Bonjour à tous et toutes ! :D
Je m'excuse de publier ce chapitre après plus de deux semaines. Je voulais le publier plus tôt, mais j'ai été malade, puis j'ai beaucoup de boulot pour les cours en ce moment.
Je tenais aussi à remercier toutes les personnes qui m'ont donné leur avis sur le premier chapitre, que cela soit en review ou en message privé. J'ai eu des commentaires très constructifs, et d'autres qui m'ont fait chaud au coeur. Tous m'ont fait très plaisir. Je remercie tout particulièrement deux personnes : Charlotte, qui m'inspire l'un des personnages et qui est ma relectrice attitrée (ses conseils constructifs valent de l'or !) ; et Marie, alias Sang de Bourbe, sans qui je n'aurais probablement jamais eu l'idée de cette histoire, puisqu'avec elle j'ai découvert le plaisir des Dramione. Et petit message aux followers : je ne sais pas qui vous êtes, mais merci ! Vous me faites aussi plaisir. N'hésitez pas à me laisser une petite review !
Petite remarque par rapport au précédent chapitre, puisque la question m'a été posée et que je me suis rendue compte que j'avais oublié de le signaler : le jeu dont je parle dans le chapitre 1, le Loup-garou, existe réellement. Je l'ai juste modifié à ma sauce pour l'adapter au monde magique. Si vous ne le connaissez pas, je vous le conseille vivement, ce jeu est génial !
Je vous laisse à la lecture de ce chapitre 2, vous avez suffisamment patienté.
PS : aujourd'hui, 22.03.2016, #PrayForBelgium.
Chapitre 2 : une rencontre inattendue
Hermione et Charlotte se trouvaient à la cafétéria après une longue matinée de cours. Le mercredi matin était dédié au cours d'Histoire de la médicomagie…pendant quatre heures d'affilée. C'était vraiment beaucoup trop long, surtout pour un cours qui demandait autant de concentration. En plus, le professeur, Mr Vanmeerten, était néerlandophone, ce qui ne facilitait pas la compréhension. Le cours lui faisait un peu penser à celui d'histoire de la magie à Poudlard, avec Mr Binns.
Si c'était très attractif, c'était aussi très fatigant. En fin de compte, il n'était pas inintéressant de reprendre les cours à dix-huit heures le mercredi. Cela leur permettrait de reposer un peu leur esprit durant l'après-midi.
Hermione venait d'engloutir la fin de son sandwich au thon quand elle remarqua enfin l'agitation autour d'elle. Elle tourna alors la tête vers son amie Charlotte, qui observait aussi l'animation inhabituelle de la cafétéria. De nombreux étudiants, pris de frénésie, se dirigeaient vers la salle d'étude.
- Heuuuu…Charlotte ? fit Hermione pour interpeller son amie.
Elle semblait distraite par l'ambiance générale, mais elle dut tout de même entendre Hermione, car elle lui répondit.
- Oui ?
- Tu as une idée de ce qu'il se passe ? l'interrogea Hermione.
Cette fois, sa camarade de classe se tourna vers elle.
- Pas le moins du monde…, répondit-elle en haussant les épaules.
- On n'irait pas demander à quelqu'un ?
Sans attendre la réponse de son amie, Hermione joignit l'action à la parole et se leva pour intercepter une fille qui s'était levée pour suivre le mouvement.
- Attends ! Excuse-moi, tu sais ce qu'il se passe ? l'apostropha Hermione.
La jeune fille en question dévisagea Hermione avant de lui répondre.
- Oui. Apparemment, les compositions des groupes pour le cours d'Approche multidisciplinaire ont été affichées.
Surprise, Hermione se figea. Les compositions de groupe ? Et voilà, une partie de son année scolaire était jouée. Avec qui allait-elle devoir composer et miser sur sa réussite ? La jeune fille qu'elle avait retenue profita de son immobilisme pour s'échapper. Hermione ne bougeait pas d'un pouce. Elle n'entendit même pas Charlotte approcher.
- Hermione ? Ça va ? Qu'est-ce qu'il se passe ? lui demanda-t-elle.
Hermione ne répondit pas tout de suite. Elle secoua la tête pour reprendre ses esprits, puis répondit à son amie :
- Les compositions de groupes…, souffla-t-elle.
Au contraire d'Hermione, la nouvelle sembla réjouir son amie, qui afficha un immense sourire. Elle était enthousiaste.
- Oh super ! J'espère qu'on sera ensemble ! s'exclama-t-elle. Allons voir !
Sortie de sa torpeur, Hermione acquiesça et emboîta le pas à Charlotte, la gorge nouée. L'entrée de la salle d'étude était bondée, rendant l'accès aux précieuses informations complexe et encombrant le passage vers les autres pièces communes. Cela n'empêchait pas Hermione d'en percevoir l'en-tête.
Les feuilles étaient bel et bien affichées sur la porte donnant accès à la salle d'étude. Hermione s'empressa d'y accéder, se faufilant tant bien que mal entre les étudiants. Du coin de l'œil, elle voyait son amie se glisser à sa suite dans le flot d'étudiants. Elle parvint malgré tout à atteindre les fameuses copies, cherchant son nom dans la liste, le cœur battant.
Enfin, elle le trouva. Et ce qu'elle y lut la figea d'horreur… Les autres étudiants la bousculèrent, impatients d'accéder à leur tour aux feuilles. Mais elle entendait à peine leurs exaspérations.
- Pousse-toi, nous aussi, on veut voir !
- Mais elle va bouger, celle-là !
- Hé ! La fille à la tignasse, tu vas céder le passage ou merde ?
Elle sentit une main l'attraper par le bras et l'attirer en dehors de la foule. C'était Charlotte.
- Hé ! Hermione, t'as vu, on est ensemble ! lui dit-elle, tout sourire.
Hermione regarda son amie, le regard vague, puis regarda en direction des feuilles, feuilles dont elle ne pouvait plus rien distinguer puisque la masse d'étudiants lui en cachait à nouveau la vue. L'information qu'elle avait lue arriva alors à sa conscience et la percuta de plein fouet.
Elle était dans le même groupe que Drago Malefoy. L'ignoble Drago Malefoy, celui qui lui en avait fait baver pendant six ans, qui l'avait traitée de sang-de-bourbe et l'avait toujours considérée avec moins de valeur en raison de son sang. Comment était-ce possible ? Elle ne l'avait même pas vu durant les premiers jours, elle n'avait pas pu se douter une seule seconde de sa présence. Elle n'avait pas pu se préparer à la possibilité de se retrouver en groupe avec lui.
