Bonjour à tous,
Je suis vraiment contente de vous retrouver pour cette nouvelle et dernière partie !
Bonne lecture !
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Allongé sur le côté dans l'immense lit de sa chambre, un bras calé sous sa tête, Draco fixait les rayons du soleil qui filtraient à travers son rideau, soulagé. Sa nuit sans sommeil s'était enfin terminée. Les souvenirs qu'il avait lus dans le journal de son ancien amant l'avait rongé durant de nombreuses heures et l'avait empêché de fermer les paupières ne serait-ce que quelques minutes. Il s'était promis de ne pas lire de suite le journal, préférant ne pas mettre fin à ces lignes trop rapidement. Malgré tous ses efforts pour recommencer sa vie, il ne pouvait pas s'empêcher de se raccrocher à cette parcelle de leur vie à deux. Il voulait la garder le plus longtemps possible.
Pansy le lui avait dit, il devait passer à autre chose mais c'était plus fort que lui. Même si l'état actuel de leur relation inexistante était en grande partie de sa faute, il n'avait pas souhaité que les choses se déroulent ainsi. Il ne doutait pas une seule seconde ressentir encore des sentiments pour Harry. Il avait juste du faire un choix et avancer. Briser la glace. Il s'était résigné.
Draco finit par trouver la force de quitter ses draps et se diriger vers sa salle de bain. Le miroir lui apprit qu'un sort de camouflage serait nécessaire afin d'effacer ses cernes profondes. Il se coiffa ensuite et quitta sa chambre.
Dans la salle à manger, sa mère lisait tranquillement le journal. Ses mains devenues ridées tremblaient légèrement, signe que la maladie la rongeait. A ses côtés, Lucius buvait son thé. Les cheveux du patriarche de la famille Malfoy avaient été coupés courts, ils étaient devenus ternes. Plus aucun reflet doré ne brillait sur eux et il avait donc préféré couper sa longue chevelure.
Il leva à peine les yeux lorsque son fils les rejoignit à table.
- Draco, murmura-t-il.
Narcissa lui adressa un sourire, s'apercevant de sa présence.
- Tu as bien dormi, mon fils ?
Ce dernier hocha brièvement la tête. Sa mère poursuivit.
- C'est dommage qu'Astoria ne soit pas restée dormir. Elle aurait bien aimé.
Draco ne releva pas. Il prit un toast, le trempa dans son thé et mangea en silence. Ses parents semblaient avoir oublié qu'il avait trente quatre ans et qu'il avait vécu quatorze ans avec un autre homme. Ils tentaient de faire comme si cet écart et la prison de Lucius n'avaient jamais eu lieu, comme s'il avait encore vingt ans et que l'heure était encore aux fiançailles. Et lui n'avait pas la force de leur résister. Depuis que Harry était sorti de sa vie, il n'en voyait plus l'intérêt.
C'était ainsi que tout cela s'était conclu. Astoria, dont le mari était mort au cours d'une de ses missions en tant qu'auror, était apparue dans sa vie six mois après la sortie de prison de son père. Il l'avait rencontrée aux funérailles de Cormac MacLaggen, alors collègue de Harry. Sur le moment, il l'avait comprise, lui aussi craignait souvent pour son amant. Alors il était allé la voir et avait tenté de la consoler. Ainsi, ils étaient devenus amis. Narcissa et Lucius n'avaient pas tardé à l'apprendre et c'était là que tout avait commencé. Après tout, elle convenait parfaitement, fille de sangs purs, elle même sang pur et riche. Quand Harry l'avait quitté, elle avait été parfaite à leurs yeux, ils avaient saisi l'occasion et lui s'était laissé faire, brisé.
Après avoir vidé la dernière goutte brulante de son thé, Draco se leva et quitta le domicile familial. Il arriva directement dans la cheminée des bureaux qu'il partageait avec Lucien, son ancien mentor. Ce dernier se trouvait en pleine discussion avec un client, assis tous deux sur les confortables canapés de cuir de leur salle de réunion. Le jeune homme, inconnu aux yeux de l'avocat, se leva en l'apercevant et se dirigea vers lui. Draco s'arrêta dans sa marche en direction de son propre bureau et accepta la main tendue, étonné. Il était rare qu'un client de son confrère se montre aussi amical. La plupart ne lui jetait que des regards de mépris voir de peur.
- Monsieur Malfoy ! s'exclama le client. Je suis Andrea Willis, journaliste au Chicaneur. Lucien m'a énormément parlé de vous et de vos talents d'orateur. Je n'ai pas eu l'honneur de vous observer durant l'un de vos procès, il faut m'excuser, je débute dans le métier, mais je serai honoré d'écrire un article sur votre travail.
