Chapitre 2 : La mission
En se réveillant quelques heures plus tard, Eggsy repris doucement conscience des derniers événements arrivés juste avant qu'il ne s'endorme. Ses lèvres s'étirèrent d'elles même en un sourire espiègle.
Sauf erreur de sa part et pour le cas présent il pensait vraiment ne pas se tromper, le magnifique Harry Hart semblait être lui aussi très attiré par son colocataire. D'où ce plan totalement improvisé avec un objectif bien précis.
S'affranchir de la barrière mentor-apprenti pour passer au côté amants. Qu'un soupçon de domination et de soumission épice le tout, ne serait que du bonus.
Parfaitement réveillé, son sexe lui fit savoir qu'il n'attendait que ses doigts pour soulager cette raideur familière. Et pourquoi pas ajouter quelques images mentales d'Harry lui procurant ces caresses ? Le jeune homme éjacula rapidement, s'essuya avec un mouchoir en papier puis sortit enfin du lit. Une douche s'imposait.
Lorsqu'il descendit propre et rayonnant comme seuls les gens de 20 ans peuvent l'être après une cuite même mémorable et en dépit d'une tenue inélégante au possible, Eggsy appela doucement Harry.
- Dans la cuisine Eggsy, lui répondit son mentor. Bonjour.
Il était en train de préparer le dîner.
- Bonjour Harry, enfin bonsoir, se corrigea-t-il en voyant les lumières du crépuscule inonder la pièce d'à côté. Ça sent bon, tu prépares quoi ?
Le jeune homme ouvrit le frigo et se servit un grand verre de jus de fruit. Pour sa langue et sa bouche encore pâteuses de son ivrognerie, ce fut un réel soulagement.
- Merci. C'est un sauté de dinde avec des haricots. Tu as faim ?
- Tu m'étonnes si j'ai la dalle...
Avisant le sourcil haussé de son aîné, il se reprit.
- Hm oui, j'ai super faim Harry. Je vais mettre la table.
Leur repas englouti pour l'un et dégusté pour l'autre, les deux hommes se posèrent sur le canapé devant la télé. Harry souhaitait regarder un documentaire historique à propos de Londres au fil des siècles, quant au plus jeune, il jouait avec son téléphone simplement heureux d'être là.
Son profil attira irrésistiblement le regard de l'espion, qui se laissa très vite distraire de son émission.
Les cheveux qu'Harry savait doux au toucher, n'étaient absolument pas coiffé. Propres de frais, ils avaient séché tel quel après que le jeune éphèbe assit près de lui ait dû les frotter vigoureusement avec sa serviette. Venait ensuite un visage aux mimiques joueuses et espiègle la plupart du temps, mais qui s'obscurcissait lorsque le sérieux lui était demandé. Une peau claire et fine, brillant de santé recouvrait une ossature parfaitement proportionnée. Deux très petites oreilles achevaient cette tête délicieuse, que par bonheur aucun piercing ne gâchait.
- C'est bien ton truc ? Lui demanda soudainement l'objet de ses pensées sans même lever le nez de ce qui semblait être un "shoot them up".
Jetant un oeil à l'écran de télé Harry constata qu'une page de publicité venait tout juste d'apparaître.
- C'est distrayant, se contenta-t-il de répondre avant de se lever pour un thé.
Ainsi se passa la soirée, de façon on ne peut plus normale bien que pour chaque parti ce soit de plus en plus pressant de toucher l'autre.
- Eggsy ! Appela sèchement Harry.
Ce dernier en train de travailler son jeu de jambes en compagnie de Roxy dans une des salles d'entraînement releva la tête surpris du ton employé par son mentor. Il para le crochet que la jeune femme lui destinait sans voir l'uppercut qui suivait. Puisque tous deux prenaient leur enseignement au sérieux elle n'avait certainement pas retenu son coup pourtant quand le blond se retrouva par terre, elle ne put s'empêcher de se précipiter sur lui.
