il souffrait de devoir sourire, faire semblant de se sentir bien, se montrer heureux comme maman lui répétait sans cesse. Mais dans son cœur, à tout jamais la peine y était gravée. Il roula sur le côté, s'enveloppant tout habillé dans sa couverture, elle avait gardé un soupçon de son parfum. Son préféré, celui à la fraise. John se mordit fortement la lèvre pour ne pas laisser échapper un sanglot, mais il n'empêcha pas ses larmes de couler à flot. Bientôt son oreiller fût trempé, mais si cela avait suffit à ramener sa sœur, il aurait pleuré des nuits entières pour elle. La fatigue prit place sur le chagrin, il finit par se laisser envelopper par les bras accueillant de Morphée. Harriet était la seule à le faire oublier, à l'apaiser quand la douleur était trop lourde à supporter. La seule qui puisse le comprendre, juste un peu. Mais c'était suffisant pour John.
Comment un arbre au nom si triste pouvait-il le rendre heureux ? "Saule pleureur", mélancolique, un simple pin semblait bien plus majestueux à côté de ce vieil arbre. Son écorce s'effritait avec l'âge, ses feuilles repoussaient chaque année, moins nombreuses, moins belles. Pourtant Sherlock aimait l'admirer, il était comme lui, il mourait à petit feu dans cette maison. Enraciné depuis des décennies, les oiseaux lui avait conté leurs aventures, le vent lui avait chanté des comptines. Les lapins lui avaient confié leur amour. Le soleil l'avait vu grandir. L'écureuil le faisait rire, chatouillant ses branches. Il n'appréciait pas le bec agressif du Pivert, mais l'hirondelle qui venait faire son nid, consoler son chagrin… Le printemps ne l'embellissait pas, il ne savait pas faire de fruits. Et ses branches tombantes lui donnaient l'allure d'un vieillard maussade. L'hiver l'attristait encore plus, il affichait son air désolé lors qu'Automne approchait.
Sherlock n'avait pas détourné le regard. L'eau de pluie glissait lentement contre les carreaux, chacune rencontra une jumelle pour aller s'écraser contre le rebord. Le brun aurait voulu trouver la personne qui ne fasse plus qu'un avec lui.
"Tu finiras par trouver" dit son frère comme s'il lisait dans ses pensées. Il bu une gorgée du thé et ferma les yeux.
L'entrée du tunnel était éclairé par la lune, mais il y faisait nuit noire quelques mètres plus loin. Sherlock avançait prudemment, ses pas engourdis résonnaient dans tout le lieu, l'écho du moindre de ses gestes lui glaçait le sang. Il avait froid et il eut peur que quand il voulut faire demi-tour, il n'y ait plus de sortie. Le sifflement d'un oiseau l'attira de l'autre côté, il y vit une lumière, une vive lumière, un vent chaud souffla dans le tunnel. Et soudain, alors qu'il ne restait plus que quelques mètres à traverser pour sortir, ses jambes se firent plus lourdes, son souffle devint erratique, ses yeux le brulèrent. Un pas de plus devenait une torture abominable. Il eut la nausée, un mal de crâne soudain tambourina dans ses oreilles. Mais le pire c'était cette présence dans son dos, elle l'observait, épiait ses moindres gestes. Sherlock n'osa pas se retourner, c'était comme se jeter dans la gueule du loup. Une épaisse fumée traversa le tunnel, il ne put bientôt plus voir ses jambes, et la bête derrière l'appelait sans cesse "Sherloooooooock". Elle posa sa main velue sur son épaule. Il avait peur il avait l'impression de courir sur place. Et quand il regarda au-dessus de son épaule, le visage de Mycroft se dessina sur les traits de la bête. Le cadet hurla pour se défaire de sa prise, l'oiseau chuta au sol, mort et la lumière disparut. Ne restaient plus que les ténèbres et la peur.
Il cria, sa tasse de thé éclata en mille morceaux, il ouvrit les yeux, respirant si vite qu'il en eut mal à la poitrine. Une main froide se posa sur sa joue, il hésita longuement à tourner la tête, mais il le fit.
Mycroft n'avait encore jamais croisé ce regard ahurissant, et empli de peur. Ses lèvres tremblaient, ses pupilles balayaient son visage, ses dents s'entrechoquaient, son front était couvert de sueur. Venait-il de faire un cauchemar? Son petit frère le repoussa alors violement quand il se reprit. Il sortit aussitôt de la pièce, marchant pied nus sur les débris de porcelaine. Le rouquin pouvait entendre l'eau de la douche couler maintenant. Il soupira longuement avant de ramasser les morceaux de tasse. Quand il rejoignit le salon, il découvrit Sherlock en pyjama, ses cheveux encore mouillés trempaient son T-shirt. Il ne fit pas attention à la présence de l'ainé. Il préféra même s'intéresser à ces documentaires sur les moustiques. Pourtant Mycroft vint s'installer à ses côtés, passant un bras autour de ses épaules. Mais Sherlock brisa rapidement le contact, il retenta une seconde fois, mais cette fois-ci, le brun repoussa brutalement sa main.
