N/A : Voilà le deuxième chapitre de cette histoire Post-Poudlard. Les aventures de Owl Potter, comme je me plais à la surnomer. N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez... le bon comme le mauvais, je suis ouverte à tous les commentaires, en autant que vous soyez respectueux.
Je tenais à remercier du fond du coeur Inwie qui a dessiné Owlet m'en a envoyé une copie ! Depuis, elle est en fond d'écran sur mon bureau et je ne me lasse de la contempler lol. Merci Inwichoupette.
Quelques notes : J'utilise DCFM à la place de Défense Contre Force du Mal. J'utilise également (parfois à souvent) les noms et prénoms de la version anglaise. (Désolée, mais pour moi Snape colle plus que Rogue par exemple).
Chapitre 2 : La rentrée
Un autre matin pénible, Papa est venu jouer les réveil matins, me forçant à quitter mon lit trop tôt à mon goût. Je lis maintenant ma Gazette, ayant de la difficulté à bien déchiffrer ce qui est inscrit puisque Albustina, se croyant très drôle ce matin, m'a volé mes lunettes de lecture et refuse de me les rendre. Je joue le jeu de l'ignorance, ça fonctionne toujours avec elle, elle va bientôt se fatiguer de mon manque de participation et me remettra mon bien sans supplication.
Malheureusement, je ne pourrais pas faire mes mots croisés, sans lunettes, c'est trop difficile. Je suis heureuse d'avoir besoin de cet appareil oculaire uniquement pour la lecture… Bien que les occuli-mages disent, qu'éventuellement, j'aurai besoin de mes lunettes en permanence, comme mon père quoi ! Sauf que moi, mes verres correcteurs ne sont pas ronds, plutôt rectangles, minces et sur une monture métallique stylisée, du moins selon l'opinion de Cara et Sirianne. Bah, je ferai mes mots croisés dans le train, ça m'occupera un peu.
La voiture de service de notre père nous mène jusqu'à King Cross, où nous traversons, comme tant d'autre, la barrière 9 ¾. De l'autre côté, c'est la commotion, comme toujours. Heureusement que nous avons salué à notre père dans la voiture… Encore aujourd'hui, chacune de ses sorties publiques provoquent des flots d'admirateurs et de curieux. Je crois qu'il ne s'est jamais réellement habitué à ce traitement. Il n'a pas l'âme d'un héro… Bien qu'il le soit justement. Jamais à la maison nous ne parlons de ses exploits, ou de la guerre, c'est une règle tacite de la famille, mais on en entend parler partout ailleurs. À Poudlard surtout !
Je range mon coffre correctement, m'assure que ma chouette, Iris, est confortablement installée et qu'elle ne risque pas de tomber par terre avec sa cage si jamais le train s'arrête brusquement. Pour l'instant, je suis seule dans mon compartiment, mais ça ne dura pas, je sais… Voilà déjà Lesly et Tim qui s'installent à leur tour en s'informant de mon été. Lesly et Tim sont deux compatriotes de maison avec qui je m'entends bien, nous avons souvent de longues et enrichissantes discussions, sur des sujets divers. Avec Anne et Greg, nous formions un quintet éclectique mais s'amalgamant très bien. Maintenant, je me demande si l'on pourra toujours sentir ce courant entre nous. Peut-être bien que les événements de juin dernier auront ruiné cette amitié spéciale. Non pas que j'ai des sentiments peu aimables face à mes deux amis maintenant en couple, non, d'une certaine manière, je suis heureuse pour eux. Cependant, c'est leur réaction qui m'inquiète. On verra bien ce qui se passera, seul le temps nous le dira…
Nous ne sommes pas trop surpris de ne pas voir nos deux amis se joindre à nous lorsque le train s'ébranle, après tout, ils sont préfets l'un et l'autre, ils ont une tâche à accomplir. Avec Lesly et Tim, on discute de nos vacances, ils me demandent un résumé détaillé du récent mariage de ma sœur, Lesly rigolant de ma description de la robe que j'ai dû porter.
« J'adore ce que tu as fait à tes cheveux en passant… » Me dit Lesly en passant une main dans ma chevelure, observant sans doute le reflet de mes mèches blondes.
« Bah, c'est à cause du mariage… Maintenant, ils sont un peu trop courts pour que je les attache, je dois donc les garder lâches… Je commence à peine à m'habituer à cette frange. »
« Ça te va effectivement très bien. » Confirme Tim avec un sourire charmeur qui réserve habituellement à Lesly qui pourtant, ne voit rien, malgré les années.
