Eh si!! "Détestation", ça existe!! J'ai vérifié dans le dictionnaire après une grave, très grave crise existentielle, et ce mot bizarre qui vous a toutes fait tiquer existe!! Ouf! Le soulagement de la mort qui tue très fort!! J'ai eu plein de reviews cette semaine, et je vous en remercie, c'était super, recommencez, je vous en prie!! Et pour couronner le tout, j'ai fini mon concours blanc (34h de DS!!! ARGH!) et c'est les... VACANCES!!! YES!! Bref... Le premier chapitre...

Le bois était calme, silencieux. Les animaux semblaient l'avoir déserté. Etrange. D'ordinaire, ils ne se préoccupaient pas de moi : j'étais une créature de la Terre, comme eux. J'appartenais à leur clan. Aujourd'hui, cependant, il n'y avait pas un bruit. Ils étaient tous terrés dans leurs abris. Surprise, je ralentis ma course et flairai les alentours. Une odeur sucrée me parvint, portée par un coup de vent, et je me figeai, tous les sens en alerte. Il y eut un gémissement terrifié, et je saisis toute la terreur de l'humain, dont le cœur affolé battait la chamade. Je m'élançai. Je n'avais jamais toléré la propension de certains de ma race à jouer avec leur nourriture, et ne supportai tout simplement pas que l'on se nourrisse de ce que l'on a été. De là où j'étais, je pouvais voir mon but. Une clairière. Un humain, figé par la terreur en face d'une silhouette statuesque, d'une pâleur mortelle. Le jeune vampire avait des yeux rouges et brillants qui fixaient sa proie avec une attention mauvaise. Il bondit, et l'humain tenta de l'esquiver, mais curieusement, l'autre se contenta, amusé par sa résistance, de lui donner une pichenette dans les côtes. Qui craquèrent. Le garçon poussa un hurlement de douleur. J'accélérai, furieuse. Mais la clairière était encore loin, et même toute mon extraordinaire vitesse ne put empêcher le jeune de continuer son jeu malsain. Finalement, il se pencha sur l'enfant à terre et approcha son visage tout près des traits terrorisés de l'humain. Les dents découvertes.

-Qu'êtes-vous ? L'entendis-je souffler

La réponse me parvint avec plus de netteté. J'y étais presque.

-Un vampire.

Il se penchait pour se nourrir lorsque je déboulai dans la clairière et le heurtai de toute ma force, l'envoyant valser à plusieurs mètres. Furieux, il effectua un saut périlleux en arrière et, accroupi en position d'attaque, eut un long sifflement rageur.

-Laisse-le, grondai-je.

-Il est à moi, je l'ai trouvé le premier.

Je secouai la tête.

-Laisse-le.

-Ne défie pas Aro Volturi, fillette.

Fillette. Je crus m'étrangler de rire. Le ton, plein de morgue, me fit comprendre que j'étais censée trembler de peur à l'annonce de son nom. J'eus un petit sourire méprisant, et ricanai en voyant l'éclair de surprise qui passa dans ses yeux, vite remplacé par une lueur haineuse. Je sentis le regard terrifié du garçon dans mon dos, et murmurai à son intention quelques paroles de réconfort. J'aurais préféré lui éviter le spectacle de deux vampires se battant pour leur déjeuner, mais je n'avais pas vraiment le choix, au vu de la tête que faisait le dénommé Aro. Je me postai donc devant l'enfant à terre, et m'accroupis, en position de défense. Nous nous observâmes un instant, puis bondîmes en un même mouvement souple, pour entrer en collision à mi-hauteur avec un bruit assourdissant d'avalanche rocailleuse. Mais si le vampire était jeune, j'avais plus d'expérience, et son millier d'années ne suffit pas à m'ébranler. Je contrai ses attaques avec la plus grande facilité. Mes forces épargnées par mes années d'isolation ne demandaient qu'à s'exercer, et c'est avec aisance que je me débarrassai de mon colérique adversaire, lorsque ses attaques de bébé capricieux finirent par me lasser. D'un mouvement fluide, je le saisis à la gorge et le projetai de toute ma puissance entre les arbres. Un craquement sonore et un bruit de pas légers m'apprirent qu'il avait heurté un rocher, et qu'il fuyait. Avec un haussement d'épaules moqueur, je murmurai :

-Petit garçon.