- Ho pardon Eggsy je suis désolée. J'ai pas vu que tu regardais ailleurs.
- Cela ira comme ça Roxy, je m'en charge, déclara Harry en remettant sa recrue sur ses pieds. Je crois que votre mentor vous cherche au passage.
- Merci monsieur. À plus Eggsy et encore désolée, dit elle en les laissant.
Ce dernier lui fit un petit sourire rassurant tout en se frottant le menton. C'était un tout petit bout de femme, mais on ne pouvait décemment pas dire qu'elle frappait comme une fille.
Il regarda son mentor dont un infime pli sur le front signalait sa préoccupation. En plus, son ton était cassant, chose que son éducation de gentleman ne lui autorisait pas souvent.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu sembles perturbé, osa-t-il.
- Suis-moi, éluda l'homme, Arthur a demandé ta présence.
- "De plus très-curieux en plus très-curieux", cita le jeune qui lui tint la porte ouverte dans un effort pour dérider Harry.
Celui ci le regarda profondément un micro sourire au bout des lèvres en reconnaissant une réplique imaginée par Lewis Caroll.
- Tu es vraiment étonnant, souffla-t-il.
Arthur, avait dû être un homme impressionnant, se disait toujours Eggsy en le voyant. Dommage qu'il soit un trou du cul.
Depuis leur première rencontre le jeune homme le percevait comme un vieillard désespérément accroché à ses traditions poussiéreuses, parfois tenté de prendre de mauvaises décisions juste pour les sauvegarder. En témoignait son mépris à peine dissimulé lorsqu'il avait Eggsy sous les yeux. Qu'un garçon de la rue (aussi intelligent et talentueux soit-il), sans origine notable comme lui, puisse accéder au plus que prestigieux cursus des Kingsman... une véritable hérésie !
De fait l'accueil presque chaleureux de ce vieil acariâtre mit aussitôt l'apprenti d'Harry mal à l'aise pour ne pas dire suspicieux.
- Qu'as-tu au visage ? Demanda Arthur après les avoir conviés à s'asseoir.
Étrangement, Harry resta debout et si ses manières demeuraient parfaites, on le devinait très clairement renfrogné
De plus en plus bizarre, songea Eggsy.
- Un manque d'attention passager, répondit-il néanmoins. Je suppose que ce n'est pas par souci de l'état de mon visage que vous m'avez convoqué. Non ?
- Non. Quoi qu'il vaudrait mieux pour la réussite de la mission que je vais vous confier à toi et Harry que tu t'abstiennes de toute blessure disons... disgracieuse.
- Ha parce que vous connaissez des blessures qui font une belle gueule vous ? J'savais pas, ricana-t-il.
Derrière lui, bien qu'agacé par une accumulation de contrariété Galahad ne pu retenir un sourire en coin. Qu'il aimait cette maudite insolence. Avisant la difficulté de son supérieur à rester faussement poli avec Eggsy, il prit le parti de faire comprendre à son élève qu'il devait cesser pour l'instant.
- Bref comme je te le disais tu vas devoir paraître au mieux de ta personne, ce sera un point capital.
- Hey c'est quoi cette mission ? Un concours de beauté ?
Arthur ne répondit pas et lui indiqua l'écran où la photo d'un homme brun entre 30 et 40 ans s'afficha. Il portait un costume un peu dans le style de ceux des Kingsman, très bien coupé du quasi sur-mesure mais en beaucoup plus moderne. Il était plutôt élégant et ses yeux gris magnétiques rendaient son visage aux traits virils carrément inoubliable.
- Dimitri Markovitch. Personnalité montante du monde de la nuit, possédant plusieurs boîtes de nuit, quelques restaurants, deux hôtels, et même un casino. Tout cela officiellement cependant. Officieusement, il est à la tête d'un des plus important réseau de trafic humain. De l'escorte de luxe à la putain à 5 shilling, en passant par l'exploitation d'esclaves immigrés et sans papiers,, il touche tous les niveaux de cet immonde marché et probablement d'autres que nous ne soupçonnons pas. Nous avons pour mission de le coincer et détruire son organisation jusqu'aux racines.