Je suis certaine que ces deux-là termineront ensemble. Ils sont fait l'un pour l'autre, c'est visible comme le nez au milieu du visage, mais apparemment, Lesly n'est pas prête à le voir. Un jour sans doute…
Alors que je m'apprête à fouiller dans mon sac pour me saisir de mon mot croisé non entamé, la porte de notre compartiment s'ouvre en grand pour laisser passer Anne qui se laisse tomber lourdement à mes côtés en soupirant. Je risque un regard en sa direction. Elle se retourne si vivement vers moi que j'en sursaute, incertaine de ce qui suivra.
« Est-ce qu'il est toujours comme ça ? » Me demande-t-elle d'une voix où pointe sans difficulté toute son exaspération.
« Tu peux élaborer ? » Que je demande légèrement confuse.
« Greg ! » Qu'elle me répond comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, comme si je DEVAIS savoir qu'elle parlait de lui.
« Mais encore ? » Je tente de nouveau, peu intimidée par son caractère. Je la connais depuis longtemps maintenant, je suis accoutumée à ses répliques.
« Toujours là à vouloir tout faire à ta place ? » Sa voix est maintenant défaite, comme si elle venait d'avouer un secret qui lui pesait mais pour lequel elle ne pouvait rien.
« Oui! » Est ma simple réponse. Elle est courte mais oh combien véridique !
Greg est un charmant jeune homme, empli de qualités plus merveilleuses les unes que les autres, mais parfois, sa propension au ''gentlemanisme'' pousse les gens à serrer la mâchoire et à retenir quelques répliques acérées. C'était quelque chose qui me déplaisait chez lui et apparemment, qui déplait à Anne également. Justement, le preux chevalier fait son entrée dans le compartiment, saluant Tim et Lesly et prenant place tout près d'Anne, me forçant à coller la fenêtre et à courber la tête, dû à la tablette de rangement et à ma grandeur.
Lesly remarque et me fait signe du menton de venir prendre place près de Tim, elle étant plus petite, peut s'asseoir aisément près de la fenêtre, sans problème. Nous échangeons des sourires entendus tout en tentant de ne pas entendre l'essai de réconciliation que tentait le pauvre Greg auprès d'Anne, qui si je me fis à son air, lui a déjà pardonné son excès.
De nouveau je tente de sortir mon mot croisé et mes lunettes de mon sac mais la porte s'ouvre à nouveau, cette fois pour laisser entrer Daniella. Cette jeune fille, boulotte et au sourire asymétrique, est la rapporteuse officielle de notre maison. Chaque maison a au moins une Daniella dans ses rangs. Le genre de personne qui sait toujours tout sur tout le monde, qui connaît les derniers potins, les derniers commérages.
« Vous savez quoi ? » C'est la marque de commerce de Daniella, chacune de ses phrases commencent ainsi. « Il y a un nouveau professeur cette année à Poudlard. »
« Rien de nouveau… » Commente Tim qui a développé avec les années, une allergie incroyable aux bobards et racontars. « Il y a un nouveau prof de DCFM à chaque année Daniella. Ce poste est maudit, souviens-toi… » Continue-t-il d'une voix que l'on emploie habituellement avec de jeunes enfants.
Je dois retenir mon sourire car Daniella me fixe à présent, complètement ignorante du sarcasme que vient de lui lancer Tim.
« Toi ! Tu dois le savoir ! Je veux dire, ta famille est si bien placée au Ministère et partout où ça a de l'importance… Tu dois savoir qui s'est ? »
« Encore une fois Daniella… Owl n'est qu'une personne, pas une famille en entier. » Cette fois c'est Lesly qui prend ma défense, habituellement c'est Tim qui s'occuper de châtier plus ou moins amicalement notre compatriote de maison lorsqu'elle s'emporte sur le sujet de ma famille et des liens de celle-ci.
« Oui… Bref… » Continue-t-elle, décidant de passer outre. « Je disais donc qu'il y avait un nouveau professeur cette année. Plus précisément, une nouvelle enseignante… »
« Laisse-moi deviner, elle enseignera DCFM ? » Demande Tim avec tellement d'ironie que je ne peux retenir mon ricanement cette fois.
« Daniella, nous savons déjà qu'il y a une nouvelle enseignante. Nous l'avons croisée dans le wagon des préfets où elle nous a été brièvement présentée… » Commence Greg.