Je me tournai vers l'enfant. Il avait réussi à se traîner jusqu'à un petit rocher lisse non loin, et m'observai des ses yeux brillants de fièvre, d'incompréhension et de terreur. Je restai immobile pendant une fraction de seconde, le détaillant avec stupéfaction. C'était le plus bel humain, le plus bel être que j'avais jamais vu. Il avait des cheveux couleur bronze désordonnés, des yeux verts étincelants, des traits fins, un corps athlétiques mais élancé… Mais sa mâchoire était crispée par la souffrance, sa poitrine se soulevait avec effort, ses yeux brillaient de douleur contenue. Il ne saignait pas, mais je sentis confusément quelque chose d'anormal, avant de comprendre… Le sang qui coulait, le bruit que j'entendais… Venaient de l'intérieur de son corps. Hémorragie interne. Importante. En d'autres termes, s'il ne recevait pas de soins immédiats, mon intervention n'aurait servi strictement à rien.

-Tu as une hémorragie interne grave, murmurai-je. Si tu me laisses approcher, je pourrais peut-être t'aider, mais je n'avancerais pas si tu le refuses. Dans tous les cas, tu ne risques rien de moi, je ne te ferais aucun mal.

Son cœur eut un raté, et je me tendis. Puis son pouls ralentit, et je crus qu'il se calmait, jusqu'à ce que la véritable cause m'en apparaisse. Il agonisait. Le petit vampire avait tapé dur et avec précision. Je le maudis mentalement.

-Je t'en prie, suppliai-je en voyant son regard plein de défiance, tu es en train de mourir, laisse-moi t'aider !

Il acquiesça vaguement avec un soupir vaincu, et ferma les yeux. En un instant, j'étais près de lui, l'adjurant de ne pas se laisser aller, de lutter pour garder les yeux ouverts. Peine perdue. Je le pris dans mes bras et posai ma main froide sur sa joue brûlante. Il parut en apprécier le contact. Je fermai les paupières, et me concentrai sur le corps inerte dans mes bras. Le sang envahissait son corps avec lenteur, mais je savais que je n'avais aucune chance d'arrêter l'hémorragie. Une étrange sensation me prit à la gorge, et je titubai légèrement, surprise. Ma gorge se serra, mes yeux brûlèrent soudain, ma mâchoire se crispa. Etait-ce ce que les humains appelaient du désespoir ? C'était extrêmement déplaisant. Je regardai le garçon dans mes bras, et vis qu'il avait rouvert les yeux. Il était étrange. C'était le premier. Le premier Être qui avait réussi à me faire ressentir quoi que ce soit. Son regard brûlant fixé sur moi, il murmura :

-Merci… de m'avoir sauvé… Mais je crois… que le résultat sera le même…

Il toussa, et un filet de sang coula le long de sa bouche. Je l'essuyai du bout des doigts et le portai à ma bouche.

-N'y a-t-il pas quelqu'un ? Demandai-je, en désespoir de cause. Quelqu'un qui pourrait t'aider ?

-Peut-être… Il y a un médecin… le docteur Cullen. Chicago. Il paraît… qu'il fait des miracles… Mais je n'y crois pas…

Ses paupières retombèrent, voilant son regard émeraude, et sa tête roula mollement sur mon bras. Je sautai sur mes pieds, et fonçai vers Chicago. Peu m'importait d'être vue. De toute façon, les risques étaient minimes : lancée à pleine vitesse, j'étais bien trop rapide pour des yeux humains, et l'hiver aidant, la nuit couvrirait mon approche. Je fonçai vers l'hôpital de Chicago, où il était plus probable que je trouverais ce docteur Cullen, m'arrêtai dans une ruelle non loin du grand bâtiment, et en émergeai ensuite d'un pas rapide, mais raisonnablement humain, pour franchir les portes de l'hôpital, l'enfant inerte toujours dans mes bras, son cœur battant de plus en plus faiblement.

-Le docteur Cullen, je vous prie, demandai-je au réceptionniste, un homme d'une trentaine d'années, qui se contenta de me fixer bêtement, les yeux ronds.

Agacée par son manque de réactivité alors que je tenais un mourant dans mes bras, j'ajoutai :

-C'est urgent.

Reprenant ses esprits, il m'indiqua un couloir, et ne jeta pas même un coup d'œil au garçon. Je m'engageai dans le couloir et passai devant plusieurs portes de bois, jusqu'à m'arrêter devant celle où la plaque dorée indiquait « Dr. C. Cullen ». Je frappai. Une voix mélodieuse m'enjoignit d'entrer, et j'obtempérai, pour me figer aussitôt. Si le médecin en face de moi n'était pas un vampire, j'étais une Fille de la Lune.

REVIEW!!!