Nouveau chapitre pour cette nouvelle histoire !

Merci à toutes les cinq pour vos commentaires, ça m'a vraiment fait plaisir, surtout pour un début :)

Je pense que vous allez être déçues par Bucky, qui n'a qu'un rôle mineur dans cette histoire, mais le second personnage principal va se faire un peu désirer. C'est d'ailleurs pour ça qu'il n'apparait pas encore dans la liste sous le résumé : pour ménager le suspens ^^ (enfin bon, si vous connaissez mes pairings favoris, c'est déjà un peu cramé xD).

Il y a aussi des références à deux dessins animés (un que je n'aime pas et un que j'adore) :P

Merci à vous, Feeli37, Akiza666, Elisa, Louisiana Nogo et Soleil Breton !

Bonne lecture !


Chapitre 2

Steve avait élaboré une hypothèse – et ses hypothèses se révélaient toutes justes. Tornade, la superbe mutante à la chevelure de neige capable de contrôler la météo, avait déclenché cet orage (pour une raison ou pour une autre) et son élève, Bobby (aussi surnommé Iceberg par les médias), l'avait assisté au sol en couvrant la troisième avenue de glace sur une distance de deux blocs.

Pourquoi Tornade avait créé un ouragan électrique alors que la température en ce mois de mai était clémente, la raison échappait à Steve mais il n'était pas là pour juger les super-héros, les mutants ou les demi-dieux. Son métier était d'indemniser les personnes lambda qui avaient eu la malchance d'être au mauvais endroit au mauvais moment afin que tout le monde soit satisfait. Les voitures cassées étaient remboursées et les héros de ce monde continuaient de veiller sur cette bonne vieille planète sans avoir de procès aux fesses tous les quatre matins.

Steve était un très bon assureur. Sa tâche était unique dans le métier : il passait 75% de ses journées sur le terrain, allant réclamer des signatures auprès des super-héros, de quoi attester qu'effectivement, c'était bien eux ou elles qui avaient déclenché une telle catastrophe et qu'en vertu de la loi n°415 article 3, ils n'étaient pas considérés coupables puisqu'ils œuvraient « pour le plus grand bien » ainsi que « pour la défense du citoyen et du pays », fin de la citation juridique. Steve était surnommé par ses collègues le Plus Grand Collecteur d'Autographes de Super-Héros de Tous Les Temps.

On avait tendance à sous-estimer le travail des compagnies d'assurances. Sans elles, le peuple et les politiques se seraient rebellés contre les dégâts constants causés par les batailles et les coûts engendrés. Les super-héros coûtaient des millions à la société mais tant qu'il n'y avait pas de victimes, on estimait qu'ils en valaient la chandelle.


Steve accueillit Bucky au bureau 13, lui serra la main et débarrassa dix centimètres carrés de son propre bureau pour lui offrir un espace de travail avant qu'un nouveau plan de travail soit monté par les techniciens. Bucky ne montra aucun signe prouvant qu'il avait reconnu son ancien camarade de primaire. Steve n'en prit pas ombrage.

Si la plupart des super-héros de New York le connaissaient par son prénom, le reste de la population ne lui prêtait aucune attention. Trop petit, trop chétif, trop maladif, il était l'avorton qu'on méprise d'un regard, ou qu'on bouscule dans la rue, il était toujours le dernier choisi dans les équipes de sport et celui qui restait sans cavalière lorsqu'il fallait danser.

Mais Steve était le responsable du bureau 13, il empêcha donc Sam de se chamailler avec leur nouveau collègue jusqu'à quinze heures, heure à laquelle il prit sa voiture de fonction pour rouler jusqu'à l'École pour Jeunes Surdoués du Professeur Charles Xavier.


Il se présenta à l'interphone simplement comme "Steve Rogers" et on le laissa entrer sans faire de simagrées puisqu'il était bien connu des mutants depuis maintenant cinq ans. Steve remarqua encore une fois avec dépit qu'il était aussi petit que les plus jeunes des mutants et que la plupart des adolescents l'avaient déjà dépassé.

Il intercepta Malicia dans un des couloirs. "Tu ne saurais pas où est Bobby par hasard ?"

"En Sokovia, avec Pietro. Ils sont partis aider à la reconstruction de la capitale."

"Sympa ! Mais il est parti quand ?"

"Oh, ça fait trois semaines qu'il est là-bas." Malicia fit la moue. "Il revient début juin."

"Ah…" L'hypothèse de Steve se faisait tout à coup moins certaine. "Tu es sûre qu'il n'était pas à New-York ce week-end ?" insista-t-il pour vérifier.

Malicia fronça les sourcils. "Pas que je sache, non. Il n'a pas intérêt d'être rentré sans me dire." Elle tripota le bout de ses gants d'un air menaçant. "Pourquoi tu demandes ça ?"

"Quelqu'un a glacé la troisième avenue samedi soir. Je croyais que Tornade était responsable de l'orage qui a eu lieu au même endroit."

Malicia secoua la tête, ses mèches brunes et blanches frappant ses joues de concert. "Impossible. Elle est au Wakanda en ce moment. Avec son chéri" ajouta-t-elle plus bas avec un sourire gourmand.

"Bon." Steve restait les bras ballants, perplexe. "Je me suis trompé. Merci de ton aide, Malicia. J'espère que tu le reverra vite, ton chéri à toi."

"On compte les jours. Et toi, est-ce que tu as quelqu'un ?"

Steve s'esclaffa sans répondre.

"À bientôt Malicia. Porte-toi bien."


La diva Elsa d'Arendel avait consenti à faire entrer Steve dans sa suite, à contrecœur et uniquement parce qu'elle avait un contrat chez Fury Assurances©.

