Je suis ravie de vous avoir intrigués avec le prologue. J'espère que la suite vous plaira parce que...Vous l'attendiez, le voilà ! Un premier chapitre tout beau tout chaud rien que pour vous.
Gaypowa, tes prières ont été entendues ^^
Bonne lecture.
Jake arriva devant la porte de l'hôpital. Ce grand bâtiment peu accueillant était le siège d'un constant va et vient. Il s'arrêta net suscitant la surprise de ceux qui entraient ou sortaient. Il avait peur de ce qui se cachait derrière cette porte. Il savait pour qui il venait mais il ne connaissait pas la raison. Il avait juste reçu un appel le prévenant que son ami était hospitalisé. Sans donner plus de détails, son interlocuteur lui avait demandé s'il était possible qu'il vienne. Il n'avait pas hésité une seconde. Maintenant, il était là.
Prenant sur lui, il fit un pas en avant et pénétra dans l'enceinte de l'établissement. Il se dirigea vers le service qui l'intéressait et trouva la secrétaire. Cette dernière le renseigna gentiment et il prit la direction de la chambre qu'il cherchait. Chaque pas le rapprochait un peu plus de la chambre et il sentait son cœur s'emballer un peu plus, sa respiration accélérer. Dans le couloir, il aperçut deux visages familiers. Les parents de Ryder étaient en train de discuter avec un médecin et un policier. Il resta à l'écart jusqu'à ce que les deux hommes s'en aillent. Il alla alors à leur rencontre.
─ Monsieur et Madame Lynn ?
Les deux adultes se tournèrent vers Jake et lui serrèrent la main.
─ Merci d'être venu, fit la mère de Ryder en essuyant une larme.
─ Que s'est-il passé ? Je peux le voir ?
─ Il …
─ Il a été agressé cette nuit à la sortie d'une boîte, intervint Tomas Lynn en serrant sa femme qui était sur le point d'éclater en sanglots. Ça te dérange si on te pose quelques questions ? Tu pourras aller le voir après.
─ Euh...d'accord, répondit Jake pris de court.
─ Sais-tu ce que mon fils faisait dans une boîte g...au Scandal's ?
Jake fronça les sourcils devant l'hésitation du père de son ami sur le mot à employer.
─ Un groupe que nous apprécions donnait un concert hier. Je devais y aller avec lui mais j'ai dû annuler, ma mère étant rentrée du travail malade. Je ne pensais pas qu'il irait tout seul.
Tomas Lynn laissa échapper un soupir bruyant, il semblait soulagé et le jeune métis serra les poings pour ne pas lui envoyer une réplique sanglante. Ce n'était ni le lieux ni le moment. Sa femme fit face à Jake.
─ Savais-tu que Ryder a un tatouage au poignet gauche ?
Le jeune homme se mordit la lèvre avant de répondre tout en tirant inconsciemment sur la manche gauche de sa veste.
─ Oui. Pourquoi ?
─ Ses agresseurs lui ont tailladé la peau à cet endroit même. Les médecins nous ont dit qu'il s'était fait tatoué une phrase. Ils ont dû croire que ça avait un rapport avec son...son... petit... Bref tu comprends. Mais puisque c'est un malentendu et que Ryder était là seulement pour le concert...
Jake hocha la tête car il savait que s'il ouvrait la bouche, il regretterait amèrement ses paroles. Il tira une nouvelle fois sur sa manche gauche et demanda :
─ Je peux le voir ?
─ Oui. Mais je dois te prévenir qu'il n'a ni bougé ni dit un mot depuis qu'il est là.
L'adolescent les remercia et entra dans la chambre. Ryder était allongé dans son lit et fixait le mur face à lui. Son visage était tuméfié, son arcade sourcilière et sa lèvre inférieure étaient fendues. Son torse était recouvert d'un large bandage, sûrement à cause de côtes cassées ou au minimum fêlées. Cette vision fit mal au cœur de Jake qui ne savait pas quoi dire. Il alla s'asseoir sur le fauteuil près du lit. Ce fut à ce moment-là qu'il vit le bandage rougit par le sang à l'endroit même où son tatouage se trouvait. Il tendit la main et la posa avec précaution sur le poignet de son ami.