"Ne me touche pas", jeta Sherlock sans lui accorder le moindre regard.
John descendit de son vélo. Par un si beau temps, il aimait profiter des derniers rayons du soleil, avant les temps pluvieux d'octobre. Il appréciait de ne pas prendre le bus, ainsi il pouvait passer par les petits chemins et les parcs. Il n'y avait pas beaucoup de monde le matin, quelques grand mères insomniaques, des joggeurs, et quand il avait de la chance, il lui arrivait de croiser un lapin qui venait de mettre le bout de sa truffe à l'extérieur.
Il reconnut la pas empoté de Mike derrière lui, virevoltant il tendit sa main pour la lui serrer. Le binoclard fut surpris de sa rapidité.
"Je t'ai déjà répété des millions de fois de ne pas trainer des pieds" taquina John. Son ami ne préféra pas répondre à cette provocation, changeant aussitôt de sujet.
"Alors avec Judith tu en es où?"
"Je réfléchis encore" avoua timidement John en croisant les mains derrière son dos.
Judith était une fille de leur groupe et une bonne amie de Mike. Elle était simple, mais très belle, beaucoup de garçons voulaient sortir avec elle. Mais à la plus grande surprise de tous, et surtout celle de John, elle avait jeté son dévolu sur lui. Il l'appréciait beaucoup certes, mais il n'avait jamais pensé à une réelle relation. Elle était trop bien pour lui. Et trop vieille… Elle venait seulement d'avoir dix-huit ans mais John semblait être un gosse à côté d'elle. C'était Mike qui l'avait poussé à y réfléchir plus posément quand il avait refusé la première fois. Depuis il n'avait pas réitérer la réflexion. Il était encore en deuil et il ne voulait pas d'une relation. Même si cela lui aurait peut-être changé les idées...
"J'espère bien parce que demain, c'est cinéma! T'as intérêt à y mettre du tien John".
Le blond fit la grimace, il allait devoir jouer la comédie toute une soirée. Qu'il était pressé de sortir de ce lycée pour rejoindre le monde de la faculté !
"Sinon ce midi des tacos, ça te tente?". Mike et son estomac : une histoire d'amour éternelle. Il ne prenait que très peu de poids pour le moment, mais à force d'engloutir des tonnes de cochonnerie, son corps finira par le tromper.
Quelques jours s'étaient écoulés depuis la rentrée, et Sherlock avait déjà pris l'habitude de ne pas se mélanger à la foule. Elle l'ignorait complétement, et son physique un peu à part ne l'avait pas aidé à s'avancer vers les autres. Il avait pris l'habitude de préparer un sandwich la veille, pour venir grignoter sur un banc. Un livre dans une main, et son déjeuné dans l'autre. Il était toujours assis sur le même banc. Celui en dessous du châtaignier, son épais feuillage le cachait suffisamment du soleil pour lire tranquillement. Il espérait juste trouver une solution lorsque les châtaignes tomberaient.
Finalement John avait laissé tomber les tacos, son estomac faisait la grise mine depuis le matin. il s'était préparé à jeuner et prendre un temps l'air. Ce fut aussi une excuse pour ne pas croiser Judith, il ne voulait pas lui briser le cœur une seconde fois. Pourquoi Mike voulait-il toujours le caser avec quelqu'un?
Il s'était retranché dans la cour, à l'abri des regards, maintenant il pouvait cesser d'afficher un sourire stupide et soufflait. Il shoota avec toute sa force dans un caillou, et le regarda s'envoler. Et c'est à ce moment qu'il croisa son regard.
IL était là, juste en face de lui, ses yeux bleus cristal qui l'observaient en silence. John l'avait tellement cherché ses derniers jours, il s'avança pour prendre place à ses côtés. Il ne devait pas courir, il devait se montrer normal, mais la joie se lisait sur son visage. Ses yeux pétillaient et son sourire s'élargissait jusqu'aux oreilles.
"Salut!"
"Salut" imita Sherlock, scrutant les gestes de John, s'installant à sa droite.
Le brun ne sut pas vraiment comment réagir, et préféra se replonger dans sa lecture. En général les autres ne restaient pas longtemps avant de soupirer et de s'éloigner. Mais ce garçon-là était différent, il sentait son regard qui lui piquait la nuque. Il essaya d'en faire abstraction mais malgré toute sa bonne volonté, il n'arrivait plus à lire deux mots, s'interdisant de relever la tête.
"Tu as trouvé la classe des Seconde B au fait?" demanda John, obligeant Sherlock à le regarder. Il hocha simplement la tête. Et le silence apparut de nouveau : c'était très pesant, même pour Sherlock. Ca le gênait de ne pas savoir quoi dire, parce que malgré tout il l'avait aidé. Pourtant le blond semblait s'accommoder de son silence.
