Chapter 2- Liar.

Le lendemain pointa son nez. Le ciel parsemé de rouge flambé l'horizon transpercé par les rayons miel du soleil chauffant peu à peu la ville et ses habitants. Hinata ouvrit les yeux, réveillée doucement par les doux rayons du soleil matinal. Elle s'étira et se leva, les yeux mi-clos encore à moitié endormi. Elle enfila ses chaussons et descendit dans la cuisine. Là-bas elle croisa son père qui ne lui adressa aucun regard et sa mère, des cernes sous ses yeux bouffis d'avoir passé la soirée à pleurer. En voyant cette image elle sentit son cœur se tordre, elle avait détruit sa famille. Elle n'avait pas fait exprès mais elle ne pouvait juste pas s'en empêcher. c'était devenu viscérale. Un besoin constant. Elle savait que c'était mal, qu'elle devrait arrêter mais c'est seulement en faisant ça qu'elle se sentait vivre un peu. C'était cette poudre qui remplissait ce creux dans son corps. Elle soupira silencieusement et se prépara son petit déjeuné. Elle partit s'asseoir et c'est à ce moment que son père décida de se lever. Il n'arrivait plus à la regarder en face. Oh ! Dieu qu'il l'aimait mais il se sentait totalement impuissant face au mal qui rongeait son enfant. Alors il l'ignorait parce que c'était la plus puissante des armes. Il embrassa sa femme et disparut dans l'embrasure de la porte.

Au même moment Hinata entendit du bruit dans les escaliers et elle vit entrer son cousin et son ami. Ils saluèrent la mère et s'assirent. Sasuke scruta Hinata qui en fit de même. S'ensuivit un jeu de regard. C'était comme un rituel. Lui essayait de voir ce qu'elle cachait, ce qu'elle ressentait et elle, elle cherchait juste de l'amour.

Quel concept étrange que l'amour. Toujours incertain, jamais constant. Éphémère et volage. Il fallait être chanceux pour l'attraper ou l'effleurer. Ca ils l'avaient très bien compris. Mais c'était toujours plus dur quand tout se cassait la figure, quand la petite vie tranquille était bousculée. Quand tout ce pour quoi on aspirait été réduit en fumée. Quand on voit les membres d'une famille s'auto-détruirent, c'est là, et seulement là, qu'on prend le poids de mesure de la situation. De sa gravité. De son ampleur.

Naruto, en voyant cette famille, n'avait pas mit longtemps à le comprendre. Des années qu'il les connaissait et c'était la première fois qu'il avait aussi mal. Il glissa son regard azur vers la jeune fille à ses côtés. Elle était devenue horriblement maigre. Elle était plus blanche que de nature et semblait au bout du rouleau. Hier n'avait pas était pire que les jours d'avant. Il se rappel la première crise de la brune et le fiasco qu'elle avait provoqué. C'est ce jour là que tout le monde avait compris qu'elle touchait à cette merde. Et c'est ce jour-là que sa chute fut vertigineuse, emportant tout avec elle ; amis, famille, petit-ami.

Il soupira et passa une main dans ses cheveux blonds en bataille avant de se lever pour aller se préparer.

A l'heure qu'il était tout le monde avait du être mis au courant de ce qu'il s'était passé hier.

Super.

Il entendit les escaliers grincer et en se tournant il tomba sur la brune. Elle le regarda quelques secondes avant de continuer sa route.

Naruto n'en fit pas cas et rentra dans la chambre de son meilleur ami pour s'habiller. Ce dernier le rejoint et ils furent près en moins de dix minutes.

Naruto était déjà en bas attendant pour partir mais Hinata faisait encore des siennes. Elle ne voulait pas aller au bahut.

Encore.

« Hinata ne fais pas l'enfant et bouges toi ! Cria du premier son meilleur ami. »

Il n'entendit pas la réponse de la jeune fille mais cinq minutes après il le vit descendre tous les deux.

Le chemin se fit dans le plus grand des silences. Hinata marchait en arrière, traînant les pieds et les deux hommes, devant elle, plongés dans leurs pensées.

Quelques minutes après ils arrivèrent devant l'établissement. Un lycée miteux où circulait toutes sortes de drogues et autres substances illicites. Les murs étaient à la limite du noir, des tâches de moisis parsemés les plafonds et la pire raclure de la ville s'était donné rendez-vous. Pas qu'ils ne pouvaient se payer un autre établissement mieux côté, au contraire, mais Hinata avait décidé d'aller là pour des raisons pratiques et ne voulant pas la laisser seule ils l'avait suivit.