L'effet fut immédiat et inattendu. Ryder se tourna violemment, s'arrachant à l'emprise de Jake. Il se redressa avec fureur et envoya valser tout ce qui se trouvait à sa portée. Oreiller, draps, tout y passa. Il s'arracha ensuite sa perfusion. Jake sortit affolé au moment où médecins et infirmières se précipitaient dans la chambre. Ils le maintinrent de force avant de lui injecter un sédatif. Madame Lynn complètement perdue regardait son fils inconscient sur son lit.
Jake s'assit sur un des sièges du couloirs et fut rapidement rejoint par les parents de Ryder.
─ Que s'est-il passé ? Que lui as-tu dit ? s'emporta Tomas.
Sa femme posa une main sur son bras pour tenter de le calmer.
─ Ne fait pas d'esclandre, le supplia-t-elle.
─ Ne me dis pas ce que je peux faire ou non Liv'. Notre fils ne réagit à rien ni personne mais quand son meilleur ami lui rend visite il devient fou. Je pense qu'on mérite une explication.
Puis s'adressant à Jake.
─ Alors ? Que lui as-tu fait ?
─ Rien. Je n'ai absolument rien dit.
Le jeune homme désemparé prit sa tête dans les mains. Tomas exaspéré décida d'aller faire un tour sur les conseils de sa femme.
─ Excuse mon époux. Il a du mal à accepter ce qu'il s'est passé. Il est d'autant plus énervé que Ryder a été pris pour cible pour quelque chose qu'il n'est pas.
─ Parce qu'il l'aurait accepté si Ryder avait été homosexuel ? Parce que selon lui il l'aurait mérité c'est ça ?
─ Ce n'est pas ce que je voulais dire.
─ Non mais vous l'avez pensé tellement fort. De plus votre mari est incapable de prononcer le mot ''gay''.
Jake se leva prêt à partir.
─ Pourrai-je revenir le voir ?
─ J'en parlerai à son médecin et je te tiendrai au courant.
Le jeune homme partit la mine déconfite. Il rentra chez-lui et s'enferma dans sa chambre. Des tas de questions tournoyèrent dans sa tête. S'il ne s'était pas décommandé ce soir-là, les choses se seraient-elles passées différemment ? Sûrement. Mais dans quel sens ? Auraient-il été attaqués tous les deux ou au contraire, n'auraient-ils pas été agressés du tout ? Il se sentait coupable d'avoir abandonné Ryder à son sort. Certes, un tel événement n'était pas prévisible mais la pointe de culpabilité n'en avait que faire et continuait de s'insinuer en lui. Néanmoins l'interrogation qui le torturait ne trouvait aucune réponse logique. Pourquoi Ryder avait-il réagit de la sorte en sa présence ? Sa venue aurait dû provoquée l'effet inverse. Pas cet accès de colère.
Il s'assoupit sur ces pensées. Ce fut son portable sonnant contre son oreille qui le réveilla deux heures plus tard.
Le médecin de Ryder souhaite te rencontrer avant de t'autoriser à le revoir. Demain matin, 10h.
Olivia Lynn
Je serai là. Merci.
Jake
OooOooOooOooO
Neuf heures cinquante-cinq tapantes. Jake rejoignit le service dans lequel Ryder était hospitalisé. Ses yeux rencontrèrent ceux de Madame Lynn, qui a son grand soulagement était seule. Il la salua et la remercia encore. Moins d'une minute plus tard, ils furent rejoints par le médecin.
─ Bonjour je suis le docteur Moran. Je suppose que tu es Jake.
Elle lui tendit la main qu'il serra volontiers.
─J'aimerai que nous discutions tous les deux si tu veux bien.
Voyant le jeune homme acquiescer, elle lui demanda de la suivre dans son bureau. Mal à l'aise, Jake resta planté au milieu de la pièce jusqu'à ce qu'elle l'invite à s'asseoir. Le Dr Moran consulta ses fiches et son interlocuteur n'en pouvant plus d'attendre prit la parole.