- Et en quoi mon visa...
- Ta mission sera de le séduire.
Un ange passa, et Eggsy abasourdit, entendit le poing qu'Harry avait posé sur son dossier se serrer si fort qu'il en fit grincer le bois sous ses doigts.
- Vous vous foutez de moi ! Lâcha l'apprenti assommé par la nouvelle.
- Markovitch raffole de jeunes hommes, tu corresponds au profil de ses... tentations habituelles dirais-je. Ce qui fait de toi notre parfait cheval de Troie. Allons Eggsy, les agents Kingsman doivent souvent donner de leur personne, n'as tu jamais regardé James Bond ? Galahad ne cesse de vanter tes qualités " exceptionnelles " ce sera certainement facile pour quelqu'un comme toi de charmer cet homme sans y laisser des plumes. Et si d'aventure, il te fallait une motivation supplémentaire, considère cela comme un examen déterminant à ton entrée chez nous. Si tu échoues tu devras partir.
Sans dire quoi que ce soit, le corps raidi par la contrariété Eggsy quitta son fauteuil pour fuir la pièce. Il ne regarda pas le vieillard sadique ni son mentor. Il devait impérativement cogner quelque chose et mieux valait que ce soit l'équipement de la salle de sport qu'Arthur.
- Qu'est ce que vous manigancez Arthur ? Interrogea durement Harry que ce plan ne ravissait pas du tout. On ne confie jamais ce genre d'infiltration aux apprentis !
- Nous n'avons pas le choix. Et en l'occurrence sachez que son nom a été tiré au hasard parmi toutes les recrues masculines.
- Ne m'insultez pas Arthur. Il n'y a là pas plus de hasard que de vérité. Vous n'appréciez pas que mon candidat soit de la trempe des vrais Kingsmen et vous voulez le torpiller sans vous salir les mains !
- Avez-vous une preuve de ce que vous avancez ? Non ? J'en étais sûr. Maintenant reprenez vous et allez chercher votre poulain. Je compte sur vous pour le briefer parfaitement. J'exige un contact avec la cible sous 48h.
Au moment où Harry allait sortir du bureau, son supérieur eut encore un mot pour lui :
- Galahad, j'étais tout à fait sérieux, si vous échouez monsieur Unwin devra retourner de là où il vient.
Dans la salle d'entraînement résonnaient des impacts furieux. Eggsy frappait violemment un sac, imaginant à la place un certain vieil homme pendu par les pieds.
- Putain merde ! Enragea le jeune homme. Fais chier ! Fais vraiment chier !
- Eggsy, l'appela Harry depuis l'entrée de la pièce.
- Quoi ? Grogna le jeune homme qui inséra quelques coups de pied à sa chorégraphie de défouloir. Putain Harry, j'y crois pas ! Il veut vraiment pas de moi sur son territoire cet enculé. Qu'est-ce que je lui ai fait bordel ?
Pour une fois, son mentor laissa passer les grossièretés. À dire vrai, il regrettait presque que son éducation de gentleman ne lui autorise guère plus qu'un "merde " plus ou moins intense pour exprimer sa colère via le langage approprié.
- Je t'aiderai. On trouvera quelque chose. Arthur n'aura pas satisfaction, je te le promets.
Eggsy le regarda, soulagé de pouvoir compter sur Harry. Mais il fallait se rendre à l'évidence. Qu'il remplisse sa mission ou non, Arthur serait satisfait de toute façon.
: soit il s'humiliait en séduisant un criminel à qui vraissemblablement il fallait offrir son cul, soit il quittait le programme emportant avec lui son non-conformisme dérangeant.