« Elle se nomme Phoebe Anderson… » Continue Anne, qui tente de communiquer muettement avec le reste de notre petite bande.
Nous comprenons aisément et nous nous exclamons joyeusement, d'une même voix, victorieuse et oh combien ironique :
« Qui enseignera DCFM ! »
Cette fois je pleure tellement je ris et je ne cherche pas à cacher mon hilarité. Ce n'est pas vraiment notre genre de se payer ainsi la tête d'une collègue de maison, de qui que ce soit finalement, mais l'occasion était trop belle. Daniella ne voit pas l'humour derrière nos propos et sort, indignée, claquant avec fracas la porte derrière elle. Malheureusement pour elle, un pan de sa robe se coince dans la portière, l'empêchant d'accomplir dignement sa sortie. Inutile de spécifier que nos rires redoublent. Pauvre Daniella…
Je reprends lentement mon souffle tout en écoutant d'une oreille discrète, Anne qui donne un résumé de l'apparence de la nouvelle enseignante. Blonde, grande, légèrement en rondeur selon elle (toutes les femmes sont rondes pour Anne… Si tu n'as pas le poids santé, tu es ronde !) et des traits aimables et doux. Pour ma part je me questionne, Anderson n'est pas un nom très commun dans la communauté magique de Grande-Bretagne… Par contre, c'est un nom fort connu dans celle d'Amérique. La famille Anderson est reconnue comme l'une des plus importantes oeuvrant dans le domaine archéologique magique.
« Phoebe, fille d'Uranus et de Gaia, mère de Leto et Asteria… Ou, surnom d'Artémis, déesse de la lune… »
Je ne me rends compte que j'ai parlé à voix haute qu'une fois que mes amis me dévisagent, curieux. Le sens le rouge monter à mes joues, ça m'arrive parfois, je suis si perdue dans les méandres de mon esprit, que je parle à voix haute s'en m'en apercevoir. C'est très gênant comme habitude, bien que mes amis soient maintenant habitués.
« Tu ne te dis jamais, que parfois, les parents attribuent le nom à leur enfant sans avoir une référence mythologique derrière la tête ? » Me demande narquoisement Anne.
J'offre un petit sourire en guise de réponse. Elle a raison, il m'arrive parfois, pratiquement toujours, de me questionner sur l'origine des prénoms des gens que je rencontre. Le mien par exemple, Olwen, signifie ''traces blanches'' dans la culture celte. Par contre, mes parents n'avaient nullement cette idée en tête en me nommant ainsi. Ma mère est tombée sur ce nom en consultant son arbre généalogique. Il s'agirait, selon grand-mère Molly, d'une arrière-arrière-arrière-grande tante qui se serait illustrée lors d'une compétition sorcière quelconque, dont l'on a oublié le teneur avec les années. Maman est tombée sous le charme de ce prénom et a décidé de me l'attribuer, point à la ligne, sans savoir ce qu'il signifiait réellement.
De plus, la mythologie est l'un de mes dadas. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi, mais j'ai une facilité déconcertante à retenir des noms et des faits accomplis jadis par les Dieux, Déesses et Héros mythiques. Alors, c'est plus fort que moi, je tente toujours de faire des liens, qui ne s'avèrent d'aucune utilité en bout de ligne !
Peut-être que je vais enfin pouvoir commencer ce mot croisé finalement, Lesly et Tim discutent à voix basse près de moi, alors qu'Anne semble avoir pardonné à Greg… Du moins, si je m'en remets au fait que la langue de mon amie se trouve en ce moment même, profondément dans la gorge de mon ex… Ok. C'est un tantinet exagéré… Mais c'est près de la vérité tout de même.
Bon… Horizontal 1 : Héroïne de la deuxième guerre, sept lettres… Trop facile aujourd'hui : G-R-A-N-G-E-R. Bah oui, tante Hermione a reçu l'Ordre de Merlin pour sa participation dans la lutte contre Voldemort. Et dire que personne n'osait prononcer son nom à voix haute autrefois. Aujourd'hui, même les apprentis sorciers n'éprouvent aucune crainte à dire le nom de ce mage noir. Les temps changent apparemment.