Pourquoi fallait-il que ce soit lui ? Il aurait pu s'agir de n'importe quel autre étudiant de Poudlard, même n'importe quel autre Serpentard. Mais il fallait que ce soit le pire de tous. L'injustice lui fit monter les larmes aux yeux. En colère, elle ne prit même pas la peine de répondre à Charlotte, et laissa sa rage s'exprimer.
- Non, mais c'est pas possible ! Pas lui ! Qu'ai-je fait pour mériter ça ?
Sans même regarder où elle allait, elle s'éloigna précipitamment de la foule…et ne fit pas plus de deux pas avant de percuter quelqu'un de plein fouet. Elle sentit la personne se raidir tandis qu'elle reculait, bredouillant des excuses, la tête baissée.
- Si tu crois que ça me fait plaisir. Ça ne m'enchante pas non plus, Granger.
Hermione se figea. Cette voix ! Cela faisait plus d'un an qu'elle ne l'avait plus entendue, mais elle l'aurait reconnue entre mille, étant la voix acide qu'elle avait dû supporter pendant six ans. Aujourd'hui pourtant, elle semblait surtout froide et blasée, elle n'y avait perçu ni aigreur ni mépris.
Elle leva la tête en direction de son vieil ennemi. Sa tête blonde n'avait pas vraiment changé ; en revanche, il avait grandi et il semblait avoir gagné en muscles, ce qui lui donnait une belle allure. Les traits de son visage renvoyaient également à une plus grande maturité. Enfin, le regard d'Hermione tomba sur ses yeux d'un gris profond, qui n'exprimaient aucune émotion.
Elle se tenait face à Drago Malefoy, mais un Drago Malefoy qui s'avérait avoir mûri en un an. Le regard insistant et peu habituel d'Hermione sur son vieil ennemi fut remarqué, car les sourcils de Malefoy s'arquèrent. Puis un sourire en coin se dessina sur son visage, lui donnant un air moins froid, contrastant avec ses yeux.
- Ça va, tu as fini de détailler mon anatomie ? Je sais que j'ai un corps d'athlète, mais quand même, ça en devient gênant.
Grâce aux paroles du Serpentard, Hermione remarqua alors que sa bouche était ouverte, dans une expression de surprise, qui remplaçait la colère préalable. Honteuse, elle la referma lentement et détourna son attention visuelle. Malefoy était hilare.
Il l'observa un instant, attendant une réaction de la part d'Hermione, mais comme celle-ci ne réagit pas, il haussa les épaules et s'en alla sans rien ajouter de plus, la plantant au milieu de la pièce.
Hermione entendit quelqu'un la rejoindre, qu'elle devinait intuitivement comme étant Charlotte. Celle-ci s'arrêta devant elle et la regarda dans les yeux.
- Tu vas me dire ce qui ne va pas ? Et ne me dis pas rien, ajouta-t-elle en voyant Hermione ouvrir la bouche pour la contredire. Je commence à te cerner. Tu es certes souvent perdue dans tes pensées, mais là, tu as vraiment réagi de manière étrange.
Face au silence d'Hermione, elle insista :
- C'est qui ce type ?
- Drago Malefoy, répondit Hermione en soupirant. Un gars de Poudlard.
- Un ex ? supposa Charlotte.
Hermione écarquilla les yeux. Drago Malefoy, son ex ? Non, mais vraiment ! Il avait gagné en charme durant l'année écoulée, mais de là à imaginer qu'elle aurait pu sortir avec cette enflure… Est-ce qu'elle avait réellement pensé que Drago Malefoy était doté de charme ? Elle perdait la boule, par Merlin ! Elle secoua la tête.
- Heu non…un ennemi, plutôt.
Charlotte lui renvoya une expression perplexe.
- Un ennemi, sérieusement ? dit Charlotte. On dirait un vieux qualificatif de gamins. Désolée, ajouta-t-elle en voyant la tête ahurie d'Hermione. Mais c'est vraiment l'impression que ça donne.
- Tu ne sais pas de quoi il est capable…marmonna Hermione, légèrement vexée.
Charlotte observa Hermione, dans l'espoir de déchiffrer son expression. À défaut, elle poursuivit.
- Bon, je ne voulais pas te contrarier, temporisa-t-elle. Mais quoi qu'il en soit, il est dans notre groupe, donc il faudra bien te faire à sa présence. Et si ça peut te rassurer, il n'a pas intérêt à t'embêter devant moi, je ne le laisserais pas faire.
Hermione hocha la tête. Elle n'était pas nécessairement rassurée, mais elle était soulagée de savoir qu'elle ne devrait pas affronter seule son ennemi. Certes, elle n'aima pas admettre qu'elle avait tort, même pas à elle-même. Mais elle savait que son amie avait raison : il ne servait à rien de s'apitoyer sur son sort et laisser d'anciennes rivalités empoisonner sa scolarité.
Elle détestait Drago Malefoy, et ça ne risquait pas de changer. Mais elle allait serrer les dents et lui montrer que son mépris ne l'atteignait plus. Oui, voilà, elle était décidée. Elle focalisa alors son attention sur Charlotte, qui avait observé son changement d'expression avec le sourire.
- Ne parlons plus de lui pour le moment,décida-t-elle. Si on allait travailler un peu ?
- Ça marche. On peut aller dans la salle d'étude, le passage est libre, ajouta-t-elle.
Effectivement, la foule s'était dispersée. Les étudiants devaient avoir pris connaissance des documents. Seuls quelques-uns étaient encore présents, probablement des membres d'un même groupe qui discutaient un peu, dans le but de faire connaissance. Les deux filles prirent donc la direction de la salle d'étude, où elles s'installèrent à la table la plus proche. Charlotte lui tendit ses notes de la veille, comme elle le lui avait promis et elles se prolongèrent dans un silence studieux.
ODODODOD
Cela faisait une heure qu'Hermione et Charlotte étaient en cours de Traumatologie. Hermione n'arrivait pas à se concentrer. Elle était fatiguée et affamée – après tout, il était dix-neuf heures et elle n'avait plus rien avalé depuis la pause de midi -, et en plus son esprit divaguait sans cesse en direction de Drago Malefoy. Elle avait encore du mal à réaliser qu'elle l'avait vu un peu plus tôt dans l'après-midi. Elle qui voulait fuir la réalité en venant ici, voilà qu'elle se retrouvait à la faculté avec la personne la plus détestable qu'elle connaisse. Enfin…visiblement, il ne devait pas avoir choisi la même filière qu'elle, car elle ne le voyait pas. À moins qu'il n'assiste pas aux cours, ce qui n'était pas à exclure.
