Chapitre 2 : Sauve-moi (de ce que je suis devenu)

Derek regarda Stiles lui tourner le dos et se diriger vers ce qu'il pensait être la salle de bain dans le couloir. Il pensait à juste se retourner et rentrer chez lui jusqu'à ce qu'il se mette en sentir du sang, cette fois il était frais et il pouvait définitivement dire qu'il s'agissait de celui de Stiles.

Il commença à frapper à la porte et demander à Stiles ce qu'il faisait. Il n'eut aucune réponse, juste l'odeur écrasante du sang. Après une minute, les battements de cœur dans la salle de bain, qui battait déjà rapidement que s'en était presque inquiétant, augmenta encore et puis, peu à peu, il ralentit.

Lorsqu'il en eut assez, il cogna dans la porte une fois, puis un second coup avant qu'elle ne cède en deux.

Peu importe ce que Derek s'attendait à découvrir de l'autre côté de la porte, c'était loin de la réalité. Il rencontra un spectacle si triste qu'il sentit son loup pleurnicher et gratter pour se rendre à la surface. Il dû réprimer un gémissement, alors qu'il tomba à genou pour observer la version brisé de son compagnon. Attends, quoi? Son compagnon? Non, pas maintenant. Il pourra gérer ça plus tard. Maintenant, il devait se concentrer sur la façon d'aider l'adolescent.

Il s'attendait à une tentative de blague de la part de Stiles, mais il ne rit pas. Rien n'était plus amusant.

Les yeux de l'adolescent commençaient à se fermer et il y avait du sang partout, sur le lavabo, sur le sol et partout sur les vêtements de Stiles.

''Stiles?'' Il le secoua gentiment. ''Stiles, mon pote, ouvre les yeux et reste avec moi.''

Stiles était si fatigué. Il ne voulait pas ouvrir ses yeux, mais la voix de Derek sonnait si désespéré, il n'était pas en train lui râler dessus pour qu'il s'arrête de parler ou même de lui grogner des menaces. Il plaidait, alors il obéit, pour une fois. Il fallut un certain temps, mais trouva suffisamment de contrôle sur son corps pour ouvrir les yeux.

Derek vit une débarbouillette sur le comptoir et quitta momentanément les côtés du jeune homme pour revenir avec l'objet. Il la pressa contre la blessure qui saignait abondamment. L'entaille avait besoin de points de sutures, mais qui nécessitait d'aller à l'hôpital, mais il y aurait des questions auquel il ne saurait pas répondre…

''Nous avons besoin d'aller à l'hôpital, ok?'' dit Derek, calmement.

À cette phrase, Stiles se redressa et se battit contre le vertige, prenant soudainement conscience de la situation dans laquelle il se trouvait.

''Nonononon, pas l'hôpital. La mère de Scott travail probablement et mon père n'a pas besoin de savoir. S'il te plait Derek, je ne peux pas,'' supplia Stiles.

Derek fit courir sa main libre dans ses cheveux. ''Stiles…''

Le garçon se contenta de le regarder avec ses incroyablement grands yeux, couleur miel, et cela rendit fou son loup et ce fut réglé. Les choses étaient décidées. Pas d'hôpital.

Derek nettoya Stiles, fit de son mieux pour se rappeler ce que son oncle lui avait expliqué, lorsqu'il était jeune, sur où appliquer une pression et tout le tralala. Il obtint finalement l'arrêt de saignement et l'adolescent marmonna l'emplacement de la trousse de premiers soins (Sans sa super ouïe, il était certain qu'il ne l'aurait pas entendu). Stiles était pâle, calme. Il n'était pas supposé être calme.

Le garçon était sincèrement confus. Lorsqu'il regarda le visage de Derek, il n'y avait pas de jugement ou de rejet. Juste de la tristesse. Pourquoi était-il triste?

''Peux-tu te lever?''

Stiles acquiesça seulement et essaya. Il fit un pas et perdit l'équilibre, mais deux bras fort entourèrent son torse et le maintint debout à nouveau. Derek soutint Stiles durant le reste du chemin le menant à son lit.

Dans la lumière tamisée de la pièce, Derek vit réellement Stiles, pour la première fois.

Le garçon était maigre, pas maigre genre adolescent-délicat-et-dégingandé, mais maigre du genre OhMonDieu-s'il te plait-mange-un-sandwich-maintenant. Il était maladivement pâle et cela fit ressortir davantage les ombres sous ses yeux ainsi que les grains de beautés sur son visage. Son corps entier tremblait, il semblait vibrer comme s'il voulait sortir de sa peau. Derek n'avait aucune idée de comment il avait pu ne pas remarquer la détérioration de la santé de Stiles.