Ses poings tremblaient et n'étaient plus que douleur n'ayant pas pris la peine de les protéger. Alors qu'il cessait de frapper afin de constater les dégâts, Harry vint les envelopper délicatement entre ses grandes mains.
- Rentrons à la maison. Je dois soigner ça et nous devons... Nous devons préparer un plan.
Le soir même, les deux hommes installés dans le bureau d'Harry planchaient sur les différentes problématiques de leur objectif. La base de données des Kingsman leur fournissant quelques renseignements généraux ainsi que la localisation en temps réel de leur cible.
- Écoute on a pas le choix faut que j'aille faire du repérage, lança Eggsy. Autant y aller dès ce soir.
-Tu penses à de l'improvisation ?
-T'as une meilleure idée ?
- Non, admit son mentor. Mais je t'en prie, sois prudent et laisse moi t'aider à te préparer.
- D'accord. Je vais prendre une douche.
Harry s'occupa de lui choisir une tenue. Un jean brut et un t-shirt bleu marine au logo discret d'un couturier reconnu qu'il lui avait offert en comprenant que le jeune ne porterait pas tout le temps des costumes. Il lui laissa ses baskets d'Hermes comme il aimait à les appeler, les blanches avec les ailes dont le nom lui échappait totalement et pour finir un bomber. Quand son élève fut habillé, il lui posa un micro indétectable et une balises GPS dans les plis de son haut.
Ce que Eggsy ignorait, c'est que les coutures de son pantalon dissimulaient déjà un équipement d'écoute et de repérage tant son mentor ne voyait pas cette mission d'un bon œil. Quand il fut fin prêt il se tourna vers son reflet et ne pu s'empêcher d'imaginer Harry sélectionnant sa tenue comme s'il avait dû la porter pour le séduire lui.
Ce qui bien sûr n'était pas complètement faux.
- Reste à espérer que ça soit suffisamment alléchant, marmonna le blond.
" Ho que oui" songea son mentor.
- Alors dans quel club est-il ?
Le QG de Markovitch s'avérait être son tout premier club, récemment rénové : l'Opium. Une foule dense se pressait à l'entrée. À l'évidence, il ne serait pas aisé de mener quoi que ce soit à bien dans cet environnement. Eggsy patientait dans la queue lorsqu'une femme que l'on ne pouvait qualifier que de spectaculaire sorti de la boîte. Pour l'avoir vue sur un cliché aux côtés de son patron, le jeune espion savait qui elle était, bien qu'aucune info sur son identité civile ne soit dans leurs ordinateurs. L'inconnue mesurait peut être 1m90, brune, d'interminables jambes fuselées, un maintient d'Amazone, elle sortait tellement de l'ordinaire qu'Eggsy comprenait pourquoi Markovitch l'avait embauchée. Elle s'entretint avec les videurs puis glissa dans une démarche fluide le long de la file d'attente en scrutant la masse méticuleusement. L'amazone s'apprêtait à faire son marché, il en aurait mis sa main au feu. Elle s'arrêta sur deux jeunes hommes splendides, qui en avaient bien conscience et ne se privaient pas d'en jouer. Tel deux reflets disparates l'un blond à la peau dorée, l'autre brun au teint de nacre, ils ressemblaient à d'interdites gourmandises. Tenant compte de cela, Eggsy prit un air sombre et mystérieux qui plusieurs fois( et il ne comprenait toujours pas comment) lui avait attiré des regards envieux. Faisant mine d'être perdu dans ses pensées, il observa la femme choisir encore un homme blond, avant de s'arrêter sur lui. Alors qu'aucun trait de son visage ne s'était animé durant sa sélection, un fin rictus ourla soudain ses lèvres.
- Toi aussi tu entres, dit elle d'un timbre grave pour une femme, mais toutefois très agréable.
Un peu à la Scarlett Johansson se dit Eggsy.