Un rictus amusé se dessina au coin des lèvres de son interlocuteur. Il ne s'agissait que d'un journaliste débutant et non d'un client.
- Ce doit être réellement vos débuts, alors, se moqua légèrement Draco. Généralement, la presse ne prend jamais la peine d'intervenir durant mes procès, sauf peut être pour placer une réplique acerbe en rapport avec mon ancien amant.
L'homme rougit, honteux.
- Oui, je sais... Je lis pas mal la Gazette mais au Chicaneur, nous ne sommes jamais permis cela.
- Il est clairement plus intéressant de parler des nargoles, en effet.
Lucien intervint alors.
- Draco, le réprimanda-t-il. Ecoute au moins ce que ce jeune homme a à te dire. Un article, même dans le Chicaneur, serait bon pour relancer ta carrière.
Ce dernier fronça les sourcils, froissé.
- Je n'ai pas le temps pour cela.
Il se tourna ensuite vers le journaliste et conclut.
- Je suis sincèrement désolé monsieur Willis, mais je ne suis pas intéressé.
Puis, sans oser jeter le moindre regard à Lucien, Draco disparut dans son bureau en prenant bien soin de refermer la porte derrière lui.
Dans la chaleur étroite de la pièce réduite, il se sentit tout de suite mieux. Elle était son seul point d'ancrage avec sa vie d'avant. Le seul lieu qui n'avait pas changé depuis sa rupture avec Harry. Il se revoyait parfois évoluer avec lui dans cette pièce, sur ce bureau... En dehors de leur maison, elle avait été leur deuxième chez eux. Jamais Draco n'était allé dans les locaux des aurors, même lorsque le brun avait été promu chef de sa section, il n'avait pas osé y mettre les pieds. Il savait qu'il aurait été très mal vu.
Après s'être installé sur son fauteuil, l'avocat observa la surface lisse et propre de son bureau. Aucun dossier ne trainait, aucune affaire n'était en cours. Cela faisait deux mois qu'aucun client n'avait sollicité son aide. Bien sûr, il continuait de travailler, il aidait Lucien, mais ce n'était pas pareil. Parfois même, certains clients de son mentor imaginaient qu'il n'était que l'assistant, venant assister au procès mais n'ouvrant pas une seule fois la bouche, n'étant pas l'avocat officiel.
Avec lassitude, Draco fit pivoter sa chaise et ouvrit un des rangements. Il voulait étudier à nouveau un dossier qui l'avait laissé perplexe durant six mois, cet état provoquant ainsi l'emprisonnement de son client. Alors, parfois il tentait de déchiffrer à nouveau chaque seconde de ce meurtre avec préméditation.
Tandis qu'il arrivait à la conclusion et à la mort de la victime, égorgée telle une moldue, sa porte s'ouvrit en grand et Lucien apparut sur l'embrasure de la porte.
- Draco, cela suffit ! Pourquoi as-tu réagi ainsi ? J'ai du négocier et insister pendant un quart d'heure avec ce pauvre jeune homme pour qu'il revienne te voir ! Tu es infernal.
Celui-ci referma délicatement le dossier de carton et cacha à l'aide de son bras le nom de ce dernier. Il répliqua ensuite :
- Et avec quel procès tu aurais voulu que je montre mes talents d'orateur ? demanda-t-il ironiquement. Je n'ai pas le moindre client.
Lucien fronça les sourcils, perplexe. Il semblait avoir oublié ce point.
- C'est vrai... Mais, je suis sûr que madame Francis acceptera que tu sois son avocat officiel. Elle te fait du charme à chaque fois que tu viens.
- C'est à toi qu'elle fait les yeux doux, Lucien. Tu es juste trop vieux pour t'en rendre compte.
Le plus âgé croisa ses bras en fronçant encore plus ses sourcils, il ne s'était pas attendu à cela visiblement. Son regard se posa alors - sur les feuilles qui dépassaient de sous le bras de son protégé.
- Mais c'est quoi que tu as là ? Je suis sûr que c'est un nouveau dossier !
Il avança à grand pas jusqu'au bureau et vola le contenu. Son visage se ferma dès qu'il aperçut le titre.
- Encore cette affaire, Draco ? C'est peine perdue... Nous avons étudié cent fois le dossier ensemble. Ton client était le meurtrier.
- Non ! Il ne l'était pas ! C'était un sang pur, jamais il ne l'aurait tuée de façon moldue ! C'est totalement absurde.
- Ou alors complètement intelligent.
Agacé, Draco se leva et récupéra les feuilles. D'un geste sec, il ouvrit à nouveau le tiroir du rangement et rangea l'affaire. Lucien remarqua alors la pile de journaux à peine dissimulée à l'intérieur.
- Ne me dis pas que c'est...!
