La chasse aux Akumas,
ou quand on voit un gros cœur rouge munis de canons flotter
vers soi, mieux vaut s'enfuir sans se poser de questions...
C'était pourtant une belle journée qui s'annonçait. Kanda était parvenu à se débarrasser de ce crétin de lapin qui lui braillait dans les oreilles pour partir seul en mission. Le fait d'avoir une lame ultra aiguisée posée sur sa gorge avait pour beaucoup contribuer au choix censé du rouquin. Le jeune japonais avait accueillit cette mission comme une bouffée d'oxygène : cela faisait plus de quinze jours qu'il était enfermé à la Congrégation, épuisant ses stocks de patience sur ce lapin survolté et ce Moyashi arrogant. Le kendoka repensa à l'étrange apaisement du conflit millénaire et, loin d'être aussi naïf que certain, il savait que cela n'augurait rien de bon.
Brûlant de questions auxquelles il voulait des réponses, même si cela signifiait botter les fesses de centaines d'Akumas, Kanda s'était engouffré dans le premier train. Il goutta avec délice cette solitude qui lui était si chère, se confondant en spéculations sur les plans de l'ennemi jusqu'à ce que le sifflet du train arrivant en gare le fasse (presque) sursauter. Ce fut donc avec un entrain nouveau qu'il avait bondit sur le quai et avait rejoint les traqueurs en faction devant les ruines d'un ancien centre-ville.
Kanda leur jeta un bref coup d'œil dédaigneux. Il était clair pour lui que les traqueurs n'étaient rien d'autres qu'une bande d'humains incapables voulant jouer aux héros : il en voulait pour preuve qu'aucun d'entre eux n'avaient réussis à équiper l'Innocence. Bref coup d'œil donc, identique à celui que l'on jette à un insecte avant de l'écraser.
« Qu'est-ce qu'on a ? demanda-t-il sans aucune salutation préalable.
- Une centaine d'Akumas sont apparus en plein milieu du centre-ville. répondit l'un des hommes sans se formaliser de l'impolitesse de l'exorciste (tout le monde savait que Kanda = gros c**). De nombreux badauds ont été touchés par les tirs et on déplore malheureusement quelques victimes dans nos rangs.
- Ah ? dit Kanda d'une voix détachée.
- Oui. grinça le traqueur. Nous avons pu les contenir au sein d'une barrière mais curieusement, ils n'ont plus bougé depuis. Je pense qu'ils...
- On ne vous demande pas de penser. l'interrompit sèchement le jeune japonais. Bon j'y vais.
- Attendez ! Pour qui nous prenez-vous pour nous parler sur ce ton ?
- C'est simple. Pour les chiens de l'organisation. »
Il aurait été vain de chercher une trace de considération dans sa voix. Les traqueurs alentours lui jetèrent des regards venimeux, sans qu'il y prête attention. Après tout, les chiens étaient là pour obéir, point barre. Kanda traversa donc sans hésiter la barrière et s'engouffra dans les ruines. Une dizaine d'Akumas lui barrèrent aussitôt le chemin.
« Innocence, activée ! »
La lame se mit à luire et Kanda se sentit pénétrer d'une formidable énergie. Enfin ! Il allait pouvoir se défouler ! Ce fut donc en pensant aux visages de Lavi et d'Allen qu'il trancha chaque monstre. Komui eut même droit à son petit coup de sabre maison ! Une fois tous les Akumas éliminés, le kendoka rengaina son arme et ne put retenir un petit sourire satisfait.
Ce fut à ce moment-là qu'une étrange forme rose attira son regard. Il plissa les yeux pour tenter de mieux la distinguer, en vain. L'objet volant était trop éloigné pour qu'il le reconnaisse. D'un mouvement preste, il sauta sur un toit défoncé puis s'élança vers la chose. Lorsqu'il l'atteignit, ses traits, pourtant d'habitude figés dans un masque impénétrable de froideur, se déformèrent sous l'effet de la surprise.
Un cœur.
Un immense cœur rose bonbon pourvu de deux ailes blanches et d'une petite couronne dorée flottait doucement au-dessus des ruines. Mais que pouvez bien faire un... truc pareil au milieu d'un champ de bataille ?!
Alors qu'il se perdait en conjectures, l'énorme cœur vira au rouge écarlate en se tournant vers lui.
« Trouvé, exorciste ! »
Une dizaine de canons se fixèrent sur Kanda et, tandis que la stupeur lui avait fait perdre de précieuses secondes, l'Akuma tira. Le jeune homme roula sur le côté et s'apprêta à sauter du toit quand quelque chose de chaud troua sa chaire à la hauteur de sa hanche gauche. Il émit un petit son étranglé et fut projeté contre un mur.
Il sentit le poison fuser tel un acide dans ses veines, ses muscles se convulser et la nausée lui saisir l'estomac. Mais il ne devait pas céder. Pas maintenant. Avec un ultime effort de volonté, il dégaina Mugen.