"Je ne fais pas ce genre de choses, monsieur Rogers" s'énerva-t-elle d'une voix glaciale mais pleine de grâce lorsque Steve lui exposa le sujet de sa venue. "Je ne parcours pas les rues à vingt-deux heures pour balancer des éclairs et des éclats de glace Dieu sait où ! Est-ce que vous savez au moins qui je suis ?! J'ai chanté à guichets fermés samedi dernier. Mes concerts sont complets depuis trois ans. Je suis une chanteuse respectée et j'ai un rôle à tenir ! Expliquez-moi pourquoi j'aurais besoin d'aller glacer des rues après mon travail ?"

Elle trônait dans son canapé de soie rouge, lascive, vêtue d'une robe bleue seyante qui mettait ses yeux en valeur. Sa colère créait des volutes de neige sur les accoudoirs. Elsa d'Arendel n'avait pas tort. Chanteuse de pop mondialement célèbre depuis quelques années, elle était réputée pour sa voix cristalline, ses histoires de cœur éternelles et ses concerts grandioses.

Steve ne l'avait jamais rencontrée. Bien qu'elle ait été inscrite sur le Registre dans son adolescence, Elsa n'était pas une super-héroïne. Il avait donc subi l'agacement de la diva, puis sa surprise et maintenant sa colère. Quoiqu'on ne pouvait pas lui en vouloir – harassée par les paparazzi, ceux qui lui cherchaient des noises étaient nombreux.

Steve répondit d'une voix calme : "Je ne sais pas, Elsa. Je ne cherche pas à vous accuser et je suis désolé si je donne l'impression de vous attaquer. Je ne cherche qu'à faire mon travail. Et voyez, dans le Registre, vous faites partie des personnes qui possèdent des habiletés surnaturelles à faire apparaître de la glace, j'ai donc pensé –"

"C'est arrivé une fois ! Une fois durant ma jeunesse, j'ai perdu le contrôle ! Est-ce qu'on va me faire payer cette erreur toute ma vie ?"

Avec un soupir las, Elsa repoussa en arrière sa tresse blanche. "C'est vrai que j'utilise mon pouvoir, mais seulement sur scène, dans un environnement protégé. C'est juste pour créer des bonhommes de neige. Ils dansent avec moi, vous voyez."

Steve hocha la tête. Il avait déjà vu des concerts d'Elsa sur YouTube. Les chorégraphies des Olaf étaient impressionnantes.

"Je n'ai pas la prétention de pouvoir glacer une surface aussi grande. Mes pouvoirs sont restreints, vous savez. Rien à voir avec ceux des Avengers ou de la Justice League."

Steve approuva. "Comme je vous l'ai dit, la glace a couvert la rue sur des centaines de mètres mais avec une précision remarquable. Par hasard, vous n'auriez pas idée de qui aurait pu faire ça ?"

Elle se pencha de nouveau sur les photos. "Aucune idée."


"Salut Steve ! Ça faisait un bail." Frozone l'accueillit avec sa prestance habituelle.

Steve avait déjà rencontré plusieurs fois son partenaire de bataille, Mr Indestructible pour des dégâts de véhicules.

À force de se faire serrer la main par des super-héros, Steve avait développé une main droite pleine de cals, plusieurs fractures des métacarpes et une résistance stoïque à la douleur. Heureusement, Frozone n'avait pas de force surdéveloppée. Steve venait le voir pour une autre raison.

"Navré de passer à l'improviste."

"Je ne pensais pas que tu viendrais un jour me voir pour le travail. Je peux t'offrir quelque chose à boire ?"

"C'est qui ?" cria une voix féminine de l'a pièce d'à-côté.

"Steve Rogers !" répondit Frozone à son épouse de la même manière puis, plus doucement à Steve : "Alors, un verre ?"

"Non merci" refusa Steve poliment. "Je ne bois jamais quand je travaille."

"Qui ça ?"

"Steve ! Des assurances Fury !"

"Et qu'est-ce qu'il fait là ?"

"Désolé, mon vieux" dit Frozone à Steve puis hurla : "Il vient me poser des questions ! C'est une affaire d'hommes, d'accord ?! Ok Steve, à nous deux. Pose tes questions."

"Est-ce que, par hasard, vous étiez sur la troisième avenue samedi soir ?" demanda-t-il en montrant une photo du désastre, voitures gelées sur sept cent mètres.

"Qu'est-ce que tu faisais sur la troisième avenue samedi soir ?"

Frozone leva les mains au ciel, irrité. "Je ne suis pas sorti du week-end" dit-il à Steve avec un sourire charmeur puis : "Je n'étais pas sur la troisième avenue samedi soir, chérie !"

"Tu es encore sorti avec Bob jouer les redresseurs de torts ?!"

"Non, chérie !"

"Tu m'avais dit que tu arrêtais de sortir faire tes super-cabrioles !"

"Mais on était ensemble au cinéma, femme !"

Frozone était exaspéré et Steve se retenait de pouffer.

"Si j'apprends que tu t'es encore branché sur la fréquence de la police, chéri…!"

"Ne te marie jamais" souffla Frozone à Steve avec une mine dépitée. "Tu sais que j'ai laissé tomber l'affaire depuis longtemps. Avec Bob et Hélène, on est à la retraite."

"Oui, mais vous êtes le dernier inscrit dans le Registre à pouvoir créer de la glace" soupira Steve. "Je me doutais bien que ce n'était pas vous. Mais vous étiez mon dernier recours."

"Autant de glace par terre, j'aurais dû boire quinze litres d'eau pour y arriver."

"Vous ne savez pas qui aurait pu faire ça ?"

Malheureusement, Frozone n'avait aucune autre piste. Steve quitta son appartement bredouille.