La boîte pleine, bruyante et animée se révélait plus vaste qu'elle ne le semblait de la rue. On ne se marchait pas trop sur les pieds. Tandis que la brune leur tamponnait le dos de la main du logo de la boite, à l'encre phosphorescente, elle leur indiqua que leurs boissons seraient offertes aux deux bars pour la soirée. Trop enthousiasmés, les autres gars ne firent pas attention que leurs marques à eux quatre, différaient de celles des autres clients et s'envolèrent comme une volée de moineaux. Pour sa part, Eggsy avisa la brune qui le détaillait un peu plus profondément. À son tour, il lui offrit un rictus avant de daigner explorer la boîte. On leur avait donné un signe distinctif, les rendant plus facilement repérable.
Jetant un oeil discret à celle qui les avait fait entrer, il la trouva en train de gravir les marches menant au carré VIP surplombant l'espace de danse. Il ne fut guère surpris de voir apparaître Dimitri en haut de l'escalier. Les regardant s'entretenir quelques minutes, il vit la femme lever son poing et en désigner le dos.
- Ho putain j'ai compris, laissa échapper Eggsy.
Après avoir fait ses courses l'amazone les avait relâchés pour que son patron se fasse une petite traque.
Et voilà que ce même patron descendait les marches lentement scrutant la foule avec attention.
Eggsy se fondit dans la masse, commanda une bière et s'appliqua à rester en mouvement dansant de temps à autres. Il vit tout d'abord les deux faux jumeaux grimper jusqu'au carré encadrant Dimitri qui les tenait par les hanches. Environ quinze minutes plus tard, vint le tour de l'autre blond d'accepter un verre bien coloré offert par le russe une fois en haut. C'est avec beaucoup d'amusement qu'Eggsy observa le malfrat descendre dans la foule pour la troisième fois. Décidant de lui en donner pour son argent, il s'appliqua à demeurer suffisamment loin.
" On va voir qui traque qui Dimitri " songea-t-il.
C'était un manège divertissant. Peu à peu au lieu de perdre patience, le russe sembla se régaler d'avantage. Plusieurs danses plus tard, Eggsy retourna au bar sans plus chercher à passer inaperçu. Il commanda une seconde bière, qu'il sirota tranquillement accoudé au comptoir, sa main marquée tenant son verre à une hauteur repérable. Occupé à frotter une tâche imaginaire sur le bas de son t-shirt, il remarqua deux chaussures noires s'arrêtant devant lui.
- Bonsoir mon jeune ami, résonna soudain une voix grave au-dessus de sa tête.
Se redressant, il prit la précaution de paraître illisible.
- Salut.
- La bière te convient ?
- Pourquoi ? C'est vous qui la fabriquez ?
Sincèrement étonné par cette réponse le russe éclata de rire.
- Tu es marrant petit.
- Petit ? Cracha-t-il faussement vexé.
Ne lui en déplaise et en dépit de bien autres qualités Eggsy ne pouvait être qualifié de grand.
- Ne te vexe pas mon beau. Mais comme j'ignore ton prénom, je devais trouver autre chose.
- Rangez vos surnoms à la con et gardez les pour d'autres.
- Tu dis toujours aussi franchement ce tu penses ? Remarque, je ne m'en plains pas, c'est très rafraîchissant.
- Ils ont des tonnes de glaçons derrière le bar si vous avez besoin d'être rafraichi, rétorqua Eggsy en posant son verre vide sur le comptoir.
Il lui accorda une insolente révérence puis se laissa happer par les danseurs, un petit sourire satisfait ornant son visage.
Comme tout bon chasseur Dimitri semblait beaucoup apprécier qu'on lui résiste un temps soit peu. À ce moment, l'apprenti se dit que le chiffon rouge avait bien retenu l'attention du taureau. Restait à le rendre dingue. Du coin de l'oeil, il le trouva là où il l'avait quitté, son attention complètement centrée sur lui.