Il contourna le bureau et bloqua à l'aide de son bras l'ouverture du tiroir tandis que Draco tentait de le refermer vainement. Ses yeux défilèrent sur les gros titres, lisant à toute vitesse. Son froncement de sourcil se montra alors à nouveau.
- C'est pas vrai... Ne me dis pas que tu gardes réellement ces torchons parmi des dossiers !
Son protégé ne répondit pas et essaya de le repousser afin de cacher son méfait. Un sort le projeta alors contre sa chaise et des liens l'y attachèrent. Outré, Draco ouvrit grand les yeux et resta sans voix.
- Tu... Tu...
- Alors, voyons ça, ricana Lucien en l'ignorant.
Il saisit un des journaux et lut à voix haute :
- « Le Survivant s'est enfin réveillé. », « La séparation tant attendue provoque le départ soudain de notre héros. ». Ah ! Mon préféré : « Le mangemort sans scrupule n'a pas hésité à le sucer jusqu'à la moelle ».
Draco siffla :
- Tais toi.
Mais Lucien poursuivit sur sa lancée :
- Il faut avouer qu'ils ont de l'imagination, te comparer à une sangsue, quelle originalité !
Il regarda ensuite enfin son protégé et se rendit compte de son air sombre et de ses yeux humides.
- Et bien, quoi ? fit-il, moqueur. Pourquoi ne devrais-je pas les lire ? Tu les gardes à portée de main ! Tu dois souvent les lire avant d'aller te coucher, je suppose que cela doit t'aider à t'endormir.
Il jeta ensuite les journaux sur le sol au milieu de la pièce, puis se dirigea vers la sortie. Juste avant de claquer la porte, il conclut :
- Il faut faire quelque chose, Draco, ce n'est plus possible. Tu as choisi ta famille plutôt que ton amant mais elle ne t'apporte pas le moindre réconfort, il serait peut être temps que tu t'en rendes compte.
L'avocat fusilla du regard la porte fermée. Même si Lucien l'avait toujours soutenu, il n'avait pas compris leur rupture. Il n'avait pas saisi que cela n'était pas seulement dû à la libération de son père mais aussi parce qu'il ne leur restait plus que leur passion cachée par une montagne de désaccords. De plus c'était Harry qui était parti, non lui.
Agacé, Draco rangea d'un coup de sec de sa baguette les journaux qui jonchaient le sol puis quitta son bureau. Il n'accorda pas un seul regard à son confrère qui lisait un dossier dans la salle de réunion et quitta les locaux. Il alla directement dans son bar habituel, un moldu bien sûr, là où on ne le regardait pas mal.
Une heure passa durant laquelle il vida à peine sa chope de bière, il resta simplement les yeux dans le vide, attendant que sa journée de travail inutile s'achève.
Il fut cependant interrompu dans son absence de réflexion par l'arrivée de Ron Weasley. Ce dernier pénétra dans le bar et le chercha du regard. On avait du lui dire que Draco se trouvait là. Celui-ci ne lui accorda pas la moindre attention, pas même lorsque la langue de plomb s'assit en face de lui et commanda à boire. Celui qui était devenu son ami le regarda, un air de pitié dans les yeux.
- Lucien m'a dit que tu serais là.
- Il parle trop, répondit platement Draco.
Ron soupira et croisa ses bras sur sa robe de sorcier. L'oeil de l'avocat fut attiré un instant par l'insigne de son ami, ce dernier avait bien réussi à monter dans la hiérarchie des langues de plomb. Il devait en savoir beaucoup sur les stratégies secrètes du ministère.
- J'ai des informations, annonça tout d'un coup Ron.
Draco peina à ne pas montrer son excitation à cette nouvelle. Sa main se serra sur sa chope discrètement. Mais son interlocuteur s'en rendit compte et sourit. Il continua :
- Il serait au Brésil, apparemment ils ont détecté des sources de magie noire suspectes dans la région.
L'avocat ne répondit pas. Il ne fit aucun signe distinctif indiquant son inquiétude pour son ancien amant. Ron, conscient qu'il n'obtiendrait pas de réponse, poursuivit :
- Il ne va toujours pas rentrer après. Il a déjà demandé à savoir qu'elle pourrait être sa prochaine destination.
Finalement, Draco ouvrit la bouche en prenant bien soin de regarder ailleurs que dans les yeux de son ami.
- Tu ne devrais pas me dire cela, tu pourrais perdre ton travail.
Ce fut au tour de Ron de ne pas répliquer. Après quelques minutes de silence pesant, il se leva et ajouta simplement.
- Tu devrais venir dîner une fois à la maison. Rose te demande parfois.
Il quitta ensuite l'établissement en payant sa bière sans la consommer et laissa Draco seul avec ses pensées.
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J'espère que cela vous a plu.
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