« Le retour de l'apocalypse ! Insectes de l'enfer : première illusion ! »
Des insectes illusoires jaillirent de la lame et percèrent l'ignoble cœur volant de part en part, qui explosa dans un concert de crissements stridents. Une fois son honneur lavé, l'exorciste se laissa doucement glisser dans l'inconscience.
oOoOo
« Kanda-san ! Kanda-san ! »
Un concert de voix résonnaient autour de lui dans un capharnaüm insupportable. Sa tête résonnait comme un gong et il se sentait vaseux. Son corps était atrocement lourd et fébrile, et brûlait d'un feu qui lui était inconnu.
« Vos gueules. murmura-t-il dans un souffle rauque. »
Des exclamations firent écho à son insulte, cependant qu'il replongeait dans une torpeur comateuse.
oOoOo
Lorsqu'il s'éveilla de nouveau, il était allongé sur un lit dans l'infirmerie de la Congrégation. Son mal de crâne avait triplé d'intensité et le poison pulsait dans ses veines plus fort que jamais. Jamais un Akuma n'avait eu cet effet là sur lui ! Il aurait déjà dû le purifier et non pas en subir encore les effets ! Une nouvelle montée de bile dans sa gorge le fit se redresser. Hors de question qu'il vomisse devant tout le monde !
« Kanda-san, vous ne devez pas bouger ! ordonna une infirmière en le repoussant sur l'oreiller.
- Je dois retourner dans ma chambre. haleta le jeune japonais à bout de souffle.
- Vous ne pouvez pas ! Vous êtes brûlant de fièvre ! Pour une raison quelconque, votre corps n'élimine pas le virus comme il devrait. Alors vous devez vous reposer.
- Pas... question.
- Kanda ! s'exclama soudain une voix pincharde.
- Grand intendant ! Il ne veut pas m'écouter !
- Allons mon bon Kanda ! Vous devez écouter les infirmières qui se donnent du mal pour...
- La ferme...
- Pardon ?
- La ferme ! hurla le kendoka en repoussant violemment les draps.
- Kanda-san ! crièrent en chœur l'infirmière et Komui en se jetant sur lui pour l'empêcher de se redresser.
- Mais... lâ...chez...MOI ! »
Kanda les envoya valser à travers la pièce et le regard qu'il leur jeta valait tous les avertissements du monde. Péniblement, s'aidant des murs, il tituba jusqu'à sa chambre. L'acide qui s'écoulait dans son corps brisait petit à petit ses ressources. Juste avant de parvenir à sa chambre, il s'écroula à bout de force. Sa respiration était rauque et saccadée, et la nausée menaçait à tout instant de le submerger.
Évidemment, ce fut pile à ce moment que Lavi décida de passer au détour du couloir.
« Yû ! s'écria-t-il en se précipitant vers lui. Mais qu'est-ce que tu fais allongé par-terre ?
- Ça se voit pas ? Je bronze !
- Ah ah. Non franchement. répondit le jeune Bookman en posant une main sur son bras. Ouille ! Mais tu es brûlant de fièvre ! Je te conduis à l'infirmerie !
- Pas la peine. Ma... chambre.
- Mais...
- Amène-moi dans ma chambre ! »
Le pli soucieux qui barra le front du rouquin agaça encore plus Kanda. De toutes les personnes inutiles qui peuplaient les couloirs de la Maison, il fallait qu'il tombe sur cet a*** de lapin. P*** de journée de m*** ! Il tenta de se redresser mais ses jambes cédèrent sous lui. Lavi le rattrapa de justesse et avec un soupir résigné, le tira jusqu'à son lit.
« Tu es sûr que ça va aller ? s'enquit-il néanmoins sur le pas de la porte.
- Oui.
- Tu es sûr que tu n'as besoin de rien ?
- Si.
- Dis ! Demande-moi n'importe quoi !
- Dégage ! »
Le livre qui traversa la pièce frappa la porte qui claqua à la figure du rouquin. Celui-ci frotta son nez endolori en maugréant : il n'avait qu'à crever tout seul ! Cependant, il se promit de faire un tour demain matin... au cas où.
De son côté, Kanda s'était traîné jusqu'à la salle de bain où il s'était délesté d'une partie du poids qui pesait sur son estomac. La bouche pâteuse et la tête comprimée dans un étau de fer le japonais se roula en boule sur son lit et plongea dans un sommeil comateux.
Sur sa hanche gauche, une curieuse étoile rouge marquait sa peau pâle...
Ohayo ! Me revoilà pour votre plus grand bonheur (ou malheur, c'est selon ^^) !
Ouah! Je tiens une pêche d'enfer moi et prête à poster un nouveau chapitre. Maintenant, je m'interroge: demain ou dans une semaine? Oui parce qu'il est déjà tout prêt sur word et la suite attend également (enfin presque ^^'). Cela dépendra de mon humeur, sadique ou pas.
Aïe aïe aïe! Non non non, arrêtez de me jeter des trucs T_T