Hermione secoua la tête. Sa propre attitude l'agaçait : qu'avait-elle à penser sans cesse au blond ? Elle allait de toute façon devoir le supporter, alors autant qu'elle s'offre du répit le reste du temps. Il n'était pas nécessaire de ressasser la situation.
Le gargouillement de son ventre la ramena à la réalité. Sa voisine se tourna vers elle pour lui sourire, se moquant d'elle au passage :
- Dis, si tu mettais tes besoins primaires de côté pour que d'autres puissent se concentrer ? lui fit-elle remarquer sur le ton de l'humour, en pouffant discrètement.
- Nia nia nia, rétorqua Hermione, oubliant pendant quelques instants ses tracas.
Ayant quelque peu retrouvé le sourire avec les taquineries de son amie, elle s'efforça tant bien que mal de saisir le sens des paroles de son professeur. Mais c'était peine perdue, et elle fut soulagée à l'annonce de la fin du cours. Elle et Charlotte, tout comme les autres étudiants, se précipitèrent alors vers la cafétéria. La faim était tellement intense qu'elle en devenait douloureuse ; exceptionnellement, Hermione ne prit même pas la peine d'observer ce qui leur était proposé, elle se jeta littéralement sur la nourriture pour soulager son estomac qui n'était que gargouillis. Au fur et à mesure que les aliments glissaient dans œsophage, son appétit diminuait, diffusant des ondes de chaleur dans son organisme. Elle soupira de contentement.
- La prochaine fois, on mangera quelque chose avant, annonça Hermione. Il est hors de question d'avoir aussi faim tous les mercredis !
Charlotte hocha la tête.
- J'approuve. On prendra un quatre heures ainsi ! Ce sera plus agréable. Surtout pour toi, ajouta-t-elle avec malice.
Hermione rit.
- Tu commences vraiment à m'ennuyer toi, fais gaffe ! répondit Hermione qui faisait mine d'être fâchée, mais n'étant pas crédible.
- Quel dommage que nous soyons dans le même groupe de travail dans ce cas ! ajouta Charlotte sur le même ton plaisantin.
Les deux amies éclatèrent de rire. Hermione n'en était pas au point où le rire devenait douloureux tellement c'était agréable ; mais elle riait, et ça n'en était pas moins bénéfique. Même si l'image de Drago Malefoy s'insinua une fois de plus dans son esprit, calmant progressivement son éclat de rire, et la ramenant à la réalité. Son sourire finit par s'effacer, ce que Charlotte remarqua. Celle-ci afficha un air inquiet.
- Tu vas bien ? lui demanda-t-elle alors.
- Oui, oui, mentit Hermione en hochant de la tête. Juste fatiguée.
Charlotte compatit d'un petit sourire.
- Je t'avoue que moi aussi. Mais je pense aller faire une promenade digestive avant d'aller me coucher. Tu veux venir ?
Hermione était trop lasse pour être tentée. Elle secoua la tête, avec une mue désolée. Son amie ne lui en tint pas rigueur et elles se séparèrent après s'être souhaité une bonne soirée. Hermione ne se fit pas prier davantage pour prendre la direction de sa chambre et profita de sa solitude pour prendre une douche plus longue qu'à l'accoutumée. Elle laissa l'eau bouillante lui brûler la peau, lui donnant la sensation de dénouer un à un les nœuds de son dos. Ensuite, elle sortit, dénoua sa crinière folle, avant de se glisser dans un pyjama-short en tissu léger. Elle retourna dans son lit, où elle feuilleta un livre qu'elle avait emprunté à la bibliothèque : Entre maux et mots : les sortilèges de guérison.
Elle ne sut pas exactement quand elle s'assoupit, mais sa nuit fut agitée. Elle rêva de Poudlard, de corps meurtris et sans vie, d'Harry et de Ron qui l'observaient dans son immobilisme, et puis d'un nouvel élément qui fit son apparition : un Drago Malefoy goguenard, qui semblait prendre plaisir à sa paralysie. Elle se réveilla quelques heures plus tard, alors que le jour pointait seulement le bout de son nez. Elle avait les sens en alerte, et elle n'avait pas la sensation d'avoir pu se reposer. Son cœur battait à tout rompre, elle était en sueur. Et surtout, elle se sentait l'âme sombre.
Sans grande motivation, mais plutôt par automatisme, Hermione se glissa hors du lit et prit la direction de la salle de bain. Elle s'approcha du miroir. Son reflet lui renvoyait une image désastreuse : son teint était cireux, elle avait la sensation de sortir tout droit d'un film d'horreur. Elle n'avait pas de formule magique pour ça. Elle soupira et fit couler un peu d'eau dans ses mains pour se rafraîchir. Cela la calma un peu.
Elle revint dans sa chambre, s'apprêta rapidement, avant de descendre dans la cafétéria, qui ne comptait que quelques étudiants matinaux. Elle misa toute sa concentration sur l'assortiment de produits qui s'étalait devant elle. Elle opta pour une clémentine et un gobelet de jus de citrouille. Elle prit soin d'éplucher son fruit et de le séparer en quartiers. Rêveuse, elle ne s'aperçut pas que quelqu'un s'était assis en face d'elle. Ce n'est que quand la personne lui adressa la parole qu'elle se rendit compte d'une présence, ce qui la fit sursauter.
- Salut, Granger.
De surprise, elle avala son quartier de travers, et elle toussa pour tenter de sortir le morceau de sa gorge. Elle leva les yeux vers celui qui s'était adressé à elle, et qui n'était autre que Drago Malefoy. Il ne fallut pas plus de deux secondes à Malefoy pour réagir et se lever pour taper dans le dos d'Hermione, qui parvint ainsi à désobstruer sa trachée.
- Qu'est-ce que tu fiches là ? dit-elle d'une voix rauque, sous l'effet de la strangulation.
Malefoy arqua un sourcil, avant de hausser les épaules.
- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis inscrit dans la même université que toi. Et si je n'avais pas été là, tu te serais étouffée. Mais de rien, hein, exprima-t-il sur un ton blasé, en retournant s'asseoir en face d'elle.
Hermione écarquilla les yeux comme deux soucoupes. Non, mais quel culot il avait celui-là !
- Je n'aurais pas avalé de travers si tu n'avais pas perturbé mon petit-déjeuner, surtout, répondit-elle sur un ton de défi.