"Tu ne grandis plus non?" dit le brun pour briser à son tour le calme.
John l'observa longuement ne sachant pas s'il s'agissait d'une blague, il cligna plusieurs fois des yeux, et se pinça à de multiples reprises la peau du poignet se demandant s'il ne rêvait pas.
"C'est ton uniforme... Il est vieux, ta chemise n'est plus aussi blanche qu'avant, les chutes de ton pantalon sont déchirées, ta veste te va bien au niveau des bras, mais elle te sert aux épaules parce que tu as pris du muscles depuis. Tu as dû le recevoir en seconde, les modèles ont changé en trois ans, plus beaucoup d'élèves ne portent celui-ci."
Le blond scruta avec minutie son costume, surpris qu'en un seul coup d'œil, on puisse effectivement deviner qu'il avait cet uniforme depuis plus de deux ans. Le garçon sembla pensif, Sherlock n'avait peut-être pas dû dire ça? Il était peut-être malade ou n'avait juste pas les moyens d'entretenir son uniforme.
Pourtant après quelques secondes hésitantes, John lui sourit. Simplement. Un sourire doux et sincère. Le brun cru qu'il s'agit d'une farce de très mauvais goût, mais lui sourit en retour un peu gêné.
Le silence fut maitre de la conversation, et tandis qu'ils s'observaient sans qu'aucun d'eux ne veuillent prononcer le moindre son, un petit rouge-gorge atterrit subitement à leurs pieds picorant les miettes de pain.
"C'est rare d'en voir à cette saison" déclara John en regardant le volatile nettoyer ses plumes à l'aide de son bec, avant de sautiller deux pattes jointes plus loin.
"Pas vraiment, les rouges gorges ne sont quasiment pas migrateurs. Depuis l'urbanisation, certains partent vers les pays d'Afrique, mais on les retrouve beaucoup dans nos jardins même en hiver", annonça calmement le seconde regardant à son tour la petite bête. Voyant que le blond l'écoutait attentivement il continua. "Ils ont appris à se familiariser avec l'homme, ils sont peu farouches, et certains viendront même picorer dans vos mains... Bien qu'ils restent des animaux sauvages. On les distingue facilement à leur col orange, et non rouge et leurs plumes marron. Ils vivent seuls presque toute l'année sauf pendant la reproduction et la nidification. Le reste du temps, ils défendent coûte que coûte leur territoire en chantant pour éloigner les curieux. Un rouge-gorge sans territoire peut mourir en seulement deux semaines. Ils vivent dans les arbres, et viennent parfois dans les nichoirs que les hommes disposent".
John ne le coupa pas, observant l'oiseau s'envoler plus loin. Il posa un œil curieux sur le livre de son voisin. Mais l'article ne parlait pas d'oiseaux, encore moins de rouge-gorge.
"J'ai... j'ai tout enregistré dans ma tête", avoua le plus jeune, la gêne apparaissant légèrement sur ses joues. "C'est rangé... Quelque part"
Il aurait très bien pu ne pas le croire, ou se moquer de lui, ce n'était pas commun d'enregistrer tellement d'informations sur une espèce. Tout le monde se moquait de savoir comment pouvait vivre un oiseau. Contre toute attente, le blond éclata de rire, si fort qu'il dû se tenir les côtes. Et Sherlock n'apprécia pas, grimaçant, voulant subitement aller se cacher dans un trou de souris.
Remarquant son mal être, John essuya ses larmes aux coins des yeux et dit pour le rassurer "Je ne me moque pas... Je trouve ça génial! C'est super cool de savoir des tas de choses et de les garder en mémoire. Je m'appelle John et toi?"
Vu le long silence qu'il lui adressa, John se demanda brusquement s'il n'avait pas froissé son camarade. En appuyant ses paroles d'une simple pression sur son bras il répéta "Je suis désolé... "
Au simple effleurement, Sherlock dû se contenir pour ne pas bondir de sa place. Il haussa simplement les épaules en guise de réponse, avant d'ouvrir son livre. Il était comme les autres finalement, puisqu'il finit par se lever, même si le brun trouva étrange qu'il ne prenne pas son sac avec lui. Et quand il releva la tête pour vérifier où il avait pu aller, il fut étonné de le voir debout face à lui, tenant le petit rouge-gorge, qui avait fait des mains du blond un nid confortable et chaleureux. L'oiseau était un peu rondelet, se nourrissant des restes laissés par les hommes. Il ne paniquait pas, s'endormant presque là où il était.
"Je m'appelle Sherlock" annonça le plus jeune, alors que la sonnerie retentit signalant la fin de la pause déjeuné. Il saisit aussitôt son sac et se tourna une dernière fois vers John.
"Dépose-le dans le trou de l'arbre" conseilla-t-il se pressant déjà pour éviter le monde qui rentrait par les grilles...
Alors ce chapitre deux :) ? Un petit commentaire à faire?