Stiles regarda l'homme plus âgé qui l'observa. Il y avait quelque chose de prédateur dans son regard et il n'osa pas bouger ou parler.

Finalement, quelque chose arrive. L'alpha s'agenouilla en face de Stiles et lui pris précautionneusement (sérieusement, depuis quand Derek était gentil) ses poignets bandés.

''Stiles…'' sa voix se brisa soudainement et il apparut dix ans plus jeunes, il avait l'air aussi perdu que Stiles se sentait.

''Pourquoi? Pourquoi est-ce que tu t'es fait ça?''

Stiles sentit sa gorge se serrer et ses yeux brûler. Comment pouvait-il expliquer, à son alpha et béguin secret, pourquoi il se blessait lui-même?

''Derek, je- je le fait pour me sentir vivant. Je le fait pour ressentir autre chose que l'engourdissement à l'intérieur de moi qui ne me quitte pas. Tu ne peux pas comprendre ce que ça me fait. C'est la seule chose qui me fait me sentir mieux.''

''La meute ne te fait pas te sentir mieux?'' demanda Derek. Il sentit que peut-être c'était parce qu'il était juste un mauvais alpha, il était trop sévère parfois, il le savait.

Stiles retira ses mains de la poigne de Derek et passa une main dans ses cheveux tirant légèrement sur eux. Il appréciait la sensation.

''Derek, je suis le gars qui court avec les loups. Je ne peux pas réellement faire partie de votre meute. Je suis humain et cela signifie que je suis faible. J'affaiblie la meute tout le temps. Je suis heureux qu'actuellement la seule raison pour laquelle tu viens me voir c'est pour des rechercher, je suis inutile pour le reste.

Le loup gémit et cette fois Derek ne fit rien pour le retenir. Il posa sa tête sur les genoux de Stiles.

''Stiles… tu feras toujours partie de ma meute et tu n'es pas inutile. Tu as sauvé ma vie et celle de Scott à plusieurs reprises. Et – et peut-être que tu fais beaucoup de recherche, mais c'est uniquement parce que tu es le meilleur pour ça. Penses-tu que je pourrais faire confiance à Scott pour trouver le nom d'une nouvelle sorte d'aconit? Tu es vitale à la survie de la meute et tu es le membre le plus important.''

Stiles posa timidement sa main sur la tête de Derek et puisque sa main ne fut pas mordue, il vit ça comme une occasion de faire courir ses doigts dans les cheveux de l'alpha.

Un faible son de grondement emplit la pièce et le garçon réalisa qu'il s'agissait de la version de Derek d'un ronronnement.

Après quelques minutes, Derek releva sa tête et prit encore une fois les mains de Stiles dans les siennes.

''Tu dois arrêter ça,'' il désigna les bandages. ''Tu aurais pu mourir ce soir et je ne sais pas qu'est-ce que j'aurai – je veux dire, la meute serait perdu sans toi.''

Stiles soupira.

''Derek, je peux essayer, mais c'est un réflexe depuis si longtemps. Qu'est-ce qui va se passer si j'ai une crise de panique? Ou si je me réveille d'un cauchemar et qu'un vide écrasant ne me quitte pas?''

Derek se leva lentement.

''Je peux t'aider à te sentir vivant sans que tu te blesse toi-même.''

Il pressa tendrement ses lèvres sur celle de Stiles. L'adolescent se contenta de le regarder et puis, il ferma les yeux.

Derek fit passer sa langue à travers les lèvres entrouverte et explora la bouche de l'adolescent et avant que l'un d'eux ne le sache, tout était terminé.

Soudain, une sensation de fatigue submergea Stiles ou peut-être qu'il était fatigué depuis tout ce temps, mais qu'il l'avait juste ignoré (ouais, ça semble être l'option la plus probable). Peut-être qu'il pourrait faire l'école buissonnière le lendemain et juste dormir toute la journée? Ouais, ça semblait être une bonne idée.

''Derek, tu peux rester avec moi jusqu'à ce que je m'endorme, s'il te plait? Demanda Stiles, sachant déjà la réponse. Il se prépara à un rejet lorsque l'homme plus âgé se dirigea vers la porte sans un mot.

Au lieu de ça, il ferma la lumière et la chambre se baigna d'obscurité.

Le lit grinça sous le poids d'un autre corps et Stiles fut tirer sous les couvertures et poussé contre une poitrine chaude.

Stiles se blotti dans la chaleur et plus aucun mot ne fut prononcé.


Merci pour tous les commentaires et un merci spécial pour ma Bêta Frozeen!