Les deux ennemis se défièrent du regard. Les yeux noisette d'Hermione se perdirent rapidement dans les teintes grisâtres du blond, et gênée, elle finit par détourner ses pupilles. Fier comme un paon d'avoir gagné un duel aussi puéril, Malefoy attrapa une pomme dans un des paniers, et l'air confiant s'appuya sur le genou qu'il avait replié contre lui, avant de croquer dans le fruit. Hermione ne put s'empêcher de le détailler des yeux. Il dégageait une telle arrogance, se prenant pour le maître du monde. Il ressemblait tellement au gamin prétentieux qu'elle avait connu à Poudlard, et pourtant…
- Si tu arrêtais de me lorgner à chaque fois, ça me changerait, la coupa Drago, dont le timbre de voix n'exprimait rien de particulier.
Hermione rougit. Elle s'était à peine aperçue qu'elle contemplait encore le jeune homme, alors elle s'était encore moins imaginé qu'il pouvait la voir…
Sans prévenir, Malefoy posa son trognon de pomme sur la table, se leva et quitta la pièce, plantant une fois de plus Hermione et la laissant penaude.
Lorsque Charlotte la rejoignit, Hermione avait encore l'esprit ailleurs. Cette dernière ne fit aucun commentaire. Elle comprenait petit à petit le fonctionnement de son amie. C'est dans un silence presque religieux qu'elles se rendirent à leur cours du matin, quelques trente minutes plus tard.
Hermione soupira de soulagement en ne voyant aucune trace du blond dans la classe. Puis s'infligea une claque mentale en s'apercevant qu'elle pensait encore à lui. Comme il était exaspérant de ne pas pouvoir s'en remettre pleinement à ses cours, comme elle l'aurait voulu !
Les deux heures de cours passèrent rapidement, et au terme de celles-ci, Hermione vit avec satisfaction qu'elle avait rempli complètement trois feuilles de parchemin. Elle avait réussi à se concentrer suffisamment pour oublier le Serpentard…même si elle venait immanquablement d'y repenser, à l'instant. Elle soupira. Elle sentait que l'année allait être difficile.
ODODODOD
Une nouvelle journée de cours venait de s'achever pour Hermione, qui se trouvait à la salle d'étude avec Charlotte. Elle relisait ses notes, ajoutant çà et là quelques commentaires tirés du manuel de référence.
- Dis Hermione, l'interrompit Charlotte, tu as déjà un peu réfléchi au thème de notre travail en Approche multidisciplinaire ?
Hermione s'arrêta, suspendant sa plume au-dessus du mot qu'elle était occupée à inscrire. Elle se rendait compte avec horreur qu'elle avait complètement passé sous trappe le sujet de leur travail, obnubilée par le nom qu'elle y avait lu.
- Non…en fait, je ne me rappelle plus du thème, inventa-t-elle.
Charlotte la regarda avec scepticisme, mais elle ne releva pas.
- On doit choisir un outil qui permet d'élaborer l'examen clinique et l'expliquer en justifiant en quoi il pourrait ou non être applicable selon qu'on soit Soigneur, Guérisseur ou Médicomage, expliqua son amie. Je pensais que l'on pourrait peut-être jeter un œil à différents ouvrages pour gagner du temps quand on se verra tous ensemble.
- Mmmh, je vois, fit Hermione. Oui, c'est une bonne idée. Je regarderai un peu ce weekend.
Les deux amies se replongèrent dans leur étude et ne prononcèrent plus un mot jusqu'à l'heure de table.
ODODODOD
Hermione venait de se réveiller en sursaut, au milieu de la nuit. Elle faisait encore une fois un cauchemar, mais cette fois, quand Drago Malefoy était apparu dans son champ de vision, le décor avait soudainement changé : les murs de la grande salle, les corps sans vie, et même Harry et Ron avaient disparus pour laisser place à un espace ouvert ; un parc, qui ressemblait étrangement à celui qui entourait les bâtiments universitaires…
Et surtout, il y avait Drago Malefoy, qui se tenait devant elle, une jonquille à la main. Il la lui tendait comme pour la lui offrir. Et Hermione hurlait, ayant conscience qu'elle abandonnait ses meilleurs amis au cœur de la bataille. Elle avait voulu reculer pour échapper à son ennemi juré, mais avait trébuché, ce qui l'avait réveillée dans une sensation de chute libre.
Elle se tenait maintenant la tête entre les mains, recroquevillée sur elle-même. Au fur et à mesure qu'elle reprenait ses esprits, elle réalisait l'absurdité de son rêve : Drago Malefoy qui lui offrait une fleur ! C'était d'un ridicule. Elle se promit toutefois de chercher une interprétation de son rêve à la recherche d'une signification cachée.
ODODODOD
Hermione avait filé dans la salle de cours, en évitant la cafétéria. Elle n'avait pas faim. Elle avait l'estomac noué, sans qu'elle sache pour quelle raison.
Elle s'assit directement à côté de Charlotte qui était déjà installée au premier rang.
- Mauvaise nuit ? l'interrogea cette dernière tandis qu'Hermione sortait parchemin et plume.
Hermione se contenta de hocher la tête, offrant un semblant de sourire pour paraître moins froide. Mais elle n'était pas d'humeur à discuter. Tandis que le professeur s'installait à son tour à son bureau, et qu'Hermione était bien décidée à rester concentrée pour les quatre heures à venir – ce qui était toujours beaucoup trop long… -, elle sentit une présence approcher d'elle. Avant qu'elle ne puisse voir de qui il s'agissait, la personne prit la parole.
- Je peux m'asseoir ?
Hermione écarquilla les yeux comme des soucoupes, dévisageant Drago Malefoy qui se tenait à côté d'elle. Elle ne prit pas la peine de lui répondre, mais ce dernier n'attendit de toute façon pas son approbation.
Hermione reprit ses esprits puis le fusilla du regard.
- Qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu n'étais pas au cours mardi.
Malefoy ne se laissa pas démonter par le ton incisif de la brune. Détendu, il s'appliqua à sortir ses affaires de son sac, prenant plaisir à constater qu'elle attendait une réponse de sa part. Enfin, il se décida à lui rouvrir la bouche, sans vraiment lui donner de réponse à sa question.
- J'avais des choses à faire, répondit-il le plus naturellement du monde. Pourquoi, Granger ? Tu as finalement décidé de devenir Auror et je suis ta cible ?
Non, mais lui alors… ! Il ne perdait rien pour attendre. En plus, il prenait à la légère le sujet des Aurors, mais il n'était pas en reste avec son passé de Mangemorts… Seul Merlin savait quels étaient ses projets depuis le décès de Voldemort…
Voyant qu'elle ne réagissait pas, Malefoy se pencha vers Charlotte, se rapprochant inexorablement d'Hermione, qui se raidit du fait de cette promiscuité inattendue et inhabituelle.