Plus que quelques mots et j'aurai terminé, et tout cela avec seulement deux décharges magiques, dues à de mauvaises réponses. Et déjà c'est le moment d'enfiler nos uniformes. Comme toujours, Tim semble prendre un malin plaisir à rater son nœud de cravate, sachant très bien que Lesly a cette impulsion de toujours le lui refaire correctement. Je sourie doucement en les observant, sept ans qu'il joue la comédie ainsi… puisque je sais de source sûre, qu'il sait très bien nouer les cravates de par lui-même. En face, Anne réajuste le badge de préfet sur la robe de Greg… Est-ce une façon de faire implicite provenant d'un quelconque manuel des relations amoureuses que j'aurais oublié de lire ? Il semblerait que mes amies se sentent obliger de s'assurer de la tenue de leur compagnon. Je n'ai aucun souvenir d'avoir effectué un geste semblable pendant ma relation avec Greg… Peut-être a-t-il raison, je ne suis pas faite pour être en couple. Je ne sais rien d'être en couple, je l'ai été sans l'être vraiment dans le fond.
Bref, ce n'est ni l'endroit ni le moment pour une introspection. Je me hâte de rajuster mon col correctement sur ma cravate aux couleurs de ma maison, puisque le train à déjà ralentit et rentrera en gare de Pré-Au-Lard dans quelques instants. Sur le quai, je remarque un petit groupe d'élèves plus jeune qui entoure deux autres comparses qui se livrent à une joute verbale musclée. Aucun préfet en vue, ni professeur… Je me dis que ce n'est pas de mes oignons et que je devrais continuer mon chemin et laisser les gamins se chamailler mais une voix familière me parvint et aussitôt, je fends la petite foule aisément, me rapprochant de ma sœur qui se dispute avec une Serpentard de son âge.
« Tu avais l'air d'une grosse citrouille dans cette robe. Dire que tous les médias sorciers nous ont cassé les oreilles avec ce foutu mariage de ton Auror de sœur. Sa robe à elle était affreuse, presque autant que toi en ce moment… »
Ermeline Parkinson Montague. Cette fille ressemble tellement à sa mère que ça en fait peur ! En plus de son air de Pékinois, la pauvre fille a hérité de l'affreuse dentition des Montague, ce qui ajoute du ''mordant'' à son air de chien. Depuis le début de leur scolarité, Albustina et Ermeline sont à couteaux tirés, accumulant rixes verbales et confrontations orales au grand plaisir de leur petite clique respective.
Je me dois d'intervenir avant que ma petite sœur ne réplique quelque chose, à voir son air à cet instant, cela ne serait aucunement charmant ou aimable.
« Hum hum… Je dérange peut-être ? »
J'adore voir leur visage prendre des teintes ainsi. J'ai relevé les épaules, croisé les bras sur ma poitrine et relevé un sourcil. C'est ma pose ''ne me cherchez pas des puces'' comme l'a surnommée Sirianne lorsque nous étions enfants et cela a toujours le même effet sur les gens ; ils abdiquent pour la plupart. Mon mètre soixante-dix-sept fait déjà peur à certains des plus jeunes, si j'y ajoute ma ''pose'' et utilise ma voix grave, j'arrive pratiquement à tout ce que je désire. Il n'y a que ceux qui me connaissent bien qui ne sont pas affectés par mon petit jeu, car eux seuls savent que je ne serais capable du moindre mal.
Après un moment de silence, pour être certaine que j'ai bien toute l'attention, j'ajoute narquoisement en fixant la jeune Serpentard :
« Il y a un problème Montague ? »
Je peux presque entendre ses dents grincher de là où je me trouve, je peux voir les rouages de sa petite tête tourner. Elle cherche en elle le courage de répliquer, de me piquer mais visiblement elle n'a pas ce qu'il faut. Juste pour ajouter à son malaise, je me penche légèrement vers elle, la regardant par-dessus mes lunettes, un petit sourire narquois aux coins des lèvres. Bien vite, elle a tôt fait d'amener le reste de sa petite bande de suiveurs vers les calèches. D'un simple geste de la tête j'incite ma sœur et ses compagnons à en faire de même. Albustina me sourit brièvement, sachant que sans mon intervention, elle aurait sans doute été bonne pour une retenue et cela avant même que l'année n'ait officiellement débutée. Ma jeune sœur possède une bonne dose de caractère, ce qui lui a valut quelques punitions depuis le début de sa scolarité.