A peine eut-ils franchit les portes que Naruto s'arma de son plus beau sourire et partit devant pour rejoindre sa classe. Il entra en criant et se fit acclamer par ses camarades apparemment heureux de le voir. Les autres élèves arrivèrent petit à petit et s'installèrent à leurs places. Trente minutes après Hinata fit son apparition.

« Mademoiselle Hyuga ! Vous êtes en retard ! c'est la troisième fois cette semaine ! - Je… Pardon. »

Elle retourna à sa place sous les rires mesquins de ses camarades. Naruto la regarda mais détourna bien vite visage affichant son sourire hypocrite.

A la fin du cours Naruto faisait le pitre devant la classe qui riait de bon coeur. Hinata avait suivit cet échange et le scruta pendant plusieurs secondes où se dernier accrocha son regard. Il la regardait en silence, les autres ne se rendant pas compte de leurs attitudes, avant qu'une fille interpelle la brune et coupe leurs regards.

« Dis-donc ! Elle cria exprès, pour que tous les visages se tournent vers vas continuer à regarder Naruto encore longtemps ? Pauvre toxico. Il n'en a plus rien à foutre de toi. N'est ce pas ? »

Elle se tourna vers le blond en attendant une réponse. Dans le tête de ce dernier tout tournait à deux cent à l'heure. Il ne voulait pas lui faire de mal mais voir tous ces visages lui faisait peur. Il ne voulait pas se retrouver seul face au monde. Il s'était construit une image du type sympa, le type qui sourit tout le temps, qui est toujours joyeux, qui fait des blagues. Or, cette image n'était pas vrai. Il n'était pas ce type joyeux que tous le monde connaissait, non, en lui ce n'était que néant, il n'y avait plus rien de joyeux en lui. Mais il avait tellement peur de perdre tout ce qui l'avait construit qu'il se décida à être un type dégueulasse. Un salaud. Quitte à perdre la brune. Si ce n'était pas déjà fait.

Alors il dégaina un regard emplit de dégoût et répondit d'une voix moqueuse :

« Ouais, t'es juste une tox', qu'est ce que j'irais faire avec toi ? Tu ne mérites même pas que je t'adresse la parole. Je regrette d'être sortit avec toi si tu savais. Comment on dit déjà ? Une erreur ? »

Les gens autour d'eux rigolèrent. Naruto vit la jeune fille se lever et partir sous les insultent des personnes présentent dans la salle. Il put distinguer des larmes. Il se mordit la lèvre. Il n'était pas fier de lui, pas du tout. Il avait blessé l'une des personnes si ce n'est la personne à qui il tenait le plus, pour son égoïsme, pour son bon plaisir. Pour être aimé. Il tourna son visage vers son meilleur ami qui le regarda avec le plus froid des regard. Et voilà. Il s'était mit à dos la seule personne qu'il ne voulait pas avoir provoquer.

Sa vie n'était que mensonges, tromperies et secrets. Un tissu de connerie. Lui aussi avait était brisé. Dans cette histoire ils avaient tous perdus quelque chose. Mais Hinata, elle, ne méritait pas qu'on la traite ainsi. Elle méritait le meilleur, qu'on la chouchoute, qu'on l'aime et qu'on apprenne à la connaître. Mais c'était trop demandé pour ces personnes fermées d'esprit. Et lui aussi l'était. Ce n'était que le berger, et le reste des moutons. Ce que Naruto faisait, ils le reproduisaient, inlassablement. C'était un cercle vicieux et Hinata en était le centre.

La journée passa et aucune trace de la Hyuga. Elle n'avait pas remit un pied au lycée depuis le matin. Naruto culpabilisait énormément. Mais il faisait mine que cela ne l'affectait pas. A quoi bon s'accabler ? Ce qui était fait était fait.

En rentrant Sasuke lui envoya un message. Il voulait le voir. Il se rendit donc au lieu de rendez-vous. Le brun l'attendait contre un arbre, les bras croisés. Il s'approcha et avant qu'il n'ouvre la bouche il se retrouva à terre une douleur lancinante sur la joue. Il ouvrit les yeux et plongea ses yeux azur dans ceux onyx de son presque frère. Ce dernier le souleva par le col.

« T'es qu'un connard ! Comment oses tu parler comme ça à Hinata ! Tu te prends pour qui ? Toi, plus que les autres, tu aurais dus la protéger, hier tu me dis que tu le fera puis là tu te comporte comme une sous-merde. Tu me déçois. Si tu fais tout ça pour que les autres t'aime alors poses toi des questions. Qui aimerait un mec qui humilie une fille qui n'a rien fait ? Qui ne demande rien à personne ? T'es pitoyables. Ne t'approches pas d'elle si c'est pour l'insulter dès que tu en a l'occasion. C'est en continuant à agir comme ça, que tu vas te retrouver seul. »

Sous ses mots, il parti, laissant le blond à ses pensées.