─ Comment va-t-il ?
─ Il n'a pas refait de crise depuis hier. Mais il n'a toujours pas dit un mot et il n'a quasiment aucune réaction quand on lui parle.
─ Quasiment ?
─ Cela dépend de son visiteur. J'ai cru comprendre que tu es son meilleur ami.
─ Exact. Vous en doutez ?
Elle le fixa un instant avant de reprendre le fil de la discussion.
─ J'aimerai que tu m'aides à comprendre ce qui a pu provoquer la crise de Ryder hier.
─ Je ne sais pas, répondit Jake aussitôt sur la défensive. Je l'ai déjà dit à ses parents.
─ J'ai besoin de connaître toute la vérité. C'est indispensable pour son rétablissement. Omettre des informations ne l'aidera pas. Tu veux l'aider n'est-ce pas ?
─ Oui, murmura le jeune homme en évitant le regard de la thérapeute.
─ Alors dis-moi ce que tu caches.
Jake se mura dans le silence, se battant avec sa conscience, pesant le pour et le contre.
─ Je ne peux pas, dit-il finalement. Certaines vérités ne m'appartiennent pas.
─ Je ne te demande pas de trahir la confiance de Ryder. Juste de me dévoiler les informations importantes pour sa thérapie. Je suis tenue au secret professionnel. Ce qui se dira ici, restera entre ses quatre murs. Ton ami ne parle pas. L'agression qu'il a subit l'a traumatisé et c'est tout à fait normal. Surtout, si j'ai bien compris, une telle chose n'aurait jamais dû lui arriver puisqu'il n'est pas homosexuel. Au mauvais endroit au mauvais moment malheureusement.
Il tiqua sur les derniers mots du médecin. Il savait ce qu'il lui restait à faire. La mâchoire du métis se serra, tout comme ses poings.
─ Vous me promettez ça n'arrivera jamais aux oreilles de ses parents ?
─ Oui.
─ Très bien.
Jake se leva et se mit à faire les cents pas dans le bureau. Soudain, il se stoppa et fit face au Dr Moran.
─ Vous croyez vraiment qu'il était là-bas ''par hasard'' ? La Scandal's ne fait pas de pub pour ses événements pour éviter les incidents homophobes. Malheureusement, ça ne suffit pas toujours. Les agresseurs de Ryder ne se sont pas trompés de cible. Ryder est homosexuel et...
Il leva les yeux vers le médecin. Il s'attendait à voir un jugement dans ses yeux mais elle semblait juste attendre la suite de sa phrase. Il préféra la laisser en suspens.
─ Merci de m'avoir dit la vérité. Ce sera d'une grande aide.
Puis elle désigna son poignet gauche.
─ C'est un bien joli tatouage que tu as là.
D'instinct, le jeune homme baissa sa manche pour le cacher.
─ Ryder en a un au même endroit. Je l'ai vu rapidement. Pourrais-tu me rappeler ce qu'il y a sur le sien ?
─ ''Just a Piece of me''
─ Et le tien dit ''Reality can be a Lie''. Vous l'avez fait en même temps si j'en crois la couleur de l'encre. Même endroit, même écriture...
─ Vous avez de bons yeux.
Elle se tut une seconde et dévisagea Jake.
─ C'est une jolie preuve d'amitié, conclut-elle.
─ De quoi parlez-vous ?
─ Vos tatouages avec les initiales de l'autre en majuscules. Ton nom de famille est Puckerman si je ne m'abuse. ''JP'' pour lui ''RL'' pour toi.
Le jeune homme ne dit rien mais son regard se déroba.
─ Vous êtes ensembles depuis combien de temps ?
─ Qu...Quoi ?
─ Je pensais que nous étions d'accord pour ne plus se cacher les choses importantes pour aider Ryder. Donc je repose ma question : depuis combien de temps êtes-vous ensembles ?
─ Un peu plus d'un an, concéda Jake. Comment l'avez-vous deviné ?