Lorsque je me retourne pour moi aussi me rendre aux dernières carrioles restantes, une silhouette dans l'ombre de la gare attire mon attention. Aussitôt mon regard se fixe dans celui d'acier du maître de potion de Poudlard. Appuyé nonchalamment contre un mur, les bras croisés et un sourire encore plus narquois que le mien voilà quelques instants, il me fixe intensément, jusqu'à m'en mettre mal à l'aise. Je sais ce qu'il tente de faire, il tente de pénétrer mon esprit mais je ne me laisse pas faire, il y a longtemps que j'ai appris à repousser les tentatives d'Occlumancie.
« Être à la place de ton père, je me poserais des questions… Tu n'as rien d'une Potter. Et crois-moi, c'est tout en ton honneur ! »
Draco Malfoy. Professeur de potion à Poudlard depuis qu'il fut blanchi des accusations qui pesaient contre lui, surtout grâce au témoignage surprise et inattendu de mon père… Bien qu'il lui doive sa liberté, l'ancien mangemort ne porte toujours pas mon paternel dans son cœur. Parfois, oncle Ron nous raconte quelques brides de leurs années à Poudlard et des leurs prises de bec avec le directeur actuel de la maison des Serpentards. Draco Malfoy déteste toujours autant les Gryffondors et surtout notre famille mais étrangement, il semble faire une exception pour moi. Peut-être est-ce le fait que je ne porte pas le rouge et or comme tous les autres Weasley ou Potter. Peut-être est-ce dû au fait qu'il ne m'intimide pas, que je ne le crains pas. Évidement, aucune de mes sœurs n'avoueraient ouvertement avoir frémi sous son regard scrutateur et méprisant mais je sais qu'elles ne l'ont jamais apprécié. Moi, je dois avouer qu'il m'intrigue. De nature curieuse, comme une bonne Serdaigle, je me demande ce qui le fait tiquer.
« Ton père a bien fait de vous enseigner l'Occlumancie mais il a fait un travail pathétique avec tes sœurs…Il y a de l'espoir avec toi par contre… » Dit-il par-dessus son épaule en me passant.
Alors que j'hâte le pas pour ne pas manquer la dernière diligence vers Poudlard, je l'entends ajouter à voix basse :
« Certainement pas la fille de Potter… La rouquine a dû accueillir un vrai sorcier dans son lit au moins une fois… »
Je sais pertinemment que le commentaire, bien qu'à voix basse, était destiné à ce que je l'entente. Il veut que je réagisse, que je perde mon sang froid, que je m'emporte en défendant la réputation de ma mère et l'honneur de mon père… Je bouille à l'intérieur, j'enrage... Je profite de la longue portée de mes jambes pour le rattraper aisément. Une fois à sa hauteur, je me penche légèrement et glisse à son oreille :
« Au moins, ma mère a quelqu'un dans son lit elle… »
C'est mesquin, et vil… Aucunement digne de l'éducation que j'ai reçu. Ce n'est pas moi ! Mais je n'ai pu le retenir. Je n'ai pu m'empêcher de lui répliquer quelque chose d'acerbe, de méchant. Il a cette faculté à venir gratter à l'endroit où ça fait si mal. Malgré les répercutions qui suivront et mon indignation avec moi-même, je ne peux m'empêcher, à quelque part au fond de moi, d'être fière de ma réplique.
Évidement, je savais que ça viendrait. Me voilà l'heureuse détentrice de trois semaines de retenues en compagnie du maître des potions pour impolitesse, manque de respect et toute une longue liste d'autres délits que me jette à la tête le professeur Malfoy. Je reste là, sans rien dire, le laissant s'époumoner. Ce qui est fait est fait et je ne peux revenir en arrière pour retirer mes propos. Bien que je crois que je ne le ferais pas, même si c'était possible.
Inutile de dire que cette scène attire le regard de tous ceux qui reste encore, ceux qui n'ont toujours pas rejoint Poudlard. Ce n'est pas à tous les jours que l'on peut assister en direct à une telle réprimande. Draco Malfoy, lui toujours si froid presque glacial, était très échaudé à l'instant. Trois semaines de retenues… Merlin, je crois que mon dossier vient de perdre un peu de son pseudo-prestige, moi qui étais fière de n'avoir eu que quelques tapes sur les doigts et jamais de détention ou punitions sévères. J'en connais une qui ne sera pas heureuse… je suis bonne pour un autre savon lorsqu'elle apprendra ce qui vient de se passer.