Naruto se releva et les mains dans les poches rentra chez lui.

En passant la porte de sa maison, un vent froid traversa son échine. La bâtisse était plongé d'un noir d'encre. Il enleva ses souliers et monta d'un pas lent les escaliers qui le séparaient de sa chambre. Il entra dans la pièce et s'enferma. Là, il laissa libre court à ses larmes.

Triste. Seul. Idiot. Malheureux. Menteur. Vide. Tant d'adjectif pour d'écrire cet homme seul en proie au désarroi le plus total. Il pleura, cria, se vida. Il ne voulait pas se retrouver seul mais il rendait Hinata aussi vulnérable. Il l'avait fait pleurer. Il n'était pas mieux qu'elle, il ne lui arrivait pas à la cheville, elle, elle n'était pas lâche, elle n'était pas vile. Elle était juste une poupée de porcelaine broyée dans un étau de fer. Et il contribué à cet état. Il était froid avec elle, il ne lui parlait jamais, il ne la regardait plus dans les yeux pourtant dieu seul sait à quel point il aimait cette fille. C'était à la limite de l'obsession. Mais il avait tout arrêté. Il lui avait dit qu'il ne pouvait pas continuer à la voir se détruire. Il aimait Hinata Hyuga d'un amour pur et sincère mais la regarder, la toucher, l'embrasser lui était insupportable. Il se rappel de ces jours avant que tout prenne fin brutalement, il se souvint de son regard doux sur lui, de son rire mélodieux et de ses « je t'aime » à répétition. Il se souvient aussi de sa joie de vivre, de son sourire, magnifique sourire. Doux sourire. Il se souvient de cette sensation quand il touchait sa peau, quand il la sentait frissonner à chaque touchés. Ses baisers. Son corps. Elle.

Maintenant tout ce qu'il avait c'était des souvenirs de sa belle.

Il essuya ses larmes et se redressa, il prit son portable, chercha le contact et écrivit :

« Écoutes, je suis vraiment désolé, je n'aurais pas dus dire ça, ne t'enferme pas. Ne te réfugies pas dans cette merde. Je suis désolé mon amour… Pardonnes moi. »

« Mon amour » ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas appelé comme ça. Il se demanda pourquoi il avait écrit ça. Il sentit son téléphone vibrer dans sa main. Elle venait de répondre.

« Tu te mens à toi même. c'est moi qui suis désolée pour toi. Tu n'as pas à faire semblant. Mon amour ? J'ai l'impression de revenir en arrière mais ne m'appelle pas comme ça. Toi et moi c'est fini depuis longtemps. Qui voudrait d'une tox' ? »

« C'est vrai, je mens, mais j'ai peur. Peur de me retrouver seul. Je sais et c'est à cause de moi. Arrêtes je n'ai jamais voulu dire ça ! »

« Peur ? Seul ? Tu as Sasuke, mes parents, tes parents. Tu n'es pas seul. Arrêtes de te prétendre le plus malheureux du monde. C'est toi qui t'enfermes dans cette solitude. Toi et toi seul. Ne remets pas la faute sur les autres. Oui, mais tu l'as dis et c'est ton choix, assumes-le. »

« Et toi ? Est-ce que je t'ai ? Peut être mais c'est ce que je ressens. Oui, je l'assumes mais je ne peux m'empêcher de te vouloir. Une nouvelle fois. »

« Ca dépend de toi Naruto. Moi, je n'ai jamais cherché à t'ignorer, c'est toi qui le fais. Alors espères et souffres. Parce que moi je ne veux pas de toi. »

Coup dur. Son coeur se brisa. Il cligna des yeux pour éviter de pleurer.

« Ca me fais trop mal de te voir de détruire, je ne peux pas te regarder. Alors je souffrirai et je continuerai à espérer. Tu mens. »

« Alors ne me regarde pas, ne viens plus, ne m'aide plus. Comme tu veux. Non, je le pense. Je ne veux pas d'un lâche. Comme toi, tu ne veux pas d'une toxicomane. »

« Je ne peux pas, je t'ai dans la peau. Je vois. Alors changeons. »

« Tant pis pour toi. Je n'en ai aucune envie. »

« Alors toi aussi tu es lâches. »

« Si tu le dis. Au revoir Naruto. »

Il ne répondit pas au dernier message, jeta son portable loin de lui et ferma les yeux. Il devait oublier, tout oublier. Faire le vide.

Il mentait, tout le monde mentait mais lui le premier. Tout avait était ravagé autour de lui.

Tout. Il ne lui restait que le souvenir de jours heureux à quoi se raccrocher. Simplement ça. Juste ça. Rien d'autre. Rien de plus.