- On est aussi ensemble pour le travail d'Approche multidisciplinaire, si je ne m'abuse, commença-t-il, en lui offrant un sourire charmeur.
Témoin de la scène, Hermione fulminait. Quel culot il avait celui-là ! Mais qu'il ne se gêne pas surtout ! Qu'il drague Charlotte juste sous son nez surtout !
Son amie ne semblait pas comprendre son exaspération, qu'elle voyait du coin de l'œil, et répondit à Malefoy d'une voix calme.
- Oui, oui, c'est bien ça, sourit-elle.
- On devrait aller tous les trois à la soirée du comité tout à l'heure. Ça nous permettrait de faire un peu connaissance, proposa-t-il, indifférent aux vaines tentatives d'Hermione de mettre de la distance entre eux.
Celle-ci finit par s'impatienter de la proximité de Malefoy, qui s'éternisait beaucoup trop à son goût, et qui ne donnait pas l'impression de se soucier de la gêne occasionnée.
- Malefoy, tu ne veux pas reculer un peu ? Tu me gênes, fit-elle d'un ton duquel pointait son agacement.
Ce dernier ne prit même pas la peine de réagir, attendant la réponse de Charlotte, qui ne tarda pas.
- Oh oui, ce serait super. Hein Hermione ? insista-t-elle en se tournant vers la concernée, lui signifiant qu'elle devrait en faire de même pour le bien du groupe.
Hermione marmonna un assentiment presque inaudible, et Malefoy recula enfin, satisfait. Puis le cours commença, et Hermione crut qu'elle pourrait enfin être un peu tranquille, mais c'était peine perdue. Elle sentait le regard du blond sur son parchemin, et cela l'agaçait prodigieusement. Elle tenta quelques fois de dissimuler ses notes à son voisin, ce qui le fit ricaner et énerva encore plus Hermione.
Après deux heures de supplice, le professeur annonça une pause de quinze minutes pour permettre à leurs cerveaux de s'oxygéner. Hermione ne s'accorda pas le temps de la réflexion pour sortir de la classe. Elle avait besoin d'air. Elle se dirigea vers la porte de sortie du bâtiment, quand elle attendit quelqu'un l'appeler par son nom.
- Granger, attends ! la héla Malefoy.
Hermione continua sa route sans s'arrêter, mais il la rattrapa et la suivit jusqu'à l'extérieur. Par Merlin, est-ce qu'il ne pouvait pas cesser de s'accrocher à elle comme un Bubobulb ?
Elle finit par s'immobiliser et à se retourner devant lui, les bras croisés, et le regard haineux.
- Qu'est-ce que tu veux ?
Malefoy s'arrêta aussi, un peu surpris par cette halte soudaine, mais se reprit rapidement.
- On devrait essayer de s'entendre, tu ne crois pas ?
Hermione ouvrit la bouche en rond, n'en croyant pas ses oreilles. Deux heures plus tôt, il lui faisait encore clairement comprendre qu'elle devait se mêler de ses affaires, et là, il voulait des échanges cordiaux. La bonne blague !
- Ne me regarde pas comme ça. On va devoir se supporter toute l'année avec ce travail de groupe. Autant rendre les choses moins pénibles. Non ? ajouta-t-il d'une voix posée.
Hermione ne savait pas quoi lui répondre. Elle ne s'attendait tout simplement pas à ça. Ahurie, elle ne dit rien. Malefoy ne sembla pas espérer une réaction de sa part – ou alors il considéra que sa surprise valait son pesant de Gallions.
Il lui offrit un grand sourire qui interloqua davantage Hermione, avant de retourner à l'intérieur du bâtiment, laissant une Hermione perturbée. Elle ne voulait pas l'admettre, mais dans le fond, il avait raison : ce serait tellement plus simple pour tout le monde s'ils apprenaient à se supporter. Mais elle n'était pas sûre d'en être capable.
ODODODOD
Hermione était dans sa chambre avec Charlotte. Elles discutaient de la soirée du comité, pour laquelle Hermione avait fini par capituler en acceptant d'y aller…malgré la présence de Malefoy.
- Bon, qu'est-ce qu'on est supposées porter ? s'interrogea tout haut Hermione.
- La cape de la faculté ? suggéra Charlotte. Après tout, je ne vois pas à quoi elle pourrait nous servir d'autre, vu qu'on n'a pas l'obligation de s'habiller en sorciers pour les cours.
Hermione acquiesça aux paroles de son amie, songeuse. Oui, c'était une idée intéressante.
- D'accord, et en dessous de la cape, on mettrait quoi ? demanda encore Hermione.
- Bonne question… On s'habille normalement ? C'est juste pour aller boire un verre.
Hermione acquiesça une fois de plus. Finalement, elles décidèrent de garder leurs vêtements de la journée, en mettant simplement leur cape par-dessus : noire, avec le tissu intérieur bleu électrique, que l'on voyait dépasser par les manches et la capuche, et recouvert d'un écusson portant l'inscription « Médicomagie neurologique – Liverpool college ». Le rendu ne leur semblait pas si mal, même s'il était étrange pour Hermione que ce bleu ressemble à celui de la maison des Serdaigle.
Après avoir repeigné leurs cheveux, elles redescendirent dans le hall d'entrée, où les représentants du comité avaient proposé un rendez-vous à vingt-et-une heure trente, pour ceux qui souhaitaient aller en groupe jusqu'au café.
Quand elles arrivèrent, elles furent immédiatement interpellées par Amy Trueman, avec qui elles avaient joué au Loup-garou un peu plus tôt dans la semaine. Elles furent soulagées de constater qu'elle portait également la cape de la faculté.
- Oh, Charlotte et Hermione ! C'est trop cool que vous soyez venues. Venez, je vais vous présenter aux autres responsables du comité, annonça-t-elle en les emmenant vers un groupe de trois personnes.
Amy les introduit donc auprès des autres responsables. Il y avait Chad Russel, un grand brun à l'air doux ; Amanda Webb, bien sûr, par qui elles avaient entendu parler du comité ; et Sam Stokes, une petite sorcière au style un peu rock'n'roll, portant un pantalon noir déchiré et une chemise style bûcheron, à carreaux rouges, noirs et gris. Hermione et Charlotte échangèrent quelques mots avec eux, avant que le groupe ne prenne la direction du village étudiant.
Hermione comprit alors l'émerveillement de son amie lorsqu'elle s'était rendue à la visite du village le mardi. Certes, ce n'était pas Poudlard, et donc la magie n'était pas la même que la première fois qu'elle avait pénétré dans la grande salle, mais le village avait son charme. Il dégageait une ambiance typique des lieux dédiés aux sorciers, avec la particularité et le dynamisme que l'on pouvait attribuer à la jeunesse estudiantine.