─ Je suis psy. Je suis capable d'interpréter les gestes, les mots, les non-dits.
─ Donc vous saviez déjà tout ce que je vous ai appris.
Ce n'était pas une question mais une affirmation.
─ J'avais des doutes, confirma-t-elle.
Se sentant dupé, Jake sentit la colère monter en lui.
─ Lorsqu'on m'a appelée après la crise de Ryder, les événements se sont connectés, lui expliqua-t-elle. Il a subit une agression homophobe et la seule réaction qu'il a eu était en ta compagnie. Te voir a sûrement débloqué ses souvenirs. Je pense qu'il a revécu la scène. Les insultes, les coups.
─ Pa...Par ma faute ?
Elle s'approcha de lui et posa une main sur son épaule.
─ Ce n'est pas ta faute. Ça devait arriver et ça arrivera encore. Il va mettre du temps à guérir mais ta visite a permis de mettre en lumière certaines choses. Grâce à toi, je vais pouvoir l'aider en connaissance de cause.
─ Vous n'en parlerez pas à ses parents n'est-ce pas ?
─ Ne t'inquiète pas. Votre secret est en sécurité.
Il la remercia. Puis il se rappela de quelque chose.
─ Vous avez dit que je n'étais pas le seul à provoquer une réaction chez lui. Qui d'autre ?
─ Je ne peux pas te le dire. Secret professionnel. Mais je pense que tu es capable de le deviner. Tues un garçon intelligent.
Réfléchissant une minute, Jake chercha qui pouvait provoquer une réminiscence de souvenirs traumatiques dans une moindre mesure.
─ Je ne sais pas. Vais-je pouvoir voir Ryder ?
─ Pour le moment je ne pense pas que ce soit une bonne idée que tu entres dans sa chambre. Mais rien ne t'empêche de l'observer depuis la fenêtre.
Voyant le visage du métis se fermer, elle ajouta.
─ Laisse-moi un peu de temps pour le travailler. On refera un test dans deux jours d'accord ?
─ Très bien.
Elle le raccompagna jusqu'à la chambre de son ami. Là, il se mit à la fenêtre et observa Ryder. Ce dernier avait toujours les yeux dans le vide malgré la présence de sa mère. Cette dernière lui tenait la main et lui parlait mais le garçon n'avait aucune réaction. Tomas Lynn arriva peu après. Il salua rapidement Jake et gagna le chevet de son fils. A peine un pied dans la chambre que le blessé détournait la tête, évitant de croiser le regard de son père. Mais ce mouvement l'obligea à croiser celui de Jake qui était toujours posté dans le couloir. Leurs yeux s'accrochèrent d'infimes secondes puis le footballeur ferma les yeux. Au moins, il n'avait pas fait une crise comme la dernière fois.
─ C'est un bon début, dit une voix derrière lui.
─ Vous êtes encore là ? s'étonna le jeune homme en découvrant le Dr Moran.
─ Je revenais te voir. J'aimerai avoir ton numéro de portable pour que je puisse te tenir au courant et te prévenir quand tu pourras le voir.
Il lui donna et avant qu'elle ne reparte il lâcha.
─ L'autre personne, c'est son père.
Elle le laissa sans réponse mais au regard qu'elle lui jeta, il comprit qu'il avait vu juste. Maintenant qu'il y pensait ce n'était pas si étonnant. Ryder n'avait pas fait son coming-out et l'une des rasons qu'il avait avancé était qu'il avait peur de la réaction de sa famille. A présent que Jake avait discuté un peu avec son père, il comprenait pour quoi. Tomas Lynn était homophobe et découvrir que son fils était homosexuel provoquerait certainement sa colère.
Le lendemain, Jake revint et se posta une nouvelle fois à la fenêtre dans le couloir. C'était son point d'observation et même s'il aurait préféré être dans la chambre, il acceptait la situation. En même temps avait-il le choix ?
Voilà voilà. Un avis ?
Si j'ai bien compté, la fiction devrait faire 4 ou cinq chapitres. Le prochain sera posté mercredi.