Abattue et défaite, je prends place dans le dernier carrosse de la file, tentant d'éviter les regards curieux et/ou explications qui me seront demandées bien assez vite. La tête rejetée vers l'arrière, les yeux fermés et les jambes étirées devant moi, je tente de me convaincre que les dix dernières minutes n'ont pas eu lieu. Il me faut donc un moment avant de me rendre compte que je ne suis pas seule dans la carriole. Je me relève rapidement, tentant de prendre moins de place et d'adopter une attitude moins dépressive.
« Dois-je me méfier de vous mademoiselle… »
Devant moi est assise, ce que je présume être la nouvelle enseignante de DFCM. Elle me fixe étrangement et tout à coup, je trouve qu'il m'est difficile de respirer, c'est comme si tout l'air du carrosse s'en était allé subitement. Superbe première impression que je viens de lui offrir. Je ne la connais même pas depuis une minute que déjà elle se méfie de moi… Bravo moi-même ! Tentant de préserver le peu qui me reste, je tente un petit sourire triste qui doit lui sembler pathétique et offre :
« Svp, ne me jugez pas sur cet incident. J'ai effectivement manqué de respect envers un enseignant et je m'en veux sincèrement. Pour ma défense, disons simplement que j'avais des circonstances atténuantes qui ne justifiaient pourtant en rien mon impolitesse et mon manque de respect envers un membre du personnel de Poudlard. »
Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine… je ne comprends toujours pas ce qui m'a pris de répliquer ainsi. Maintenant, j'ai peur de ce que pourrait penser de moi ce nouveau professeur. Je n'ose même pas la regarder, de peur du dégoût qui pourrait y avoir sur son visage. Pourtant ma tête se relève rapidement lorsque je l'entends me dire :
« Moi, je lui aurais mis mon poing au visage… Vous avez donc réagi moins impulsivement que je ne l'aurais fait… »
Un petit ricanement suit sa déclaration et je dois avouer qu'à cet instant précis, je suis soufflée. D'abord par le fait qu'elle ait visiblement entendu le commentaire de Malfoy à propos de mes parents mais également par le ricanement en soi. Mélodieux et frais, s'agençant parfaitement au regard malicieux et vif qu'elle m'offre en ce moment. Une main apparaît dans mon champ de vision et je m'empresse de la serrer, officialisant les présentations.
« Phoebe Anderson, j'enseignerai DCFM cette année… »
« Owl… Potter… Owl Potter. »
Merlin, suis-je aussi pathétique que je le sonne à ma propre oreille ? Si je me réfère au sourire qui étire les lèvres de ma nouvelle enseignante, je croirais que oui !
« Intéressant comme prénom… »
Je me frapperais moi-même à ce moment précis. Un troll serait plus articulé que je ne le suis en ce moment. Owl… Hibou Potter… Bah oui, comme si c'était une façon de se présenter ! Comment peut-elle savoir qu'il ne s'agit que d'un surnom ?
« En fait, c'est Olwen… Mais tout le monde m'appelle Owl. »
Je suis sauvée de ma misère lorsque l'attelage s'arrête brusquement devant les marches menant à Poudlard. Je me retrouve soudainement les bras pleins. Une tête cogne durement contre mon plexus et un petit cri se fait entendre quelque part au niveau de ma poitrine. J'aide de mon mieux et le plus rapidement possible, mademoiselle Anderson à se remettre sur pied, elle qui a littéralement atterrit dans mes bras suite à cet arrêt peu en douceur du carrosse. Je ne peux dire laquelle de nous deux est la plus gênée à cet instant. Nous parlons en même temps, nous excusant toutes deux pour je ne sais trop quoi… Comme si l'on avait pu prévoir que l'attelage s'arrêterait aussi brusquement.
Mademoiselle Anderson finit par sortir et je m'empresse de la suivre à l'extérieur, où nous remettons toutes deux de l'ordre dans nos vêtements mécaniquement, refusant de regarder l'autre et s'excusant toujours. Puis avec un petit geste de la tête, elle me laisse seule dans la nuit, rentrant rapidement dans l'enceinte du château. Par Merlin ! Je doute sincèrement que je puisse être plus embarrassée que je ne le suis présentement. D'abord cette scène avec le professeur Malfoy et maintenant cet incident avec le professeur Anderson. J'aurais mieux fait de rester sagement chez nous ! Il ne faut surtout pas que cette année soit à l'image de cette rentrée… Je n'y survivrai pas pour sûr si c'est le cas !
N/A : Le chapitre suivant est déjà prêt... Vous savez ce que vous avez à faire si vous voulez la suite... Qui à dit que c'était du chantage à la review ? Bah vous avez raison ! lol