Le bar où elle était emmenée, par contre, était beaucoup plus étonnant. Il portait le nom de Le breuvage du médicomage, avec l'enseigne d'une sorcière mélangeant une préparation dans un chaudron. Si l'extérieur paraissait déjà sombre - une façade en bois verdâtre et des vitres opaques -, l'intérieur était…déroutant. Dans une atmosphère tout aussi sombre, on découvrait une piste de danse éclairée en vert ; sur la scène jouait un groupe de squelettes animé par un sortilège ; et pour les tables, il s'agissait de gros blocs qui faisaient songer à des pierres tombales, sans les inscriptions lugubres…
Ah si, en fait, maintenant qu'Hermione se rapprochait de l'une d'elles, elle pouvait déchiffrer quelque chose : Ci-gît la modération estudiantine. Hermione frissonna. Elle n'aimait pas du tout cette ambiance, qu'elle jugeait glauque. Elle ne savait pas dire exactement pourquoi, mais l'atmosphère lui donnait la sensation d'avoir pénétré dans la salle commune des Serpentard, alors qu'elle n'y avait jamais mis les pieds.
Elle se tourna vers son amie qui, elle, semblait apprécier le décor. Bon, elle allait faire un effort pour la laisser un peu profiter.
- Je vais nous chercher des Bièraubeurre, annonça Hermione.
Elle se rendit donc au comptoir, où elle fut servie par une barman au look aussi lugubre que le suggérait le décor du lieu. Elle paya les quatre Mornilles demandées avant de rejoindre son amie le plus rapidement possible, slalomant tant bien que mal entre les clients avec ses deux chopes à la main.
Enfin, elle arriva, et posa les deux bières sur la table en pierre. Charlotte la remercia distraitement, absorbée par la décoration autour d'elles. Hermione jeta un œil là où portait son regard…et le regretta immédiatement. Elle eut un haut-le-cœur en découvrant le cadavre d'un Chaporouge, accroché à même le mur, comme on le ferait avec un vulgaire pantin.
Décidément, elle n'appréciait vraiment pas ce lieu. Elle but une gorgée de sa Bièreaubeurre pour se donner une contenance ; heureusement, celle-ci avait bon goût, bien qu'elle soit froide et qu'elle n'avait pas l'habitude de la consommer à cette température.
Il lui sembla qu'une éternité s'était écoulée quand elle arriva à la moitié de son verre – la musique était trop forte pour qu'elle et Charlotte puissent discuter, et puis elle devait l'admettre, elle ne buvait pas assez et les effets de l'alcool se faisaient ressentir. Cela n'était pas un événement marquant en soi, sauf que c'est à ce moment-là que Drago Malefoy choisit pour faire son apparition dans le bar, et Hermione n'avait pas d'autres éléments pour se donner une indication sur le temps écoulé. Elle avait oublié sa montre dans sa chambre.
Le blond était entouré d'une bande d'étudiants masculins qu'elle n'avait jamais vus en cours, et au vu de l'assurance qu'ils dégageaient, ils devaient être dans une année supérieure à la sienne. Comment Malefoy les connaissait, c'était une autre affaire, mais vu comme ils se comportaient tous les cinq, ils étaient passablement éméchés.
Cela se confirma lorsque, le remarquant, Charlotte fit signe au blond pour lui signaler leur présence, et que celui-ci s'approcha, avec beaucoup trop d'extravagance aux yeux d'Hermione. Celui-ci avait les yeux rouges et le regard fatigué, malgré le fait qu'il dégageait l'illusion d'être en forme, illusion que procurait l'alcool. Et puis surtout, son haleine alcoolisée ne laissait aucun doute sur son état.
- Ah, les filles ! Vous vous amusez bien ? C'est chouette cette ambiance, non ? cria-t-il au-dessus des accords de guitare.
Hermione était agacée par l'attitude désinvolte du jeune homme. Est-ce que c'était un état convenable ? Non, il n'était pas approprié du boire à ce point. Il ne se comportait pas de la même manière qu'habituellement. Il était trop enthousiaste, beaucoup trop extraverti. Hermione lui jeta un regard noir et croisa les bras sur sa poitrine.
- C'est à cette heure-ci que tu arrives ? s'exclama-t-elle.
Malefoy la regarda en éclatant de rire.
- Et tu es qui pour me dire ça, Granger ? Ma mère ? On n'avait pas mis d'heure de rendez-vous que je sache. On n'a dit juste qu'on allait se retrouver au soir, déclara-t-il avec un brin de malice dans le regard.
Regard qui ne plaisait pas du tout à Hermione. Elle vit Charlotte tourner la tête vers elle, d'un air réprobateur, avant qu'elle ne s'adresse à Malefoy.
- L'endroit est chouette, je trouve. Tu le connaissais déjà ? lui demande-t-elle.
Malefoy cessa immédiatement de s'intéresser à Hermione pour répondre à Charlotte.
- Oui, je viens ici toutes les semaines. Je recommence ma première année, en fait, ajouta-t-il.
- Oh je vois, lui répondit Charlotte. Tu étais dans la même option l'an passé ?
- Oui, j'étudiais déjà pour devenir Guérisseur spécialisé en soins pour les blessures causées par la magie noire.
Hermione décida de ne plus écouter leur discussion, qui l'agaçait au plus haut point. De toute façon, aucun des deux ne faisait attention à elle. Elle savoura donc sa bière en silence. Elle ne sut dire combien de temps s'était écoulé quand Charlotte s'adressa à elle, mais elles étaient à nouveau seules. Elle voyait le blond discuter un peu plus loin avec les garçons qui l'avaient accompagné en entrant dans le bar.
- Hermione, pourquoi tu n'as pas participé à la conversation ? Je ne comprends pas ce que tu lui reproches à ce gars. Enfin, je veux bien comprendre hein, mais je le trouve sympa.
Hermione regarda son amie, ne sachant que lui répondre. Ce qu'elle lui reprochait ? Tellement de choses qui s'étaient produites en six ans, mais qu'il serait difficile de lui expliquer en quelques mots. Mais son arrogance pour commencer, ça, oui…
Son regard se perdit à la table du groupe des garçons, les surprenant encore une fois en plein fou rire. Les autres semblaient pousser Malefoy plus loin, non pas pour se débarrasser de lui – ce qu'elle aurait aisément pu comprendre -, mais visiblement en direction de quelqu'un ou de quelque chose.
Elle ne pouvait pas comprendre ce qu'ils se disaient, mais elle perçut des images assez éloquentes. Malefoy les repoussa avec un air de capitulation, avant de rire une nouvelle fois, puis de reprendre son sérieux. Il se redressa alors, avec une attitude de paon tout fier, réajustant sa cape et se déplaçant avec toute l'assurance du monde dans sa démarche.
Il s'arrêta à une table de filles, à qui il parla, ce qui les fit rire aux éclats. Hermione ne pouvait évidemment toujours rien comprendre, mais le sourire charmeur du jeune homme ne laissait aucun doute sur la situation : il les draguait. Hermione soupira.
- Hermione, tu m'écoutes ? entendit-elle Charlotte l'appeler.
Elle se tourna vers son amie. Assurément, elle n'avait pas entendu un traître mot de ce qu'elle lui avait dit. Elle n'attendit d'ailleurs pas qu'Hermione lui réponde pour continuer sur sa lancée.
- Tu peux m'expliquer comment c'est possible que tu détestes autant ce gars, mais que tu l'épies de cette manière ?
Hermione se contenta de hausser les épaules. Elle n'en savait fichtrement rien, mais sa propre attitude l'agaçait. Comme tout ce qui touchait à Drago Malefoy, à vrai dire.
D'ailleurs, elle en avait déjà marre d'être ici. Elle avait envie de rentrer et de remonter dans sa chambre. Peut-être de lire un peu. Mais surtout de quitter cet endroit malsain, et de ne plus voir ce prétentieux personnage – qui soit dit en passant, était en train de réussir son coup, puisqu'il se rapprochait de plus en plus d'une des trois filles. Hermione secoua la tête avant de parler à Charlotte.
- J'ai envie de rentrer. Ça t'embête si on y va maintenant ? lui demanda-t-elle.
Charlotte la regarda. Elle ne semblait pas dupe sur les raisons qui la poussaient à quitter cet endroit – en tout cas, la raison qui concernait Malefoy –, mais décida probablement de ne pas en rajouter, puisqu'elle lui répondit simplement.
- Bon si tu veux. Mais on boit une dernière bière avant.
ODODODOD
Hermione se réveilla le lendemain avec un mal de tête. Ce n'était pas tant qu'elle avait bu – certes, elle pouvait être vite saoule, mais elle n'en était pas au point d'avoir une gueule de bois après deux verres -, mais c'était surtout qu'elle s'était couchée plus tard qu'à l'accoutumée et qu'elle se levait tôt. Il n'était pas question qu'elle succombe à la paresse pour une petite sortie ! Surtout pas la première semaine, sinon elle allait prendre de mauvaises habitudes. Mais elle était fatiguée, cela était indéniable.
Somme toute, elle se prépara à son rythme, et ne descendit à la cafétéria qu'une demi-heure plus tard. Les tables étaient déjà dressées pour le petit-déjeuner, bien qu'elle soit la seule à le prendre aussi tôt. Elle mangea dans le calme absolu, et quand elle eut terminé, elle reprit son sac de cours et alla s'installer à une table de la salle d'étude.
Elle y passa toute la matinée, faisant des recherches sur le thème du travail de groupe. Elle trouva quelques ouvrages intéressants, ce qui lui permit d'esquisser une première approche. L'heure de midi arriva très vite, et la matinée passée à travailler lui avait ouvert l'appétit.
En arrivant dans la cafétéria, elle put remarquer qu'il y avait une bonne moitié des étudiants présents. En jetant un regard circulaire à la salle, elle aperçut Charlotte et alla s'installer près d'elle. Elles se saluèrent, sans échanger un mot.
Tandis qu'Hermione mordait dans son sandwich, elle observa la masse d'étudiants. Au vu des mines fatiguées, il semblait que bon nombre d'entre eux avaient fait la fête la nuit dernière. Et encore, ceux-ci étaient levés, elle n'osait même pas imaginer dans quel état devaient se trouver ceux qui dormaient encore.
Cela la fit penser à Drago Malefoy. Elle détailla chacun des étudiants à sa recherche, mais ne le vit pas. Il devait sans doute être plongé dans un sommeil profond, vu la quantité impressionnante d'alcool qu'il avait déjà ingurgitée quand elle-même avait quitté Le breuvage du médicomage. Elle se demandait ce qu'il avait dû faire ensuite. Boire encore, probablement. Et peut-être qu'il avait finalement conclu avec la fille qu'il draguait. C'était même certain, en fait. Le tout était de savoir jusqu'où ça avait été. Mais dans le fond, en quoi ça la concernait ? Elle ne savait même pas pourquoi elle se posait la question.
Elle aurait aimé pouvoir réfléchir à autre chose, elle en avait assez de penser au blond. En s'excusant auprès de Charlotte, elle prétexta un besoin de prendre un peu l'air pour quitter la table sans elle. Elle prit effectivement la direction de la sortie, sans savoir où elle allait.
Elle s'arrêta devant la porte du bâtiment. Il faisait bon. Le soleil tapait déjà sur sa peau et l'aveuglait presque. Le nez en l'air, respirant le bon air, elle alla s'installer sur un banc un peu plus loin. Elle pensa à ses amis. À Harry, envers lequel elle se sentait coupable d'être aussi distante. À Ron, envers lequel elle se sentait coupable d'être aussi froide alors qu'il souffrait. À Ginny, envers laquelle elle se sentait coupable, parce qu'elle était son amie et qu'elle avait l'impression de la trahir doublement puisqu'il s'agissait de la sœur de Ron.
Malgré tout, ils lui manquaient tous les trois. Elle n'était toujours pas prête à se rapprocher d'eux. Encore moins de Ron. Elle se sentait mal aise d'avoir partagé plus que de l'amitié avec lui et de ne plus rien ressentir à présent. Un peu comme si elle avait joué avec ses sentiments en fait, sauf que ce n'était pas le cas. Mais il fallait quand même qu'elle conserve leur amitié à tous les trois, et décida qu'il était bon d'agir comme elle le faisait l'an passé à Poudlard : leur écrire des lettres par l'intermédiaire de Harry, voire de Ginny, pour le raconter des banalités. C'était « histoire de », mais ça les rassurait aussi d'avoir de ses nouvelles.
Elle sortit donc un morceau de parchemin de son sac, ainsi qu'une plume et un peu d'encre, et un livre qui lui servit de support.
Harry,
Ma première semaine de cours vient de se terminer. L'ambiance ici est assez chouette. C'est un peu particulier, parce que tout est différent de Poudlard. Le cadre est plus communautaire, ici. Nous ne sommes pas beaucoup pour quatre années et trois spécialisations. Et les lieux n'ont pas vraiment d'empreinte magique. Mais c'est plutôt logique quand on sait que l'école a pris place au sein d'une ville moldue. Elle n'a pas d'histoire à proprement parler. J'attends d'en découvrir un peu plus avant de te raconter, mais les cours sont déjà très intéressants. J'aimerais aussi visiter Liverpool. Le côté moldu est très touristique. Mais il faudra voir si je trouve du temps avec les travaux que l'on doit rendre.
Sinon j'espère que vous allez tous bien. Comment se passe votre mission en Écosse ? J'ai entendu dire que Ginny avait eu une proposition pour jouer chez les Harpies. J'imagine qu'elle est excitée à cette idée ! Elle m'en a tellement parlé l'année dernière.
Je vous embrasse,
Hermione.
C'était volontairement qu'elle n'avait pas directement mentionné Ron dans sa lettre. Elle avait toujours peur de lui donner de faux espoirs. Mais il n'empêche qu'elle tenait à lui, et la question sur la mission concernait autant Harry que lui ; c'était une manière détournée pour elle d'avoir de ses nouvelles. Elle n'avait pas non plus mentionné la présence de Malefoy…elle ne voulait pas inutilement inquiéter ses amis. En plus, Harry était capable de débarquer ici et de la persuader de venir étudier à Londres, ce dont elle n'avait pas envie. Cela réduirait à néant ses chances de s'éloigner de ses souvenirs, et par là, les fantômes qui y étaient liés, et qui lui rappelaient la guerre…même si ses chances d'oublier étaient déjà mises à mal par la présence même de son ennemi.
Elle soupira, avant de plier sa lettre et de la ranger dans son sac. Elle irait dans le village sorcier plus tard, pour aller chercher un hibou, puisqu'elle n'en avait toujours pas un à elle – et qu'elle n'en voulait pas d'ailleurs. La prochaine fois, elle en profitera pour envoyer une lettre à ses parents aussi. La proximité du quartier moldu lui donnait la possibilité d'utiliser le Royal Mail, ce qui ne déplairait pas à ses parents. Ils n'avaient eu aucun problème à accepter que leur fille soit une sorcière, mais ils restaient des moldus. Ils ne partageaient pas le même monde. Et Hermione restait toujours partagée entre les deux, entre le monde dans lequel elle avait grandi, et le monde dans lequel elle se sentait pleinement elle-même.
Elle bascula sa tête en arrière, s'appuyant contre le banc et fermant les yeux tandis que le soleil donnait une coloration rougeâtre à l'intérieur de ses paupières. Elle soupira d'aise. Elle pourrait rester dans cette position pendant des heures si elle n'avait pas du travail. Mais elle pouvait bien encore profiter de quelques minutes.
- Je peux m'asseoir ?
Hermione sursauta. Elle ouvrit les yeux, et posa la main sur son cœur, qui battait la chamade. Il s'agissait de Malefoy, évidemment. Il lui avait fait une peur bleue ! Elle lui jeta un regard noir. En faisant cela, elle ne put s'empêcher de noter l'état pitoyable dans lequel il se trouvait. Il avait retrouvé son attitude impassible, mais les cernes sous ses yeux et les rougeurs de ses globes oculaires trahissaient la courte nuit qu'il avait dû passer. Si on considérait qu'il n'avait pas passé la nuit dehors, ce qui en fait, était peu probable. Apparemment, il n'était pas levé depuis très longtemps.
- Ça devient une habitude, maugréa-t-elle en guise de réponse.
Il s'assit tout de même, à une distance raisonnable d'elle. Ils restèrent ainsi quelques instants, la seule source de bruit étant le chant des oiseaux. Après un silence qui parut une éternité à Hermione – elle se demandait ce qui allait se passer, s'il était juste là pour profiter lui aussi du soleil ou si une raison justifiait sa présence -, Malefoy se racla enfin la gorge.
- J'ai quelque chose à te demander.
Hermione sentit son cœur s'accélérer, sous l'effet de la tension. Qu'avait-il à lui demander ? N'osant rien dire, elle attendit.
- Tu as sûrement entendu hier que je recommence ma première, commença-t-il. J'ai un peu merdé l'année passée. J'avais toujours eu plus ou moins facile à Poudlard, mais ici je me suis rendu compte que le rythme n'est pas du tout le même.
Il marqua une pause, durant laquelle il sembla réfléchir à la manière de formuler ses pensées. Hermione ne réagissant toujours pas, il continua.
- Tu as toujours été une élève brillante à Poudlard. Tu as collectionné les Optimal, probablement dans toutes les matières. Je t'ai déjà vue bosser à la salle d'étude alors qu'on a à peine une semaine de cours. Je t'ai vue prendre des notes en cours. Je n'ai aucun doute sur le fait que tu comprennes les différentes matières. Tu es appliquée et motivée.
Il avait lâché tout ça d'une traite, sans reprendre son souffle. Hermione non plus n'avait pas repris son souffle. Elle était crispée. Elle attendit que Malefoy continue, l'information semblant avoir du mal à arriver à son cerveau.
- Je ne sais pas comment m'y prendre, avoua-t-il.
Hermione se tourna enfin dans sa direction, penaude. Elle pensait avoir compris ce que le blond voulait, mais ça lui paraissait tellement improbable. Elle préféra en avoir le cœur net.
- Je ne vois pas trop en quoi ça me concerne, souffla-t-elle.
Elle l'entendit prendre une grande inspiration, comme si ce qu'il s'apprêtait à dire était difficile.
- Bon sang, Granger ! Je viens de te dire que tu es intelligente, mais visiblement, la Noise ne tombe pas toujours… Tu ne comprends pas que j'essaie de te demander un coup de main ?!
Taaaadaaaaaa ! Est-ce que je suis sadique de vous laisser sur cette fin ? ahah
Dites-moi tout, ce que vous pensez de l'amorce de l'histoire, des personnes tels que je les conçois, de l'apparition de Drago dans l'histoire... Dites-moi aussi ce que vous imaginez pour la suite. N'hésitez pas à me dire ce que vous aimez le plus ou le moins, même si ce sont des détails parce que pour moi, c'est plus que cela (et je me délecte littéralement de tous les commentaires, surtout quand le déroulement de l'histoire titille, agace, impatiente... XD).
N'hésitez vraiment pas ! Vous pensez peut-être que vous n'avez rien à dire, mais ne serait-ce que "j'ai aimé, j'attends la suite !", ça signifie beaucoup pour moi.
Dans le prochain chapitre, les personnages commencent à se réveiller... :D
A bientôt en messages privés et pour le chapitre 3 !
